
Yokhéved accoucha prématurément à six mois : les trois mois de cachette complétèrent les neuf mois, trompant les Égyptiens.
Le mot « וַתִּרְאֵהוּ » recèle אוֹר ה׳ : Batya vit la Lumière divine accompagner Moché dans la corbeille.
En millouï, le Tétragramme vaut 45 (אָדָם) ; sans le dernier ה il ne vaut que 39 (טַל) — la Chékhina en exil.
« שֶׁרֹאשִׁי נִמְלָא טָל » signifie que le Nom reste incomplet tant qu'Israël est en exil.
מֹשֶׁה est une forme active : celui qui tire continuellement Israël hors de l'exil, premier et dernier libérateur.
Chacun porte une étincelle de Moché et peut tirer son prochain de l'exil par la Torah et la bonté.
Après le décret de Pharaon ordonnant de jeter tous les garçons nouveau-nés dans le Nil, Moché Rabbénou naît dans la maison de Lévi.
« La femme conçut et enfanta un fils ; elle vit qu'il était beau et le cacha trois mois. » Pourquoi trois mois exactement ?
Ne pouvant plus le cacher, Yokhéved dépose Moché dans une corbeille (תֵּבָה) enduite de bitume, au bord du fleuve.
Selon les Hazal, la fille de Pharaon descendait au fleuve pour se convertir : cette immersion était son bain de conversion (טְבִילָה לְגֵרוּת).
« Elle ouvrit et le vit, l'enfant. » La formulation paraît redondante : le verset aurait pu dire simplement « וַתִּפְתַּח וַתִּרְאֶה אֶת־הַיֶּלֶד », « elle ouvrit et vit l'enfant ».
Mais d'où Rachi tire-t-il cette lecture extraordinaire ?
Regardons le mot « וַתִּרְאֵהוּ ». En retirant la lettre ת, qui appartient à la conjugaison, et en réarrangeant les lettres restantes, on obtient אוֹר ה׳ — la Lumière de Hachem.
Pourquoi la lettre ה représente-t-elle la Chékhina ? La réponse est dans le Patah Eliyahou, que nous récitons au moins deux fois par jour.
Ces justes sont « endormis » et non morts, selon le verset « אֲנִי יְשֵׁנָה וְלִבִּי עֵר » — « Je dors mais mon cœur veille. »
« La voix de mon bien-aimé frappe » — avec Ses quatre lettres, י-ה-ו-ה. Et Il dit : « Ouvre-moi... car ma tête est couverte de rosée (טָל). »
Calculons la guématria du Tétragramme en millouï aléfim, en épelant chaque lettre : יוֹד (20) + הֵא (6) + וָאו (13) + הֵא (6) = 45.
Mais si l'on retire le dernier ה : יוֹד + הֵא + וָאו = 20 + 6 + 13 = 39 = טַל. Voilà le sens de « שֶׁרֹאשִׁי נִמְלָא טָל » : la tête n'est couverte que de 39, non de 45.
Tant qu'Israël est en exil, le Nom reste incomplet — seulement טַל (39) au lieu de אָדָם (45). C'est ce même ה, la Chékhina, que Batya a vu briller dans la corbeille : אוֹר ה׳.
C'est Batya qui donne le nom. Or s'il fut tiré des eaux, il aurait dû s'appeler מָשׁוּי (forme passive, « celui qui a été tiré »). Pourquoi מֹשֶׁה, forme active, « celui qui tire » ?
Goël Rishon : il tira Israël d'Égypte et à travers la Mer. Goël Aharon : chaque jour il continue de nous tirer de l'exil spirituel, et il sera aussi le libérateur final.
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