Une harpe était suspendue au-dessus du lit du roi David. À minuit le vent du nord la faisait vibrer, et David se levait et étudiait jusqu’à l’aube (Berakhot 3b).
La nuit est divisée en trois veilles. Le Talmud enseigne qu’à chacune, le Saint béni soit-Il rugit comme un lion sur la destruction de Sa maison (Berakhot 3a).
Le Tikoun Hatsot a deux parties : le Tikoun Rahel, qui pleure, et le Tikoun Léa, qui console. On ne dit pas le Tikoun Rahel les nuits où l’on ne dit pas Tahanoun.
Ce n’est pas une prière triste par goût de la tristesse : c’est un refus d’oublier que quelque chose manque.
Minuit ouvre la nuit qui mène à l’achmoret. Celui qui se lève à hatsot arrive aux Sélihot déjà réveillé.
Le détail compte : la harpe ne sonne pas parce que David l’a décidé. Elle sonne parce que l’heure est arrivée. Le roi n’organise pas son réveil, il y répond.
Le Talmud (Berakhot 3a) enseigne que la nuit se divise en trois veilles, et qu’à chacune le Saint béni soit-Il rugit comme un lion et dit : malheur aux enfants, à cause des fautes desquels J’ai détruit Ma maison, brûlé Mon sanctuaire, et exilé Mes fils parmi les nations.
C’est de ce passage que naît l’idée du Tikoun Hatsot : il y a, dans la nuit, un moment où le deuil du Temple n’est pas une commémoration mais une actualité.
L’usage, tel qu’il s’est fixé dans les communautés depuis le Ari zal, partage le Tikoun Hatsot en deux.
— Tikoun Rahel : le deuil. On y dit le Psaume 137, « Sur les fleuves de Babel », des versets de Eikha, et des lamentations. C’est la part de celle qui pleure ses enfants.
— Tikoun Léa : la consolation et l’espérance. Psaumes de confiance et de retour, dont le Psaume 126, « Quand Hachem ramènera les captifs de Tsion ».
Le Tikoun Rahel ne se dit pas les nuits où l’on ne dit pas Tahanoun — Chabbat, fêtes, Roch Hodech. Ces nuits-là, on dit seulement le Tikoun Léa : la joie du jour ne se laisse pas entamer, mais l’attente, elle, ne s’interrompt jamais.
Hatsot n’est pas minuit à la montre. C’est le milieu exact entre le coucher et le lever du soleil : en Israël, en Éloúl, cela tombe autour de minuit et demi.
Et c’est là que le Tikoun rejoint les Sélihot : minuit ouvre la nuit, l’achmoret la referme. Celui qui s’est levé à hatsot n’a pas à se réveiller pour les Sélihot — il y est déjà.
Il n’est pas une obligation. Aucun texte ne l’impose à tous, et celui qui ne peut pas se lever la nuit n’a pas fauté.
Il n’est pas non plus un exercice de tristesse. Le deuil du Temple n’est pas une humeur : c’est la reconnaissance lucide que le monde n’est pas encore ce qu’il doit être, et que cela nous concerne.
— Se coucher plus tôt le jour choisi. Le Tikoun n’est pas une privation de sommeil, c’est un déplacement du sommeil.
— Un texte court dit avec attention vaut mieux qu’un Tikoun complet parcouru en dormant.
— On se lave les mains en se levant, comme au réveil du matin.
— Dans beaucoup de communautés séfarades, on enchaîne directement sur les Sélihot de l’achmoret.
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