🕯️ Mois d'Eloul 5786 · Cours de rattrapage sur Ki Tavo, à l'orée de Nitsavim-Vayélekh La corbeille est posée de côté — ce qui monte, c'est le souffle · Puissions-nous être inscrits pour une bonne année
Ki Tavo — « Et tu répondras » : la corbeille des prémices et le souffle du chofar
Paracha Ki Tavo · Eloul 5786 · Cours 1
« Et tu répondras » — fais-toi pauvre
De la corbeille des prémices au souffle du chofar · « Et Hével apporta lui aussi », lui-même
Cours de M. Yéhouda Himi
🕯️ À l’élévation de l’âme de Rav Ron Chaya זצ״לCette étude est également dédiée à la mémoire de Rav Ron Chaya זצ״ל, qui a consacré sa vie à diffuser la Torah, à réveiller la téchouva et à renforcer un véritable shalom — un shalom de vérité, de kedoucha et de responsabilité.Que le mérite du juste nous protège, ainsi que tout Israël. Que son âme soit liée au faisceau de la vie. Amen.
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Ki Tavo — Cours 1 · « Et tu répondras » : la corbeille posée de côté
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« Et tu répondras » — fais-toi pauvre
M. Yéhouda Himi · Paracha Ki Tavo · Eloul 5786 · Cours 1

L'homme monte au Temple avec sa corbeille de prémices, et la Torah écrit : « Et tu répondras et tu diras ». Mais personne ne lui a posé de question. Rachi explique : élever la voix. Le Or HaHaïm HaKadosh ajoute une autre lecture : vé'anita vient du mot ani, le pauvre — tiens-toi devant le Cohen et fais-toi pauvre.

Pourquoi précisément les prémices, et non des fruits au milieu de l'année ? Parce que le premier fruit est exactement l'instant du « ma force et la puissance de ma main ». C'est là qu'il faut s'arrêter : ce fruit n'est pas de toi.

Les premiers à avoir apporté des prémices dans la Torah : Kayin et Hével. L'idée vient de Kayin — et pourtant l'offrande agréée est celle de Hével. Non parce qu'elle était plus belle : « Écouter vaut mieux qu'un sacrifice ». L'indice est dans le verset — « et Hével apporta lui aussi » : il s'est apporté lui-même.

Le Cohen prend la corbeille et la pose de côté : ce qui compte, c'est ce que tu dis et comment tu le dis. Nos prémices à nous, à Roch Hachana, c'est le hével du chofar — le souffle nu qui sort de l'intérieur. Et le Zohar l'enseigne : la prière du pauvre entre la première, et elle fait monter toutes les autres avec elle.

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1 Le contexte — un cours de rattrapage sur Ki Tavo

Nous sommes un dimanche, à l'orée des parachiot Nitsavim-Vayélekh, et nous revenons en arrière pour un cours de rattrapage sur la paracha Ki Tavo. La paracha s'ouvre sur la mitsva des Bikourim, les prémices.

Et il arrivera, quand tu viendras vers la terre… et tu prendras des prémices de tout fruit du sol… et tu les mettras dans une corbeille, et tu iras vers le lieu que l'Éternel ton D.ieu choisira pour y faire résider Son Nom Devarim 26, 1-2

L'homme descend dans son champ, voit apparaître la première figue, la marque d'un fil — celle-ci montera au Beith HaMikdach. Bikourim, de la racine bekhor, l'aîné : les tout premiers fruits qu'il a.

2 La question : « Et tu répondras » — à qui ?

Nous connaissons la suite par la Haggada de Pessa'h : il vient vers le Cohen, il déclare, le Cohen prend la corbeille de sa main et la dépose devant l'autel. Puis vient le verset suivant :

Et tu répondras et tu diras devant l'Éternel ton D.ieu : un Araméen voulut faire périr mon père ; il descendit en Égypte et y séjourna avec peu de gens, et il y devint une nation grande, puissante et nombreuse Devarim 26, 5
« Et tu répondras » — en français, répondre suppose que quelqu'un t'a interrogé. Or il n'est écrit nulle part que le Cohen lui demande quoi que ce soit : ni « d'où viens-tu », ni « pourquoi es-tu venu ». Alors pourquoi la Torah écrit-elle vé'anita, tu répondras ?

3 La réponse de Rachi — élever la voix

Rachi ressent la difficulté et répond : ici, vé'anita ne signifie pas « donner une réponse », mais élever la voix. De même que plus loin dans la paracha, pour les tribus dressées sur le mont Guerizim et le mont Éval, il est écrit « et ils répondront et ils diront » — c'est-à-dire : ils élèveront la voix et diront.

À D.ieu ne plaise de contester Rachi. Mais la question demeure entière : en quoi le mot véanou exprime-t-il, en lui-même, l'idée d'élever la voix ? Nous avons de qui nous appuyer — un autre commentateur donne un autre sens.

4 Le Or HaHaïm HaKadosh — de la langue de « ani »
⭐ Le Or HaHaïm HaKadosh enseigne : en vérité, personne ne t'a interrogé. Vé'anita est de la langue de oni, la pauvreté. Tu te tiendras devant le Cohen — et tu te feras pauvre — et alors seulement tu diras.

Autrement dit, le verset ne parle pas d'une réponse à une question, mais d'un état intérieur : comment tu te sens quand tu te tiens là, devant le Cohen, ta corbeille à la main.

5 Pourquoi précisément les prémices ?

Cette lecture est décisive, et pour la comprendre il faut demander : quel est le sens de la mitsva des Bikourim ?

Première raison, évidente : dire merci. Cet agriculteur est arrivé en Terre d'Israël, il a travaillé sa parcelle, planté son verger, et voici de beaux fruits. Qui lui a donné cette bénédiction ? Le Saint béni soit-Il. Il doit dire merci.

Mais si c'était l'unique raison, il pourrait remplir une corbeille au milieu de l'année et l'apporter. Puisque la Torah exige précisément les premiers fruits, c'est qu'il y a une intention supplémentaire.
La deuxième raison : briser le « ma force et la puissance de ma main m'ont fait cette réussite ». Quand cette sensation surgit-elle chez l'homme ? Exactement quand il voit le premier fruit : « ça y est, j'ai réussi, c'est moi qui l'ai fait sortir. » C'est là — précisément là — que la Torah dit : arrête-toi. Ces fruits ne sont pas de toi.

Et dès lors, le Or HaHaïm HaKadosh s'éclaire parfaitement : tu arrives devant le Cohen porté par une bonne sensation, celle de l'homme qui a réussi. La Torah te dit d'abord vé'anita — fais-toi pauvre — et ensuite tu diras.

6 Qui, le premier, apporta des prémices ?

Remontons loin en arrière dans l'histoire de la Torah et posons la question : qui, le tout premier, a apporté des prémices ? Kayin et Hével.

Et il arriva au bout des jours, Kayin apporta du fruit du sol une offrande à l'Éternel · Et Hével apporta lui aussi des premiers-nés de son troupeau et de leurs graisses Béréchit 4, 3-4

Qui a eu l'idée le premier ? Kayin. Hével ne fait que reprendre : « et Hével apporta lui aussi » — puisque mon frère donne, moi aussi je donne. Et pourtant :

Et l'Éternel agréa Hével et son offrande, et vers Kayin et son offrande Il ne se tourna pas ; Kayin en fut très irrité Béréchit 4, 4-5

Le Midrach enseigne que Kayin apporta les fruits les moins considérés — de la graine de lin. Que peut-on manger d'une graine de lin ? Il apporta des fruits de rebut. Hével, lui, arriva peut-être en second, mais il comprit qu'au Saint béni soit-Il on apporte quelque chose de bon — pas une bête boiteuse ou aveugle.

7 Depuis quand la qualité de l'offrande L'intéresse-t-elle ?
On pourrait croire que l'offrande de Hével fut agréée parce qu'elle était de meilleure qualité. Mais est-ce là ce qui intéresse le Saint béni soit-Il ?

Souvenons-nous de la guerre de Chaoul contre Amalek. Chmouel lui avait ordonné de tout détruire, y compris le menu et le gros bétail. Chaoul épargne les brebis, et lorsque Chmouel l'interroge, il répond : je les ai gardées pour les offrir en sacrifice à l'Éternel ton D.ieu.

L'Éternel désire-t-Il des holocaustes et des sacrifices autant que l'obéissance à Sa voix ? Voici, écouter vaut mieux qu'un sacrifice Chmouel I 15, 22

Ce qui L'intéresse, c'est d'écouter et d'entendre ce que tu dis — non ce que tu apportes. Alors pourquoi l'offrande de Hével fut-elle reçue ? À première vue, c'est celle de Kayin qui aurait dû l'être : c'est lui qui, le premier, a eu l'idée de dire merci. Il faut donc conclure qu'il y avait, chez Hével, autre chose que les objets apportés.

8 « Et Hével apporta lui aussi » — lui-même
⭐ L'extra que Hével a apporté est allusionné dans le verset lui-même. « Et Hével apporta gam hou » : nous l'avons lu « lui aussi », comme Kayin. Mais on peut lire plus profond — et Hével apporta aussi… lui-même. Il n'a pas seulement apporté des brebis : il s'est apporté lui.

Maintenant, revenons à notre corbeille. Regardez ce qui se passe lorsque l'homme apporte le panier : « Et le Cohen prendra la corbeille de ta main, et il la déposera devant l'autel de l'Éternel ton D.ieu » — comme s'il disait : bien, ce n'est pas cela qui M'intéresse, Je le mets de côté.

Ce que tu as apporté — merci, Je le pose de côté. Écoutons plutôt ce que tu as à dire. Et pas seulement ce que tu dis : comment tu le dis. Le Or HaHaïm HaKadosh répond : dans l'abaissement — tout ce que j'ai n'est pas à moi, de Ta main nous T'avons donné. Est-ce dit avec orgueil, « ma force et la puissance de ma main », ou dans la pauvreté et la simplicité ?
9 Hével, Moché et le souffle

Un pas de plus. Pourquoi lisons-nous ces parachiot juste avant les Jours Redoutables ? La semaine prochaine nous lirons « Vous vous tenez aujourd'hui » — et le Zohar HaKadosh enseigne : « ce jour, c'est Roch Hachana ».

Qu'a apporté Hével ? Lui-même. Et que signifie Hével ? En hébreu : rien. Un souffle qui sort de la bouche. Du vide.

⭐ La tradition kabbalistique des guilgoulim enseigne que Moché est un guilgoul de Hével — le nom Moché étant lu comme les initiales de Moché, Chet, Hével, une même racine d'âme. Et quelle était la qualité propre de Moché ? Son humilité. D'où venait-elle ? De Hével : se considérer comme un souffle, comme rien. C'est pourquoi son offrande fut agréée.
10 Nos prémices à nous : le souffle du chofar

Que nous dit cela aujourd'hui ? Quels prémices pouvons-nous, nous, apporter au Saint béni soit-Il ? Ceux que Hével a apportés : notre hével.

Et c'est exactement ce que nous faisons à la tekiat chofar : nous n'apportons ni mots, ni discours, ni actes — seulement le souffle qui sort du corps.

On pourrait arriver autrement : « voilà, j'entre dans Roch Hachana, je remplis une grande corbeille de mitsvot — j'ai prié trois fois par jour, j'ai donné la tsedaka, j'ai fait des 'hassadim, je suis un juste. » Et le Cohen prend la corbeille et la pose de côté. Tout cela n'est peut-être qu'une mise en scène. Que fais-tu monter de ton intérieur, maintenant que tu te tiens devant Moi ?

Que nous reste-t-il ? Faire sortir un souffle. C'est la tekia du chofar : le hével que nous tirons du corps, et par lequel nous nous relions au Saint béni soit-Il. Avec cette douleur, cette pauvreté, cette humilité et cet abaissement — nous voulons adoucir les rigueurs et annuler les décrets.

11 Dans la prière : « Réponds au plus humble de tous »

La même idée revient dans la prière. À Roch Hachana, avant l'office du soir, nous disons le piyout « A'hot Ketana » ; à Kippour, « Lekha Éli Techoukati ». Vient ensuite le long piyout des « Ané » : Celui qui a répondu à Daniel, Celui qui a répondu à Israël à la mer des Joncs — et l'on passe, l'un après l'autre, tous ceux dont la prière fut exaucée.

Réponds-moi, à moi, le plus humble de tous les humbles · comme des pauvres qui se tiennent aujourd'hui devant Toi Piyout des Ané

Le dernier de la liste, c'est cela : réponds aux pauvres. Nous nous tenons maintenant devant le Saint béni soit-Il comme des pauvres. Et si tu te tiens devant Lui comme un pauvre, c'est une segoula pour que ta prière soit reçue.

⭐ Pourquoi ? Remarquez-le jusque dans la langue sainte : pourquoi le pauvre se nomme-t-il ani ? Parce que le Saint béni soit-Il entend et lui répondoné. Le nom même du pauvre dit que sa prière est reçue.
12 Le Zohar — « Prière du pauvre, quand il s'enveloppe »

Dans la paracha Balak, le Zohar pose une question : quatre prières sont nommées tefila dans le Tanakh — prière du pauvre, prière de 'Habakouk le prophète, prière de Moché homme de D.ieu, et prière de David. Laquelle est la plus choisie de toutes ?

Le Zohar répond : « Prière du pauvre, quand il s'enveloppe ».

Première explication de ya'atof, s'envelopper : le pauvre n'a rien à manger. Comment apaise-t-il sa faim ? Il prend son écharpe, s'en couvre le visage, et le souffle qu'il expire lui revient — et il a l'impression de manger. Il se rassasie de son propre hével.

Seconde explication : chaque jour, toutes les prières montent au palais céleste et s'alignent à l'entrée, en attente devant le Roi. Il y a là, pour ainsi dire, un préposé qui trie les prières et les introduit. Tout le monde attend son tour. Et lorsque arrive la prière du pauvre, le Saint béni soit-Il ordonne : faites place, faites-la entrer la première — celle-là, Je veux l'entendre avant toutes.

Pourquoi cette priorité ? Parce que le pauvre vient avec une plainte : « pourquoi m'as-tu fait cela ? De tous les hommes, pourquoi moi ? Qu'ai-je fait ? » Et il n'y a rien pour le consoler. Grâce à la force de cette plainte — et grâce à la tsedaka que son existence même rend possible — sa prière enveloppe toutes les autres et les fait monter avec elle devant le Saint béni soit-Il.

13 Conclusion — la pauvreté du cœur

De là nous apprenons que le ani n'est pas seulement le pauvre en argent : c'est aussi le pauvre en esprit. Nous devons sentir que notre réalité, c'est que nous ne valons rien par nous-mêmes et que tout vient du Saint béni soit-Il. Qu'avons-nous vraiment ? Rien. Tout le reste n'est qu'enveloppes et mise en scène ; la vérité, c'est que tout vient de Lui.

Si nous vivons dans cette conscience de la pauvreté — la pauvreté qui sait que tout est dans la main de l'Éternel — alors Il enveloppera et recevra toutes nos prières. Qu'elles soient agréées avec bienveillance, que nous obtenions pardon, absolution et expiation, et que nous vivions une bonne année, et encore une année, et de longues années, jusqu'à la venue de Machia'h, rapidement et de nos jours. Amen.

🎯 Teste-toi

Cinq questions. Clique sur une réponse.

1
Que signifie « vé'anita » selon le Or HaHaïm HaKadosh ?
Rachi explique « élever la voix » ; le Or HaHaïm HaKadosh lit « vé'anita » de la langue de ani — un état intérieur d'abaissement.
2
Pourquoi la Torah exige-t-elle précisément les premiers fruits ?
Pour dire merci, une corbeille au milieu de l'année suffirait. L'exigence des prémices vise le moment précis de la fierté.
3
Qu'est-ce que Hével a apporté en plus de Kayin ?
Ce n'est pas la qualité des objets : l'allusion est dans « gam hou » — il s'est apporté lui-même.
4
Que répond Chmouel à Chaoul après la guerre d'Amalek ?
Chmouel I 15, 22 : ce qui L'intéresse est l'écoute, non l'objet apporté — d'où la question sur l'offrande de Hével.
5
Selon le Zohar, quelle prière entre la première devant le Roi ?
Zohar, paracha Balak : « prière du pauvre quand il s'enveloppe » est la plus choisie des quatre.

Résultat

📅 Programme sur sept jours — Ki Tavo · Eloul
Dimanche
Lis Devarim 26, 1-11 — la mitsva des Bikourim. Repère le mot « vé'anita ».
Lundi
Étudie Rachi sur « vé'anita » (élever la voix), puis le Or HaHaïm HaKadosh (de la langue de ani).
Mardi
Béréchit 4, 3-5 — l'offrande de Kayin et celle de Hével. Cherche « gam hou » dans le verset.
Mercredi
Chmouel I 15 — « écouter vaut mieux qu'un sacrifice ». Demande-toi ce que tu apportes vraiment.
Jeudi
Écoute le chofar d'Eloul en pensant : ce souffle, c'est ma corbeille de prémices.
Vendredi
Une action de tsedaka, discrètement — et une minute pour dire : tout ce que j'ai vient de Lui.
Chabbat
Prépare Roch Hachana : entre dans la prière comme un pauvre qui se tient devant le Roi.
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