🕯️ Mois d'Eloul 5786 · Paracha Nitsavim, une semaine avant Roch Hachana Le panier est posé de côté — il ne reste que le souffle · Puissions-nous être inscrits pour une bonne année
Nitsavim — devant le Roi, le panier posé de côté et le souffle du chofar
Paracha Nitsavim · Eloul 5786 · Cours 4
Devant le Roi, il n'y a rien à plaider
861, la guématria de Roch Hachana · Le panier posé de côté · Le chofar, notre seul hével
Cours de M. Yéhouda Himi
🕯️ À l’élévation de l’âme de Rav Ron Chaya זצ״לCette étude est également dédiée à la mémoire de Rav Ron Chaya זצ״ל, qui a consacré sa vie à diffuser la Torah, à réveiller la téchouva et à renforcer un véritable shalom — un shalom de vérité, de kedoucha et de responsabilité.Que le mérite du juste nous protège, ainsi que tout Israël. Que son âme soit liée au faisceau de la vie. Amen.
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Nitsavim — Cours 4 · Devant le Roi, il n'y a rien à plaider
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Devant le Roi, il n'y a rien à plaider
M. Yéhouda Himi · Paracha Nitsavim · Eloul 5786 · Cours 4

Le Zohar lit « hayom » comme Roch Hachana, et l'appuie sur un verset d'Iyov : « et ce fut le jour, et les fils de D.ieu vinrent se présenter devant l'Éternel. » Le jour du jugement. Un 'hidoush le confirme : Roch Hachana vaut 861 en guématria, et il ne se trouverait dans tout le Tanakh qu'un seul verset de cette valeur — « pour Tes jugements ils se tiennent aujourd'hui, car tout est Ton serviteur. »

Rachi dit « cent malédictions moins deux », et le Zohar 'Hadach en donne le secret : deux d'entre elles sont des bénédictions. Celui qui vit en sachant que ce jour peut être le dernier remplit sa journée au lieu de la gâcher — « et il se trouvera que tous ses jours seront dans la téchouva. »

Mais Ki Tavo ne commence pas par les malédictions : elle commence par les bikourim. Et là, le Cohen prend le panier et le pose de côté : ce n'est pas ce que tu apportes qui compte. C'est ce que Hével avait compris — « et Hével apporta lui aussi », lui-même.

D'où la préparation à Roch Hachana : ne viens pas avec ta liste de mérites. Devant le tribunal, il n'y a pas de plaidoirie — mieux vaut se taire. Il ne te reste qu'une chose à faire : produire un hével. C'est la tekiat chofar. Et le chofar est caché dans notre paracha même.

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1 Quand cette paracha a-t-elle été dite ?

Nous voici à une semaine de Roch Hachana, devant les parachiot Nitsavim-Vayélekh.

Vous vous tenez debout aujourd'hui, vous tous, devant l'Éternel votre D.ieu : vos chefs, vos tribus, vos anciens et vos officiers, tout homme d'Israël Devarim 29, 9

Chronologiquement, elle fut dite le dernier jour de la vie de Moché, le 7 Adar. La preuve est dans Vayélekh : « j'ai aujourd'hui cent vingt ans ». Le Saint béni soit-Il complète les années des justes de jour en jour ; selon la tradition, Moché est né le 7 Adar et il est mort le 7 Adar. Par guezéra chava, le « aujourd'hui » de notre verset est ce même jour — et il en va de même pour la fin de Ki Tavo, pour Vayélekh, Haazinou et Vezot HaBerakha.

2 Le Zohar : « hayom », c'est Roch Hachana

Voilà pour la chronologie. Mais le Zohar HaKadosh enseigne que partout où apparaît le mot hayom, il y a une allusion à Roch Hachana. Et il l'appuie sur un verset du livre d'Iyov :

Et ce fut le jour, et les fils de D.ieu vinrent se présenter devant l'Éternel, et le Satan vint aussi parmi eux Iyov 1, 6
⭐ Le Zohar, dans la paracha Bo : « ce jour, c'est Roch Hachana, le jour où le Saint béni soit-Il se tient pour juger le monde. » Regardez le vocabulaire d'Iyov : Elokim, c'est la mesure de rigueur — ils viennent tenir un tribunal. C'est dans le cadre de ce jugement qu'Iyov fut jugé.
3 Pourquoi Nitsavim se lit avant Roch Hachana

Lorsque Ezra HaSofer a fixé l'ordre des lectures, il l'a agencé de telle sorte que Nitsavim — seule ou avec Vayélekh — se lise toujours avant Roch Hachana. Pour nous faire entrer dans l'atmosphère du jour, et parce que la paracha traite précisément de téchouva : « et tu reviendras jusqu'à ton cœur », « et l'Éternel fera revenir tes captifs ».

Et aussi pour faire une séparation entre les malédictions entendues dans Ki Tavo et Roch Hachana — qu'un Chabbat au moins s'intercale. « Que finisse l'année et ses malédictions, que commence l'année et ses bénédictions. »

Le même procédé se retrouve à Chavouot : Be'houkotaï, avec ses quarante-neuf réprimandes, tombe toujours avant, et l'on intercale Bamidbar — car il ne serait ni agréable ni convenable de recevoir le don de la Torah immédiatement après ces réprimandes.

4 861 — un seul verset dans tout le Tanakh

Puisque vous êtes attentifs, voici un 'hidoush. On rapporte que parmi les milliers de versets du Tanakh, aucun n'a pour valeur numérique celle des mots « Roch Hachana » — sauf un.

Comptons : roch, réch deux cents, aleph un, chin trois cents ; hachana, hé cinq, chin trois cents, noun cinquante, hé cinq. Total : 861.

⭐ Et quel est ce verset unique ? Nécessairement un verset qui traite du sujet même de Roch Hachana — le jugement :
Pour Tes jugements ils se tiennent aujourd'hui, car tout est Ton serviteur Tehilim 119, 91
Les mots de ce verset totalisent eux aussi 861. Pour te dire que ce jour est, dans son essence même, un jour de jugement.
5 Rachi — « cent malédictions moins deux »

Que s'est-il passé ce jour-là pour que Moché doive leur dire « vous vous tenez debout » ? Rachi demande : pourquoi cette paracha suit-elle les malédictions ? Et il répond : parce qu'Israël avait entendu cent malédictions moins deux, outre les quarante-neuf de Torat Cohanim — ils blêmirent et dirent : qui pourra tenir devant cela ?

Pourquoi ne pas dire simplement quatre-vingt-dix-huit ? Ne savons-nous pas compter ? D'autant que pour Be'houkotaï, il ne dit pas « cinquante moins une » : il dit quarante-neuf. Soyons cohérents — cette expression n'est pas fortuite.

Ils étaient effondrés. Ce que Moché venait de leur décrire, ils l'entendaient comme l'annonce de tout ce que nous savons avoir été traversé — et la plupart de ces choses se sont accomplies, ce qui veut dire, grâce à D.ieu, que nous sommes déjà dans la dernière ligne droite avant la délivrance. Alors Moché leur dit : relevez la tête. Nitsav, c'est se tenir droit. « Vous avez beaucoup irrité l'Omniprésent, et Il n'a pas fait de vous une extermination — et voici, vous subsistez devant Lui. » Quarante ans à L'éprouver, et vous êtes encore là : même lorsqu'Il punit, Il ne détruit jamais.

6 Eliahou HaNavi et Rabbi Chimon bar Yo'haï

Impossible d'avancer sans le Zohar. Le Zohar 'Hadach rapporte un échange entre Eliahou HaNavi et Rabbi Chimon bar Yo'haï.

En quel endroit, dans ces malédictions, se révèle la délivrance d'Israël ? demande Rabbi Chimon. Car pour lui, il est inconcevable qu'elle n'y soit pas.
Cherche toi-même, répond Eliahou. Examine avec précision, et trouve l'endroit le plus terrible de tous — car c'est là qu'elle est.

Rabbi Chimon fait le travail, passe toute la liste, et revient : je l'ai trouvé.

Et ta vie sera suspendue devant toi ; tu craindras nuit et jour et tu ne croiras pas en ta vie. Le matin tu diras : qui donnera le soir ; et le soir tu diras : qui donnera le matin Devarim 28, 66-67

Tu te lèves le matin et la journée est un tel cauchemar que tu n'aspires qu'à voir venir le soir. Le soir arrive, tu espères un peu de repos dans l'obscurité — et recommencent les fracas et les guerres, et tu dis : que vienne enfin le matin. Il n'y a plus de goût à une telle vie.

7 « Ce sont justement là les bénédictions »
⭐ Eliahou HaNavi lui répond : c'est précisément dans ces versets que se trouve la consolation — c'est là qu'est la bénédiction, la meilleure de toutes. Ces deux-là ne sont pas des malédictions. Voilà pourquoi Rachi dit : cent moins deux.

Reste à comprendre comment ce que je viens de décrire — un cauchemar — peut être une bénédiction.

8 « Repens-toi un jour avant ta mort »
Rabbi Eliézer dit : repens-toi un jour avant ta mort. Ses disciples lui demandèrent : et l'homme sait-il quel jour il mourra ? Il leur répondit : raison de plus qu'il fasse téchouva aujourd'hui, car peut-être mourra-t-il demain — et il se trouvera que tous ses jours seront dans la téchouva Chabbat 153a

Nous vivons tous dans la conscience qu'il nous reste énormément de temps. Un homme de trente ou quarante ans vous dira : de quoi parlez-vous, j'ai encore quatre-vingts ans devant moi. Un homme de quatre-vingt-cinq ans entre au bureau et veut acheter un terrain pour y lancer un projet. La vérité est que nous n'en savons rien : nos vies sont dans la main du Saint béni soit-Il.

Et je ne viens pas déprimer qui que ce soit — je viens réjouir. Si nous vivions dans la conscience que demain est le dernier jour, quelle journée pleine serait celle d'avant ! À quoi l'occuperions-nous ? À nous rapprocher, à prier avec plus d'intention, à remplir le temps de 'hessed, de miséricorde, de don, de tsedaka. Tu n'irais pas commander un second café allongé : tu irais chercher quel bien accomplir dans les instants qui restent.
9 Le Yismakh Moché — le secret de la délivrance

Et voici, au nom du Yismakh Moché, une formulation très forte, que je cite : et c'est là le secret de la délivrance — la délivrance personnelle, celle qui est la téchouva. « Et ta vie sera suspendue devant toi » : à chaque heure tu es en instance de mourir ; « tu craindras jour et nuit » : peut-être est-ce maintenant le moment ; « et tu ne croiras pas en ta vie » : car à chaque heure l'échéance est là. Et s'il en est ainsi, tu feras téchouva — et ce sera là le germe de la délivrance, car tout dépend de la téchouva.

Vivre dans cette conscience — peut-être est-ce aujourd'hui le dernier jour — est la chose qui peut le plus te remplir. C'est cela, « vous vous tenez debout aujourd'hui » : chaque jour est un jour unique. De quoi remplis-tu ta vie, maintenant ?

10 Ce que nous demandons à Roch Hachana

Nous ne venons pas ici pour effrayer, mais pour nous renforcer. Que demandons-nous à Roch Hachana ? Regardez les premières bénédictions de la Amida, celles qui sont l'essentiel :

Souviens-Toi de nous pour la vie, Roi qui désire la vie · Inscris-nous dans le livre de la vie, pour Toi, D.ieu vivant Amida de Roch Hachana

Pas la santé, pas l'argent, pas autre chose : la vie. Donne-nous la vie et fais-nous grandir, pour que nous en fassions de bonnes choses. Et l'année suivante, rendez-vous est pris : qu'as-tu fait de cette vie ?

Alors venons avec cette conscience : je viens d'achever une année, et j'en demande une de plus. Dans quel état d'esprit est-ce que j'arrive ? Que vais-je faire pour cela ? Il ne faut pas avoir honte de demander — à condition de savoir de quoi nous remplissons cette vie.
11 « Vous tous » — venir dans l'unité

Une autre lecture de notre verset. Moché prend soin de dire : « vous vous tenez debout aujourd'hui, vous tous, devant l'Éternel votre D.ieu : vos chefs, vos tribus, vos anciens… »

⭐ Que vient faire ce « vous tous » ? Si vous voulez sortir du jugement avec bonté et miséricorde, venez tous ensemble, dans l'unité, d'un seul cœur — depuis le plus haut jusqu'au plus bas. Car chacun, pris individuellement, a ses dettes ; mais le collectif fait écran. Ce mélange-là ouvre la porte de la miséricorde.

Et n'ayons pas trop peur : c'est un jugement, mais celui qui nous juge est le Roi — qui est aussi notre Père. Il n'existe pas de père qui, voyant son fils dire « je veux être correct », le repousse. Cela n'existe pas.

12 Ki Tavo ne commence pas par les malédictions

Si Nitsavim est attachée à Ki Tavo, allons plus loin : Ki Tavo ne contient pas que des malédictions. Par quoi s'ouvre-t-elle ? Par les bikourim, les prémices. Voyons si cela aussi nous relie à Roch Hachana.

Et tu prendras des prémices de tout fruit du sol… et tu les mettras dans une corbeille, et tu iras au lieu que l'Éternel choisira… et tu viendras vers le Cohen et tu lui diras : je déclare aujourd'hui… Devarim 26, 2-3

Le Cohen prend la corbeille de ta main et la dépose devant l'autel. Et le verset suivant : « et tu répondras et tu diras devant l'Éternel ton D.ieu : un Araméen voulut faire périr mon père… »

Il manque quelque chose. Tu répondras — à qui ? Personne ne t'a rien demandé. S'il était écrit que le Cohen t'interroge — d'où viens-tu, qu'as-tu apporté, pourquoi es-tu là — alors oui, tu répondrais. Mais aucune question n'est posée.
13 « Vé'anita » — de la langue de pauvreté
⭐ Le Or HaHaïm HaKadosh l'enseigne : vé'anita n'est pas « répondre » à quelqu'un. C'est de la langue de oni, la pauvreté : fais-toi pauvre, et alors tu diras.

Et l'on comprend pourquoi cette lecture est si belle. La mitsva des bikourim a deux ressorts. Le premier, évident : dire merci pour les fruits. Mais si c'était le seul, on pourrait apporter une corbeille à n'importe quel moment de l'année, et même de plus beaux fruits.

Le second ressort est de briser le « ma force et la puissance de ma main m'ont fait cette réussite ». L'homme s'enflamme en voyant le premier fruit : c'est moi, moi, moi. La Torah lui dit : calme-toi — ce premier fruit, apporte-le. Fais-toi pauvre d'abord : je n'ai rien, rien n'est à moi, tout est de Ta main, et de Ta main nous T'avons donné. Et c'est dans ce sentiment d'abaissement que tu dis merci.
14 La corbeille du riche et la corbeille du pauvre

Une michna éclaire cela. Nous avons appris, dans le traité Bikourim, que les riches apportaient leurs prémices dans des corbeilles d'argent et d'or, et les pauvres dans des paniers d'osier tressé.

Les riches apportent leurs prémices dans des corbeilles d'argent et d'or, et les pauvres dans des paniers d'osier écorcé ; et les paniers, avec les prémices, sont donnés aux Cohanim Michna Bikourim 3, 8
Maître du monde ! Ne suffit-il pas qu'il ait apporté les fruits — faut-il lui prendre aussi son panier, à lui qui n'a rien, alors que le riche repart avec son or ? C'est qu'il y a dans ce panier-là quelque chose qui n'est pas dans celui des riches. Ce n'est pas l'or qui fait la chose.
15 Kayin et Hével — ce qu'il a apporté en plus

Qui, le premier dans la Torah, apporta des prémices ? Kayin. Il était laboureur, et l'idée vient de lui ; Hével n'a fait que reprendre : « et Hével apporta lui aussi ».

Kayin apporta du fruit du sol une offrande à l'Éternel · Et Hével apporta lui aussi des premiers-nés de son troupeau et de leurs graisses · Et l'Éternel agréa Hével et son offrande, et vers Kayin et son offrande Il ne se tourna pas Béréchit 4, 3-5

On explique que Kayin apporta ce qu'il y avait de plus bas — de la graine de lin, dont on ne peut rien tirer sans transformation. Mais dire que l'offrande de Hével fut agréée parce qu'elle était de meilleure qualité, c'est rapetisser le Saint béni soit-Il : depuis quand la qualité du bétail L'impressionne-t-elle ? Il le déclare Lui-même par la bouche de Chmouel, après la guerre d'Amalek — « l'Éternel désire-t-Il des holocaustes autant que l'obéissance à Sa voix ? Voici, écouter vaut mieux qu'un sacrifice. » Il faut donc qu'il y ait eu autre chose.

⭐ Et c'est écrit explicitement : « et Hével apporta gam hou ». Lu en surface : lui aussi, comme Kayin. Lu en profondeur : il apporta aussi le « lui »lui-même. Il s'est offert avec l'offrande. Et quel était le « lui » de Hével ? Son nom même : hével, un souffle qui sort de la bouche, rien du tout. Il dit au Saint béni soit-Il : j'ai des brebis, oui — mais moi-même je ne suis rien.

Remarquez d'ailleurs l'ordre du verset : « et l'Éternel agréa Hével — et son offrande ». D'abord Hével, ensuite l'offrande. Ce qui compte, c'est ce que tu ressens en donnant : viens-tu depuis « ma force et la puissance de ma main », ou depuis le hével ? S'il était venu dans l'abaissement, même avec une allumette, cela aurait suffi. C'est la soumission du cœur qui est recherchée.

16 Devant le Roi, le droit de se taire

Regardez maintenant le langage du corps du Cohen, tant la Torah est douce : tu as fait toute la route depuis ton champ jusqu'à Jérusalem, tu arrives avec ta corbeille — et il la prend et la pose de côté. Comme s'il disait : ce qu'il y a dans le panier ne M'intéresse pas. Qu'as-tu à dire ?

Et c'est exactement notre situation avant Roch Hachana. Nous venons avec notre corbeille et notre liste de courses : écoute, l'an dernier Tu m'as donné la vie — regarde tout ce que j'ai accompli : trois prières par jour, la tsedaka, les 'hassadim, la Torah, les cours. J'ai un beau panier. Et le Cohen prend le panier et le met de côté : qu'as-tu à dire ?
Que dire ? Que dirons-nous, que raconterons-nous, comment nous justifierons-nous ? Je vous le dis comme avocat : si l'on va selon la stricte justice, il n'y a pas de moyen de défense. Chaque mot que tu diras jouera contre toi. As-tu accompli la mitsva de tout ton cœur ? L'argent de ta tsedaka était-il un argent net ? Ne commence pas à te compliquer la vie : tu as le droit de garder le silence. Non que cela dispense des mitsvot — elles ont leurs défenseurs, et les anges diront ce qu'ils auront à dire. Mais toi, quand tu te tiens en jugement, il vaut mieux dire : je n'ai rien à dire, je remets mon jugement entre Tes mains.
17 Notre bikourim : le hével du chofar

Alors que reste-t-il ? Une seule chose : faire un hével. Comme Hével, qui s'apporta lui-même. Et comment apportons-nous un hével au Saint béni soit-Il ?

Par la tekiat chofar. Nous faisons sortir un souffle de la bouche, nous le faisons entrer dans la corne, et il ressort — « et tout le peuple entendait et voyait ». Voilà le cœur de Roch Hachana. Demandez quelle est la mitsva du jour : il n'y en a qu'une, de la Torah elle-même — entendre la voix du chofar. Et c'est ce que nous disons dans la prière : et nous, que sommes-nous ?

Ce motif traverse toute la prière, et nous le retrouvons à Kippour : réponds aux pauvres qui se tiennent aujourd'hui devant Toi ; comme des indigents ils demandent Ton pardon. C'est exactement le bikourim que nous apportons : nous-mêmes, ramenés à l'état de hével. Et rappelez-vous pourquoi le pauvre se nomme ani : parce que le Saint béni soit-Il répondoné. Mais à condition de venir ainsi, et non en disant : la vie m'est due, j'ai donné la tsedaka.

18 Le chofar caché dans la paracha

Et voici que le chofar est allusionné dans Nitsavim elle-même :

De peur qu'il n'y ait parmi vous une racine produisant du poison et de l'absinthe Devarim 29, 17
⭐ Les initiales de chorech poré roch — chin, pé, réch — forment chofar. La segoula du chofar est précisément d'arracher cette racine : roch est un poison, la'ana une plante d'une amertume extrême.

Un peu de calcul, pour comprendre comment fonctionne l'adoucissement. Le mot chofar se laisse partager en deux : chou — chin trois cents, vav six — vaut 306, exactement comme devach, le miel ; c'est aussi pour cela que l'on trempe la pomme dans le miel. Et par — pé quatre-vingts, réch deux cents — vaut 280, la valeur des cinq lettres finales de l'alphabet hébreu réunies. Or tout ce qui est final relève de la rigueur.

Autrement dit : chou, le miel, vient adoucir les 280 des rigueurs. C'est une part du travail du chofar. Je vous épargne les autres guématriot, celles des Noms — mais vous en tenez le principe.
19 Que faire pendant les sonneries ?

Question fréquente : que penser, que dire pendant la tekiat chofar ? Ces quelques minutes sont l'essentiel du jour — qu'en fait-on ?

Bien que la sonnerie du chofar à Roch Hachana soit un décret de l'Écriture, une allusion s'y trouve : réveillez-vous, endormis, de votre sommeil ; assoupis, secouez votre torpeur, examinez vos actes, revenez en téchouva et souvenez-vous de votre Créateur Rambam, Hilkhot Techouva

Le Chelah HaKadosh explique comment cela s'entend dans les sons eux-mêmes. La tekia est un son droit, entier, sans interruption : c'est l'allusion à la naissance de l'homme en ce monde — une page blanche, une âme pure ; tracée sur un graphique, une ligne droite.

⭐ Puis l'homme faute, et il change : ce sont les chevarim et la teroua, ces gémissements et ces sanglots. Sur quoi pleure-t-on ? Sur l'âme, sur cette lumière qui s'est abîmée avec les années et n'est plus la page blanche du début. Mais c'est précisément par ces brisures que tu t'éveilles à la téchouva ; et dès que l'homme s'éveille, il guérit — et il redevient lisse, comme à sa naissance. D'où la tekia finale : la sonnerie de la téchouva, qui rend l'âme à son état premier.
Que faire alors, concrètement ? Aiguiser l'écoute spirituelle de l'âme. Ne pense pas à des confessions ni à des formules : relie-toi aux sons. Quand tu entends la voix du chofar, tu entends une supplication — c'est le chofar qui te supplie de faire téchouva. Et lorsque tu as saisi ce son et que tu t'es éveillé, tu sors des sonneries apaisé, ayant traversé un vrai processus.
20 Un cadeau pour finir : Eloul sème, Tichri enfante

Roch Hachana vient immédiatement après Eloul, dont les initiales sont celles de « ani lédodi vedodi li ». Il existe un verset jumeau dans le Chir HaChirim, mêmes mots dans un autre ordre : « dodi li vaani lo ».

Nos Sages l'expliquent : dodi li vaani lo correspond à Nissan — c'est le Saint béni soit-Il qui prend l'initiative et nous délivre d'Égypte alors que nous n'en étions pas dignes, encore idolâtres, au plus bas des degrés d'impureté : « mon bien-aimé bondit sur les montagnes ». C'est l'éveil d'en haut. Tandis qu'à Eloulani lédodic'est à nous de prendre l'initiative : l'éveil d'en bas. Et alors seulement Il nous bénit.

Pour en saisir la profondeur, un verset de la paracha Tazria — la paracha de l'ensemencement : « quand une femme sèmera et enfantera un mâle ». Quand la femme sème la première, il naît un mâle.

⭐ Israël est en aspect de femmeknesset Israël — car le propre de la femme est d'être le réceptacle qui reçoit l'abondance ; et le Saint béni soit-Il est en aspect de masculin, celui qui influe : « car ton Époux est ton Créateur ». Si donc Israël sort de lui-même et donne le premier ce qu'il a à donner — « et elle enfantera un zakhar » : Il fait descendre sur elle la bénédiction.

Et voyez comme tout se referme. Quel est le mazal du mois d'Eloul ? Betoula, la Vierge — en aspect de femme. Tout ce que nous faisons durant Eloul, c'est semer : téchouva, prière, tsedaka, 'hassadim, seli'hot. Et à Roch Hachana : « et elle enfantera un zakhar ». Car zakhar vaut 227 — et berakha, la bénédiction, vaut 227.

C'est ce que nous disons : « que finisse l'année et ses malédictions, que commence l'année et ses bénédictions ». Les bénédictions descendent sur nous après que nous avons accompli ani lédodi vedodi li. Béni soit l'Éternel pour toujours, amen et amen.

🎯 Teste-toi

Cinq questions. Clique sur une réponse.

1
Sur quel verset le Zohar appuie-t-il que « hayom » désigne Roch Hachana ?
Le mot Elokim y désigne la mesure de rigueur : ils viennent siéger en jugement.
2
Quel verset unique du Tanakh a pour valeur numérique celle de « Roch Hachana » ?
Roch Hachana vaut 861, et ce verset de Tehilim 119 vaut lui aussi 861 : le jour est, par essence, un jour de jugement.
3
Que prend-on au pauvre en plus des prémices, selon la Michna Bikourim ?
Signe qu'il y a dans ce panier-là quelque chose que l'or n'a pas.
4
Où le chofar est-il allusionné dans la paracha Nitsavim ?
Chin, pé, réch : chofar. Sa segoula est d'arracher cette racine amère.
5
Selon le Chelah HaKadosh, que représente la tekia finale ?
Tekia : la page blanche de la naissance. Chevarim et teroua : les fautes et les pleurs. Tekia finale : la guérison.

Résultat

📅 Programme sur sept jours — Nitsavim · avant Roch Hachana
Dimanche
Lis Devarim 29, 9 et compte les mots « koulkhem » : venir dans l'unité, du plus haut au plus bas.
Lundi
Relis Devarim 26, 1-5 : la corbeille, et le moment où le Cohen la pose de côté.
Mardi
Béréchit 4, 3-5 — « et Hével apporta gam hou ». Demande-toi ce que tu apportes de toi-même.
Mercredi
Fais aujourd'hui le bilan de la journée, sans attendre Roch Hachana. Une minute suffit.
Jeudi
Étudie le Rambam sur le chofar — « réveillez-vous, endormis » — avant de l'entendre.
Vendredi
Un don, un 'hessed, une parole apaisée : sème avant que le mois ne s'achève.
Chabbat
Prépare les sonneries : décide à l'avance d'écouter le chofar comme une supplication adressée à toi.
Quatre étapes pratiques
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Chalom Bayit — La bouche à la maison

Mon alliance de paix — la paix commence à la maison. Découvre une carte Chalom Bayit.

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Guématria — Rav Menaché

Connexions cachées dans les noms selon Rav Menaché zatsal.

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