
La kina « Élè Ezkerah » raconte que l'empereur romain réclama dix sages en réparation de la vente de Yossef : « Celui qui enlève un homme et le vend sera mis à mort. » Mais Yossef avait pardonné, la vente servait le projet divin, et ces sages ne vécurent même pas tous à la même époque.
La clé proposée par le cours est la distinction entre le monde de l'action et le monde de la pensée. Une bonne intention d'Israël est comptée comme un acte ; chez les nations, une mauvaise intention peut être imputée comme réalisée. Le tyran conçut le massacre, tandis que les sages acceptèrent intérieurement le kiddouch Hachem.
La réparation répond mesure pour mesure : les frères avaient participé au plan divin, mais leur intention envers Yossef était mauvaise. La pensée fautive fut réparée par la pensée pure des martyrs. Dans les racines des âmes, qui ne connaissent ni temps ni lieu, les générations peuvent se rejoindre.
L'empereur invoque le verset : celui qui enlève un homme et le vend est passible de mort. Où les dix frères de Yossef ont-ils payé leur faute ? Rabbi Yichmaël Cohen Gadol demande trois jours, monte par unification du Nom et entend : « C'est par cela que vous êtes saisis. »
Pourquoi fallait-il encore expier si Yossef avait pardonné et si la descente en Égypte appartenait au projet divin ? Comment un seul récit peut-il réunir des sages séparés d'environ cent cinquante ans ? Enfin, comment concilier les supplices de la kina avec le récit du Sefer Heikhalot, attribué à Rabbi Yichmaël, selon lequel les justes achevèrent leurs jours dignement et les visages des persécuteurs furent substitués aux leurs ?
La Torah accorde un poids réel à l'intention. Une bonne pensée est jointe à l'acte : même empêché d'agir, l'homme est considéré comme s'il avait accompli son projet. Le cours distingue ainsi ce qui s'est joué dans le monde visible et ce qui a été accompli dans le monde intérieur.
Lorsque Moché voit la fin terrible de Rabbi Akiva et demande : « Voilà la Torah et voilà sa récompense ? », la réponse est : « Tais-toi, ainsi est-il monté dans Ma pensée. » Le cours lit cette formule littéralement : Moché voit la disponibilité intérieure de Rabbi Akiva à livrer sa vie, et cette pensée est déjà comptée devant le Ciel.
Yossef dit à ses frères : « Vous aviez pensé du mal contre moi ; Dieu l'a pensé pour le bien. » Le résultat fut bon et voulu par la Providence, mais leur intention première était de se débarrasser de lui. C'est donc la pensée mauvaise — non le plan divin — qui demandait réparation.
Les martyrs n'avaient pas besoin de vivre simultanément. Dans leur racine, les âmes d'Israël ne sont pas limitées par le temps et le lieu. Les acceptations de Rabbi Yichmaël, Rabbi Akiva et Rabbi ‘Hanania ben Teradion peuvent donc former une seule réparation spirituelle.
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