Les Sélihot — pourquoi, quand et comment les dire selon le rite séfarade
Éloúl · Yamim Noraïm · Rite séfarade
Les Sélihot — pourquoi, quand et comment les dire selon le rite séfarade
Quarante jours, une heure de faveur, et treize mots qui ne reviennent jamais les mains vides
Les Sélihot — pourquoi, quand et comment les dire selon le rite séfarade
Quarante jours, une heure de faveur, et treize mots qui ne reviennent jamais les mains vides

Les Sélihot ne sont pas une prière de plus. Elles appliquent ce que Hachem montra à Moché après la faute du veau : « Il s’enveloppa comme un officiant et lui montra l’ordre de la prière » (Roch Hachana 17b).

Rite séfarade : on les dit depuis Roch Hodech Éloúl jusqu’à Yom Kippour — quarante jours, à l’image des quarante jours où Moché monta chercher les secondes Tables.

Le moment de choix est l’achmoret haboker, le dernier tiers de la nuit, avant l’aube. Selon l’usage reçu du Ari zal, on ne les dit pas avant hatsot.

Le cœur du texte n’est pas sa longueur mais les Treize Middot : « Une alliance a été conclue avec les treize attributs : ils ne reviennent jamais les mains vides ».

Les Sélihot préparent la téchouva, elles ne la remplacent pas. Sans réparation réelle, la bouche demande ce que la vie refuse.

📖 Étude complète
1 Ce que le mot veut dire

Le mot sélihah ne signifie pas « excuse ». Une excuse efface un malaise ; la sélihah efface une dette. Elle appartient au vocabulaire du Roi qui remet ce qui Lui est dû, non à celui de l’homme qui minimise ce qu’il a fait.

C’est pourquoi ces prières ne sont pas construites comme une plaidoirie. On n’y démontre pas son innocence : on y reconnaît la dette, et on invoque une seule chose — les attributs par lesquels Hachem se conduit avec Ses créatures.

2 D’où vient l’usage — les quarante jours de Moché

Après la faute du veau d’or, Moché monta une troisième fois au Sinaï. Les sources traditionnelles — Pirkei deRabbi Éliézer et le Midrach Tanhouma — situent cette montée le premier jour d’Éloúl et la redescente le dix Tichri, avec les secondes Tables. Quarante jours entre les deux.

Le jour de cette redescente est devenu Yom Kippour. Ce n’est pas une date choisie pour sa commodité : c’est l’anniversaire d’un pardon réellement accordé.

Le calendrier des Sélihot épouse exactement cette période. Les dire depuis Roch Hodech Éloúl, ce n’est pas ajouter des prières : c’est refaire, chaque année, le chemin des quarante jours.

3 Le minhag séfarade, et pourquoi il diffère du minhag achkenaze

Le Choulhan Aroukh (Orah Hayim, siman 581) traite du moment où l’on commence. L’usage séfarade, celui que suivent les communautés d’Afrique du Nord, d’Irak, de Syrie et d’Espagne, est de commencer dès Roch Hodech Éloúl et de poursuivre jusqu’à Yom Kippour.

L’usage achkenaze commence beaucoup plus tard, le motsaé Chabbat qui précède Roch Hachana, en veillant à dire au moins quatre jours de Sélihot avant la fête.

Les deux usages sont légitimes et anciens. Chacun suit celui de ses pères et de sa communauté. Un séfarade ne « fait pas mieux » parce qu’il en dit davantage : il suit son rite, et c’est cela qui compte.
4 L’heure : l’achmoret haboker

Le Talmud (Berakhot 3b) rapporte qu’une harpe était suspendue au-dessus du lit du roi David : à minuit, le vent du nord la faisait vibrer, et David se levait pour étudier jusqu’à l’aube.

C’est de là que l’usage tire l’heure des Sélihot : l’achmoret haboker, le dernier tiers de la nuit, juste avant l’aube. Non par ascèse, mais parce que la tradition y voit une heure de faveur.

Selon l’usage reçu du Ari zal et suivi dans les communautés séfarades, on ne dit pas les Sélihot avant hatsot, le milieu de la nuit. Celui qui ne peut se lever avant l’aube les dira plutôt dans la journée que trop tôt dans la nuit.
5 Le centre de tout : les Treize Middot
« Hachem, Hachem, D.ieu clément et miséricordieux, lent à la colère, plein de bonté et de vérité… » (Chémot 34, 6-7)

Le Talmud (Roch Hachana 17b) enseigne au nom de Rabbi Yohanan que Hachem s’enveloppa comme un officiant, montra à Moché l’ordre de la prière et lui dit : chaque fois qu’Israël fautera, qu’il accomplisse devant Moi cet ordre, et Je lui pardonnerai. Et le Talmud ajoute : « Une alliance a été conclue avec les treize attributs : ils ne reviennent jamais les mains vides. »

Tout le reste des Sélihot — les poèmes, les supplications, les versets — encadre ce passage. Celui qui manque une partie du texte n’a pas manqué l’essentiel ; celui qui traverse les Treize Middot sans y penser a manqué le cœur.

Les Treize Middot sont un davar chébikdoucha : on les récite en communauté, avec un minyan. Celui qui prie seul les dit avec les té’amim, à la manière d’une lecture de la Torah, et non comme une invocation.
6 Ce que les Sélihot ne sont pas

Elles ne sont pas un tarif : réciter davantage n’achète pas davantage. Elles ne sont pas une formule : le texte n’agit pas seul. Et elles ne sont pas un substitut à la réparation.

Un homme demande pardon chaque nuit pour une somme qu’il a prise, et chaque matin il la garde. Sa bouche demande ce que sa vie refuse. Les mots ne sont pas faux : ils sont sans objet.

La règle est connue et sévère : les fautes envers autrui ne sont pas pardonnées par Yom Kippour tant que l’on n’a pas apaisé la personne lésée. Les Sélihot ne changent rien à cela, et n’ont jamais prétendu le faire.

7 En pratique, cette année

Roch Hachana 5787 commence le vendredi soir 11 septembre 2026 et se poursuit le Chabbat 12 septembre. Yom Kippour commence le dimanche soir 20 septembre et s’achève le lundi 21 septembre.

Nous sommes donc dans les derniers jours d’Éloúl, ceux où l’usage séfarade renforce les Sélihot. Quelques points de pratique courants :

— Celui qui se lève avant l’aube récite d’abord les bénédictions de la Torah, puisque les Sélihot contiennent des versets et des passages d’étude.

— On se tient debout pour les Treize Middot et pour le vidouy.

— Sans minyan, on ne dit pas le Kaddich ni les passages en araméen destinés à la communauté ; les Treize Middot se disent alors avec les té’amim.

Ces indications suivent la pratique séfarade telle qu’elle est rapportée dans le Yalkout Yossef et le Hazon Ovadia — Yamim Noraïm. Pour une situation personnelle, on interroge son Rav : une page ne remplace pas une décision.

🎯 Teste-toi

Cinq questions. Clique sur une réponse.

1
Selon le rite séfarade, quand commence-t-on à dire les Sélihot ?
Le minhag séfarade commence dès Roch Hodech Éloúl et va jusqu’à Yom Kippour : quarante jours. Le motsaé Chabbat avant Roch Hachana est l’usage achkenaze.
2
À quoi correspondent les quarante jours d’Éloúl à Yom Kippour ?
Les sources traditionnelles situent la troisième montée de Moché du 1er Éloúl au 10 Tichri : il redescend avec les secondes Tables le jour devenu Yom Kippour.
3
Quelle est l’heure de choix pour dire les Sélihot ?
L’achmoret haboker, le dernier tiers de la nuit. Selon l’usage reçu du Ari zal, on ne les dit pas avant hatsot.
4
Que dit le Talmud des Treize Middot ?
Roch Hachana 17b : « Une alliance a été conclue avec les treize attributs : ils ne reviennent jamais les mains vides. »
5
Une personne qui prie seule, sans minyan, comment dit-elle les Treize Middot ?
Les Treize Middot sont un davar chébikdoucha : sans minyan, l’usage séfarade est de les lire avec les té’amim, comme un passage de Torah.

Résultat

📅 Dix jours pour entrer dans les Sélihot autrement
Jour 1
Se lever une seule fois avant l’aube cette semaine, et dire les Sélihot sans regarder l’heure.
Jour 2
Lire les Treize Middot lentement, une fois, en français, pour savoir ce que l’on récite.
Jour 3
Choisir une seule faute envers un proche, et la réparer avant Roch Hachana.
Jour 4
Appeler la personne à qui l’on doit un pardon. Ne pas écrire : appeler.
Jour 5
Rendre ou régler une somme, même petite, que l’on retient depuis trop longtemps.
Jour 6
Dire les Sélihot avec un minyan, au Beith Haknesset, plutôt que seul à la maison.
Jour 7
Écrire trois lignes : ce que je veux que cette année ne ressemble pas à la précédente.
Jour 8
Étudier le passage de Chémot 34, 6-7 avec un commentaire, et non de mémoire.
Jour 9
Renoncer à une parole qu’on a l’habitude de dire et qui blesse quelqu’un chez soi.
Jour 10
La veille de Kippour : demander pardon en face, à voix haute, à celui qu’on a lésé.
Quatre étapes pratiques
🏠

Chalom Bayit — La bouche à la maison

Mon alliance de paix — la paix commence à la maison. Découvre une carte Chalom Bayit.

🔢

Guématria — Rav Menaché

Connexions cachées dans les noms selon Rav Menaché zatsal.

🔢 Cours de guématria
📝

Étude Torah

Approfondis l’étude au Beith Hamidrach : Talmud, halakha, paracha.

📝 Beith Hamidrach
📚

Toutes les Parachiot

Tous les cours de M. Yéhouda Himi — de Béréchit à Devarim et les fêtes.

📚 Toutes les Parachiot
📕

Livres

La sagesse de la Torah en format thriller — Éditions Gueoula.

🌙

Interprétation des rêves

As-tu rêvé ? Vérifie sa signification selon Rav Almoli.

🌙 Rêves
🎬

Vidéos

Shiourim vidéo sur les fêtes, la ménora et les secrets du Michkan.

🎬 Vidéos
💡

Boîte à idées

Une idée, une remarque, une suggestion pour le site ? Partage-la avec nous.

💡 Boîte à idées
🤝

Maasser

Donne ta part de Maasser et participe à la diffusion de la Torah.

🤝 Maasser
📨 Recevoir l’étude hebdomadaire
Chaque semaine, directement dans votre boîte. Sans spam. Désinscription en un clic.
🕯️ Dédier ce cours
Dédie cette étude pour les jours d’Éloúl et les Yamim Noraïm — à la mémoire, pour la guérison ou la réussite.
🧱 Voir le mur des dédicaces →
Les Gardiens de la Faille

Les Gardiens de la Faille

Un thriller mystique · David Goldberg

Quarante-neuf portes s'ouvrent — la cinquantième se cache dans un seul instant. Un secret ancien resurgit, et un homme se dresse entre la faille et le monde. Puisé dans le Talmud et la Kabbale.

📖 Lire l'extrait gratuit · Livre $9.90