Vayikra 16:1 · commentaire 1
כי תשב ללחום את מושל בין תבין את אשר לפניך (משלי כג, א)
« Quand tu t’assieds pour manger avec un souverain, considère bien ce qui est devant toi » (Proverbes 23,1).
Vayikra · RABBÉNOU BÉ’HAYÉ
Vayikra 16:1–18:30 · 76 entrées de commentaire
Les difficultés connues restent signalées dans les notes. Les introductions se trouvent au début de leur paracha et font partie de la première montée.
כי תשב ללחום את מושל בין תבין את אשר לפניך (משלי כג, א)
« Quand tu t’assieds pour manger avec un souverain, considère bien ce qui est devant toi » (Proverbes 23,1).
שלמה המלך ע"ה יזהיר בכתוב הזה (משלי כג) על האדם שלא ירדוף אחר השרים ואחר המנויין בבית המלך שהוא מושל הארץ שלא יקרב אליו יותר מדאי פן ינזק, לפי שהמלכות נמשלת לאש הכוללת תועלת ונזק, תועלת בחומה ואורה, נזק למתקרב אליה יותר מדאי כי תשרפנו, וכן הזהירו ז"ל בזה ואמרו ואל תתודע לרשות. ונקראת המלכות רשות לפי שהרשות והיכולת בידו לעשות כל דבר לפתוח לסגור להציל ולהשמיד.
Le roi Shelomo, que la paix soit sur lui, avertit dans ce verset (Proverbes 23) l’homme de ne pas courir après les princes et après ceux qui sont nommés dans la maison du roi, qui est le souverain du pays, de ne pas s’en approcher plus qu’il ne faut, de peur de subir un dommage ; car la royauté est comparée au feu, qui comprend utilité et dommage : utilité dans sa chaleur et sa lumière, dommage pour celui qui s’en approche trop, car il le brûlera ; et de même nos Sages, de mémoire bénie, l’ont averti sur cela : « et ne te fais pas connaître de l’autorité ». Et la royauté est appelée « autorité » (rechout) parce que l’autorité (rechout) et le pouvoir sont dans sa main de faire toute chose : ouvrir, fermer, sauver et détruire.
ועוד אמרו הוו זהירין ברשות אשר אין מקרבין לו לאדם אלא לצורך עצמן נראין כאוהבין בשעת הנאתן ואין עומדים לו לאדם בשעת דחקו, מלבד שיגיע לו בזה נזקין אחרים שעל כרחו יתרשל בחוקי הקב"ה ועבודתו מפני אימת מלך וישתדל בחוקי המלך תחלה, ועל כן אמר שלמה ע"ה (שם כד) ירא את ה' בני ומלך עם שונים אל תתערב, יאמר שישתדל תחלה ביראת ה' ואחר כן ביראת המלך, ואל ישנה הדבר שישתדל תחלה בחוקי המלך ושיעשה מהם עקר כי זה יהיה חלול השם וכן מצינו בשונמית שהיתה אשה חכמה כענין שכתוב (מלכים ב ד׳:ח׳) ויעבור אלישע אל שונם ושם אשה גדולה, כלומר חשובה, וכשאמר לה אלישע היש לדבר לך אל המלך או אל שר הצבא, השיבה לו בתוך עמי אנכי יושבת.
Et ils ont dit encore : « Soyez prudents avec l’autorité, car ils ne rapprochent l’homme d’eux que pour leur propre intérêt ; ils paraissent amis au moment de leur jouissance, et ne se tiennent pas auprès de l’homme à l’heure de sa détresse. » Sans compter qu’il en résulte pour lui d’autres dommages : qu’il se relâche malgré lui dans les statuts du Saint, béni soit-Il, et dans Son service, à cause de la crainte du roi, et qu’il s’applique d’abord aux prescriptions du roi ; et c’est pourquoi Shelomo, que la paix soit sur lui, a dit (ibid. 24) « crains l’Éternel, mon fils, et le roi ; ne te mêle pas à ceux qui changent cet ordre » ; il dit qu’il s’applique d’abord à la crainte de l’Éternel et ensuite à la crainte du roi, et qu’il ne change pas la chose en s’appliquant d’abord aux statuts du roi et en les faisant l’essentiel, car ce serait une profanation du Nom ; et de même nous trouvons à propos de la Shounamite, qui était une femme sage, comme il est écrit (II Rois 4,8) « et Elisha passa à Shounem, et là il y avait une grande femme », c’est-à-dire estimée ; et lorsque Elisha lui dit « y a-t-il quelque chose à dire pour toi au roi ou au chef de l’armée ? », elle lui répondit « j’habite au milieu de mon peuple ».
ועל כן אמר שלמה ע"ה בכאן כי תשב ללחום את מושל, כשתרצה להתקרב אל בית המלך להיות באוכלי שלחנו, יש לך להתבונן אותן שהיו לפניך כבר בזמן שעבר שנתקרבו אליו מה הגיע להם, כי לא כל המגיע אל המלך מגיע לתועלת ולא כל שסחר הרויח, וזהו שאמר הכתוב (משלי כ״ט:כ״ו) רבים מבקשים פני מושל ומה' משפט איש, יאמר כי המבקשים רבים, ואין המצליחים בבקשתם רבים, והכל במשפט מה', ואם אתה בעל נפש רחבה לרדוף אחר המעלות יש לך להמנע מזאת שלא יערב לך הלחם הגופני ההוא, והוא שכתוב אחריו (שם כג) ושמת שכין בלועך אם בעל נפש אתה, זהו דרך הפשט.
Et c’est pourquoi Shelomo, que la paix soit sur lui, a dit ici « quand tu t’assieds pour manger avec un souverain » : lorsque tu voudras t’approcher de la maison du roi pour être parmi ceux qui mangent à sa table, tu dois considérer ceux qui furent avant toi dans le temps passé et qui s’en sont approchés, ce qui leur est arrivé, car ce n’est pas tout celui qui arrive au roi qui arrive à l’utilité, et ce n’est pas tout celui qui a commercé qui a gagné ; et c’est ce que dit l’Écriture (Proverbes 29,26) « beaucoup cherchent la face du souverain, mais c’est de l’Éternel que vient le jugement de l’homme » : il dit que ceux qui cherchent sont nombreux, et ceux qui réussissent dans leur recherche ne sont pas nombreux, et tout est dans le jugement de l’Éternel ; et si tu es un homme ambitieux, avide de dignités, tu dois t’abstenir de cela, pour que ce pain corporel ne te soit pas agréable ; et c’est ce qui est écrit à la suite (ibid. 23) « et mets un couteau à ta gorge si tu es homme d’appétit » ; voilà selon la voie du sens simple.
וע"ד השכל הכתוב הזה מדבר במלכות שמים, שהוא אזהרה שלא יתקרב האדם בהשגתו למעלה מן המושג, שהרי הקב"ה נקרא בכתוב מושל, וכן אמר דוד ע"ה (תהילים כ״ב:כ״ט) כי לה' המלוכה ומושל בגוים, ולכך יאמר כי תשב ללחום את מושל בין תבין את אשר לפניך כשתתיישב להתבונן בהשגת החכמה שהיא מזון הנפש כשם שהלחם הוא מזון הגוף ותרצה להשיג השגת המושל יתעלה, בין תבין את אשר לפניך, בין תבין אותו מאשר לפניך, כלומר מתוך דרכיו ופעולותיו הנפלאים הנראים והנגלים לחוש, כענין שכתוב (שם ח) כי אראה שמיך מעשה אצבעותיך וגו', זהו בין תבין את אשר לפניך.
Et selon l’intellect, ce verset parle de la royauté des cieux ; c’est un avertissement que l’homme ne s’approche pas, dans son intelligence, au-delà de ce qui est saisissable, car le Saint, béni soit-Il, est appelé dans l’Écriture « souverain » (moshel) ; et ainsi David, que la paix soit sur lui, a dit (Psaumes 22,29) « car à l’Éternel appartient la royauté, et Il domine (moshel) sur les nations ». C’est pourquoi il dit : « quand tu t’assieds pour manger avec un souverain, considère bien ce qui est devant toi » : lorsque tu t’assieds pour examiner l’acquisition de la sagesse, qui est la nourriture de l’âme comme le pain est la nourriture du corps, et que tu voudras atteindre la connaissance du Souverain, qu’Il soit exalté, « considère bien ce qui est devant toi » : comprends-Le à partir de ce qui est devant toi, c’est-à-dire de Ses voies et de Ses actes merveilleux, vus et révélés aux sens, comme il est écrit (ibid. 8) « quand je vois Tes cieux, l’œuvre de Tes doigts, etc. » ; c’est « considère bien ce qui est devant toi ».
וכפל בין תבין כלומר בינה אחר בינה, לפי שהבורא יתעלה איננו מושג בתחלת המחשבה אלא אחר שיחשוב ויחזור ויחשוב, כענין שכתוב (דברים ד׳:ל״ט) והשבות אל לבבך כי ה' הוא האלהים. וכן מצינו באליהו (מלכים א י״ט:י״א-י״ב) ורוח גדולה וחזק וגו' לא ברוח ה' ואחר הרוח רעש לא ברעש ה', ואחר הרעש אש לא באש ה' ואחר האש קול דממה דקה, ועל כן כפל הלשון בין תבין לפי שהוא ענין שצריך התבוננות אחר התבונות.
Et il a doublé « considère bien » (bin tavin), c’est-à-dire intelligence après intelligence, parce que le Créateur, qu’Il soit exalté, n’est pas saisi dès la première pensée mais seulement après qu’on a pensé, puis repensé, comme il est écrit (Deutéronome 4,39) « et tu feras revenir à ton cœur que l’Éternel est Dieu ». Et de même nous trouvons chez Éliyahou (I Rois 19,11-12) « un grand vent, fort, etc., l’Éternel n’était pas dans le vent ; et après le vent, un tremblement, l’Éternel n’était pas dans le tremblement ; et après le tremblement, un feu, l’Éternel n’était pas dans le feu ; et après le feu, une voix de fin silence » ; et c’est pourquoi l’expression a été doublée « considère bien » : c’est un sujet qui exige une réflexion après des réflexions.
ואם אתה בעל נפש שכלית יש לך להמנע מההשגה למעלה מן המושג, זהו ושמת שכין בלועך אם בעל נפש אתה, כי הלחיים אבר כולל המאכל והדבור, ודבר ידוע כי מי שאינו נמנע מזאת וירצה להטריד מחשבתו במה שאינו מושג, יאבד וישומם, כענין שכתוב (קהלת ז׳:ט״ז) ואל תתחכם יותר למה תשומם, שכן מצינו בבני אהרן שנענשו לפי שהשתדלו במעמד הר סיני להשיג למעלה מן המושג וחזו את האלהים והרסו לעלות אל ה' אחר שהזהירם משה מפי הגבורה (שמות י״ט:כ״ד) והכהנים והעם אל יהרסו, ולפי שנתקרבו לפני ה' יותר מדאי לכך נגזרה עליהם מיתה, וזהו שכתוב.
Et si tu es un homme d’intellect, tu dois t’abstenir de chercher à saisir au-delà de ce qui est saisissable ; c’est « et mets un couteau à ta gorge si tu es homme d’appétit », car la mâchoire est un membre qui comprend la nourriture et la parole ; et il est connu que celui qui ne s’abstient pas de cela et veut absorber sa pensée par ce qui n’est pas saisissable, périra et sera dévasté, comme il est écrit (Ecclésiaste 7,16) « et ne te fais pas trop sage, pourquoi te dévasterais-tu ? » ; car nous trouvons chez les fils d’Aharon qu’ils furent punis parce qu’ils s’efforcèrent, au rassemblement du mont Sinaï, de saisir au-delà de ce qui est saisissable, qu’ils virent Dieu, et qu’ils transgressèrent pour monter vers l’Éternel après que Moché les eut avertis de la bouche de la Puissance (Exode 19,24) « et les prêtres et le peuple ne transgresseront pas » ; et parce qu’ils s’approchèrent trop près devant l’Éternel, la mort fut décrétée contre eux, et c’est ce qui est écrit :
אחרי מות שני בני אהרן בקרבתם לפני ה' וימותו. הדבור הזה היה למשה אחר שמתו שני בני אהרן. וטעם בקרבתם לפני ה' וימותו שעורו כי בשרתם לפני ה' מתו, כך פירש הרמב"ן ז"ל.
« Après la mort des deux fils d’Aharon, quand ils s’approchèrent devant l’Éternel et moururent. » Cette parole fut adressée à Moché après la mort des deux fils d’Aharon. Et le sens de « quand ils s’approchèrent devant l’Éternel et moururent » est : quand ils servirent devant l’Éternel, ils moururent ; ainsi a expliqué le Ramban, de mémoire bénie.
וע"ד הפשט יראה לי כי הכתוב הזה מבאר שתי עברות שהיו בידם, האחת במחשבה אשר עליה נגזרה עליהם מיתה, והשנית במעשה שמתו בה. חטא המחשבה קרבתם לפני ה' בהר סיני אחר שהתרה משה בהם וממנה נתחייבו מיתה, הוא שדרשו רז"ל (שמות כ״ד:י״א) ואל אצילי בני ישראל לא שלח ידו, מכאן שהיו ראויין לשליחות יד אלא שנצולו לפי שעה כדי שלא לערבב שמחת התורה, וזהו לשון בקרבתם ולא אמר בהקריבם.
Et selon le sens simple, il me semble que ce verset explique deux transgressions qui étaient en leur main : l’une en pensée, pour laquelle la mort fut décrétée sur eux, et l’autre en acte, dans laquelle ils moururent. La faute de pensée : leur approche devant l’Éternel au mont Sinaï, après que Moché les eut avertis, et pour laquelle ils furent passibles de mort, c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué (Exode 24,11) « et contre les nobles des enfants d’Israël Il n’étendit pas Sa main » : de là, ils étaient dignes qu’on étende la main sur eux, mais ils furent sauvés pour un temps afin de ne pas troubler la joie de la Torah ; et c’est l’expression « quand ils s’approchèrent » et non « quand ils offrirent ».
חטא המעשה שמתו בו, הוא הקרבת אש זרה, כענין שכתוב (ויקרא י׳:א׳) ויקריבו לפני ה' אש זרה, ואש זרה היתה שהכניסו אש בלא קטורת, ויהיה שעור הכתוב אחרי מות שני בני אהרן וימותו, אחר שנגזרה מיתה על שני בני אהרן בחטא המחשבה בקרבתם לפני ה' בהר סיני שזנו עיניהם מהשכינה וימותו באחד בניסן בחטא המעשה בהקרבת אש זרה, אמר הקב"ה למשה בדבור ובאמירה שיאמר לאהרן שיזהיר שלא יבא בכל עת אל הקדש מבית לפרכת אלא בקטרת, כענין שכתוב בפרשה והביא מבית לפרכת ונתן את הקטרת על האש לפני ה' וכסה ענן הקטרת את הכפרת ולא ימות, הא אם נכנס שם בלא קטרת ימות כדרך שמתו בניו.
La faute d’acte dans laquelle ils moururent, c’est l’offrande du feu étranger, comme il est écrit (Lévitique 10,1) « et ils offrirent devant l’Éternel un feu étranger » ; et le feu étranger fut qu’ils introduisirent du feu sans encens ; et l’explication du verset est : « après la mort des deux fils d’Aharon » — « et ils moururent » : après que la mort fut décrétée contre les deux fils d’Aharon pour la faute de pensée, quand ils s’approchèrent devant l’Éternel au mont Sinaï, où ils fixèrent leurs yeux sur la Présence, et qu’ils moururent le premier de Nissan pour la faute d’acte, l’offrande du feu étranger — le Saint, béni soit-Il, dit à Moché, par parole et par dit, de dire à Aharon de prendre garde à ne pas entrer à toute heure dans le Sanctuaire, au-dedans du voile, sans encens, comme il est écrit dans la section « et il apportera l’encens au-dedans du voile, et mettra l’encens sur le feu devant l’Éternel, et le nuage de l’encens couvrira le propitiatoire, et il ne mourra pas » ; donc s’il y entrait sans encens, il mourrait, de la manière dont moururent ses fils.
והנה חטאם מפורש, והפרשה תעיד על החטא הזה במעשה שנכנסו שם בלא קטרת, ועל כן יזהיר בזה לאהרן. ומה שיחזק לך הפירוש הזה הוא מה שאמרו במדרש (במדבר ג׳:ד׳) וימת נדב ואביהוא לפני ה' בהקריבם אש זרה לפני ה' במדבר סיני, וכי במדבר סיני מתו, מה תלמוד לומר לפני ה' במדבר סיני, אלא שהיתה לפני ה', שמהר סיני נטלו איפופסין שלהם למיתה.
Et voici que leur faute est expliquée, et la section témoigne de cette faute par l’acte d’être entrés là sans encens, et c’est pourquoi il avertit Aharon à ce sujet. Et ce qui fortifie pour toi cette explication, c’est ce qu’ils ont dit dans le Midrash (Nombres 3,4) « et Nadav et Avihou moururent devant l’Éternel en offrant un feu étranger devant l’Éternel dans le désert du Sinaï » : sont-ils morts dans le désert du Sinaï ? Que veut dire l’Écriture « devant l’Éternel dans le désert du Sinaï » ? Mais que ce fut devant l’Éternel : c’est du mont Sinaï qu’ils prirent leur sentence (ipopsin) de mort.
וע"ד המדרש אחרי מות שני בני אהרן, ארבעה בני אהרן היו ראוין למות מפני עון העגל והתפלל משה עליהם ועשה תפלתו מחצה, מה כתיב שם (דברים ט) ובאהרן התאנף ה' מאד להשמידו, ואין השמדה אלא כלוי בנים שנאמר (עמוס ב) ואשמיד פריו ממעל ושרשיו מתחת, כיון שהתפלל משה עשה תפלתו מחצה, אמר לו הקב"ה לא כך כתבתי בתורתי (שמות כב) על כל דבר פשע על שור על חמור על שה על שלמה על כל אבדה אשר יאמר כי הוא זה עד האלהים יבא דבר שניהם אשר ירשיעון אלהים ישלם שנים לרעהו, על כל דבר פשע על שור,
Et selon le Midrash : « après la mort des deux fils d’Aharon » : quatre fils d’Aharon étaient dignes de mourir à cause de la faute du veau, et Moché pria pour eux et sa prière fut acceptée à moitié ; qu’est-il écrit là (Deutéronome 9,20) ? « Et contre Aharon l’Éternel s’irrita fort pour l’anéantir » ; et il n’y a d’anéantissement que la perte des fils, comme il est dit (Amos 2,9) « et J’anéantis son fruit d’en haut et ses racines d’en bas » ; dès que Moché eut prié, sa prière fut acceptée à moitié. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : « N’ai-Je pas écrit dans Ma Torah (Exode 22,8) “pour toute affaire de transgression, pour un bœuf, pour un âne, pour un agneau, pour un manteau, pour toute chose perdue dont on dira : c’est ceci, la cause des deux viendra devant Dieu ; celui que Dieu déclarera coupable paiera le double à son prochain” ? “Pour toute affaire de transgression, pour un bœuf” :
ראוי להעניש מי שפשע בשור, שנאמר (תהלים קו) וימירו את כבודם בתבנית שור, על חמור, אלו המצריים שכתוב בהן (יחזקאל כג) אשר בשר חמורים בשרם, והן ערב רב שנתגיירו ועלו עמהם ממצרים והיו סבת העגל, על שה, אלו ישראל שנקראו שה שנאמר (ירמיה נ) שה פזורה ישראל, שהרי ערב רב התחילו במעשה העגל ונטפלו ישראל עמהם, על שלמה, אפילו הגדולים שבהם שכתב עליהם (ישעיה ג) שמלה לכה קצין תהיה לנו, על כל אבדה, שהיו טועין כשה אובד במדבר והיו מבקשין מנהיג, וכן הוא אומר (ירמיה נ) צאן אובדות היו עמי,
il est convenable de punir celui qui a transgressé à propos du bœuf, comme il est dit (Psaumes 106,20) “et ils échangèrent leur gloire contre la ressemblance d’un bœuf” ; “pour un âne” : ce sont les Égyptiens, dont il est écrit (Ézéchiel 23,20) “dont la chair est la chair des ânes”, et ils constituent la multitude mêlée qui se convertit et monta avec eux d’Égypte, et fut la cause du veau ; “pour un agneau” : ce sont les Israélites, qui furent appelés agneau, comme il est dit (Jérémie 50,17) “Israël est un agneau dispersé”, car la multitude mêlée commença l’affaire du veau et les Israélites s’y associèrent avec eux ; “pour un manteau” : même les plus grands d’entre eux, dont il est écrit (Isaïe 3,6) “tu as un manteau, sois notre chef” ; “pour toute chose perdue” : parce qu’ils s’égaraient comme un agneau perdu dans le désert et cherchaient un guide, et ainsi il est dit (Jérémie 50,6) “mon peuple était un troupeau perdu”,
אשר יאמר כי הוא זה, שאמרו (שמות לב) אלה אלהיך ישראל, וכתיב (שם) כי זה משה האיש, עד האלהים יבא דבר שניהם, זה משה שכתוב בו (שם ז) ראה נתתיך אלהים לפרעה, שבאו לפני משה ודן אותם, אשר ירשיעון אלהים, זה אהרן שהרשיעו משה שנקרא אלהים ואמר לו (שם לב) מה עשה לך העם הזה כי הבאת עליו חטאה גדולה, ישלם שנים לרעהו, אלו שני בני אהרן שמתו, דכתיב אחרי מות שני בני אהרן.
“dont on dira : c’est ceci” : parce qu’ils dirent (Exode 32,4) “voici tes dieux, Israël”, et il est écrit (ibid. 1) “car ce Moché, l’homme” ; “la cause des deux viendra devant Dieu” : c’est Moché, dont il est écrit (ibid. 7) “vois, Je t’ai fait Dieu pour Pharaon”, car ils vinrent devant Moché et il les jugea ; “celui que Dieu déclarera coupable” : c’est Aharon, que Moché a déclaré coupable — lui qui est appelé Dieu — et lui dit (ibid. 32) “que t’a fait ce peuple, pour que tu aies fait venir sur lui une grande faute ?” ; “paiera le double à son prochain” : ce sont les deux fils d’Aharon qui moururent, car il est écrit “après la mort des deux fils d’Aharon”. »
זהו שאמר הכתוב (קהלת ט) הכל כאשר לכל מקרה אחד לצדיק ולרשע לטוב ולטהור ולטמא ולזובח ולאשר איננו זובח כטוב כחוטא הנשבע כאשר שבועה ירא, שלמה ע"ה היה מביט וצופה בכל הדורות בצדיקים וברשעים ורואה דברים שמגיעים לרשעים ומגיעים לצדיקים, ואמר זה רע בכל אשר נעשה תחת השמש, מקרה אחד לצדיק ורשע, לצדיק זה אברהם שנאמר (בראשית יח) כי ידעתיו למען אשר יצוה את בניו ואת ביתו אחריו וגו', ולרשע זה נמרוד שהמריד כל העולם כולו להקב"ה, זה מת וזה מת, הוי אומר מקרה אחד לצדיק ולרשע.
C’est ce que dit l’Écriture (Ecclésiaste 9,2) « tout est pareil pour tous : un même sort pour le juste et pour le méchant, pour le bon et pour le pur et pour l’impur, pour celui qui sacrifie et pour celui qui ne sacrifie pas ; comme le bon, ainsi le pécheur ; celui qui jure, comme celui qui craint le serment » : Shelomo, que la paix soit sur lui, regardait et observait toutes les générations, les justes et les méchants, et voyait des choses qui arrivent aux méchants et arrivent aux justes, et il dit « c’est un mal dans tout ce qui se fait sous le soleil » : un même sort pour le juste et le méchant. « Pour le juste » : c’est Avraham, comme il est dit (Genèse 18,19) « car Je l’ai connu pour qu’il ordonne à ses fils et à sa maison après lui, etc. » ; « et pour le méchant » : c’est Nimrod, qui fit se révolter tout le monde contre le Saint, béni soit-Il ; celui-ci mourut et celui-là mourut : dis donc « un même sort pour le juste et pour le méchant ».
לטוב זה משה, שנאמר (שמות ב) ותרא אותו כי טוב הוא, ולטהור זה דוד, שנאמר (שמואל א טז) וישלח ויביאהו והוא אדמוני עם יפה עינים וטוב רואי, לטמא זה נבוכדנצר, דוד יסד ביהמ"ק ומלך ארבעים שנה, נבוכדנצר החריבו ומלך ארבעים שנה, הוי אומר מקרה אחד לכל. ולזובח זה שלמה, שנאמר (מלכים א ח) ויזבח שלמה את זבח השלמים אשר זבח לה' בקר עשרים ושנים אלף, ולאשר איננו זובח זה ירבעם, שבטל ישראל מעלות לרגל לבית המקדש שנאמר (שם יב) רב לכם מעלות ירושלים, זה מלך אחר זה.
« Pour le bon » : c’est Moché, comme il est dit (Exode 2,2) « et elle vit qu’il était bon » ; « et pour le pur » : c’est David, comme il est dit (I Samuel 16,12) « et il l’envoya chercher, et il était roux, avec de beaux yeux et bon à voir » ; « pour l’impur » : c’est Nabuchodonosor : David fonda le Temple et régna quarante ans, Nabuchodonosor le détruisit et régna quarante ans : dis donc un même sort pour tous. « Pour celui qui sacrifie » : c’est Shelomo, comme il est dit (I Rois 8,63) « et Shelomo offrit le sacrifice de paix qu’il offrit à l’Éternel : vingt-deux mille bœufs » ; « et pour celui qui ne sacrifie pas » : c’est Yarovam, qui annula les montées d’Israël en pèlerinage au Temple, comme il est dit (ibid. 12,28) « c’est trop pour vous de monter à Jérusalem » : l’un régna après l’autre.
כטוב זה משה, שנאמר (שמות ב) ותרא אותו כי טוב הוא, כחוטא אלו מרגלים, שכתוב בהן (משלי יג) חטאים תרדף רעה, משה לא נכנס לארץ מרגלים לא נכנסו לארץ. הנשבע זה צדקיה, שכתוב בו (דברי הימים ב לו) וגם במלך נבוכדנצר מרד אשר השביעו באלהים ועורו את עיניו, כאשר שבועה ירא זה שמשון שנאמר (שופטים טו) השבעו לי וגו', וכתיב (שם טז) ויאחזוהו פלשתים וינקרו את עיניו.
« Comme le bon » : c’est Moché, comme il est dit (Exode 2,2) « et elle vit qu’il était bon » ; « comme le pécheur » : ce sont les explorateurs, dont il est écrit (Proverbes 13,21) « le mal poursuit les pécheurs » : Moché n’entra pas dans le pays, les explorateurs n’entrèrent pas dans le pays. « Celui qui jure » : c’est Tsidqiyahou, dont il est écrit (II Chroniques 36,13) « et aussi il se révolta contre le roi Nabuchodonosor, qui l’avait fait jurer par Dieu » ; et ils lui crevèrent les yeux ; « comme celui qui craint le serment » : c’est Shimshon, comme il est dit (Juges 15,12) « jurez-moi, etc. », et il est écrit (ibid. 16,21) « et les Philistins le saisirent et lui crevèrent les yeux ».
דבר אחר כטוב כחוטא, כטוב אלו בניו של אהרן, כחוטא זה קרח ועדתו שנחלקו עם משה ונשרפו, שנאמר (במדבר טז) ואש יצאה מאת ה' ותאכל וכו', בניו של אהרן שנכנסו להקריב נשרפו שנאמר (ויקרא י) ותצא אש מלפני ה' ותאכל אותם, הוי אומר מקרה אחד לכל. ועל זה אמר אליהוא (איוב לז) אף לזאת יחרד לבי ויתר ממקומו, ומה עצים יבשים שהניחו בחייו של עולם הפריחו ועשו פירות ויצאו חיים, בני אהרן שנכנסו חיים ויצאו שרופים, אף לזאת יחרד לבי ויתר ממקומו. זהו שאמר הכתוב (קהלת ב) לשחוק אמרתי מהולל ולשמחה מה זו עושה.
Autre explication : « comme le bon, ainsi le pécheur » : « comme le bon » : ce sont les fils d’Aharon ; « comme le pécheur » : c’est Qorah et son assemblée, qui se querellèrent avec Moché et furent brûlés, comme il est dit (Nombres 16,35) « et un feu sortit d’auprès de l’Éternel et consuma, etc. » ; les fils d’Aharon, qui entrèrent pour offrir, furent brûlés, comme il est dit (Lévitique 10) « et un feu sortit de devant l’Éternel et les consuma » : dis donc un même sort pour tous. Et à ce sujet Élihou a dit (Job 37,1) « à cela aussi mon cœur tremble et bondit hors de sa place » : si des bois secs, que l’on a laissés auprès de Celui qui est la Vie du monde, ont fleuri et produit des fruits et sont sortis vivants, les fils d’Aharon, qui sont entrés vivants et sont sortis brûlés : « à cela aussi mon cœur tremble et bondit hors de sa place ». C’est ce que dit l’Écriture (Ecclésiaste 2,2) « du rire j’ai dit : insensé, et de la joie : que fait-elle ? ».
אמר רבי אחא שלמה אמר דברים ששחקה עליו מדת הדין, כתיב (דברים יז) ולא ירבה לו נשים, וכתיב (מלכים א יא) ויהי לו נשים שרות שבע מאות ופילגשים שלש מאות. וכתיב (דברים יז) לא ירבה לו סוסים, וכתיב (מלכים א ה) ויהי לשלמה ארבעים אלף ארוות סוסים. כתיב (דברים יז) וכסף וזהב לא ירבה לו מאד, וכתיב (מלכים א י) ויתן המלך את הכסף בירושלים כאבנים, אין כסף נחשב בימי שלמה למאומה. ולשמחה מה זו עושה, אמר לו הקב"ה מה העטרה הזאת בידך, רד מכסאך.
Rabbi Aha dit : Shelomo a dit des paroles dont l’attribut de rigueur s’est moqué. Il est écrit (Deutéronome 17,17) « il ne multipliera pas pour lui les femmes », et il est écrit (I Rois 11,3) « et il eut sept cents femmes princesses et trois cents concubines » ; il est écrit (Deutéronome 17,16) « il ne multipliera pas pour lui les chevaux », et il est écrit (I Rois 5,6) « et Shelomo avait quarante mille stalles de chevaux » ; il est écrit (Deutéronome 17,17) « et l’argent et l’or, il n’en multipliera pas pour lui beaucoup », et il est écrit (I Rois 10,27) « et le roi donna l’argent à Jérusalem comme des pierres » ; l’argent n’était pas compté pour quoi que ce soit dans les jours de Shelomo. « Et de la joie : que fait-elle ? » : le Saint, béni soit-Il, lui dit : « Qu’est-ce que cette couronne dans ta main ? Descends de ton trône. »
באותה שעה בא מלאך כדמות שלמה וישב לו על כסאו והיה שלמה צווח בכל בתי כנסיות ובתי מדרשות ואומר להם אני קהלת הייתי מלך, והיו מכין אותו בקנה ונותנים לפניו קערה של גריסים, באותה שעה אמר זה היה חלקי מכל עמלי. דבר אחר לשחוק אמרתי מהולל, זה השחוק ששחקה מדת הדין על אלישבע בת עמינדב שראתה ארבע שמחות ביום אחד, ראתה יבמה מלך, ובעלה כהן גדול, ואחיה נשיא, ושני בניה סגני כהונה, כיון שנכנסו להקריב יצאו שרופים, הוי אומר לשחוק אמרתי מהולל.
À cette heure vint un ange à l’image de Shelomo et il s’assit sur son trône, et Shelomo criait dans toutes les maisons d’assemblée et d’étude et leur disait : « Moi, Qohélet, j’étais roi » ; on le frappait avec un roseau et on mettait devant lui un plat de gruau ; à cette heure il dit : « Voilà ma part de tout mon labeur. » Autre explication : « du rire j’ai dit : insensé » : c’est le rire dont l’attribut de rigueur s’est moqué pour Élishéva fille d’Aminadav, qui vit quatre joies en un jour : elle vit son beau-frère roi, son mari grand prêtre, son frère prince, et ses deux fils vice-prêtres ; dès qu’ils entrèrent pour offrir, ils sortirent brûlés : dis donc « du rire j’ai dit : insensé ».
זהו שאמר הכתוב (איוב ל״ט:כ״ז-כ״ח) אם על פיך יגביה נשר וכי ירים קנו, סלע ישכון ויתלונן על שן סלע ומצודה, משם חפר אוכל למרחוק עיניו יביטו, ואפרוחיו יעלעו דם ובאשר חללים שם הוא, אמר הקב"ה לאיוב אם על פיך יגביה נשר, אם על מימר פומך הייתי משרה שכינתי על גבי הארון כשם שעשיתי על ידי אהרן, ועל מימר פומך הייתי מסלק שכינתי מעל גבי הארון, סלע ישכון ויתלונן, זה מקדש ראשון, על שן סלע ומצודה, זה מקדש שני, וקורא סלע אבן שתיה שהיתה שם לפני הארון, ולמה נקרא אבן שתיה שממנה הושתת העולם, משם חפר אוכל, מתוך אותה אבן שתיה היה כהן גדול מתפלל על ישראל בספוק מזונותיהם ואומר, יהי רצון מלפניך ה' אלהינו שתהא שנה זו הבאה עלינו גשומה וטלולה ושחונה שנת שובע שנת רצון שנת ברכה שנת משא ומתן שנה שלא יצטרכו עמך בית ישראל לפרנסה זה לזה ולא לעם אחר ושלא יגביהו שררה זה על זה.
C’est ce que dit l’Écriture (Job 39,27-30) « Est-ce à ta parole que l’aigle s’élève et fait son nid en haut ? Il habite le rocher et y passe la nuit, sur la dent du rocher et la forteresse ; de là il cherche sa nourriture, de loin ses yeux regardent ; et ses petits sucent le sang, et là où sont les cadavres, il est » ; le Saint, béni soit-Il, dit à Iyov : « Est-ce à ta parole que l’aigle s’élève ? » ; est-ce sur la parole de ta bouche que Je ferais résider Ma Présence sur l’arche, comme Je l’ai fait par Aharon, et que Je retirerais Ma Présence de dessus l’arche ? « Il habite le rocher et y passe la nuit » : c’est le premier Temple ; « sur la dent du rocher et la forteresse » : c’est le second Temple ; et il appelle « rocher » la pierre de fondation (even shetiya) qui était là devant l’arche ; et pourquoi est-elle appelée pierre de fondation ? Parce que d’elle le monde fut fondé. « De là il cherche sa nourriture » : de cette pierre de fondation, le grand prêtre priait pour Israël en vue de la suffisance de leur nourriture et disait : « Qu’il soit de Ta volonté, Éternel notre Dieu, que cette année qui vient sur nous soit pluvieuse, couverte de rosée et chaude, une année d’abondance, une année d’agrément, une année de bénédiction, une année de commerce, une année où Ton peuple, la maison d’Israël, n’ait pas besoin de subsistance l’un de l’autre ni d’un autre peuple, et où ils ne s’élèvent pas en autorité l’un sur l’autre. »
למרחוק עיניו יביטו, שהיה יודע מה יהיה בסוף השנה, כיצד, היה עשן במערכה עולה לדרום שובע גדול לאנשי דרום, עולה העשן למערב שובע גדול לאנשי מערב, וכן למזרח וכן לצפון, היה עולה כלפי הרקיע היה יודע שכל העולם כלו שבע, כל המעלה הזאת וכל השבח הזה היה לאהרן, ואעפ"כ ואפרוחיו יעלעו דם, דחמי אפרוחיו היו מגעגעין בדם ושתיק, אלא ובאשר חללים שם הוא, שם היתה השכינה, עד כאן במדרש.
« De loin ses yeux regardent » : il savait ce qui serait à la fin de l’année. Comment ? La fumée sur l’autel montait vers le sud : grande abondance pour les gens du sud ; la fumée montait vers l’ouest : grande abondance pour les gens de l’ouest ; et de même vers l’est et vers le nord ; si elle montait vers le firmament, il savait que le monde entier serait rassasié. Tout ce rang et toute cette louange étaient pour Aharon, et néanmoins « ses petits sucent le sang » : parce qu’il voyait que ses petits se vautraient dans le sang et se taisait ; mais « là où sont les cadavres, il est » : là était la Présence. Jusqu’ici, dans le Midrash.
וע"ד הקבלה אחרי מות שני בני אהרן וימותו, יתכן לפרש כי כפל המיתה כענין (דברים ל״ג:ו׳) יחי ראובן ואל ימות כתרגום אונקלוס. ועוד שהרי העיד הכתוב (במדבר ג׳:ד׳) ובנים לא היו להם, וכבר ידעת כי מי שמת בלא בנים הוא בכלל הענין הזה, ומכלל רמז התורה מה שכתוב (ויקרא כ״ב:י״ג) ובת כהן כי תהיה אלמנה וגרושה וזרע אין לה ושבה אל בית אביה כנעוריה מלחם אביה תאכל, קרא הנפש בת כהן כי היא משתלשלת מן הבינה דרך ימין שהוא החסד, ואמר כי תהיה אלמנה מן הגוף שאבד ממנה, ותהיה גרושה שלא תשוב לשרשה כאשר זרע אין לה, ואחר שישלימו לה ימי הגרושין שתהיה מגורשת מן המקום שהיא ראויה לשוב שם, ושבה אל בית אביה כנעוריה מלחם אביה תאכל, שהוא קדוש, כלומר תהנה מזיו השכינה.
Et selon la Kabbale, « après la mort des deux fils d’Aharon, et ils moururent » : on peut expliquer que le doublement de la mort est comme (Deutéronome 33,6) « que Réouven vive et ne meure pas », selon le Targoum d’Onqelos. Et de plus, l’Écriture témoigne (Nombres 3,4) « et ils n’avaient pas de fils », et tu sais déjà que celui qui est mort sans fils est inclus dans ce sujet ; et c’est de l’ensemble des allusions de la Torah ce qui est écrit (Lévitique 22,13) « et la fille du prêtre, si elle devient veuve ou répudiée et n’a pas de semence, et qu’elle revient à la maison de son père comme dans sa jeunesse, elle mangera du pain de son père » : il a appelé l’âme « fille du prêtre », car elle descend de la Bina par la voie de la droite, qui est la bonté ; et il a dit « si elle devient veuve » du corps qui a été perdu pour elle, « et répudiée », de sorte qu’elle ne revienne pas à sa racine, « lorsque semence elle n’a pas » ; et lorsque seront achevés les jours de son bannissement, durant lesquels elle est chassée du lieu auquel elle devrait revenir, « et qu’elle revient à la maison de son père comme dans sa jeunesse, elle mangera du pain de son père », qui est saint, c’est-à-dire qu’elle jouira de l’éclat de la Présence.
דבר אל אהרן אחיך ואל יבא בכל עת אל הקדש. ולא ימות כדרך שמתו בניו, משלו רז"ל משל למה הדבר דומה, לרופא שנכנס אצל חולה ואמר לו אל תאכל צונן ואל תשכב בטחב, בא אחר ואמר לו אל תאכל צונן ואל תשכב בטחב שלא תמות כדרך שמת פלוני, זה זרזו יותר מהראשון.
« Parle à Aharon ton frère, afin qu’il n’entre pas en tout temps dans le Sanctuaire. » « Et il ne mourra pas, comme moururent ses fils » : nos Sages, de mémoire bénie, ont donné une parabole : à quoi cela ressemble-t-il ? À un médecin qui entra chez un malade et lui dit : « Ne mange pas de froid et ne dors pas dans l’humidité » ; un autre vint et lui dit : « Ne mange pas de froid et ne dors pas dans l’humidité, afin de ne pas mourir comme est mort un tel » ; celui-ci l’a davantage stimulé que le premier.
כי בענן אראה אל הכפורת. לא אמר הכתוב כי אראה בענן על הכפורת שאילו אמר כן היה במשמע כי ההראות יהיה בענן, וא"כ מה המעלה היתרה שהיתה לכהן גדול יותר משאר כל ישראל, והלא כל ישראל היו רואין הכבוד בענן, הוא שכתוב (שמות ט״ז:י׳) והנה כבוד ה' נראה בענן אל כל בני ישראל, ועוד כתיב (שם לג) וראה כל העם את עמוד הענן.
« Car dans le nuage Je serai vu sur le propitiatoire. » L’Écriture n’a pas dit « car Je serai vu dans le nuage sur le propitiatoire », car s’il l’avait dit, cela aurait signifié que l’apparition se ferait dans le nuage, et alors quel avantage supplémentaire le grand prêtre avait-il sur le reste d’Israël, puisque tout Israël voyait la Gloire dans le nuage, comme il est écrit (Exode 16,10) « et voici que la Gloire de l’Éternel apparut dans le nuage à tous les enfants d’Israël », et il est écrit encore (ibid. 33) « et tout le peuple vit la colonne de nuée ».
אבל עתה כשאמר כי בענן אראה על הכפורת, באר כי לאחר שיבא שם בענן ישמט הכבוד מן הענן ויהיה מתראה על הכפורת, ומפני זה סמך ההראות אל הכפורת, וכן דרך הכבוד בכל שאר ימות השנה להראות שם על הכפורת, וכהן גדול אינו רשאי להכנס שם בשאר ימות השנה כי אם ביום הכפורים, ולפיכך היה צריך ביום הכפורים לקטורת כדי שיהיה לו כסות עינים ולא יזונו עיניו מזיו הכבוד.
Mais maintenant qu’il a dit « car dans le nuage Je serai vu sur le propitiatoire », il a expliqué qu’après qu’il y sera venu dans le nuage, la Gloire se détachera du nuage et se verra sur le propitiatoire ; et pour cela il a rapproché l’apparition du propitiatoire ; et telle est la manière de la Gloire tous les autres jours de l’année : se voir là, sur le propitiatoire ; et le grand prêtre n’a pas le droit d’y entrer le reste de l’année, seulement le jour des Expiations ; et c’est pourquoi il avait besoin, le jour des Expiations, de l’encens, afin d’avoir un voile pour les yeux et que ses yeux ne se nourrissent pas de l’éclat de la Gloire.
ורז"ל דרשו, כי בענן אראה על הכפורת, בענן הקטורת, ומכאן שהיה צריך לעשות ענן הקטורת לפני ולפנים, לא שיתקן מבחוץ ויכניס כדעת הצדוקין, וכן הכתוב מוכיח בפרשה שאמר (ויקרא טז) וכסה ענן הקטורת את הכפרת אשר על העדות ולא ימות, ולכך העמידו בגמרא כי שני כתובים אלו, זה לעונש וזה לאזהרה,כי בענן אראה הוא לאזהרה, וכסה ענן הקטורת, לעונש.
Et nos Sages, de mémoire bénie, l’ont expliqué : « car dans le nuage Je serai vu sur le propitiatoire » : dans le nuage de l’encens ; et de là qu’il devait faire le nuage de l’encens à l’intérieur du Saint des Saints, non qu’il l’arrange à l’extérieur et l’introduise, comme l’avis des Sadducéens ; et de même l’Écriture le prouve dans la section où il dit (Lévitique 16) « et le nuage de l’encens couvrira le propitiatoire qui est sur le témoignage, et il ne mourra pas » ; et c’est pourquoi ils ont établi dans la Guemara que ces deux versets, celui-ci est pour la peine et celui-là pour l’avertissement : « car dans le nuage Je serai vu » est pour l’avertissement ; « et le nuage de l’encens couvrira », pour la peine.
בזאת יבא אהרן אל הקדש. ע"ד הפשט בזאת במדה הזאת, כלומר בסדור הקרבנות והמעשים וכל סדר יום הכפורים שהוא מסדר והולך.
« Avec ceci Aharon entrera dans le Sanctuaire. » Selon le sens simple, « avec ceci » : selon cette modalité, c’est-à-dire dans l’ordre des sacrifices et des actes et de tout l’ordre du jour des Expiations, qu’il expose dans la suite.
ועל דרך המדרש בזאת, בית ראשון היה קיים ת"י שנה כמנין בזא"ת, יבא לרמוז זמן עמידת המקדש העתיד הקרוב.
Et selon la voie du Midrash : « avec ceci » (bezot) : le premier Temple resta debout quatre cent dix ans, selon le nombre de « bezot » ; il vient faire allusion au temps de la durée du Temple futur et proche.
וע"ד הקבלה בזאת היא כנסת ישראל, והעד על זה לשון יבא כי משם יתחיל ויעלה ויבא אל הקדש שהיא החכמה, והיא מקור הברכה, והוא שכתוב (תהילים קל״ד:ב׳) שאו ידיכם קדש וברכו את ה', ומזה אמרו חכמי האמת במדרש, והוא באור לזה בזאת יבא אהרן אל הקדש, כשהיה כהן גדול נכנס לבית קדש הקדשים חבילות חבילות של מצות יש בידו, בזכות התורה, שנאמר (דברים ד׳:מ״ד) וזאת התורה, בזכות מילת שנאמר (בראשית י״ז:י׳) זאת בריתי אשר תשמרו, בזכות שבת שנאמר (ישעיהו נ״ו:ב׳) אשרי אנוש יעשה זאת, בזכות ירושלים שנאמר (יחזקאל ה׳:ה׳) זאת ירושלים בתוך הגוים שמתיה, בזכות השבטים שנאמר (בראשית מ״ט:כ״ח) וזאת אשר דבר להם אביהם,בזכות יהודה שנאמר (דברים ל״ג:ז׳) וזאת ליהודה, בזכות ישראל שנאמר (שיר השירים ז׳:ח׳) זאת קומתך דמתה לתמר, בזכות התרומה שנאמר (שמות כ״ה:ג׳) וזאת התרומה, בזכות המעשרות שנאמר (מלאכי ג׳:י׳) ובחנוני נא בזאת, בזכות הקרבנות שנאמר בזאת יבא אהרן אל הקדש. כל הדברים האלה רומזים אל המדה הזאת כי ענין אחד לכלם והכל הולך אל מקום אחד, הוא העשירי קדש שמשם יבא אל הקדש, וזה מבואר.
Et selon la Kabbale, « bezot » est l’Assemblée d’Israël, et le témoin en est l’expression « il entrera » (yavo), car de là il commence, monte et entre dans le Sanctuaire, qui est la Hokhma, et elle est la source de la bénédiction, c’est ce qui est écrit (Psaumes 134,2) « levez vos mains vers le sanctuaire et bénissez l’Éternel » ; et de là nos Sages de la vérité ont dit dans le Midrash, qui est l’explication de ceci « avec ceci Aharon entrera dans le Sanctuaire » : lorsque le grand prêtre entrait dans le Saint des Saints, il avait en main des faisceaux de commandements : par le mérite de la Torah, comme il est dit (Deutéronome 4,44) « et ceci (vezot) est la Torah » ; par le mérite de la circoncision, comme il est dit (Genèse 17,10) « ceci (zot) est Mon alliance que vous garderez » ; par le mérite du Shabbat, comme il est dit (Isaïe 56,2) « heureux l’homme qui fait ceci (zot) » ; par le mérite de Jérusalem, comme il est dit (Ézéchiel 5,5) « ceci (zot) est Jérusalem, au milieu des nations Je l’ai placée » ; par le mérite des tribus, comme il est dit (Genèse 49,28) « et ceci (vezot) est ce que leur père leur dit » ; par le mérite de Yehouda, comme il est dit (Deutéronome 33,7) « et ceci (vezot) pour Yehouda » ; par le mérite d’Israël, comme il est dit (Cantique des cantiques 7,8) « cette (zot) ta stature ressemble au palmier » ; par le mérite de l’offrande prélevée, comme il est dit (Exode 25,3) « et ceci (vezot) est l’offrande prélevée » ; par le mérite des dîmes, comme il est dit (Malachie 3,10) « éprouvez-Moi donc en cela (bezot) » ; par le mérite des sacrifices, comme il est dit « avec ceci (bezot) Aharon entrera dans le Sanctuaire ». Toutes ces choses font allusion à cet attribut-ci, car il y a un sujet unique pour tous et tout va vers un seul lieu, qui est le dixième, saint (qodesh), d’où il entre dans le Sanctuaire ; et cela est clair.
כתנת בד קדש ילבש ומכנסי בד יהיו על בשרו ובאבנט בד יחגור ובמצנפת בד. הזכיר ארבעה בגדים שהן של בד והזכיר בכל אחד מהם בד, ובתורת כהנים אמרו בד להוציא את החשן, בד להוציא את האפוד, בד להוציא את המעיל, בד להוציא את הציץ.
« Il revêtira la tunique sainte de lin, les caleçons de lin seront sur sa chair, il se ceindra de la ceinture de lin et se coiffera du turban de lin. » Il a mentionné quatre vêtements qui sont de lin (bad) et a mentionné « bad » pour chacun d’eux, et dans la Torat Kohanim ils ont dit : « bad » pour exclure le pectoral, « bad » pour exclure l’éphod, « bad » pour exclure le manteau, « bad » pour exclure la plaque.
והטעם לפי שבגדי כהן גדול הם שמונה, ארבעה מהן בד, ובארבעה מהן יש בהם זהב, ולא היה רשאי לכנס לפני ולפנים בבגדי זהב לפי שאין קטיגור נעשה סניגור, ולפיכך הזכיר עם כל אחד מהם בד למעט שאר הבגדים שכתוב בהם לפני ה' לפי שנאמר בחשן (שמות כ״ח:כ״ט) לפני ה' תמיד ונאמר באפוד (שם) לפני ה' ונאמר במעיל (שם) בבואו אל הקדש לפני ה', ונאמר בציץ (שם כ) לרצון להם לפני ה', יכול יכנס בהם לפני ולפנים, לכך נאמר בד, להוציא את החשן, בד להוציא את האפוד, בד להוציא את המעיל, בד להוציא את הציץ.
Et la raison est que les vêtements du grand prêtre sont huit, quatre d’entre eux de lin et dans quatre d’entre eux il y a de l’or ; et il n’avait pas le droit d’entrer dans le Saint des Saints avec des vêtements d’or, parce qu’un accusateur ne devient pas défenseur ; et c’est pourquoi il a mentionné avec chacun d’eux « bad » pour exclure les autres vêtements, dont il est écrit « devant l’Éternel », car il est dit du pectoral (Exode 28,29) « devant l’Éternel continuellement », et il est dit de l’éphod (ibid.) « devant l’Éternel », et il est dit du manteau (ibid. 35) « quand il entrera dans le Sanctuaire, devant l’Éternel », et il est dit de la plaque (ibid. 38) « pour leur agrément devant l’Éternel » ; on aurait pu croire qu’il y entre dans le Saint des Saints ; c’est pourquoi il est dit « bad » : « bad » pour exclure le pectoral, « bad » pour exclure l’éphod, « bad » pour exclure le manteau, « bad » pour exclure la plaque.
ואמר בגדי קדש הם ללמד כי כהן גדול המשרת לפני ולפנים בבית המקדש של מטה דוגמא לשירות הנעשה בבית המקדש של מעלה. ומה שהוא משרת שם בארבעה בגדים דוגמת ארבע מחנות שכינה שמשרתים לפניו במרום או דוגמת חיות הקדש בארבע כנפים וארבע פנים והיה הכתוב ראוי לומר בגדים קדושים הם אבל אמר בגדי קדש לבאר שהם דוגמא, והם מכוונים כנגד קדש. וזהו שתמצא שאמרו במדרש ויקרא רבה כשירות של מעלן כך שירות של מטן, מה שירות של מעלן ואיש אחד בתוכם לבוש בדים כך שירות של מטן כתנת בד קדש ילבש, עד כאן. ולבוש בדים הוא מיכאל והתכוין כי לא הוכשר הכהן להכנס לפני ולפנים בבית הרחמים כי אם בבגדי בד.
Et il a dit « ce sont des vêtements de sainteté » pour enseigner que le grand prêtre qui sert dans le Saint des Saints du Temple d’en bas est à l’image du service qui se fait dans le Temple d’en haut. Et ce qu’il y sert avec quatre vêtements est à l’image des quatre camps de la Présence qui servent devant Lui dans les hauteurs, ou à l’image des Hayyot saintes, avec quatre ailes et quatre faces ; et l’Écriture aurait dû dire « ce sont des vêtements saints » (begadim qedoshim), mais elle a dit « begadé qodesh » pour expliquer qu’ils sont une image et qu’ils correspondent à la Sainteté (qodesh). Et c’est ce que tu trouves, ils ont dit dans le Midrash Vayikra Rabba : « comme le service d’en haut, ainsi le service d’en bas : comme le service d’en haut, “et un homme au milieu d’eux, vêtu de lin”, ainsi le service d’en bas : “il revêtira la tunique sainte de lin” », jusqu’ici. Et « vêtu de lin » est Mikhaël, et l’intention est que le prêtre n’est apte à entrer dans le Saint des Saints, dans la maison de la miséricorde, qu’avec des vêtements de lin.
ואם תשכיל בלשון בד, תמצאנו כולל כמה כוונות מופלאות, כי ירמוז על ההכנעה והשפלות, וירמוז על היחוד, ובגוון שלו על המחילה, ומספרו על הקו האמצעי ירמוז על ההכנעה, שהרי הבד צמח עולה מן העפר להכנע העובד שהוא עפר מן האדמה, מה שאין כן בצמר שהוא עולה מבעלי חיים, וכן אמרו במסכת יומא כי דבר העולה מן הקרקע בד בבד, וזהו לשון בדים וענפים, ירמוז על היחוד, שכן לשון בד יחידי.
Et si tu réfléchis à l’expression « bad », tu la trouveras comprenant plusieurs intentions merveilleuses, car elle fait allusion à l’humilité et à la bassesse, elle fait allusion à l’unité, et par sa couleur au pardon, et par son nombre à la ligne médiane. Elle fait allusion à l’humilité, puisque le lin est une plante qui monte de la poussière, pour que le serviteur, qui est poussière de la terre, s’humilie, ce qui n’est pas le cas pour la laine, qui provient d’êtres vivants ; et ainsi ils ont dit dans le traité Yoma que ce qui monte du sol est « bad bevad » ; et c’est l’expression de « bad » et de rameaux ; elle fait allusion à l’unité, car l’expression « bad » est « seul ».
ומן הידוע שהחוט שלו יחידי אינו נחלק כלל, כמו הצמר שהחוט שלו נחלק וכן השער באדם, וזה שאומר בד בבד, כלומר יחידי שאינו נחלק, וא"כ הרי יש בו סימן ורמז ליחוד. וכן הבד הוא לבן וגוון הלובן הוא סימן המחילה, ופירש רש"י ז"ל שם במסכת יומא ריש פרק בא לו, בד דבר העולה מן הקרקע הוא הפשתן שאינו יוצא אלא מן הקנה האמצעי, מה שאין כן בקנבוס שהוא יוצא מבחוץ סביב העץ. והנה מספרו של בד שש וכן נקרא הבד בלשון שש רמז לקו האמצעי הנרמז בוא"ו שבשם שהכהן דוגמתו.
Et il est connu que son fil est seul et ne se divise pas du tout, contrairement à la laine dont le fil se divise, et de même le poil chez l’homme ; et c’est ce qu’il dit « bad bevad », c’est-à-dire seul, qui ne se divise pas ; et s’il en est ainsi, il y a en lui un signe et une allusion à l’unité. Et de même le lin est blanc, et la couleur blanche est le signe du pardon ; et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué là, dans le traité Yoma au début du chapitre « Bâ lo » : « bad, ce qui monte du sol » est le lin, qui ne sort que de la tige du milieu, contrairement au chanvre, qui sort de l’extérieur autour du bois. Et voici que le nombre de « bad » est six, et de même le lin est appelé dans la langue « shesh » (six), allusion à la ligne médiane évoquée par le vav du Nom, dont le prêtre est l’image.
וכבר ידעת, שהכרובים לפני ולפנים נרמזים הם בה"א וא"ו, והנה הה"א בכלל הוא"ו, וזהו לשון בד שבו נכנס לפני ולפנים שמספרו שש.
Et tu sais déjà que les chérubins, au-dedans du Saint des Saints, sont évoqués par hé-vav ; et voici que le hé est inclus dans le vav, et tel est le sens de l’expression « bad », par laquelle il entre dans le Saint des Saints, dont le nombre est six.
ועוד נראה לי בכתוב הזה ענין, והוא שידוע כי חלקי גוף האדם שלשה, כנגד שלשה חלקי המציאות, וזה להורות כי הוא כולל כל העליונים והתחתונים. ומזה יש לו כח להמשיך הברכה ולהשפיע כח עליון בתחתונים, אף כי הכהן הגדול המיוחד לעבודת המקדש.
Et encore, il me semble qu’il y a dans ce verset un sujet : il est connu que les parties du corps de l’homme sont trois, en face des trois parties de l’existence, et cela pour montrer qu’il comprend tous les êtres supérieurs et inférieurs. Et de là il a la force d’attirer la bénédiction et de faire descendre une force supérieure sur les êtres inférieurs, a fortiori le grand prêtre, particulièrement destiné au service du Temple.
וזהו שאמר ומכנסי בד יהיו על בשרו, וזהו ממתניו ולמטה, שהוא החלק השפל באדם, כנגד עולם השפל, ובאבנט בד יחגור, זהו אמצעות הגוף כנגד העולם האמצעי, והוא חלק עולם הגלגלים, ובמצנפת בד יצנוף דרך המצנפת להניחה בראשו, והראש הוא החלק העליון באדם, והוא מכוון כנגד עולם המלאכים, שהוא עליון ונכבד מן השאר. והנה סדר הלבישה ממטה למעלה והיתה מחשבת הכהן משוטטת בשלשה חלקי המציאות ממטה למעלה, כסדר לבישת הבגדים, ומתקדשת בקדושת העליונים, וזהו שהתחיל הכתוב בקדש וסיים בקדש.
Et c’est ce qu’il a dit : « et les caleçons de lin seront sur sa chair » : c’est à partir de ses reins vers le bas, qui est la partie basse de l’homme, en face du monde inférieur ; « il se ceindra de la ceinture de lin » : c’est le milieu du corps, en face du monde intermédiaire, qui est la part du monde des sphères ; « et se coiffera du turban de lin » : la manière du turban est de le placer sur la tête, et la tête est la partie supérieure de l’homme, et elle est dirigée en face du monde des anges, qui est supérieur et plus honoré que les autres. Et voici que l’ordre de l’habillement est de bas en haut, et la pensée du prêtre allait çà et là dans les trois parties de l’existence de bas en haut, selon l’ordre de l’habillement des vêtements, et se sanctifiait de la sainteté des êtres supérieurs ; et c’est pourquoi l’Écriture a commencé par « saint » et a terminé par « saint ».
והעמיד אותם לפני ה'. שני השעירים האלה היו מתנה להקב"ה לפני הגורל ואחרי הגורל. לפני הגורל, הוא שאמר והעמיד אותם לפני ה', לבאר כי שניהם היה נותנן במתנה להקב"ה ומעמידן לפניו, ואחרי הגורל הוא שאמר והשעיר אשר עלה עליו הגורל לעזאזל יעמד חי לפני ה', לומר שאף אותו של עזאזל היה נותנו להקב"ה, ומבואר בפרשה, כי השעיר אשר לה' היה נשחט הוא שכתוב ועשהו חטאת, אבל השעיר אשר לעזאזל לא היה נשחט אבל היה משתלח על פני המדבר כטעם צפורי מצורע (ויקרא י״ד:ז׳) על פני השדה, וכטעם עגלה ערופה (דברים כ״א:ד׳) בנחל איתן אשר לא יעבד בו ולא יזרע, וכוונת התורה איננה להקריב לעזאזל וחלילה זה,
« Et il les placera devant l’Éternel. » Ces deux boucs étaient un don au Saint, béni soit-Il, avant le tirage au sort et après le tirage au sort. Avant le tirage au sort, c’est ce qu’il a dit « et il les placera devant l’Éternel », pour expliquer qu’il donnait les deux en don au Saint, béni soit-Il, et les plaçait devant Lui ; et après le tirage au sort, c’est ce qu’il a dit « et le bouc sur lequel le sort est tombé pour Azazel sera placé vivant devant l’Éternel », pour dire que même celui d’Azazel, il le donnait au Saint, béni soit-Il ; et il est expliqué dans la section que le bouc de l’Éternel était égorgé, c’est ce qui est écrit « et il en fera une offrande pour la faute », mais le bouc d’Azazel n’était pas égorgé : il était envoyé sur la face du désert, comme les oiseaux de la personne atteinte de tsaraat (Lévitique 14,7) « sur la face du champ », et comme la génisse à la nuque brisée (Deutéronome 21,4) « dans un torrent permanent où l’on ne cultive ni ne sème » ; et l’intention de la Torah n’est pas d’offrir à Azazel, à Dieu ne plaise,
שאין כל העובד שיתכוון בתפלתו ועבודתו כי אם להקב"ה לבדו, כענין שכתוב (שמות כ״ב:י״ט) זובח לאלהים יחרם בלתי לה' לבדו, ואילו נתכוין לאמצעים אין עבודתו מקובלת ואין זבחו מרוצה, אבל הוא זבח רשעים תועבה (משלי כ״א:כ״ז), וזה ענין כל הקרבנות כולן שאנו חייבין לכוון בעבודתינו לה' לבדו, שהוא היחיד והקדמון, ואם אולי יקבלו בו שאר נמצאים על ידי עבודתנו צד קבול אין אנו חוששים לזה כלל, כי כך נצטוינו שתהיה כוונתנו תקועה בשם המיוחד יתעלה לבדו, ומפני זה היו השעירים האלה שניהם מתנה להש"י,
car quiconque sert ne doit viser dans sa prière et son service que l’Éternel seul, comme il est écrit (Exode 22,19) « celui qui sacrifie aux dieux sera voué à l’anathème, sauf à l’Éternel seul » ; et s’il visait les intermédiaires, son service ne serait pas agréé et son sacrifice ne serait pas favorablement reçu, mais ce serait le sacrifice des méchants, une abomination (Proverbes 21,27) ; et tel est le sujet de tous les sacrifices : nous sommes tenus de diriger notre intention dans notre service vers l’Éternel seul, qui est l’Unique et l’Éternel sans commencement ; et si peut-être d’autres êtres reçoivent par ce biais, grâce à notre service, quelque influence, nous ne nous en soucions pas du tout, car c’est ainsi qu’il nous a été ordonné que notre intention soit plantée dans le Nom unique, qu’Il soit exalté, seul ; et pour cette raison ces deux boucs étaient tous deux un don au Nom, qu’Il soit béni,
לבאר שאין כוונתנו בשניהם כי אם לשם המיוחד בלבד, ולכך היה הכהן עושה בהן בתחלת מעשיו שני דברים אלו, היה נותן שניהם מתנה להש"י, והיה מטיל עליהם גורלות, לפי שהדבר הנחלק על ידי גורל הוא החלק הבא מאת ה', כענין שכתוב (שם טז) בחיק יוטל את הגורל ומה' כל משפטו, כי אילו היה הכהן מקדיש אותן בפה ואומר עליהם זה לה' וזה לעזאזל, היה משוה ענין לענין והיה הענין כעין עבודה לעזאזל, ולא יתכן להעשות כן, אבל עתה שהיה על פי הגורל הנה הש"י נותן השעיר ההוא לעזאזל ומאתו בא אליו והוא יבחר ולא אנו.
pour expliquer que notre intention dans les deux n’est que pour le Nom unique seul ; et c’est pourquoi le prêtre faisait avec eux, au début de ses actes, ces deux choses : il donnait les deux en don au Nom, qu’Il soit béni, et il les départageait par tirage au sort, parce que la chose qui est divisée par un sort est la part qui vient de l’Éternel, comme il est écrit (ibid. 16) « le sort est jeté dans le giron, et c’est de l’Éternel que vient tout son jugement » ; car si le prêtre les consacrait de la bouche en disant « celui-ci à l’Éternel et celui-ci à Azazel », il aurait égalisé un sujet avec l’autre et la chose aurait été comme un service à Azazel, et il n’est pas convenable que cela se fasse ainsi ; mais maintenant que c’était par le sort, voici que le Nom, qu’Il soit béni, donne ce bouc à Azazel, et de Lui il lui vient, et c’est Lui qui choisit, et non nous.
ומזה תרגם אונקלוס גורל אחד לה', לשמא דה', כי אותו השעיר אשר לה' הוא לשמו ולא לעזאזל, והשני הוא לעזאזל ולא לשמו של עזאזל, כך פירש הרמב"ן ז"ל. ובפירוש אמרו רז"ל במסכת יומא ריש פרק טרף בקלפי, שאם לא הגריל לא עשה כלום, ושם העלו דהגרלה מעכבת.
Et de là Onqelos a traduit « un sort pour l’Éternel » par « pour le nom de l’Éternel », car ce bouc qui est à l’Éternel est pour Son nom et non pour Azazel, et le second est pour Azazel et non pour le nom d’Azazel ; ainsi a expliqué le Ramban, de mémoire bénie. Et explicitement nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans le traité Yoma, au début du chapitre « Teraf baqalpi » : s’il n’a pas tiré au sort, il n’a rien fait ; et là ils ont conclu que le tirage au sort est essentiel.
וע"ד הפשט באור מלת עזאזל, קשה, מלשון עזוז, כי היה הר גבוה צוק קשה, כענין שכתוב ארץ גזרה. וכן מצינו בתורת כהנים, לעזאזל מקום הקשה שבהרים, יכול בישוב תלמוד לומר המדברה, ומנין שיהיה צוק תלמוד לומר אל ארץ גזרה, וכן פירש רש"י ז"ל.
Et selon le sens simple, l’explication du mot « Azazel » est « dur », de l’expression « ’azouz » (fort), car c’était une haute montagne, un roc dur, comme il est écrit « une terre de séparation ». Et de même nous trouvons dans la Torat Kohanim : « pour Azazel » : le lieu le plus dur des montagnes ; peut-être dans un lieu habité ? L’Écriture dit « le désert » ; et d’où sait-on que ce doit être un roc ? L’Écriture dit « vers une terre de séparation » ; ainsi a expliqué Rachi, de mémoire bénie.
וע"ד המדרש אמרו בפרקי רבי אליעזר, לפיכך היו נותנין לו לסמאל שוחד ביום הכפורים שלא יקרב קרבנם, שנאמר גורל אחד לה' וגורל אחד לעזאזל, גורלו של הקב"ה לקרבן עולה וגורלו של עזאזל שעיר חטאת, וכל עונותיהם של ישראל עליו שנאמר ונשא השעיר עליו את כל עונותם.
Et selon le Midrash, ils ont dit dans les Chapitres de Rabbi Eliézer : c’est pourquoi on donnait à Samaël un présent le jour des Expiations, afin qu’il ne s’approche pas de leur sacrifice, comme il est dit « un sort pour l’Éternel et un sort pour Azazel » : le sort du Saint, béni soit-Il, est pour un sacrifice d’holocauste, et le sort d’Azazel, un bouc d’offrande pour la faute ; et toutes les fautes d’Israël sont sur lui, comme il est dit « et le bouc portera sur lui toutes leurs fautes ».
ראה סמאל שלא נמצא בהן חטא ביום הכפורים אמר לפני הקב"ה רבון העולמים יש לך עם אחד בארץ כמלאכי השרת שבשמים, מה מלאכי השרת יחפי רגל כך ישראל יחפי רגל ביום הכפורים, מה מלאכי השרת אין בהם אכילה ושתיה כך ישראל אין בהם אכילה ושתיה ביום הכפורים, מה מלאכי השרת אין להם קפיצה כך ישראל עומדין על רגליהם ביום הכפורים, מה מלאכי השרת שלום מתווך ביניהם כך ישראל שלום מתווך ביניהם ביום הכפורים, מה מלאכי השרת נקיים מכל חטא כך ישראל נקיים מכל חטא ביום הכפורים, והקב"ה שומע עדותן של ישראל מהקטיגור שלהם ומכפר על המקדש ועל המזבח ועל הכהנים ועל כל עם הקהל, שנאמר וכפר את מקדש הקדש ואת אהל מועד ואת המזבח יכפר ועל הכהנים ועל כל עם הקהל יכפר, עד כאן בפרקי רבי אליעזר פרק מ"ו.
Samaël vit qu’on ne trouvait en eux aucune faute le jour des Expiations ; il dit devant le Saint, béni soit-Il : « Maître des mondes, Tu as un peuple unique sur la terre, comme les anges serviteurs dans les cieux : de même que les anges serviteurs sont pieds nus, ainsi Israël est pieds nus le jour des Expiations ; de même que les anges serviteurs n’ont ni manger ni boire, ainsi Israël n’a ni manger ni boire le jour des Expiations ; de même que les anges serviteurs ne fléchissent pas les jambes, ainsi Israël se tient sur ses pieds le jour des Expiations ; de même que la paix règne entre les anges serviteurs, ainsi la paix règne entre Israël le jour des Expiations ; de même que les anges serviteurs sont purs de toute faute, ainsi Israël est pur de toute faute le jour des Expiations. » Et le Saint, béni soit-Il, entend le témoignage d’Israël de la bouche de leur accusateur et fait l’expiation pour le Sanctuaire, pour l’autel, pour les prêtres et pour tout le peuple de l’assemblée, comme il est dit « et il fera l’expiation pour le Sanctuaire saint, et pour la Tente d’assignation, et pour l’autel il fera l’expiation, et pour les prêtres et pour tout le peuple de l’assemblée il fera l’expiation », jusqu’ici, dans les Chapitres de Rabbi Eliézer, chapitre 46.
ומלת שלא יקרב את קרבנם יש נוסחאות שכתוב שלו בוא"ו ויש שכתוב שלא באל"ף, ובין שכתוב שלו בוא"ו או באל"ף לא ידעתי פירושו, כי אין הלשון מתישב לפי הענין לא כזה ולא כזה, ואפשר שיהיה נוסח הלשון שלא יקרב את קרבנם באל"ף, ושתהיה מלת יקרב מלשון קרב ומלחמה וכאילו אמר שלא יקטרג את קרבנם שהוא המליץ הרע, וידבר טוב על ישראל.
Et l’expression « afin qu’il ne s’approche pas de leur sacrifice » : il y a des versions où il est écrit « chelo » avec vav, et d’autres « chélo » avec alef, et que ce soit écrit « chelo » avec vav ou avec alef, je n’en connais pas l’explication, car la langue ne s’établit pas selon le sujet, ni dans l’un ni dans l’autre ; et il est possible que la version du texte soit « afin qu’il ne s’approche pas de leur sacrifice » avec alef, et que le mot « yiqrav » soit de l’expression « qerav » (combat) et « guerre », comme s’il disait « afin qu’il n’accuse pas leur sacrifice », lui qui est l’avocat du mal, et qu’il dise du bien d’Israël.
וע"ד הסוד אשר גלה הרב מסתוריו מתוך המדה הזאת שהוא מבואר בו מלת עזאזל כח חזק, והמלה כאילו נכתבה עזיאל מלשון עז ואילות, כי כן הכחות העליונים חתומים בשם אל, וזהו שכתוב (תהילים ל״ה:י׳) מציל עני מחזק ממנו, ורז"ל דרשוהו על יצר טוב ועל יצר הרע, וכשם שנקרא חזק כך נקרא מלך שכן שלמה ע"ה קראו (קהלת ד׳:י״ג) מלך זקן וכסיל, וכבר ידעת מאמר רז"ל הוא שטן הוא יצר הרע הוא מלאך המות.
Et selon le secret que le Rav a révélé de ses mystères dans cet attribut, où le mot « Azazel » est expliqué comme puissance vigoureuse, le mot est comme s’il était écrit « Aziel », de l’expression « az » et « eyalout », car ainsi les forces supérieures sont marquées du nom « El » ; et c’est ce qui est écrit (Psaumes 35,10) « qui délivre le pauvre de plus fort que lui » ; et nos Sages, de mémoire bénie, l’ont expliqué du penchant du bien et du penchant du mal ; et de même qu’il est appelé fort, il est appelé roi, car Shelomo, que la paix soit sur lui, l’a appelé (Ecclésiaste 4,13) « roi vieux et insensé » ; et tu sais déjà la parole de nos Sages, de mémoire bénie : il est Satan, il est le penchant du mal, il est l’ange de la mort.
ואם תתעורר במספר אותיות המל"ך תמצאנו כמספר אותיות מאדי"ם וזה המופת כי הוא מולך בכל בעל חי אשר תחת השמש, והוא נפש הגלגל ההוא וידוע הוא בשמו כי חותם שמו אל כשמות שאר המלאכים, ויש בשמו התעוררות כי הוא סם המות לכל מי שאינו נזהר ממנו, ועוד שהוא עומד לשמאלו של אדם, ועוד שהוא כולל לשון סמיות לפי שהוא מקבל שוחד וכתיב (דברים ט״ז:י״ט) כי השחד יעור, וחכמי האמת הרחיבו באור בזה ממה שאמרו במדרשם ונשא השעיר עליו את כל עונותם, עונות איש תם, שנאמר (בראשית כ״ה:כ״ז) ויעקב איש תם.
Et si tu prêtes attention au valeur numérique des lettres de « hamelekh » (le roi), tu le trouveras égal au valeur numérique des lettres de « Ma’adim » (Mars) ; et c’est la preuve qu’il règne sur tout être vivant sous le soleil ; et il est l’âme de cette sphère, et il est connu par son nom, car la marque de son nom est « El » comme les noms des autres anges ; et il y a dans son nom un éveil : car il est le poison mortel pour quiconque ne s’en garde pas ; et de plus, il se tient à la gauche de l’homme ; et de plus, il comprend l’expression de cécité, parce qu’il reçoit un présent, et il est écrit (Deutéronome 16,19) « car le présent aveugle » ; et les sages de la vérité ont développé l’explication de cela à partir de ce qu’ils ont dit dans leur Midrash : « et le bouc portera sur lui toutes leurs fautes » : les fautes d’un homme intègre (tam), comme il est dit (Genèse 25,27) « et Yaaqov était un homme intègre ».
והמדרש של פרקי ר' אליעזר באור גמור לכל זה כי שם הזכירהו בשמו והנה הוא כח חזק מפורש מבואר מתוך מלת עזאזל וכמו שהזכרתי, וכן עוד מלת עזאזל כוללת לשון עז אזל. ותמצא ממלת עזאזל הראשון עד מלת לשעירים ל"ג פסוקים אחר המלה ההיא, ומזה כתב החכם רבי אברהם ז"ל ברמז הענין וזה לשונו, ואם יכולת להבין סוד המלה שהיא אחר מלת עזאזל תדע סודו וסוד שמו כי יש לו חברים במקרא, ואני אגלה לך קצת הסוד ברמז בהיותך בן שלשים ושלש תדענו, עד כאן לשונו.
Et le Midrash des Chapitres de Rabbi Eliézer est une explication complète de tout cela, car là on l’a mentionné par son nom, et voici qu’il est une puissance vigoureuse, clairement expliquée à partir du mot « Azazel », comme je l’ai mentionné ; et de plus le mot « Azazel » comprend l’expression « ’az azal » (le fort s’en va). Et tu trouveras, depuis le premier mot « Azazel » jusqu’au mot « laseirim » (aux boucs), trente-trois versets après ce mot ; et de là le sage Rabbi Avraham, de mémoire bénie, a écrit par allusion sur le sujet, et voici ses termes : « Et si tu as pu comprendre le secret du mot qui est après le mot Azazel, tu sauras son secret et le secret de son nom, car il a des compagnons dans l’Écriture ; et je te dévoilerai un peu du secret par allusion : quand tu auras trente-trois ans, tu le sauras », fin de ses termes.
ומעתה יתגלה לנו מכל זה השעיר המשתלח למי הוא משתלח, ומה שמו ומה ארצו וכל מקומות ממשלתו, כי הם מקומות השממון והחרבן כי הוא שר המדבר, וכל המלחמות והמהומות וכל מכת חרב והרג ואבדן ישתרגו מאצילות כחו, וכל שולפי חרב בעמים ימשכו כח ממנו, והוא המקבל השעיר הזה, כי העזים והשעירים מהבהמות בחלקו, ומהאומות זרעו של עשו שנקרא שעיר, שנאמר (בראשית כ״ז:י״א) הן עשו אחי איש שעיר, גם אומתו נקראת שעיר, שנאמר (במדבר כ״ד:י״ח) והיה ירשה שעיר אויביו, וכן בחלקו השדים המשטינים והמזיקים הנקראים שעירים, שנאמר (ישעיהו י״ג:כ״א) ושעירים ירקדו שם, ואמרו במדרש שהקב"ה הפילו ולכת שלו מן השמים, והיה אוחז בכנפיו של מיכאל להורידו עמו ופלטו הקב"ה, ולכך נקרא מיכאל פליט.
Et dès maintenant nous est révélé de tout cela à qui est envoyé le bouc envoyé, et quel est son nom, son pays et tous les lieux de sa domination : ce sont les lieux de désolation et de destruction, car il est le prince du désert ; et toutes les guerres et tumultes, et tout coup d’épée, meurtre et perdition proviennent de l’émanation de sa force, et tous ceux qui tirent l’épée parmi les peuples tirent de lui une force ; et c’est lui qui reçoit ce bouc, car les chèvres et les boucs parmi les bêtes sont dans sa part ; et parmi les nations, la descendance d’Ésaü, qui est appelé « seir » (velu), comme il est dit (Genèse 27,11) « voici qu’Ésaü mon frère est un homme velu (seir) » ; sa nation aussi est appelée « Seir », comme il est dit (Nombres 24,18) « et Séir, ses ennemis, deviendra une possession » ; et de même dans sa part sont les démons accusateurs et nuisibles appelés « se’irim » (boucs), comme il est dit (Isaïe 13,21) « et les boucs y danseront » ; et ils ont dit dans le Midrash que le Saint, béni soit-Il, le fit tomber, lui et sa bande, du ciel, et qu’il tenait les ailes de Mikhaël pour le faire descendre avec lui, et le Saint, béni soit-Il, délivra Mikhaël ; et c’est pourquoi Mikhaël est appelé « rescapé ».
וא"כ למטה מן הספירות הוא והוא מחיצה מפסקת בין הספירות ובין הקרבנות, ואיך יעלה קרבנו לשם המיוחד והרי הוא באמצע, שחל בדרך, עומד להשטין מעכב על קרבנו, ולכך אמר שלא יקטרג, כלומר שלא יפסיק בין ה' המיוחד ובין קרבנו, כי כאשר נתן לו זביחה זו כמי שמשליך פרוסה לכלב כדי שלא ינשכנו אז יעלה קרבנו דרך סלולה לשם המיוחד בלי קטרוג, כיון שאנו מוכנים לו ולכחותיו ולכל בני ישראל לא יחרץ כלב לשונו, וישוב הקטיגור סניגור, אף על פי שהוא נהנה עם כוחותיו, אין כוונתנו אלא לאדון הכל שצונו בכך שנתן מתנה לאחד משריו ועבדיו לטובתנו כדי שיליץ טוב בעדנו,
Et s’il en est ainsi, il est au-dessous des sefirot et il est une cloison qui sépare entre les sefirot et les sacrifices ; et comment son sacrifice monterait-il vers le Nom unique, alors qu’il se tient au milieu ? Tel un lion sur le chemin, il se tient pour accuser, retenant son sacrifice ; et c’est pourquoi il a dit « afin qu’il n’accuse pas », c’est-à-dire qu’il n’interrompe pas entre l’Éternel unique et son sacrifice ; car lorsqu’on lui donne ce sacrifice comme on jette un morceau à un chien afin qu’il ne morde pas, alors son sacrifice montera par une voie aplanie vers le Nom unique sans accusation ; puisque nous sommes à sa disposition et à celle de ses forces, « contre tous les enfants d’Israël, aucun chien ne remuera sa langue », et l’accusateur redevient défenseur. Bien qu’il jouisse avec ses forces, notre intention n’est que pour le Maître de tout, qui nous l’a ordonné ainsi, en donnant un présent à l’un de ses princes et serviteurs pour notre bien, afin qu’il plaide en notre faveur,
והמתנה הזאת אינה באה אליו ממנו אנחנו אלא ממנו יתברך, עד שאפילו בשעת הגורל לפעמים של עזאזל בימין ושל שם בשמאל לא היה להם לשנותו, וכן אמרו בגמרא דמסכת יומא שאלו את ר' עקיבא מהו לשנותו של שמאל בימין ושל ימין בשמאל כדי שיחזור של שם בימין, והשיב להם אל תתנו מקום למינים לרדות, כלומר שאם היו משנים יאמרו המינים עזאזל רשות אחת בפני עצמה אבל יש רשות אחרת גדולה ולכך הוצרך לכבדה ולהחזירה בימין, ואינן יודעין שהן גזרות של הקב"ה, והוא בעצמו הנותן ומוחל על כבודו לתועלתנו,
et ce présent ne lui vient pas de nous mais de Lui, qu’Il soit béni, au point que même à l’heure du sort, s’il arrivait parfois que celui d’Azazel fût à droite et celui du Nom à gauche, il ne leur fallait pas le changer ; et ainsi ont-ils dit dans la Guemara du traité Yoma : on demanda à Rabbi Aqiva : « Qu’en est-il de le changer, celui de gauche en droite et celui de droite en gauche, afin que celui du Nom soit de nouveau à droite ? » Et il leur répondit : « Ne donnez pas de place aux hérétiques pour dominer », c’est-à-dire que s’ils le changeaient, les hérétiques diraient : Azazel est une autorité distincte en elle-même, mais il y a une autre autorité plus grande, c’est pourquoi il a fallu l’honorer et la faire revenir à droite ; et ils ne savent pas que ce sont des décrets du Saint, béni soit-Il, et que c’est Lui-même qui donne et renonce à Son honneur pour notre profit,
ואם זה נהנה במה שאנו נותנין אין אנו נותנין לו כלום ולא מכוונים אליו כלל אלא לשם המיוחד. וכן מצינו במלאך של מנוח שנהנה כשעלה בלהב המזבח, ולא היתה כוונת מנוח למלאך חס ושלום אלא לשם המיוחד, וכן המנות בקרבנות שזכתה תורה לאהרן ולבניו ואף על פי שהם נהנים בזה אין בדבר שום צד עבודה לכהנים מקריבים הקרבנות, אלא לעשות רצון אבינו שבשמים שצונו בכך.
et si celui-ci jouit de ce que nous donnons, nous ne lui donnons rien et n’avons aucune intention vers lui du tout, mais seulement vers le Nom unique. Et de même nous trouvons à propos de l’ange de Manoah, qui jouit de ce qu’il monta dans la flamme de l’autel, et l’intention de Manoah n’était pas pour l’ange, à Dieu ne plaise, mais pour le Nom unique ; et de même les portions des sacrifices que la Torah a accordées à Aharon et à ses fils : bien qu’ils jouissent en cela, il n’y a dans la chose aucun aspect de service pour les prêtres qui offrent les sacrifices, mais c’est pour accomplir la volonté de notre Père qui est aux cieux, qui nous l’a ordonné ainsi.
על פני הכפרת קדמה ולפני הכפרת יזה שבע פעמים. היו ההזאות ביום הכפורים שמונה, אחת למעלה ושבע למטה. ובכאן ארמוז לך, אחת למעלה כנגד המעלה הראשונה העליונה הכוללת עמה החכמה והבינה, ושבע למטה כנגד השבעה. ושנינו במסכת יומא פרק הוציאו לו, וכך היה מונה, אחת, אחת ואחת, אחת ושתים, ואחת ושלש, אחת וארבע, אחת וחמש, אחת ושש, אחת ושבע. והבן כי כשאמרו אחת הוא השלשה וכשאמרו אחת ואחת, פירוש השלשה והגדולה, וכן כלן עד הסוף.
« Sur la face du propitiatoire vers l’est, et devant le propitiatoire il fera sept fois l’aspersion. » Les aspersions du jour des Expiations étaient huit : une en haut et sept en bas. Et ici je te fais allusion : une en haut, en face du degré premier supérieur qui comprend avec lui la Hokhma et la Bina ; et sept en bas, en face des sept. Et nous avons appris dans le traité Yoma, chapitre « Hotsiou lo » : il comptait ainsi : une, une et une, une et deux, une et trois, une et quatre, une et cinq, une et six, une et sept. Et comprends que lorsqu’ils disent « une », ce sont les trois ; et lorsqu’ils disent « une et une », c’est-à-dire les trois et la Grandeur (Guedoula) ; et ainsi tous jusqu’à la fin.
ואמרו שם בגמרא דכולי עלמא מיהת הזאה ראשונה צריכה מנין עם כל אחת ואחת, מאי טעמא, רבי אליעזר אומר כדי שלא יטעה בהזאה, רבי יוחנן אומר אמר קרא ולפני הכפרת יזה שבע פעמים, שאין תלמוד לומר יזה ומה תלמוד לומר יזה למד על הזאה ראשונה שצריכה מנין עם כל אחת ואחת. מאי בינייהו, איכא בינייהו דלא מנה ולא טעה. פירוש שלא מנה הזאה ראשונה עם כלן ולא טעה, ובאור הענין דלרבי אליעזר יצא כיון שלא טעה, ולר' יוחנן לא עשה כלום אף על פי שלא טעה, כיון שלא מנה הראשונה עם כלם.
Et ils ont dit là dans la Guemara : de toute manière, la première aspersion a besoin d’être comptée avec chacune des autres. Pourquoi ? Rabbi Eliézer dit : afin qu’il ne se trompe pas dans l’aspersion. Rabbi Yohanan dit : l’Écriture dit « et devant le propitiatoire il fera l’aspersion sept fois » : le mot « il aspergera » (yaze) n’était pas nécessaire ; que veut dire « il aspergera » ? Cela enseigne que la première aspersion a besoin d’être comptée avec chacune des autres. Quelle différence entre eux ? Il y a entre eux le cas où il n’a pas compté et ne s’est pas trompé. C’est-à-dire qu’il n’a pas compté la première aspersion avec toutes et ne s’est pas trompé ; et l’explication est que, selon Rabbi Eliézer, il s’est acquitté puisqu’il ne s’est pas trompé, et, selon Rabbi Yohanan, il n’a rien fait même s’il ne s’est pas trompé, puisqu’il n’a pas compté la première avec tous.
התבונן מה שהיתה כוונת החכמים האלה בטעם מנין ההזאות, והיתה ההזאה בדם. (באגדה במעשה דנבוזראדן, וע' שמו"ר סוף פ' ויקהל) מה דם זה שעליה אמרו לו מדם של יום הכפורים שהיה כהן גדול מזה. לפיכך נתנה על הארון. ולמה נקרא שמה כפרת, שמכפרת על עונותיהן של ישראל.
Examine quelle était l’intention de ces sages dans la raison du comptage des aspersions ; et l’aspersion se faisait avec du sang. (Dans l’Aggada, dans l’affaire de Nebouzaradan, et voir Shemot Rabba à la fin de la section Vayaqhel.) Quel est ce sang à propos duquel ils lui ont dit : « du sang du jour des Expiations, dont le grand prêtre faisait l’aspersion » ? C’est pourquoi on l’a mis sur l’arche. Et pourquoi s’appelle-t-il « kapporet » ? Parce qu’il fait l’expiation des fautes d’Israël.
השוכן אתם בתוך טומאתם. אף על פי שהם טמאים שכינה ביניהם. וזה היה דעת ר' יהודה ז"ל במסכת סוכה שהיה אומר שמסככין בדבר המקבל טומאה, ומטעם הכתוב הזה היה אומר כן, אף על פי שאין הלכה כמותו. וכן דרשו רבותינו ז"ל (בראשית כז) וירח את ריח בגדיו, אפילו ריח בוגדיו. ודרשו עוד (תהלים סח) עלית למרום וגו' ואף סוררים לשכן יה אלהים, אפילו יש בתוכם סוררים ופושעים שכינה ביניהם. ודרשו עוד (מלאכי ב) כי שנא שלח אמר ה' אלהי ישראל, בכל ספר מלאכי הזכיר צבאות, וכאן אלהי ישראל, אלא אף על פי ששנואים אתם ונשלחתם אלהיכם אני, ולכך הזכיר אלהי ישראל. ובמדרש השוכן אתם בתוך טומאתם, אף על פי שישראל בגלות והם לא טהורים בגלותם, שכינה שורה עמהם.
« Qui demeure avec eux au milieu de leurs impuretés. » Bien qu’ils soient impurs, la Présence est parmi eux. Et c’était l’avis de Rabbi Yehouda, de mémoire bénie, au traité Sukka, qui disait qu’on peut couvrir [la soucca] avec une chose susceptible de recevoir l’impureté, et c’est pour la raison de ce verset qu’il le disait, bien que la loi ne soit pas selon lui. Et de même nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué (Genèse 27) « et il sentit l’odeur de ses vêtements » (begadav) : même l’odeur de ses traîtres (bogedav) ; et ils ont expliqué encore (Psaumes 68) « tu es monté en haut, etc., et même les rebelles pour demeurer, Yah Dieu » : même s’il y a parmi eux des rebelles et des transgresseurs, la Présence est parmi eux. Et ils ont expliqué encore (Malachie 2) « car Il hait le renvoi, a dit l’Éternel, Dieu d’Israël » : dans tout le livre de Malachie il a mentionné « des armées », et ici « Dieu d’Israël » ; mais même si vous êtes haïs et renvoyés, Je suis votre Dieu ; et c’est pourquoi il a mentionné « Dieu d’Israël ». Et dans le Midrash : « qui demeure avec eux au milieu de leurs impuretés » : bien qu’Israël soit en exil et qu’ils ne soient pas purs dans leur exil, la Présence réside avec eux.
וכל אדם לא יהיה באהל מועד. דרשו רבותינו ז"ל במסכת יומא של ירושלמי, אפילו אותן שכתוב בהן (יחזקאל א׳:י׳) ודמות פניהם פני אדם, לא יהיו באהל מועד. ומה נהדר כהן גדול במעלה הגדולה הזאת עד שאפילו חיות הקדש מפנים לו מקום לעבודתו כדי שיכנס לפני המלך ויעבדנו ביחוד, כי מלאך ה' צבאות הוא (מלאכי ב׳:ז׳). ואותו כהן צדוקי שתקן מבחוץ והכניס מבפנים ובא מלאך וחבטו על פניו, בעזרה היה ולא היה לפני ולפנים בשעה שהוא נכנס להקטיר קטרת.
« Et aucun homme ne sera dans la Tente d’assignation. » Nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué dans le traité Yoma du Yerushalmi : même ceux dont il est écrit (Ézéchiel 1,10) « et la ressemblance de leurs faces était des faces d’homme », ne seront pas dans la Tente d’assignation. Et comme il est magnifique, le grand prêtre, dans ce grand rang, au point que même les Hayyot saintes lui libèrent la place pour son service, afin qu’il entre devant le Roi et Le serve seul, car « il est l’ange de l’Éternel des armées » (Malachie 2,7). Et ce prêtre sadducéen qui arrangea l’encens à l’extérieur et l’introduisit à l’intérieur, un ange vint et le frappa au visage : il était dans le parvis, et non au-dedans du Saint des Saints, au moment où il entrait pour faire fumer l’encens.
וכן שנינו בברייתא במסכת יומא פרק ראשון, תנא רבי חייא כמין קול נשמע בעזרה שבא מלאך וחבטו על פניו ונכנסו אחיו הכהנים ומצאו כעין רגל עגל בין כתפיו, שנאמר (יחזקאל א׳:ז׳) וכף רגליהם ככף רגל עגל. ואירע לו כן מפני שלא היה מאמין לדברי חכמים שיש בה קבלה שאין לתקן מבחוץ אלא מבפנים, והטעם מפני ריח הקטרת שיש לו עיקר בשעת התקון, והוא היה רוצה להתחכם כנגד הקבלה ולפיכך נענש, הקב"ה יצילנו מן העונש ויגמלנו למען צדקו.
Et de même nous avons appris dans une baraïta au traité Yoma, chapitre premier : Rabbi Hiyya a enseigné : une sorte de voix fut entendue dans le parvis : un ange était venu et l’avait frappé au visage ; ses frères les prêtres entrèrent et trouvèrent comme une patte de veau entre ses épaules, comme il est dit (Ézéchiel 1,7) « et la plante de leurs pieds était comme la plante du pied d’un veau ». Et cela lui arriva parce qu’il ne croyait pas aux paroles de nos Sages, qui ont là une tradition qu’il ne faut arranger [l’encens] qu’à l’intérieur et non à l’extérieur ; et la raison est le parfum de l’encens qui a son essentiel au moment de la préparation ; et lui voulait faire le sage face à la tradition, c’est pourquoi il fut puni. Que le Saint, béni soit-Il, nous sauve du châtiment et nous rétribue en raison de Sa justice.
איש עתי. דרשו רבותינו ז"ל איש אפילו זר, עתי אפילו בטומאה, שאם נטמא נכנס לעזרה ומשלחו. עתי אפילו בשבת, כלומר שאם חלה השעיר מרכיבו על כתפו בשבת והולך, ואין צריך לומר אם לא חלה דחי נושא את עצמו, אלא אפילו חלה דהוי כמו כפות והוי כמשאוי אף על פי כן מותר להרכיבו על כתפו בשבת, וזהו עתי אפילו בשבת.
« Un homme prêt (iti). » Nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué : « un homme » : même un non-prêtre ; « prêt » : même en état d’impureté, car s’il est devenu impur, il entre dans le parvis et l’envoie. « Prêt » : même le Shabbat, c’est-à-dire que si le bouc est malade, il le met sur son épaule le Shabbat et s’en va ; et il n’est pas nécessaire de dire si ce n’est pas le cas, car un vivant se porte lui-même ; mais même s’il est malade, qu’il est comme ligoté et comme un fardeau, il est néanmoins permis de le mettre sur son épaule le Shabbat ; et c’est « prêt », même le Shabbat.
והניחם שם. שלא ישתמש בהם ביום הכפורים אחר, כך דרשו רבותינו ז"ל, בגדים שנשתמש בהם יום הכפורים זה אל ישתמש בהם יום הכפורים אחר, שנאמר והניחם שם מלמד שטעונין גניזה, ואמרו כי (משקל) [מחיר] הבגדים היו י"ח מנה וזה לשון והניח"ם. ותמצא עוד בירושלמי דמסכת יומא (ז, ג), תני ר' חייא ולבשם, יבלו שם, שם היו מרקיבין ולא היו כשרים ליום הכפורים הבא, עד כאן. וזה רמז מפורש לגניזתם.
« Et il les posera là. » Pour qu’il ne s’en serve pas un autre jour des Expiations. Ainsi nos maîtres, de mémoire bénie, l’ont expliqué : les vêtements dont il s’est servi un jour des Expiations, il ne s’en servira pas un autre jour des Expiations, comme il est dit « et il les posera là » : cela enseigne qu’ils exigent d’être mis en réserve (genizah). Et ils ont dit que le prix (le poids) des vêtements était de dix-huit manés, et c’est l’expression « vehiniham ». Et tu trouveras encore dans le Yerushalmi du traité Yoma (7,3) : Rabbi Hiyya a enseigné : « et il les revêtira » — « ils s’useront là » : là ils pourrissaient et n’étaient pas aptes pour le jour des Expiations suivant, jusqu’ici. Et c’est une allusion explicite à leur mise en réserve.
כי ביום הזה יכפר עליכם לטהר אתכם. הכתוב הזה הבטחה לדורות כי יום הכפורים הוא יום מיוחד לסליחה וכפרה, ובו יטהרו ישראל מכל חטאתם שעשו לפני ה', והוא שדרשו רבותינו ז"ל עבירות שבין אדם למקום יום הכיפורים מכפר, ושבינו לבין חברו אין יום הכפורים מכפר עד שירצה את חברו. וכשהיה כהן גדול מתודה ביום הכפורים היה אומר הכתוב הזה בתפלתו, והשם שהיה מזכיר בכתוב הזה הוא שם בן מ"ב, ולכך אנו אומרים בתפלתנו ביום הכפורים לפני ה' תטהרו, כלומר לפני שם בן מ"ב, וכן דעת מורי הר"ש, וכן עקר, כי יום הכפורים יום רחמים בדין, והשם הזה שבע תיבות, כל תיבה ותיבה בת ששה אותיות, הששה תיבות מדת רחמים והשביעית מדת הדין, וכהן גדול היה צריך להתחנן אל הדיין.
« Car en ce jour il fera l’expiation sur vous pour vous purifier. » Ce verset est une promesse pour les générations : le jour des Expiations est un jour particulièrement destiné au pardon et à l’expiation, et en lui Israël est purifié de toutes ses fautes commises devant l’Éternel ; et c’est ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué : les transgressions entre l’homme et le Lieu, le jour des Expiations les expie ; celles entre lui et son prochain, le jour des Expiations ne les expie pas tant qu’il n’a pas apaisé son prochain. Et quand le grand prêtre se confessait le jour des Expiations, il disait ce verset dans sa prière, et le Nom qu’il mentionnait dans ce verset est le Nom de quarante-deux (lettres) ; et c’est pourquoi nous disons dans notre prière du jour des Expiations « devant l’Éternel vous serez purifiés » : c’est-à-dire devant le Nom de quarante-deux ; et tel est l’avis de mon maître Ha-Rash, et c’est aussi l’essentiel, car le jour des Expiations est un jour de miséricorde dans le jugement, et ce Nom a sept mots, chaque mot de six lettres : les six mots sont l’attribut de miséricorde et le septième est l’attribut de rigueur ; et le grand prêtre devait implorer le Juge.
וידוע כי השם של מ"ב זה בו נברא העולם, והוא יוצא מבראשית ונקודו ידוע, והוא נחקר ממדת הגבורה, ושלש אותיות ראשונות הן הן שלש אותיות ראשונות של אלפ"א בית"א, ללמדך כי בששה ימים נברא העולם לשש קצוות בששה חותמות, וכמו שבארתי בסדר בראשית בפסוק יום הששי, והתיבה השביעית תחלתה שי"ן שפירושה אש, וזהו שי"ן שורקת שהיא מדת הדין, ומשפט תיבה זו להיותה מנוקדת בשור"ק ונחתם בה השם כלו, כי כן תמצאנה רמוזה בחתימת פרשה זו, הוא שסמך מיד שבת שבתון היא, הקו"ף היא קדש קבוע והוא רוח הקדש, וזהו שאמר ולבש את בגדי הבד בגדי הקדש, הוא"ו בכתוב שלאחריו וכפר את מקדש הקדש, וחתימת הפרשה כאשר צוה ה' את משה, והבן כל זה.
Et il est connu que ce Nom de quarante-deux (lettres) est celui par lequel le monde fut créé, et il sort de « Bereshit » et sa vocalisation est connue, et il est dérivé de l’attribut de rigueur (Gevoura) ; et les trois premières lettres sont les trois premières lettres de l’alphabet, pour t’enseigner que le monde fut créé en six jours, aux six extrémités, avec six sceaux, comme je l’ai expliqué dans la section Béréchit au verset « le sixième jour » ; et le septième mot commence par un shin, ce qui signifie feu, et c’est le shin sifflant qui est l’attribut de rigueur, et la règle de ce mot est d’être vocalisé en « shourouq », et le Nom entier y est scellé, car c’est ainsi que tu les trouveras suggérés à la fin de cette section, car il a rapproché aussitôt « c’est un Shabbat de repos pour vous » ; le qof est « saint, fixé », et c’est l’esprit de sainteté ; et c’est ce qu’il a dit « et il revêtira les vêtements de lin, les vêtements saints » ; le vav, dans le verset qui suit « et il fera l’expiation pour le Sanctuaire saint » ; et la conclusion de la section « comme l’Éternel l’avait ordonné à Moché » ; et comprends tout cela.
ויש מן הגדולים שדעתם כי השם המיוחד היה מזכיר, והגאון רבינו סעדיה ז"ל מכלל, והם אומרים כי מה שאנו קורין לפני ה' תטהרו, לפי שביום שאנו אומרים וכך היה אומר ואנו מעידים עליו ועל מה שהיה אומר, איך נוכל להעיד עליו שהיה אומר לפני ה' תטהרו, כלומר לפני השם שאין אנו רשאין להזכירו ככתבו, אבל הוא היה רשאי בכך שהיה מזכירו עשרה פעמים במקדש ביום הכפורים, וכן אמרו במסכת יומא פרק טרף בקלפי, תנו רבנן עשרה פעמים מזכיר כהן השם בו ביום, שלשה בודוי ראשון ושלשה בודוי שני ושלשה בשעיר המשתלח ואחד בגורלות, וכן תמצא בפרשה זו עשר פעמים השם המיוחד מן ויאמר ה' אל משה עד תשלום הפרשה.
Et il y a parmi les grands ceux dont l’avis est que c’était le Nom unique qu’il prononçait, et le Gaon Rabbénou Saadia, de mémoire bénie, en fait partie ; et ils disent que ce que nous lisons « devant l’Éternel vous serez purifiés » s’explique ainsi : au jour où nous disons « et ainsi il disait » et où nous témoignons à son sujet et de ce qu’il disait, comment pourrions-nous témoigner qu’il disait « devant l’Éternel vous serez purifiés », c’est-à-dire devant le Nom qu’il ne nous est pas permis de prononcer tel qu’il est écrit ? Mais lui y était autorisé, car il le prononçait dix fois dans le Sanctuaire le jour des Expiations ; et ainsi ont-ils dit dans le traité Yoma, chapitre « Taraf baqalpi » : nos maîtres ont enseigné : le prêtre prononçait le Nom dix fois ce jour-là : trois dans la première confession, trois dans la seconde confession, trois pour le bouc envoyé et une pour les sorts. Et de même tu trouveras dans cette section dix occurrences du Nom unique, depuis « et l’Éternel dit à Moché » jusqu’à la fin de la section.
והדעה הראשונה היא העיקר אצלנו, כי השם של מ"ב היה מזכיר וכמו שהזכרתי למעלה. ומזה אנו אומרים בנוסח אותה תפלה וכשהיו שומעין את שם המפורש יוצא מפי כהן גדול בקדושה ובטהרה היו כורעים ומשתחוים ונופלים על פניהם ואומרים ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד, ולא היה נקרא בקדושה אלא מתוך המחשבה.
Et le premier avis est l’essentiel chez nous, car c’était le Nom de quarante-deux (lettres) qu’il prononçait, comme je l’ai mentionné plus haut. Et de là nous disons dans le texte de cette prière : « et lorsqu’ils entendaient le Nom explicité sortir de la bouche du grand prêtre dans la sainteté et la pureté, ils s’inclinaient, se prosternaient et tombaient sur leur face, et disaient : Béni soit le nom de la gloire de Son royaume pour toujours et à jamais » ; et il n’était prononcé dans la sainteté qu’à partir de la pensée.
וכך אמרו חכמי המרכבה, אין שמותיו של הקב"ה נקראין בקדושה אלא מתוך מורשי לבו של אדם. והכוונה להם לומר שאילו יוצאים בשפתיו הנה הם מתפשטין באויר והאויר בא לידי טומאה ונמצא שם שמים מתחלל, ולפיכך היה הכהן מבליע, היה מתחיל להזכירו בהוצאת שפתים ואחר כך משלימו בבליעתו.
Et ainsi ont dit les sages de la Merkava : les noms du Saint, béni soit-Il, ne sont prononcés dans la sainteté qu’à partir des profondeurs du cœur de l’homme. Et l’intention est de dire que, s’ils sortaient de ses lèvres, ils se répandraient dans l’air, et l’air est susceptible d’impureté, et il se trouverait que le Nom du ciel serait profané ; c’est pourquoi le prêtre en étouffait la prononciation : il commençait à le prononcer en faisant sortir (les sons) des lèvres, puis l’achevait en en étouffant le son.
ושמעתי כי ההבלעה היתה בתיבות האחדות שהיו אותיות ההוי"ה נזכרים בהם עם נקודם כגון אליהו הנביא ישעיהו הנביא וכיוצא בו, וזו היתה ההבלעה, וזהו פירוש מבליעין שאמרו רבותינו ז"ל בפרק עשרה יוחסין, שם בן י"ב אין מוסרין אותו אלא לצנועים, וצנועים שבכהונה מבליעים אותו בנעימות אחיהם הכהנים. והיה שם של מ"ב מזכירו בהוצאת שפתיו בתיבותיו ובנקודו המקובל. ולדעת האומר השם המיוחד היה מזכיר, היה מזכירו גם כן בהוצאת שפתיו באותיותיו ובנקודו המקובל, (אע"פ) שאין עיקר הקדושה בהזכרת שם ההוי"ה אלא בנקודו. ומסורת ביד חכמי האמת שאין מוסרין את השם אלא על המים, שנאמר (תהלי כט) קול ה' על המים.
Et j’ai entendu que la dissimulation de la prononciation se faisait dans les mots simples où les lettres du Nom de quatre lettres sont mentionnées avec leur vocalisation, comme Eliyahou le prophète, Yéchayahou le prophète, et semblables ; et c’était cela la dissimulation de la prononciation, et c’est le sens de « ils en dissimulent la prononciation » (mavli‘in) que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit au chapitre « Assara yo’hassin » : le Nom de douze (lettres), on ne le transmet qu’aux discrets, et les discrets parmi les prêtres en dissimulent la prononciation dans la mélodie de leurs frères les prêtres. Et le Nom de quarante-deux (lettres), il le prononçait en faisant sortir (les sons) des lèvres, avec ses mots et avec sa vocalisation reçue par tradition. Et selon l’avis de celui qui dit que c’était le Nom unique qu’il prononçait, il le prononçait aussi en faisant sortir (les sons) des lèvres, avec ses lettres et sa vocalisation reçue par tradition, bien que l’essentiel de la sainteté ne soit pas dans la mention du Nom de quatre lettres mais dans sa vocalisation. Et c’est une tradition entre les mains des sages de vérité qu’on ne transmet le Nom que sur l’eau, comme il est dit (Psaumes 29,3) « la voix de l’Éternel est sur les eaux ».
דם יחשב לאיש ההוא דם שפך. מפני שבזמנו של אדם הראשון היו כל הבעלי חיים אסורין למאכלו כי לא הותר לו אלא הפירות כענין שכתוב (בראשית א׳:כ״ט) הנה נתתי לכם את כל עשב זורע זרע ואת כל העץ אשר בו פרי עץ, עד שנתחייבו כליה בדור המבול ונצולו בזכותו של נח ואז הותרו למאכלו, ועל כן יאמר בכאן כי מי שישחט במחנה או חוץ למחנה ואל פתח אהל מועד לא הביאו תחלה, דם יחשב לאיש ההוא דם שפך, כאלו שפך דם האדם, כי יחזור לאיסורו הראשון שהיה בזמנו של אדם, שוחט השור כמכה איש, כן פירש רש"י.
« Le sang sera imputé à cet homme-là, il a versé du sang. » Parce qu’au temps d’Adam le premier, tous les êtres vivants lui étaient interdits comme nourriture, car ne lui furent permis que les fruits, ainsi qu’il est écrit (Genèse 1,29) « voici que Je vous ai donné toute herbe portant semence et tout arbre portant un fruit d’arbre », jusqu’à ce qu’ils méritent l’anéantissement à la génération du déluge et furent sauvés par le mérite de Noa’h, et alors ils furent permis pour sa nourriture. Et c’est pourquoi il dit ici que celui qui égorge dans le camp ou en dehors du camp et ne l’a pas amené d’abord à l’entrée de la Tente d’assignation : « le sang sera imputé à cet homme-là, il a versé du sang », comme s’il avait versé le sang de l’homme, car il retourne à son interdit premier, celui du temps d’Adam ; celui qui égorge le bœuf est comme celui qui frappe un homme. Ainsi l’a expliqué Rachi.
ולא יזבחו עוד את זבחיהם לשעירים היו ישראל במצרים להוטים אחר החכמה הזאת ונמשכים אחריה מאד לדעת מהן עתידות, ונקראו שעירים לפי שהם מתדמים בדמות שעירים, או על שם שאדם משתער בראיתם. וכן נקראו שדים על שם שהם שוכנים במקום שדוד וחרב כגון המדברות וקצוי הצפון החרבים שאין שם ישוב כלל לרוב הקרירות.
« Et ils n’offriront plus leurs sacrifices aux boucs. » Les Israélites en Égypte étaient avides de cette science et s’y attachaient fortement pour connaître par elle les choses à venir ; et ils furent appelés « se’irim » (boucs) parce qu’ils prennent l’apparence de boucs, ou parce que l’homme frémit (mishta‘er) en les voyant. Et de même ils sont appelés « shedim » parce qu’ils demeurent dans un lieu dévasté et ruiné (shadud ve‘harev), comme les déserts et les confins du nord, ruinés, où il n’y a aucun habitat à cause de l’extrême froid.
וכתב הרמב"ן ז"ל כי עיקר הויתם משני יסודות קלים, והם האש והרוח, ועל כן יטוסו לרוב דקותם וקלותם, וכשם שכל הנבראים בעולם השפל הזה בכלל בין בעלי חיים ובעלי הצומח והדומם הם מורכבים מארבעה יסודות, כן היתה יצירת השדים במעשה בראשית מורכבת משני יסודות אלה, אבל היו המורכבים מארבעה יסודות גוף גס ומורגש להשגת האדם, והשדים המורכבים משני יסודות אלה הם גוף דק איננו מורגש ולא מושג לחושי האדם, אבל הם מתדמים ומתלבשים צורה לעיני הרואים, והנה הם גוף רוחני, כי כן היסודות האלה רוחניים, וכשם שהמורכבים מארבע יסודות הויתם וקיומם הוא חבור היסודות, ובריאותם מזג היסודות, וחלים כאשר יגברו זה על זה, ומיתתם פרודם זה מזה, כן הוית השדים וקיומם הוא חבור שני היסודות ומיתתם בהפרדם זה מזה, וזה שאמרו רבותינו ז"ל ששה דברים נאמרו בשדים, שלשה כמלאכי השרת, יש להם כנפים כמלאכי השרת וטסין כמלאכי השרת ויודעין מה שעתיד להיות כמלאכי השרת, יודעין סלקא דעתך, אלא אימא שומעין מה שעתיד להיות כמלאכי השרת.
Et le Ramban, de mémoire bénie, a écrit que l’essentiel de leur existence vient de deux éléments légers, qui sont le feu et le vent ; c’est pourquoi ils volent, à cause de leur extrême subtilité et légèreté. Et de même que toutes les créatures de ce monde inférieur, qu’il s’agisse des êtres vivants, des végétaux ou de l’inanimé, sont composées de quatre éléments, de même la formation des démons à l’œuvre de la création a été composée de ces deux éléments ; mais ceux qui sont composés de quatre éléments ont un corps grossier, perceptible à la perception de l’homme, tandis que les démons, composés de ces deux éléments, ont un corps subtil, qui n’est ni perçu ni saisi par les sens de l’homme ; cependant ils prennent une apparence et se revêtent d’une forme aux yeux de ceux qui regardent. Et voici qu’ils sont un corps spirituel, car ces éléments sont spirituels. Et de même que, pour les êtres composés de quatre éléments, leur existence et leur subsistance sont l’union des éléments, leur santé est l’équilibre des éléments, ils tombent malades lorsque ceux-ci prennent le dessus les uns sur les autres, et leur mort est leur séparation les uns des autres, de même l’existence des démons et leur subsistance sont l’union des deux éléments, et leur mort est leur séparation l’un de l’autre. Et c’est ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : « Six choses ont été dites à propos des démons : trois comme les anges de service. Ils ont des ailes comme les anges de service, ils volent comme les anges de service, et ils savent ce qui sera comme les anges de service. » « Ils savent », cela t’est monté à l’esprit ? Dis plutôt : ils entendent ce qui sera, comme les anges de service.
ובאור הענין כי לפי שהם שוכנים באויר בגלגלי היסודות מבינים העתידות משרי המזלות, וזה קל וחומר מעופות אם העופות יודעים העתידות מהם ומגידין אותם בצפצופן, ומן העופות יודעין המנחשים המכירים והבקיאין באותה חכמה, קל וחומר לשדים שאפשר להם לדעת זה משרי המזלות. ומה שיודעים השדים גם העופות אינו אלא עתידה קרובה לא רחוקה לימים רבים. שלשה כבני אדם, אוכלין ושותין כבני אדם פרים ורבים כבני אדם ומתים כבני אדם.
Et l’explication de la chose est que, du fait qu’ils demeurent dans l’air, dans les sphères des éléments, ils comprennent les choses à venir par les princes des constellations. Et c’est un a fortiori à partir des oiseaux : si les oiseaux connaissent les choses à venir et les rapportent par leur gazouillis, et les devins qui connaissent cette science et y sont versés l’apprennent des oiseaux, a fortiori les démons, à qui il est possible de savoir cela par les princes des constellations. Et ce que savent les démons, comme les oiseaux, n’est qu’un avenir proche et non lointain, de nombreux jours. « Trois comme les hommes : ils mangent et boivent comme les hommes, ils procréent et se multiplient comme les hommes, et ils meurent comme les hommes. »
אין הכוונה בזה מזון האדם, כי האדם ההמורכב מארבע יסודות והוא גוף גס מורגש הנה מזונו כיוצא בו עב גס, אבל השדים שהם גוף רוחני דק הנה מזונם גם כן כיוצא בהם דק, ואכילתם ושתיתם היא ריח האש וליחות המים, כי חלק האש שבהם הוא מיבש חלק הרוח שבהם וצריך להחזיר הליחות ההוא שאבד ממנו, וזהו אוכלין ושותין כבני אדם, כי מזונו של אדם הוא על הדרך הזה, כי ליחות גופו מתיבש בתוכן לשתי סבות, האחת מפני האויר המקיפו מבחוץ והשנית מפני החום הטבעי המיבש ליחותו מבפנים, ועל כן יצטרך למזון להחזיר הליחות שאבד ממנו, וכזה הוא מזון השדים כי הם לוחכים ליחות המים, כענין שכתוב (מלכים א י״ח:ל״ח) ואת המים אשר בתעלה לחכה, וזהו ענין הקטרת שמקטירין להם, כי העשן העולה והליחות ההוא הוא מזונם, והנה הם נהנים בזה ומתחברים אל האדם ומגידים לו עתידות כידוע באותה חכמה הנקראת ניגרומנזיא"ה.
Il n’est pas question ici de la nourriture de l’homme : car l’homme, composé de quatre éléments et dont le corps est grossier et perceptible, a une nourriture semblable, épaisse et grossière ; mais les démons, qui sont un corps spirituel subtil, ont une nourriture également subtile comme eux ; et leur manger et leur boire sont l’odeur du feu et l’humidité de l’eau, car la part de feu qui est en eux dessèche la part de vent qui est en eux, et il leur faut restituer cette humidité qui leur a été retirée ; et c’est « ils mangent et boivent comme les hommes », car la nourriture de l’homme est de cette manière : l’humidité de son corps se dessèche en lui pour deux causes, l’une à cause de l’air qui l’entoure de l’extérieur, et l’autre à cause de la chaleur naturelle qui dessèche son humidité de l’intérieur ; c’est pourquoi il a besoin de nourriture pour restituer l’humidité perdue. Et telle est la nourriture des démons, car ils lèchent l’humidité de l’eau, comme il est écrit (1 Rois 18,38) « et l’eau qui était dans le canal, il la lécha » ; et c’est le sens de l’encens qu’on leur fait fumer, car la fumée qui monte et cette humidité sont leur nourriture ; et ils en jouissent, s’unissent à l’homme et lui annoncent l’avenir, comme on le sait par cette science appelée nécromancie.
וענין המיתה שבהם שאמרו מתים כבני אדם, הוא כשם שמיתת האדם הוא פרוד חבור ארבעה יסודותיו, כן מיתת השדים פרוד חבור יסודותיהם. וענין הטיסה שאמרו טסין כמלאכי השרת לרוב קלות שתי יסודותיהם, וזה קל וחומר מן העופות, אם הגוף המורכב מארבעה יסודות פורח באויר בקלות רב מפני שגברו עליו האש והרוח, והמים והעפר מעטים בו מאד, אף כי השדים שהם מיסודי האש והרוח בלבד שהם יסודות קלים ומן היסודות הכבדים אין בהם כלום.
Et le sens de leur mort, qu’ils ont dit « ils meurent comme les hommes », est que, de même que la mort de l’homme est la séparation de l’union de ses quatre éléments, de même la mort des démons est la séparation de l’union de leurs éléments. Et le sens du vol, qu’ils ont dit « ils volent comme les anges de service », vient de l’extrême légèreté de leurs deux éléments. Et c’est un a fortiori à partir des oiseaux : si le corps composé de quatre éléments vole dans l’air avec grande facilité parce que le feu et le vent y prédominent, et que l’eau et la terre y sont en très petite quantité, à plus forte raison les démons, qui ne sont que des éléments du feu et du vent, éléments légers, sans rien en eux des éléments lourds.
כי נפש הבשר בדם היא ואני נתתיו לכם על המזבח. כתב הרמב"ן ז"ל באיסורי הדם טעמים רבים, האחד מפני שהוא חלק ה' כמו החלב, כי כשם שמקטירין את החלב דכתיב (ויקרא ג׳:ב׳) כל חלב לה', כן זורקין את הדם על המזבח, ולפיכך אסרה תורה החלב והדם מפני שהם חלקו יתעלה, ומה שנאסר דם חיה שאינו חלק השם שהרי אינה ראויה לקרבן, לפי שאין לגזור איסור לחצאין, ולכך רצה הכתוב לאסור כל דם בין של בהמה בין של חיה.
« Car l’âme de la chair est dans le sang, et Je vous l’ai donné sur l’autel. » Le Ramban, de mémoire bénie, a écrit plusieurs raisons à l’interdit du sang. L’une : parce qu’il est la part de l’Éternel, comme la graisse : de même qu’on fait fumer la graisse, ainsi qu’il est écrit (Lévitique 3,16) « toute la graisse est à l’Éternel », de même on asperge le sang sur l’autel ; c’est pourquoi la Torah a interdit la graisse et le sang, parce qu’ils sont Sa part, qu’Il soit exalté ; et si le sang de la bête sauvage a été interdit, qui n’est pas la part du Nom puisqu’elle n’est pas apte au sacrifice, c’est parce qu’on ne décrète pas d’interdit à moitié ; c’est pourquoi l’Écriture a voulu interdire tout sang, aussi bien celui des animaux domestiques que celui de la bête sauvage.
ועוד טעם אחר, מפני שהוא נפש והקב"ה לא התיר בעולם את הנפש, שכן מצינו באדם הראשון שנאסרו לו כל בעלי חיים ולא הותר לו למאכלו אלא העשבים והפירות, עד שבא נח והתיר לו הקב"ה כל בעלי חיים לפי שלא נצולו אלא בזכותו, ומה שהתיר לו בהם דוקא הגוף לא הנפש, ואם כן הנפש עומדת באיסורה הראשון.
Et une autre raison encore : parce que c’est l’âme, et que le Saint, béni soit-Il, n’a jamais permis l’âme dans le monde. Ainsi nous trouvons pour Adam le premier que tous les êtres vivants lui furent interdits, et que seuls lui furent permis comme nourriture les herbes et les fruits, jusqu’à ce que vienne Noa’h et que le Saint, béni soit-Il, lui permît tous les êtres vivants, parce qu’ils n’avaient été sauvés que par son mérite ; et ce qu’Il lui permit en eux, c’est le corps seulement et non l’âme ; et s’il en est ainsi, l’âme reste dans son interdit premier.
ועוד טעם אחר מפני שהדם הוא הנפש הבהמית אין ראוי לנו שנערב טבעה בטבענו, ואנו מקבלי התורה צריכים שנהיה זכי הגופות ראוין לקבל המושכלות, ונצטוינו שנגדל טבענו להיותו רך ורחמני, לא אכזרי, ואילו היינו אוכלין הדם היה מוליד בנפשנו אכזריות וגסות טבע וקרוב שתהיה כנפש הבהמית, כי הדבר הנאכל ישוב בשר בגוף האוכל ויוליד לו טבע כיוצא בו, ואין הדם כשאר המאכלים שישתנה בעכול, לכך אמר כי נפש הבשר בדם היא, כי לכל בשר נפש בדם ואין ראוי לנו לערב הנפש הנכרתת בנפש הקיימת אלא שתהיה לה לכפרה על המזבח. כל הטעמים האלה לרבותינו ז"ל.
Et une autre raison encore : parce que le sang est l’âme animale, il ne convient pas que nous mêlions sa nature à notre nature ; or nous, qui avons reçu la Torah, devons avoir des corps purs, aptes à recevoir les intelligibles, et il nous a été ordonné d’élever notre nature de façon qu’elle soit douce et miséricordieuse, non cruelle ; et si nous mangions le sang, il engendrerait dans notre âme cruauté et grossièreté de nature, et il serait à craindre qu’elle devînt comme l’âme animale, car ce que l’on mange se fait chair dans le corps de celui qui mange et engendre en lui une nature semblable ; et le sang n’est pas comme les autres aliments qui se transforment dans la digestion ; c’est pourquoi il dit : « car l’âme de la chair est dans le sang », car toute chair a son âme dans le sang, et il ne convient pas que nous mêlions l’âme périssable à l’âme permanente, mais qu’elle serve d’expiation sur l’autel. Toutes ces raisons sont de nos maîtres, de mémoire bénie.
והרמב"ם ז"ל כתב בטעמי המצות באיסור הדם כי היא הרחקה שלא יתעסק האדם במלאכת השדים, כי בצאת ישראל ממצרים היו בקיאין בחכמה זו ומורגלין בה מהמצריים שהיו שטופים ונמשכין אחריה, והחכמים מהם כשירצו לאסוף אותם עושים גומא וזורקים שם את הדם, והשדים מתאספים שם סביבות הגומא, וכאשר ירצו להנבא עתידות יאכלו מן הדם, וזהו שהזהיר הכתוב (ויקרא יט) לא תאכלו על הדם, (שמואל א יד) הנה העם חוטאים לה' לאכול על הדם, ומפני זה אסרה תורה אכילת הדם כי כוונת התורה לעולם להרוס בניני סכלותם בהפוך מחשבותיהם, וזהו טעם איסורו שאסרו הכתוב באכילה ובחר בו להטהר בהזאה ולזרקו על המזבח לכפרה, ולפי שהענין הזה מין ממיני עבודה זרה הזכיר הכתוב בו ונתתי פני בנפש האוכלת את הדם, כמו שהזכיר בנותן מזרעו למולך. זה דעת הרב ז"ל בספר המורה.
Et le Rambam, de mémoire bénie, a écrit, dans les raisons des commandements, au sujet de l’interdit du sang, que c’est un éloignement, afin que l’homme ne s’occupe pas de l’œuvre des démons ; car lorsque Israël sortit d’Égypte, ils étaient versés dans cette science et habitués à elle par les Égyptiens, qui y étaient adonnés et s’y attachaient ; et les sages d’entre eux, lorsqu’ils voulaient les rassembler, creusaient une fosse et y jetaient le sang, et les démons s’assemblaient là autour de la fosse, et lorsqu’ils voulaient prophétiser l’avenir, ils mangeaient du sang ; et c’est ce que l’Écriture a mis en garde (Lévitique 19,26) « vous ne mangerez pas sur le sang », (1 Samuel 14,33) « voici que le peuple pèche contre l’Éternel en mangeant avec le sang » ; et c’est pourquoi la Torah a interdit de manger du sang, car l’intention de la Torah est toujours de détruire les édifices de leur folie en renversant leurs pensées ; et telle est la raison de son interdit, que l’Écriture a interdit par la consommation, et elle l’a choisi pour la purification par l’aspersion et pour le jeter sur l’autel en expiation ; et parce que cette affaire est une sorte d’idolâtrie, l’Écriture a dit à son sujet « et Je tournerai Ma face contre l’âme qui mange le sang », comme elle l’a dit de celui qui donne de sa descendance à Molokh. C’est là l’avis du Rav, de mémoire bénie, dans le Guide.
והרב הנזכר כתב עליו כי אילו היה זה עקר הטעם למה יזכיר הכתוב נפש נפש בכל פעם ופעם שיזכיר איסור הדם, ועל כן כתב כי הדברים מתישבים על הלב, אבל לשון הכתוב לא יורה כן ולפיכך פירש באיסור הדם כל הטעמים שכתבתי למעלה.
Et le Rav précédemment mentionné [le Ramban] a écrit à ce sujet que si c’était là la raison essentielle, pourquoi l’Écriture mentionnerait-elle « âme, âme » chaque fois qu’elle mentionne l’interdit du sang ; c’est pourquoi il a écrit que ces choses se concilient avec le cœur, mais que la lettre de l’Écriture n’indique pas cela, et c’est pourquoi il a expliqué dans l’interdit du sang toutes les raisons que j’ai écrites plus haut.
עוד צריך שנבאר בפסוקי הדם, הוא שכתוב כי נפש הבשר בדם היא, וכתיב כי נפש כל בשר דמו בנפשו הוא, ושני פסוקים אלה יורו כי הנפש בדם והדם בנפש ששניהם מעורבים ביחד כענין היין המזוג במים שהמים ביין והיין במים כל אחד בחברו, ואח"כ פירש ואמר דם כל בשר לא תאכלו כי נפש כל בשר דמו היא, בא לבאר שהדם הוא הנפש עצמו, שהיו לבשר אחד לא יתפרדו, ולא ימצא דם בלא נפש ולא נפש בלא דם, כענין החומר והצורה בכל בעלי הגוף שלא ימצא זה בלא זה.
Il nous faut encore expliquer, dans les versets du sang, ce qui est écrit « car l’âme de la chair est dans le sang », et il est écrit (Lévitique 17,14) « car l’âme de toute chair est son sang, dans son âme ». Et ces deux versets indiquent que l’âme est dans le sang et le sang dans l’âme, que les deux sont mêlés ensemble, comme le vin mêlé d’eau, où l’eau est dans le vin et le vin dans l’eau, chacun dans son compagnon ; et ensuite il a expliqué et dit « le sang de toute chair, vous n’en mangerez pas, car l’âme de toute chair est son sang », il vient expliquer que le sang est l’âme même, qu’ils sont une seule chair et ne se séparent pas, et que l’on ne trouve pas de sang sans âme ni d’âme sans sang, comme la matière et la forme dans tous les êtres corporels, où l’un ne se trouve pas sans l’autre.
ודם זה שהוא הנפש הוא הנקרא דם שותת שהוא שותת ואינו יכול לצאת בקלוח, והוא הדם שנעשה בו חלל, וזהו רביעית אחרון, אבל כל הדם הראשון שהוא דם קלוח נקרא דם הנפש אבל אינו נפש עצמו כי לא ימות בו אדם ובהמה אלא ברביעית אחרון, ולענין כרת אין צריך לומר דם שותת שאף דם קלוח בכרת.
Et ce sang qui est l’âme est appelé « sang qui goutte » (dam shotet), qui goutte et ne peut sortir en jet (qil‘ach) ; et c’est le sang dont la perte fait devenir un cadavre (ḥalal), et c’est la dernière mesure d’un quart de log (revi‘it) ; mais tout le sang premier, qui est le sang en jet, est appelé sang de l’âme, mais n’est pas l’âme même, car l’homme et la bête ne meurent pas par lui, mais seulement par la perte de la dernière revi‘it ; et quant à la peine de retranchement, il n’est pas besoin de dire pour le sang qui goutte, puisque même le sang en jet entraîne le retranchement.
ואמרת אליהם אני ה' אלהיכם. על דרך הפשט ואמרת אליהם בשמי, כך פירש הרמב"ן ז"ל.
« Et tu leur diras : Je suis l’Éternel votre Dieu. » Selon le sens simple : « et tu leur diras » en Mon nom ; ainsi l’a expliqué le Ramban, de mémoire bénie.
וע"ד המדרש אני ה' אלהיכם, אני הוא שאמרתי בסיני אנכי ה' אלהיך וקבלתם עליכם אלהותי, קבלו מעתה גזרותי. רבי אומר גלוי וידוע לפני שסופן לנתק בעריות בימי עזרא לפיכך בא עליהם בגזרה אני ה' אלהיכם, דיין ליפרע ונאמן לשלם שכר.
Et selon le Midrash : « Je suis l’Éternel votre Dieu » : c’est Moi qui ai dit au Sinaï « Je suis l’Éternel ton Dieu », et vous avez accepté sur vous Ma divinité ; acceptez dès maintenant Mes décrets. Rabbi dit : Il est manifeste et connu devant Moi qu’ils finiront par se détacher en matière de relations interdites, aux jours d’Ezra ; c’est pourquoi Il est venu à eux par un décret : « Je suis l’Éternel votre Dieu », juge pour exiger le paiement et fidèle pour rétribuer le salaire.
וע"ד הקבלה אני ה' אלהיכם לא יחסר מלה אבל הוא כפשוטו כי אלהי ישראל הוא אני, כמו (שמות כ״ה:ט׳) ככל אשר אני וכן (שם טו) כי אני ה' רפאך.
Et selon la Kabbale : « Je suis l’Éternel votre Dieu » : il ne manque aucun mot, mais c’est selon son sens simple, car le Dieu d’Israël est désigné par « Ani » (« Je »), comme (Exode 25,9) « selon tout ce que Je [te montre] » (ka-khol asher ani), et de même (ibid. 15,26) « car Je suis l’Éternel qui te guérit ».
אשר יעשה אותם האדם וחי בהם. יחזור למשפטים שהם חיי האדם בישובי הארצות והם קיום העולם ועמידתו הוא שכתוב (משלי כ״ט:ד׳) מלך במשפט יעמיד ארץ.
« Que l’homme fera et vivra par elles. » Il revient aux jugements, qui sont la vie de l’homme dans les sociétés humaines et sont la subsistance du monde et son maintien ; c’est ce qui est écrit (Proverbes 29,4) « le roi par le jugement établit le pays ».
וקבלת רז"ל, וחי בהם ולא שימות בהם, שהרי המצות נדחות מפני פקוח נפש ובכולם נפסקה ההלכה יעבור ואל יהרג, חוץ משלשה ואלו הן, עבודה זרה גלוי עריות שפיכות דמים, שעליהן אמרו יהרג ואל יעבור, ובשאר המצות כולן שאמרו יעבור ואל יהרג, דוקא בצנעה אבל בפרהסיא אפילו על מצוה קלה יהרג ואל יעבור, כך העלו בגמרא.
Et la tradition de nos Sages, de mémoire bénie : « et il vivra par elles », et non qu’il meure par elles, car les commandements sont repoussés devant le danger de mort, et pour tous la loi a été tranchée : qu’il transgresse et ne se fasse pas tuer, sauf pour trois, qui sont l’idolâtrie, les relations interdites et l’effusion de sang, à propos desquels ils ont dit : qu’il se fasse tuer et ne transgresse pas ; et pour tous les autres commandements, pour lesquels ils ont dit « qu’il transgresse et ne se fasse pas tuer », c’est seulement en privé ; mais en public, même pour un commandement léger, qu’il se fasse tuer et ne transgresse pas. Ainsi l’ont conclu dans la Guemara.
ובמדרש וחי בהם, לעולם הבא, ואם תאמר בעולם הזה והלא סופו מת, וכן תרגם אונקלוס וייחי בהון חיי עלמא. והנה מיני החיים לגוף ולנפש במעשה המצות נחלקים לארבעה חלקים, ומלת וחי כוללת ארבעתן, האחד מי שמכוין בעשית המצות ויעשה אותן על מנת לקבל פרס והולך בהם בדרך השמאל כדי שיהיה לו בהן שכרו עושר ונכסים וכבוד כדי שיחיה ימים רבים, וזהו שכתוב (שם ג) בשמאלה עושר וכבוד, ופירשו רז"ל למשמאילים בה עושר ונכסים וכבוד, השני מי שמכוין בהם כדי שיטול שכרו לעוה"ב ואע"פ שהוא משתדל בקיומן ועושה אותן שלא לשמה על מנת לקבל פרס לעוה"ב מכל מקום נפשו זוכה להיות שם, ועל שני מינין הללו אמר הנביא (ישעיהו נ״ז:ט״ו) להחיות רוח שפלים ולהחיות לב נדכאים,
Et dans le Midrash : « et il vivra par elles » : dans le monde à venir ; et si tu dis : dans ce monde, mais en fin de compte il meurt. Et ainsi Onkelos a traduit : « et il vivra par elles d’une vie éternelle ». Et voici que les sortes de vie, pour le corps et pour l’âme, dans l’accomplissement des commandements, se divisent en quatre parties, et le mot « et il vivra » les comprend toutes les quatre. La première : celui qui a l’intention, en accomplissant les commandements, de les faire pour recevoir un salaire, et qui y marche par la voie de la gauche afin d’en obtenir pour salaire richesse, biens et honneur, de sorte qu’il vive de longs jours ; et c’est ce qui est écrit (Proverbes 3,16) « dans sa gauche, richesse et honneur », et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : pour ceux qui vont à gauche, richesse, biens et honneur. La deuxième : celui qui a l’intention, par eux, de recevoir son salaire dans le monde à venir ; et bien qu’il s’efforce de les accomplir et les fasse sans but désintéressé, pour recevoir un salaire dans le monde à venir, néanmoins son âme mérite d’y être ; et c’est de ces deux sortes que le prophète a dit (Isaïe 57,15) « pour faire revivre l’esprit des humbles et faire revivre le cœur des contrits ».
השלישי מי שמכוין בהם לעשותן מאהבה כדין וכראוי שלא על מנת לקבל פרס עם עסקי העוה"ז, זה זוכה לחיי העוה"ז ולחיי העוה"ב, כאברהם יצחק ויעקב שעבדו מאהבה עם עסקן בעניני העוה"ז בענין זריעת האדמה גם עבודת המקנה וזולתם מן העסקים הגופניים, הרביעי מי שמשתדל במעשה המצות ואינו משתדל בשום עסק גופני כאלו לא היה בעל גוף כלום אלא לבו ומחשבתו בהקב"ה, הנה הוא זוכה אל החיים הקיימים לעולם ולא ישלוט עליו מיתה כלל, אבל ישוב אלהי בגוף ובנפש כחנוך ואליהו שנסתלקו מן העולם בגוף ובנפש.
La troisième : celui qui a l’intention de les accomplir par amour, comme il se doit et comme il convient, non pour recevoir un salaire, tout en s’occupant des affaires de ce monde ; celui-là mérite la vie de ce monde et la vie du monde à venir, comme Avraham, Yits’haq et Yaaqov, qui servirent par amour tout en s’occupant des affaires de ce monde, à savoir l’ensemencement de la terre, l’élevage du bétail et d’autres occupations corporelles. La quatrième : celui qui s’efforce dans l’accomplissement des commandements et ne s’efforce dans aucune occupation corporelle, comme s’il n’avait pas du tout de corps, mais que son cœur et sa pensée sont auprès du Saint, béni soit-Il ; celui-là mérite la vie qui subsiste à jamais, et la mort n’aura aucune emprise sur lui, mais il deviendra un être divin, en corps et en âme, comme ‘Hanokh et Eliyahou, qui ont quitté le monde en corps et en âme.
עוד מצינו ארבעה מיני חיים שהאדם זוכה בהם בקיום התורה והמצות, האחד חיים כדרך בני אדם שהם חיים בהמשכת הזמן ונפשם מתקיימת בגופם בהתמדת בריאותם, השני חיים אחרי החולי ואחרי הגיע למקרה המות, ומין זה מחודש של חיים מחודשים כדמיון הכלי הישן והבלוי שנתחדש וחזר לתחלתו, וכענין שכתוב (איוב ל״ג:כ״ה) רוטפש בשרו מנוער ישוב לימי עלומיו, השלישי חיים של סליחה אחרי היותו רשע שהוא חשוב כמת וכיון שחזר בתשובה הרי הוא חי, וכענין שכתוב (יחזקאל ל״ג:י״א) אם אחפוץ במות הרשע כי אם בשוב רשע מדרכו וחיה, הרביעי חיים אחר המות והוא לשון תחית המתים. וארבעה מיני חיים אלו נכללים במלת וחי בהם.
Nous trouvons encore quatre sortes de vie que l’homme mérite par l’accomplissement de la Torah et des commandements. La première : une vie à la manière des hommes, qui vivent dans la prolongation du temps, leur âme subsistant dans leur corps par la constance de leur santé. La deuxième : une vie après la maladie et après être parvenu au seuil de la mort ; cette sorte est un renouvellement de vie, comme un vieil objet usé qui a été renouvelé et est revenu à son état premier, et comme il est écrit (Job 33,25) « sa chair sera plus fraîche que dans l’enfance, il reviendra aux jours de sa jeunesse ». La troisième : la vie du pardon après avoir été méchant, lui qui est considéré comme mort, et dès qu’il fait retour, le voilà vivant, comme il est écrit (Ézéchiel 33,11) « Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais à ce qu’il revienne de sa voie et vive ». La quatrième : la vie après la mort, qui est l’expression de la résurrection des morts. Et ces quatre sortes de vie sont comprises dans le mot « et il vivra par elles ».
איש איש אל כל שאר בשרו לא תקרבו וגו'. הכתוב הזה יאסור המשגל בשאר הבשר, ושאר הבשר הוא מה שמונה והולך בפרשה. לפי שאין קיום המין מן השאר ואין התולדה ראויה, ועל כן יאסר הכתוב ביאה כזאת. ומכאן אתה למד שענין המשגל אסור מדין התורה זולתי לקיום המין בלבד, וזהו שכתוב (ויקרא כ׳:י״ט) כי את שארו הערה, למדך הכתוב כי מפני השאר ירחיק הענין. וענין הנדה שאסרה תורה יורה כן שלא תתירנו אלא לקיום המין, שהרי אין קיום המין מדם הנדות, כי העובר נוצר מדם האשה או כלו או רובו אבל מדם הנדות לא יהיה נוצר כלל, כך כתב הרמב"ן ז"ל. ומה יאמר הרב בפצוע דכא שהוא מותר לבא בקהל ה' כגון גיורת ומשוחררת וזה ראיה שכל שאינו לקיום המין אינו אסור וכמו שאבאר בהגיעי שם בע"ה.
« Chacun d’entre vous ne s’approchera d’aucune proche parente (she’er besaro), etc. » Ce verset interdit les rapports avec la proche parenté (she’er habasar), et la proche parenté est ce qui est énuméré dans la section. Parce que la continuation de l’espèce ne vient pas de la proche parenté et que la descendance n’est pas apte, l’Écriture interdit une telle union. Et de là tu apprends que l’affaire des rapports conjugaux est interdite d’après la loi de la Torah, sauf pour la seule continuation de l’espèce ; et c’est ce qui est écrit (Lévitique 20,19) « car il a mis à nu sa proche parente (she’aro) » : l’Écriture t’enseigne que c’est à cause de la proche parenté qu’elle éloigne cette affaire. Et l’affaire de la femme en état de niddah, que la Torah a interdite, l’indique aussi : elle ne l’a permis que pour la continuation de l’espèce, car la continuation de l’espèce ne vient pas du sang des règles, puisque l’embryon est formé du sang de la femme, en totalité ou en majorité, mais du sang des règles il n’est pas formé du tout. Ainsi l’a écrit le Ramban, de mémoire bénie. Et que dira le Rav à propos de celui dont les testicules sont écrasés (petsoua daka), qui est autorisé à s’unir à certaines personnes admises dans l’assemblée de l’Éternel, par exemple à une convertie ou à une affranchie ? Et c’est une preuve que ce qui ne vise pas la continuation de l’espèce n’est pas systématiquement interdit, comme je l’expliquerai lorsque j’y arriverai, avec l’aide du Ciel.
והנה הראב"ד פירש בספרו בשער הקדושה כי התשמיש על חמשה חלקים, האחד חובה לקיום המין, והשני מצות עונה, והשלישי לרפואה והרביעי להנצל מן ההרהור והחמישי והוא אסור דרך תענוג ותאוה כתאות הבהמות.
Et voici que le Raavad a expliqué dans son livre, à la Porte de la Sainteté, que les relations conjugales se divisent en cinq parties. La première : une obligation, pour la continuation de l’espèce ; la deuxième : le commandement de l’‘onah ; la troisième : pour la guérison ; la quatrième : pour être sauvé de la pensée (impure) ; et la cinquième, qui est interdite : par voie de plaisir et de désir, comme le désir des bêtes.
וכתב הרב ז"ל בפרק מ"א מספר המורה, כי טעם איסור העריות הוא למעט המשגל ולמאוס בו, והעריות מהנקבות כלן יקבצם ענין אחד, והענין ההוא הוא שכל אחת מהן נמצאת על הרוב עם האיש שנאסרת עליו תמיד בביתו והוא נסתר עמהן, וכזה דעת החכם ר' אברהם ז"ל.
Et le Rav, de mémoire bénie, a écrit au chapitre quarante et un du Guide que la raison de l’interdit des relations interdites est de diminuer les rapports conjugaux et de les prendre en dégoût ; et toutes les femmes des relations interdites sont réunies par une seule chose, et cette chose est que chacune d’elles se trouve, la plupart du temps, avec l’homme pour qui elle est interdite, toujours dans sa maison, et qu’il se trouve seul avec elles ; et tel est aussi l’avis du sage Rabbi Avraham, de mémoire bénie.
אבל הרמב"ן ז"ל כתב כי זה טעם חלוש מאד שהכתוב יחייב כרת על אלה בעבור המצאן עמו לפעמים ותתיר שישא האדם נשים רבות למאות ולאלפים, ומה יזיק אם ישא את בתו לבדה כמותר בבני נח, וישא שתי אחיות כיעקב אבינו, ואין לאדם נשואין הגונים כמו שישיא את בתו לבנו הגדול ממנה וינחילם בנחלתו ויפרו וירבו בביתו כי הארץ לא תהו בראה לשבת יצרה, ואין בידינו דבר מקובל בזה אבל כפי הסברא יש בענין סוד מסודות היצירה דבוק בנפש והוא מכלל סוד העבור שכבר רמזנו לו, עד כאן לשון הרב ז"ל.
Mais le Ramban, de mémoire bénie, a écrit que c’est une raison très faible : l’Écriture imposerait le retranchement pour ces femmes parce qu’elles se trouvent parfois avec lui, tout en permettant qu’un homme prenne de nombreuses femmes, des centaines et des milliers ! Et quel mal y aurait-il s’il épousait sa fille seule, comme cela est permis aux fils de Noa’h, et s’il épousait deux sœurs comme Yaaqov notre père ? Et il n’y a pas pour l’homme de mariage plus convenable que de marier sa fille à son fils, plus âgé qu’elle, et de leur faire hériter son héritage, et ils seront féconds et se multiplieront dans sa maison, car « Il n’a pas créé la terre pour le chaos, Il l’a formée pour être habitée » (Isaïe 45,18). Et nous n’avons pas de tradition reçue à ce sujet, mais, selon la raison, il y a dans la chose un secret d’entre les secrets de la création, attaché à l’âme, et il fait partie du secret de l’‘ibbour (retour des âmes) auquel nous avons déjà fait allusion. Jusqu’ici les termes du Rav, de mémoire bénie.
והנני מבאר לך טעם איסור העריות. דע כי הקורבה על שלשה חלקים, האחד קורבה שלא היתה שם פרוד מעולם, השני נפרדים שלא היתה שם קורבה מעולם, השלישי קרובים בשאר בשר שהיו נפרדים כבר.
Et voici que je t’explique la raison de l’interdit des relations interdites. Sache que la proximité est de trois sortes. La première : une proximité où il n’y a jamais eu de séparation. La deuxième : des êtres séparés où il n’y a jamais eu de proximité. La troisième : des proches par parenté charnelle qui avaient déjà été séparés.
קורבה שלא היתה בה פרוד מעולם מותרין לבא זה בזה כעין קורבת אדם הראשון עם בניו ובנותיו שהיו כלן מותרין לבא זה בזה כעין השרש המתאחז בענפיו, והוא שדרשו רז"ל עלו למטה שנים וירדו שבעה קין ותאומתו הבל ושתי תאומותיו, כי היו שבעתם סימן ליחוד כעין שבעת קני המנורה היוצאים מעקר אחד, כן היו התולדות האלה מעקר אחד ומשרש אחד כעין אדם וחוה שהיו שנים והיו זה מזה, ועל זה דרשו רז"ל ראויה היתה לו בתו לאדם הראשון אלא שעשה חסד עם קין ונתן לו בתו, שנאמר (תהילים פ״ט:ג׳) עולם חסד יבנה.
Dans une proximité où il n’y a jamais eu de séparation, il leur est permis de s’unir les uns aux autres, comme la proximité d’Adam le premier avec ses fils et ses filles, à qui il était permis à tous de s’unir les uns aux autres, à la manière de la racine attachée à ses branches ; et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « Deux montèrent sur le lit et sept en descendirent : Caïn et sa jumelle, Hével et ses deux jumelles. » Car ces sept étaient un signe d’unité, comme les sept branches de la Ménora qui sortent d’une seule racine ; ainsi ces descendants étaient d’une seule racine et d’un seul tronc, comme Adam et ‘Hava, qui étaient deux et étaient l’un de l’autre. Et c’est à ce sujet que nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « Sa fille était digne de lui, d’Adam le premier, mais il fit grâce à Caïn et lui donna sa fille », comme il est dit (Psaumes 89,3) « le monde sera bâti par la grâce ».
וקורבה זו שמעולם לא היתה שם פרוד היו מותרין אלו באלו לפי שהיתה בריאתם כאחד כעין השרש שהכל מתאחד בו. נפרדים שלא היתה שם קורבה מעולם מותרין לבא זה בזה ג"כ, שכיון שהיו רחוקים ונפרדים מותרין אלו באלו, כעין הענף הנכרת מהאילן שנוטעים אותו להחזירו לשרש, כן הרחוקים ראוים להאחד ולהעשות שרש. הקרובים שהם קרובים יותר מדאי אסורין לבא זה בזה לפי שהיו נפרדים כבר.
Et cette proximité, où il n’y a jamais eu de séparation : il leur était permis les uns aux autres parce que leur création avait été ensemble, comme la racine en laquelle tout s’unit. Quant aux êtres séparés où il n’y a jamais eu de proximité, il leur est permis aussi de s’unir, car, puisqu’ils étaient éloignés et séparés, ils sont permis les uns aux autres, comme la branche coupée de l’arbre que l’on plante pour la ramener à la racine : ainsi les éloignés sont dignes de s’unir et de devenir une racine. Quant aux proches qui sont trop proches, il leur est interdit de s’unir, parce qu’ils étaient déjà séparés.
ועל זה נכתבה פרשה זו של עריות שהתורה תאסור הקרובים שהיו נפרדים כבר קודם הקורבה ההיא, לפי שאי אפשר לנפרדים שיהיו אות וסימן ליחוד כיון שהיה פרוד ביניהם כבר. וכלל הדבר הותרו הרחוקים לבא זה בזה כדי להראות סימני היחוד, ונאסרו הקרובים יותר מדאי לבא זה בזה לפי שהיה ביניהם פרוד, ואין בתולדות אלו סימני היחוד כיון שלא נבראו בריאה אחת כענין באדם וחוה והבנים.
Et c’est pour cela que fut écrite cette section des relations interdites : pour que la Torah interdise les proches qui avaient déjà été séparés avant cette proximité-là, car il est impossible que des êtres séparés soient signe et marque d’unité, puisqu’il y avait déjà séparation entre eux. Et en règle générale : les éloignés ont été permis de s’unir les uns aux autres afin de montrer les signes de l’unité, et les trop proches ont été interdits de s’unir les uns aux autres parce qu’il y avait entre eux séparation, et il n’y a pas dans ces descendances de signes d’unité, puisqu’ils n’ont pas été créés d’une seule création, comme dans le cas d’Adam, de ‘Hava et des fils.
ושא עיניך וראה כי הענפים צריכים שיתאחדו עם השרש, וזה טעם היתר הרחוקים, וכן השרש שיתפרדו הענפים ממנו כי לא תתפרסם מעלתו כי אם ע"י הענפים, וזה טעם הקרובים, וזה טעם הפרשה באיסור העריות שכל הבא עליהן כאלו מקצץ ביחוד, ועל כן נזכר ה' המיוחד בתחלת הפרשה של עריות, הוא שאמר אני ה' והבן זה. ודרשו רז"ל במסכת סנהדרין איש איש אל כל שאר בשרו, איש איש לרבות הגוים שמוזהרין על העריות כישראל. וכן (ויקרא כ״ד:ט״ו) איש איש כי יקלל אלהיו, (שם כ) איש איש אשר יתן מזרעו למולך, לרבות הגוים שמוזהרין על ברכת ה' ועל עבודה זרה.
Et lève les yeux et vois que les branches ont besoin de s’unir à la racine, et c’est la raison du permis pour les éloignés ; et de même, [il faut] que les branches se séparent de la racine, car son excellence ne sera rendue publique que par les branches, et c’est la raison [de l’interdit] pour les proches. Et c’est la raison de la section sur l’interdit des relations interdites : quiconque s’unit à elles est comme celui qui fait des coupures dans l’unité ; et c’est pourquoi le Nom unique est mentionné au début de la section des relations interdites, c’est ce qu’il a dit « Je suis l’Éternel » ; et comprends-le. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué dans le traité Sanhédrin : « Chacun (ish ish) d’entre vous ne s’approchera d’aucune proche parente » : « ish ish », pour inclure les nations, qui sont averties au sujet des relations interdites comme Israël. Et de même (Lévitique 24,15) « chacun (ish ish) qui maudira son Dieu », (ibid. 20) « chacun (ish ish) qui donnera de sa descendance à Molokh », pour inclure les nations, qui sont averties au sujet de la « bénédiction du Nom » [euphémisme pour sa malédiction] et de l’idolâtrie.
ערות אביך וערות אמך לא תגלה. ע"ד הפשט הכל לאו אחד, ובאור הכתוב לא תגלה ערות אמך שאם עשית כן אתה מגלה ערות אביך, שהרי ערות אמך ערות אביך היא. וכן בסמוך ערות אחי אביך לא תגלה. וידוע כי אין האזהרה אלא בנקבות, ועל כן פירש אל אשתו לא תקרב דודתך היא, כאלו אמר ערות אחי אביך לא תגלה, ומהו ערות אחי אביך שלא תקרב אל אשתו, שאם עשית כן אתה מגלה ערות אחי אביך.
« La nudité de ton père et la nudité de ta mère tu ne la découvriras pas. » Selon le sens simple, tout est un seul interdit, et l’explication du verset est : « tu ne découvriras pas la nudité de ta mère », car si tu fais ainsi, tu découvres la nudité de ton père, puisque la nudité de ta mère est la nudité de ton père. Et de même, juste après : « la nudité du frère de ton père tu ne la découvriras pas ». Et il est connu que l’avertissement ne porte que sur les femmes ; c’est pourquoi il a expliqué « tu ne t’approcheras pas de sa femme, c’est ta tante », comme s’il disait « la nudité du frère de ton père tu ne la découvriras pas » ; et qu’est-ce que la nudité du frère de ton père ? C’est que tu ne t’approches pas de sa femme, car si tu fais ainsi, tu découvres la nudité du frère de ton père.
וע"ד מדרש רז"ל הן שני לאוין, שכן דרשו ערות אביך זו אשת אביך, וערות אמך זו אמו שאינו אשת אביו. ומה שחזר ואמר ערות אשת אביך, לרבות לאחר מיתה. ערות אחותך בת אביך, שאינה מאמך, או בת אמך, שאינה מאביך, מולדת בית או מולדת חוץ, כלומר בין שתהיה אחותך מן הנשואין בין שתהיה מן הזנות יש לך לנהוג בה כבוד האחוה ולא תגלה ערותה. ומה שחזר ואמר ערות בת אשת אביך מולדת אביך, הכל אחד עם מה שהזכיר ערות אחותך בת אביך, שאינה מאמך, אלא לעבור עליה בשני לאוין, כי מי ששוכב עם אחותו בת אביו שאינה מאמו, עובר משום אחותך בת אביך ומשום ערות בת אשת אביך מולדת אביך.
Et selon le Midrash de nos Sages, de mémoire bénie, ce sont deux interdits, car ils ont expliqué : « la nudité de ton père », c’est la femme de ton père ; et « la nudité de ta mère », c’est sa mère, qui n’est pas la femme de son père. Et ce qu’il a répété « la nudité de la femme de ton père » est pour inclure [l’interdit] après la mort. « La nudité de ta sœur, fille de ton père », qui n’est pas de ta mère, « ou fille de ta mère », qui n’est pas de ton père, « née à la maison ou née au dehors » : c’est-à-dire que ta sœur soit issue d’un mariage ou issue de la fornication, tu dois te conduire envers elle avec l’honneur de la fraternité et ne pas découvrir sa nudité. Et ce qu’il a répété « la nudité de la fille de la femme de ton père, née de ton père » est la même chose que ce qu’il a mentionné, « la nudité de ta sœur, fille de ton père, qui n’est pas de ta mère », si ce n’est pour transgresser à son sujet par deux interdits : car celui qui couche avec sa sœur, fille de son père qui n’est pas de sa mère, transgresse à cause de « ta sœur, fille de ton père » et à cause de « la nudité de la fille de la femme de ton père, née de ton père ».
ערות בת בנך או בת בתך. ולא הזכיר ערות בתך שזה ק"ו, וכענין לא תבשל גדי שלא אסרה האכילה בפירוש לפי שלמד הוא ג"כ מק"ו, אם הבשול אסור כ"ש האכילה, ושם בארתי למה הוציאו הכתוב בלשון בשול ולא אמר לא תאכל, וכיון שלא הזכיר בתך רז"ל למדוהו במסכת יבמות מגזירה שוה דהנה הנה וכך אמרו אמר ר' יצחק בר אבדימי אתיא הנה הנה אתיא זמה זמה, כתיב בבת בנך ובת בתך כי ערותך הנה, וכתיב באיסור אשה ובתה ובת בנה ובת בתה שארה הנה זמה היא, מה להלן מפרש לנאסרה בתה הוא הדין בבת בנו ובת בתו שנאסרה בתו, דגמרינן גזירה שוה דהנה הנה.
« La nudité de la fille de ton fils ou de la fille de ta fille. » Et il n’a pas mentionné la nudité de ta fille, car c’est un a fortiori, et comme pour « tu ne cuiras pas le chevreau », où l’interdit de manger n’a pas été dit explicitement parce qu’il s’apprend aussi par un a fortiori : si la cuisson est interdite, a fortiori la consommation ; et j’ai expliqué là pourquoi l’Écriture l’a énoncé sous la forme de la cuisson et n’a pas dit « tu ne mangeras pas ». Et puisqu’il n’a pas mentionné « ta fille », nos Sages, de mémoire bénie, l’ont appris dans le traité Yevamot par une analogie verbale de « henna henna », et ainsi ont-ils dit : Rabbi Yits’haq bar Avdimi a dit : on le déduit de « henna–henna », puis de « zima–zima ». Il est écrit à propos de la fille de ton fils et de la fille de ta fille « car c’est ta nudité, henna », et il est écrit à propos de l’interdit de la femme et de sa fille, de la fille de son fils et de la fille de sa fille « ce sont des proches parentes (she’arah), henna, c’est une turpitude (zima) ». De même que là-bas il est expliqué pour que sa fille soit interdite, de même pour la fille de son fils et la fille de sa fille, que sa fille est interdite, car nous apprenons par l’analogie verbale « henna henna ».
ואשה אל אחותה לא תקח. כאלו אמר לא תשכב, כי הביאה יכנה אותה הכתוב פעם בלשון שכיבה ופעם בלשון קיחה ופעם בלשון ידיעה, כי אין לומר שתהיה קיחה זו בכסף קדושין אבל שלא בכסף קדושין מותר, שהרי אסור הוא לשכב עם אשה ואחותה בכל ענין, וכן בסדר קדושים (ויקרא כ׳:י״ד) כתיב ואיש אשר יקח את אשה ואת אמה זמה היא, ואיש אשר יקח את אחותו, ואיש אשר יקח את אשת אחיו, שענין כלם אשר ישכב.
« Et une femme avec sa sœur tu ne la prendras pas. » Comme s’il disait : « tu ne coucheras pas », car l’Écriture désigne l’union tantôt par le langage de la couche, tantôt par le langage de la prise, tantôt par le langage de la connaissance ; car on ne peut pas dire que cette « prise » serait par l’argent des fiançailles, tandis que sans argent des fiançailles ce serait permis, puisqu’il est interdit de coucher avec une femme et sa sœur en toute circonstance ; et de même, dans la section Qedochim, il est écrit (Lévitique 20,14) « et l’homme qui prendra une femme et sa mère, c’est une turpitude », « et l’homme qui prendra sa sœur », « et l’homme qui prendra la femme de son frère », où le sens de tous est « qui couchera ».
ואל אשת עמיתך לא תתן שכבתך לזרע. פירוש החכם ר' אברהם ז"ל כי המשגל שלשה חלקים, האחד לפריה ורביה והשני לרפואה להקל מליחות הגוף והשלישי לתאוה הנמשלת לתאות הבהמות, ואמר הכתוב לזרע כלומר אפילו החלק המשובח שבהן, והנה היא אסורה לגמרי.
« Et à la femme de ton prochain tu ne donneras pas ta couche pour la semence. » Explication du sage Rabbi Avraham, de mémoire bénie : les rapports conjugaux sont de trois sortes. La première : pour être féconds et se multiplier ; la deuxième : pour la guérison, pour alléger l’humidité du corps ; la troisième : pour le désir comparé au désir des bêtes. Et l’Écriture a dit « pour la semence », c’est-à-dire même la meilleure partie d’entre elles ; et voici qu’elle est interdite entièrement.
(והרמב"ם) [והרמב"ן] ז"ל פירש כי הוצרך לכתוב לזרע, שאלו אמר לא תתן שכבתך בלבד היה נראה שהכתוב יחייב כרת אפילו בשוכב עמה לחבק ולנשק, כי בפרשה הזאת יזהיר בחייבי כריתות, ועל כן הוצרך לפרש השכיבה לזרע כדי לבאר כי על המשגל יזהיר ויחייב כרת עד כאן.
Le Rambam [lecture corrigée dans la source : le Ramban], de mémoire bénie, a expliqué qu’il a fallu écrire « pour la semence » : car s’il avait dit seulement « tu ne donneras pas ta couche », il aurait semblé que l’Écriture imposait le retranchement même à celui qui couche avec elle pour embrasser et pour baiser, puisque dans cette section elle avertit à propos de ceux qui sont passibles de retranchement ; et c’est pourquoi il a fallu préciser la couche « pour la semence », afin de montrer que c’est pour le rapport conjugal qu’elle avertit et impose le retranchement. Jusqu’ici.
ונמצאת למד מכאן שהבא על אשת איש בכרת, וכשיש עדים והתראה מיתתן בחנק, שנאמר (שם) מות יומת הנואף והנואפת. והנה שלמה צוח ברוח הקדש שהבא על אשת איש לא ינקה מדין של גיהנם, והנוגע בה לא ינקה מעונש הגוף, הוא שאמר (משלי ו׳:כ״ז-כ״ח) היחתה איש אש בחיקו ובגדיו לא תשרפנה, אם יהלך איש על הגחלים ורגליו לא תכוינה, כן הבא אל אשת רעהו לא ינקה כל הנוגע בה. ומה שהוצרך לשני משלים כדי לרמוז על שני עונשין, עונש הגוף ועונש הנפש, עונש הגוף לנוגע הוא שאמר כל הנוגע בה, עונש הנפש לבא עליה הוא שאמר כן הבא אל אשת רעהו.
Et tu apprends de là que celui qui s’unit à la femme d’un autre encourt le retranchement ; et lorsqu’il y a des témoins et un avertissement, leur mort est par strangulation, car il est dit (ibid.) « l’homme et la femme adultères seront mis à mort ». Et voici que Shelomo a crié par l’esprit de sainteté que celui qui s’unit à la femme d’un autre n’est pas innocenté du jugement de la géhenne, et que celui qui la touche n’est pas innocenté de la peine du corps ; c’est ce qu’il a dit (Proverbes 6,27-28) « un homme prendra-t-il du feu dans son sein sans que ses vêtements brûlent ? Si un homme marche sur des braises, ses pieds ne seront-ils pas brûlés ? Ainsi celui qui vient vers la femme de son prochain, quiconque la touche ne sera pas innocent ». Et qu’il ait fallu deux comparaisons, c’est pour faire allusion à deux peines, la peine du corps et la peine de l’âme : la peine du corps pour celui qui touche, c’est ce qu’il a dit « quiconque la touche » ; la peine de l’âme pour celui qui s’unit à elle, c’est ce qu’il a dit « ainsi celui qui vient vers la femme de son prochain ».
והמשיל עונש הגוף לבגדים שהבגדים נשרפים לא הגוף, כן הגוף נענש בנוגע לא הנפש, אבל עונש הנפש המשילו לגחלים שהנפש נענשת בהם בגיהנם. והזכיר באמצע לא ינקה כלומר שלא ינקה מדין של גיהנם אם בא עליה, וכן לא ינקה מעונש הגוף אם נגע בה. וסוד אשת איש כבר בארתי למעלה, ועוד ארמוז בו בסדר נשא.
Et il a comparé la peine du corps aux vêtements, car ce sont les vêtements qui brûlent et non le corps ; ainsi le corps est puni pour celui qui touche, et non l’âme ; mais la peine de l’âme, il l’a comparée aux braises, car l’âme est punie par elles dans la géhenne. Et il a mentionné au milieu « ne sera pas innocent », c’est-à-dire qu’il ne sera pas innocenté du jugement de la géhenne s’il est venu à elle, et qu’il ne sera pas non plus innocenté de la peine du corps s’il l’a touchée. Et le secret de la femme d’un autre, je l’ai déjà expliqué plus haut, et j’y ferai encore allusion dans la section Naso.
ומזרעך לא תתן להעביר למולך. ע"ז היתה ששמה מולך, וחק העבודה הוא שהאב היה מעביר את בנו בין שתי מדורות של אש עד שישרף וימות, והיתה דעתם כי בהעביר האב אחד מבניו ינצלו שאר הבנים ויחיו והוא יצליח בכל אשר יפנה.
« Et de ta descendance tu ne donneras pas pour la faire passer à Molokh. » C’était une idolâtrie dont le nom était Molokh, et le rite du culte était que le père faisait passer son fils entre deux bûchers de feu jusqu’à ce qu’il brûle et meure ; et leur opinion était que, lorsque le père en faisait passer un de ses fils, les autres fils seraient sauvés et vivraient, et que lui-même réussirait dans tout ce vers quoi il se tournerait.
והזכיר למולך בלשון ידיעה, לפי שהיתה ידועה אצלם ממצרים, ונקראת מולך מלשון מלכות ואדנות, והיא הנקראת מלכום שהיתה תועבת בני עמון, והיא הנקראת אדרמלך וענמלך, כענין שכתוב (מלכים ב י״ז:ל״א) והספרוים שורפים את בניהם לאדרמלך וענמלך אלהי ספרוים, נקרא אדר מלשון כבוד וען מלשון עונה, וכל שם ושם משותף בלשון מלך שהוא לשון מולך, ואם כן מולך מלכום ואדרמלך וענמלך הכל עבודה זרה אחת נקראת בכל השמות הללו.
Et il a mentionné « à Molokh » avec l’article, parce qu’elle leur était connue depuis l’Égypte, et elle est appelée Molokh d’après la royauté et la seigneurie ; et c’est elle qu’on appelle Milkom, l’abomination des fils d’Ammon, et elle est appelée Adramélekh et Anamélekh, comme il est écrit (2 Rois 17,31) « et les Sepharvites brûlaient leurs fils pour Adramélekh et Anamélekh, dieux de Sepharvaïm » ; « Adar » est appelé d’après l’expression de gloire, et « ‘Anam » d’après l’expression de réponse (‘onah), et chaque nom est associé à la langue de « mélekh », qui est du langage de Molokh. Et s’il en est ainsi, Molokh, Milkom, Adramélekh et Anamélekh sont tous une seule idolâtrie, appelée de tous ces noms.
אבל הגאון רבינו חננאל פירש כי אדרמלך וענמלך כל אחת עבודה זרה בפני עצמה, והוא שכתוב בפירושיו בסדר כי תשא יש בעובדי ע"ג גוונין הרבה, יש מי שעושה פסלו צורת אדם ויש שעושה צורת כרוב או צורת בהמה או חיה או עוף, כענין שכתוב (שם) ואנשי בבל עשו את סכות בנות ואנשי כות עשו את נרגל ואנשי חמת עשו את אשימא, והעוים עשו את נבחז ואת תרתק והספרוים שורפים את בניהם באש לאדרמלך וענמלך, כלן שמות פסילים הם, סכות בנות, התרנגולת ואפרוחיה, נרגל, תרנגול הבר הוא השכוי, אשימא הוא חתול, נבחז כלב, תרתק חמור, אדרמלך קוף, ענמלך טווס.
Mais le Gaon Rabbénou ‘Hananel a expliqué qu’Adramélekh et Anamélekh sont chacune une idolâtrie distincte, et c’est ce qu’il a écrit dans ses commentaires, dans la section Ki Tissa : il y a chez les adorateurs d’idoles beaucoup de sortes ; il y a celui qui fait son idole à forme d’homme, et il y a celui qui fait une forme de chérubin, ou une forme de bête, d’animal sauvage ou d’oiseau, comme il est écrit (ibid.) « et les hommes de Babel firent Soukkot-Benot, et les hommes de Kout firent Nergal, et les hommes de ‘Hamat firent Achima, et les ‘Avvim firent Nibkhaz et Tartaq, et les Sepharvites brûlaient leurs fils dans le feu pour Adramélekh et Anamélekh » : tous sont des noms d’idoles. Soukkot-Benot : la poule et ses poussins ; Nergal : le coq sauvage, c’est le sekhvi ; Achima : le chat ; Nibkhaz : le chien ; Tartaq : l’âne ; Adramélekh : le singe ; Anamélekh : le paon.
וקרוב אני לומר שנקראו הפסילים על שמות הכוכבים, כענין שכתוב (עמוס ה׳:כ״ו) ונשאתם את סכות מלככם ואת כיון צלמיכם כוכב אלהיכם אשר עשיתם לכם, סכות מלככם הם שמות הכוכבים, הוא שכתוב (ירמיהו מ״ד:י״ט) אנחנו מקטרים למלכת השמים, קרא הכוכבים מלכת השמים. כיון צלמיכם הוא הנקרא זחל שהוא שבתאי, כוכב אלהיכם הוא משבעה כוכבי לכת גם כן ונקרא כוכב חמה, עד כאן לשון הגאון ז"ל.
Et je suis proche de dire que les idoles ont été appelées d’après les noms des étoiles, comme il est écrit (Amos 5,26) « et vous avez porté Soukkot votre roi et Kiyyoun vos idoles, l’étoile de vos dieux que vous vous êtes faits » : « Soukkot votre roi » sont des noms d’étoiles, c’est ce qui est écrit (Jérémie 44,19) « nous faisons fumer pour la reine du ciel » ; il a appelé les étoiles « reine du ciel ». « Kiyyoun vos idoles » est ce qu’on appelle Ze’hal, qui est Shabbetaï (Saturne) ; « l’étoile de vos dieux » est aussi l’une des sept planètes et s’appelle kokhav ‘hama (Mercure). Jusqu’ici les termes du Gaon, de mémoire bénie.
והפסילים ההם היו מושכים כח מהכוכבים ונקרא כיון על שם שהיו מכינים ומגישים לפניו מיני מאכלים כי דרך העבודה בכך, או מפני שהיו מכוונים דעתם ולבם להם ומתקנין אותן בכונה גדולה, וזהו שכתוב (ירמיהו ז׳:י״ח) לעשות כונים וכתיב (שם מד) עשינו לה כוונים. ומלת נבחז יש ספרים שכתוב בנו"ן. והחכם רבי אברהם אומר שאינו כי אם זיי"ן, והיא מלה מורכבת על שם שנובח ומראה שיניו.
Et ces idoles tiraient une force des étoiles ; et « Kiyyoun » a été appelé ainsi parce qu’on préparait (mekhinim) et présentait devant lui des sortes de nourritures, car tel est le rite du culte, ou parce qu’ils dirigeaient (mekhavvenim) leur esprit et leur cœur vers elles et les arrangeaient avec une grande intention ; et c’est ce qui est écrit (Jérémie 7,18) « pour faire des gâteaux (kavvanim) » et il est écrit (ibid. 44) « nous lui avons fait des gâteaux (kavvanim) ». Et quant au mot « Nibkhaz », il y a des livres où il est écrit avec un noun. Et le sage Rabbi Avraham dit que ce n’est qu’avec un zayin, et c’est un mot composé, d’après le fait qu’il aboie (noveach) et montre ses dents.
ומה שהזכיר להעביר למולך ולא אמר להעביר באש, דבר ידוע כי ההבערה באש היתה, כי כן כתיב (דברים י״ח:י׳) מעביר בנו ובתו באש, וכתיב באחז אביו של חזקיה (מלכים ב ט״ז:ג׳) וגם את בנו העביר באש כתועבת הגוים, ועל כן הוצרכו רז"ל לומר על חזקיה שסכתו אמו סלמנדרא, וכתיב עוד (יחזקאל כ״ג:ל״ז) וגם את בניהן אשר ילדו לי העבירו להם לאכלה. אבל דעת רז"ל במה שאמר ומזרעך לא תתן להעביר למולך ולא אמר להעביר באש, שהיה זה כדי לחייבו משעת העברה משתמשול בו האש כגון שנתפש האש באחד מאבריו.
Et quant à ce qu’il a mentionné « pour faire passer à Molokh » et n’a pas dit « pour faire passer par le feu » : chose connue, l’incinération se faisait par le feu, car ainsi il est écrit (Deutéronome 18,10) « qui fait passer son fils et sa fille par le feu », et il est écrit à propos d’A’haz, père de ‘Hizqiyahou (2 Rois 16,3) « et aussi son fils il fit passer par le feu, selon les abominations des nations » ; et c’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dû dire de ‘Hizqiyahou que sa mère l’avait enduit de salamandre ; et il est écrit encore (Ézéchiel 23,37) « et aussi leurs fils qu’elles M’ont enfantés, elles les ont fait passer pour eux, pour nourriture ». Mais l’avis de nos Sages, de mémoire bénie, au sujet de ce qu’il dit « et de ta descendance tu ne donneras pas pour la faire passer à Molokh » et n’a pas dit « pour faire passer par le feu », c’est que c’était pour le rendre passible dès l’instant du passage, dès que le feu commence à avoir prise sur l’enfant, par exemple si le feu a saisi l’un de ses membres.
ומה שסמך פסוק זה שהוא אזהרת עבודה זרה לאשת איש, יתכן לפרש בענין הסמיכות כי כן הקב"ה מקנא בישראל בעבדם אלהים אחרים כאשר הבעל מקנא לאשתו בלכתה לאחרים, וכן מצינו בענין עבודה זרה כי אנכי ה' אלהיך אל קנא.
Et quant à ce qu’il a placé ce verset, qui est l’avertissement sur l’idolâtrie, à côté de [celui sur] la femme d’un autre, on peut expliquer le sens de cette juxtaposition ainsi : le Saint, béni soit-Il, est jaloux d’Israël lorsqu’ils servent d’autres dieux, comme le mari est jaloux de sa femme lorsqu’elle va vers d’autres ; et de même nous trouvons à propos de l’idolâtrie « car Moi, l’Éternel ton Dieu, Je suis un Dieu jaloux ».
ושמרתם אתם את חקותי. למה הוצרך לומר אתם, להוציא שאר העכו"ם, שאם רצו לשמור את המצות אינם יכולים, וכן ארז"ל בן נח ששבת היה חייב מיתה, וזהו לשון ושמרתם אתם אין חייבין בשמירת המצות אלא אתם.
« Et vous garderez, vous, Mes décrets. » Pourquoi a-t-il fallu dire « vous » ? Pour exclure les autres nations idolâtres (‘akoum), qui, même si elles voulaient garder les commandements, ne le peuvent pas ; et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : un fils de Noa’h qui a chômé le Shabbat est passible de mort. Et c’est le sens de « et vous garderez, vous » : ne sont tenus de garder les commandements que vous.
ולא תקיא הארץ. דבק עם פסוק שאחריו כי כל אשר יעשה, וכאלו אמר לא תקיא הארץ אתכם בלבד כאשר קאה כלומר אל תחשבו שתהיו נפטרין בכך אך תענשו בעונש כרת.
« Et la terre ne vous vomira pas. » Il est attaché au verset qui suit, « car quiconque fera » ; et c’est comme s’il disait : la terre ne se contentera pas de vous vomir comme elle a vomi [les nations], c’est-à-dire : ne pensez pas que vous serez quittes ainsi, mais vous serez punis de la peine de retranchement.
ונכרתו הנפשות העושות. הכריתות שבתורה מצאנום על ג' חלקים, יש כרת לגוף לבדו ויש כרת לנפש לבדה ויש כרת לשניהם לגוף ולנפש. כרת לגוף לבדו יהיה בשנים או בימים, כי מי שהוא צדיק ורובו זכיות ונכשל בעברה של חיוב כרת, ימות בחצי ימיו כענין אותו תלמיד שהיה עם אשתו בימי לבונה הוא בבגדו והיא בבגדה, ולא היה נכשל בעבירה אחרת ומת בחצי ימיו, כדאיתא במסכת שבת, זהו כרת של שנים.
« Et les âmes qui les feront seront retranchées. » Les retranchements (karetot) qui sont dans la Torah, nous les avons trouvés en trois parties : il y a un retranchement du corps seul, il y a un retranchement de l’âme seule, et il y a un retranchement des deux, du corps et de l’âme. Le retranchement du corps seul sera en années ou en jours : car celui qui est juste et dont la plus grande part est de mérites, et qui trébuche dans une faute passible de retranchement, mourra à la moitié de ses jours, comme ce disciple qui était avec sa femme pendant les jours de purification qui suivent ses règles (« levouna »), lui dans son vêtement et elle dans le sien, et qui ne trébucha dans aucune autre faute et mourut à la moitié de ses jours, comme cela est dit dans le traité Shabbat ; c’est le retranchement d’années.
אבל כרת של ימים הוא כגון זקן שעבר על חיוב כרת שאי אפשר להיות לו מעתה כרת של שנים שהרי כבר עלה לימי הזקנה, אבל יהיה כרת של ימים שלא ימלא את ימיו הקצובים לו, וזהו שאמרו רז"ל במועד קטן פרק אלו מגלחין בסופו, רב יוסף כי הוה בר שתין שנין עביד יומא טבא לרבנן, אמר נפקי לי מכרת דשני, אמר ליה אביי נהי דנפיק מר מכרת דשני מכרת דיומא מי נפק מר, אמר ליה נקוט מיהא פלגא בידך.
Mais le retranchement de jours est par exemple pour un vieillard qui a transgressé une faute passible de retranchement, pour qui il ne peut désormais y avoir de retranchement d’années puisqu’il est déjà monté aux jours de la vieillesse, mais il y aura un retranchement de jours : qu’il n’achèvera pas les jours qui lui ont été fixés ; et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans Moed Qatan, chapitre « Elou megalkhin », à la fin : Rav Yossef, quand il eut soixante ans, fit un jour de fête pour les maîtres ; il dit : je suis sorti du retranchement d’années. Abaye lui dit : soit, le maître est sorti du retranchement d’années, mais du retranchement de jours, le maître en est-il sorti ? Il lui dit : prends au moins la moitié dans ta main.
ומפני שכרת זה של שנים הוא מפורסם וכרת של ימים אינו מפורסם ואינו נודע לפיכך אמרו רז"ל שהקב"ה מפרסמו, והוא שימות הזקן לג' ימים והנה זה אות שעבר על חיוב כרת, וזהו שאמרו בירושלמי זקן שאכל את החלב או שחלל את השבת מי מודיע שהוא בכרת, ושם מתרץ מת ליום אחד הרי זו מיתה של זעם, לשני ימים מיתה של בהלה, לג' ימים מיתת כרת. ועל כרת זה שהוא לגוף לבדו נאמר ונכרת האיש ההוא מקרב עמו, כלומר שיכרת גופו בשנים או בימים אבל נפשו תהיה זוכה תיכף בהפרדה מהגוף בעולם הנשמות גם לתחית המתים גם לעולם הבא של אחר התחיה.
Et parce que ce retranchement d’années est connu, tandis que le retranchement de jours n’est ni connu ni su, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que le Saint, béni soit-Il, le fait connaître : le vieillard meurt en trois jours, et voici que c’est un signe qu’il a transgressé une faute passible de retranchement ; et c’est ce qu’ils ont dit dans le Yerushalmi : un vieillard qui a mangé de la graisse ou profané le Shabbat, qui fait connaître qu’il est en retranchement ? Et là il répond : mort en un jour, c’est une mort de colère ; en deux jours, mort de panique ; en trois jours, mort de retranchement. Et sur ce retranchement, qui est du corps seul, il est dit « et cet homme-là sera retranché du milieu de son peuple », c’est-à-dire que son corps sera retranché en années ou en jours, mais que son âme sera méritante aussitôt, dès la séparation d’avec le corps, dans le monde des âmes, ainsi que pour la résurrection des morts et pour le monde à venir qui suit la résurrection.
כרת לנפש לבדה מי שחטא בעבירה חמורה של חיוב כרת כגון שאכל חמץ בפסח או אכל או עשה מלאכה ביום הכפורים או חטא בעריות, והיו עונותיו מרובין מזכיותיו, עונש הכרת מגיע לנפשו לאחר שתפרד מן הגוף שתהיה נכרתת מחיי עולם הנשמות, ועל כרת זה נאמר ונכרתו הנפשות העושות, (ויקרא י״ט:ח׳) ונכרתה הנפש ההיא מעמיה, (שם כב) ונכרתה הנפש ההיא מלפני, וכן (שם כג) והאבדתי את הנפש ההיא, למד על כרת שאינו אלא אבדן.
Le retranchement de l’âme seule : celui qui a péché par une faute grave passible de retranchement, comme avoir mangé du levain à Pessa’h, ou avoir mangé ou accompli un travail le jour des Expiations, ou avoir péché dans les relations interdites, et dont les fautes étaient plus nombreuses que les mérites : la peine du retranchement atteint son âme après qu’elle se sera séparée du corps, en ce qu’elle sera retranchée de la vie du monde des âmes ; et à propos de ce retranchement il est dit « et les âmes qui les feront seront retranchées », (Lévitique 19,8) « et cette âme-là sera retranchée de son peuple », (ibid. 22) « et cette âme-là sera retranchée de devant Moi », et de même (ibid. 23) « et Je ferai périr cette âme-là » : cela enseigne que le retranchement n’est que perdition.
ואפשר שאין לו כרת בגופו אלא בנפשו, כי פעמים שיחיה ימים ארוכים וחיי שלוה כענין שכתוב (קהלת ז׳:ט״ו) ויש רשע מאריך ברעתו. כרת לשניהם לגוף ולנפש, בכרת חמור כעובד עבודה זרה שכתוב בו (במדבר טו) את ה' הוא מגדף, ולא מצינו בתורה כרת כפול כי אם בו שנכרת גופו ונפשו, והוא נטרד מהעוה"ז ומהעוה"ב, ועל כרת זה נאמר (שם) הכרת תכרת הנפש ההיא עונה בה, ודרשו רז"ל הכרת בעוה"ז תכרת לעוה"ב. ולפי ענין זה בכרת הנפש לבדה תהיה הנפש המחוייבת כרת בין בכרת קל בין בכרת חמור מתבטלת לגמרי מן הקיום הראוי, מאחר שהכרת הוא אבדן.
Et il est possible qu’il n’y ait pas de retranchement dans son corps mais dans son âme, car parfois il vivra de longs jours et d’une vie paisible, comme il est écrit (Ecclésiaste 7,15) « et il y a un méchant qui prolonge [ses jours] dans son mal ». Retranchement des deux, du corps et de l’âme : dans le retranchement grave, comme l’adorateur d’idoles dont il est écrit (Nombres 15) « il blasphème l’Éternel » ; et nous n’avons pas trouvé dans la Torah de retranchement double, sinon pour lui, dont le corps et l’âme sont retranchés, et il est chassé de ce monde et du monde à venir ; et à propos de ce retranchement il est dit (ibid.) « sera retranchée, retranchée, cette âme-là, son iniquité est sur elle », et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « hikkaret » dans ce monde, « tikkaret » dans le monde à venir. Et selon ce sens, dans le retranchement de l’âme seule, l’âme passible de retranchement, qu’il soit léger ou grave, est annulée complètement de la subsistance qui convient, puisque le retranchement est une perdition.
וא"כ יהיה ענין הכרת שתהיה הנפש נכרתת מן החיים הנצחיים ומתבטלת לגמרי, וזהו ונכרתה הנפש ההיא מעמיה, ופירוש מעמיה שתכרת מחיות שאר הנפשות שהן עמיה כי חיות הנה, וזו לא תחיה כלל, אבל תתבטל לגמרי ולא ישא אלהים נפשו, הוא הלשון עצמו שאומר (ויקרא כ״ב:ג׳) ונכרתה הנפש ההיא מלפני, כי הוא יתברך בכל מקום, וזו תתבטל לגמרי מכל מקום. זה דעת החכם רבי אברהם ז"ל.
Et s’il en est ainsi, le sens du retranchement sera que l’âme est retranchée de la vie éternelle et annulée complètement, et c’est « et cette âme-là sera retranchée de son peuple » ; et l’explication de « de son peuple » (me’ameha) est qu’elle sera retranchée de la vie des autres âmes qui constituent son peuple, car ce sont des vivantes, et celle-ci ne vivra pas du tout mais sera annulée complètement, « et Dieu ne portera pas son âme » ; c’est la formule même qu’il dit (Lévitique 22,3) « et cette âme-là sera retranchée de devant Moi », car Lui, qu’Il soit béni, est en tout lieu, et celle-ci sera annulée complètement de tout lieu. C’est là l’avis du sage Rabbi Avraham, de mémoire bénie.
גם הרמב"ם ז"ל סובר כן ממה שכתב בפרק ח' מהלכות תשובה, שכר הצדיקים הוא שיזכו לנועם חיים העולם הבא ויחיו בטובה, ופרעון הרשעים הוא שלא יזכו לחיים אלא יכרתו וימותו, וכל מי שאינו זוכה לחיים אלו הוא המת שאינו חי לעולם אלא נכרת ברשעו ונאבד כבהמה וזו היא כרת שכתוב (במדבר לא) הכרת תכרת, מפי השמועה למדו הכרת בעוה"ז תכרת לחיי העוה"ב, כלומר שאותה הנפש שפרשה מן הגוף בעוה"ז אינה זוכה לחיי העוה"ב אלא גם מן העוה"ב נכרתה, ע"כ לשון הרב.
Le Rambam, de mémoire bénie, pense aussi ainsi, d’après ce qu’il a écrit au chapitre huit des Lois de la Teshouva : la récompense des justes est qu’ils méritent la douceur de la vie du monde à venir et vivront dans le bien, et la rétribution des méchants est qu’ils ne méritent pas la vie mais sont retranchés et meurent ; et quiconque ne mérite pas ces vies est le mort qui ne vit jamais, mais est retranché dans sa méchanceté et périt comme une bête, et c’est le retranchement dont il est écrit (Nombres 31) « sera retranchée, retranchée » ; de la tradition orale ils ont appris « hikkaret dans ce monde, tikkaret pour la vie du monde à venir », c’est-à-dire que cette âme qui s’est séparée du corps dans ce monde ne mérite pas la vie du monde à venir, mais est retranchée aussi du monde à venir. Jusqu’ici les termes du Rav.
ויש לתמוה מזה כי הרשע הגמור שמת בלא תשובה לא נברא גיהנם אלא בשבילו, וכשם שהצדיק הגמור נפשו מתענגת בתענוג נצחי כן הרשע הגמור ראוי שתענש נפשו בעונש נצחי, ואם היא מתבטלת בטול גמור כדעת החכמים האלה איה העונש והשלום. וא"ת שיהיה גיהנם נברא לבינונים, א"כ נוח להם לרשעים הגמורים יותר מן הבינונים, וזה דבר שאין השכל מקבלו. ועוד אם היה הדין כן איך החכמים האלה לא ימנו החטאים האלה בנפשותם המחוייבות כרת והמתבטלת לגמרי עם אותם ששנינו במשנה שאין להם חלק לעוה"ב.
Et il y a lieu de s’étonner de cela, car le méchant complet qui est mort sans repentir, la géhenne n’a été créée que pour lui ; et de même que l’âme du juste complet jouit d’un délice éternel, de même l’âme du méchant complet doit être punie d’une peine éternelle ; et si elle est annulée d’une annulation complète, comme l’avis de ces sages, où sont la peine et la rétribution ? Et si tu dis que la géhenne aurait été créée pour les personnes intermédiaires, alors il vaut mieux pour les méchants complets que pour les personnes intermédiaires, et c’est une chose que la raison n’accepte pas. Et de plus, si le jugement était ainsi, comment ces sages ne comptent-ils pas ces pécheurs, dont les âmes sont passibles de retranchement et annulées complètement, avec ceux dont nous avons appris dans la Michna qu’ils n’ont pas de part au monde à venir ?
פי' אין להם חלק ידוע בפני עצמן, אבל הם נהנים ונזונין מכמה אוצרות של צדקה הגנוזים לאותן שלא זכו, כעני שאין בידו מה יאכל וסמוך על שלחן חבירו, ואפילו אותן הפושעים המוחלטים היורדים ואינן עולין יש להם מנוחה בשבתות וימים טובים. ועל כן יש לפרש כי הנפש השכלית אי אפשר לה שתתבטל כלל, ובאור ונכרתה הנפש ההיא מעמיה, מהמקום שחוצבה משם היא נכרתת.
C’est-à-dire : ils n’ont pas de part connue par eux-mêmes, mais ils jouissent et sont nourris de plusieurs trésors de bienfaisance (tsedaka) cachés pour ceux qui n’ont pas mérité, comme un pauvre qui n’a rien à manger et qui s’appuie sur la table de son prochain ; et même ces pécheurs absolus, qui descendent et ne remontent pas, ont du repos les Shabbats et les jours de fête. Et c’est pourquoi on peut expliquer que l’âme intellectuelle ne peut pas du tout être annulée, et l’explication de « et cette âme-là sera retranchée de son peuple » est : du lieu d’où elle fut taillée, elle est retranchée.
ועוד איך נוכל לגזור התבטל הנפש לגמרי שהרי אמרו נדונין שם לדורי דורות, הרי שאין הכונה בבטולם אלא בקיומם, בעונש נצחי לדורות, ובודאי אין לך רשעים מכחישים בה' ובמשה עבדו יותר מקרח ועדתו שנאבדו מן העולם הזה והבא ומ"מ לא נתבטלו כי הם חיים בגיהנם, קיימים בעונשם, ולעתיד יזכו לתחית המתים, שנאמר (שמואל א ב׳:ו׳) מוריד שאול ויעל, ופי' מעמיה משאר הנפשות שהן עמיה, תהיה נכרתת מן המקום ההוא ולא תשוב שם, וכן יורה לשון ונכרתה כענף הנכרת מהאילן שממנו יחיה, אבל תהנה נפשו מזיו השכינה שלא במקומה מאחר שקבלה את דינה שנכרתה ממקומה שחוצבה ממנו, זהו פירוש מעמיה כלומר מעקר תולדתה וממינה, והוא המקום שנחצבה משם, וזה דעת הרמב"ן ז"ל.
Et de plus, comment pouvons-nous décréter l’annulation complète de l’âme, alors qu’ils ont dit : ils y sont jugés pour des générations de générations ? Voici que l’intention dans leur « annulation » n’est que leur subsistance, dans une peine éternelle, pour les générations. Et assurément il n’y a pas de méchants reniant l’Éternel et Moché Son serviteur plus que Qora’h et son assemblée, qui ont péri de ce monde et du monde à venir ; et néanmoins ils ne sont pas annulés, car ils vivent dans la géhenne, subsistant dans leur peine, et à l’avenir ils mériteront la résurrection des morts, car il est dit (1 Samuel 2,6) « Il fait descendre au Cheol et en fait remonter ». Et l’explication de « de son peuple » (me’ameha) : des autres âmes qui constituent son peuple, elle sera retranchée de ce lieu-là et n’y reviendra pas ; et de même l’expression « et elle sera retranchée » l’indique, comme une branche retranchée de l’arbre dont elle vit ; mais son âme jouira de l’éclat de la Présence en un lieu qui n’est pas le sien, après qu’elle a reçu son jugement, d’être retranchée de son lieu d’où elle fut taillée. C’est le sens de « me’ameha » : c’est-à-dire de la racine de sa génération et de son espèce, et c’est le lieu d’où elle fut taillée ; et c’est l’avis du Ramban, de mémoire bénie.
וכן כשאומר ונכרתה הנפש ההיא מלפני פירוש ממקום שמשרה שכינתו, והיא ארץ ישראל, כי שם שער השמים ומשם עולות הנשמות, ועל כן יתאוו החסידים למות שם, והוא כענין האמור ביונה בן אמתי הנביא ע"ה (יונה א׳:י׳) כי מלפני ה' הוא בורח, שפירושו ממקום שמשרה שכינתו שם תמיד, וזוהי ארץ ישראל, כי הוא היה בורח מארץ ישראל לחוץ לארץ כדי שיתרחק ממנו הדבור, שאין הנבואה נגלית לנביא ברוב כי אם בארץ ישראל, וכן כשאומר בטמא מת (במדבר י״ט:כ׳) ואיש אשר יטמא ולא יתחטא ונכרתה הנפש ההיא מתוך הקהל, המתנהגים בטהרה, וזה פרש מהם לכך תכרת נפשו ממקומה ולא תנוח במחיצתה, אבל ודאי תחנה שלא במקומה אחר שקבלה דינה בכרת שנכרתת מן המקום שלה, ולא תהיה כנפש הבהמה שתתבטל ח"ו.
Et de même, lorsqu’il dit « et cette âme-là sera retranchée de devant Moi », l’explication est : du lieu où Il fait résider Sa Présence, et c’est la terre d’Israël, car là est la porte du ciel et de là montent les âmes, et c’est pourquoi les hommes pieux désirent y mourir ; et c’est comme ce qui est dit de Yona, fils d’Amitaï, le prophète, que la paix soit sur lui (Jonas 1,10) « car il fuyait de devant l’Éternel », ce qui signifie : du lieu où Il fait résider Sa Présence en permanence, et c’est la terre d’Israël, car il fuyait de la terre d’Israël vers l’extérieur du pays afin que la parole s’éloigne de lui, car la prophétie n’est révélée au prophète, le plus souvent, qu’en terre d’Israël. Et de même, lorsqu’il dit à propos de l’impur par un mort (Nombres 19,20) « et l’homme qui sera impur et ne se purifiera pas, cette âme-là sera retranchée du milieu de l’assemblée » : ceux qui se conduisent dans la pureté, et celui-ci s’est séparé d’eux, c’est pourquoi son âme sera retranchée de son lieu et ne reposera pas dans leur enceinte ; mais assurément elle campera en un lieu qui n’est pas le sien, après avoir reçu son jugement de retranchement, d’être retranchée du lieu qui est le sien, et elle ne sera pas comme l’âme de la bête, qui est annulée, à Dieu ne plaise.
והנה מחכמת אונקלוס ע"ה לא תמצא שיתרגם בכל התורה כלה ונכרתה הנפש ההיא אלא וישתצי אנשא ההוא. ומה שתולה הנפש בגוף האדם ראיה שהוא סובר שאין הנפש נכרתת ומתבטלת לגמרי אך היא נכרתת מן מקום שחוצבה ממנו, ונהנית ומתענגת במקום אחר לא בשעור אותו התענוג שהיתה ראויה לו במקומה הראשון אלו זכתה אליו.
Et voici que, de la sagesse d’Onkelos, que la paix soit sur lui, tu ne trouveras pas qu’il traduise, dans toute la Torah, « et cette âme-là sera retranchée » autrement que par « et cet homme-là sera exterminé » (veyishtatsei enasha hahu). Et le fait qu’il rattache l’âme au corps de l’homme est une preuve qu’il pense que l’âme n’est pas retranchée et annulée complètement, mais qu’elle est retranchée du lieu d’où elle fut taillée, et jouit et se délecte en un autre lieu, non selon la mesure de ce délice qui lui aurait convenu en son premier lieu si elle l’avait mérité.
ואמנם חכמי הפילוסופים סוברים בנפש האדם שהיא הכנה לקבול למוד החכמה והתורה בגוף האדם, ומביאים ראיה ברורה לא יוכל האדם להכחישה, כי מתחלת היצירה שהנפש באה בגוף אין לו דעת ולא תבונה וכיון שהיא מתחכמת והולכת ותגדל חכמתה כל זמן שהגוף הולך וגדל זה יורה שאין הנפש אלא הכנה, שאלו היתה הנפש חכמה בשעת בואה בגוף יתחייב שיהיה הגוף חכם בצאתו מרחם אמו.
Quant aux sages philosophes, ils pensent de l’âme de l’homme qu’elle est une disposition (hakhana) à recevoir l’enseignement de la sagesse et de la Torah dans le corps de l’homme, et ils apportent une preuve claire que l’homme ne peut nier : dès le début de la formation, quand l’âme entre dans le corps, il n’a ni connaissance ni intelligence, et dès qu’elle devient sage, et que sa sagesse va croissant tant que le corps va croissant, cela indique que l’âme n’est qu’une disposition ; car si l’âme était sage au moment de son entrée dans le corps, il faudrait que le corps soit sage en sortant du ventre de sa mère.
וידוע כי אין דעות הפילוסופים אצלנו עקר לפי שאינם אלא מצד המחקר, ולא ידעו ולא יבינו בחשכה יתהלכו, אבל משכילי ישראל אין להם אלא דברי רז"ל חכמי האמת אשר מפי הנביאים קבלו האמת, והם אשר ידעו הדברים כלם על אמתתם, כי הנפש בשלמותה וחכמתה באה בתוך הגוף מתחלת היצירה, והעד על זה (בראשית ב׳:ז׳) ויפח באפיו נשמת חיים, צא ולמד מי הנופח, ואם כן הנה הנפש נצחית קיימת, עליונה בתכלית העלוי, ולרוב הפלגת עלויה לא נזכר בה בריאה כמו בשאר מעשה בראשית ואפילו ברמיזה, והחכמה הזאת אשר לנפש בעוד שהוא במעי אמו היא משתכחת ממנו בהולדו וצאתו לאויר העולם, וחכמי האמת כנו החכמה הזאת במדרשם לנר דלוק שמכבין אותו כשהוא יוצא לאויר העולם, והוא שאמרו בגמרא בסוף פרק המפלת נר דלוק מונח על ראשו צופה ומביט מסוף העולם ועד סופו, ואל תתמה, שהרי אדם ישן כאן ורואה חלום באספמיא, שנאמר (איוב כ״ט:ג׳) בהלו נרו עלי ראשי, כיון שיצא לאויר העולם בא מלאך וסוטרו על פיו ומשכח ממנו כל התורה כלה שנאמר (בראשית ד׳:ז׳) לפתח חטאת רובץ.
Et il est connu que les opinions des philosophes ne sont pas pour nous un fondement, car elles ne viennent que de la recherche, et « ils ne savent ni ne comprennent, ils marchent dans l’obscurité » ; mais les sages d’Israël n’ont que les paroles de nos Sages, de mémoire bénie, sages de vérité, qui ont reçu des prophètes la vérité, et ce sont eux qui ont su toutes ces choses dans leur vérité : l’âme entre dans le corps dans sa perfection et sa sagesse dès le début de la formation, et le témoin en est (Genèse 2,7) « et il insuffla dans ses narines un souffle de vie » ; va et apprends qui est celui qui insuffle. Et s’il en est ainsi, l’âme est éternelle et permanente, élevée au sommet de l’élévation, et à cause de l’extrême grandeur de son élévation, la création n’est pas mentionnée pour elle comme pour le reste de l’œuvre de la création, pas même par allusion. Et cette sagesse qu’a l’âme tant qu’elle est dans le ventre de sa mère, elle l’oublie à la naissance et à la sortie à l’air du monde ; et les sages de vérité ont désigné cette sagesse, dans leur Midrash, par une lampe allumée qu’on éteint lorsqu’il sort à l’air du monde ; et c’est ce qu’ils ont dit dans la Guemara, à la fin du chapitre « Hamapelet » : une lampe allumée est posée sur sa tête, il regarde et voit d’un bout du monde à l’autre ; et ne t’en étonne pas, car un homme dort ici et voit un rêve en Espagne, comme il est dit (Job 29,3) « quand sa lampe brillait sur ma tête » ; dès qu’il sort à l’air du monde, un ange vient, le frappe sur la bouche et lui fait oublier toute la Torah entière, comme il est dit (Genèse 4,7) « à l’entrée, le péché est tapi ».
וכן אמרו עוד במדרש, מניחין לו נר דלוק על ראשו וצופה בו מסוף העולם ועד סופו, שנאמר בהלו נרו עלי ראשי לאורו אלך חשך, בבקר נוטלו המלאך ומוליכו לגן עדן ומראה לו הצדיקים שהן יושבין ועטרותיהן בראשיהן, והמלאך אומר לו תדע מי הללו שאתה רואה, הללו נוצרו כמותך בתוך מעי אמן ויצאו, בעולם ושמרו מצותיו של הקב"ה ולכך זכו ונזדמנו לטובה זו, ואתה סופך לצאת לעולם ואם תזכה ותשמור את התורה תזכה לישיבתם ואם לאו תשב במקום אחר.
Et de même ils ont dit encore dans le Midrash : on lui place une lampe allumée sur la tête, et il regarde par elle d’un bout du monde à l’autre, car il est dit « quand sa lampe brillait sur ma tête, à sa lumière je marchais dans les ténèbres » ; au matin, l’ange le prend et le conduit au Jardin d’Éden et lui montre les justes, qui sont assis, leurs couronnes sur leur tête, et l’ange lui dit : sais-tu qui sont ceux que tu vois ? Ceux-ci ont été formés comme toi dans le ventre de leur mère et sont sortis au monde et ont gardé les commandements du Saint, béni soit-Il, et c’est pourquoi ils ont mérité et ont été préparés pour ce bien ; et toi, tu finiras par sortir au monde, et si tu mérites et gardes la Torah, tu mériteras de siéger avec eux, et sinon tu siégeras en un autre endroit.
לערב מוליכו לגיהנם ומראה לו הרשעים שטורדין אותן מלאכי חבלה במקלות של אש וקורין ווי ווי, והמלאך אומר לו תדע הללו שנשרפין הם נוצרו כמותך ויצאו לעולם ולא שמרו מצותיו של הקב"ה ולכך נענשו ובאו לחרפה זו, ואתה סופך לצאת לעולם, הוי צדיק ואל תהי רשע למען תחיה, ומנין שכן הוא, שנאמר (משלי ד׳:ד׳) ויורני ויאמר לי יתמך דברי לבך שמור מצותי וחיה, כשהגיע זמנו לצאת לאויר העולם מיד המלאך מכה אותו ומכבה נרו ומוציאו בעל כרחו ושוכח כל מה שראה ומוציאו לאויר העולם, ועל זה התינוק בוכה תכף שיוצא לאויר העולם, עד כאן.
Au soir, il le conduit à la géhenne et lui montre les méchants que les anges destructeurs chassent avec des bâtons de feu, et qui crient « malheur, malheur » ; et l’ange lui dit : sais-tu qui sont ceux-ci, qui brûlent ? Ils ont été formés comme toi et sont sortis au monde et n’ont pas gardé les commandements du Saint, béni soit-Il, et c’est pourquoi ils ont été punis et sont venus à cet opprobre ; et toi, tu finiras par sortir au monde : sois juste et ne sois pas méchant, afin que tu vives. Et d’où vient qu’il en est ainsi ? Car il est dit (Proverbes 4,4) « et il m’enseignait et me disait : que ton cœur retienne mes paroles, garde mes commandements et vis ». Lorsque vient son temps de sortir à l’air du monde, aussitôt l’ange le frappe, éteint sa lampe et le fait sortir contre son gré, et il oublie tout ce qu’il a vu, et il le fait sortir à l’air du monde ; et c’est pourquoi l’enfant pleure aussitôt qu’il sort à l’air du monde. Jusqu’ici.
ובארו לנו בזה כי הנפש בחכמתה ושלמותה באה אל הגוף אבל המלאך משכח אותה תכף הולדו בגזרתו של הקב"ה כדי שישתדל ויטרח בלמוד ויקבל שכר.
Et ils nous ont expliqué par là que l’âme entre dans le corps avec sa sagesse et sa perfection, mais que l’ange la lui fait oublier aussitôt à sa naissance, par décret du Saint, béni soit-Il, afin qu’il s’efforce et peine dans l’étude et reçoive un salaire.
וכתב הרמב"ן ז"ל כי מה שהזכירה תורה כרת בנפש החוטאת היא העדות והמופת על קיום הנפשות שלא חטאו, שאין מדרך המלך הישר שיעניש עבדו בעברו על מצותו ושלא יגמלהו טובה כאשר יקיימה, ובודאי מתוך עונש הכרת המפורש בנפש החוטאת יתבאר השכר והגמול לנפש הצדיק.
Et le Ramban, de mémoire bénie, a écrit que si la Torah a mentionné le retranchement pour l’âme qui pèche, c’est le témoignage et la preuve de la permanence des âmes qui n’ont pas péché : car ce n’est pas la manière d’un roi droit de punir son serviteur qui transgresse son commandement et de ne pas lui rendre le bien lorsqu’il l’accomplit ; et assurément, à partir de la peine de retranchement explicitée pour l’âme qui pèche, se précisent le salaire et la rétribution de l’âme du juste.
והנה נשמת האדם נר ה' נופחה באפיו מפי עליון ונשמת שדי, כמו שנאמר (בראשית ב׳:ז׳) ויפח באפיו נשמת חיים, והנה היא בענינה שלא תמות, ואינה מורכבת שתפרד הרכבתה ותהיה לה סבת הויה והפסד כמורכבים, אבל קיומה ראוי והוא עומד לעד כשכלים הנפרדים, ועל כן הוא מוסיף באור בענין הכרת ואמר עונה בה, כלומר כי העון שבה הוא יכריתנה, ולכך לא יצטרך הכתוב לומר כי בזכות המצות יהיה קיומה כי זה ידוע, אבל יאמר כי בעונש העברות תתגאל ותתטמא ותכרת מן הקיום הראוי, והוא מה שאמרו רז"ל מקרב עמה, ועמה שלום, כי הכרת של הנפש החוטאת יורה על קיום שאר הנפשות שלא חטאו, והן עמה שהן בשלום.
Et voici que l’âme de l’homme, lampe de l’Éternel, a été insufflée dans ses narines de la bouche du Très-Haut et du souffle du Tout-Puissant, comme il est dit (Genèse 2,7) « et il insuffla dans ses narines un souffle de vie » ; et elle est, par sa nature, de ne pas mourir ; elle n’est pas composée de sorte que sa composition se défasse et qu’elle ait une cause de génération et de corruption comme les êtres composés, mais sa subsistance est convenable, et elle subsiste à jamais comme les intellects séparés. Et c’est pourquoi il ajoute une lumière sur l’affaire du retranchement et dit « son iniquité est sur elle », c’est-à-dire que l’iniquité qui est en elle est ce qui la retranchera ; et c’est pourquoi l’Écriture n’a pas besoin de dire que c’est par le mérite des commandements que sa subsistance sera, car cela est connu, mais elle dit que, par la peine des transgressions, elle sera souillée, rendue impure et retranchée de la subsistance convenable. Et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « du sein de son peuple (me’ameha) », et « son peuple (‘ammah) est en paix » : car le retranchement de l’âme qui pèche indique la subsistance des autres âmes qui n’ont pas péché, et elles constituent son peuple, demeurant en paix.
וזהו שתזהיר התורה בענין הכרת שהוא ענין נסי ולא תבטיח בקיום שהוא ראוי וענין טבעי, כי כל דבר ודבר חוזר ליסודו ולעקר מוצאו וסבתו הראשונה, כי היסודות חוזרים לסבתם והעפר לעקרו והנפש לשרשה ויסודה שהוא הבינה, כענין שכתוב (קהלת י״ב:ז׳) וישוב העפר על הארץ כשהיה והרוח תשוב אל האלהים אשר נתנה.
Et c’est pourquoi la Torah avertit au sujet du retranchement, qui est une affaire miraculeuse, et ne promet pas la subsistance, qui est convenable et naturelle, car chaque chose retourne à son fondement, à la racine de son origine et à sa cause première : les éléments retournent à leur cause, la poussière à sa racine, et l’âme à sa racine et à son fondement, qui est la Bina, comme il est écrit (Ecclésiaste 12,7) « et la poussière retournera à la terre telle qu’elle fut, et l’esprit retournera à Dieu qui l’a donné ».