Vayikra · RABBÉNOU BÉ’HAYÉ

Kedochim

Vayikra 19:1–20:27 · 60 entrées de commentaire

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Les difficultés connues restent signalées dans les notes. Les introductions se trouvent au début de leur paracha et font partie de la première montée.

1re montée 19:1–19:14

Vayikra 19:2 · commentaire 1

תאוה נהיה תערב לנפש ותועבת כסילים סור מרע (משלי יג, יט)

« Un désir brisé (nihya) est doux à l’âme, et c’est l’abomination des insensés de se détourner du mal. » (Proverbes 13,19)

Vayikra 19:2 · commentaire 2

שלמה המלך ע"ה יזהיר בכתוב הזה (משלי יג) על האדם שלא ימשך אחר התאוות אלא שיכניע אותם ויסלקם מעליו, כי כל המסלק אותם מעליו ומתגבר עליהן הנה הוא במדרגת מלאך, וכל המגביר תאוותיו עליו הנה הוא במדרגת בהמה, שהרי מצינו במעשה בראשית שהיו כל הנמצאים כלן ביום ששי קודם שנברא אדם על שני חלקים, שכליים וארציים, שכליים הם הנבראים העליונים שהם שכל גמור נבדל מן החומר, ארציים הם האילנות והצמחים ושאר בעלי חיים שהם חומר גמור אין בהם שכל, ושני חלקים אלו יעשו פעולותיהם שנתמנו עליהם אלו בשכל ואלו בטבע,

Le roi Shelomo, que la paix soit sur lui, avertit par ce verset (Proverbes 13) l’homme de ne pas se laisser entraîner par les désirs, mais de les soumettre et de les écarter de lui ; car quiconque les écarte de lui et les domine est au rang d’un ange, et quiconque laisse ses désirs dominer sur lui est au rang d’une bête. En effet, nous trouvons dans l’œuvre de la création que tous les êtres existants, le sixième jour, avant la création de l’homme, étaient en deux parties : les êtres intellectuels et les terrestres. Les êtres intellectuels sont les créatures supérieures, qui sont un intellect pur, séparé de la matière ; les terrestres sont les arbres, les végétaux et les autres êtres vivants, qui sont une matière pure, sans intellect en eux ; et ces deux parties accomplissent leurs actions qui leur ont été assignées, les uns par l’intellect, les autres par la nature,

וכל אחד מהם מוכרח בפעולתו, זה בשכלו וזה בטבעו, ואין מונע לאחד בהם, ולפיכך חייבה החכמה לברוא ביום ששי נברא שלישי מורכב מהם משותף משניהם והוא הכולל אותם בשכל ובטבע, בשכל כמין השכלים הנפרדים ובטבע כמין הארציים וזהו האדם, והיתה פעולתו שכלית וטבעית לא הכרחית בשני חלקים כי אם רצונית, שהרי הבחירה והרצון בידו שימשך לאיזה צד שירצה אם אחר השכל או אחר הטבע שהוא התאוה, ואם הוא זריז ויצא ונלחם בתאוות ההם הנה נתפשט מהחומר ובא במדרגת מלאך, ואם ימשך אחריהם הנה נתפשט מן השכל ובא ממדרגת הבהמה,

et chacun d’eux est contraint dans son action, celui-ci par son intellect, celui-là par sa nature, et rien ne retient aucun d’eux ; et c’est pourquoi la sagesse exigea de créer, le sixième jour, un troisième être composé d’eux, participant aux deux, qui les comprend dans l’intellect et dans la nature : par l’intellect, à la manière des intellects séparés, et par la nature, à la manière des terrestres ; et c’est l’homme. Et son action était intellectuelle et naturelle, non contrainte dans les deux parties mais volontaire, car le choix et la volonté sont entre ses mains, de se laisser entraîner du côté qu’il voudra, soit après l’intellect, soit après la nature, qui est le désir ; et s’il est zélé et sort combattre ces désirs, alors il s’est dépouillé de la matière et est venu au rang d’ange ; et s’il se laisse entraîner à leur suite, alors il s’est dépouillé de l’intellect et est venu au rang de la bête,

כי כן אדם הראשון עד שלא חטא והתאוה תאוה היה מלאך ה' צבאות, כלו שכל גמור יפה ומום אין בו, והיה ראוי שיחיה לעולמים כאחד מן המשרתים העליונים, והונח בגן עדן הארץ שהוא מבחר המקומות, וכיון שחטא ונמשך אל התאוות נתפשט מן השכל ונתלבש בחומר ואז גורש מן הגן ונתן לו העשב למאכלו כבהמה, הוא שכתוב בו (בראשית ג) ואכלת את עשב השדה, תחת אכלו תחלה פירות הגן שהיה מטע ה' להתפאר. ועל כן ראוי לכל משכיל לשבר תאותו ולהכניעה, ושיהיה שברון התאוה לנפש השכלית דבר ערב.

car ainsi Adam le premier, tant qu’il n’avait pas péché et n’avait pas désiré le désir, était un ange de l’Éternel des armées, tout intellect pur, beau et sans défaut, et il convenait qu’il vive éternellement comme l’un des serviteurs supérieurs, et il fut placé dans le jardin d’Éden de la terre, qui est le meilleur des lieux ; et dès qu’il pécha et se laissa entraîner vers les désirs, il se dépouilla de l’intellect et se revêtit de matière, et alors il fut chassé du jardin et on lui donna l’herbe pour nourriture, comme à une bête ; c’est ce qui est écrit à son sujet (Genèse 3) « et tu mangeras l’herbe des champs », au lieu de manger d’abord les fruits du jardin, qui était une plantation de l’Éternel pour Se glorifier. Et c’est pourquoi il convient à tout homme intelligent de briser son désir et de le soumettre, et que la brisure du désir soit pour l’âme intellectuelle une chose douce.

ועל זה אמר שלמה בכאן תאוה נהיה תערב לנפש, התאוה הנשברת דבר מתוק וערב לנפש המשכיל. ומלת נהיה מלשון (דניאל ח) נהייתי ונחליתי, וכן (שמות ט) הנה יד ה' הויה. והענין ראוי למשכיל שיסיר ויסלק מעליו התאוה הנקראת רע, שנאמר (בראשית ח) כי יצר לב האדם רע מנעוריו, וכתיב (שם ו) וכל יצר מחשבות לבו רק רע כל היום, ומפני שהמשבר תאותו הוא סר מרע, על כן אמר ותועבת כסילים סור מרע, כי מה שהוא ערב לנפש המשכיל הוא דבר מתועב לכסיל לפי שהוא הפכו, זהו ותועבת כסילים סור מרע.

Et c’est à ce sujet que Shelomo a dit ici « un désir brisé est doux à l’âme » : le désir brisé est une chose douce et agréable à l’âme de l’intelligent. Et le mot « nihya » est de l’expression (Daniel 8) « je fus épuisé et malade » (nihyeti venehleiti), et de même (Exode 9) « voici que la main de l’Éternel est (hoya) ». Et il convient à l’intelligent d’écarter et de supprimer de lui le désir appelé mal, car il est dit (Genèse 8) « car l’inclination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse », et il est écrit (ibid. 6) « et toute l’inclination des pensées de son cœur n’était que mal tout le jour » ; et parce que celui qui brise son désir se détourne du mal, c’est pourquoi il a dit « et c’est l’abomination des insensés de se détourner du mal », car ce qui est doux à l’âme de l’intelligent est une chose abominable pour l’insensé, parce que c’est son contraire ; c’est « et l’abomination des insensés, se détourner du mal ».

וידוע כי הנמשך אחר התאוות עובר על התורה כלה, והמשך אחר התאוות הוא על ארבעה חלקים, האחד במחשבתו, השני בדבורו, השלישי במאכלו, הרביעי בגופו. האחד במחשבתו כי ימשך האדם אחר מחשבתו בהרהורים רעים ומחשבות רעות, וכבר גלה לנו שלמה ע"ה למד דעת את העם כי האדם הוא נענש על חטא המחשבה כאלו חטא בפועל, והוא שאמר (משלי טו) לב שמח ייטיב פנים, כי שמחת הלב היא אם במצוה אם בעברה הנה היא נכרת בגוף, לפי שהלב שרש הגוף, וליחות השרש מתגלה בענפים, והרי זה כאלו חטא בפועל.

Et il est connu que celui qui se laisse entraîner par les désirs transgresse toute la Torah ; et l’entraînement par les désirs se fait en quatre parties : la première, dans sa pensée ; la deuxième, dans sa parole ; la troisième, dans sa nourriture ; la quatrième, dans son corps. La première, dans sa pensée : l’homme se laisse entraîner après sa pensée en méditations mauvaises et pensées mauvaises, et Shelomo, que la paix soit sur lui, nous a déjà révélé, lui qui a enseigné la connaissance au peuple, que l’homme est puni pour le péché de la pensée comme s’il avait péché en acte, et c’est ce qu’il a dit (Proverbes 15) « un cœur joyeux rend le visage heureux » : car la joie du cœur, que ce soit dans un commandement ou dans une faute, est marquée dans le corps, parce que le cœur est la racine du corps, et l’humeur de la racine se manifeste dans les branches ; et voilà que c’est comme s’il avait péché en acte.

השני בדבורו, בחטא לשון הרע ורכילות ונבלות הפה, שהחלק הזה מהדבור מגונה ומשוקץ ואסור מדין התורה, ועל זה אמר שלמה ע"ה (שם) ופי כסילים יביע אולת, וסמיך ליה בכל מקום עיני ה' צופות רעים וטובים, כלומר ישגיח בדבור הזה להענישו. וכן התנבא ישעיה עליו השלום בתוכחותיו ואמר (ישעיה ט) וכל פה דובר נבלה, ולפי שדרך הבחורים בזה המין מהדבור לכך התחיל הכתוב (שם) על כן על בחוריו לא ישמח ה'.

La deuxième, dans sa parole : dans le péché de médisance, de colportage et de grossièretés de la bouche, car cette partie de la parole est répréhensible et abominable et interdite d’après la loi de la Torah, et à ce sujet Shelomo, que la paix soit sur lui, a dit (ibid.) « et la bouche des insensés déverse la folie » ; et il y a juxtaposé « en tout lieu, les yeux de l’Éternel observent les mauvais et les bons », c’est-à-dire qu’Il prête attention à cette parole pour la punir. Et de même Yécha’yahou, que la paix soit sur lui, a prophétisé dans ses admonestations et dit (Isaïe 9) « et toute bouche profère la grossièreté » ; et parce que le propre des jeunes est cette sorte de parole, l’Écriture a commencé (ibid.) « c’est pourquoi sur ses jeunes gens l’Éternel ne se réjouira pas ».

השלישי במאכלו, שימשך אחר תאותו במאכלים שאסרה תורה או המותרים, שגם זה אסור מדין התורה, ועל זה אמר דוד ע"ה (תהלים מ) ותורתך בתוך מעי, שבח את עצמו שלא נתן בתוך מעיו מעולם ולא היה מאכלו כי אם על פי התורה, ואין צריך לומר שהיה נזהר מהמאכלים האסורין אף כי מן המותרים במותרות היה נזהר, כי (משלי יג) צדיק אוכל לשובע נפשו, ואמר הכתוב (שם כא) שומר פיו ולשונו שומר מצרות נפשו. הרביעי בגופו, שימשך אחר תאותו בענין העריות, ואין צריך לומר במה שאסרה התורה ממנו כי גם המותר במותרות הוא חטא.

La troisième, dans sa nourriture : qu’il se laisse entraîner par son désir dans les aliments que la Torah a interdits ou dans les permis, car cela aussi est interdit d’après la loi de la Torah ; et à ce sujet David, que la paix soit sur lui, a dit (Psaumes 40) « et Ta Torah est au milieu de mes entrailles » : il s’est loué de n’avoir jamais mis dans ses entrailles [ce qui était contraire à la Torah], sa nourriture n’étant que selon la Torah ; et il n’est pas besoin de dire qu’il se gardait des aliments interdits : même des permis, il se gardait des superflus, car (Proverbes 13) « le juste mange jusqu’à satiété de son âme », et l’Écriture dit (ibid. 21) « celui qui garde sa bouche et sa langue garde son âme des angoisses ». La quatrième, dans son corps : qu’il se laisse entraîner par son désir dans l’affaire des relations interdites ; et il n’est pas besoin de dire pour ce que la Torah en a interdit, car même le permis, dans le superflu, est un péché.

והרי לך ארבעה חלקים שהאדם מוטבע להמשך אחר תאותו בהם. ומנין שהנמשך אחר התאוות הוא עובר על התורה כולה, הלא המלך שלמה גלה לנו הענין הזה שאמר (שם יח) לתאוה יבקש נפרד בכל תושיה יתגלע, יאמר כי מי שרודף אחר התאוה ומבקש אותו ימצא עצמו נפרד, כלומר יחידי שלא ישאר לו ריע ועמית שהכל בורחין ממנו מסתלקים מעליו לרוע הנהגתו, והנה זה בועט ומגלה פנים בתורה, זהו בכל תושיה נתגלע. ומפני זה נצטוינו בתורה שנפרוש מהתאות ואין צריך לומר בדבר האסור כי גם במותר, וכן אמרו רבותינו ז"ל קדש עצמך במותר לך.

Et voilà pour toi quatre parties dans lesquelles l’homme est naturellement disposé à se laisser entraîner par son désir. Et d’où vient que celui qui se laisse entraîner par les désirs transgresse toute la Torah ? Le roi Shelomo ne nous a-t-il pas révélé cette chose, lorsqu’il a dit (ibid. 18) « celui qui est séparé cherche son désir, contre toute sagesse (toushiya) il s’emporte » ? Il dit que celui qui poursuit le désir et le cherche se trouvera séparé, c’est-à-dire seul, de sorte qu’il ne lui reste ni ami ni compagnon, car tous fuient de lui et s’éloignent de lui à cause de sa mauvaise conduite ; et voilà qu’il se rebelle et se montre effronté (megalé panim) envers la Torah, c’est « contre toute sagesse il s’emporte ». Et c’est pour cela qu’il nous a été ordonné dans la Torah de nous abstenir des désirs, et il n’est pas besoin de dire pour l’interdit, car aussi pour le permis ; et ainsi ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : sanctifie-toi dans ce qui t’est permis.

וכל הפורש עצמו מן התאוות נקרא קדוש, שכן מצינו בנזיר שלא פרש אלא מהיין בלבד נקרא קדוש, שנאמר (במדבר ו) קדוש יהיה גדל פרע שער ראשו. וכן ישראל בסיני נקראו קדושים כשקבלו התורה, כענין שכתוב (שמות יט) ואתם תהיו לי ממלכת כהנים וגוי קדוש. כדי שיפרשו מהתאוות נצטוו על מדת הקדושה. וזהו שכתוב.

Et quiconque se sépare des désirs est appelé saint, car nous trouvons que le nazir, qui ne s’est séparé que du vin seulement, est appelé saint, car il est dit (Nombres 6) « il sera saint, laissant croître les boucles de ses cheveux ». Et de même Israël au Sinaï fut appelé « saints » lorsqu’ils reçurent la Torah, comme il est écrit (Exode 19) « et vous serez pour Moi un royaume de prêtres et une nation sainte ». Afin qu’ils se séparent des désirs, ils reçurent le commandement de l’attribut de sainteté. Et c’est ce qui est écrit :

Vayikra 19:2 · commentaire 3

קדושים תהיו כי קדוש אני ה' אלהיכם. ע"ד הפשט לשון קדושה הוא ענין פרישות והבדל. והפרשה הזאת אזהרה לכל ישראל שיהיו פרושים וגדורים במדותיהם שיתבונן כל אחד ואחד על יולדיו ויעיד עליהם, שיעיד הבן אל אביו ואמו שהם לו כעין הבורא, ויעיד על הבורא שהוא האב העליון יתברך שחדש עולמו, זהו שהזכיר מיד, איש אמו ואביו תיראו ואת שבתותי תשמרו, כי מצות השבת עדות ומופת על חדוש העולם.

« Vous serez saints, car Je suis saint, moi l’Éternel votre Dieu. » Selon le sens simple, l’expression de sainteté est une affaire d’abstention et de séparation. Et cette section est un avertissement à tout Israël d’être abstinents et retenus dans leurs attributs : que chacun considère ceux qui l’ont engendré et leur rende témoignage, que le fils témoigne à son père et à sa mère qu’ils sont pour lui comme le Créateur, et témoigne du Créateur, qui est le Père suprême, qu’Il soit béni, qui a créé Son monde. C’est ce qu’il a mentionné aussitôt : « chacun craindra sa mère et son père, et Mes Shabbats vous garderez », car le commandement du Shabbat est témoignage et preuve de la création du monde.

ומה שהקדים האם לאב, לפי שמנהג הבנים שיקלו ביראת אמותם ואין כן המנהג באב, לכך הקדים בענין היראה האם לאב, אבל אצל הכבוד הקדים האב לאם, הוא שכתוב (שם כ) כבד את אביך ואת אמך. ואם היו שניהם מסכימים בכך שתחלל את השבת, לכך סמך ואת שבתותי תשמרו אני ה' אלהיכם, כלומר של כלכם, כי אתה והם חייבין בכבודי. וסמך לו מיד עבודה זרה, הוא שאמר אל תפנו אל האלילים, כי הכופר בחדוש כעובד עבודה זרה.

Et quant à ce qu’il a placé la mère avant le père, c’est parce que la coutume des fils est de traiter à la légère la crainte de leur mère, alors que ce n’est pas la coutume envers le père ; c’est pourquoi, à propos de la crainte, il a placé la mère avant le père ; mais à propos du respect, il a placé le père avant la mère, c’est ce qui est écrit (ibid. 20) « honore ton père et ta mère ». Et si tous deux s’accordaient à ce que tu profanes le Shabbat, c’est pourquoi il a attaché « et Mes Shabbats vous garderez, Je suis l’Éternel votre Dieu », c’est-à-dire de vous tous, car toi et eux êtes tenus à Mon honneur. Et il a attaché aussitôt l’idolâtrie, c’est ce qu’il a dit « ne vous tournez pas vers les idoles », car celui qui renie le renouvellement du monde est comme celui qui sert une idole.

ולשון אל תפנו לשון פניית הלב הוא, ויזהיר הכתוב שלא יפנה לבבו להם שיאמין שיש בהם ממש, אלא שיהיו בעיניו הבל וריק, והוא כעין (דברים כט) אשר לבבו פונה היום, (שם ל) ואם יפנה לברך ולא תשמע. ואמר לא תעשו לכם, שלא תעשנה בידים ואף על פי שדעתו שאין בה ממש. אני ה' אלהיכם, ה' נאמן לשלם שכר, אלהיכם דיין להפרע.

Et l’expression « ne vous tournez pas » est de l’expression de tourner le cœur, et l’Écriture avertit qu’il ne tourne pas son cœur vers elles pour croire qu’il y a en elles quelque réalité, mais qu’elles soient à ses yeux vanité et néant ; et c’est comme (Deutéronome 29) « dont le cœur se tourne aujourd’hui », (ibid. 30) « et si ton cœur se tourne et que tu n’écoutes pas ». Et il a dit « vous ne ferez pas pour vous », c’est-à-dire que vous n’en fassiez pas de vos mains, même si son avis est qu’il n’y a pas de réalité en elle. « Je suis l’Éternel votre Dieu » : l’Éternel, fidèle pour payer le salaire ; votre Dieu, juge pour punir.

Vayikra 19:2 · commentaire 4

ויתכן לפרש קדושים תהיו זו קדושת המחשבה, כענין שאמרו לעולם יקדש אדם עצמו בשעת תשמיש, ולפי ששלמות הקדושה לזרע ישראל תלויה ביצירה לכך אמר הנביא (יחזקאל כג) וגם את בניהן אשר ילדו לי, קרא את ישראל נולדים לו כי הם מיוחדים לשמו. ואחר שהזכיר פרשת עריות למעלה במין האסור יזהיר עתה ויאמר קדושים תהיו במין המותר הראוי לכם להדבק בו, כי הדבק במינו בקדושה גם הנשמר מהעריות קדוש יאמר לו.

Et il est possible d’expliquer « vous serez saints » comme la sainteté de la pensée, comme ils ont dit : que l’homme se sanctifie toujours à l’heure des relations conjugales ; et parce que la perfection de la sainteté de la descendance d’Israël dépend de la formation, c’est pourquoi le prophète a dit (Ézéchiel 23) « et aussi leurs fils qu’elles M’ont enfantés » : il a appelé Israël « nés pour Lui », car ils sont voués à Son Nom. Et après avoir mentionné plus haut la section des relations interdites, quant à la sorte interdite, il avertit maintenant et dit « vous serez saints » quant à la sorte permise à laquelle il vous convient de vous attacher, car celui qui s’attache à son espèce dans la sainteté, et aussi celui qui se garde des relations interdites, on lui dit : saint.

והזכיר באזהרת הקדושה הזאת כל עדת בני ישראל כדי לכלול בזה גם הנשים, לפי שהאזהרה לכל אנשים ונשים, וכענין שכתוב בנדבת המשכן (שמות לה) ויקהל משה את כל עדת בני ישראל, כי הנדבה היתה לכל ישראל אנשים ונשים יחדו. ולפי שהאב והאם סבת הבן על כן אמר איש אמו ואביו תיראו, לפי ששלשה שותפין יש בו באדם, הקב"ה ואביו ואמו, והקדים האם למעלתה כי הקדושה מעלה יתרה באשה יותר מבאיש, ואחר האם הזכיר האב שהוא העקר, ואחריהם השותף השלישי יתברך העליון על הכל, ומזה סיים הכתוב אני ה' אלהיכם, הוא השותף המטיל בו נשמה שהוא העקר.

Et il a mentionné dans cet avertissement de sainteté toute l’assemblée des fils d’Israël afin d’y inclure aussi les femmes, car l’avertissement est pour tous, hommes et femmes, comme ce qui est écrit à propos de l’offrande du Tabernacle (Exode 35) « et Moché rassembla toute l’assemblée des fils d’Israël », car l’offrande était pour tout Israël, hommes et femmes ensemble. Et parce que le père et la mère sont la cause du fils, c’est pourquoi il a dit « chacun craindra sa mère et son père », parce que trois partenaires sont dans l’homme : le Saint, béni soit-Il, son père et sa mère ; et il a placé la mère en premier pour son rang, car la sainteté est un degré supplémentaire chez la femme plus que chez l’homme ; et après la mère il a mentionné le père, qui est l’essentiel, et après eux le troisième partenaire, qu’Il soit béni, au-dessus de tout ; et à partir de là l’Écriture a conclu « Je suis l’Éternel votre Dieu », qui est le partenaire qui y met l’âme, qui est l’essentiel.

ואמר את שבתותי תשמרו לפי שעקר עונה בשבת, ומלת תשמרו כלשון הכתוב (בראשית לז) ואביו שמר את הדבר, ולשון רבותינו ז"ל שמור לי על הפתח, וזהו שכתוב (ישעיה נו) כי כה אמר ה' לסריסים אשר ישמרו את שבתותי, לסריסים והם המסרסים עצמן כל ימי השבוע, אשר ישמרו את שבתותי, שהם ממתינים לשבת שהוא עיקר עונה, וכמו שדרשו רבותינו ז"ל (תהלים א) אשר פריו יתן בעתו, זה המשמש מטתו מערב שבת לערב שבת. והשכר שלהם שיתן להם לעוה"ב יד ושם טוב מבנים ומבנות שיש להם בעוה"ז.

Et il a dit « Mes Shabbats vous garderez » parce que l’essentiel de son ‘onah est le Shabbat, et le mot « tishmoru » est comme dans l’expression de l’Écriture (Genèse 37) « et son père garda la chose », et l’expression de nos Sages, de mémoire bénie : garde-moi à la porte ; et c’est ce qui est écrit (Isaïe 56) « car ainsi dit l’Éternel aux eunuques qui garderont Mes Shabbats » : « aux eunuques », ceux qui s’abstiennent de relations conjugales tous les jours de la semaine ; « qui garderont Mes Shabbats », qui attendent le Shabbat, qui est l’essentiel de son ‘onah. Et comme l’ont expliqué nos maîtres, de mémoire bénie (Psaumes 1) « qui donne son fruit en son temps » : c’est celui qui a ses relations conjugales de veille de Shabbat à veille de Shabbat. Et leur salaire est qu’Il leur donnera dans le monde à venir « une place et un nom » meilleurs que fils et filles qu’ils ont dans ce monde.

Vayikra 19:2 · commentaire 5

ויש שפירשו כי מה שהזכיר סריסים במצות שבת לפי שמצות שבת נצטוית לדורות, שנאמר (שמות לו) לדורותם ברית עולם, והסריסים כיון שאין מולידים ואין בהם דורות יחשבו עצמן פטורין מהשבת, לכך הזהירם שישמרוהו ויתן להם שכר טוב מבנים ומבנות. וסמך אל תפנו לפי שאסור להסתכל בנשים, וכן דרשו רבותינו ז"ל כל המסתכל בנשים עובר משום אל תפנו אל האלילים. ולפי שאסור לחשב באשה אחרת לכך סמך לו ואלהי מסכה לא תעשו לכם, שכל המשמש מטתו ומחשב באשה אחרת אותן בנים נקראין אלהי מסכה.

Et certains ont expliqué que, s’il a mentionné les eunuques à propos du commandement du Shabbat, c’est parce que le commandement du Shabbat a été ordonné pour les générations, car il est dit (Exode 36) « pour leurs générations, alliance perpétuelle », et les eunuques, puisqu’ils n’engendrent pas et qu’il n’y a pas de générations en eux, se considéreraient exemptés du Shabbat ; c’est pourquoi Il les a avertis de le garder, et leur donnera un bon salaire, meilleur que fils et filles. Et il a juxtaposé « ne vous tournez pas », car il est interdit de regarder les femmes, et ainsi ont expliqué nos maîtres, de mémoire bénie : quiconque regarde les femmes transgresse à cause de « ne vous tournez pas vers les idoles ». Et parce qu’il est interdit de penser à une autre femme, c’est pourquoi il a juxtaposé « et dieux de métal fondu vous ne ferez pas pour vous », car quiconque a ses relations conjugales et pense à une autre femme, ces enfants sont appelés « dieux de métal fondu ».

Vayikra 19:2 · commentaire 6

וע"ד המדרש קדושים תהיו, אמר הקב"ה הואיל ונתקדשתם לשמי עד שלא בראתי העולם הוו קדושים כשם שאני קדוש, שנאמר קדושים תהיו כי קדוש אני ה'. ובאור זה כי לפי שישראל היו תחלת המחשבה ונתקדשו טרם היות ההויה, וכענין שאמר הנביא (ירמיה ב) קדש ישראל לה' ראשית תבואתה, לכך יזהירם שיהיו קדושים אחר ההוי"ה, זהו קדושים תהיו.

Et selon le Midrash : « vous serez saints » : le Saint, béni soit-Il, a dit : puisque vous avez été sanctifiés pour Mon Nom avant que Je crée le monde, soyez saints comme Je suis saint, car il est dit « vous serez saints, car Je suis saint, l’Éternel ». Et l’explication en est que, comme Israël fut la première pensée et fut sanctifié avant l’avènement de l’existence, selon ce que dit le prophète (Jérémie 2) « Israël est saint pour l’Éternel, prémices de Sa récolte », c’est pourquoi Il les avertit d’être saints après l’avènement de l’existence ; c’est « vous serez saints ».

משל למה הדבר דומה למלך שקדש אשה אמר לה הואיל ונתקדשה לשמי אני מלך ואת מלכה, כשם שהוא כבודי כך הוא כבודך, למה, שאת אשתי, כך אמר הקב"ה למשה לך וקדש את ישראל, שנאמר (שמות יט) לך אל העם וקדשתם היום ומחר, קדשם הקב"ה ואמר (שם) ואתם תהיו לי ממלכת כהנים וגוי קדוש, למה, כי קדוש אני ה' אלהיכם, אף אתם קדושים תהיו. ר' לוי אמר עשרת הדברות כתובין בפרשה זו. (שם כ) אנכי ה' אלהיך, וכתיב הכא אני ה' אלהיכם. לא יהיה לך, וכתיב הכא ואלהי מסכה. לא תשא, וכתיב הכא ולא תשבעו בשמי.

Parabole : à quoi cela ressemble-t-il ? À un roi qui fiança une femme ; il lui dit : puisque tu as été fiancée à mon nom, je suis roi et toi reine ; de même que c’est mon honneur, c’est ton honneur. Pourquoi ? Parce que tu es ma femme. Ainsi le Saint, béni soit-Il, a dit à Moché : va et sanctifie Israël, car il est dit (Exode 19) « va vers le peuple et sanctifie-les aujourd’hui et demain » ; le Saint, béni soit-Il, les sanctifia et dit (ibid.) « et vous serez pour Moi un royaume de prêtres et une nation sainte ». Pourquoi ? Car Je suis saint, l’Éternel votre Dieu : vous aussi, vous serez saints. Rabbi Lévi dit : les dix paroles sont écrites dans cette section. (Ibid. 20) « Je suis l’Éternel ton Dieu », et il est écrit ici « Je suis l’Éternel votre Dieu ». « Tu n’auras pas », et il est écrit ici « et dieux de métal fondu ». « Tu ne prononceras pas », et il est écrit ici « et vous ne jurerez pas par Mon nom ».

זכור את יום השבת, וכתיב הכא את שבתותי תשמרו. כבד את אביך ואת אמך, וכתיב הכא איש אמו ואביו תיראו. לא תרצח, וכתיב הכא לא תעמוד על דם רעך. לא תנאף, וכתיב הכא אל תחלל את בתך. לא תגנוב, וכתיב הכא לא תגנבו. לא תענה, וכתיב הכא לא תלך רכיל. לא תחמוד, וכתיב הכא ואהבת לרעך כמוך. עד כאן במדרש וכן בירושלמי דברכות.

« Souviens-toi du jour du Shabbat », et il est écrit ici « Mes Shabbats vous garderez ». « Honore ton père et ta mère », et il est écrit ici « chacun craindra sa mère et son père ». « Tu ne tueras pas », et il est écrit ici « tu ne resteras pas inactif devant le sang de ton prochain ». « Tu ne commettras pas d’adultère », et il est écrit ici « ne profane pas ta fille ». « Tu ne voleras pas », et il est écrit ici « vous ne volerez pas ». « Tu ne répondras pas [en témoin] », et il est écrit ici « tu n’iras pas colporter ». « Tu ne convoiteras pas », et il est écrit ici « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Jusqu’ici le Midrash, et de même dans le Yerushalmi de Berakhot.

Vayikra 19:2 · commentaire 7

וע"ד הקבלה קדושים תהיו, קדושים נמשכים מן הקדש, וכן מצינו במתן תורה (שם כב) ואנשי קדש תהיון לי. איש אמו ואביו תיראו, החכמה והיראה, ולכך הקדים אמו כדי להסמיך היראה אל האב שהוא ראשית חכמה, ואת שבתותי תשמרו, זכור ושמור, שהם השבת הגדול ובת זוגו, ומזה לא אמר שבתי, אני ה' אלהיכם, הכל מיוחד בלי קצוץ ופרוד.

Et selon la Kabbale : « vous serez saints » : des saints qui sont tirés du Qodesh ; et de même nous trouvons au don de la Torah (ibid. 22) « et vous serez pour Moi des hommes de sainteté ». « Chacun craindra sa mère et son père » : la Sagesse et la crainte ; et c’est pourquoi il a placé « sa mère » d’abord, afin de rapprocher la crainte du père, qui est le « commencement de la sagesse ». « Et Mes Shabbats vous garderez » : « souviens-toi » et « garde », qui sont le grand Shabbat et sa compagne ; et c’est pourquoi il n’a pas dit « Mon Shabbat ». « Je suis l’Éternel votre Dieu » : tout est unifié, sans coupure ni séparation.

Vayikra 19:4 · commentaire 1

אל תפנו אל האלילים. הם השכלים הנפרדים שהם למטה מעשר וקראם אלילים לפי שיש בהן אילות וכח וכפל המלה למעוט הכח לפי שאין כחם מעצמם אלא מזולתם והוא השם המיוחד ומזה אמר הכתוב (תהילים צ״ו:ה׳) כי כל אלהי העמים אלילים וה' שמים עשה, שמתוך בריאת השמים יתפרסם שלמותו וכחו הבא לו מעצמו ולא מזולתו, ואלהי מסכה כחות הכוכבים והמזלות שהן למטה מהשכלים והפסילים ההם מקבלי כח הכוכב או המזל ולכך קראן אלהי מסכה כלשון הכתוב (ישעיהו מ׳:י״ט) הפסל נסך חרש.

« Ne vous tournez pas vers les idoles (elilim). » Ce sont les intellects séparés, qui sont en dessous de dix ; et il les a appelés « elilim » parce qu’il y a en eux force (ayilout) et puissance ; et le redoublement du mot indique la diminution de la force, car leur force ne vient pas d’eux-mêmes mais d’un autre, et c’est le Nom unique. Et à ce sujet l’Écriture dit (Psaumes 96,5) « car tous les dieux des peuples sont des elilim, et l’Éternel a fait les cieux », car c’est à partir de la création des cieux que se publie Sa perfection et Sa puissance, qui Lui vient de Lui-même et non d’un autre. « Et dieux de métal fondu » : les forces des étoiles et des constellations, qui sont en dessous des intellects ; et ces idoles reçoivent la force de l’étoile ou de la constellation, et c’est pourquoi il les a appelées « dieux de métal fondu », selon l’expression de l’Écriture (Isaïe 40,19) « l’idole, l’artisan l’a fondue ».

אני ה' אלהיכם השליט על מדרגת כל הנמצאים כלן וכענין שכתוב (קהלת ה׳:ז׳) כי גבוה מעל גבוה שומר וגבוהים עליהם. ועוד יכלול אל תפנו ממה שאמר דוד (תהילים ל״א:ט״ז) בידך עתותי, בא לרמוז שהשם הגדול שדרשו בו (שמות ג׳:ט״ו) זה שמי לעולם לעלם כתיב כולל בצרופו השעות שהן י"ב ביום וי"ב בלילה וכולל גם הרגעים שהסימן בהם (ישעיהו כ״ז:ד׳) אפשעה בה שהרי בגלגול אות ראשון לארבעתם כולל כמנין הרגעים ולכך מסיים הכתוב אני ה' יזהירנו שלא יפנה לבו בכל שעותיו ורגעיו כי אם בשם הגדול הכולל את כלם והבן זה.

« Je suis l’Éternel votre Dieu », qui domine sur le rang de tous les êtres existants, et comme il est écrit (Ecclésiaste 5,7) « car un haut surveille au-dessus d’un haut, et des plus hauts sont au-dessus d’eux ». Et encore, « ne vous tournez pas » comprendra ce que David a dit (Psaumes 31,16) « en Ta main sont mes temps (‘itotai) » : il vient faire allusion au fait que le Grand Nom, dont ils ont expliqué (Exode 3,15) « tel est Mon nom pour toujours (leolam) » — écrit « le‘alem » — comprend, par sa permutation, les heures, qui sont douze dans le jour et douze dans la nuit, et comprend aussi les instants (regaim), dont le signe est (Isaïe 27,4) « je les attaquerai (efsha‘a) » ; car, dans la rotation de la première lettre pour les quatre, il comprend le nombre des instants ; et c’est pourquoi l’Écriture conclut « Je suis l’Éternel » : Il l’avertit de ne pas tourner son cœur, dans toutes ses heures et ses instants, vers autre chose que le Grand Nom qui les comprend tous ; et comprends cela.

Vayikra 19:4 · commentaire 2

לא תעשו לכם אני ה' אלהיכם. סיים כאן בג' ספוקים אני ה' אלהיכם וכן במצות הגר ובמצות מאזנים וקצת מצות אחרות, והטעם בזה כי המצות כלן אלהיות והמצות המעשיות כלן עדות על האלהות ולכך ארז"ל כל העוסק בתורה בלבד דומה כמי שאין לו אלוה כי מי שהיה עוסק בתורה תמיד ולא היה משתדל במצות המעשיות אין לו שלמות כלל וקרוב הוא שיכפור כיון שאינו מעיד במעשיו על האלהות והדעות האמתיות אינן מתקיימות אלא בפעולות ומטעם זה תזכיר התורה תמיד בספור קצת המצות אני ה' אלהיכם.

« Vous ne ferez pas pour vous ; Je suis l’Éternel votre Dieu. » Il conclut ici trois versets par « Je suis l’Éternel votre Dieu », et de même dans le commandement du converti, dans le commandement des balances et dans quelques autres commandements ; et la raison en est que tous les commandements sont divins, et que les commandements pratiques sont tous un témoignage sur la divinité ; et c’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : quiconque s’occupe de la Torah seule est comme celui qui n’a pas de Dieu. Car celui qui s’occupait de la Torah constamment et ne s’efforçait pas dans les commandements pratiques n’a aucune perfection, et il est proche de renier, puisqu’il ne témoigne pas par ses actes de la divinité ; et les opinions vraies ne se maintiennent que par des actes ; et pour cette raison la Torah mentionne toujours, dans le récit de certains commandements, « Je suis l’Éternel votre Dieu ».

Vayikra 19:5 · commentaire 1

וכי תזבחו זבח שלמים לה'. כשתרצו לעבדו עבודה לא תעשו כן לאלילים ואלהי מסכה אלא לשם המיוחד זהו שאמר לה' ולא תעשו זה על מנת לקבל פרס אלא לרצונכם כלומר שתהיה כונתכם לעשות רצונו בלבד ושיהיה לרצון לכם, ומה שאמר תזבחהו ולא אמר תזבחו כשם שאמר בסדר אמור אל הכהנים וכי תזבחו זבח תודה לה' לרצונכם תזבחו, דרשו רז"ל תזבחהו כתיב חסר וא"ו ובא ללמד שאין אדם שוחט במוקדשין שני זבחים כאחד אלא זבח אחד ולא שני בני אדם שוחטין זבח אחד ומדאסר רחמנא במוקדשין שמע מינה דבחולין מותר וזו היא ששנינו השוחט שני ראשים כאחד שחיטתו כשרה שנים אוחזין בסכין ושוחטין כך דרשוהו רז"ל במסכת חולין.

« Et si vous sacrifiez un sacrifice de paix à l’Éternel. » Lorsque vous voudrez Le servir d’un service, ne faites pas ainsi pour les idoles et les dieux de métal fondu, mais pour le Nom unique ; c’est ce qu’il a dit « à l’Éternel » ; et ne le faites pas pour recevoir un salaire, mais « selon votre volonté », c’est-à-dire que votre intention soit de faire Sa volonté seule et que ce soit pour vous agréé. Et quant à ce qu’il a dit « tizbahehou » et n’a pas dit « tizbehou », comme il a dit dans la section Emor el hakohanim (Lévitique 22,29) « et si vous sacrifiez un sacrifice de louange à l’Éternel, selon votre volonté vous le sacrifierez », nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « tizbahehou » est écrit sans vav, et vient enseigner qu’un homme n’égorge pas deux sacrifices consacrés en même temps, mais un seul sacrifice, et que deux hommes n’égorgent pas un seul sacrifice ; et puisque le Miséricordieux l’a interdit pour les consacrés, entends-en que pour le profane c’est permis, et c’est ce que nous avons appris : celui qui égorge deux têtes à la fois, son abattage est valide ; deux qui tiennent le couteau et égorgent [valide]. Ainsi l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie, dans le traité Houlin.

Vayikra 19:5 · commentaire 2

ויתכן לומר לפי הקבלה בתוספת הה"א והו"ו שבמלת תזבחוהו ממה שידוע כי שתי אותיות אחרונות של השם המיוחד הם שתי מדות הרחמים והדין ולפי שהזכיר הכתוב הזה קרבן שלמים והשלמים באים להשלים המדות על כן הוצרך להוסיף בכאן שתי אותיות הללו לרמוז על שתי המדות כענין תוספת ה"א וא"ו של (שמות ב׳:ו׳) ותראהו את הילד שאמרו ותרא מבעי לי ודרשו בו מלמד שראתה עמו שכינה אבל שם בתודה שהוא קרבן הודאה לשם המיוחד לא הזכיר אות ה"א ואמר תזבחו וזה מבואר.

Et il est possible de dire, selon la Kabbale, à propos de l’addition du he et du vav dans le mot « tizbehouhou » : de ce qu’on sait que les deux dernières lettres du Nom unique sont les deux attributs, de miséricorde et de rigueur ; et puisque ce verset mentionne le sacrifice de paix (shelamim), et que les shelamim viennent pour compléter (lehashlim) les attributs, c’est pourquoi il a fallu ajouter ici ces deux lettres pour faire allusion aux deux attributs, comme l’addition du he et du vav dans (Exode 2,6) « vatir’ehou et hayeled » (elle le vit, l’enfant), dont ils ont dit : « vatar’ » m’aurait suffi ; et ils ont expliqué : cela enseigne qu’elle vit avec lui la Présence. Mais là, pour la todah, qui est un sacrifice d’action de grâce au Nom unique, il n’a pas mentionné la lettre he et a dit « tizbehou », et cela est clair.

Vayikra 19:6 · commentaire 1

ביום זבחכם יאכל. מצוה לאכלו ביום ראשון עצמו וממחרת מותר לאכלו גם כן אם נותר מיום ראשון וזהו שלמים נאכלים לשני ימים ולילה אחד הוא לילה האמצעית שבין שני הימים כי הלילה שאחר שני הימים אינו נאכל לפי שהוא נותר וגם אינו נשרף עד הבקר לפי שהשרפה ביום, וזהו שאמר והנותר ממנו עד יום השלישי באש תשרף לא בא להתיר באכילה בלילה אלא שתהיה השרפה ביום.

« Au jour de votre sacrifice il sera mangé. » C’est un commandement de le manger le premier jour même, et le lendemain il est permis de le manger aussi s’il en reste du premier jour ; et ainsi les shelamim sont mangés pendant deux jours et une nuit, qui est la nuit du milieu entre les deux jours, car on ne le mange pas pendant la nuit qui suit ces deux jours, puisqu’il est devenu un reste interdit (notar), et on ne le brûle pas non plus jusqu’au matin, car la combustion se fait de jour. Et c’est ce qu’il a dit « et le reste jusqu’au troisième jour sera brûlé au feu » : ce n’est pas venu permettre de manger de nuit, mais pour que la combustion se fasse de jour.

Vayikra 19:9 · commentaire 1

ובקצרכם. בלשון רבים כי כן התחיל לשון הפרשה, ועוד כי המנהג בזמן הקציר שיקצרו רבים ביחד ואמר לא תכלה בלשון יחיד כי יזהיר במצות הפאה והלקט ליחיד בעל השדה וכן ליחיד בעל הכרם במצות העוללות והפרט ודרשו רז"ל שדך אין לי אלא שדך היה לו שדה בשותפות מנין שחייב בפאה ת"ל ובקצרכם את קציר ארצכם.

« Et lors de votre moisson. » Au pluriel, car ainsi commence le langage de la section, et aussi parce que la coutume au temps de la moisson est que plusieurs moissonnent ensemble ; et il a dit « tu n’achèveras pas » au singulier, car il avertit du commandement du coin du champ laissé aux pauvres (pe’a) et de la glanure (leqet) l’individu propriétaire du champ, et de même l’individu propriétaire de la vigne, pour le commandement des grappillons (‘olelot) et des grains tombés (péret). Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « ton champ » : je n’ai que ton champ ; s’il avait un champ en association, d’où savons-nous qu’il est tenu pour la pe’a ? Le verset dit « et lors de votre moisson, la moisson de votre pays ».

Vayikra 19:10 · commentaire 1

וכרמך לא תעולל. כלומר כשתבצור כרמך לא תבצור העוללות שהם הקטנים שאינן מעורין באשכולות ונקראו עוללות לפי שהן לשאר האשכולות כעולל לאיש ואסור לו לבעל הכרם לבצרם אלא באין עניים ובוצרים אותן לעצמן, ופרט כרמך הגרגרים הנופלים והנפרדים מהענבים הן הנקראין פרט וכן גרגרי התבואה יקראם הכתוב פרידות על שהם נפרדים זה מזה והוא שכתוב (יואל א) עבשו פרדות תחת מגרפותיהם, כי יתנבא הנביא שממה על הארץ בתבואה ובפירות ועל כן יאמר כי כשיתעפשו הגרגרים הנפרדים הנזרעים בארץ תחת העפר שיהיה שם ויהיה עבשו כמו עפשו ומגרפותים מלשון אגרוף, ובא לשון רז"ל כלל ופרט וכלל כי הכלל הוא הדבר המקובץ והחלק הנפרד הוא הפרט.

« Et ta vigne, tu ne la grappilleras pas. » C’est-à-dire : lorsque tu vendanges ta vigne, ne vendange pas les ‘olelot, qui sont les petites grappes qui ne sont pas rattachées aux autres grappes ; et ils sont appelés ‘olelot parce qu’ils sont, par rapport aux autres grappes, comme un petit enfant (‘olel) par rapport à l’homme ; et il est interdit au propriétaire de la vigne de les vendanger, ce sont au contraire les pauvres qui viennent les vendanger pour eux-mêmes. « Et le péret de ta vigne » : ce sont les grains qui tombent et se détachent des raisins, qu’on appelle péret ; et de même les grains de la récolte, l’Écriture les appelle « perudot » parce qu’ils sont séparés les uns des autres, et c’est ce qui est écrit (Joël 1,17) « les grains ont moisi sous leurs megrefot » ; car le prophète prophétise la désolation sur le pays, en récolte et en fruits, et c’est pourquoi il dit que lorsque les grains séparés, semés dans la terre, moisissent sous la poussière qui s’y trouvera, « ‘avshou » est comme « ‘afshou », et « megrefoteihem » est de l’expression d’agrouf (poing). Et le langage de nos Sages, de mémoire bénie, est venu : « général, particulier et général » (kelal ouferat ouklal), car le général est la chose rassemblée, et la partie séparée est le péret.

Vayikra 19:10 · commentaire 2

ובמסכת מגלה האי תיבותא דארפט והוא הפוך כאלו אמר דאפרט כלומר שנתקלקל ונחלק ודרשו רז"ל בפרט הכרם נפל אחד או שנים הרי זה פרט נפלו שלשה בבת אחת אינו פרט והרי הן של בעל הכרם, וכן אמרו בשדה שני שבלים לקט שלשה אינן לקט והרי הן של בעל השדה.

Et dans le traité Meguila : « cette boîte (tivouta) qui s’est disloquée (de-arpat) », et c’est une inversion, comme s’il disait « de’afrat », c’est-à-dire qu’elle s’est abîmée et divisée. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué à propos du péret de la vigne : s’il en est tombé un ou deux, voilà c’est péret ; s’il en est tombé trois d’un coup, ce n’est pas péret et ils sont au propriétaire de la vigne. Et de même ils ont dit à propos du champ : deux épis sont leqet ; trois ne sont pas leqet et ils sont au propriétaire du champ.

Vayikra 19:11 · commentaire 1

לא תגנבו. יחזור ללשונו ללשון רבים ולפי שבעשרת הדברות נכתב לא תגנוב בלשון יחיד כתב בכאן בלשון רבים ולא רצה להשוותם לפי שהם ענינים חלוקים כי שם מדבר בגנבת דבר שבו חיוב מיתת בית דין דומיא דלא תרצח ולא תנאף וכאן מדבר בגנבת ממון שפטור בתשלומין ודרשו רז"ל בבבא מציעא לא תגנבו אפילו ע"מ למיקט כלומר שאין הכונה לעכב הגנבה לעצמו אלא כדי שיצער חברו ויקניטנו ומלת למיקט כמו להקניט מלשון הכתוב (איוב י׳:א׳) נקטה נפשי בחיי, (יחזקאל ב) ונקוטותם בפניכם, והוצרכו רז"ל לדרוש כן לפי שהוא קרא יתירא דהא כתיב לא תגזול וכל מי שגונב גוזל הוא וא"כ הרי איסור גנבה בכלל לא תגזול, ולמה נכתב כאן לא תגנבו אפילו ע"מ למיקט.

« Vous ne volerez pas. » Il revient à son langage, au langage du pluriel ; et parce que dans les Dix Paroles « tu ne voleras pas » est écrit au singulier, il a écrit ici au pluriel et n’a pas voulu les égaler, car ce sont des affaires distinctes : là-bas il parle du vol d’une chose pour laquelle il y a obligation de mort par le tribunal, à l’image de « tu ne tueras pas » et « tu ne commettras pas d’adultère » ; et ici il parle du vol d’argent, dont on est quitte par le paiement. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué dans Bava Metsia : « vous ne volerez pas », même dans le but de provoquer (lemiqat), c’est-à-dire que l’intention n’est pas de retenir le vol pour lui-même, mais de peiner son prochain et de le contrarier ; et le mot « lemiqat » est comme « lehaqnit » (provoquer), de l’expression de l’Écriture (Job 10,1) « mon âme est dégoûtée (naqta) de ma vie », (Ézéchiel 2) « et vous vous prendrez en dégoût (nequtotem) à vos propres yeux ». Et nos Sages ont dû expliquer ainsi parce que c’est un verset superflu : car il est écrit « tu ne raviras pas (lo tigzol) », et quiconque vole ravit, et s’il en est ainsi l’interdit du vol est compris dans « tu ne raviras pas » ; et pourquoi est-il écrit ici « vous ne volerez pas » même dans le but de provoquer ?

Vayikra 19:11 · commentaire 2

ואמר לא תכחשו ולא תשקרו ולא תשבעו. שאם גנב סופו לישבע לשקר סוף הוא מחלל את השם לפי שעברה גוררת עברה, ולא תשבעו בשמי והלא כבר נאמר לא תשא יכול לא יהא חייב אלא על ה' המיוחד מנין לרבות כל הכנוין ת"ל ולא תשבעו בשמי כל שם שיש לי כך דרשו רז"ל.

Et il a dit (Lévitique 19,11-12) « vous ne nierez pas, vous ne mentirez pas, vous ne jurerez pas » : car s’il vole, il finira par jurer faussement, il finira par profaner le Nom, car une faute en entraîne une autre. « Et vous ne jurerez pas par Mon nom » : n’a-t-il pas déjà été dit « tu ne prononceras pas » ? On pourrait penser qu’il n’est passible que pour le Nom unique ; d’où inclut-on tous les noms substituts (kinouyim) ? Le verset dit « et vous ne jurerez pas par Mon nom » : tout nom que J’ai ; ainsi l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie.

Vayikra 19:11 · commentaire 3

וע"ד הקבלה ולא תשבעו בשמי השם הגדול כמו (במדבר ו׳:כ״ז) ושמו את שמי ואם נשבע בו לשקר הרי זה מחלל את השם כי הוא מפריד ממנו כחו ועקרו זה שאמר וחללת את שם אלהיך, וכן כתב הרמב"ן ז"ל וז"ל ע"ד האמת לא תשבעו בשמי לשקר הוא ה' המיוחד וחללת את שם אלהיך הוא האלהים שממנו יתרבו כל הכנוין ושם נאמר תחלה לא תשא את שם ה' אלהיך וכן לא ינקה ה' בשמו הגדול המיוחד וזה טעם וחללת את שם אלהיך כי כאשר ישבע בשם המיוחד לשקר יהיה מחלל שם אלהיו ע"כ, ונמצאת למד שכל הנשבע בשמו מחלל שם אלהיו והנושא שם אלהיו לא ינקה ה', וזה להורות כי הכל דבק ומיוחד ומיוחד וכלול זה בזה.

Et selon la Kabbale : « vous ne jurerez pas par Mon nom » : le Grand Nom, comme (Nombres 6,27) « et ils mettront Mon nom » ; et s’il jure par lui faussement, il profane le Nom, car il en sépare sa force et sa racine ; c’est ce qu’il a dit « et tu profaneras le nom de ton Dieu ». Et ainsi a écrit le Ramban, de mémoire bénie, et voici ses termes : « Selon le vrai : “vous ne jurerez pas par Mon nom faussement” est le Nom unique (Havaya) ; “et tu profaneras le nom de ton Dieu” est Elohim, d’où se multiplient tous les noms substituts (kinouyim) ; et là il a été dit d’abord (Exode 20,7) “tu ne prononceras pas le nom de l’Éternel ton Dieu”, et de même “l’Éternel ne tiendra pas pour innocent” par Son grand Nom unique ; et c’est la raison de “et tu profaneras le nom de ton Dieu”, car lorsqu’il jure faussement par le Nom unique, il profane le nom de son Dieu. » Jusqu’ici. Et tu apprends de là que quiconque jure par Son Nom profane le nom de son Dieu, et celui qui prononce le nom de son Dieu [en vain], l’Éternel ne le tient pas pour innocent ; et c’est pour enseigner que tout est attaché, unifié et unifié, et inclus l’un dans l’autre.

Vayikra 19:14 · commentaire 1

לא תקלל חרש. הזכיר הכתוב חרש כדי ללמוד ק"ו אם החרש שלא ישמע כשהוא מקלל אותו הזהירה עליו תורה אין צ"ל מי שישמע והתקצף ונתבייש וכל זה שיהיה האדם גדור בדבורו ושלא ירגיל את נפשו בתכונה רעה ואין האיסור מצד חברו השומע אלא מצד עצמו ואם הוא גדור בזה אצל החרש כל שכן אצל השומע ולכך הזכיר הכתוב חרש והוא בנין אב לכל השאר ועוד מפני שדבר הכתוב בהווה שבני אדם מקללים החרש ומכשילים העור ולא ייראו מהם, ועל זה אמר ויראת מאלהיך שכל דבר המסור ללב נאמר בו ויראת מאלהיך וכן הזכיר שלמה ע"ה (משלי כ״ד:י״ב) כי תאמר הן לא ידענו זה הלא תוכן לבות הוא יבין ונוצר נפשך הוא ידע והשיב לאדם כפעלו, וזהו שאמרו רז"ל דע מה למעלה ממך עין רואה ואוזן שומעת וכל מעשיך בספר נכתבים.

« Tu ne maudiras pas le sourd. » L’Écriture mentionne le sourd afin d’apprendre un a fortiori : si, pour le sourd, qui n’entend pas lorsqu’on le maudit, la Torah a donné un avertissement, il n’est pas besoin de dire pour celui qui entend, s’irrite et est humilié ; et tout cela, c’est pour que l’homme soit retenu dans sa parole et n’habitue pas son âme à un mauvais caractère ; et l’interdit n’est pas du côté de son prochain qui entend, mais de son propre côté ; et s’il est retenu en cela envers le sourd, a fortiori envers celui qui entend ; et c’est pourquoi l’Écriture a mentionné le sourd, qui est un modèle (binyan av) pour tout le reste. Et aussi parce que l’Écriture parle de ce qui arrive : que les hommes maudissent le sourd et font trébucher l’aveugle, et ne les craignent pas ; et c’est pour cela qu’il a dit « et tu craindras ton Dieu », car toute chose confiée au cœur, il est dit à son propos « et tu craindras ton Dieu » ; et de même Shelomo, que la paix soit sur lui, a mentionné (Proverbes 24,12) « si tu dis : voici, nous ne le savions pas, celui qui sonde les cœurs ne le comprend-il pas, et celui qui garde ton âme ne le sait-il pas, et il rend à l’homme selon son œuvre » ; et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « sache ce qu’il y a au-dessus de toi : un œil qui voit, une oreille qui entend, et toutes tes actions sont écrites dans un livre ».

2e montée 19:15–19:22

Vayikra 19:15 · commentaire 1

בצדק תשפוט עמיתך. יזהיר שיהיה המשפט בצדק כלומר שיצדיק משפט איש ולא יעותנו שכל מי שישפט בצדק הנה הוא מעמיד כסא המלך שנאמר (תהילים פ״ט:ט״ו) צדק ומשפט מכון כסאך ואם יעות המפשט הלא הוא פוגם הכסא אשר למלך ויזלזל בכבודו, ואמרו במדרש אם הוא שופט בצדק שכינה עמו שנאמר (שם פב) אלהים נצב בעדת אל ואם לא שכינה מסתלקת שנאמר (שם יב) משוד עניים מאנקת אביונים עתה אקום יאמר ה', ורוח הקדש צווחת ואומרת רומה על שמים אלהים על כל הארץ כבודך.

« Avec justice tu jugeras ton prochain. » Il avertit que le jugement soit avec justice, c’est-à-dire qu’il rende juste le jugement de l’homme et ne le fausse pas ; car quiconque juge avec justice établit le trône du Roi, comme il est dit (Psaumes 89,15) « la justice et le jugement sont l’assise de Ton trône » ; et si le juge fausse le jugement, ne détériore-t-il pas le trône du Roi et ne méprise-t-il pas Sa gloire ? Et ils ont dit dans le Midrash : s’il juge avec justice, la Présence est avec lui, car il est dit (ibid. 82) « Dieu se tient dans l’assemblée divine » ; et sinon, la Présence se retire, car il est dit (ibid. 12) « à cause de la dévastation des pauvres, des gémissements des indigents, maintenant Je me lèverai, dit l’Éternel » ; et l’Esprit saint crie et dit : « Élève-Toi sur les cieux, ô Dieu, que Ta gloire soit sur toute la terre ».

Vayikra 19:19 · commentaire 1

את חקותי תשמורו. ומה הם בהמתך לא תרביע כלאים שדך לא תזרע כלאים ובגד כלאים שעטנז לא יעלה עליך.

« Mes décrets vous garderez. » Et quels sont-ils ? « Ton bétail, tu ne le feras pas croiser avec une autre espèce (kil’ayim) ; ton champ, tu ne l’ensemenceras pas de deux espèces (kil’ayim) ; et un vêtement de deux espèces mêlées (sha‘atnez) ne montera pas sur toi. »

Vayikra 19:19 · commentaire 2

ע"ד הפשט טעם איסור הכלאים מפני שכל הדברים הנבראים בארץ בין חי בין צומח יש לו כח ומזל למעלה וכל אחד ואחד נברא למינו כי כן יסד המלך יתעלה במעשה בראשית שיהיה כל אחד ואחד למינהו ומי שהוא מרביע או מרכיב שני מינין הרי הוא משנה ומכחיש מעשה בראשית שכתוב שם למינהו והוא עושה הפך ה' שרצה להבדיל בין המינין כאלו מראה את עצמו שהוא חושב כי לא יספיקו הנבראים שברא הקב"ה בעולמו והוא רוצה להתחכם ולהוסיף עוד שם מינין מחודשים על כל מה שברא חי העולמים, ואסור החרישה בשור וחמור גם כן נמשך אחר הטעם הזה כי מנהג עובדי אדמה אחר חרישתם שיביאו הצמר ברפת אחת ויבאו לידי הרכבה להוליד מינים זרים משונים בתולדות להכחיש מעשה בראשית.

Selon le sens simple, la raison de l’interdit des kil’ayim est que toutes les choses créées sur terre, qu’il s’agisse de vivants ou de végétaux, ont une force et une constellation (mazal) en haut, et que chacun a été créé selon son espèce, car ainsi le Roi, qu’Il soit exalté, a fondé à l’œuvre de la création que chacun soit « selon son espèce » ; et celui qui fait croiser ou greffe deux espèces, voilà qu’il change et nie l’œuvre de la création, où il est écrit « selon son espèce », et il fait le contraire de l’Éternel, qui a voulu distinguer entre les espèces, comme s’il montrait qu’il pense que les créatures que le Saint, béni soit-Il, a créées dans Son monde ne suffisent pas, et qu’il veut faire le sage et ajouter encore là des espèces nouvelles à tout ce que le Vivant des mondes a créé. Et l’interdit de labourer avec un bœuf et un âne vient aussi de cette raison, car la coutume des cultivateurs, après leur labour, est de réunir [les animaux] dans une seule étable, et d’en venir au croisement pour engendrer des espèces étrangères, différentes par leurs descendances, pour nier l’œuvre de la création.

Vayikra 19:19 · commentaire 3

וע"ד המדרש שדך לא תזרע כלאים זה שאמר הכתוב (ישעיהו מ״ב:כ״א) ה' חפץ למען צדקו יגדיל תורה ויאדיר נתן הקב"ה תורה לישראל כדי להנחילם חיי העולם הבא ולא הניח דבר שלא נתן בו מצוה לישראל, בא לחרוש לא תחרוש בשור וחמור יחדו, בא לזרוע שדך לא תזרע כלאים, בא לקצור ולקט קצירך לא תלקט, בא ללבוש לא תלבש שעטנז ובגד כלאים שעטנז לא יעלה עליך.

Et selon le Midrash : « ton champ, tu ne l’ensemenceras pas de kil’ayim » : c’est ce que dit l’Écriture (Isaïe 42,21) « l’Éternel s’est plu, pour sa justice, à rendre la Torah grande et glorieuse ». Le Saint, béni soit-Il, a donné la Torah à Israël afin de leur faire hériter la vie du monde à venir, et Il n’a laissé aucune chose sans y donner un commandement à Israël : vient-il labourer : « tu ne laboureras pas avec un bœuf et un âne ensemble » ; vient-il ensemencer : « ton champ, tu ne l’ensemenceras pas de kil’ayim » ; vient-il moissonner : « la glanure de ta moisson, tu ne la ramasseras pas » ; vient-il se vêtir : « tu ne porteras pas de sha‘atnez » et « un vêtement de sha‘atnez ne montera pas sur toi ».

Vayikra 19:19 · commentaire 4

וע"ד הקבלה בסוד מצות הכלאים מצוה זו ממצות הנקראות חקים ואין תכלית הכוונה בחקים האלה בענינים הגופניים בלבד רק בכחות השכלים הנמשכים מן השמים ולכך נקראו חקות שמים כענין שכתוב (איוב ל״ח:ל״ג) הידעת חקות שמים וחקות האלו לא נתנו רק לישראל, הוא שכתוב (תהילים קמ״ז:י״ט) חקיו ומשפטיו לישראל, וכתיב (שם פא) כי חק לישראל הוא וכל הכחות העליונים השכליים כל אחד ואחד ממונה על פקודתו ועל ממשלתו והפעולות בעולם השפל הזה משתלשלות בסבתם ובזה העולם מתקיים ועומד על השלמות,

Et selon la Kabbale, dans le secret du commandement des kil’ayim : ce commandement fait partie des commandements appelés « ‘houqim » (décrets), et l’intention finale de ces décrets n’est pas dans les affaires corporelles seulement, mais dans les forces des intellects qui découlent des cieux ; et c’est pourquoi ils sont appelés « ‘houqot shamayim », comme il est écrit (Job 38,33) « connais-tu les lois (‘houqot) des cieux ? », et ces décrets n’ont été donnés qu’à Israël, c’est ce qui est écrit (Psaumes 147,19) « Ses décrets et Ses jugements à Israël », et il est écrit (ibid. 81) « car c’est un décret pour Israël » ; et toutes les forces supérieures, intellectuelles, chacune est préposée à sa charge et à sa domination, et les actions dans ce monde inférieur découlent de leur cause, et par là ce monde subsiste et se tient dans la perfection,

וכבר ידעת מאמרם ז"ל אפילו העליונים צריכים שלום שנאמר (איוב כ״ה:ב׳) עושה שלום במרומיו והשלום שלהם הוא קיומם ושיפעלו פעולתם במנויים, וא"כ המעמיד תולדות למטה מין במינו גורם השלום למעלה כי הכחות הממונים הם משלימין מנויים הראוי כמו שצריך העולם השפל, והמעמיד תולדות למטה מין בשאינו מינו הרי זה גורם הפך השלום כי הוא מערבב הכחות העליונים ומבטל אותן ועוקר אותן ממנויים וזהו סוד הלשון של כלאים שהוא לשון מניעה כלומר בטול הכחות מלשון (תהילים מ׳:י״ב) לא תכלא רחמיך ממני וכן (ירמיהו ל״ז:י״ח) בית הכלא כי הנתן שם הוא מתבטל ממלאכתו,

et tu connais déjà leur parole, de mémoire bénie : même les êtres supérieurs ont besoin de paix, car il est dit (Job 25,2) « Il fait la paix dans Ses hauteurs » ; et leur paix est leur subsistance et qu’ils accomplissent leur action dans les fonctions qui leur sont assignées. Et s’il en est ainsi, celui qui établit des descendances en bas, espèce avec son espèce, cause la paix en haut, car les forces préposées accomplissent leur charge convenable, comme le monde inférieur en a besoin ; et celui qui établit des descendances en bas, une espèce avec une qui n’est pas son espèce, voilà qu’il cause le contraire de la paix, car il mélange les forces supérieures, les annule et les arrache de leur charge. Et tel est le secret du langage de « kil’ayim », qui est un langage d’empêchement, c’est-à-dire d’annulation des forces, de l’expression (Psaumes 40,12) « Tu ne retiendras pas (lo tikhla) Tes compassions loin de moi », et de même (Jérémie 37,18) « la maison de la prison (bet hakéle) », car celui qui y est placé est annulé de son travail,

וזהו לשון חקים מלשון חקיקה וציור כי הם ציורי ענינים שכליים של מעלה והמרביע בהמה מין בשאינו מינו או הזורע צמח מין בשאינו מינו והם יונקים זה מזה הרי זה מערבב הכחות העליונים הנותנים כח ההולדה או כח הצמיחה וכמו שדרשו רז"ל אין לך כל עשב ועשב מלמטה שאין לו מזל מלמעלה מכה אותו ואומר לו גדל שנאמר (איוב ל״ח:ל״ג) הידעת חקות שמים וגו', ומפני שהשנים הנולדים בעולם ראשונה היו כלאים זה מצד הרוח הטובה וזה מצד הרוח הרעה ואנחנו נצטוינו להמשך אחר הרוח הקודש ולהתרחק מן הרע שהוא מצד רוח הטומאה על כן נאסר לנו הכלאים כי הוא חבור שני קצוות שהם ב' הפכים אין ראוי לחבר אותן כי אין חבורן עולה יפה אבל ראוי להרחיקם ולהפרידם זה מזה והמפריש ביניהם גורם שלום בעולם והמחבר אותן יחד מסלק השלום מן העולם כי הוא מערבב הכחות העליונים ומשים קטרוג בין פמליא של מעלה,

et tel est le langage de « ‘houqim », de l’expression de gravure (‘hqiqa) et de figuration, car ce sont des figurations d’affaires intellectuelles d’en haut. Et celui qui fait croiser une bête avec une qui n’est pas de son espèce, ou qui sème une plante avec une qui n’est pas de son espèce alors qu’elles se nourrissent l’une de l’autre, voilà qu’il mélange les forces supérieures qui donnent la force de génération ou la force de croissance ; et comme l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie : il n’y a pas un brin d’herbe en bas qui n’ait en haut une constellation (mazal) qui le frappe et lui dise : « pousse », car il est dit (Job 38,33) « connais-tu les lois des cieux, etc. » ; et parce que les deux nés dans le monde au commencement étaient « kil’ayim », l’un du côté de l’esprit bon et l’autre du côté de l’esprit mauvais, et que nous avons reçu le commandement de nous attacher à l’Esprit de sainteté et de nous éloigner du mal, qui est du côté de l’esprit d’impureté, c’est pourquoi les kil’ayim nous ont été interdits, car c’est la jonction de deux extrêmes qui sont deux contraires : il ne convient pas de les joindre, car leur union n’est pas harmonieuse, mais il convient de les éloigner et de les séparer l’un de l’autre ; et celui qui les sépare cause la paix dans le monde, et celui qui les joint ensemble écarte la paix du monde, car il mélange les forces supérieures et place une accusation parmi la cour d’en haut (pamalya),

והכלאים נאסרו לנו בשלשה דברים בבהמות ובזרעים ובבגדים, מה שנאסר לנו בבהמות לפי שמנהג אדם ובהמה טבע התולדה בהם שוה ומה שנאסר לנו בזרע השדה לפי שהאשה הוקשה לשדה בהיותה מוכנת לקבל תולדה כשדה ומה שנאסר לנו בבגדים והוא הצמר והפשתים לפי שהנולדים ראשונה קרבנם היה צמר ופשתים זה הביא הצמר וזה הביא הפשתים ולכך נאסר לנו חבור הצמר והפשתים יחדו לפי שחבור שניהם בכרס אחד לא עלה יפה כי היה בזה ערבוב כחות הגורם למה שהוא הפך השלום וסופו הוכיח על תחלתו כי רצח זה את זה בסוף ונאבדו שניהם מן העולם,

et les kil’ayim nous ont été interdits en trois choses : dans les bêtes, dans les semences et dans les vêtements. Ce qui nous a été interdit dans les bêtes, c’est parce que, chez l’homme et chez la bête, la nature de la génération est égale ; ce qui nous a été interdit dans la semence du champ, c’est parce que la femme est assimilée au champ, en ce qu’elle est préparée à recevoir la progéniture comme le champ ; et ce qui nous a été interdit dans les vêtements, qui sont la laine et le lin, c’est parce que les deux premiers nés avaient pour offrande de la laine et du lin : celui-ci apporta la laine et celui-là apporta le lin, et c’est pourquoi la jonction de la laine et du lin ensemble nous a été interdite, car l’union des deux dans un seul ventre n’a pas été harmonieuse, car il y eut en cela mélange de forces, ce qui entraîne le contraire de la paix ; et sa fin a prouvé son début : car l’un tua l’autre à la fin, et tous deux furent perdus du monde,

וזהו שאמרו רז"ל שעטנז שוע טוו ונוז כי זה לבדו וזה לבדו מותר ולכך נקרא הפשתים בלשון הקודש בד כלומר יחידי שאסור לחברו עם הצמר וכן הצמר עם הפשתים כי החבור הוא האסור והלובש בגד זה למטה מערבב הכחות העליונים והנה ישראל הוזהרו מהחבור הזה שהם הפכים כדי להתרחק מרוח הטומאה ולהתקדש ברוח הקודש, ואמר לא יעלה עליך כלומר רוח הטומאה באר כי בלבשו בגד כלאים שעטנז יעלה עליו רוח הטומאה כי הוא חבור שני ההפכים אשר אין חבורן עולה יפה ומה שהותר הכלאים בציצית גם בבגדי הכהנים ובלבד בשעת עבודה לפי שכל הכחות המשתנים זה מזה כולן כלולין במצות ציצית בין הלבן והתכלת וזהו סוד הכתוב שאמר (משלי ל״א:י״ג) אשת חיל והיא מדת התכלת דרשה צמר ופשתים ותעש בחפץ כפיה יאמר כי המדה ההיא דורשת וחוקרת אחר העובר ומחברת צמר ופשתים יחדו כדי להענישו ומצד אחר ותעש בחפץ כפיה בציצית והם כולן כלולין במצות ציצית אין צ"ל בבית המקדש בשעת עבודה שכל הכחות כלולין שם כי כל עניני בהמ"ק של מטה כלן דוגמת עניני בהמ"ק של מעלה.

et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : sha‘atnez : shou‘a (cardé), tavou (filé) et noz (tissé) ; car celui-ci seul et celui-là seul est permis ; et c’est pourquoi le lin est appelé en langue sainte « bad », c’est-à-dire seul (levad), car il est interdit de le joindre avec la laine, et de même la laine avec le lin, car c’est la jonction qui est interdite ; et celui qui porte ce vêtement en bas mélange les forces supérieures. Et voilà qu’Israël a été averti de cette jonction, qui est celle de contraires, afin de s’éloigner de l’esprit d’impureté et de se sanctifier par l’Esprit de sainteté. Et il a dit « ne montera pas sur toi » : c’est-à-dire l’esprit d’impureté, ce qui explique que, lorsqu’il porte un vêtement de kil’ayim sha‘atnez, l’esprit d’impureté monte sur lui, car c’est la jonction des deux contraires dont l’union n’est pas harmonieuse. Et ce qui a été permis, le kil’ayim, dans les tsitsit et aussi dans les vêtements des prêtres, uniquement à l’heure du service, c’est parce que toutes les forces qui sont différentes les unes des autres sont toutes incluses dans le commandement des tsitsit, entre le blanc et le bleu-azur (tekhelet) ; et tel est le secret du verset (Proverbes 31,13) — la « femme vaillante » est l’attribut du tekhelet — « elle cherche (darsha) laine et lin et travaille avec plaisir de ses mains » : il dit que cet attribut-là recherche et enquête sur celui qui transgresse et joint laine et lin ensemble, afin de le punir ; et d’un autre côté « et elle travaille avec plaisir de ses mains » dans les tsitsit, car ils sont tous inclus dans le commandement des tsitsit ; il n’est pas besoin de dire dans le Temple, à l’heure du service, car toutes les forces y sont incluses, car toutes les affaires du Temple d’en bas sont toutes à l’image des affaires du Temple d’en haut.

Vayikra 19:20 · commentaire 1

בקרת תהיה. יש לבית דין לבקר את הדבר שלא לחייבו מיתה כדין אשת איש ואע"פ שהיא מקודשת כי לא חופשה כלומר שתהיה אשתו גמורה וזהו לשון נחרפת לאיש כלומר מיוחדת אליו ונועדת לו לתשמיש ולא לאשה גמורה וכן לשון בקר שאדם יכול לבקר בין הצורות והערב הפכו שהצורות מתערבות בו, ודרשו רז"ל בקרת תהיה תהא בקראי כלומר תלקה שהדיינין המלקין היו קורין על הלוקה, ומכאן שהיא במלקות ולא הוא ומזה אמר בקרת תהיה ולא אמר יהיו שהוא אינו בכלל כך דרשו רז"ל, והטעם לפי שכבר חייבו הכתוב קרבן שנאמר והביא את אשמו וזהו ששנינו אשם שפחה חרופה אבל היא שהיא שפחה ואין לה כלום ממה שתביא קרבן תלקה.

« Il y aura une enquête (biqoret). » Il appartient au tribunal d’enquêter sur la chose pour ne pas le condamner à mort, comme dans la loi de la femme d’un autre ; bien qu’elle soit fiancée, elle n’a pas été affranchie (‘houphsha), c’est-à-dire qu’elle ne soit pas pleinement son épouse ; et c’est le sens de « nehérefet leish » (promise à un homme), c’est-à-dire réservée à lui et destinée à lui pour les relations conjugales, et non comme épouse complète. Et de même le mot « boqer » (matin) : car l’homme peut discerner (levaqer) entre les formes, et le soir (‘erev) en est le contraire, car les formes se mélangent en lui. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « biqoret tihyé » : « tehé biqra’ei », c’est-à-dire qu’elle recevra la flagellation, car les juges flagellants lisaient (qor’im) sur le flagellé ; et de là [on apprend] qu’elle est à la flagellation et non lui ; et c’est pourquoi il a dit « biqoret tihyé » et n’a pas dit « yihyou », car lui n’est pas inclus ; ainsi l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie. Et la raison est que l’Écriture l’a déjà obligé à un sacrifice, car il est dit « et il apportera son asham » ; et c’est ce que nous avons appris : asham de la servante promise ; mais elle, qui est servante et n’a rien dont elle apporterait un sacrifice, sera flagellée.

Vayikra 19:20 · commentaire 2

ובשם הגאון רבינו סעדיה ז"ל אמרו כי הזכיר הכתוב מלקות בלשון בקרת על שם שהמלקות ברצועה של בקר או יהיה הבי"ת בחלוף פ"א כלומר כי היא היתה הפקר לפי שלא חופשה ועל כן לא יומתו אבל יש לה מלקות.

Et au nom du Gaon Rabbénou Saadia, de mémoire bénie, ils ont dit que l’Écriture a mentionné la flagellation par le mot « biqoret » à cause du fait que la flagellation se fait avec une lanière de bœuf (baqar), ou bien que le beth est en substitution d’un pé, c’est-à-dire qu’elle était abandonnée (hefqer) parce qu’elle n’a pas été affranchie ; et c’est pourquoi ils ne seront pas mis à mort, mais elle a une flagellation.

3e montée 19:23–19:32

Vayikra 19:23 · commentaire 1

שלש שנים יהיה לכם ערלים. לשון ערלה לשון כסוי הוא וכאלו הפירות מכוסים באילנות שאין לו רשות ליגע בהם ולא ליהנות בהם.

« Trois ans ils seront pour vous incirconcis (‘arélim). » Le mot ‘orla est un langage de couverture, comme si les fruits étaient couverts dans les arbres, de sorte qu’on n’a pas la permission de les toucher ni d’en jouir.

Vayikra 19:23 · commentaire 2

וע"ד הפשט טעם המצוה לתת כבוד להקב"ה מהפרי הראשון הגמור הטוב שבארצנו ושלא נאכל ממנו עד אשר נביא שנה אחת כל פריו הלולים, וידוע כי האילן בתוך שלש שנים פריו מועט ואין בו טעם או ריח ולכך אינו ראוי שנקריב אותו לפני ה' ורוב האילנות אינן מוציאין פירות עד השנה הרביעית לפי שכחו אינו נגמר בתוך שלש עד שתכנס השנה הרביעית וכן בטבע התולדות במין אדם עצמו והוא שאמרו באשה פחותה מבת שלש שנים ויום אחד כנותן אצבע בעין דמי ובתוליה חוזרין, והצריכו יום אחד כנגד השנה הרביעית שהפרי קדש ועל כן באה המצוה הזאת שלא נטעום מהנטיעה שנטענו עד הביאנו כל פריו הראשון הנגמר הראוי והמובחר קדש הלולים לה' לאכלו שם ולהלל את שמו עליו.

Et selon le sens simple, la raison du commandement est de rendre honneur au Saint, béni soit-Il, à partir du premier fruit, achevé et bon, de notre pays, et de ne pas en manger jusqu’à ce que nous apportions, une année, tout son fruit en louanges. Et il est connu que l’arbre, dans les trois années, a peu de fruit, et sans goût ni odeur, et c’est pourquoi il ne convient pas que nous l’offrions devant l’Éternel ; et la plupart des arbres ne produisent pas de fruits avant la quatrième année, parce que leur force ne s’achève pas en trois ans, jusqu’à ce que la quatrième année arrive ; et de même dans la nature des générations de l’espèce humaine elle-même, et c’est ce qu’ils ont dit : un rapport avec une fille de moins de trois ans et un jour est comparé au fait de mettre un doigt dans l’œil, sa virginité se reconstituant ; et ils ont exigé un jour de plus, correspondant à la quatrième année, où le fruit est sacré. Et c’est pourquoi vient ce commandement : que nous ne goûtions pas de ce que nous avons planté, jusqu’à ce que nous apportions tout son premier fruit, achevé, convenable et choisi, sacré en louanges à l’Éternel, pour le manger là et en louer Son Nom.

Vayikra 19:23 · commentaire 3

ומדרך הטבע עוד כי הפרי בתוך שלש שנים הוא מזיק מאד לגוף מפני שיש בו ליחות מושפע מכח יניקת הארץ ועדיין לא עבר עליו זמן כל כך שיתחמם בכח השמש ויתחמם בכח האויר ועל כן הפרי כלו עפריי מימיי תגבר עליו הליחה מאד ותזיק האוכלו כענין הדג שאין לו קשקשת שהליחה גוברת עליו ביותר לרוב ליחות המים שהוא שוכן בהם בתחתוניהם ובמעמקיהם.

Et selon le cours de la nature aussi, le fruit, dans les trois années, est très nuisible au corps, parce qu’il contient une humidité influencée par la force de succion de la terre, et qu’il n’a pas encore passé sur lui un temps tel qu’il soit chauffé par la force du soleil et chauffé par la force de l’air ; et c’est pourquoi le fruit, tout entier terreux et aqueux, voit l’humidité y dominer grandement et nuit à celui qui le mange, comme le poisson qui n’a pas d’écailles, sur lequel l’humidité domine le plus, à cause de l’abondance de l’humidité de l’eau où il demeure, dans ses fonds et ses profondeurs.

Vayikra 19:23 · commentaire 4

וע"ד המדרש שלש שנים יהיה לכם ערלים מדבר בתינוק שאינו יכול להסיח ולדבר עדיין ובשנה הרביעית קדש שאביו מקדשו לתורה הלולים לה' שהוא מהלל להקב"ה ובשנה החמישית תאכלו שהוא מתחיל לקרוא בתורה מכאן ואילך להוסיף לכם מכאן שנו רז"ל בן חמש שנים למקרא בן עשר שנים למשנה, לפי שבעוה"ז אדם מישראל מוליד ומוליך בנו לבית הספר יגע בתורה ומתוך עונו מת ואינו שמח ממנו, אמר להם הקב"ה בעוה"ז על ידי שיצר הרע מצוי בכם אתם חוטאים ובניכם מתים, אבל לעתיד לבא אני מסיר מכם יצר הרע ואתם מולידים ושמחים בהם שנאמר (ישעיה סה) לא יגעו לריק ולא ילדו לבהלה כי זרע ברוכי ה' המה וצאצאיהם אתם.

Et selon le Midrash : « trois ans ils seront pour vous incirconcis » parle de l’enfant qui ne peut pas encore s’exprimer ni parler ; « et la quatrième année sera sainte », car son père le sanctifie pour la Torah ; « louanges à l’Éternel », car il loue le Saint, béni soit-Il ; « et la cinquième année vous mangerez », car il commence à lire la Torah ; « de là en avant, pour augmenter pour vous » : de là nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : à cinq ans pour la Lecture, à dix ans pour la Michna. Car dans ce monde, un homme d’Israël engendre, mène son fils à l’école, où celui-ci peine dans la Torah ; puis, à cause du péché du père, le fils meurt et le père ne peut se réjouir de lui ; le Saint, béni soit-Il, leur dit : dans ce monde, parce que le mauvais penchant est présent chez vous, vous péchez et vos enfants meurent ; mais dans le futur, J’enlèverai de vous le mauvais penchant, et vous engendrerez et vous vous réjouirez d’eux, comme il est dit (Isaïe 65,23) « ils ne peineront pas en vain et n’enfanteront pas pour la terreur, car ils sont la race des bénis de l’Éternel, et leurs rejetons sont avec eux ».

Vayikra 19:23 · commentaire 5

וע"ד השכל בטעם המצוה הזאת השמים והארץ הם סבה להוצאת הפרי בכח עליון והם בדמיון הזכר והנקבה זה פועל וזה מקבל, וזהו ענין הכתוב על המטר הבא מן השמים שנאמר (שם נה) והולידה והצמיחה, ועד שלש שנים אין הארץ מסכמת בבשול הפרי ולא השמים מסכימים לתת בו כח הבשול וכיון שכן כל האוכל מן הפרי תוך השלש שנים הנה זה כמראה עצמו שאין לו חלק בשמים ובארץ ואין לו חלק בהקב"ה והנה הוא נוטלו בלא רשות של מעלה ושל מטה ולכך אסרתו תורה תוך שלש, ורבינו משה ז"ל נתן במצוה הזאת טעם בפרק שביעי מספר המורה כי היו לעובדי ע"ז בזמנים ההם מיני כשוף שהיו עושין בעת נטיעת האילנות והיה מזומן ביד כל אחד מהם דבר שיזרו אותו שם בשעת נטיעה במקום האילן או סביביו והיו חושבין שיהיה האילן ממהר להוציא פריו יותר מהנהוג מטבעו של עולם ולכך צותה תורה באיסור הפרי הבא קודם שלש שנים שלא יבאו לעשות המעשים הרעים ההם כי רובי האילנות יביאו פרים בשנה הרביעית ושנאכלהו לפני ה' הפך אכלם אותו לפני ע"ז כי מחלת הנפש שהיא אמונה רעה בדמיון מחלת הגוף אינו מתרפאת אלא עם ההפך.

Et selon la raison de ce commandement : le ciel et la terre sont la cause de la production du fruit par une force supérieure, et ils sont à l’image du mâle et de la femelle, l’un agissant et l’autre recevant ; et c’est le sens de l’Écriture à propos de la pluie qui vient du ciel, car il est dit (ibid. 55) « et l’a fait enfanter et germer » ; et jusqu’à trois ans la terre ne consent pas à la maturation du fruit, et le ciel n’est pas d’accord pour lui donner la force de maturation ; et puisqu’il en est ainsi, quiconque mange du fruit dans les trois années est comme celui qui montre qu’il n’a pas de part au ciel et à la terre et pas de part au Saint, béni soit-Il, et voilà qu’il le prend sans permission d’en haut et d’en bas ; et c’est pourquoi la Torah l’a interdit dans les trois années. Et notre maître Moché, de mémoire bénie, a donné pour ce commandement une raison, au chapitre septième du Guide : c’est que les adorateurs d’idoles de ces temps-là avaient des sortes de sorcellerie qu’ils pratiquaient au moment de la plantation des arbres, et chacun d’eux avait à sa disposition une chose qu’on répandait là au moment de la plantation, à l’endroit de l’arbre ou autour, et ils pensaient que l’arbre se hâterait de produire son fruit plus que ne le veut la nature du monde ; et c’est pourquoi la Torah a ordonné l’interdit du fruit venu avant trois ans, afin qu’ils ne viennent pas à faire ces mauvaises pratiques, car la plupart des arbres produisent des fruits la quatrième année ; et que nous le mangions devant l’Éternel est le contraire de leur manière de le manger devant l’idole, car la maladie de l’âme, qui est une croyance mauvaise, à l’image de la maladie du corps, ne guérit que par le contraire.

Vayikra 19:23 · commentaire 6

וע"ד הקבלה מצות ערלה שהרחיקה תורה הנטיעה שלש שנים כנגד השלש העליונות הראשונות שאין לנו בהם השגה וכנגדם גם כן תהו ובהו וחשך, והשנה הרביעית כנגדה גם כן ורוח אלהים מרחפת על פני המים כי אינו הסתר גמר ולא השגה גמורה כן השנה הרביעית אינו התר גמור כי מותר הוא בפדיון ואסור הוא בלא פדיון והשנה החמישית כגנד ה"א יהי אור שהיא צורה גמורה כי כן השנה החמישית התר גמור וזהו להוסיף לכם תבואתה בתוספת ה"א כי כן האור נזכר חמשה פעמים בפרשה ולכך הזכיר כאן שלשה פעמים ערלה שנאמר וערלתם ערלתו יהיה לכם ערלים לרמוז כי כל שנה ושנה יש לה ענין בפני עצמו שהוא דוגמתו ושלשתם הסתר גמור וזה מבואר.

Et selon la Kabbale, le commandement de l’‘orla, par lequel la Torah a éloigné la plantation trois ans, correspond aux trois premières [réalités] supérieures, que nous ne saisissons pas, et correspond aussi à « tohu, vohu et ‘hoshekh » ; et la quatrième année correspond aussi à « et l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux », car ce n’est ni une dissimulation achevée ni une saisie achevée ; ainsi la quatrième année n’est pas un permis achevé, car il est permis avec rachat et interdit sans rachat ; et la cinquième année correspond au he de « que la lumière soit », qui est une forme achevée, car ainsi la cinquième année est un permis achevé ; et c’est « pour augmenter pour vous son produit » par l’addition du he, car ainsi la lumière est mentionnée cinq fois dans la section. Et c’est pourquoi il a mentionné ici trois fois ‘orla, car il est dit « vous considérerez ses fruits comme incirconcis (va-‘araltem ‘orlato)… ils seront pour vous incirconcis (‘arélim) », pour faire allusion à ce que chaque année a une affaire à part, qui est son image, et que les trois sont une dissimulation achevée ; et cela est clair.

Vayikra 19:26 · commentaire 1

לא תאכלו על הדם. יזהיר הכתוב הזה על מין ממיני הכשוף שהיה נוהג בזמן הזה שהיו שופכים הדם בתוך גומא והיו השדים מתקבצים שם ואוכלים סביבות הגומא והשדים ג"כ עמהם ומתוך שהיו אוכלים ונהנים היו מגידין להם עתידות והיה הענין מורגל אצל המצריים וישראל למדו מה עד שהיו זונים אחריהם ולכך הוצרך הכתוב לאזהרה זו. ואמרו רבותינו ז"ל לא תאכלו על הדם הוא אזהרה שלא יאכל אדם קודם התפלה והוא שאמרו לא תאכלו קודם שתתפללו על דמכם.

« Vous ne mangerez pas sur le sang. » Ce verset avertit d’une sorte de sorcellerie qui était pratiquée à cette époque : ils versaient le sang dans une fosse, les démons s’y rassemblaient ; les hommes mangeaient autour de la fosse, et les démons aussi avec eux ; et du fait qu’ils mangeaient et jouissaient, ils leur annonçaient l’avenir ; et la chose était habituelle chez les Égyptiens, et Israël l’apprit d’eux, au point de se prostituer à leur suite ; et c’est pourquoi l’Écriture a eu besoin de cet avertissement. Et nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : « vous ne mangerez pas sur le sang » est un avertissement qu’on ne mange pas avant la prière ; et c’est ce qu’ils ont dit : ne mangez pas avant d’avoir prié sur votre sang (‘al demekhem).

ועוד דרשו בו לא תאכלו על הדם אזהרה לדיינים שלא יהיו דנין דיני נפשות אלא בבוקר ומטעם זה צותה תורה להתענות ביוה"כ שהוא יום הדין בדיני נפשות כדי שלא תטרידנו אכילתו ממצוא חפצו בדרכי התשובה והסליחה ואם בנפש אחד הוא מוזהר מהכתוב הזה ק"ו שיש לו להזהר בנפש עצמו שלא יפשע שאם פשע איהו דאפסיד אנפשיה ומשחית נפשו הוא יעשנה ואין צריך לומר בדיני נפשות אלא אף בדיני ממונות אמר כן, משום שנאמר (ירמיה כא) דינו לבקר משפט, ואמרו אכל ושתה אל יורה.

Et ils ont encore expliqué : « vous ne mangerez pas sur le sang » est un avertissement aux juges de ne pas juger les affaires capitales sauf le matin ; et pour cette raison la Torah a ordonné de jeûner le jour des Expiations, qui est le jour du jugement des affaires capitales, afin que son manger ne le détourne pas de trouver son besoin dans les voies de la repentance et du pardon. Et si, pour une seule âme, il est averti par ce verset, a fortiori doit-il se garder pour sa propre âme de ne pas pécher, car s’il pèche, c’est lui qui s’est perdu (iheu de’afsid anafshei), et c’est son âme qu’il détruit. Et il n’est pas besoin de dire pour les jugements capitaux : même pour les jugements d’argent, il a dit ainsi, parce qu’il est dit (Jérémie 21,12) « jugez le matin le jugement » ; et ils ont dit : celui qui a mangé et bu ne doit pas rendre de décision.

Vayikra 19:27 · commentaire 1

לא תקיפו פאת ראשכם. הזהיר הכתוב בגלוח שני הצדעים בין בפני עצמן בלא גלוח הראש, בין עם גלוח הראש כאחד, אם גלח שניהם לוקה שתים על כל פאה ופאה.

« Vous ne ferez pas le tour du coin (pe’at) de votre tête. » L’Écriture avertit du rasage des deux tempes, soit seules sans rasage de la tête, soit ensemble avec le rasage de la tête ; s’il rase les deux, il encourt deux flagellations, une pour chaque côté.

Vayikra 19:27 · commentaire 2

ולא תשחית את פאת זקנך. ע"ד הפשט טעם האסור כדי שלא יבטל הסימן שהקב"ה רשם במין הזכר כדי להבדילו ממין הנקבה, כי העושה כן הפך השם הוא עושה, כמי שזורע כלאים, ובכל מה שעשה במעשה בראשית כתב בהם למינהו. ואילו אמר את זקנך היתה השחתת כל הזקן בלאו, אבל לפי שאמר את פאת ויש בזקן חמשה פאות, שתים בימין. ושתים בשמאל ואחת למטה והוא מקום הזקן ביני פרקי, אם גלח והשחית את אלו חייב חמשה מלקיות, ולפיכך אמר פאת לחייב על כל פאה ופאה.

« Et tu ne détruiras pas le coin (pe’at) de ta barbe. » Selon le sens simple, la raison de l’interdit est de ne pas annuler le signe que le Saint, béni soit-Il, a marqué sur l’espèce mâle pour la distinguer de l’espèce femelle, car celui qui fait ainsi fait le contraire de l’Éternel, comme celui qui sème des kil’ayim, alors que, pour tout ce qu’Il fit à l’œuvre de la création, il est écrit « selon son espèce ». Et s’Il avait dit « ta barbe », la destruction de toute la barbe aurait été sous un seul interdit ; mais comme il a dit « pe’at », et que dans la barbe il y a cinq coins — deux à droite, deux à gauche, et un en bas, qui est le lieu de la barbe « bini peraqei » —, si l’on a rasé et détruit ceux-ci, on est passible de cinq flagellations ; et c’est pourquoi il a dit « pe’at », pour rendre passible pour chaque coin.

Vayikra 19:27 · commentaire 3

וע"ד השכל טעם המצוה הזאת, לפי שכל פעולתיו של אדם נמשכות אחר חמשה חושים שבו ואין ראוי להשביתם ממלאכתם כי לא יחיה זולתם, אבל ראוי לו שיסתפק מהם בדבר המותר והמוכרח ושישאיר לו במקצת לצורך קיום גופו, ועל כן אסר את ההשחתה בתער בחמש פאות כנגד חמשה חושים, והוא אזהרה לאדם והתעוררות ורמז שאי אפשר לו להעביר ממנו חמשה חושים לגמרי כי היה מאבד גופו ומשחית את עצמו, אבל הותר הגלוח במספרים להשאיר קצת השער ואין זה קרוי השחתה, כנגד מה שראוי להשאיר פעולת החושים במקצת יחיה ויתקיים בהם.

Et selon la raison de ce commandement : toutes les actions de l’homme découlent des cinq sens qui sont en lui, et il ne convient pas de les faire cesser de leur ouvrage, car il ne vivrait pas sans eux ; mais il lui convient de s’y suffire pour ce qui est permis et nécessaire, et de s’en laisser une partie pour la subsistance de son corps ; et c’est pourquoi Il a interdit la destruction par le rasoir pour cinq coins, correspondant aux cinq sens ; et c’est un avertissement à l’homme, un éveil et une allusion à ce qu’il ne lui est pas possible de retirer de lui complètement les cinq sens, car il perdrait son corps et se détruirait. Mais le rasage aux ciseaux a été permis, pour laisser une partie des poils, et cela n’est pas appelé destruction, correspondant à ce qu’il convient de laisser en partie l’action des sens, par laquelle il vivra et subsistera.

Vayikra 19:27 · commentaire 4

וע"ד הקבלה טעם איסור ההשחתה לפי שאותיות ההוי"ה של השם הנעלם רשומו בתבנית הגוף, היו"ד והה"א והוא"ו במילה ובפה ובלשון, וזהו איסור השחתת זקן העליון וזקן התחתון כי האיסור שוה בהם. והתבונן נפלאות אל כי כן חכמי הטבע כתבו בספריהם כי מקומות ששוים הם בצמיחת שערות יש שכונה ויחס ביניהם, וגידין יוצאין ממקום זה למקום זה וכשיצמח שער במקום זה יצמח בזה, ומטעם זה אין לנשים ולסריסים זקן מפני שהשכונה הזאת תחסר מהם ואין בהם גידין יוצאין ממקום זה למקום זה, ומפני שמצינו בשני מקומות האלה השויה ואחדות והנה הם רמז וציור לאחדות, אמרו רז"ל לעולם יקדש אדם את עצמו בשעת תשמיש. והמצוה אזהרה למוחק אותיות השם, וזה מבואר.

Et selon la Kabbale, la raison de l’interdit de la destruction : les lettres du Nom de quatre lettres, le Nom caché, sont marquées dans la structure du corps : le yod, le he et le vav, dans l’organe de la circoncision (mila), dans la bouche et dans la langue ; et c’est l’interdit de détruire la barbe supérieure et la barbe inférieure, car l’interdit est égal dans les deux. Et considère les merveilles de Dieu : car ainsi les sages de la nature ont écrit dans leurs livres que les lieux égaux dans la croissance des poils ont voisinage et rapport entre eux, et que des nerfs sortent de ce lieu vers ce lieu, et que, lorsque le poil pousse en ce lieu, il pousse en celui-ci ; et pour cette raison les femmes et les eunuques n’ont pas de barbe, parce que ce voisinage leur fait défaut et qu’ils n’ont pas de nerfs sortant de ce lieu vers ce lieu. Et parce que nous trouvons dans ces deux lieux égalité et unité, et que voilà, ils sont allusion et figuration de l’unité, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : que l’homme se sanctifie toujours à l’heure des relations conjugales. Et le commandement est un avertissement à celui qui efface les lettres du Nom ; et cela est clair.

Vayikra 19:28 · commentaire 1

וכתבת קעקע. פירש רש"י ז"ל כתב המחוקה ותקוע שאינו מחוק לעולם, שמקעקעו במחט והוא משחיר לעולם קואר"ה בלע"ז. ודרשו רז"ל בתורת כהנים יכול אפילו כתב ולא קעקע יהא חייב תלמוד לומר קעקע, אי קעקע יכול אפילו קעקע ולא כתב, תלמוד לומר וכתב, הא כיצד אינו חייב עד שיכתוב ויקעקע בדיו או בכחול ובכל דבר שהוא רושם. ר"ש בן יוחאי אומר אינו חייב עד שיכתוב שם ה', שנאמר וכתבת קעקע לא תתנו בכם אני ה', כלומר לא תתנו בכם שמי שהוא ה'.

« Et une écriture tatouée (qa‘aqa‘). » Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : écriture gravée (mehouqa) et fixée (taqou‘a), qui n’est jamais effacée, qu’on tatoue avec une aiguille et qui noircit pour toujours ; « couar’a » en langue étrangère. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué dans la Torat Kohanim : on pourrait penser que même s’il a écrit sans tatouer, il serait passible ; le verset dit « qa‘aqa‘ » ; s’il a tatoué, on pourrait penser que même s’il a tatoué sans écrire [il serait passible] ; le verset dit « et une écriture ». Comment donc ? Il n’est passible que lorsqu’il écrit et tatoue, avec de l’encre ou du khôl ou toute chose qui laisse une marque. Rabbi Shim‘on bar Yo’haï dit : il n’est passible que lorsqu’il écrit le Nom de l’Éternel, car il est dit « et une écriture tatouée, vous ne la mettrez pas sur vous, Je suis l’Éternel », c’est-à-dire : vous ne mettrez pas sur vous Mon Nom, qui est « l’Éternel ».

Vayikra 19:30 · commentaire 1

את שבתותי תשמרו ומקדשי תיראו. ע"ד הפשט יזהירו הכתובים תמיד על השבת כשם שמזהירים תמיד על עבודה זרה, והענין לפי שהיא שקולה כנגד כל המצות ומי שאינו משמר את השבת מכחיש מעשה בראשית.

« Mes Shabbats vous garderez et Mon Sanctuaire vous craindrez. » Selon le sens simple, les Écritures avertissent toujours à propos du Shabbat, comme elles avertissent toujours à propos de l’idolâtrie ; et la raison en est qu’il équivaut à tous les commandements, et que celui qui ne garde pas le Shabbat nie l’œuvre de la création.

Vayikra 19:30 · commentaire 2

וע"ד המדרש את שבתותי תשמרו ומקדשי תיראו, הזכיר שמירה לשבת ומורא למקדש, יכול יהא ירא מן הקדש ת"ל את שבתותי תשמרו, מה שבת לא מן השבת אתה ירא אלא ממי שצוה על השבת אף מקדש לא מן המקדש אתה ירא אלא ממי שצוה על המקדש. אין לי אלא בזמן שביהמ"ק קיים בזמן שאין ביהמ"ק קיים מנין, ת"ל את שבתותי תשמרו, ומה שמירת שבת לעולם אף מוראת מקדש לעולם. ועוד דרשו בו בכתוב הזה בתורת כהנים יכול יהא בנין ביהמ"ק דוחה שבת, ת"ל את שבתותי תשמרו ומקדשי תיראו.

Et selon le Midrash : « Mes Shabbats vous garderez et Mon Sanctuaire vous craindrez » : il a mentionné la garde pour le Shabbat et la crainte pour le Sanctuaire. On pourrait penser qu’il doive craindre le Sanctuaire (miqdash) ; le verset dit « Mes Shabbats vous garderez » : de même que, pour le Shabbat, ce n’est pas du Shabbat que tu as crainte, mais de Celui qui a ordonné le Shabbat, de même, pour le Sanctuaire, ce n’est pas du Sanctuaire que tu as crainte, mais de Celui qui a ordonné le Sanctuaire. Je n’ai que le temps où le Temple existe ; quand le Temple n’existe pas, d’où le sait-on ? Le verset dit « Mes Shabbats vous garderez » : de même que la garde du Shabbat est pour toujours, de même la crainte du Sanctuaire est pour toujours. Et ils ont encore expliqué à ce verset, dans la Torat Kohanim : on pourrait penser que la construction du Temple repousse le Shabbat ; le verset dit « Mes Shabbats vous garderez et Mon Sanctuaire vous craindrez ».

Vayikra 19:30 · commentaire 3

וע"ד הקבלה את שבתותי תשמרו, כבר בארתי בסדר נשא, גם בתחלת הסדר הזה, אבל בכאן הוסיף באור כשאמר ומקדשי תיראו, ובאר בזה כי השבת האחד הוא השבת הגדול והוא זכור, והאחד הוא המקדש שהיא כנסת ישראל בת זוגו של שבת, והוא שמור ולכך אין ראוי שתהיה מלאכת בית המקדש דוחה את השבת והמקדש, וזה מבואר.

Et selon la Kabbale : « Mes Shabbats vous garderez » : j’ai déjà expliqué dans la section Naso, et aussi au début de cette section ; mais ici il a ajouté une lumière lorsqu’il a dit « et Mon Sanctuaire vous craindrez », et il explique par là que l’un des Shabbats est le grand Shabbat, et c’est « zakhor » ; et l’autre est le Sanctuaire, qui est l’Assemblée d’Israël, compagne du Shabbat, et c’est « shamor » ; et c’est pourquoi il ne convient pas que le travail du Temple repousse le Shabbat et le Sanctuaire ; et cela est clair.

Vayikra 19:32 · commentaire 1

מפני שיבה תקום. אפילו זקן אשמאי, כלומר בור, תרגום לא תשם (בראשית מז) לא תבור.

« Devant les cheveux blancs tu te lèveras. » Même devant un vieillard « ashmai », c’est-à-dire ignorant (bour) ; le Targoum de « lo tashem » (Genèse 47) est « lo tavour ».

Vayikra 19:32 · commentaire 2

והדרת פני זקן. אפילו יניק וחכים, וכמו שאמר אין זקן אלא זה שקנה חכמה, שנאמר (משלי ח) ה' קנני ראשית דרכו. וכן דעת התרגום אבל תלה החכמה במלת שיבה שתרגם מפני שיבה מן קדם דסבר באורייתא, כלומר מפני שיבה תקום זו תורה שבכתב, והדרת פני זקן זו תורה שבעל פה.

« Et tu honoreras la face du vieillard. » Même un jeune homme (yaniq) qui est sage, et comme il a dit : « vieillard » n’est que celui qui a acquis la sagesse, car il est dit (Proverbes 8,22) « l’Éternel m’a acquis (qanani) au commencement de Sa voie ». Et tel est aussi l’avis du Targoum, mais il rattache la sagesse au mot « seiva » (cheveux blancs), en traduisant « mipnei seiva » par « min qodam desavar be’orayta » (devant celui qui raisonne dans la Torah), c’est-à-dire : « devant les cheveux blancs tu te lèveras » est la Torah écrite, et « tu honoreras la face du vieillard » est la Torah orale.

4e montée 19:33–19:37

Vayikra 19:35 · commentaire 1

לא תעשו עול במשפט. כבר הזהיר למעלה לא תעשו עול במשפט לא תשא פני דל, אבל המשפט אשר שם הוא דיני התורה הכתובים בסדר משפטים, ושבכאן הוא משפטי המדינות וחוקיהם וסדוריהם בעניני המשקלות והמדות, וכענין שכתוב (שמות ט״ו:כ״ה) שם שם לו חק ומשפט, שהוא על דרך הפשט משפטי המדבר וחקיו.

« Vous ne ferez pas d’iniquité dans le jugement. » Il a déjà averti plus haut « vous ne ferez pas d’iniquité dans le jugement, tu ne favoriseras pas le pauvre » ; mais le jugement qui est là-bas désigne les lois de la Torah écrites dans la section Mishpatim, tandis que celui d’ici désigne les règles des sociétés, leurs lois et leur organisation en matière de poids et de mesures ; et comme il est écrit (Exode 15,25) « là Il lui établit loi et jugement », ce qui est, selon le sens simple, les jugements du désert et ses lois.

Vayikra 19:35 · commentaire 2

במדה. זו חלוקת קרקע, כגון האחין שחלקו קרקע ומדדו לאחד מהם בימות הגשמים אין מודדין לשני בימות החמה באותו חבל, לפי שהחבל הוא לח בימות הגשמים לרבוי ליחות הזמן והוא מתארך ומתרכך כל צרכו, אבל בימות החמה הוא כווץ ומתקצר, והרי השני מתאנה.

« Dans la mesure (bamidda). » C’est le partage de terrain, par exemple des frères qui ont partagé un terrain : s’ils ont mesuré pour l’un d’eux en saison des pluies, on ne mesure pas pour le second en saison chaude avec la même corde, parce que la corde est humide en saison des pluies, à cause de l’abondance d’humidité de la saison, et qu’elle s’allonge et s’assouplit autant qu’il faut, tandis qu’en saison chaude elle se contracte et se raccourcit, et voilà que le second est lésé.

Vayikra 19:35 · commentaire 3

במשקל שלא יטמין משקלותיו במלח, וזו אזהרה למוכר שלא יחסר מדותיו ולא יפסיד ללוקח, ולפי שהמלח שואב ומוציא את בלעו המשקל מיקל, וכן אמרו בירושלמי מפני שהמלח שואב את המשקל.

« Dans le poids (bamishqal) » : qu’il ne cache pas ses poids dans le sel ; et c’est un avertissement au vendeur de ne pas diminuer ses mesures ni léser l’acheteur ; et comme le sel aspire et fait sortir ce que [le poids] a absorbé (bil‘o), le poids s’allège ; et ainsi ont-ils dit dans le Yerushalmi : parce que le sel aspire le poids.

Vayikra 19:35 · commentaire 4

ובמשורה דרשו רז"ל שלא ירתיח, משורה זו מדת הלח, וכשהמוכר ממלא את המדה ומרתיח נמצאת המדה חסרה לאחר זמן, והרתחה זו היא אופיא שעל פני המדה הנקראת אשקומ"א בלע"ז, ועל כן יש להשהות המדה מעט עד שתחסר כל צרכה ויחזור וימלאנה כראוי. ועוד יכלול ובמשורה שדרשו רז"ל שלא ירתיח, שיש לו להזהר, שיתן המשקה בנחת כדי שתתמלא כראוי, שאם הוא נותן מדת היין או השמן בחפזה ובמהירות יתכנס האויר בתוך המדה ויתנשא המשקה ונראית המדה מלאה לשעתה ויהיה החסרון נכר לאחר זמן.

Et « oubamesoura », nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : qu’il ne fasse pas mousser (shelo yarti‘ah). La meshoura est la mesure des liquides ; lorsque le vendeur remplit la mesure et la fait mousser, la mesure se trouve diminuée après un certain temps ; et cette formation de mousse est l’écume (ofia) qui est à la surface de la mesure, appelée « asqouma » en langue étrangère ; et c’est pourquoi il faut laisser reposer la mesure un peu, jusqu’à ce qu’elle ait diminué autant qu’il faut, puis la remplir de nouveau comme il convient. Et encore, « oubamesoura », qu’ils ont expliqué comme « qu’il ne fasse pas mousser », comprend ceci : il doit veiller à verser le liquide doucement afin qu’elle se remplisse comme il convient ; car s’il donne la mesure de vin ou d’huile en hâte et vite, l’air entre dans la mesure et la boisson monte, et la mesure paraît pleine sur le moment, tandis que le manque sera visible plus tard.

ודרשו רז"ל שהמשורה היא מדה קטנה מאד, והוא שאמרו קל וחומר ומה משורה שהיא אחד מל"ו בלוג הקפידה עליו תורה קל וחומר להין וחצי הין ושלישית הין ולוג וחצי לוג ושלישית לוג, ולא נכתב משורה אלא לעבור עליה משעת הרתחה ואע"פ שלא מכר לו, כשם שאמרו במשקל לעבור עליו משעת עשיה ואע"פ שלא נשתמש בו.

Et nos Sages ont expliqué que la meshoura est une très petite mesure, et c’est ce qu’ils ont dit : a fortiori, si pour la meshoura, qui est un trente-sixième de log, la Torah a été scrupuleuse, a fortiori pour le hin, le demi-hin, le tiers de hin, le log, le demi-log et le tiers de log ; et la meshoura n’a été écrite que pour qu’il transgresse dès le moment de la formation de mousse, même s’il n’a pas vendu à celui-là, comme ils ont dit pour le poids : pour transgresser dès le moment de la fabrication, même s’il ne l’a pas utilisé.

וכן מצינו שהזכיר שלמה המלך ע"ה על מדות הלב הרעות וסמך והזהיר מיד על מדות עץ ואבן, הוא שאמר (משלי כ׳:ט׳) מי יאמר זכיתי לבי טהרתי מחטאתי, וסמך לו מיד אבן ואבן איפה ואיפה תועבת ה' גם שניהם, לבאר כי כשם שיענש האדם על המחשבה הרעה ואע"פ שלא הוציאה לפועל, כן יענש על עשית מדות השקר והעול ואע"פ שלא שקל ולא הונה בהן הרי הוא עובר משעת עשיה, וכמו שדרשו רז"ל בענין עבודה זרה משעת עשיה קם לי בארור, שנאמר (דברים כ״ז:ט״ו) ארור האיש אשר יעשה פסל ומסכה, וכן עוד משעת עשיה קם ליה בחטא, שנאמר (שם ט) ואת חטאתכם אשר עשיתם את העגל.

Et de même nous trouvons que Shelomo, le roi, que la paix soit sur lui, a mentionné les attributs mauvais du cœur et a juxtaposé aussitôt l’avertissement sur les mesures de bois et de pierre ; c’est ce qu’il dit (Proverbes 20,9) « qui dira : j’ai purifié mon cœur, je suis pur de mon péché ? », et il a juxtaposé aussitôt « poids et poids, épha et épha, abomination de l’Éternel, tous deux », pour expliquer que, de même que l’homme sera puni pour la pensée mauvaise même s’il ne l’a pas mise en acte, de même il sera puni pour la fabrication de mesures fausses et injustes, même s’il n’a pas pesé ni trompé avec elles : il transgresse dès le moment de la fabrication. Et comme nos Sages, de mémoire bénie, l’ont expliqué à propos de l’idolâtrie : dès le moment de la fabrication, il est tenu pour maudit à Mes yeux, car il est dit (Deutéronome 27,15) « maudit l’homme qui fera une statue ou une image de métal fondu » ; et de même encore : dès le moment de la fabrication, il est tenu pour fautif, car il est dit (ibid. 9) « et votre péché, ce que vous avez fait, le veau ».

ולכך נכתב משורה שהרי בודאי אם יש במשורה זו שוה פרוטה תיפוק ליה משום לא תגזול, אם אין שם שוה פרוטה אינו עובר בלאו שהרי אין גופו ממון, ואם כן למה נכתב, לחייבו משעת הרתחה. ודרשו רז"ל א"ר לוי קשה ענשן של מדות מענשן של עריות, משום דעריות אפשר בתשובה כל זמן שלא הוליד אבל אם הוליד ממזר הרי זה מעוות לא יוכל לתקון וכמו שדרשו רז"ל ביבמות. אבל ענשן של מדות שגוזל הבריות אי אפשר בתשובה שאינו יודע למי ישיב.

Et c’est pourquoi la meshoura a été écrite, car assurément, s’il y a dans cette meshoura la valeur d’une pérouta, on l’aurait déduit de « tu ne raviras pas » ; s’il n’y a pas là la valeur d’une pérouta, il ne transgresse pas l’interdit, puisque la quantité en cause n’a pas en elle-même une valeur monétaire ; et s’il en est ainsi, pourquoi a-t-elle été écrite ? Pour le rendre passible dès le moment de la formation de mousse. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : Rabbi Lévi a dit : la peine des mesures est plus dure que la peine des relations interdites, parce que pour les relations interdites la repentance est possible tant qu’il n’a pas engendré ; mais s’il a engendré un mamzer, voilà « ce qui est tordu ne peut être redressé », comme nos Sages, de mémoire bénie, l’ont expliqué dans Yevamot. Mais la peine des mesures, par lesquelles il vole les créatures, la repentance n’est pas possible, car il ne sait pas à qui restituer.

5e montée 20:1–20:7

Vayikra 20:2 · commentaire 1

אשר יתן מזרעו למולך מות יומת עם הארץ ירגמוהו באבן. דרשו רז"ל אשר יתן מזרעו, מקצת זרעו חייב כל זרעו פטור. ובאורו פטור מסקילה, כי כשנתן מקצת זרעו הוא חייב סקילה ויש לו כפרה באותה מיתה כיון שקבל דינו בעוה"ז, שהרי כל מי שמתחייב מיתה מארבעת מיתות בית דין הרי הוא מתודה ומתכפר והוא זוכה לחיי העוה"ב, וכן דרך כל המומתין שמתודין, וכמו שמצינו בעכן שנתחייב מיתת בית דין והתודה ואמר לו יהושע (יהושע ז) יעכרך ה' ביום הזה, ודרשו בו רז"ל היום הזה אתה עכור ואי אתה עכור לעוה"ב.

« Qui donnera de sa descendance à Molokh sera mis à mort ; le peuple du pays le lapidera avec des pierres. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « de sa descendance » : une partie de sa descendance, il est passible ; toute sa descendance, il est exempt. Et son explication : exempt de la lapidation, car lorsqu’il a donné une partie de sa descendance, il est passible de lapidation, et il a une expiation par cette mort puisqu’il a reçu son jugement dans ce monde ; car quiconque devient passible de mort parmi les quatre morts du tribunal, voilà qu’il fait la confession et obtient l’expiation et mérite la vie du monde à venir, et telle est la voie de tous ceux qu’on met à mort, qui font la confession ; comme nous le trouvons pour ‘Akhan, qui était passible de la mort par le tribunal, fit la confession, et Yehoshoua lui dit (Josué 7,25) « que l’Éternel te trouble en ce jour », et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué à son sujet : en ce jour tu es troublé, mais tu n’es pas troublé dans le monde à venir.

אבל זה שהרשיע כל כך והעמיק שחת לתת כל זרעו למולך פטור הוא ממיתת בית דין ואינו מתודה ואינו מתכפר לו לעולם, אבל ענשו צרור ומונח לקשה מזה בידי שמים במשפטי גיהנם ויסוריו באחד ממדוריו, כי העון רשום בנפשו וקבוע בה כענין (במדבר טו) הכרת תכרת הנפש ההיא עונה בה האמור במגדף, שגופו נכרת ונפשו נכרתת מן העוה"ב.

Mais celui-ci, qui a été si méchant et a creusé si profondément la fosse en donnant toute sa descendance à Molokh, est exempt de la mort par le tribunal, et il ne fait pas la confession, et il n’obtient jamais d’expiation ; mais sa peine est serrée et déposée, pour plus dur que cela, entre les mains du ciel, dans les jugements de la géhenne, et ses tourments dans l’une de ses demeures ; car la faute est marquée dans son âme et fixée en elle, comme (Nombres 15) « sera retranchée, retranchée, cette âme-là, son iniquité est sur elle », qui est dit à propos du blasphémateur, dont le corps est retranché et l’âme retranchée du monde à venir.

וטעם מות יומת בבית דין, עם הארץ ירגמוהו באבן אם אין כח ביד בית דין, וכל זה בעדים והתראה, ואם אין שם עדים, ואני אתן את פני באיש ההוא והכרתי אותו, אם עשה כן בינו לבין עצמו ואין עדים בדבר, ואם יש עדים בדבר והעלם יעלימו עם הארץ את עיניהם ממנו מפני פחד בני המשפחה לבלתי המית אותו, הנה הקב"ה יכרית אותו ואת כל המסכימים עמו והמחפים עליו, ולכך הזכיר משפחתו בכלל העונש, הוא שאמר ושמתי אני את פני באיש ההוא ובמשפחתו.

Et le sens de « il sera mis à mort », c’est par le tribunal ; « le peuple du pays le lapidera avec des pierres », si le tribunal n’a pas de force ; et tout cela avec témoins et avertissement ; et s’il n’y a pas de témoins, « et Je tournerai Ma face contre cet homme-là et Je le retrancherai » — s’il a fait ainsi entre lui et lui-même, sans témoins dans l’affaire ; et s’il y a des témoins et que « le peuple du pays cache ses yeux de lui » par crainte des membres de la famille, pour ne pas le faire mourir, alors le Saint, béni soit-Il, le retranchera, lui et tous ceux qui sont d’accord avec lui et ceux qui le couvrent ; et c’est pourquoi il a mentionné sa famille dans la peine, c’est ce qu’il dit « et Je tournerai Ma face contre cet homme-là et contre sa famille ».

Vayikra 20:2 · commentaire 2

והרב ז"ל כתב בספר המורה בטעם המולך, כי עובדי האש בזמנים ההם היו עושין תחבולות לחזק אמונתם והיו מפרסמים שכל מי שלא יעביר בנו ובתו באש ימותו בניו, ואין ספק כי כל אחד ואחד היה משתדל לעשות כן לרוב חמלתו ופחדתו על הבן ולמעוט היזק הבן (ולקותו) [וקלותו] בכך שלא היה אלא להעבירו על האש, וכל שכן שהיו משתדלים בזה יותר בהיות ענין הבנים הקטנים מסור לנשים והיות הנשים דעתן קלה עליהן ושכלן חלוש להאמין כל דבר, ומפני זה עמדה התורה כנגד זאת הפעולה מאד ועשתה בה מן החזוקים מה שלא עשתה בשאר מיני עבודה זרה, וזהו שאמר למען טמא את מקדשי, והגיד לך הכתוב במי שעושה כן שהקב"ה יכרית זרעו, זהו שאמר ושמתי אני את פני באיש ההוא ובמשפחתו והכרתי אותו, כי כנגד מה שחשב במעשה הזה שיחיו בניו ויתקיים זרעו הודיענו שיאבד ויכרת זרעו, מדה כנגד מדה, עד כאן.

Et le Rav, de mémoire bénie, a écrit dans le Guide, à propos de la raison de Molokh, que les adorateurs du feu, à ces époques, usaient de stratagèmes pour renforcer leur croyance et faisaient publier que quiconque ne ferait pas passer son fils et sa fille par le feu verrait mourir ses fils ; et il n’y a pas de doute que chacun s’efforçait de le faire, à cause de sa grande compassion et de sa crainte pour le fils, et du peu de dommage pour le fils et de la légèreté de cela, puisque ce n’était que de le faire passer sur le feu ; et a fortiori ils s’y efforçaient d’autant plus que l’affaire des petits enfants était confiée aux femmes, et que les femmes sont légères d’esprit et ont l’intellect faible pour croire n’importe quoi ; et c’est pourquoi la Torah s’est dressée contre cette action avec force et y a fait de ces renforcements qu’elle n’a pas faits pour les autres sortes d’idolâtrie, et c’est ce qu’il a dit « afin de rendre impur Mon sanctuaire » ; et l’Écriture t’annonce, à propos de celui qui fait ainsi, que le Saint, béni soit-Il, retranchera sa descendance, c’est ce qu’il a dit « et Je tournerai Ma face contre cet homme-là et contre sa famille, et Je le retrancherai », car, contre ce qu’il pensait par cette action, que ses fils vivraient et que sa descendance subsisterait, Il nous a fait savoir que sa descendance périrait et serait retranchée, mesure pour mesure. Jusqu’ici.

וכבר כתבתי מזה בפסוק (ויקרא יח) ומזרעך לא תתן, כי דעת קצת המפרשים שהיה הבן נשרף בהעביר אותו באש הרבה פעמים עד שימות, ולא כן דעת הרב בכאן כי לא היה נשרף אלא העברה בעלמא, ולדבריו מה שכתוב (דברים יג) כי גם את בניהם ואת בנותיהם ישרפו באש לאלהיהם, איננה מולך כי אם ע"ז אחרת.

Et j’ai déjà écrit à ce sujet au verset (Lévitique 18) « et de ta descendance tu ne donneras pas », que l’avis de certains commentateurs est que le fils était brûlé lorsqu’on le faisait passer par le feu de nombreuses fois jusqu’à ce qu’il meure ; mais tel n’est pas l’avis du Rav ici, car il n’était pas brûlé, mais il y avait seulement un simple passage ; et selon ses paroles, ce qui est écrit (Deutéronome 13) « car même leurs fils et leurs filles, ils les brûlent au feu pour leurs dieux » n’est pas Molokh mais une autre idolâtrie.

Vayikra 20:3 · commentaire 1

ואני אתן את פני באיש ההוא. כתב הרמב"ן ז"ל ולא תמצא בכל התורה כולה בשום כרת שיזכיר מלת אני רק בכרת המולך שאמר ואני אתן את פני, ושמתי אני את פני, והכונה בזה כי שמו הגדול יכרית אותו כי הוא מחלל את שם קדשו ומטמא כנסת ישראל המקודשת לשמו, וכבר אמרו זה רז"ל במדרש כל הנהנה מן העוה"ז בלא ברכה כאלו גוזל הקב"ה וכנסת ישראל, שנאמר (משלי כ״ח:כ״ד) גוזל אביו ואמו ואומר אין פשע חבר הוא לאיש משחית, ואין אביו אלא הקב"ה ואין אמו אלא כנסת ישראל, וזהו (ישעיהו נ׳:א׳) ובפשעיכם שלחה אמכם.

« Et Je tournerai Ma face contre cet homme-là. » Le Ramban, de mémoire bénie, a écrit : et tu ne trouveras dans toute la Torah entière, dans aucun retranchement, qu’il mentionne le mot « Moi » (ani), sauf dans le retranchement de Molokh, où il dit « et Je tournerai Ma face » (ve’ani etten), « et Je mettrai, Moi, Ma face » ; et l’intention en est que Son grand Nom le retranchera, car il profane Son saint Nom et rend impure l’Assemblée d’Israël, sanctifiée à Son Nom. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont déjà dit cela dans le Midrash : quiconque jouit de ce monde sans bénédiction est comme s’il volait le Saint, béni soit-Il, et l’Assemblée d’Israël, car il est dit (Proverbes 28,24) « celui qui vole son père et sa mère et dit : ce n’est pas un péché, est compagnon de l’homme qui détruit » ; et son père n’est que le Saint, béni soit-Il, et sa mère n’est que l’Assemblée d’Israël ; et c’est (Isaïe 50,1) « et pour vos transgressions votre mère a été renvoyée ».

חבר הוא לאיש משחית, חבר הוא לירבעם שהשחית את ישראל לאביהם שבשמים. על אחת כמה וכמה המקריב למולך פרי בטנו שהוא גורם שתסתלק שכינה מישראל. ואמר למען טמא את מקדשי ולחלל את שם קדשי, כי הוא מטמא כנסת ישראל המקודשת לשמו והוא מחלל שמו הגדול, עד כאן לשון הרב. ובאר לנו מתוך דבריו כי מלת אני ברוב מקומות התורה הוא מדת הדין, ובמקום הזה הוא מדת רחמים לפי שהזכיר פני, ובענין המבול גם כן (בראשית ו׳:י״ז) ואני הנני מביא את המבול, ובתחלת וארא (שמות ו׳:ה׳) וגם אני שמעתי, וכל אחד מבואר ולמד מענינו.

« Compagnon de l’homme qui détruit » : compagnon de Yarov‘am, qui a corrompu Israël envers leur Père qui est aux cieux. A combien plus forte raison celui qui offre à Molokh le fruit de son ventre, qui cause le retrait de la Présence d’Israël. Et il a dit « afin de rendre impur Mon sanctuaire et de profaner Mon saint Nom », car il rend impure l’Assemblée d’Israël, sanctifiée à Son Nom, et il profane Son grand Nom. Jusqu’ici les termes du Rav. Et il nous explique, à partir de ses paroles, que le mot « ani », dans la plupart des endroits de la Torah, est l’attribut de rigueur, mais qu’en ce lieu c’est l’attribut de miséricorde, parce qu’il a mentionné « Ma face » ; et dans l’affaire du déluge aussi (Genèse 6,17) « et Moi, voici, Je fais venir le déluge », et au début de Vaéra (Exode 6,5) « et aussi Moi, J’ai entendu » ; et chacun est clair et s’apprend de son contexte.

6e montée 20:8–20:22

Vayikra 20:10 · commentaire 1

ואיש אשר ינאף את אשת איש. דרשו רז"ל אשת איש פרט לקטן, אשת רעהו פרט לעו"ג, מכאן שאין קדושין לעו"ג.

« Et l’homme qui commettra l’adultère avec la femme d’un homme. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « la femme d’un homme » : à l’exclusion d’un mineur ; « la femme de son prochain » : à l’exclusion d’un idolâtre (‘ovéd guilouléem) ; de là [on apprend] qu’il n’y a pas de qiddoushin pour un idolâtre.

Vayikra 20:15 · commentaire 1

ואת הבהמה תהרגו. פירש רש"י ז"ל אם אדם חטא בהמה מה חטאה אלא מפני שבאה לאדם תקלה על ידה, לפיכך אמרה תורה תסקל, קל וחומר למי שיודע להבחין בין טוב לרע וגורם תקלה לחברו לעבור עברה על אחת כמה וכמה. כיוצא בדבר אתה אומר (דברים י״ב:ב׳) אבד תאבדון את כל המקומות, קל וחומר ומה האילנות שאינן רואין ולא שומעין על שבאה תקלה על ידן אמרה תורה השחת שרוף וכלה, המתעה חברו על אחת כמה וכמה.

« Et la bête, vous la tuerez. » Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : si l’homme a péché, la bête, qu’a-t-elle péché ? Mais c’est parce qu’une cause de chute est venue à l’homme par elle ; c’est pourquoi la Torah a dit « sera lapidée » ; a fortiori, celui qui sait discerner entre le bien et le mal et cause une chute à son prochain en lui faisant commettre une faute, d’autant plus. De même tu dis (Deutéronome 12,2) « vous détruirez tous les lieux » : a fortiori, si les arbres, qui ne voient ni n’entendent, parce qu’une cause de chute est venue par eux, la Torah a dit « détruis, brûle et anéantis », celui qui égare son prochain, d’autant plus.

Vayikra 20:17 · commentaire 1

ואיש אשר יקח את אחותו וגו' חסד הוא. ע"ד הפשט יכנה השכיבה בלשון קיחה, כי האיש הלוקח את האשה על דעת שישכב עמה יקחנה, וכן הזכיר למעלה ואיש אשר יקח את אשה ואת אמה, וכן איש אשר יקח את אשת אחיו, כולם כנוי לשכיבה. ואמר חסד הוא מלשון (משלי כ״ה:י׳) יחסדך שומע, ותרגום חרפה (בראשית לד) חסודא כלומר דבר מכוער.

« Et l’homme qui prendra sa sœur, etc., c’est une turpitude (‘hesed hou). » Selon le sens simple, il désigne la couche par le langage de la prise, car l’homme qui prend la femme dans l’idée de coucher avec elle la prend ; et de même il a mentionné plus haut « et l’homme qui prendra une femme et sa mère », et de même « l’homme qui prendra la femme de son frère » : tous sont un euphémisme pour la couche. Et il a dit « ‘hesed hou » de l’expression (Proverbes 25,10) « de peur que celui qui t’entend ne te couvre de honte (yehassedkha) », et le Targoum de « ‘herpa » (opprobre) (Genèse 34) est « ‘hasouda », c’est-à-dire une chose laide.

Vayikra 20:17 · commentaire 2

והרמב"ן ז"ל פירש חסד הוא שאין להוציאו מפשוטו כי הוא מורה על הפלגת דבר בין לשבח בין לגנאי, כי העושה המעשה הטוב והראוי ביותר יקרא חסד דרך הפלגה להפליג על הטוב, גם העושה המעשה הרע והמגונה מאד יקרא גם כן חסד להפליג על הרע, וזהו שאמר חסד הוא, כי השחית והתעיב עלילה והפליג בכעור.

Et le Ramban, de mémoire bénie, a expliqué : « ‘hesed hou » ne doit pas être sorti de son sens simple, car il indique le caractère extrême d’une chose, soit en éloge, soit en blâme : car celui qui fait l’action bonne et convenable au plus haut degré est appelé « ‘hesed » par amplification, pour marquer le degré extrême du bien, et aussi celui qui fait l’action mauvaise et fort répréhensible est appelé aussi « ‘hesed », pour marquer le degré extrême du mal ; et c’est ce qu’il a dit « ‘hesed hou », car il a corrompu et rendu abominable l’acte et atteint un degré extrême de laideur.

Vayikra 20:17 · commentaire 3

וע"ד המדרש ואיש אשר יקח את אחותו וגו' חסד הוא, זה קין שנשא אחותו, חסד הוא חסד ממש, שנאמר (תהלים פט) כי אמרתי עולם חסד יבנה. מכאן אמרו ראויה היתה לו בתו לאדם הראשון אלא שעשה חסד עם קין ונתן לו בתו. וזהו שאמר חסד הוא, שאלמלא כן לא היה העולם מתישב.

Et selon le Midrash : « et l’homme qui prendra sa sœur, etc., ‘hesed hou » : c’est Caïn qui épousa sa sœur ; « ‘hesed hou », grâce véritable, car il est dit (Psaumes 89,3) « car j’ai dit : le monde sera bâti par la grâce ». De là ils ont dit : sa fille était digne de lui, d’Adam le premier, mais il fit grâce à Caïn et lui donna sa fille. Et c’est ce qu’il a dit « ‘hesed hou », car sans cela le monde n’aurait pas été peuplé.

Vayikra 20:21 · commentaire 1

ואיש אשר יקח את אשת אחיו נדה היא. אין הכונה נדה ממש בשפע דם, אלא כלשון שאמר זמה היא, וכן חסד הוא, לומר ששכיבה זאת של אשת אח נדה היא, כלומר מאוסה היא כנדה. ודרשו רז"ל נדה היא לאסור בה העראה כזבה שהעראה מפורשת בה, שנאמר (ויקרא כ) את מקורה הערה.

« Et l’homme qui prendra la femme de son frère, c’est une impureté (niddah). » Il ne s’agit pas d’une niddah proprement dite, avec flux de sang, mais comme le langage qu’il a dit « zima hi », et de même « ‘hesed hou », pour dire que cette couche de la femme du frère est niddah, c’est-à-dire qu’elle est répugnante comme une niddah. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « niddah hi » pour interdire l’union commencée (ha‘ara‘a), comme pour la zava, pour qui la ha‘ara‘a est explicitée, car il est dit (Lévitique 20) « sa source, il l’a mise à nu ».

Vayikra 20:21 · commentaire 2

ובמדרש נדה היא, מה נדה יש לה התר אף אשת אח יש לה התר. והנה כל העריות שהוזכרו בפרשה זו כבר הזכירם למעלה בסדר אחרי מות אבל שם הזכירם בלאו ולא הזכיר העונש כלל וכאן חזר ושנה בהן כדי להזכיר העונש, והזכיר את כלן חוץ משתי אחיות לכבוד יעקב. ומה שאמר ערירים יהיו, והכתוב שלמעלה אמר ערירים ימותו, באור זה אם יש לו בנים קוברן זהו ערירים ימותו, ואם אין לו בנים מת בלא בנים זהו ערירים יהיו.

Et dans le Midrash : « niddah hi » : de même que l’interdiction liée à la niddah peut prendre fin, de même l’union avec la femme du frère peut devenir permise. Et voici que toutes les relations interdites mentionnées dans cette section, il les a déjà mentionnées plus haut dans la section Aharé Mot, mais là il les a mentionnées sous forme d’interdit et n’a pas du tout mentionné la peine, et ici il les répète pour mentionner la peine ; et il les a toutes mentionnées, sauf [le fait de prendre] deux sœurs, en l’honneur de Yaaqov. Et quant à ce qu’il a dit « ils seront sans enfants » (‘aririm yihyou), alors que le verset plus haut a dit « ils mourront sans enfants » (‘aririm yamoutou), l’explication en est : s’il a des fils, il les enterre — c’est « ils mourront sans enfants » ; et s’il n’a pas de fils, il meurt sans fils — c’est « ils seront sans enfants ».

7e montée 20:23–20:27

Vayikra 20:24 · commentaire 1

ואני אתננה לכם. בשלש מלות אלו יבאר הכתוב כי השם המיוחד יבטיח לתת הארץ המיוחדת לישראל שהם עם מיוחד, זהו שאמר ואני אתננה לכם, כי הארץ ההיא ארצי ואתם עמי ביחוד, לא השלטתי עליכם שום כוכב ומזל גם לא מלאך ושרף כי אתם לחלקי לא לחלקם, ואני לאלהים לכם לא לעו"ג, רק אני להם אלהי האלהים. כך פירש הרמב"ן ז"ל, ואע"פ שאין זה לשונו זאת היא כוונתו.

« Et Moi, Je vous la donnerai (ve’ani etteneha lakhem). » Par ces trois mots, l’Écriture explique que le Nom unique promet de donner le pays unique à Israël, qui est un peuple unique ; c’est ce qu’il a dit « et Moi, Je vous la donnerai » : car ce pays est Mon pays, et vous êtes Mon peuple en unité ; Je n’ai fait dominer sur vous aucune étoile ni constellation, ni ange ni séraphin, car vous êtes Ma part, non leur part ; et Je suis pour vous Dieu, non pour les idolâtres, mais Je suis pour eux le Dieu des dieux. Ainsi l’a expliqué le Ramban, de mémoire bénie ; et bien que ce ne soit pas sa formulation, telle est son intention.

Vayikra 20:26 · commentaire 1

ואבדיל אתכם מן העמים להיות לי. חכמת התורה חייבה לנו להיותנו מובדלין במאכלנו ובמשתנו ובמלבושינו, ומתוך שאנו מסוגלין במצות התורה הם מקנאים בנו ומתוך קנאתם ישנאו אותנו, וכענין שדרשו רז"ל הר חורב שמו ולמה נקרא שמו סיני שמשם יצאה שנאה לעובדי גלולים.

« Et Je vous séparerai des peuples pour que vous soyez à Moi. » La sagesse de la Torah nous a obligés à être séparés dans notre nourriture, dans notre boisson et dans nos vêtements ; et du fait que nous nous distinguons par les commandements de la Torah, ils sont jaloux de nous, et par leur jalousie ils nous haïront, comme l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie : « Horeb est son nom » ; et pourquoi s’appelle-t-il Sinaï ? Parce que de là est sortie la haine (sin’a) pour les idolâtres.

Vayikra 20:26 · commentaire 2

ובמדרש ואבדיל אתכם מן העמים להיות לי, אם מובדלים אתם מן העו"ג הרי אתם שלי ואם לאו הרי אתם של נבוכדנצר וחבריו, רבי אלעזר בן עזריה אמר מנין שלא יאמר אדם אי אפשי ללבוש כלאים ואי אפשר לבא על הערוה אי אפשי לאכול בשר חזיר, אלא אפשי ומה אעשה ואבי שבשמים גזר עלי, תלמוד לומר ואבדיל אתכם מן העמים להיות לי, שתהא הבדלתכם מהם לשמים ונמצא פורש מן העברה ומקבל עליו עול מלכות שמים.

Et dans le Midrash : « et Je vous séparerai des peuples pour que vous soyez à Moi » : si vous êtes séparés des idolâtres, vous êtes à Moi ; sinon, vous êtes à Nabuchodonosor et à ses compagnons. Rabbi Elazar ben Azarya a dit : d’où [apprend-on] que l’homme ne doit pas dire : je n’ai pas envie de porter du kil’ayim, ni d’avoir des relations interdites, ni de manger de la viande de porc — mais : j’en ai envie, et que faire, mon Père qui est aux cieux a décrété sur moi ? Le verset dit « et Je vous séparerai des peuples pour que vous soyez à Moi » : que votre séparation d’avec eux soit pour le Ciel ; et il se trouve qu’il s’abstient de la faute et accepte sur lui le joug du Royaume des cieux.

ומה שהזכיר לשון העמים כאלו אמר חשכים, תרגום כהה (ויקרא יג) עמיא, כי האומות כהו עיניהם מראות אור התורה לפי שאין להם תורה והולכים בדרכי החשך, וכענין שכתוב (ישעיהו כ״ט:ט״ו) והיה במחשך מעשיהם ומזומנים הם לגיהנם שנקרא חשך, שנאמר (איוב כ׳:כ״ו) כל חשך טמון לצפוניו, וכתיב (שמואל א) ורשעים בחשך ידמו. אבל ישראל זוכים הם לאור הגנוז וצפון לצדיקים לעתיד לבא בזכות שקבלו התורה הנקראת אור, שנאמר (תהילים קי״ט:ק״ה) נר לרגלי דברך ואור לנתיבתי.

Et quant à ce qu’il a mentionné l’expression « les peuples » (‘amim), comme s’il disait « ténébreux » — le Targoum de « kehé » (terne) (Lévitique 13) est « ‘amya » —, c’est que les nations ont leurs yeux ternes pour voir la lumière de la Torah, parce qu’elles n’ont pas de Torah et marchent dans les voies des ténèbres, comme il est écrit (Isaïe 29,15) « et leurs actions sont dans l’obscurité » ; et elles sont destinées à la géhenne, qui s’appelle « ténèbres », car il est dit (Job 20,26) « toute ténèbre est cachée pour ses trésors », et il est écrit (1 Samuel 2,9) « et les méchants se tairont dans les ténèbres ». Mais Israël mérite la lumière cachée et gardée pour les justes dans le futur, par le mérite d’avoir reçu la Torah, appelée lumière, car il est dit (Psaumes 119,105) « ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière à mon sentier ».