Vayikra · RABBÉNOU BÉ’HAYÉ

Émor

Vayikra 21:1–24:23 · 78 entrées de commentaire

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Les difficultés connues restent signalées dans les notes. Les introductions se trouvent au début de leur paracha et font partie de la première montée.

1re montée 21:1–21:15

Vayikra 21:1 · commentaire 1

שפתים ישק משיב דברים נכוחים (משלי כד, כו)

« Il baise les lèvres, celui qui répond par des paroles droites. » (Proverbes 24,26)

Vayikra 21:1 · commentaire 2

שלמה המלך ע"ה למד בכאן (משלי כד) על מעלת החכם אשר דבריו ערבים על הבריות והכל חפצים לשמען מפני שהוא מדבר דברים נכוחים ומשיב בהם לכל שואל, ואין הכונה שראוי לנשקו בשפתים, כי מה יבא ללמד, ועוד שאם כן היה לו לומר שפתים יושק, אבל יאמר הכתוב שפתי השומעין ישק מי שהוא משיב דברים נכוחים, והכונה לומר כי אזני הבריות קשובות לדבריו ולבם נכון ושלם עמו לשמען כאלו היה הוא נושק שפתי השומעין, לפי שהוא רצוי אחיו ודבריו נשמעים ומקובלים להם, זהו על דרך הפשט.

Le roi Shelomo, que la paix soit sur lui, enseigne ici (Proverbes 24) la grandeur du sage dont les paroles sont agréables aux créatures, et que tous désirent entendre, parce qu’il dit des paroles droites et en répond à tout questionneur ; et l’intention n’est pas qu’il convienne de le baiser sur les lèvres, car à quoi cela servirait-il ? Et de plus, s’il en était ainsi, il aurait dû dire « shefatayim yushaq » (les lèvres seront baisées) ; mais l’Écriture dit : les lèvres des auditeurs, il les baisera, celui qui répond par des paroles droites ; et l’intention est de dire que les oreilles des gens sont attentives à ses paroles et que leur cœur est droit et entier avec lui pour les écouter, comme s’il baisait les lèvres des auditeurs, parce qu’il est agréé de ses frères, et que ses paroles sont écoutées et reçues par eux. Tel est le sens simple.

Vayikra 21:1 · commentaire 3

וע"ד הקבלה שפתים ישק משיב דברים נכוחים, קרא דברי החכמה דברי נכוחים כענין שכתוב (שם ח) כלם נכוחים למבין, ולשון ישק לפי שהנשיקה דבקות גופני בא המשל על דבקות שכלי כלשון (שיר השירים א׳:ב׳) ישקנו מנשיקות פיהו ומלת שפתים מלשון שפת הנהר שענינו גבול.

Et selon la Kabbale : « il baise les lèvres, celui qui répond par des paroles droites » : il a appelé les paroles de la sagesse « paroles droites (nekhoho’im) », comme il est écrit (ibid. 8) « toutes sont droites pour celui qui comprend » ; et le langage « yishaq » (il baisera) — parce que le baiser est un attachement corporel, la comparaison vient pour un attachement intellectuel, comme le langage (Cantique 1,2) « qu’il me baise des baisers de sa bouche » ; et le mot « sefatayim » (lèvres) est de l’expression « sefat hanahar » (rive du fleuve), dont le sens est limite.

ובאור הכתוב כי החכם המתבונן בעקרי החכמה העליונה שאין מחשבתו נפרדת ממנה לעולם והוא המשיב בה לכל שואל דברים נכוחים שפתים ישק, הלא הוא בסוף דבק בגבולי החכמה ההיא, ומעלת הדבקות הזה היא מיתת נשיקה שהוא הדבקות בשם הנכבד, והיא מעלת החשק שהזכיר דוד ע"ה (תהילים צ״א:י״ד) כי בי חשק ואפלטהו, והצדיק הזוכה אל המעלה הזאת אין מיתתן על ידי הכח המשחית כשאר בני העולם.

Et l’explication du verset : le sage qui considère les racines de la sagesse supérieure, dont la pensée ne se sépare jamais, et qui y répond à tout questionneur par des paroles droites, « baise les lèvres » : ne s’attache-t-il pas, à la fin, aux limites de cette sagesse ? Et la grandeur de cet attachement est la mort par baiser (mitat neshika), qui est l’attachement au Nom glorieux ; et c’est la grandeur du désir (‘heshek) que David, que la paix soit sur lui, a mentionné (Psaumes 91,14) « car il m’a désiré, Je le délivrerai » ; et le juste qui mérite cette grandeur, sa mort n’est pas par la force destructrice, comme celle des autres gens du monde.

והנה משה ואהרן ומרים זכו אליה, שהזכיר בהם הכתוב (במדבר ל״ג:א׳) על פי ה', והיא מיתת נשיקה, אבל במרים לא נאמר על פי ה' כי אינו דרך כבוד של מעלה, ואמר ר' אליעזר מרים נמי בנשיקה מתה דאתיא שם שם ממשה, ומפני מה לא נאמר על פי, שגנאי הדבר לומר וכו'. וכן באבות העולם שכתוב בהם בכל מכל כל.

Et voici que Moché, Aharon et Miryam y ont eu part, car l’Écriture dit d’eux (Nombres 33,38) « sur l’ordre (‘al pi) de l’Éternel », et c’est la mort par baiser ; mais pour Miryam il n’est pas dit « sur l’ordre de l’Éternel », parce que ce n’est pas la manière honorable d’en haut ; et Rabbi Eliézer a dit : Miryam aussi est morte par baiser, car on le déduit de Moché par l’analogie verbale « sham–sham » ; et pourquoi n’est-il pas dit « ‘al pi » ? Car il est indécent de dire, etc. Et de même chez les patriarches du monde, dont il est écrit « bakol, mikol, kol ».

גם רבינו הקדוש ז"ל זכה אליה לפי שברור הדבר מתוך שנתעלה בהשגת החכמה לא היתה מיתתו על ידי המלאך המשחית, ודרשו רז"ל בשעת פטירתו של רבי זקף עשר אצבעותיו כלפי מעלה ואמר, רבונו של עולם גלוי וידוע לפניך שיגעתי בעשר אצבעותי ולא נהניתי אפילו באצבע קטנה שלי, יהי רצון מלפניך שיהא שלום במנוחתי, יצתה בת קול ואמרה יבא שלום ינוח על משכבו.

Et notre saint maître aussi y eut part, car il est clair que, du fait qu’il s’était élevé dans la saisie de la sagesse, sa mort ne fut pas par l’ange destructeur ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : à l’heure du décès de Rabbi, il dressa ses dix doigts vers le haut et dit : Maître du monde, il est manifeste et connu devant Toi que j’ai peiné de mes dix doigts et que je n’ai pas joui même d’un petit doigt ; qu’il soit agréé devant Toi que la paix soit dans mon repos. Une voix céleste sortit et dit : « Il entrera dans la paix, il reposera sur sa couche. »

ואמרו בירושלמי כד דמך ר' יהודה נשיאה הכריז ר' ינאי אין כהונה היום, וטעם הדבר מפני שהכהנים מוזהרין על טומאת המת לפי שהם משרתי עליון מקודשים לעבודתו, וכיון שמיתתו היתה שלא ע"י הכח המשחית אלא ע"י שכינה לא היתה שם טומאה. ולכך הכריז ר' ינאי אין כהונה היום, לפי שהכהנים נתעסקו בקבורתו ונסתלקה מעליהם תורת כהונה היום, אבל שאר בני העולם שמיתתן ע"י הכח המשחית שהוא סבת טומאת המת הנה הכהנים מוזהרין מזה שלא יטמאו, וזהו שכתוב.

Et ils ont dit dans le Yerushalmi : lorsque mourut Rabbi Yehouda haNassi, Rabbi Yannaï proclama : il n’y a pas de sacerdoce aujourd’hui ; et la raison de la chose : les prêtres sont avertis à propos de l’impureté du mort parce qu’ils sont les serviteurs du Très-Haut, sanctifiés à Son service ; et puisque sa mort ne fut pas par la force destructrice, mais par la Présence, il n’y eut pas là d’impureté. Et c’est pourquoi Rabbi Yannaï proclama « pas de sacerdoce aujourd’hui », parce que les prêtres se sont occupés de son enterrement et que la loi du sacerdoce s’est retirée d’eux ce jour-là ; mais pour les autres gens du monde, dont la mort est par la force destructrice, qui est la cause de l’impureté du mort, les prêtres sont avertis de ne pas se rendre impurs ; et c’est ce qui est écrit :

Vayikra 21:1 · commentaire 4

אמור אל הכהנים בני אהרן ואמרת אליהם לנפש לא יטמא בעמיו. אמר תחלה אמור אל הכהנים והחזיר עוד ואמרת אליהם, ושעורו, אמור אל הכהנים, הפרשה של מעלה, כי הם מורי התורה מזהירים את העם, ואמרת אליהם פרשה זו.

« Dis aux prêtres, fils d’Aharon, et dis-leur : pour une âme [morte], il ne se rendra pas impur parmi son peuple. » Il a dit d’abord « dis aux prêtres » et a répété encore « et dis-leur » ; et son explication : « dis aux prêtres », la section précédente, car ils sont les maîtres de la Torah qui avertissent le peuple ; et « dis-leur », cette section.

Vayikra 21:1 · commentaire 5

ורבותינו ז"ל פירשו אמור ואמרת להזהיר הגדולים על הקטנים. והאזהרה הזו לומר שלא נסייע בטומאת הקטנים בידים, ובאו בזה אזהרות רבות בתורה כפי מה שדרשו רז"ל בדם ובשרצים ובטומאה, ומהם נלמוד לכל אסורין שבתורה שלא נסייע באחד מהם שיעברו עליו הקטנים, אבל אם יעשו בהן לדעת עצמן אין אנו מצווין עליהם להפרישם, ויאמר הכתוב לפי המדרש הזה אמור אל הכהנים בני אהרן ותחזור ותאמר להם שלא יטמאו, ושיהיו כל בני אהרן נשמרים מזה ואפילו הקטנים.

Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué « dis » « et dis-leur » : pour avertir les grands à propos des petits. Et cet avertissement signifie que nous n’aiderons pas de nos mains à l’impureté des petits, et sont venus à ce propos de nombreux avertissements dans la Torah, selon ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué à propos du sang, des petites bêtes interdites (sheratsim) et de l’impureté ; et d’eux nous apprenons, pour tous les interdits de la Torah, que nous ne contribuerons activement à faire transgresser aux mineurs aucun de ces interdits ; mais s’ils les font de leur propre avis, nous ne sommes pas tenus de les en séparer. Et l’Écriture dit, selon ce Midrash : « dis aux prêtres, fils d’Aharon », puis tu répéteras et leur diras qu’ils ne se rendent pas impurs, et que tous les fils d’Aharon soient gardés de cela, même les petits.

Vayikra 21:1 · commentaire 6

ובמדרש אמור ואמרת, אמירה ראשונה שיטמא למת מצוה, אמירה שניה שלא יטמא לאחרים. ומה שהוצרך הכתוב לומר הכהנים והיה הכתוב ראוי לומר אמור אל בני אהרן, אבל היה זה להוציא החללים מכלל הפרשה, כי אע"פ שהם בני אהרן אינם כהנים. ולכך הוצרך לבאר הכהנים.

Et dans le Midrash : « dis » « et dis-leur » : premier dire : qu’il se rende impur pour un mort dont personne ne peut assurer la sépulture (met mitsva) ; deuxième dire : qu’il ne se rende pas impur pour les autres. Et quant à ce que l’Écriture a eu besoin de dire « aux prêtres », alors qu’il eût convenu de dire « dis aux fils d’Aharon », c’était pour exclure les descendants au statut sacerdotal invalidé (ḥalalim) du cadre de la section, car bien qu’ils soient fils d’Aharon, ils ne sont pas prêtres. C’est pourquoi il a fallu expliquer « les prêtres ».

Vayikra 21:1 · commentaire 7

בני אהרן. דרשו רז"ל ולא בנות אהרן, שאין אזהרת טומאת מת בנשים, וטעם הדבר כתבתי בסדר צו לפי שהנשים גרמו מיתה לעולם. ומה שנסמכה פרשה זו של כהנים לפסוק אוב וידעוני, אמרו במדרש צפה הקב"ה שעתיד שאול למלוך על ישראל ולהרוג נוב עיר הכהנים ולדרוש אוב וידעוני, שנאמר (שמואל א כ״ח:ז׳) ויאמר שאול לעבדיו בקשו לי אשת בעלת אוב ואלכה אליה ואדרשה בה, זה שאמר הכתוב (ישעיהו ח׳:י״ט) וכי יאמרו אליכם דרשו אל האובות ואל הידעונים המצפצפים והמהגים הלוא עם אל אלהיו ידרוש בעד החיים אל המתים, אמר להם אם יאמרו לכם אומות העולם הניחו את האלהים בשמים ודרשו אל האובות ואל הידעונים, אמרו להם הלוא עם אל אלהיו ידרוש, האם ישראל יניח אלהיו וידרוש אל המתים, כשם שאמר אליהו לאחזיהו (מלכים ב א׳:ו׳) המבלי אין אלהים בישראל אתה שולח לדרוש בבעל זבוב אלהי עקרון, למה נדרוש אל המתים, לאלהות מתים (תהילים קט״ו:ה׳) פה להם ולא ידברו עינים להם ולא יראו, בעד החיים, שכתוב בו (ירמיהו י׳:י׳) הוא אלהים חיים ומלך עולם.

« Fils d’Aharon. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : et non les filles d’Aharon, car l’avertissement sur l’impureté du mort ne concerne pas les femmes ; et la raison de la chose, je l’ai écrite dans la section Tsav : parce que les femmes ont causé la mort au monde. Et quant à la juxtaposition de cette section des prêtres au verset de l’ov et du yid‘oni, ils ont dit dans le Midrash : le Saint, béni soit-Il, a prévu que Shaoul règnerait sur Israël, tuerait Nov, la ville des prêtres, et consulterait un ov et un yid‘oni, car il est dit (1 Samuel 28,7) « et Shaoul dit à ses serviteurs : cherchez-moi une femme maîtresse d’ov, et j’irai vers elle et la consulterai ». C’est ce que dit l’Écriture (Isaïe 8,19) « et s’ils vous disent : consultez les ovot et les yid‘onim qui chuchotent et murmurent, un peuple ne consultera-t-il pas son Dieu ? Pour les vivants, [consulter] les morts ? » Il leur dit : si les nations du monde vous disent : laissez Dieu dans les cieux et consultez les ovot et les yid‘onim, dites-leur : « un peuple ne consultera-t-il pas son Dieu ? » Israël laisserait-il son Dieu pour consulter les morts ? Comme Eliyahou dit à Ahazyah (2 Rois 1,6) « est-ce faute de Dieu en Israël que tu envoies consulter Baal Zevoub, dieu d’Ekron ? » : pourquoi consulterions-nous les morts, la divinité des morts ? (Psaumes 115,5) « ils ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas » ; « pour les vivants », dont il est écrit (Jérémie 10,10) « Il est un Dieu vivant et roi du monde ».

אם תאמר ממי נדרוש, הרי הוא אומר (דברים י״ז:ט׳) ובאת אל הכהנים הלוים ואל השופט אשר יהיה בימים ההם ודרשת. א"ר יהושע דסכנין בשם רבי יהושע בן לוי הראה לו הקב"ה למשה דור דור ודרשיו דור דור ופרנסיו דור דור ומלכיו, והראהו שאול המלך הוא ובניו נופלים בחרב, אמר לפניו רבש"ע מלך ראשון שיעמוד ידקר בחרב, אמר לו אמור אל הכהנים בני אהרן עד כאן. ובסדר שופטים אבאר לך בעז"ה ענין בעלת אוב כי יש שם דעות וחלוק סברות.

Si tu dis : de qui consulterions-nous ? Il dit (Deutéronome 17,9) « et tu viendras vers les prêtres lévites et vers le juge qui sera en ces jours-là, et tu consulteras ». Rabbi Yehoshoua de Sikhnin a dit au nom de Rabbi Yehoshoua ben Lévi : le Saint, béni soit-Il, montra à Moché génération par génération et ses interprètes, génération par génération et ses dirigeants, génération par génération et ses rois, et Il lui montra Shaoul le roi, lui et ses fils, tombant par l’épée ; il dit devant Lui : Maître du monde, le premier roi qui se lèvera sera transpercé par l’épée ? Il lui dit : « dis aux prêtres, fils d’Aharon ». Jusqu’ici. Et dans la section Shoftim, je t’expliquerai, avec l’aide du Ciel, l’affaire de la maîtresse d’ov, car il y a là des avis et des opinions divergentes.

Vayikra 21:2 · commentaire 1

כי אם לשארו. שארו זו אשתו, שהיה לו בה קרוב בשר. הקרוב, ולא ארוסה. אליו, ולא גרושה, כן דרשו רז"ל. ואע"פ שהכהן נקרא קדוש והכתוב מזהירו לגודל מעלתו שלא יטמא למת, הנה הכתוב מצוה עליו שיטמא לאשתו, ואם לא רצה כופין אותו על כרחו, וכמו שדרשו רז"ל מעשה ביוסף הכהן שמתה אשתו ערב הפסח ולא רצה להטמא וטמאוהו בעל כרחו. וטומאה זו היא שיעמוד בבית תחת אהל אחד, והוא הדין לאמו ולאביו וכל השאר, אבל אין להטמא ולהכנס בבית הקברות על אחד מהם כלל, וכן אמרו רז"ל מי ראה כהן בבית הקברות.

« Sauf pour son proche (she’ero). » « She’ero », c’est sa femme, parce qu’il avait avec elle une parenté charnelle. « Haqarov » (le proche) : et non sa fiancée ; « elav » (vers lui) : et non sa divorcée ; ainsi l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie. Et bien que le prêtre soit appelé saint, et que l’Écriture l’avertisse, à cause de sa grande élévation, de ne pas se rendre impur pour un mort, voilà que l’Écriture lui ordonne de se rendre impur pour sa femme, et s’il ne veut pas, on l’y contraint contre son gré ; et comme l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie : l’histoire de Yossef le prêtre, dont la femme mourut la veille de Pessa’h, et qui ne voulut pas se rendre impur, et on le rendit impur contre son gré. Et cette impureté consiste à se tenir dans la maison sous une seule tente, et il en est de même pour sa mère, son père et tous les autres ; mais il ne faut pas se rendre impur ni entrer au cimetière pour aucun d’eux, et ainsi ont dit nos Sages, de mémoire bénie : qui a vu un prêtre dans un cimetière ?

Vayikra 21:2 · commentaire 2

לאמו ולאביו. הקדים האם לאב, ובכהן גדול הקדים האב שאמר לאביו ולאמו לא יטמא. ואפשר לומר כי מה שהקדים כאן אמו לאביו, לפי שהזכיר שארו והתיר להטמא לכך הוצרך להקדים אמו כדי לסמוך אמו לשארו ושיזכיר הנקבות בפני עצמן, שאם היה אומר כי אם לשארו לאביו ולאמו יבא הלשון בלתי מסודר להכניס הזכר בין הנקבות. או הקדים אמו מפני שהיא ודאי שהיא אמו, וכדי לדרוש כי אין צריך לומר אמו אלא אפילו לאביו שאפשר להסתפק בו אם הוא אביו יטמא. אבל בלא יטמא הקדים אביו, כי אין צריך לומר אביו שהוא ספק אלא אפילו לאמו שהיא ודאי לא יטמא. ולאחותו הבתולה, פרט לאנוסה ומפותה, הקרובה, לרבות ארוסה, אליו, לרבות בוגרת, אשר לא היתה לאיש, לרבות מוכת עץ, וכבר נפסקה הלכה להטמא לאלו.

« Pour sa mère et pour son père. » Il a placé la mère avant le père, tandis que pour le grand prêtre il a placé le père [avant], car il dit « pour son père et pour sa mère il ne se rendra pas impur ». Et on peut dire que s’il a placé ici sa mère avant son père, c’est parce qu’il avait mentionné « son proche (she’ero) » et permis de se rendre impur ; c’est pourquoi il a fallu placer sa mère avant, afin de rapprocher sa mère de « son proche », et qu’il mentionne les femmes à part ; car s’il avait dit « sauf pour son proche, pour son père et pour sa mère », la formulation serait désordonnée, en intercalant le père entre les deux femmes. Ou bien il a placé sa mère avant parce qu’elle est assurément sa mère, et pour enseigner qu’il n’est pas besoin de dire sa mère, mais même pour son père, dont on peut douter s’il est son père, il se rend impur. Mais dans « il ne se rendra pas impur », il a placé son père avant, car il n’est pas besoin de dire pour son père, qui est douteux, mais même pour sa mère, qui est assurée, il ne se rendra pas impur. « Et pour sa sœur, la vierge » : à l’exclusion de celle qui a été violée ou séduite ; « la proche (haqrova) » : pour inclure la fiancée ; « elav » : pour inclure la jeune fille majeure (bogeret) ; « qui n’a pas appartenu à un homme » : pour inclure celle qui a été frappée par un bois (mukat ‘ets) ; et la loi est déjà tranchée de se rendre impur pour celles-ci.

Vayikra 21:4 · commentaire 1

לא יטמא בעל בעמיו. פירש רש"י ז"ל לא יטמא הבעל לאשתו פסולה שהוא מחולל בה מכהונתו.

« Un maître (ba‘al) ne se rendra pas impur parmi son peuple. » Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : le mari ne se rendra pas impur pour sa femme inapte (pesoula), parce que cette union profane son statut sacerdotal.

Vayikra 21:4 · commentaire 2

והרמב"ן ז"ל פירש בעל נכבד, כמו (שמואל ב ו׳:ב׳) בעלי יהודה, הנכבדים שביהודה. אמר לא יטמא נכבד בעמיו להקל את כבודו, כי למעלת הכהן בעבור שהוא ראוי להיות הגדול והנכבד בעמיו יזהירנו שלא יחלל מעלתו בטומאת המתים, ודרשו רז"ל בעמיו במת שהוא בתוך עמיו, יצא מת מצוה.

Et le Ramban, de mémoire bénie, a expliqué : « ba‘al » : noble, comme (2 Samuel 6,2) « ba‘alei Yehouda », les nobles de Juda. Il a dit : un noble ne se rendra pas impur parmi son peuple, pour diminuer son honneur ; car, pour la grandeur du prêtre, puisqu’il est destiné à être le grand et le noble dans son peuple, l’Écriture l’avertit de ne pas profaner sa grandeur par l’impureté des morts. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué « be‘amav » (parmi son peuple) : pour un mort qui est parmi son peuple ; à l’exclusion du mort dont personne ne peut assurer la sépulture (met mitsva).

Vayikra 21:6 · commentaire 1

קדושים יהיו לאלהיהם. שיהיו פרושים אפילו מן הדברים המותרים לישראל כטומאת המתים ונשואי זונה וחללה, כי הזונה היא שנבעלה לפסול לה כגון חייבי כריתות או נתין או ממזר, וחללה היא שנולדה מחמשה פסולין שבכהונה, כגון בת אלמנה מכהן גדול או בת גרושה מכהן הדיוט, שהרי כהן הדיוט לא הוזהר אלא בזונה וחללה אבל באלמנה מותר, וזהו שכתוב (יחזקאל מד) והאלמנה אשר תהיה אלמנה מכהן יקחו, כי יש מן הכהנים שמותרין באלמנה וזהו כהן הדיוט, וטעם הזקף קטן שבאלמנה מורה כן.

« Saints ils seront pour leur Dieu. » Qu’ils soient séparés même des choses permises à Israël, telles que l’impureté des morts et le mariage d’une zona ou d’une ‘halala ; car la zona est celle qui a eu une relation avec quelqu’un qui lui est interdit, par exemple les passibles de retranchement, ou un natin, ou un mamzer ; et la ‘halala est celle qui est née de l’une des cinq unions incompatibles avec le statut sacerdotal, par exemple la fille d’une veuve [mariée] à un grand prêtre, ou la fille d’une divorcée [mariée] à un prêtre ordinaire ; car le prêtre ordinaire n’a été averti que pour la zona et la ‘halala, mais la veuve lui est permise, et c’est ce qui est écrit (Ézéchiel 44) « et la veuve qui sera veuve d’un prêtre, ils la prendront », car il y a des prêtres à qui la veuve est permise, et c’est le prêtre ordinaire ; et le zaqef qatan qui est sur le mot « almana » indique cela.

Vayikra 21:9 · commentaire 1

באש תשרף. אילו אמר תשרף באש היה נראה להיות משפט השרפה באש כלומר בהקף עצים ומדורת אש, ודין תורה במיתת שרפה אינו כן לשרוף תבנית הגוף באש ח"ו. וכן מצאתי שדקדקו רז"ל ממה שדרשו בפסחים פרק כיצד צולין, באש תשרף לרבות כל השרפות הבאות מחמת האש, ואמר רב מתנה פתילה של אבר. כי בפרים הנשרפים כתיב ושרף אותו על עצים באש, באש אין מידי אחרינא לא, הכא כתיב באש תשרף, לרבות כל השרפות הבאות מחמת האש. והוצרכו לומר כן כי הכונה במיתת שרפה דוגמת שרפת בני אהרן, שרפת נשמה וגוף קיים.

« Au feu elle sera brûlée. » S’Il avait dit « tisaref ba’esh » (elle sera brûlée au feu), il aurait semblé que le jugement de brûlure au feu serait un entourage de bois et un bûcher de feu, alors que la loi de la Torah pour la mort par brûlure n’est pas ainsi, de brûler la forme du corps par le feu, à Dieu ne plaise. Et ainsi ai-je trouvé que nos Sages, de mémoire bénie, l’ont précisé, d’après ce qu’ils ont expliqué dans Pessa’him, chapitre « Keitsad tsoline » : « ba’esh tisaref » : pour inclure toutes les brûlures venant par le feu ; et Rav Matna dit : une mèche de plomb. Car pour les taureaux brûlés il est écrit « et il le brûlera sur des bois, au feu » : au feu, rien d’autre ; ici il est écrit « ba’esh tisaref », pour inclure toutes les brûlures venant par le feu. Et ils ont dû dire ainsi parce que l’intention de la mort par brûlure est à l’image de l’incendie des fils d’Aharon : incendie de l’âme, le corps subsistant.

Vayikra 21:10 · commentaire 1

והכהן הגדול מאחיו. ע"ד הפשט אחר שהחמיר על כהן הדיוט ואסר עליו טומאת מת זולתי במתים ידועים, ואסר עליו גם כן השנים והן זונה וחללה וגרושה זולתי אלמנה, הוסיף עתה והחמיר על הכהן הגדול שהוא מקודש ופנימי יותר מיוחד לעבודת ה', לא ימיש מתוך המקדש, שיהיה אסור לו להטמא בשום מת בעולם ואפילו על אביו ועל אמו, ושיהיה ג"כ אסור בכל הנשים זולתי הבתולה הכשרה, וטעם הדבר כדי שתהיה נמשכת לדעתו ולרצונו, והכהן הגדול יצטרך שיהיה גדור ביותר בענין המשגל ולכך נאסרה עליו אם היתה רגילה תחלה באיש אחר, פן תמשכנו היא לדעתה.

« Et le grand prêtre, parmi ses frères. » Selon le sens simple, après avoir été sévère pour le prêtre ordinaire et lui avoir interdit l’impureté d’un mort, sauf pour des morts déterminés, et lui avoir interdit aussi les deux, à savoir la zona, la ‘halala et la divorcée, sauf la veuve, il ajoute maintenant et se montre plus sévère pour le grand prêtre, qui est sanctifié et plus intérieur, plus voué au service de l’Éternel, « il ne s’éloignera pas du sanctuaire » : il lui est interdit de se rendre impur pour aucun mort au monde, même pour son père et sa mère, et il lui est aussi interdit toutes les femmes, sauf la vierge apte. Et la raison de la chose est qu’elle soit attachée à son avis et à sa volonté ; et le grand prêtre doit être retenu au plus haut point en matière de relations conjugales ; et c’est pourquoi elle lui est interdite si elle s’était d’abord habituée à un autre homme, de peur qu’elle ne l’entraîne à son avis.

Vayikra 21:10 · commentaire 2

ע"ד המדרש והכהן הגדול מאחיו, שיהא גדול מאחיו בחמשה דברים, בנוי בכח בעושר בחכמה בכבוד. ואם אין לו, אחיו הכהנים מעשירין אותו, שנאמר והכהן הגדול מאחיו, גדלהו משל אחיו. ומעשה בפנחס הסתת שמנוהו כהן גדול ויצאו אחיו הכהנים וראו אותו חוצב אבנים ומלאו המחצב לפניו דינרי זהב.

Selon le Midrash : « et le grand prêtre, parmi ses frères » : qu’il soit plus grand que ses frères en cinq choses : en beauté (benoï), en force, en richesse, en sagesse, en honneur. Et s’il n’en a pas, ses frères les prêtres l’enrichissent, car il est dit « et le grand prêtre parmi ses frères » : grandis-le de ce qui est de ses frères. Et l’histoire de Pin’has le tailleur de pierres : on le nomma grand prêtre, et ses frères les prêtres sortirent et le virent en train de tailler des pierres, et ils remplirent la carrière devant lui de deniers d’or.

Vayikra 21:10 · commentaire 3

וע"ד הקבלה הכהן הגדול ידוע מי הוא דוגמתו, וכבר הזכרתי מזה בסדר צו, והיה הסגן מימינו וראש בית אב משמאלו דוגמת השרפים, וזהו שאמר המלאך ליהושע הכהן הגדול (זכריה ג) ונתתי לך מהלכים וגו', רמז לו מקומו ודוגמתו, ותרגם יונתן בין שרפיא האלין, ממה שכתוב (ישעיה ו) שרפים עומדים ממעל לו.

Et selon la Kabbale : le grand prêtre, on sait qui est son modèle, et j’en ai déjà mentionné dans la section Tsav ; et le sagan (adjoint) était à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche, à l’image des séraphins ; et c’est ce que l’ange dit à Yehoshoua le grand prêtre (Zacharie 3) « et Je te donnerai libre accès, etc. » : il lui fit allusion à sa place et à son modèle ; et Yonatan traduit « bein serafaya ‘alein » (entre ces séraphins), d’après ce qui est écrit (Isaïe 6) « des séraphins se tenaient au-dessus de Lui ».

Vayikra 21:10 · commentaire 4

ואמרו במסכת יומא פרק הממונה הסגן מימינו וראש בית אב משמאלו, ועוד תניא, שלשה מהלכים בדרך הרב באמצע גדול בימינו וקטן בשמאלו, וכן מצינו בשלשה מלאכים שבאו אצל אברהם מיכאל באמצע גבריאל מימינו רפאל משמאלו.

Et ils ont dit dans le traité Yoma, chapitre « Hamemouné » : le sagan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. Et il a été enseigné encore : trois qui marchent en chemin, le maître au milieu, le grand à sa droite et le petit à sa gauche ; et de même nous trouvons pour les trois anges qui vinrent chez Avraham : Mikhaël au milieu, Gavriel à sa droite, Raphaël à sa gauche.

Vayikra 21:10 · commentaire 5

ואם תזכה תבין כי לכך הזכיר בו הכתוב הלשון הזה הכהן הגדול כענין שכתוב (דברים יא) את כל מעשה ה' הגדול וגו', שהרי עבודתו של כהן גדול לשם הגדול, וזהו שאמרו רז"ל במסכת הוריות פרק כהן משיח (ויקרא כא) את ראשו לא יפרע ובגדיו לא יפרום, לא יפרום כלל דברי ר' יהודה, ר' שמעון אומר אינו פורם מלמעלה אבל פורם הוא מלמטה, כלומר תחת בגדיו, לא בבגד העליון כמשפט הקריעה בכהן הדיוט ובשאר ישראל, ובא לרמוז שהפרימה אינה אלא למי שהוא למטה ממנו זהו כהן הדיוט, ולכך כהן גדול פורם מלמטה לפי שאין בדוגמתו ירידה אלא התעלות למעלה למעלה עד אין סוף, ולשון פרימה קריעה, כתרגומו יבזע.

Et si tu mérites, tu comprendras que c’est pourquoi l’Écriture a mentionné à son sujet cette expression, « le grand prêtre » (hakohen hagadol), comme il est écrit (Deutéronome 11) « tous les grands actes de l’Éternel, etc. », car le service du grand prêtre est pour le Nom grand. Et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans le traité Horayot, chapitre « Kohen mashia‘h » : (Lévitique 21,10) « sa tête il ne découvrira pas et ses vêtements il ne déchirera pas (yifrom) » : il ne déchirera pas du tout, paroles de Rabbi Yehouda ; Rabbi Shim‘on dit : il ne déchire pas par le haut, mais il déchire par le bas, c’est-à-dire sous ses vêtements, non dans le vêtement supérieur, comme la loi de la déchirure pour le prêtre ordinaire et pour le reste d’Israël ; et cela vient faire allusion à ce que la déchirure ne concerne que celui qui est en dessous de lui, c’est le prêtre ordinaire ; et c’est pourquoi le grand prêtre déchire par le bas, car dans son modèle il n’y a pas de descente, mais élévation vers le haut, toujours plus haut, jusqu’à l’infini (en sof) ; et le mot « perima » est déchirure, comme le Targoum « yivza‘ ».

Vayikra 21:14 · commentaire 1

כי אם בתולה מעמיו. למה הוצרך והלא כבר הזכיר והוא אשה בבתוליה יקח, אלא מכאן למדנו שאסור לכהן גדול לקדש בביאה, לפי שסוף ביאה קונה, וכשהוא קונה אותה בסוף ביאה הרי אינה בתולה, שבעולת עצמו היא, וכהן גדול מוזהר הוא בבעולת עצמו כמו בבעולת אחרים, וזהו שאמר כי אם בתולה מעמיו יקח, ולא בעולה, והוא לאו הבא מכלל עשה וכדאיתא בפרק קמא דקדושין.

« Mais une vierge de son peuple. » Pourquoi cela était-il nécessaire ? N’a-t-il pas déjà mentionné « et lui, une femme dans sa virginité, il prendra » ? Mais de là nous avons appris qu’il est interdit au grand prêtre de fiancer par relation (bi‘a), parce que la fin de la relation acquiert, et lorsqu’il l’acquiert à la fin de la relation, elle n’est pas vierge, car elle est sa propre be‘oula, et le grand prêtre est averti pour sa propre be‘oula comme pour la be‘oula des autres ; et c’est ce qu’il a dit « mais une vierge de son peuple il prendra », et non une be‘oula ; et c’est un interdit déduit d’un commandement positif (lav haba mikelal ‘asé), comme il est dit au premier chapitre de Qiddoushin.

2e montée 21:16–22:16

Vayikra 21:17 · commentaire 1

דבר אל אהרן לאמר איש מזרעך. כתב הרמב"ן ז"ל, לא אמר בכאן דבר אל אהרן ואל בניו לאמר כאשר יאמר בפרשיות כולן, והטעם כי שם יצוה בתורת הקרבנות, זאת תורת העולה זאת תורת המנחה והחטאת והאשם וכיוצא בזה, אבל אם אמר בכאן דבר אל אהרן ואל בניו ראוי שיאמר איש מכם לדורותיכם, ולא ירצה להזהיר אהרן עצמו בתורת המומין כי אהרן קדוש ה' כולו יפה, ומום לא יהיה בו, אבל יזהירנו על זרעו שיורם ויזהיר אותם לדורותם.

« Parle à Aharon, en disant : tout homme de ta descendance. » Le Ramban, de mémoire bénie, a écrit : il n’a pas dit ici « parle à Aharon et à ses fils, en disant », comme il est dit dans toutes les sections ; et la raison est que là-bas il ordonne selon la loi des sacrifices : « voici la loi de l’holocauste », « voici la loi de l’offrande », de l’offrande pour la faute et du sacrifice de culpabilité, et semblables ; mais s’il avait dit ici « parle à Aharon et à ses fils », il aurait convenu de dire « tout homme parmi vous, dans vos générations » ; et Il ne veut pas avertir Aharon lui-même de la loi des défauts, car Aharon, saint de l’Éternel, est tout beau, et il n’y aura pas de défaut en lui ; mais Il l’avertit à propos de sa descendance, afin qu’il les instruise et les avertisse pour leurs générations.

ורז"ל בארו מומים רבים הפוסלין, והזכיר תחלה המום בחסרון האברים, עור או פסח, ואחרי כן בקטנות כגון החרום, ובגדול כגון השרוע, ואחרי כן בשברון העצמות אע"פ שכל אבריו עמו כיון שנשבר העצם פסול, ואח"כ פסל אפילו בכעור התואר כגון הגבן, ואשר בעיניו הגרעינין, ואחרי כן בבשר הגוף שצריך שיהיה נקי וחלק, ואחרי כן הוסיף בעל הרוח אשר ביציו נפוחים בו. ואמר אשר בו מום וחזר ואמר מום בו, כי בין שנולד המום עמו בין שנפל בו המום אחר שנולד הרי זה פסול לעבודה.

Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué de nombreux défauts qui rendent inapte. Et il a mentionné d’abord le défaut par manque de membres : aveugle ou boiteux ; et ensuite dans le petit, comme le ‘harum, et dans le grand, comme le sarua‘ ; et ensuite dans la fracture des os : bien que tous ses membres soient avec lui, dès que l’os est cassé, il est inapte ; puis il l’a déclaré inapte même par laideur d’aspect, comme le bossu (guibén) et celui qui a des grains dans les yeux ; et ensuite dans la chair du corps, qui doit être propre et lisse ; et ensuite il a ajouté celui qui présente une enflure (ba‘al harouaḥ), dont les testicules sont gonflés. Et il a dit « asher bo moum », puis il a répété « moum bo », car, que le défaut soit né avec lui ou qu’il lui soit survenu après sa naissance, il est inapte au service.

וחזר והזכיר מומי הבהמה כי בהם נפסלו לקרבן, ופסל בבהמות אפילו מומי היצירה ואין צריך לומר מומי המקרה, מומי היצירה שרוע וקלוט שהם מומים מן הבטן, מומי המקרה הן עורת או שבור או חרוץ או יבלת או גרב או ילפת, ועורת הוא אשר בו עורון שפחתה עינו.

Et il a de nouveau mentionné les défauts de la bête, car par eux elle est inapte au sacrifice, et il a déclaré inaptes pour les bêtes même les défauts de formation, et il n’est pas besoin de dire les défauts accidentels. Défauts de formation : sarua‘ et qalout, qui sont des défauts dès le ventre ; défauts accidentels : ‘ivéret, shavour, ‘harouts, yabélet, garav, yalefet ; et ‘ivéret est celle qui a la cécité, dont l’œil a été diminué (shafe‘ha).

3e montée 22:17–22:33

Vayikra 22:24 · commentaire 1

ובארצכם לא תעשו. לפי שהזכיר למעלה ומעוך והוא המסורס, לכך סמך ובארצכם לא תעשו כן לסרס שום בעל חי ואפילו טמא. וכשאמר בארצכם לא נאמר שלא נצטוינו אלא בארץ, שהרי הסרוס חובת הגוף הוא בכל מקום, ולא בא אלא לרבות כל שבארצכם ואפילו דברים טמאים שלא תסרסום. או יהיה מלת תעשו הפך העשיה והוא בטול התולדה, וכמוהו (קהלת ט׳:ה׳) כי אינם יודעים לעשות רע, כלומר לבטל הרע ולהסירו, וכן (בראשית ט׳:כ״ד) אשר עשה לו בנו הקטן, שדרשו בו רז"ל סרסו. ומזה לפי דעתי (משלי ו׳:ל״ב) משחית נפשו הוא יעשנה, כי החוטא בנאוף הוא משחית נפשו, ומי שמשחית נפשו בודאי יבטל אותה ויסירנה ממעלתה הראויה לה, כי אין ביד האדם לעשות הנפש ויש בידו להשחיתה ולבטלה.

« Et dans votre pays vous ne ferez pas. » Parce qu’il a mentionné plus haut « mou‘ouk » (écrasé), qui est le châtré, c’est pourquoi il a juxtaposé « et dans votre pays vous ne ferez pas ainsi », pour ne châtrer aucun être vivant, même impur. Et quand il dit « dans votre pays », il ne dit pas que nous n’avons été commandés que dans le pays, car l’interdiction de castrer est une obligation personnelle valable en tout lieu ; mais cela n’est venu que pour inclure tout ce qui est dans votre pays, même les choses impures, que vous ne les châtrerez pas. Ou bien le mot « ta‘assou » est le contraire de faire (‘asiya), et c’est l’annulation de la génération, et comme (Ecclésiaste 9,5) « car ils ne savent pas faire le mal » — c’est-à-dire annuler le mal et l’enlever — et de même (Genèse 9,24) « ce que lui avait fait (‘asa) son fils le petit », que nos Sages ont expliqué : il le castra. Et de là, selon mon avis, (Proverbes 6,32) « celui qui détruit son âme, c’est lui qui la fera (ya‘asena) » : celui qui pèche par l’adultère détruit son âme, et celui qui détruit son âme assurément l’annulera et l’écartera de son degré qui lui convient, car il n’est pas au pouvoir de l’homme de faire l’âme, mais il est en son pouvoir de la détruire et de l’annuler.

Vayikra 22:27 · commentaire 1

שור או כשב או עז כי יולד. אמרו במדרש שור או כשב יבא שור ויכפר על תבנית שור, שנאמר (תהילים ק״ו:כ׳) וימירו את כבודם בתבנית שור. וכן דרשו בתרומת המשכן שהזכיר זהב בראשונה הוא שאמר (שמות כ״ה:ג׳) זהב וכסף ונחשת, יבא זהב שבתרומת המשכן ויכפר על זהב העגל, זהו שאמר הכתוב (הושע ז׳:ג׳) ברעתם ישמחו מלך, וכי מה אתה רואה בשור לעשותו ראש לכל הקרבנות.

« Un taureau, un agneau ou une chèvre, quand il naîtra. » Ils ont dit dans le Midrash : « taureau ou agneau » : que vienne un taureau et expie l’image d’un taureau, car il est dit (Psaumes 106,20) « et ils échangèrent leur gloire contre l’image d’un taureau ». Et de même ils ont expliqué, dans l’offrande du Tabernacle où il a mentionné l’or en premier, c’est ce qu’il dit (Exode 25,3) « or, argent et cuivre » : que vienne l’or de l’offrande du Tabernacle et expie l’or du veau ; c’est ce que dit l’Écriture (Osée 7,3) « par leur méchanceté ils réjouissent le roi ». Et qu’as-tu vu dans le taureau pour en faire la tête de tous les sacrifices ?

אמר רבי לוי משל למטרונא שיצא עליה שם רע באחד מגדולי המלכות, בדק המלך בדברים ולא מצא בהן ממש, מה עשה המלך, עשה סעודה והושיבה בראש המסובין להודיע שבדק ולא מצא בדברים ממש, כך בדק הקב"ה ומצא שלא עשו ישראל את העגל אלא הגרים שהיו ביניהם, אלו ערב רב שנתגיירו בגאולת מצרים, הם שאמרו לישראל (שמות ל״ב:ד׳) אלה אלהיך ישראל, לפיכך נעשה ראש לכל הקרבנות. הזכיר מטרונא והכונה על ישראל.

Rabbi Lévi a dit : parabole d’une matrone sur qui sortit un mauvais renom concernant l’un des grands du royaume ; le roi enquêta sur les faits et n’y trouva rien de fondé. Que fit le roi ? Il fit un festin et la fit asseoir à la tête des convives, pour faire savoir qu’il avait enquêté et n’avait rien trouvé de fondé dans ces propos. Ainsi le Saint, béni soit-Il, enquêta et trouva que ce ne sont pas les Israélites qui ont fait le veau, mais les convertis qui étaient parmi eux, c’est-à-dire l’erev rav qui s’étaient convertis lors de la délivrance d’Égypte ; ce sont eux qui dirent à Israël (Exode 32,4) « voici tes dieux, Israël » ; c’est pourquoi il fut fait tête de tous les sacrifices. Il a mentionné la matrone, et l’intention est Israël.

Vayikra 22:27 · commentaire 2

ואומר אני לפי הקבלה כי "אחד מגדולי המלכות הוא אחד מטטראמולין של הקב"ה, וכדי לפרסם שלא התחילו ישראל בעבירה ההיא לפיכך הקדים שור בראש הקרבנות, וכן הקדים הכתוב (ויקרא כ״ג:מ׳) פרי עץ הדר כפת תמרים, כי החטא היה בו לבדו. והנה אדם הראשון חטא במחשבה ובמעשה, במחשבה באחד מגדולי מלכות, ובמעשה בפרי עץ הדר, וכמעשה אבות עשו הבנים, וכשם שהקריבו ישראל עגל לכפרת העגל כן הקריב אדם שור לכפרת חטאו הוא שדרשו רז"ל שור שהקריב אדם הראשון קרן אחת היתה לו במצחו.

Et je dis, selon la Kabbale, que « l’un des grands du royaume » est l’un des quatre porteurs (« tetramoulin ») du trône du Saint, béni soit-Il ; et pour faire savoir que ce n’est pas Israël qui commença cette faute, c’est pourquoi il a placé le taureau en tête des sacrifices ; et de même l’Écriture a placé (Lévitique 23,40) « fruit de l’arbre ‘hadar, branches de palmiers », car la faute était en lui seul. Et voici qu’Adam le premier pécha par la pensée et par l’action : par la pensée, avec l’un des grands du royaume, et par l’action, avec le fruit de l’arbre ‘hadar ; et comme l’action des pères, les fils ont fait ; et de même qu’Israël offrit un veau pour l’expiation du veau, ainsi Adam offrit un taureau pour l’expiation de sa faute : c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : le taureau qu’offrit Adam le premier avait une seule corne sur son front.

ומצינו פסוק אחד שצרף את שניהם, חטא המחשבה וחטא המעשה, הוא שכתוב (דברים ל״ג:י״ז) בכור שורו הדר לו, הזכיר שור וצרף לו הדר, ומזה אמר הנביא (הושע ז׳:ג׳) ברעתם ישמחו מלך, כי כשם שאנו מרצים לפניו בפרי עץ הדר שבו היה החטא כך אנו מרצים אותו בקרבן שור שבו היה חטא. והזכיר למעלה מפסוק זה (שם ו) והמה כאדם עברו ברית, באר בפירוש כי חטאם של ישראל שבו ישמחו להקב"ה הוא היה חטאו של אדם הראשון.

Et nous trouvons un verset qui a joint les deux, la faute de la pensée et la faute de l’action : c’est ce qui est écrit (Deutéronome 33,17) « premier-né de son taureau, la splendeur (hadar) lui appartient » ; il a mentionné le taureau et lui a joint « hadar » ; et de là le prophète a dit (Osée 7,3) « par leur méchanceté ils réjouissent le roi », car de même que nous Lui plaisons par le fruit de l’arbre ‘hadar, en lequel fut la faute, ainsi nous Lui plaisons par le sacrifice du taureau, en lequel fut la faute. Et il a mentionné plus haut, avant ce verset (ibid. 6), « et ils ont, comme Adam, transgressé l’alliance » ; il a expliqué clairement que la faute d’Israël par laquelle ils réjouissent le Saint, béni soit-Il, fut la faute d’Adam le premier.

ומה שהכשירה תורה לצורך קרבן ג' מינין אלו, שור או כשב או עז, דרשו רז"ל שור בזכות אברהם שנאמר (בראשית י״ח:ז׳) ואל הבקר רץ אברהם, כשב בזכות יצחק (שם כב) וירא והנה איל, עז בזכות יעקב שנאמר (שם כז) לך נא אל הצאן וקח לי משם שני גדיי עזים טובים, טובים לך טובים לבניך, טובים לך שעל ידן תטול הברכות, טובים לבניך שעל ידן יתכפרו ביום הכפורים. זהו שאמר הכתוב שור או כשב או עז כי יולד.

Et quant à ce que la Torah a rendu aptes, pour le sacrifice, ces trois espèces, taureau, agneau ou chèvre, nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : le taureau, par le mérite d’Avraham, car il est dit (Genèse 18,7) « et vers le gros bétail courut Avraham » ; l’agneau, par le mérite de Yits’haq (ibid. 22) « et il vit, et voici un bélier » ; la chèvre, par le mérite de Yaaqov, car il est dit (ibid. 27) « va au troupeau et prends-moi de là deux bons chevreaux de chèvres » : « bons pour toi, bons pour tes fils » ; bons pour toi, car par eux tu recevras les bénédictions ; bons pour tes fils, car par eux ils obtiendront l’expiation le jour des Expiations. C’est ce que dit l’Écriture « taureau, agneau ou chèvre, quand il naîtra ».

זהו שאמר הכתוב (קהלת ג׳:ט״ו) מה שהיה הוא שיהיה ואשר להיות כבר היה והאלהים יבקש את נרדף, אם יאמר לך אדם שאם לא חטא אדם הראשון הרי הוא חי וקיים, אמור לו הרי אליהו שלא חטא והוא חי וקיים לעולם. ואשר להיות, אם יאמר לך אדם שעתיד הקב"ה להחיות את המתים, אמור לו כבר היה, כבר עשה כן ע"י אליהו וע"י אלישע וע"י יחזקאל. והאלהים יבקש את נרדף, צדיק רודף צדיק רשע רודף רשע, והאלהים יבקש את נרדף, רשע רודף צדיק, צדיק רודף רשע והאלהים יבקש את נרדף.

C’est ce que dit l’Écriture (Ecclésiaste 3,15) « ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui doit être déjà a été, et Dieu recherche le poursuivi » : si quelqu’un te dit que, si Adam le premier n’avait pas péché, il serait vivant et subsistant, dis-lui : voici Eliyahou, qui n’a pas péché, vivant et subsistant pour toujours. « Et ce qui doit être » : si quelqu’un te dit que le Saint, béni soit-Il, ressuscitera à l’avenir les morts, dis-lui : cela a déjà été, Il l’a déjà fait par Eliyahou, par Elisha et par Yé’hezqel. « Et Dieu recherche le poursuivi » : un juste poursuit un juste, un méchant poursuit un méchant, « et Dieu recherche le poursuivi » ; un méchant poursuit un juste, un juste poursuit un méchant, « et Dieu recherche le poursuivi ».

תדע לך שכן הוא, הבל נרדף מפני קין מה כתיב (בראשית ד׳:ד׳-ה׳) וישע ה' אל הבל ואל מנחתו ואל קין ואל מנחתו לא שעה, נח נרדף מפני דורו מה כתיב (שם ו) ונח מצא חן, וכתיב (שם ז) וימח את כל היקום, אברהם נרדף מפני נמרוד מה כתיב (נחמיה ט׳:ז׳) אשר בחרת באברם, יצחק מפני פלשתים מה כתיב (בראשית כ״ו:כ״ח) ויאמרו ראו ראינו כי היה ה' עמך, יעקב מפני עשו מה כתיב (תהילים קל״ה:ד׳) כי יעקב בחר לו יה, יוסף מפני אחיו מה כתיב (בראשית ל״ט:ב׳) ויהי ה' את יוסף ויהי איש מצליח, משה מפני פרעה מה כתיב (תהילים ק״ו:כ״ג) לולי משה בחירו, ישראל מפני העכו"ם מה כתיב (דברים י״ד:ב׳) ובך בחר ה' להיות לו לעם סגלה.

Sache que c’est ainsi : Hével poursuivi par Qayin, qu’est-il écrit ? (Genèse 4,4-5) « et l’Éternel se tourna vers Hével et son offrande, mais vers Qayin et son offrande Il ne se tourna pas » ; Noa’h poursuivi par sa génération, qu’est-il écrit ? (ibid. 6) « et Noa’h trouva grâce », et il est écrit (ibid. 7) « et Il effaça tout ce qui existait » ; Avraham poursuivi par Nimrod, qu’est-il écrit ? (Néhémie 9,7) « toi qui as choisi Avram » ; Yits’haq par les Philistins, qu’est-il écrit ? (Genèse 26,28) « et ils dirent : nous avons vu que l’Éternel était avec toi » ; Yaaqov par Ésaü, qu’est-il écrit ? (Psaumes 135,4) « car Yah s’est choisi Yaaqov » ; Yossef par ses frères, qu’est-il écrit ? (Genèse 39,2) « et l’Éternel fut avec Yossef, et il fut un homme qui réussissait » ; Moché par Pharaon, qu’est-il écrit ? (Psaumes 106,23) « sans Moché, son élu » ; Israël par les idolâtres, qu’est-il écrit ? (Deutéronome 14,2) « et c’est toi que l’Éternel a choisi pour être pour Lui un peuple de prédilection ».

אף כאן שור או כשב או עז שור נרדף מפני ארי, כשב מפני זאב, עז מפני נמר, אמר הקב"ה לא תביאו לי קרבן מן הרודפין אלא מן הנרדפין.

Ici aussi : taureau, agneau ou chèvre : le taureau est poursuivi par le lion, l’agneau par le loup, la chèvre par le léopard ; le Saint, béni soit-Il, dit : ne M’apportez pas de sacrifice parmi les poursuivants, mais parmi les poursuivis.

Vayikra 22:27 · commentaire 3

והיה שבעת ימים תחת אמו. משל למלך שנכנס למדינה והוציא בתו ואמר כל האכסנאין שבאו לכאן אל יראו פני עד שיראו פני מטרונא תחלה. כך אמר הקב"ה לישראל לא תביאו לפני קרבן עד שתעבור עליו השבת, שאין שבוע בלא שבת, ואין מילה בלא שבת, כך דרשו רז"ל. והמטרונא היא ה"א אחרונה והיא ראשונה למחשבת המקריב, וזה מבואר.

« Et il sera sept jours sous sa mère. » Parabole d’un roi qui entra dans une ville et fit sortir sa fille, et dit : tous les hôtes (aksenaïn) venus ici ne verront pas mon visage avant d’avoir vu d’abord le visage de la matrone. Ainsi dit le Saint, béni soit-Il, à Israël : ne M’apportez pas de sacrifice avant que le Shabbat ne soit passé sur lui, car il n’y a pas de semaine sans Shabbat, et il n’y a pas de circoncision sans Shabbat ; ainsi l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie. Et la matrone est le dernier he, et elle est la première dans la pensée de celui qui offre ; et cela est clair.

Vayikra 22:28 · commentaire 1

ושור או שה אותו ואת בנו. הדין הזה נוהג בנקבות ולא בזכרים, שהרי מותר לשחוט האב והבן ביום אחד, שהלכה כדברי האומר אין חוששין לזרע האב, וזהו שתרגם אונקלוס ותורתא או שיתא, לומר שנוהג בנקבות ולא בזכרים. ולפי הדין הזה היה הכתוב ראוי לומר ופרה או כשבה אותה ואת בנה, אלא מפני שהזכיר שור או כשב או עז הזכיר האב והבן. והיה שבעת ימים תחת אמו. אמר כי יש במינים הנזכרים האלה שהם שור ושה עוד מצוה אחרת כי אותו ואת בנו הנזכרים לא תשחטו ביום אחד, כן פירש הרמב"ן ז"ל.

« Et un taureau ou un agneau, lui et son petit. » Cette loi s’applique aux femelles et non aux mâles, car il est permis d’égorger le père et le fils le même jour, la loi suivant l’avis de celui qui dit qu’on ne tient pas compte de la semence du père ; et c’est ce que traduit Onkelos : « tourata o shita » (vache ou brebis), pour dire qu’elle s’applique aux femelles et non aux mâles. Et selon cette loi, l’Écriture aurait dû dire « vache ou brebis, elle et son petit » ; mais parce qu’il a mentionné « taureau, agneau ou chèvre », il a mentionné le père et le fils. « Et il sera sept jours sous sa mère. » Il a dit qu’il y a dans ces espèces mentionnées, qui sont le taureau et le menu bétail, encore un autre commandement : « lui et son petit » mentionnés, vous ne les égorgerez pas le même jour ; ainsi l’a expliqué le Ramban, de mémoire bénie.

Vayikra 22:28 · commentaire 2

ובמדרש ושור או שה אותו ואת בנו לא תשחטו ביום אחד, זה שאמר הכתוב (משלי יב) יודע צדיק נפש בהמתו ורחמי רשעים אכזרי, יודע צדיק נפש בהמתו זה הקב"ה שאמר ושור או שה אותו ואת בנו לא תשחטו ביום אחד, ורחמי רשעים אכזרי זה המן הרשע שכתב להשמיד להרוג ולאבד. יודע צדיק נפש בהמתו זה שאמר הכתוב (דברים כב) לא תקח האם על הבנים, ורחמי רשעים אכזרי זה סנחריב הרשע שכתוב בו (הושע י) אם על בנים רטשה.

Et dans le Midrash : « et un taureau ou un agneau, lui et son petit, vous n’égorgerez pas le même jour » : c’est ce que dit l’Écriture (Proverbes 12,10) « le juste connaît l’âme de sa bête, et les compassions des méchants sont cruelles » ; « le juste connaît l’âme de sa bête » : c’est le Saint, béni soit-Il, qui a dit « et un taureau ou un agneau, lui et son petit, vous n’égorgerez pas le même jour » ; « et les compassions des méchants sont cruelles » : c’est Haman le méchant, qui écrivit d’exterminer, de tuer et de faire périr. « Le juste connaît l’âme de sa bête » : c’est ce que dit l’Écriture (Deutéronome 22,6) « tu ne prendras pas la mère avec les petits » ; « et les compassions des méchants sont cruelles » : c’est Sennachérib le méchant, dont il est écrit (Osée 10,14) « la mère a été écrasée avec ses fils ».

Vayikra 22:32 · commentaire 1

ולא תחללו את שם קדשי ונקדשתי בתוך בני ישראל. חלול ה' הוא עון חמור ביותר, ומצינו שויתר הקב"ה על עבודה זרה ולא ויתר על חלול ה', והוא שאמר הנביא (יחזקאל כ׳:ל״ט) ואתם בית ישראל איש את גלוליו לכו עבדו ואת שם קדשי לא תחללו עוד, ואמרו רז"ל על עון זה שאין כח ביום הכפורים לכפר ולא בתשובה לתלות ולא ביסורין למרק, אלא כלן תולין ומיתה ממרקת.

« Et vous ne profanerez pas Mon saint Nom, et Je serai sanctifié au milieu des fils d’Israël. » La profanation du Nom est une faute très grave, et nous trouvons que le Saint, béni soit-Il, a passé sur l’idolâtrie mais n’a pas passé sur la profanation du Nom ; et c’est ce que dit le prophète (Ézéchiel 20,39) « et vous, maison d’Israël, que chacun aille servir ses idoles, mais Mon saint Nom, vous ne le profanerez plus » ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit de cette faute que le jour des Expiations n’a pas la force de l’expier, ni la repentance de la suspendre, ni les souffrances de la purifier, mais que tous suspendent et que la mort purifie.

Vayikra 22:32 · commentaire 2

ואמנם מצינו תקנה לעון חלול השם כשיקדש את השם כנגד מה שחלל, ולכך סמך לו ונקדשתי וכן אמר הכתוב (משלי ט״ז:ו׳) בחסד ואמת יכופר עון, כלומר עון הרשע והשקר שהם הפך חסד ואמת, כענין החולי שאינו מתרפא אלא בהפכו, ומפורש אמרו רז"ל חטא אדם בלשון הרע יעסוק בתורה, חטא אדם בעיניו יזילם דמעות, וכן אמר דוד (תהילים קי״ט:קל״ו) פלגי מים ירדו עיני על לא שמרו תורתך, לא שמרתי לא נאמר אלא לא שמרו. ועוד אמרו רז"ל אם עשית חבילות של עברות עשה כנגדן חבילות של מצות. רגלים ממהרות לרוץ לרע יהיו רצין לדבר מצוה, ידים שופכות דם נקי יקשור תפילין על ידו ויתן צדקה לעניים.

Et cependant nous trouvons un remède à la faute de profanation du Nom : lorsqu’il sanctifie le Nom en contrepartie de ce qu’il a profané ; et c’est pourquoi il a juxtaposé « et Je serai sanctifié » ; et de même dit l’Écriture (Proverbes 16,6) « par la grâce et la vérité la faute est expiée », c’est-à-dire la faute de la méchanceté et du mensonge, qui sont le contraire de la grâce et de la vérité, comme la maladie qui ne guérit que par son contraire. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit explicitement : si l’homme a péché par la médisance, qu’il s’occupe de Torah ; si l’homme a péché par ses yeux, qu’il verse des larmes ; et de même David a dit (Psaumes 119,136) « des ruisseaux d’eau coulent de mes yeux, parce qu’ils n’ont pas gardé Ta Torah » : il n’est pas dit « je n’ai pas gardé » mais « ils n’ont pas gardé ». Et encore, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : si tu as fait des paquets de fautes, fais en face d’eux des paquets de commandements : les pieds qui se hâtent de courir au mal courront pour une chose de mitsva ; les mains qui versent le sang innocent mettront des tefillin sur leur bras et donneront la tsedaka aux pauvres.

Vayikra 22:32 · commentaire 3

ובמדרש זה מצות עשה שבתורה לקדש את השם ברבים, וכך דרשו רז"ל ונקדשתי בתוך בני ישראל מסור עצמך לקדש את שמי, יכול ביחיד, ת"ל ונקדשתי בתוך בני ישראל. וכשהוא מוסר את עצמו ימסור עצמו על מנת למות, שכל המוסר עצמו על מנת הנס אין עושין לו נס, שכן מצינו בחנניה מישאל ועזריה שלא מסרו עצמן על מנת הנס שנאמר (דניאל ג׳:י״ח) והן לא ידיע להוא לך מלכא די לאלהך לא איתנא פלחין ולצלם דהבא די הקימת לא נסגד, מציל ולא מציל ידיע להוא לך וגו'.

Et dans le Midrash : c’est un commandement positif de la Torah de sanctifier le Nom en public ; et ainsi nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué « et Je serai sanctifié au milieu des fils d’Israël » : livre-toi pour sanctifier Mon Nom ; on pourrait penser : en privé ; le verset dit « au milieu des fils d’Israël ». Et lorsqu’il se livre, qu’il se livre dans l’idée de mourir, car quiconque se livre dans l’idée d’un miracle, on ne lui fait pas de miracle ; et ainsi nous trouvons pour ‘Hananya, Mishaël et ‘Azarya, qui ne se livrèrent pas dans l’idée d’un miracle, car il est dit (Daniel 3,18) « et sinon, qu’il soit connu de toi, ô roi, que nous ne servons pas tes dieux, et que devant la statue d’or que tu as dressée nous ne nous prosternerons pas » ; qu’Il sauve ou qu’Il ne sauve pas, qu’il te soit connu, etc.

ועוד הוכיחו רז"ל מן הכתוב הזה שכל דבר שבקדושה צריך עשרה, והוא שאמרו בברכות אין דבר שבקדושה בפחות מעשרה שנאמר ונקדשתי בתוך בני ישראל, וכתיב התם (במדבר ט״ז:כ״א) הבדלו מתוך העדה, מה להלן עשרה אף כאן עשרה. ופירש ר' יעקב שאין נוסחא זו מדוקדקת שאין להביא ראיה מעשרה מרגלים לדבר שבקדושה, אבל עיקר הנוסחא היא כן, אתיא תוך תוך כתיב הכא ונקדשתי בתוך וכתיב התם (בראשית מ״ב:ה׳) לשבור בתוך הבאים, מה להלן עשרה אף כאן עשרה, ועכשיו יביא ראיה מעשרה אחי יוסף שהיו צדיקים לדבר שבקדושה.

Et encore, nos Sages, de mémoire bénie, ont prouvé par ce verset que toute chose de sainteté nécessite dix, et c’est ce qu’ils ont dit dans Berakhot : pas de chose de sainteté à moins de dix, car il est dit « et Je serai sanctifié au milieu des fils d’Israël », et il est écrit ailleurs (Nombres 16,21) « séparez-vous du milieu de cette assemblée » : de même que là-bas, dix, de même ici, dix. Et Rabbi Yaaqov a expliqué que cette version n’est pas précise, car on ne peut apporter de preuve des dix explorateurs pour une chose de sainteté ; mais la version essentielle est ainsi : il vient « au milieu, au milieu » : il est écrit ici « et Je serai sanctifié au milieu (betokh) », et il est écrit là-bas (Genèse 42,5) « pour acheter parmi les arrivants (betokh) » : de même que là-bas, dix, de même ici, dix ; et maintenant il apporte une preuve des dix frères de Yossef, qui étaient justes, pour une chose de sainteté.

4e montée 23:1–23:22

Vayikra 23:2 · commentaire 1

אלה הם מועדי. לאסור מלאכת השבת בכל מושבותינו בלבד, לא בבית המקדש.

« Voici Mes fêtes. » Pour interdire le travail du Shabbat dans toutes nos demeures seulement, non dans le Temple.

Vayikra 23:4 · commentaire 1

אלה מועדי ה'. יתחיל עתה בסדור המועדים וייחס אותן לשם המיוחד, והזכיר בהם אלה כי לשון אלה מורה קיום, ובא לרמוז שאין המועדים בטלים לעולם אבל הם נוהגין כל זמן שהעולם הזה הגופני נוהג כנהוג של עכשיו, וכן כתיב (דברים כ״ט:כ״ח) לנו ולבנינו עד עולם.

« Voici les fêtes de l’Éternel. » Il commence maintenant l’ordre des fêtes et les attribue au Nom unique, et il a mentionné à leur sujet « elé » (voici), car le mot « elé » indique la permanence, et il vient faire allusion à ce que les fêtes ne sont jamais annulées, mais sont en vigueur tant que ce monde corporel est en vigueur comme aujourd’hui ; et ainsi il est écrit (Deutéronome 29,28) « pour nous et pour nos fils, à jamais ».

וכן אמרו במדרש גוי אחד שאל לרבי עקיבא אמר לו למה אתם עושין מועדין, לא כך אמר לכם (ישעיהו א׳:י״ד) חדשיכם ומועדיכם שנאה נפשי, אמר לו אילו נאמר חדש ומועד שנאה נפשי הייתי אומר כן, אלא לא נאמר חדשיכם ומועדיכם אלא בשביל אותן מועדות שעשה ירבעם שנאמר (מלכים א י״ב:ל״ג) ויעש ירבעם חג בחדש השמיני, בחדש אשר בדא מלבו, מלבד כתיב כלומר (ויקרא כג) מלבד שבתות ה', וכתיב (מלכים א י״ב:ל״ג) ויעל על המזבח אשר עשה בבית אל ויעש חג לפני ישראל, אבל המועדים האלו אינן בטלים לעולם שהרי הם נקראין מועדי ה', שנאמר אלה מועדי ה', וכתיב וידבר משה את מועדי ה', ועליהם נאמר (תהילים קי״א:ח׳) סמוכים לעד לעולם עשוים באמת וישר.

Et ainsi ont-ils dit dans le Midrash : un non-Juif demanda à Rabbi Aqiva : pourquoi faites-vous des fêtes ? Ne vous a-t-Il pas dit (Isaïe 1,14) « vos nouvelles lunes et vos fêtes, Mon âme les hait » ? Il lui dit : s’il était dit « nouvelle lune et fête, Mon âme les hait », je dirais ainsi ; mais il n’est pas dit « vos nouvelles lunes et vos fêtes » sinon à cause de ces fêtes que fit Yarov‘am, car il est dit (1 Rois 12,33) « et Yarov‘am fit une fête au huitième mois, au mois qu’il avait inventé de son cœur » ; « mi-lévad » est écrit, c’est-à-dire (Lévitique 23) « outre les Shabbats de l’Éternel » ; et il est écrit (1 Rois 12,33) « et il monta sur l’autel qu’il avait fait à Béth-El, et il fit une fête pour les fils d’Israël ». Mais ces fêtes-ci ne sont jamais annulées, car elles sont appelées fêtes de l’Éternel, car il est dit « voici les fêtes de l’Éternel », et il est écrit « et Moché dit les fêtes de l’Éternel » ; et d’elles il est dit (Psaumes 111,8) « soutenues à jamais, faites avec vérité et droiture ».

Vayikra 23:4 · commentaire 2

אשר תקראו אותם. אתם כתיב, ודרשו בו אשר תקראו אתם מכאן שקדוש המועדים מסור לב"ד, ואפילו שלא בזמנו ואפילו בטעות, והוא שדרשו רז"ל אתם אפילו שוגגין אתם אפילו מוטעים, וכן אמר הכתוב (שמות י״ב:ב׳) החדש הזה לכם, כלומר שלכם הוא.

« Que vous proclamerez (tiqre’ou otam). » La graphie est אתם, que l’on peut lire « atem » (« vous ») ; et ils ont expliqué : « que vous proclamerez, vous (atem) » : de là, la sanctification des fêtes est confiée au tribunal, même hors de son temps et même par erreur ; et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « atem » : même involontaires ; « atem » : même induits en erreur ; et de même dit l’Écriture (Exode 12,2) « ce mois-ci est pour vous », c’est-à-dire qu’il est à vous.

Vayikra 23:4 · commentaire 3

וכן תמצא בפרקי רבי אליעזר, בכ"ה באלול נבראו חמה ולבנה, וימים ולילות תקופות ועבורין היו לפני הקב"ה והיה מעבר את השנה ואח"כ מסרן לאדם הראשון, שנאמר (בראשית ה׳:כ״ב) זה ספר תולדות אדם, ואדם מסרן לחנוך שנאמר (שם) ויתהלך חנוך את האלהים, וחנוך לשם, ושם לאברהם, ואברהם ליצחק, ויצחק ליעקב, עד שבאו למצרים, שנאמר (שמות י״ב:א׳) בארץ מצרים לאמר, מהו לאמר אמר הקב"ה לך אמור להם עד עכשיו היה אצלי סוד העבור מכאן ואילך שלכם הוא לעבר את השנה.

Et de même tu trouves dans les Chapitres de Rabbi Eliézer : le vingt-cinq Eloul furent créés le soleil et la lune, et les jours et les nuits, les saisons (tequfot) et les intercalations (‘ibburin) étaient devant le Saint, béni soit-Il, et Il intercalait l’année, puis Il les confia à Adam le premier, car il est dit (Genèse 5,22) « ceci est le livre des générations d’Adam » ; et Adam les confia à ‘Hanokh, car il est dit (ibid.) « et ‘Hanokh marcha avec Dieu » ; et ‘Hanokh à Shem, et Shem à Avraham, et Avraham à Yits’haq, et Yits’haq à Yaaqov, jusqu’à ce qu’ils vinrent en Égypte, car il est dit (Exode 12,1) « dans le pays d’Égypte, en disant » ; que signifie « en disant » (lémor) ? Le Saint, béni soit-Il, dit : va, dis-leur : jusqu’à maintenant, le secret de l’intercalation était auprès de Moi ; à partir d’ici, c’est à vous d’intercaler l’année.

וכן היו ישראל נוהגין לעבר את השנה בארץ, כשגלו לבבל היו מעברין אותה ע"י הנשארים בארץ, בקש יחזקאל לעבר את השנים בבבל אמר לו הקב"ה אין לך רשות לעבר את השנה בחוצה לארץ, ישראל שבארץ יעברו את השנה. מכאן אמרו אפילו צדיקים וחכמים בחוצה לארץ ורועי בקר בארץ אין מעברין את השנה אלא על ידי הדיוטות שבארץ.

Et ainsi Israël avait l’habitude d’intercaler l’année en terre d’Israël ; lorsqu’ils furent exilés à Babylone, on l’intercalait par l’intermédiaire de ceux qui restaient dans le pays. Yé’hezqel voulut intercaler les années à Babylone ; le Saint, béni soit-Il, lui dit : tu n’as pas la permission d’intercaler l’année en dehors du pays ; que les Israélites qui sont dans le pays intercalent l’année. De là ils ont dit : même s’il y a des justes et des sages hors du pays et des bouviers dans le pays, on n’intercale l’année que par l’intermédiaire des simples gens du pays.

וכיצד מעברין השנה, היו מביאין ספר תורה לפניהם והיו עושין גרן עגולה ויושבין הגדול לפי גדלו והקטן לפי קטנו, ונותנין פניהם למטה לארץ ועומדין ופורשים כפיהם למעלה לאביהם שבשמים וראש ישיבה מזכיר את השם ושומעין בת קול כלשון וידבר ה' אל משה לאמר. ואם עון הדור גורם אין שומעין כלל, ואשריהם העומדין במקום ההוא בשעה ההיא, שנאמר (תהלים פט) אשרי העם יודעי תרועה ה' באור פניך יהלכון, באור פניו של הקב"ה הם מהלכין עד כאן.

Et comment intercalait-on l’année ? On apportait un rouleau de Torah devant eux et on faisait une aire circulaire ; ils s’asseyaient, le grand selon sa grandeur et le petit selon sa petitesse, tournaient leurs visages vers le bas, vers la terre, puis se levaient et étendaient leurs paumes vers le haut, vers leur Père qui est aux cieux ; et le chef de l’académie mentionnait le Nom, et ils entendaient une voix céleste comme le langage « et l’Éternel parla à Moché en disant ». Et si la faute de la génération l’empêche, ils n’entendent rien du tout ; et heureux ceux qui se tiennent en ce lieu à cette heure, car il est dit (Psaumes 89,16) « heureux le peuple qui connaît l’acclamation, ô Éternel, ils marchent à la lumière de Ta face » : à la lumière de la face du Saint, béni soit-Il, ils marchent. Jusqu’ici.

Vayikra 23:4 · commentaire 4

ומכאן יש ללמוד מעלת הארץ הקדושה וכמה היא חביבה לפני המקום, וכן אמרו בירושלמי בפרק קמא דסנהדרין (ירמיהו כ״ט:א׳) אל יתר זקני הגולה, אמר הקב"ה ביותר הם עלי זקני הגולה, חביבה עלי כת קטנה בארץ ישראל מסנהדרי גדולה בחוצה לארץ. וכשהיו הזקנים מתקבצים בלשכת הגזית שבמקדש והיו אומרים מקודש מקודש אחר שקבלו עדותן של עדים, והיה אותו יום נקבע בשמים על פי סנהדרי גדולה של מעלה לישב בדין לדון העולה בראש השנה, והיה הקב"ה והסנהדרין של מעלה מסכימין על ידן וגומרין את דעתם, ועל זה אמר הכתוב (תהילים נ״ז:ג׳) אקרא לאלהים עליון לאל גומר עלי, כלומר שהיה מסכים ומשלים עמהם.

Et de là on peut apprendre la grandeur de la terre sainte et combien elle est chère devant le Lieu ; et ainsi ont-ils dit dans le Yerushalmi, au premier chapitre de Sanhédrin (Jérémie 29,1) « au reste des anciens de la Golla (exil) » : le Saint, béni soit-Il, a dit : les anciens de l’exil sont pour Moi en surplus ; une petite assemblée en terre d’Israël m’est plus chère qu’un grand Sanhédrin hors du pays. Et lorsque les anciens se rassemblaient dans la salle de la Pierre Taillée (lishkat hagazit), dans le Sanctuaire, ils disaient « mequddash, mequddash » après avoir reçu le témoignage des témoins ; et ce jour était fixé au ciel sur l’ordre du grand Sanhédrin d’en haut, pour siéger en jugement afin de juger le monde à Roch Hachana ; et le Saint, béni soit-Il, et le Sanhédrin d’en haut s’accordaient avec eux et concluaient leur avis ; et à ce propos l’Écriture dit (Psaumes 57,3) « j’appellerai Dieu Très-Haut, Dieu qui accomplit pour moi (gomer ‘alai) », c’est-à-dire qu’Il s’accordait et achevait avec eux.

Vayikra 23:4 · commentaire 5

וכן אמרו במדרש תהלים (דברים ד׳:ז׳) כה' אלהינו בכל קראנו אליו, א"ר אושעיא אין לך אומה שמעכבת על אלהיה כאומה זו, כיצד, בשעה שהזקנים יושבין לעבר את השנה הקב"ה מסכים על ידיהם והוא משלים וגו' כל מה שישראל עושין, ועליהם אמר דוד ע"ה אקרא לאלהים עליון לאל גומר עלי, אימתי, בראש השנה, שהסנהדרין יושבין לעשות ראש השנה ביום פלוני מיד הקב"ה מושיב סנהדרין של מלאכים ואומר להם לכו וגמרו מה שהתחתונים גוזרין, אומרים לפניו רבש"ע בניך גזרו שיהא ראש השנה ביום פלוני, מיד הקב"ה יושב באותו יום לדון עולמו שאמר (תהילים מ״ז:ו׳) עלה אלהים בתרועה, והכסאות מוצעות והספרים נפתחים וסנהדרין של מלאכים עומדים לפני, שנאמר (דניאל ז׳:ט׳) חזה הוית עד די כרסון רמיו ועתיק יומין יתיב, אלו מלמדים זכות ואלו מלמדים חובה, למה (תהלים פא) כי חק לישראל הוא, ישראל גזרו חק ראש השנה והרי הוא משפט לאלהי יעקב, שהוא מקיים גזרותם ומסכים עמהם, הוי אומר אקרא לאלהים עליון לאל גומר עלי.

Et ainsi ont-ils dit dans le Midrash des Psaumes (Deutéronome 4,7) « comme l’Éternel notre Dieu, chaque fois que nous L’invoquons » : Rabbi Oshaya a dit : il n’y a pas de nation qui retarde son Dieu comme cette nation. Comment ? À l’heure où les anciens siègent pour intercaler l’année, le Saint, béni soit-Il, s’accorde avec eux et complète, etc., tout ce qu’Israël fait ; et d’eux David, que la paix soit sur lui, a dit « j’appellerai Dieu Très-Haut, Dieu qui accomplit pour moi ». Quand ? À Roch Hachana, lorsque le Sanhédrin siège pour fixer Roch Hachana tel jour : aussitôt le Saint, béni soit-Il, fait siéger le Sanhédrin des anges et leur dit : allez et accomplissez ce que les inférieurs décrètent ; ils disent devant Lui : Maître du monde, tes fils ont décrété que Roch Hachana soit tel jour ; aussitôt le Saint, béni soit-Il, siège ce jour-là pour juger Son monde, comme il est dit (Psaumes 47,6) « Dieu monte avec acclamation » ; et les trônes sont dressés, et les livres sont ouverts, et le Sanhédrin des anges se tient devant moi (lefanai), car il est dit (Daniel 7,9) « je regardais jusqu’à ce que des trônes furent placés, et l’Ancien des jours s’assit » ; ceux-ci enseignent la défense, ceux-là l’accusation. Pourquoi ? (Psaumes 81,5) « car c’est un décret pour Israël » : Israël a décrété le décret de Roch Hachana, et voilà que c’est « un jugement du Dieu de Yaaqov », car Il confirme leurs décrets et s’accorde avec eux ; dis donc : « j’appellerai Dieu Très-Haut, Dieu qui accomplit pour moi ».

תדע לך שהוא כן שהרי כתיב (במדבר כ״ט:א׳) יום תרועה יהיה לכם, לה' לא אמר אלא לכם, וכתיב אלה מועדי ה' אלה הם מועדי, אמר הקב"ה אין לי מועדים אלא אלו שלכם, שכל המועדים שאנו מקדשים שלו הם, שנאמר (דברים ד׳:ז׳) כה' אלהינו בכל קראנו אליו, ואין קראנו אלא קדוש מועדים שנאמר מקראי קדש, הוי אומר כה' אלהינו בכל קראנו אליו, עד כאן במדרש.

Sache que c’est ainsi, car il est écrit (Nombres 29,1) « un jour d’acclamation sera pour vous » : « pour l’Éternel » il ne l’a pas dit, mais « pour vous » ; et il est écrit « voici les fêtes de l’Éternel », « voici Mes fêtes ». Le Saint, béni soit-Il, dit : Je n’ai de fêtes que celles-ci, qui sont les vôtres, car toutes les fêtes que nous sanctifions sont les siennes, car il est dit (Deutéronome 4,7) « comme l’Éternel notre Dieu, chaque fois que nous L’invoquons (qor’enou) » ; et « qor’enou » n’est que la sanctification des fêtes, car il est dit « convocations de sainteté » (miqra’ei qodesh) ; dis donc : « comme l’Éternel notre Dieu, chaque fois que nous L’invoquons ». Jusqu’ici le Midrash.

Vayikra 23:11 · commentaire 1

ממחרת השבת יניפנו הכהן. אין הכוונה שבת בראשית אלא ממחרת יו"ט ראשון של פסח, וכן תרגם אונקלוס מבתר יומא טבא, והוא ט"ו בניסן, ועד שיגיע ט"ז בניסן אסרה תורה לאכול מן החדש, וזהו ולחם וקלי וכרמל לא תאכלו וגו' חקת עולם לדרותיכם בכל מושבותיכם. הזכיר כאן באיסור החדש בכל מושבותיכם, חקת עולם לדורותיכם, ללמדך שהחדש אסור מן התורה בכל מקום ואפילו בחוץ לארץ בזמן גלותנו, ועל כן אמר בכל מושבותיכם שהיא מצוה נוהגת לדורות בכל מושבות בין בארץ בין בחוץ לארץ, וכן דרשו רז"ל אמר ריש לקיש שלשה דברים תלויין בארץ ונוהגין בין בארץ בין בחו"ל, החדש והערלה והכלאים, החדש מן התורה והערלה הלכה למשה מסיני והכלאים מדברי סופרים.

« Le lendemain du Shabbat, le prêtre l’agitera. » Il ne s’agit pas du Shabbat de la création, mais du lendemain du premier jour de fête de Pessa’h ; et ainsi Onkelos traduit « mi-vatar yoma tava » (après le bon jour), qui est le quinze Nissan ; et jusqu’à ce que vienne le seize Nissan, la Torah a interdit de manger de la nouvelle récolte (‘hadash) ; et c’est « et pain, grain grillé et grain frais, vous ne mangerez pas, etc., loi perpétuelle pour vos générations dans toutes vos demeures ». Il a mentionné ici, à l’interdit de la nouvelle récolte, « dans toutes vos demeures, loi perpétuelle pour vos générations », pour t’enseigner que la nouvelle récolte est interdite d’après la Torah en tout lieu, même hors du pays à l’époque de notre exil ; et c’est pourquoi il a dit « dans toutes vos demeures », que c’est un commandement qui s’applique pour les générations dans toutes les demeures, en terre d’Israël comme hors du pays ; et ainsi l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie : Resh Laqish a dit : trois choses dépendent du pays et s’appliquent en terre d’Israël comme hors du pays : la nouvelle récolte, l’orla et les kil’ayim ; la nouvelle récolte, d’après la Torah ; l’orla, une halakha reçue de Moché au Sinaï ; et les kil’ayim, d’après les paroles des scribes.

Vayikra 23:15 · commentaire 1

וספרתם לכם. כמו ולקחתם לכם, שתהא ספירה ולקיחה לכל אחד ואחד, שימנה בפיו ויזכיר כקבלת רז"ל. ומה שכתוב בזב וזבה (ויקרא ט״ו:י״ג) וספר לו, וספרה לה אינו מהענין הזה, אלא לומר שלא ישכחוהו.

« Et vous compterez pour vous. » Comme « et vous prendrez pour vous » : il y aura comptage et prise pour chacun et chacun, afin qu’il compte de sa bouche et mentionne, selon la tradition de nos Sages, de mémoire bénie. Et ce qui est écrit à propos du zav et de la zava (Lévitique 15,13) « et il comptera pour lui », « et elle comptera pour elle » ne relève pas de ce sujet, mais vient dire qu’ils ne l’oublieront pas.

Vayikra 23:15 · commentaire 2

והנה עיקר המצוה הזאת שיתחיל לספור מיום ט"ז בניסן שהוא תחלת קציר שעורים ויביא ראשית קצירו כרמל מנחה לה' יתברך ויקריב עליו קרבן, והמספר הזה ישלם בתחלת קציר חטים, ואז יביא ממנו סלת חטים מנחה לה' יתברך ויקריב עליו קרבן, והנה המנחות עיקר המצוה לא עיקר הקרבנות כי לא היו הקרבנות באים כי אם בשביל המנחות. ומלת חדשה לומר שלא יביאו מנחה בבית ה' עד שיביאו המנחה הזאת של חטים ביום חמשים, הוא חג השבועות.

Et voici, l’essentiel de ce commandement est qu’il commence à compter à partir du seize Nissan, qui est le début de la moisson des orges, et qu’il apporte les prémices de sa moisson, grain frais (karmel), en oblation à l’Éternel, qu’Il soit béni, et offre sur elle un sacrifice ; et ce nombre s’achève au début de la moisson du blé, et alors il en apportera de la fleur de farine de blé en oblation à l’Éternel, qu’Il soit béni, et offrira sur elle un sacrifice ; et voici, les oblations sont l’essentiel du commandement, non les sacrifices, car les sacrifices ne venaient qu’à cause des oblations. Et le mot « ‘hadasha » (nouvelle) vient dire qu’on n’apportera pas d’oblation dans la maison de l’Éternel avant d’avoir apporté cette oblation de blé, le cinquantième jour, qui est la fête de Shavou’ot.

והוסיף להזכיר בשביתת החג הזה חקת עולם לדורותיכם בכל מושבותיכם, לפי שהנפת העומר ומנחה חדשה הם תלויין בחג הזה, ובא ללמדך שאפילו בזמן הזה שאין עומר ומנחה תצוה התורה באיסור החדש ובשביתת חג השבועות. ולפי שהזכירו בחג הזה לא הוצרך להזכירו ביום הזכרון ולא בחג הסוכות, כי כל המועדים דין אחד להם, חיובן בין בארץ בין בחו"ל. ומה שהזכירו ביוה"כ, בעבור שכפרתנו בו תלויה בקרבנות ועל כן הוצרך להזכיר חקת עולם ללמדך שאין הקרבנות מעכבין.

Et il a ajouté de mentionner, à propos du repos de cette fête, « loi perpétuelle pour vos générations dans toutes vos demeures », parce que l’agitation de l’omer et l’oblation nouvelle dépendent de cette fête, et il vient t’enseigner que même à l’époque actuelle, où il n’y a ni omer ni oblation, la Torah ordonne l’interdit de la nouvelle récolte et le repos de la fête de Shavou’ot. Et puisqu’on l’a mentionné pour cette fête, il n’était pas nécessaire de le mentionner pour le jour du Souvenir ni pour la fête de Soukkot, car toutes les fêtes ont une seule loi : leur obligation vaut en terre d’Israël comme hors du pays. Et ce qu’on l’a mentionné pour Yom Kippour, c’est parce que notre expiation en ce jour dépend des sacrifices, et c’est pourquoi il fallait mentionner « loi perpétuelle », pour t’enseigner que les sacrifices ne sont pas une condition indispensable.

וכן לא הזכיר בכאן בחג המצות חקת עולם בכל מושבותיכם לדורותיכם, אבל בפרשת החדש הזה לכם הזכיר כן, מפני שתלה שם הדבר בפסח על מצות ומרורים יאכלוהו הוצרך לומר שיהיה חקת עולם בכל מושבותיכם, כן כתב הרמב"ן ז"ל.

Et de même il n’a pas mentionné ici, à la fête des Azymes, « loi perpétuelle dans toutes vos demeures pour vos générations », alors que dans la section « Ce mois-ci sera pour vous » il l’a mentionné ainsi : c’est que, ayant fait dépendre là-bas la chose de Pessa’h « avec des azymes et des herbes amères ils le mangeront », il fallait dire que ce serait une loi perpétuelle dans toutes vos demeures ; ainsi a écrit le Ramban, de mémoire bénie.

Vayikra 23:16 · commentaire 1

עד ממחרת השבת השביעית תספרו. כבר ידעת שאין הספירה אלא מ"ט, ועל כן תמצא טעם במלת תספרו ואינה דבקה למלת חמשים, אבל חמשים דבק לוהקרבתם כי הספירה מ"ט והקרבן ביום חמשים, שלא הזכירה תורה חג שבועות ביחוד כשאר החגים ושיאמר כן בחדש השלישי בששי בו חג השבועות, כמו שאמר בפסח בחמשה עשר יום לחדש הזה חג המצות, בא ללמד כי הוא חג נגרר אחר מצות העומר, ומ"ט יום הספורים בין ראשון של פסח עד השבועות הנה הם כחולו של מועד בין ראשון של סוכות ושמיני עצרת.

« Jusqu’au lendemain du septième Shabbat vous compterez. » Tu sais déjà que le comptage n’est que de quarante-neuf ; c’est pourquoi tu trouves un accent de cantillation sur le mot « tisperou » (vous compterez), et il n’est pas rattaché au mot « ‘hamishim » (cinquante) : « cinquante » se rattache à « véhiqravtem » (et vous offrirez), car le comptage est de quarante-neuf et le sacrifice a lieu au cinquantième jour. Car la Torah n’a pas mentionné la fête de Shavou’ot en particulier comme les autres fêtes, ni dit ainsi « au troisième mois, le six de celui-ci, fête de Shavou’ot », comme elle a dit pour Pessa’h « le quinze de ce mois-ci, fête des Azymes » ; elle vient enseigner qu’elle est une fête qui est tirée à la suite du commandement de l’omer ; et les quarante-neuf jours comptés entre le premier jour de Pessa’h et Shavou’ot, voici, ils sont comme le ‘hol hamo’ed entre le premier jour de Soukkot et Shemini ‘Atseret.

Vayikra 23:18 · commentaire 1

אשה ריח ניחוח לה'. וכתיב ועשיתם שעיר עזים אחד לחטאת, יש לך להשכיל איך הזכיר כאן ביום חמשים אשה, ושעיר לחטאת, לפי שהקרבן לשכינה, ובסוף סדר פנחס בפרשת וביום הבכורים בהקריבכם מנחה חדשה לה', לא תמצא שם לא אשה ולא חטאת כי הקרבן לשם הגדול, וכוונה תורה לרמוז לך בזה על מה שאירע לנו ביום מתן תורה שראינו את כבודו ואת גדלו, וכנגדם במשכן מצינו (שמות מ׳:ל״ד) וכבוד ה' מלא את המשכן, שני פעמים, וכן בביהמ"ק שנקרא (ישעיהו ס״ד:י׳) בית קדשנו ותפארתנו, וזה מבואר כי עצרת זה ירמוז לתפארת ולכבוד, כי בו כתיב (שמות כ״ג:י״ז) יראה כל זכורך, ובו הראנו את אשו הגדולה ודבריו שמענו מתוך האש, אבל בעצרת של שמיני לא תמצא בו יראה כל זכורך כי ירמוז לכבוד לבדו, והבן זה.

« Offrande par le feu, d’agréable odeur pour l’Éternel. » Et il est écrit « et vous ferez un bouc de chèvres, un, en sacrifice pour le péché » ; tu dois comprendre comment il a mentionné ici, au cinquantième jour, une offrande par le feu (isheh) et un bouc pour le péché, parce que le sacrifice est pour la Présence ; et à la fin de la section de Pin’has, dans la section « et le jour des prémices, quand vous offrirez une oblation nouvelle à l’Éternel », tu ne trouves là ni offrande par le feu ni sacrifice pour le péché, car le sacrifice est pour le Nom grand ; et l’intention de la Torah est de t’y faire allusion à ce qui nous est arrivé le jour du don de la Torah, où nous avons vu Sa gloire et Sa grandeur ; et en regard de cela, au Tabernacle nous trouvons (Exode 40,34) « et la gloire de l’Éternel remplit le Tabernacle », deux fois, et de même dans le Temple, qui est appelé (Isaïe 64,10) « notre maison sainte et notre splendeur » ; et cela est clair, car cette ‘Atseret fait allusion à la splendeur et à la gloire, puisqu’il est écrit à son sujet (Exode 23,17) « tout ton mâle sera vu », et en elle Il nous a fait voir Son grand feu et nous avons entendu Ses paroles du milieu du feu ; mais à la ‘Atseret de Shemini tu ne trouves pas « tout ton mâle sera vu », car elle fait allusion à la gloire seule ; et comprends cela.

Vayikra 23:22 · commentaire 1

ובקצרכם. כתב רש"י ז"ל חזר ושנה עליהם לעבור בשני לאוין. אמר ר' אבדימי בר ר' יוסי מה ראה הכתוב ליתנם באמצע הרגלים, פסח ועצרת מכאן ר"ה ויוה"כ והחג מכאן, למדך שכל הנותן לקט שכחה ופאה לעני כראוי מעלה עליו הכתוב כאלו בנה ביהמ"ק והקריב לתוכו. אני ה' אלהיכם, נאמן לשלם שכר.

« Et quand vous moissonnerez. » Rachi, de mémoire bénie, a écrit : il a répété et enseigné cela pour qu’on transgresse deux interdits. Rabbi Avdimi, fils de Rabbi Yossé, a dit : pourquoi l’Écriture a-t-elle vu bon de les placer au milieu des fêtes de pèlerinage : Pessa’h et ‘Atseret d’un côté, Roch Hachana et Yom Kippour et la fête de Soukkot de l’autre ? Il t’enseigne que quiconque donne la glanure, l’oubli et le coin du champ au pauvre comme il convient, l’Écriture lui compte comme s’il avait bâti le Temple et offert dedans. « Je suis l’Éternel votre Dieu » : fidèle pour payer la récompense.

5e montée 23:23–23:32

Vayikra 23:24 · commentaire 1

זכרון תרועה. זכרון פסוקי שופרות לזכור להן עקדת יצחק שקרב תחתיו איל. ולא באר לנו הכתוב במה תהיה התרועה אם בשופר אם בחצוצרות, וכן טעם התרועה למה ועל מה, גם לא באר שהיום הזה הוא יום הדין, וסתם הכתוב בשתי מלות אלה זכרון תרועה וסמך על הקבלה כי לא מסרה הכתוב אלא לחכמים, והם קבלו שהתרועה הזאת בשופר מגזרה שוה דתרועה תרועה האמור גבי יובל (ויקרא כ״ה:ט׳) והעברת שופר תרועה, ומה התם בשופר אף כאן בשופר, ומה שהוא יום הדין נרמז במלת זכרון כי הוא לשון נופל על הדין (במדבר ה׳:ט״ו) מזכרת עון (יחזקאל כ״א:כ״ח-כ״ט) והוא מזכיר עון להתפש, וכן לשון פקידה מדת הדין, מלשון (שמות כ׳:ה׳) פוקד עון אבות, ובפירוש אמרו ז"ל פקדונות הרי הן כזכרונות. נמצא שהכתוב באר ברמז כי היום הזה יום הדין ראוי לשמוע בו קול תרועה בשופר כמו שקבלו רבותינו ז"ל.

« Souvenir de sonnerie (zikhron terou’a). » Souvenir des versets de Shofarot, pour rappeler en leur faveur la ligature d’Yits’haq, où un bélier fut offert à sa place. Et l’Écriture ne nous a pas précisé par quoi serait la sonnerie, si par le shofar ou par les trompettes, ni la raison de la sonnerie, pourquoi et à propos de quoi ; elle n’a pas non plus précisé que ce jour est le jour du jugement ; elle a laissé cela voilé par ces deux mots « zikhron terou’a » et s’est appuyée sur la tradition, car l’Écriture ne l’a transmise qu’aux Sages. Et ils ont reçu que cette sonnerie se fait au shofar, par analogie verbale (guézéra shava) de « terou’a, terou’a » dit à propos du Jubilé (Lévitique 25,9) « et tu feras passer le shofar de terou’a » : de même que là-bas c’est au shofar, de même ici au shofar. Et ce que c’est le jour du jugement est suggéré dans le mot « zikhron », car c’est une expression qui s’applique au jugement (Nombres 5,15) « qui rappelle la faute » (mazkeret ‘avon), (Ézéchiel 21,28-29) « et il rappelle la faute pour qu’on soit saisi » ; et de même l’expression « pequda » (visite) est l’attribut de rigueur, de l’expression (Exode 20,5) « qui visite la faute des pères » ; et explicitement nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : les expressions de visitation (piqdonot) équivalent aux expressions de souvenir (zikhronot). Il se trouve que l’Écriture a indiqué par allusion que ce jour est le jour du jugement, où il convient d’y entendre le son de la terou’a au shofar, comme l’ont reçu nos maîtres, de mémoire bénie.

Vayikra 23:24 · commentaire 2

ומה שבאה פרשה זו סתומה יותר משאר פרשיות המועדים, הענין הוא מה שידוע בעניני תורתנו הקדושה אותם שהן מפנות הדת ומעקריה, כי כל מה שהענין יותר נעלם ויותר פנימי הוא יותר סתום ובא הלשון בו בדרך קצרה ובמלות מועטות, כענין המצוה שבתפילין שהזכיר בו הכתוב (שמות ג) והיה לאות על ידכה ולטוטפות בין עיניך, ולולא הקבלה לא היינו עומדין על עיקר מצוה זו מה היא, גם לא מנין הפרשיות כמה הן, גם לא היינו משיגים ממשמעות הכתובים המקומות שבגוף המיוחדים להם שבהם ראוי להניחן, וכן מצות ציצית שאמרו רז"ל שהיא שקולה כנגד כל המצות שבתורה, לא היינו יודעים משפטה בשמונה חוטין וחמשה קשרים לולא קבלת רז"ל, כי לשון הכתובים בזה סתום מאד.

Et que cette section soit venue plus voilée que les autres sections des fêtes, la raison est ce qui est connu dans les matières de notre Torah sainte, celles qui sont les fondements (pinnot) et les principes de la religion : car plus la chose est cachée et intérieure, plus elle est voilée, et le langage y vient de manière brève et en peu de mots, comme la matière du commandement des tefillin, dont l’Écriture a dit (Exode 3) « et ce sera pour toi un signe sur ta main et pour totafot entre tes yeux » ; et sans la tradition nous ne saurions pas ce qu’est l’essentiel de ce commandement, ni combien de sections il y a, et nous ne comprendrions pas non plus, d’après le sens des versets, les endroits du corps qui leur sont propres et où il convient de les poser ; et de même le commandement des tsitsit, dont nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu’il équivaut à tous les commandements de la Torah : nous ne connaîtrions pas sa règle de huit fils et cinq nœuds sans la tradition de nos Sages, de mémoire bénie, car la langue des versets sur ce point est très voilée.

גם בכאן באחד לחדש שהוא תחלת חשבון העשרה הנשלם ביוה"כ יש בו מן הסוד וההעלמה שראוי הכתוב לסתום ולחתום כדרך שאר עניני התורה הסתומים, וסתימתן כפי רוב העלמתן.

Ici aussi, « au premier du mois », qui est le début du compte de la dizaine qui s’achève à Yom Kippour, il y a quelque chose du secret et de l’occultation, de sorte qu’il convient que l’Écriture le voile et le scelle, à la manière des autres matières de la Torah voilées, et leur voilement est en proportion de leur grande occultation.

וזהו הענין שאין זכרון עולם הנשמות מפורש בתורה אלא ברמזים, וסתימתו לרוב העלמתו, כי התורה להמון ישראל נתנה, לא ליחידים שבהם בלבד, וענין העולם ההוא אין כל היחידים משיגין אותו איך הוא, אף כי ההמון העם, כי כשם שאין הדג המתגדל במים יודע ומשיג יסוד האש לפי שהוא הפכו, כן העולם ההוא השכלי בהפך מן העולם הזה הגשמי, ואין בעל החומר יכול להשיגו בעוד שהוא בחומר, ועל כן הוצרכה התורה לבאר היעודים הגופנים המושגים להמון לחוש העין, ומתוך אותן יעודים שהם הכנות מה שיצטרך האדם, יבא האדם אל התכלית ההוא שהוא עיקר הכוונה.

Et c’est la raison pour laquelle le souvenir du monde des âmes n’est pas explicité dans la Torah mais seulement par allusions, et son voilement est à cause de la grandeur de son occultation ; car la Torah a été donnée à la multitude d’Israël, non aux seuls individus parmi eux, et la nature de ce monde-là, tous les individus ne la saisissent pas, comment elle est, et à plus forte raison la multitude du peuple ; car de même que le poisson qui grandit dans l’eau ne connaît pas et ne saisit pas la nature de l’élément feu, parce que c’est son contraire, de même ce monde-là, intellectuel, est à l’opposé de ce monde-ci, corporel, et le possesseur de matière ne peut le saisir tant qu’il est dans la matière ; et c’est pourquoi la Torah a dû expliciter les promesses corporelles, perçues par la multitude par le sens de la vue, et au moyen de ces promesses, qui sont des préparations à ce dont l’homme aura besoin, l’homme parvient à cette fin qui est l’intention essentielle.

Vayikra 23:24 · commentaire 3

ובמדרש באחד לחדש יהיה לכם שבתון זכרון תרועה מקרא קדש, באחד לחדש, זה אברהם שכתוב בו (יחזקאל לג) אחד היה אברהם, זכרון תרועה זה יצחק, מקרא קדש זה יעקב. כוונת המדרש הזה כי תקיעות ראש השנה רמז למדות וכשם שמדת הפחד למעלה הרחמים מקיפין אותה שאלמלא כן היה מחריב ושורף את העולם כלו בשלהבותיו, כן התרועה פשוטה לפניה ופשוטה לאחריה, ואילו היינו תוקעין תרועה לבדה היה נראה בזה קצוץ נטיעות. ולפי הדרך הזה הרי בכתוב מפורש כי יום ראש השנה יום הדין הוא מלשון תרועה והוא ברחמים מלשון זכרון, וא"כ יהיה זכרון תרועה כמו שופר תרועה יום תרועה וזה מבואר.

Et dans le Midrash : « Au premier du mois, vous aurez un repos solennel, souvenir de sonnerie, convocation de sainteté » : « au premier du mois », c’est Avraham, dont il est écrit (Ézéchiel 33,24) « Avraham était un » ; « souvenir de sonnerie », c’est Yits’haq ; « convocation de sainteté », c’est Yaaqov. L’intention de ce Midrash est que les sonneries de Roch Hachana font allusion aux attributs ; et de même que l’attribut de crainte, en haut, les miséricordes l’entourent, car sans cela il détruirait et brûlerait tout le monde dans ses flammes, de même la terou’a est précédée d’une sonnerie simple et suivie d’une sonnerie simple, et si nous sonnions la terou’a seule, il paraîtrait en cela une coupure des plantations. Et selon cette voie, voici, il est explicitement écrit dans le verset que le jour de Roch Hachana est le jour du jugement, de l’expression « terou’a », et qu’il est dans la miséricorde, de l’expression « zikhron » ; et ainsi « zikhron terou’a » sera comme « shofar terou’a », « yom terou’a » ; et cela est clair.

Vayikra 23:27 · commentaire 1

אך בעשור לחדש. ע"ד הפשט כמו אמנם, כלומר באחד לחדש השביעי צויתי לכם שיהיה יום הדין שבו תעברו לפני כבני מרון, אמנם בעשירי בו יהיה יום הכפורים שאחתום גזר דין שלכם לכפרה.

« Mais le dixième jour (akh be’assor) du mois. » Selon le peshat, comme « amnam » (certes) ; c’est-à-dire : au premier du septième mois, Je vous ai ordonné que ce soit le jour du jugement, où vous passerez devant Moi comme les benei maron ; mais le dixième de celui-ci sera le jour des Expiations, où Je scellerai votre sentence pour l’expiation.

Vayikra 23:27 · commentaire 2

וע"ד המדרש אך בעשור, אכין ורקין מעוטין הן, מכפר הוא לשבים ואינו מכפר לשאינן שבים. כלומר אע"פ שצויתי לכם יום הדין באחד לחדש השביעי והוא שוה לכל, אני מיחד לכם בעשירי בו יום כפרה, ולא תהיה הכפרה שוה בכל אלא לשבים, זהו לשון אך.

Et selon le Midrash, « akh be’assor » : « akh » et « raq » sont des restrictions ; Il expie pour ceux qui reviennent, et n’expie pas pour ceux qui ne reviennent pas. C’est-à-dire : bien que Je vous aie ordonné le jour du jugement au premier du septième mois, et qu’il soit égal pour tous, Je vous réserve, au dixième de celui-ci, un jour d’expiation, et l’expiation ne sera pas égale pour tous, mais seulement pour ceux qui reviennent ; voilà le sens de « akh ».

Vayikra 23:28 · commentaire 1

וכל מלאכה לא תעשו בעצם היום הזה כי יום כפורים הוא. מה שהזכיר הכתוב כאן לשון כפרה ולשון עצם, מפני שלא תאמר כיון שלא הזכיר קרבן בפרשה, אם אין מקדש ואין קרבן אין יום הכפורים מכפר, לכך בא לומר שאין הכפרה תלויה בקרבן ולא בשום דבר אחר אלא עצומו של יום מכפר, ויש לו סגולה זו שהוא מכפר, ובלבד לשבים, וכענין שדרשו מלשון אך בעשור וכענין שהזכרתי.

« Et vous ne ferez aucun travail en ce jour même (be’etsem hayom hazé), car c’est Yom Kippour. » Si l’Écriture a mentionné ici l’expression de l’expiation et l’expression « etsem » (essence), c’est pour que tu ne dises pas : puisqu’il n’a pas mentionné de sacrifice dans la section, s’il n’y a ni Sanctuaire ni sacrifice, Yom Kippour n’expie pas ; c’est pourquoi il vient dire que l’expiation ne dépend ni du sacrifice ni d’aucune autre chose, mais que l’essence même du jour expie, et il a cette vertu qu’il expie, pourvu que ce soit pour ceux qui reviennent, et comme ce qu’ils ont expliqué à partir de l’expression « akh be’assor », et comme ce que j’ai mentionné.

6e montée 23:33–23:44

Vayikra 23:39 · commentaire 1

אך בחמשה עשר יום לחדש השביעי באספכם. יש לשאול כאן והלא כבר נאמר למעלה בחמשה עשר יום לחדש השביעי הזה חג הסכות. אלא דרך הכתובים כן מפני אריכות הענין וכל מה שהפסיק בינתיים. ועוד נראה לי לומר כי למעלה הזכיר ענין הקרבנות שהם חקי הש"י, ושם ירמוז על של מעלה, הוא שאמר ביום הראשון מקרא קדש, ביום השמיני מקרא קדש, אבל בכאן למטה יבאר בשל מטה ויזכיר שם חקי ישראל שיחגו חג ה' שבעת ימים בזמן האסיפה, ושיטלו בו מצות הלולב לכפר על קלקולו של אבינו הראשון שהיה בזמן הזה, וזהו שסמך לו מיד ולקחתם לכם, וזה נראה לי נכון.

« Mais le quinze du septième mois, quand vous recueillerez. » Il y a lieu de demander ici : n’a-t-il pas déjà été dit plus haut « le quinze de ce septième mois est la fête de Soukkot » ? Mais c’est la manière des Écritures, à cause de la longueur du sujet et de tout ce qu’il a interposé entre-temps. Et en outre, il me semble dire que plus haut il a mentionné le sujet des sacrifices, qui sont les lois du Nom, qu’Il soit béni, et là il fait allusion à ce qui est en haut : c’est ce qu’il a dit « le premier jour, convocation de sainteté, le huitième jour, convocation de sainteté » ; mais ici, en bas, il explique ce qui est d’en bas et mentionne là les lois d’Israël : qu’ils célèbrent la fête de l’Éternel sept jours au moment de la récolte, et qu’ils prennent en elle le commandement du loulav pour expier la corruption de notre père le premier, qui eut lieu à cette époque ; et c’est pourquoi il a juxtaposé aussitôt « et vous prendrez pour vous » ; et cela me paraît juste.

Vayikra 23:40 · commentaire 1

ולקחתם לכם ביום הראשון פרי עץ הדר כפות תמרים וענף עץ עבות וערבי נחל. ע"ד הפשט ארבעה מינין אלו הם גדלים על המים וצריכים להשקאת מים יותר משאר פירות, ולכך נצטוינו בחג הסכות שהוא זמן נסוך המים והוא יום הדין על גשמי השנה, שנרצה להקב"ה על המים עם ארבעה מינין אלו המורים על המים, וקבלו רז"ל אתרוג אחד לולב אחד שלשה הדסים ושתי ערבות.

« Et vous prendrez pour vous, le premier jour, un fruit d’arbre magnifique (hadar), des branches de palmiers, une branche d’arbre touffu et des saules du torrent. » Selon le peshat, ces quatre espèces poussent sur l’eau et ont besoin d’être arrosées plus que les autres fruits ; c’est pourquoi nous avons été commandés, à la fête de Soukkot, qui est le temps de la libation de l’eau et qui est le jour du jugement sur les pluies de l’année, de nous rendre agréables au Saint, béni soit-Il, au sujet de l’eau, avec ces quatre espèces qui indiquent l’eau ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont reçu : un etrog, un loulav, trois myrtes et deux saules.

Vayikra 23:40 · commentaire 2

ויש לפרש כי כל זה במשמעות לשון הכתוב, אתרוג אחד כי כן הלשון מוכיח, פרי שהוא לשון יחיד, וכדאמרינן בגמרא פרי אחד אמר רחמנא ולא שנים ושלשה פירות. לולב אחד, כי כן לשון כפות לשון יחיד, כפת כתיב, והאמנם כי לפי דיוק הלשון היה לו לומר כף תמר הוצרך לומר כפות תמרים בהכרח, שאילו אמר כף היה במשמע אפילו עלה אחד לכך קרינן כפות שמשמעותו עלין רבים, והוא מצות הלולב והוא כתיב כפת כי החסרון הוא שלא תאמר שהמצוה הוא שני לולבין, אין המצוה אלא לולב אחד, ויהיה הענין נשלם עם הכתיב והקרי.

Et on peut expliquer que tout cela est dans le sens de la langue de l’Écriture : un etrog, car la langue le prouve : « fruit » est une expression au singulier ; et comme nous disons dans la Guemara : « un fruit », a dit le Miséricordieux, et non deux ou trois fruits. Un loulav, car de même « kapot » est une expression au singulier : « kapat » est écrit ; et en vérité, selon la précision de la langue, il aurait dû dire « kaf tamar », mais il fallait nécessairement dire « kapot temarim », car s’il avait dit « kaf », on aurait entendu même une seule feuille ; c’est pourquoi nous lisons « kapot », dont le sens est plusieurs feuilles, et c’est le commandement du loulav ; et c’est écrit « kapat », car le manque est afin que tu ne dises pas que le commandement est de deux loulavim ; le commandement n’est que d’un seul loulav ; et le sujet est ainsi complet avec le ketiv et le qeré.

ומלת תמרים לפי שהם שנים זכר ונקבה, ואם לא ינטעו כן לא יחיו, כי בכל המינין כלן גם בצמחים גם בדומם מצינו בדרך הטבע זכר ונקבה. שלשה הדסים, זהו וענף עץ עבות.

Et le mot « temarim » (palmiers) : parce qu’ils sont deux, mâle et femelle, et s’ils ne sont pas plantés ainsi ils ne vivent pas, car dans toutes les espèces, aussi bien les végétaux que l’inanimé, nous trouvons, selon la nature, mâle et femelle. « Trois myrtes », c’est « une branche d’arbre touffu ».

ומאין לנו משמעות הכתוב כי עיקר המצוה שלשה בדי הדס, כי זה אינו מתבאר בגמרא כלל, אך מלת עבות חוזרת לענף והכוונה שיהיו שלשה ענפים, כלומר שלשה בדין של הדס, ופירוש ענף שיהיה מחופה בעלין, שאם לא כן אין זה ענף אלא עץ והתורה אמרה ענף עץ, גם עבות חוזר גם כן לעלין שיהיו שלשה, ואע"פ שהבד שעורו שלשה טפחים, זהו לנוי מצוה אבל מדאורייתא שלשה עלין לחין די בלבד שיהיו בראש כל אחד ואחד.

Et d’où avons-nous, du sens de l’Écriture, que l’essentiel du commandement est de trois tiges de myrte ? Car cela n’est pas expliqué du tout dans la Guemara. Mais le mot « avot » (touffu) se rapporte à « anaf » (branche), et l’intention est qu’il y ait trois branches, c’est-à-dire trois baddim (tiges) de myrte ; et le sens de « anaf » est qu’elle soit couverte de feuilles, car sans cela ce n’est pas une branche mais un arbre, et la Torah a dit « branche d’arbre » ; et aussi « avot » se rapporte aux feuilles, qu’il y en ait trois ; et bien que la mesure de la tige soit de trois palmes (tefaḥim), cela est pour l’embellissement du commandement, mais d’après la Torah trois feuilles fraîches suffisent, pourvu qu’elles soient au sommet de chacune.

והא למדת מתוך משמעות הכתוב כי המצוה שלשה בדי הדס ובכל אחד שלשה עלין, ומעתה מאין לנו שצריך שיהיו העלין יוצאין מעקר אחד לכך כתיב עבת חסר וא"ו, לומר שאותו הדס הנקרא עבות שמשפטו שלשה ענפים ושלשה עלין בכל אחד צריך שיצאו מעקר אחד, הוא שאמר תלתא תלתא בחד קנא. ושתי ערבות, זהו וערבי נחל מעוט ערבות שתים.

Et tu as appris, d’après le sens de l’Écriture, que le commandement est de trois tiges de myrte et sur chacune trois feuilles ; et désormais, d’où avons-nous qu’il faut que les feuilles partent d’un même point ? C’est pourquoi « avot » est écrit sans vav, pour dire que ce myrte appelé « avot », dont la règle est trois branches et trois feuilles sur chacune, doit avoir ses trois feuilles partant d’un même point ; c’est ce qu’ils ont dit : « trois, trois, sur une seule tige (qena) ». Et « deux saules » : c’est « et saules du torrent », « arvei » au pluriel minimal : deux saules.

Vayikra 23:40 · commentaire 3

וע"ד המדרש פרי עץ הדר זה אברהם, כפות תמרים זה יצחק, וענף עץ עבות זה יעקב, וערבי נחל זה יוסף. באור המדרש הזה, הזכיר לשון פרי שהוא לשון יחיד והמשיל בו את אברהם כי כן אברהם התחיל ליחד ה' בעולם ולפרסם אלהותו והיו דבריו עושין פירות, וכה"א (בראשית י״ב:ה׳) ואת הנפש אשר עשו בחרן, וכתיב (יחזקאל לג) אחד היה אברהם. עץ כשם שהעץ יבש בהעדר המים וחוזר ועושה פירות, כך אברהם לאחר שנתיאש הוליד בן למאה שנה.

Et selon le Midrash : « fruit d’arbre magnifique (hadar) », c’est Avraham ; « kapot temarim », c’est Yits’haq ; « branche d’arbre touffu », c’est Yaaqov ; « saules du torrent », c’est Yossef. Explication de ce Midrash : il a mentionné l’expression « fruit », qui est une expression au singulier, et lui a comparé Avraham, car Avraham a commencé à unifier l’Éternel dans le monde et à faire connaître Sa divinité, et ses paroles faisaient des fruits, et c’est ce que dit l’Écriture (Genèse 12,5) « et les âmes qu’ils avaient faites à Harân », et il est écrit (Ézéchiel 33) « Avraham était un ». « Arbre » : de même que l’arbre se dessèche par manque d’eau puis refait des fruits, de même Avraham, après avoir désespéré, engendra un fils à cent ans.

הדר שהדרו הקב"ה בזקנה, וכמו שדרשו עד אברהם לא היה זקנה ולא היו מפרישים בין אב לבנו, אברהם נתן לו זקנה, הדא הוא דכתיב (בראשית כ״ד:א׳) ואברהם זקן בא בימים, וכתיב (משלי כ׳:כ״ט) והדר זקנים שיבה. כפות תמרים זה יצחק על שם שהיה כפות ונעקד על גבי המזבח כי כפות לשון כפות, תמרים מלשון כתימרות עשן, על שם שהיה עולה תמימה, וכתיב (שיר השירים ג׳:ו׳) מי זאת עולה מן המדבר כתימרות עשן. וענף עץ עבות זה יעקב, כשם שהענף מכוסה בעלין כך יעקב מכוסה בבנים בי"ב שבטים.

« Hadar » (magnificence) : parce que le Saint, béni soit-Il, l’a paré (hadaro) par la vieillesse ; et comme ils l’ont expliqué : jusqu’à Avraham il n’y avait pas de vieillesse et on ne distinguait pas entre un père et son fils ; Avraham, Il lui donna la vieillesse ; c’est ce qui est écrit (Genèse 24,1) « et Avraham était vieux, avancé en jours », et il est écrit (Proverbes 20,29) « et la splendeur des vieillards, ce sont les cheveux blancs ». « Kapot temarim », c’est Yits’haq, du fait qu’il fut ligoté (kafout) et lié sur l’autel, car « kapot » est de l’expression « kafout » ; « temarim » est de l’expression « ketimerot ‘ashan » (comme des colonnes de fumée), du fait qu’il était une offrande entière (‘olah temima), et il est écrit (Cantique des Cantiques 3,6) « qui est celle-ci qui monte du désert comme des colonnes de fumée ». « Et branche d’arbre touffu », c’est Yaaqov : de même que la branche est couverte de feuilles, de même Yaaqov est couvert de fils, les douze tribus.

וערבי נחל זה יוסף, מה ערבה זו לחה כמושה ויבשה כך יוסף מתחלתו היה לח שהיה משנה למלך מצרים ושליט על הארץ, כמוש, שמת לו אביו בחייו והיה חסר מליחותו, יבש, שמת קודם אחיו. והכוונה בכל זה שאנו רומזין במצות הלולב זכותן של אבות ומבקשים רחמים לפני הקב"ה שיגין עלינו בזכותם, שכן מצינו משה אדון כל הנביאים שהתפלל בזכות האבות, הוא שאמר (שמות ל״ב:י״ג) זכור לאברהם וליצחק ולישראל עבדיך.

« Et saules du torrent », c’est Yossef : de même que ce saule est frais, puis flétri, puis sec, de même Yossef, à son début, était frais, étant vice-roi d’Égypte et gouverneur du pays ; flétri, car son père mourut de son vivant et il fut privé de sa fraîcheur ; sec, car il mourut avant ses frères. Et l’intention dans tout cela est que nous évoquons, par le commandement du loulav, le mérite des pères et demandons miséricorde devant le Saint, béni soit-Il, pour qu’Il nous protège par leur mérite ; ainsi nous trouvons que Moché, maître de tous les prophètes, pria au mérite des pères, c’est ce qu’il dit (Exode 32,13) « souviens-toi d’Avraham, d’Yits’haq et d’Israël, Tes serviteurs ».

Vayikra 23:40 · commentaire 4

ועוד לפי הדרך הזה, ארבעה מינין הללו רמז לד' אברים שבגוף האדם שהם עיקר כל פעולותיו, הן לכל המצות הן לכל העברות, והם העינים והלב, וכמו שדרשו רז"ל לבא ועינא תרי סרסורי דחטאה נינהו, שנאמר (במדבר ט״ו:ל״ט) ולא תתורו אחרי לבבכם ואחרי עיניכם, והשפתים ג"כ מצות הרבה וכנגדן עברות הרבה תלויות בהן, והשדרה ג"כ כי היא עיקר הגוף והכח הנשפע בה מהמוח, וזהו שאמרו במדרש אתרוג דומה ללב, לולב לשדרה הדס לעינים, ערבה לשפתים.

Et encore, selon cette voie, ces quatre espèces font allusion aux quatre organes du corps de l’homme, qui sont l’essentiel de toutes ses actions, que ce soit pour tous les commandements ou pour toutes les fautes, et ce sont les yeux et le cœur, et, comme l’ont expliqué nos Sages, de mémoire bénie : le cœur et l’œil sont les deux courtiers (sarsorei) de la faute, car il est dit (Nombres 15,39) « et vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux » ; et les lèvres aussi : beaucoup de commandements, et en regard d’eux beaucoup de fautes dépendent d’elles ; et la colonne vertébrale aussi, car elle est l’essentiel du corps et la force qui lui est communiquée du cerveau ; et c’est ce qu’ils ont dit dans le Midrash : l’etrog ressemble au cœur, le loulav à la colonne vertébrale, le myrte aux yeux, le saule aux lèvres.

והכוונה בזה כי בהכשל האדם בעברות של ד' אברים אלו ימצא כופר בד' מינין אלו שהם כנגדן ודומין להן, לפי שבכל עברה תמצא כפרה כשיעשה האדם מצוה כנגדה. וכן דרשו רז"ל על הורדוס המלך שהרג אלפים ורבבות מישראל ושאל לשמעון בן שטח אם אפשר שיהיה לו תקנה והשיב לו כי אפשר אם ישתדל בבנין בהמ"ק, ואמרו הוא כבה אורו של עולם כלומר על שהרג כמה מישראל, ילך ויעסוק באורו של עולם. והענין הזה מאיר עיני הלב, כי בודאי יש תקנה לעברה בעשית מצוה שכנגדה. ועל מצות הלולב הדומה לשדרה אמר דוד ע"ה (תהילים ל״ה:י׳) כל עצמותי תאמרנה ה' מי כמוך.

Et l’intention en cela est que lorsque l’homme trébuche dans les fautes de ces quatre organes, il trouve une expiation (kofer) dans ces quatre espèces, qui leur correspondent et leur ressemblent, parce que pour chaque faute tu trouves une expiation lorsque l’homme accomplit un commandement qui lui correspond. Et de même nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné au sujet du roi Hérode, qui tua des milliers et des myriades d’Israël et demanda à Shimon ben Shétah s’il pouvait avoir un remède, et celui-ci lui répondit que c’était possible s’il s’employait à la construction du Temple ; et ils ont dit : il a éteint la lumière du monde, c’est-à-dire pour avoir tué beaucoup d’Israël, qu’il aille et s’occupe de la lumière du monde. Et ce sujet éclaire les yeux du cœur, car assurément il y a un remède à une faute par l’accomplissement du commandement qui lui correspond. Et au sujet du commandement du loulav, qui ressemble à la colonne vertébrale, David, que la paix soit sur lui, a dit (Psaumes 35,10) « tous mes os diront : Éternel, qui est comme Toi ? »

Vayikra 23:40 · commentaire 5

ועוד במדרש, פרי עץ הדר יש בו אוכל וטעם וריח, כפות תמרים יש בו אוכל ואין בו ריח, ענף עץ עבות יש בו ריח ואין בו אוכל, וערבי נחל אין בו לא אוכל ולא טעם ולא ריח. האתרוג רמז לצדיקים שיש בהם תורה ומעשים טובים, ולולב רמז לאותן שיש בהם תורה ואין בהם מעשים טובים, הדס רמז למי שיש בו מעשים טובים ואין בו תורה, ערבה רמז למי שאין בו לא תורה ולא מעשים טובים, אמר הקב"ה יבאו כלן אגודה אחת לפני ואני מוחל להם על כל עונותיהם.

Et encore dans le Midrash : « fruit d’arbre magnifique » a de la nourriture, du goût et de l’odeur ; « kapot temarim » a de la nourriture et n’a pas d’odeur ; « branche d’arbre touffu » a de l’odeur et n’a pas de nourriture ; et « saules du torrent » n’ont ni nourriture, ni goût, ni odeur. L’etrog fait allusion aux justes qui ont la Torah et les bonnes actions ; le loulav fait allusion à ceux qui ont la Torah et n’ont pas de bonnes actions ; le myrte fait allusion à celui qui a de bonnes actions et n’a pas la Torah ; le saule fait allusion à celui qui n’a ni Torah ni bonnes actions ; le Saint, béni soit-Il, a dit : qu’ils viennent tous en un seul faisceau devant Moi, et Je leur pardonne toutes leurs fautes.

ודומה לזה מצינו בסימני הקטרת שהן בעלי הריח הטוב וצוה הכתוב להכניס בתוכן חלבנה שריחה רע, להורות על רשעי ישראל שיכנסו בכלל הצדיקים בעלי הריח הטוב ויעשו כלם אגודה אחת לפניו והוא מקבלם בתשובה. ועוד דרשו בד' מינין הללו שהם רמז לד' מלכיות, והוא שאמרו בזכות ד' מינין שבלולב אני מצילכם מד' מלכיות. אתרוג זה מלכות בבל, מה אתרוג זה דומה לזהב כך בבל (דניאל ב׳:ל״ח) רישא די דהבא. כפות תמרים זה מלכות מדי, הלולב ארוך והמן נתלה על עץ ארוך.

Et semblable à cela, nous trouvons dans les composants de l’encens (simanei haqetoret), qui ont une bonne odeur, et l’Écriture a ordonné d’y introduire du galbanum (‘helbena), dont l’odeur est mauvaise, pour indiquer que les méchants d’Israël entreront dans la catégorie des justes à la bonne odeur et feront tous un seul faisceau devant Lui, et Il les accepte dans la repentance. Et encore, ils ont expliqué que ces quatre espèces font allusion aux quatre royaumes, et c’est ce qu’ils ont dit : au mérite des quatre espèces du loulav, Je vous sauve des quatre royaumes. L’etrog, c’est le royaume de Babel : de même que cet etrog ressemble à l’or, de même Babel (Daniel 2,38) « la tête d’or ». « Kapot temarim », c’est le royaume de Mède : le loulav est long et Haman fut pendu à un arbre long.

וענף עץ עבות זה מלכות יון, מה הדס זה עשגודה אחת לפני ואני מוחל להם על כל עונותיהם. ודומה לזה מצינו בסימני הקטרת שהן בעלי הריח הטוב וצוה הכתוב להכניס בתוכן חלבנה שריחה רע, להורות על רשעי ישראל שיכנסו בכלל הצדיקים בעלי הריח הטוב ויעשו כלם אגודה אחת לפניו והוא מקבלם בתשובה. ועוד דרשו בד' מינין הללו שהם רמז לד' מלכיות, והוא שאמרו בזכות ד' מינין שבלולב אני מצילכם מד' מלכיות. אתרוג זה מלכות בבל, מה אתרוג זה דומה לזהב כך בבל (דניאל ב׳:ל״ח) רישא די דהבא.

Et « branche d’arbre touffu », c’est le royaume de Yavan : de même que ce myrte ‘ash… …gouda une devant Moi, et Je leur pardonne toutes leurs fautes. Et semblable à cela, nous trouvons dans les composants de l’encens, qui ont une bonne odeur, et l’Écriture a ordonné d’y introduire du galbanum, dont l’odeur est mauvaise, pour indiquer que les méchants d’Israël entreront dans la catégorie des justes à la bonne odeur et feront tous un seul faisceau devant Lui, et Il les accepte dans la repentance. Et encore, ils ont expliqué que ces quatre espèces font allusion aux quatre royaumes, et c’est ce qu’ils ont dit : au mérite des quatre espèces du loulav, Je vous sauve des quatre royaumes. L’etrog, c’est le royaume de Babel : de même que cet etrog ressemble à l’or, de même Babel (Daniel 2,38) « la tête d’or ».

כפות תמרים זה מלכות מדי, הלולב ארוך והמן נתלה על עץ ארוך. וענף עץ עבות זה מלכות יון, מה הדס זה עשאתרוג דר באילנו משנה לשנה. כפות תמרים ירמוז לשכר העוה"ב כשם שהלולב גדול כך שכר העוה"ב גדול, כשם שהלולב עלין שלו זו למעלה מזו כך מדרגות העוה"ב זו למעלה מזו, וכשם שהלולב אין פריו אלא לסוף שבעים שנה כך שכר העוה"ב אינו אלא בסוף ימיו של אדם שכתוב בו (תהילים צ׳:י׳) ימי שנותינו בהם שבעים שנה וגו'.

« Kapot temarim », c’est le royaume de Mède : le loulav est long et Haman fut pendu à un arbre long. Et « branche d’arbre touffu », c’est le royaume de Yavan : de même que ce myrte ‘ash… …l’etrog demeure sur son arbre d’année en année. « Kapot temarim » fait allusion à la récompense du monde à venir : de même que le loulav est grand, de même la récompense du monde à venir est grande ; de même que les feuilles du loulav sont l’une au-dessus de l’autre, de même les degrés du monde à venir sont l’un au-dessus de l’autre ; et de même que le loulav ne donne son fruit qu’au bout de soixante-dix ans, de même la récompense du monde à venir n’est qu’à la fin des jours de l’homme, dont il est écrit (Psaumes 90,10) « les jours de nos années sont soixante-dix ans, etc. »

הדס יש בו מרירות וריחו טוב ירמוז על הצער שהוא מדרכי התשובה, והוא שיצער אדם עצמו ושיסגף את גופו בתעניות ומלקיות ובגדרים רבים כפי מה שחטא ושיצטער כפי מה שנהנה, ועם זה יעלה ריחו לשמים. וערבה רמז להכנעה ושפלות, ולכך אינה גדלה על הרים אלא היא גדלה בנחל במקום נמוך ושפל, כדי שיכניע לבו וישפיל עצמו ויתכפר לו.

Le myrte, qui a de l’amertume et une bonne odeur, fait allusion à la peine qui est l’une des voies de la repentance, et c’est que l’homme s’afflige et mortifie son corps par des jeûnes, des coups de lanière et de nombreuses restrictions, selon ce qu’il a péché, et s’afflige selon ce dont il a joui, et avec cela son odeur monte aux cieux. Et le saule fait allusion à la soumission et à l’humilité ; c’est pourquoi il ne pousse pas sur les montagnes mais pousse dans le torrent, en un lieu bas et humble, afin qu’il soumette son cœur et s’humilie et que cela lui soit expié.

ולפי הדרך הזה נאה ליטול ביד ימין הלולב עם ההדס והערבה כדי לרמוז על השכר הגדול, שכר העוה"ב המעותד לו בסוף עם הצער וההכנעה, וכן אתרוג רמז לשכר העוה"ז ליטלה ביד שמאל, שכן העוה"ב נמשל לימין והעוה"ז נמשל לשמאל, ממה שכתוב (משלי ג׳:ט״ז) אורך ימים בימינה בשמאלה עושר וכבוד, דרשו רז"ל למימינים בה אורך ימים למשמאילים בה עושר וכבוד. ובאור למימינים בה למי שהולך במצות לצד ימין ומכוין בהם לשכר העוה"ב, למשמאילים בה למי שהולך בהם לצד שמאל ומכוין בהם לשכר העוה"ז, לזה נותן אורך ימים ולזה נותן עושר וכבוד.

Et selon cette voie, il convient de prendre dans la main droite le loulav avec le myrte et le saule, pour faire allusion à la grande récompense, la récompense du monde à venir qui lui est préparée à la fin, avec la peine et la soumission ; et de même l’etrog, qui fait allusion à la récompense de ce monde, de le prendre dans la main gauche, car le monde à venir est comparé à la droite et ce monde à la gauche, d’après ce qui est écrit (Proverbes 3,16) « longueur de jours dans sa droite, dans sa gauche richesse et gloire » ; nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : pour ceux qui vont à droite avec elle, longueur de jours ; pour ceux qui vont à gauche avec elle, richesse et gloire. Et l’explication de « pour ceux qui vont à droite avec elle » : pour celui qui va dans les commandements du côté droit et les vise en vue de la récompense du monde à venir ; « pour ceux qui vont à gauche avec elle » : pour celui qui va dans les commandements du côté gauche et les vise en vue de la récompense de ce monde ; à celui-ci Il donne longueur de jours, et à celui-là richesse et gloire.

Vayikra 23:40 · commentaire 6

וע"ד השכל בטעם ד' מינין שבלולב, ליחות הפרי הוא חיותו, ולכך נצטוינו בצמחים הללו שיהיו הדר להיות ליחותן שהוא חיותן משומר בתוכן, ועמהם נעשה אות וסימן לדרכי החיים, ולכך בחר הכתוב בצמחים האלה ארבעתן כי הם רעננים כל השנה ומתקיימין בליחותן יותר משאר פירות והתורה הנתונה לנו בסיני נקראת ארח חיים, ואנחנו שקבלנוה נקראין חיים כענין שכתוב (דברים ד׳:ד׳) ואתם הדבקים בה' אלהיכם חיים כלכם היום, ולכך באה המצוה שנטול הצמחים האלה בעלי הנפש הצומחת שבהן סימן החיים, לקלס בהן לפני אדון הכל הנקרא אלהים חיים, ואילו היו הצמחים האלה יבשים לא היה בהן אות וסימן לדרכי החיים כי הליחות שבהם הוא חיותן כענין הדם בגוף החי, ומזה אמרו בירושלמי לולב היבש פסול משום שנאמר (תהילים קט״ו:י״ז) לא המתים יהללו יה.

Et selon la raison, sur le sens des quatre espèces du loulav : l’humidité du fruit est sa vitalité ; c’est pourquoi nous avons été commandés d’avoir ces végétaux magnifiques (hadar), pour que leur humidité, qui est leur vitalité, soit conservée en eux, et avec eux soit fait un signe et un marqueur des voies de la vie ; c’est pourquoi l’Écriture a choisi ces végétaux, les quatre, car ils sont frais toute l’année et se maintiennent par leur humidité plus que les autres fruits ; et la Torah qui nous a été donnée au Sinaï est appelée « chemin de vie » (orah ‘haïm), et nous qui l’avons reçue sommes appelés vivants, comme il est écrit (Deutéronome 4,4) « et vous qui vous attachez à l’Éternel votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd’hui » ; c’est pourquoi vient le commandement de prendre ces végétaux, doués de l’âme végétative, signe de la vie, pour louer par eux devant le Maître de tout, appelé Dieu vivant ; et si ces végétaux étaient secs, il n’y aurait pas en eux de signe et de marqueur des voies de la vie, car l’humidité qui est en eux est leur vitalité, comme le sang dans un corps vivant ; et de là ils ont dit dans le Yerushalmi : un loulav sec est invalide, parce qu’il est dit (Psaumes 115,17) « ce ne sont pas les morts qui louent Yah ».

Vayikra 23:40 · commentaire 7

וע"ד הקבלה פרי עץ הדר הדומה ללב ירמוז אל הכבוד הכלול מל"ב נתיבות, והוא הדר מכל הדר כענין שכתוב (שיר השירים ו׳:י׳) מי זאת הנשקפה כמו שחר יפה כלבנה ברה כחמה. כפות תמרים הוא סוף הבנין הנקרא יסוד והוא ראש הנמצאים כלן, ולולב דומה לשדרה כי הוא מכריע וקו אמצעי, והזכיר תמרים ולא תמר על שם שכתוב (תהילים צ״ב:י״ג) צדיק כתמר יפרח, ומשפיע כח במדה שכתוב בה (שיר השירים ז׳:ח׳-ט׳) זאת קומתך דמתה לתמר, וזהו לשון תמרים, ולכך כתיב כפת על שם אחדותו והזכיר תמרים לרמוז על שניהם. וכן אתרוג שהוא לב.

Et selon la Kabbale : « fruit d’arbre magnifique », qui ressemble au cœur, fait allusion à la Gloire, qui comprend les trente-deux sentiers, et il est magnificence plus que toute magnificence, comme il est écrit (Cantique des Cantiques 6,10) « qui est celle-ci qui regarde comme l’aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil ». « Kapot temarim » est la fin de la structure appelée Yessod, et il est la tête de tous les existants ; et le loulav ressemble à la colonne vertébrale, car il fait pencher la balance et est la ligne médiane ; et il a mentionné « temarim » et non « tamar » d’après ce qui est écrit (Psaumes 92,13) « le juste fleurit comme le palmier », et il communique la force à l’attribut dont il est écrit (Cantique des Cantiques 7,8-9) « ta stature ressemble au palmier » ; et c’est l’expression « temarim » ; et c’est pourquoi « kapat » est écrit, à cause de son unicité, et il a mentionné « temarim » pour faire allusion aux deux. Et de même l’etrog, qui est le cœur.

וכן לולב שהוא לבה של תמרה. וענף עץ עבות, הגדולה והגבורה והתפארת. וזהו שדרשו בספר הבהיר ענף עץ עבות, משל לאדם שיש לו זרועותיו ובהם יגן על ראשו, הרי זרועותיו שנים וראשו שלשה, והיינו ענף לשמאל עבות לימין, נמצא עץ באמצע, ולמה נאמר בו עץ מפני שהוא שרש האילן.

Et de même le loulav, qui est le cœur du palmier. « Et branche d’arbre touffu » : la Grandeur (Guédoula), la Puissance (Guevoura) et la Splendeur (Tif’éret). Et c’est ce qu’ils ont expliqué dans le Sefer HaBahir : « branche d’arbre touffu » : parabole d’un homme qui a ses bras et par eux protège sa tête ; voici, ses bras sont deux et sa tête fait le troisième élément ; c’est-à-dire « branche » pour la gauche, « touffu » pour la droite, il se trouve que l’arbre est au milieu ; et pourquoi lui est-il dit « arbre » ? Parce qu’il est la racine de l’arbre.

והדס דומה לעינים, וערבי נחל הנצח וההוד הנקראים למודי ה' וערבה דומה לשפתים, שכן הנביאים כלם מקבלים הנבואה משם, ועד שם נבואתם מגעת ולא עוד, וערבה היא שביעית ולכך הוכיחו חכמי האמת ערבה מלשון ערבות הוא שכתוב (תהילים ס״ח:ה׳) סולו לרוכב בערבות, שכן הוא הרקיע השביעי. בספר הבהיר, מאי ערבי נחל על שם המקום שהן קבועין בו ששמו נחל, כלומר שהם מכלל הנחל שכל השבעה נקראו נחל, ואמרו עוד שם, ערבי נחל כנגד שוקי האדם שהם שתים, עד כאן. ולמדנו בארבעה מינין אלו שבלולב שהם חוזרים לשבעה שהם כנגד השבע, ונראה כי כן דעת הרמב"ן.

Et le myrte ressemble aux yeux, et « saules du torrent » sont Netsa’h et Hod, appelés « disciples de l’Éternel » ; et le saule ressemble aux lèvres, car tous les prophètes reçoivent de là la prophétie, et jusque-là leur prophétie parvient et pas plus loin ; et le saule est le septième, et c’est pourquoi les sages de vérité ont prouvé que « arava » vient de l’expression « aravot », ce qui est écrit (Psaumes 68,5) « exaltez Celui qui chevauche dans les aravot » : car c’est le septième firmament. Dans le Sefer HaBahir : que signifie « saules du torrent » ? À cause du lieu où ils sont fixés, dont le nom est « torrent » ; c’est-à-dire qu’ils font partie du torrent, car les sept sont tous appelés « torrent » ; et ils ont dit encore là-bas : « saules du torrent » correspondent aux jambes de l’homme, qui sont deux. Jusqu’ici. Et nous avons appris que ces quatre espèces du loulav se ramènent à sept, qui correspondent aux sept ; et il semble que tel soit l’avis du Ramban.

Vayikra 23:40 · commentaire 8

וראיתי בזה דעת אחרת לאחד מהמקובלים שכתב, פרי עץ הדר הוא הכבוד למעלה ממנו, וסמיך ליה כפת תמרים שהוא יסוד למעלה מכפות תמרים, וסמך לו ענף עץ עבות והן אחד על גבי שנים התפארת והנצח וההוד, ומכאן שהיה ראוי להכשיר אפילו תרי וחד, כלומר שנים למטה ואחד למעלה, אלא שאין הכוונה רמוזה בו, ולפי זה יהיה הצדיק עומד בין ההדסים, ולכך נקראו הצדיקים בשם הדסים על שם שהם דבקים בצדיק העומד בין ההדסים למעלה מענף עץ עבות, וסמך לו ערבי נחל והם הגדולה והגבורה.

Et j’ai vu sur ce point un autre avis d’un des kabbalistes, qui a écrit : « fruit d’arbre magnifique » est la Gloire, au-dessus de lui ; et lui est juxtaposé « kapat temarim », qui est Yessod, au-dessus de « kapot temarim » ; et lui est juxtaposé « branche d’arbre touffu », et ce sont un sur deux : Tif’éret, Netsa’h et Hod ; et de là il aurait convenu de valider même deux et un, c’est-à-dire deux en bas et un en haut, sauf que l’intention n’y est pas indiquée par allusion ; et selon cela, le juste se tient entre les myrtes, et c’est pourquoi les justes sont appelés du nom de myrtes, du fait qu’ils s’attachent au Juste qui se tient entre les myrtes au-dessus de « branche d’arbre touffu » ; et lui est juxtaposé « saules du torrent », et ce sont la Grandeur et la Puissance.

Vayikra 23:40 · commentaire 9

והנה כל זה בא בסדור מכוון ממטה למעלה, ובין שירמוז ערבי אל הנצח וההוד כדעת הרב ז"ל או אל הגדולה והגבורה כדעת הזאת הנה הערבה שביעית מ"מ בין למעלה בין למטה וכל הדעות כולן אין כוונת הלולב עם מיניו אלא דוגמא אל השביעית.

Et voici, tout cela vient dans un ordre précis, de bas en haut ; et que l’on fasse allusion au saule vers Netsa’h et Hod, selon l’avis du Rav, de mémoire bénie, ou vers la Grandeur et la Puissance, selon cet avis-ci, voici, le saule est le septième dans tous les cas, que ce soit en haut ou en bas ; et dans tous les avis, l’intention du loulav avec ses espèces n’est qu’un exemple du septième.

Vayikra 23:40 · commentaire 10

וצריך שתשכיל כי מפני שהלולב (בגמרא) ירמוז לצדיק כתמר הפרישו חכמי האמת בדין קטימת הלולב וההדס כי הלולב נקטם ראשו פסול ובהדס אפילו ג' קטומים כשר. וידוע כי הקטימה רמז לקצוץ ובהדסים אין לחוש לקצוץ שהרי בידוע שהאחד כלול מן השנים גם השנים הפכים הם מקבלים ויונקים מלמעלה מן הבינה ולכך אין לטעות בהדסים ואין לחוש בהם חשש קצוץ, אבל בלולב שהוא צדיק יסוד ויודעין בו שהשפע שלו מקבלו מיד מיוחד והמיוחד מן השנים והשנים מן הבינה, לכך יש לטעות בו ולחוש לקצוץ, שמא יאמר בו אדם שאינו צריך לכח שיש מן הבינה ולמעלה שהוא ראשית האצילות, על כן אמרו בו נקטם ראשו פסול, כי זה בודאי יהיה קצוץ יותר עליון וחזק מקצוץ ההדסים.

Et il faut que tu comprennes que, parce que le loulav (dans la Guemara) fait allusion au juste « comme le palmier », les sages de vérité ont distingué dans la règle de l’étêtage (qetima) du loulav et du myrte : un loulav dont la tête est coupée est invalide, tandis que pour le myrte, même trois étêtés sont valides. Et il est connu que la coupure (qetima) fait allusion à la séparation des plants (qitsouts), et pour les myrtes il n’y a pas à craindre le qitsouts, car il est connu que l’un est compris dans les deux, et les deux, qui sont des contraires, reçoivent et tètent d’en haut, de la Bina ; c’est pourquoi on ne se trompe pas à propos des myrtes, et il n’y a pas à craindre pour eux un soupçon de qitsouts. Mais pour le loulav, qui est le Juste, Yessod, et l’on sait de lui que son influx, il le reçoit directement de l’attribut unifié (meyouḥad), et cet attribut unifié des deux, et les deux de la Bina, c’est pourquoi on peut se tromper à son sujet et craindre le qitsouts, de peur qu’un homme dise de lui qu’il n’a pas besoin de la force qui vient de la Bina et d’au-dessus, qui est le commencement de l’émanation ; c’est pourquoi on a dit de lui : sa tête étêtée, invalide, car ce serait assurément un qitsouts plus élevé et plus fort que le qitsouts des myrtes.

וכמה נאה ליטול את הלולב שיש בו שבעה אלו בשבעה ימי סכות שהן כנגד אותן שבעה, ובהם לבינה נקרא בענין הקרבנות שהיו להמשיך, ומזה דרשו רז"ל כל המקיים לולב באגדו והדס בעבותו מעלה עליו הכתוב כאלו בנה מזבח והקריב עליו קרבן, שנאמר (תהילים קי״ח:כ״ז) אסרו חג בעבותים עד קרנות המזבח, וזה מבואר.

Et combien il est beau de prendre le loulav, qui a en lui ces sept, pendant les sept jours de Soukkot, qui correspondent à ces sept ; et en eux, la Bina est appelée, dans le sujet des sacrifices, qui étaient pour attirer. Et de là nos Sages, de mémoire bénie, ont déduit : quiconque accomplit le loulav dans sa ligature (agudo) et le myrte dans son touffu (‘avoto), l’Écriture lui compte comme s’il avait construit un autel et offert dessus un sacrifice, car il est dit (Psaumes 118,27) « liez la fête avec des cordes jusqu’aux cornes de l’autel » ; et cela est clair.

ומפני שהלולב והאתרוג רמז לזכור ושמור, על כן הלולב נטל בימין ומצותו ביום ולא בלילה, והאתרוג בשמאל, וכל אחד נטל בידו הראויה לו, ומשפט הנענוע הוא לשש קצוות ארבע רוחות העולם ומעלה ומטה, שלשה פעמים לכל רוח, שהם בין כולן שמנה עשר נענועין, כי כן העולם חתום בחותמו של הקב"ה שהוא שלש אותיות, והוא מתחלק לשש, שלשה אותיות לכל רוח שהם שמונה עשר אותיות, ולכך יצטרך שמונה עשר נענועין, ואע"פ שלא מצינו בגמרא אלא מוליך ומביא מעלה ומוריד, ולמדו זה מתנופה מדכתיב (שמות כ״ט:כ״ז) אשר הונף ואשר הורם, מוליך ומביא למי שהרוחות שלו, מעלה ומוריד למי שהשמים והארץ שלו, ובזה נתעורר על היחוד כי לפי שקצץ אבינו הראשון וחטא באתרוג לבדו אין אנו מביאין האתרוג לבדו אלא נביאהו עם שאר הפרי ליחדו עם כלן וכלן עמו, ומזה אנו מתקנין את אשר עותו ומרצין בו המקום.

Et parce que le loulav et l’etrog font allusion à « souviens-toi » et « garde » (zakhor veshamor), c’est pourquoi le loulav se prend de la main droite et son commandement est de jour et non de nuit, et l’etrog dans la gauche, et chacun est pris dans la main qui lui convient. Et la règle de l’agitation est vers les six extrémités, les quatre vents du monde, en haut et en bas, trois fois pour chaque vent, ce qui fait en tout dix-huit agitations, car ainsi le monde est scellé du sceau du Saint, béni soit-Il, qui est de trois lettres, et il se divise en six, trois lettres pour chaque vent, soit dix-huit lettres, et c’est pourquoi il faut dix-huit agitations. Et bien que nous n’ayons trouvé dans la Guemara que : il va et vient, monte et descend, et ils l’ont appris de l’agitation (tenoufa), car il est écrit (Exode 29,27) « ce qui a été agité et ce qui a été élevé » : il va et vient pour Celui à qui appartiennent les vents, monte et descend pour Celui à qui appartiennent les cieux et la terre. Et par là on s’éveille à l’unification, car, puisque notre père le premier a coupé et péché par l’etrog seul, nous n’apportons pas l’etrog seul, mais nous l’apportons avec le reste du fruit pour l’unifier avec tous et tous avec lui ; et par là nous réparons ce qu’il a faussé et nous rendons le Lieu favorable par lui.

Vayikra 23:40 · commentaire 11

והתבונן בסוד מדרש ר' תנחומא שכתבתי למעלה ותראה איך קרא לד' מינין אלו שחוזרין שבעה בלשון החכמים, בעבור כי הם כנגד השבעה שנאצלו מן החכמה ועם ד' מינין אלו נמשיך כח במדות. והעלו שם אמר רבא וכן בלולב, יש לומר כי לשון מוליך ומביא משמש לד' רוחות וזהו למי שהרוחות שלו.

Et réfléchis au secret du Midrash de Rabbi Tan’houma que j’ai écrit plus haut, et tu verras comment il a appelé ces quatre espèces, qui se ramènent à sept, dans la langue des Sages, parce qu’elles correspondent aux sept qui ont émané de la Sagesse, et avec ces quatre espèces nous attirons une force dans les attributs. Et ils ont conclu là-bas : Rava a dit : et de même pour le loulav ; on peut dire que l’expression « il va et vient » sert pour les quatre vents, et c’est « pour Celui à qui appartiennent les vents ».

Vayikra 23:40 · commentaire 12

ומצינו רבינו חננאל ז"ל שכתב נענוע זה שאמרו היכן היו מנענעים זולתי מוליך ומביא מעלה ומוריד, וכן קבלנו מדברי רבינו האי והעמידו על עיקר דבר זה מהירושלמי דגרסינן התם צריך לנענע שלשה פעמים על כל דבר ודבר, רבי זעירא בעי הכין חד והכין חד או דילמא הכין והכין חד, כלומר אם הולכה והובאה אחת היא ויש בה ד' נענועין הבאה אחת הן (יש בכאן גמגום דברים, והרוצה לעמוד על תוכן הדברים יעיין ברא"ש ופוסקים כי לא רציתי לשלוח יד ולהגיה. המדפיס ) ויש כאן תשעה נענועין שיש בהולכה והבאה ממזרח למערב ומצפון לדרום וכן עליה וירידה שלשה, הולכה והובאה אחת ועליה אחת וירידה אחת, והוו י"ח נענועין לשש קצוות לכל אחת שלשה נענועים לכל קצה וקצה, ולא אפשיטא בעיין ולחומרא עבדינן דעבדינן י"ח נענועין, ע"כ לשון הגאון ז"ל.

Et nous trouvons Rabbénou ‘Hananel, de mémoire bénie, qui a écrit à propos de cette agitation dont ils ont dit : où l’agitaient-ils, sinon : il va et vient, monte et descend ; et ainsi nous avons reçu des paroles de Rabbénou Hai, et ils ont établi l’essentiel de cette chose sur le Yerushalmi, où nous lisons là-bas : il faut agiter trois fois pour chaque chose. Rabbi Zeira demanda : ainsi un et ainsi un, ou bien ainsi et ainsi un ? C’est-à-dire : si aller et venir est un seul acte et qu’il comporte quatre agitations, la venue est une seule (il y a ici une confusion des mots, et celui qui veut saisir le contenu de ces paroles, qu’il consulte le Rosh et les décisionnaires, car je n’ai pas voulu porter la main et corriger. L’imprimeur) et il y a ici neuf agitations, car dans l’aller et venue, d’est en ouest et du nord au sud, et de même la montée et la descente, il y a trois : un aller et venue, une montée, une descente ; et cela fait dix-huit agitations pour les six extrémités, trois agitations pour chaque extrémité. Et la question n’a pas été tranchée, et par rigueur nous faisons dix-huit agitations. Fin des paroles du Gaon, de mémoire bénie.

ומה שאנו אוגדין הלולב עם מיניו לרמוז על אחדות השבעה, ומה שאנו מתירין אותו ביום שביעי כדי לרמוז אל הקו האמצעי המכריע, ושנראה ושנכוין אליו איך כל הנמצאים כלן העליונים והשפלים תלוין בו כשם שהעלין שבלולב דבקים ונקשרים כלן ותלוין בשדרה, ומפני זה יצטרך שנכוין אל השביעי ביום ז' וזהו מבואר.

Et ce que nous lions le loulav avec ses espèces, c’est pour faire allusion à l’unité des sept ; et ce que nous le délions le septième jour, c’est pour faire allusion à la ligne médiane qui fait pencher la balance, et pour que nous voyions et que nous dirigions notre intention vers lui, comment tous les existants, les supérieurs et les inférieurs, dépendent de lui, de même que les feuilles du loulav sont toutes attachées et liées et dépendent de la colonne vertébrale ; et pour cette raison il faut que nous dirigions notre intention vers le septième au septième jour ; et cela est clair.

ועוד דקדקתי בארבעה מינין שבלולב וראיתי שיש בהן נגלה ונסתר כשם שיש בד' אותיות שבשם הגדול נגלה ונסתר, והוא כי השנים נגלים בשמם והן כפות תמרים וערבי נחל, והשנים הסתיר הכתוב שמותם והן פרי עץ הדר וענף עץ, עד שהוצרכנו לקבלת החכמים ז"ל שהם אתרוג והדס, וכן בשם הגדול ג"כ נגלה ונסתר, הנגלה ביה"ו והנסתר ג"כ ביה"ו, כי היו"ד כפשוטה תכפל במספרה בקריאתה, וכן הה"ה וכן הו"ו, ויצא לנו מזה כי אותיות השם הגדול יורו שהוא אחד בין בנגלה בין בנסתר, ונרמז הענין הזה של נגלה ונסתר גם במצוה הזאת שהיא מצוה מורה על האצילות הנרמז בשם המיוחד שהוא נגלה ונסתר, והוא ברחמיו יגלה עינינו להכיר נפלאות מתורתו ויסתירנו בצל רחמיו וחמלתו.

Et j’ai encore examiné de près les quatre espèces du loulav, et j’ai vu qu’il y a en elles un révélé et un caché, de même qu’il y a dans les quatre lettres du Nom grand un révélé et un caché. Et c’est que deux sont révélées dans leur nom, ce sont « kapot temarim » et « arvei na’hal », et deux, l’Écriture a caché leurs noms, ce sont « peri ets hadar » et « anaf ets », au point que nous avons eu besoin de la tradition des Sages, de mémoire bénie, qui sont l’etrog et le myrte ; et de même dans le Nom grand aussi il y a un révélé et un caché : le révélé est dans yod-hé-vav, et le caché aussi dans yod-hé-vav, car le yod, dans sa simplicité, est doublé dans son nombre dans sa lecture, et de même le hé, et de même le vav. Et il en résulte pour nous que les lettres du Nom grand indiquent qu’Il est un, aussi bien dans le révélé que dans le caché ; et ce sujet du révélé et du caché est aussi suggéré dans ce commandement, qui est un commandement indiquant l’émanation suggérée dans le Nom unique, qui est révélé et caché ; et Il, dans Sa miséricorde, ouvrira nos yeux pour reconnaître les merveilles de Sa Torah et nous cachera à l’ombre de Sa miséricorde et de Sa compassion.

Vayikra 23:43 · commentaire 1

כי בסכות הושבתי את בני ישראל. יש מרז"ל שאמרו סכות ממש עשו להם, ויש שאמר ענני כבוד. דעת האומר סכות ממש עשו להם, מפני זה נצטוינו לעשות סכות דוגמתן כדי שיתגלה ויתפרסם מתוך מצות הסכות גודל מעלתן של ישראל במדבר שהיו הולכים עם כובד האנשים והנשים והטף במקום ההוא אשר אין בטבע האדם לחיות בו, והוא שהעיד הכתוב (יואל ב׳:כ׳) ארץ ציה ושממה, (במדבר כ׳:ה׳) לא מקום זרע ותאנה וגפן, וכן אמר הנביא לישראל (ירמיהו ב׳:ל״א) המדבר הייתי לישראל אם ארץ מאפליה, יאמר לא הראיתי להם לישראל שהיו במדבר בארץ מאפליה, כי שם באותו מקום הכנתי להם כל צרכם ולא חסרו דבר, ולפי דעת זו אפשר שבאו להם צמחים מארץ מרחקים ע"י סוחרים.

« Car dans des soukkot Je fis habiter les fils d’Israël. » Il y a parmi nos Sages, de mémoire bénie, ceux qui ont dit : ils firent pour eux de véritables soukkot ; et il en est qui ont dit : des nuées de gloire. L’avis de celui qui dit qu’ils firent pour eux de véritables soukkot : c’est pour cela que nous avons été commandés de faire des soukkot à leur ressemblance, afin que se révèle et se fasse connaître, par le commandement de la soukka, la grandeur du niveau d’Israël dans le désert, eux qui marchaient avec la charge que représentait cette multitude d’hommes, de femmes et d’enfants en ce lieu où il n’est pas dans la nature de l’homme de vivre ; et c’est ce dont l’Écriture a témoigné (Joël 2,20) « une terre aride et désolée », (Nombres 20,5) « ce n’est pas un lieu de semence, de figuier et de vigne » ; et de même le prophète a dit à Israël (Jérémie 2,31) « Ai-Je été un désert pour Israël, ou une terre de ténèbres ? » Il dit : Je n’ai pas fait éprouver à Israël la condition du désert ou d’une terre de ténèbres, car là, en ce lieu, Je leur ai préparé tout ce dont ils avaient besoin et ils n’ont manqué de rien ; et selon cet avis, il est possible que des végétaux leur soient venus de pays lointains par l’intermédiaire de marchands.

דעת האומר ענני כבוד היו מפני שהיו הולכים בעמוד ענן יומם ובעמוד אש לילה כענין שכתוב (שמות י״ג:כ״ב) לא ימיש עמוד הענן יומם ועמוד האש לילה לפני העם, והיו מוקפין ומסוככין מכל צד בענני כבוד, וזהו העקר והנכון בפשט הכתוב, ועל כן אמר כי בסכות הושבתי את בני ישראל בהוציאי אותם מארץ מצרים, וידעו להורות הפליאה הזאת כי הסכות הללו יהיו ענני כבוד, וכדבר הנביא שאמר (ישעיהו ד׳:ה׳) וברא ה' על כל מכון הר ציון ועל מקראיה ענן יומם ועשן ונגה אש להבה לילה כי על כל כבוד חפה, וסמיך ליה וסכה תהיה לצל יומם מחורב, והיא סכה של ענני כבוד ומיני מאורות לצדיקים לעתיד לבא, ועליו אמר דוד (תהילים כ״ז:ה׳) כי יצפנני בסכה ביום רעה יסתירני וגו', בסכה כתיב. ודרך הקבלה במצות הסכה אזכירנו בעז"ה בסוף פרשת ראה.

L’avis de celui qui dit « nuées de gloire » : parce qu’ils marchaient dans une colonne de nuée le jour et dans une colonne de feu la nuit, comme il est écrit (Exode 13,22) « la colonne de nuée ne quittait pas, le jour, ni la colonne de feu, la nuit, devant le peuple », et ils étaient entourés et couverts de toute part par des nuées de gloire ; et c’est l’essentiel et le juste selon le peshat du verset. Et c’est pourquoi il a dit « car dans des soukkot Je fis habiter les fils d’Israël quand Je les fis sortir du pays d’Égypte », et ils surent enseigner ce prodige : que ces soukkot étaient des nuées de gloire ; et comme la parole du prophète qui dit (Isaïe 4,5) « et l’Éternel créera sur toute la demeure du mont Sion et sur ses assemblées une nuée de jour, et une fumée et un éclat de flamme de feu la nuit, car sur toute gloire il y aura un dais » ; et lui est juxtaposé « et il y aura une soukka pour ombre de jour contre la chaleur », et c’est une soukka de nuées de gloire et de sortes de lumières pour les justes dans le monde à venir ; et sur elle David a dit (Psaumes 27,5) « car Il me cachera dans une soukka au jour de malheur, Il me mettra à couvert, etc. » ; « besouka » est écrit. Et la voie de la Kabbale dans le commandement de la soukka, je la mentionnerai, avec l’aide de Dieu, à la fin de la section Re’é.

7e montée 24:1–24:23

Vayikra 24:4 · commentaire 1

על המנורה הטהורה. כתב הרמב"ן ז"ל, בפרשת ואתה תצוה לא אמר על המנורה הטהורה אלא יערוך אותו אהרן ובניו, כי אותה פרשה אינה עיקר במצות הנרות כי פירוש ואתה תצוה סופך לצוות את בני ישראל, ופרשה זו היא העיקר במצוה ההיא, ועל כן פירש על המנורה הטהורה, שהרי כשאמר שם (שמות כ״ז:כ״א) יערוך אותו אהרן ובניו היה במשמע על המנורה או בלא מנורה אם תשבר או תאבד, כאשר היה בשובם מן הגולה, ועכשיו אמר בפירוש על המנורה הטהורה כי בא לבאר כאן בעקר המצוה שלא ידליקו אלא על מנורה טהורה. ודרשו רז"ל על המנורה הטהורה על טהרה של מנורה שלא יסמכם בקסמין ובצרורות. יערוך את הנרות לפני ה', שלא יתקן בחוץ ויכניס מבפנים. תמיד, אפילו בשבת, תמיד אפילו בטומאה.

« Sur le chandelier pur. » Le Ramban, de mémoire bénie, a écrit : dans la section Veata tetsavé, il n’a pas dit « sur le chandelier pur » mais « Aharon et ses fils l’arrangeront », car cette section n’est pas l’essentiel dans le commandement des lampes, car l’explication de « et toi, tu ordonneras » est que tu finiras par ordonner aux fils d’Israël ; et cette section-ci est l’essentiel de ce commandement, et c’est pourquoi il a précisé « sur le chandelier pur » ; car lorsqu’il a dit là-bas (Exode 27,21) « Aharon et ses fils l’arrangeront », cela signifiait sur le chandelier ou sans chandelier s’il se brise ou se perd, comme ce fut à leur retour de l’exil ; et maintenant il a dit explicitement « sur le chandelier pur », car il vient expliquer ici, à l’essentiel du commandement, qu’on n’allumera que sur un chandelier pur. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : « sur le chandelier pur » : sur la surface même, dégagée, du chandelier, qu’il ne les appuie pas avec des éclats de bois et des pierres. « Il arrangera les lampes devant l’Éternel » : qu’il ne les prépare pas dehors pour les faire entrer à l’intérieur. « Toujours » : même le Shabbat ; « toujours » : même en impureté.

Vayikra 24:7 · commentaire 1

ונתת על המערכת לבונה זכה. היו לחם הפנים ולבונה מעכבין זה את זה, כאתרוג עם הלולב או תכלת עם הלבן בזמן שהתכלת מצוי. והבן זה שלכך לא תמצא במנחת סוטה לבונה, וכן במנחת החוטא, הוא שכתוב (במדבר ה׳:ט״ו) לא יצוק עליו שמן ולא יתן עליו לבונה, לפי שמדת הדין מתוחה כנגדה.

« Et tu mettras sur la rangée de l’oliban pur. » Le pain de proposition et l’oliban étaient chacun une condition de l’autre, comme l’etrog avec le loulav, ou le tekhélet avec le blanc quand le tekhélet se trouve. Et comprends cela, car c’est pourquoi tu ne trouves pas d’oliban dans l’oblation de la sota, ni dans l’oblation du pécheur ; c’est ce qui est écrit (Nombres 5,15) « il ne versera pas d’huile dessus et n’y mettra pas d’oliban », parce que l’attribut de rigueur est tendu contre elle.

Vayikra 24:7 · commentaire 2

והיתה ללחם לאזכרה. לפי שלחם הפנים לא היה בו חלק לגבוה אך הלבונה שעליו, שבכל מערכה היו מקטרין הלבונה, ולכך אמרה תורה והיתה הלבונה ללחם לאזכרה, כי מתוך שמקטירים הלבונה שעל הלחם הלחם נזכר למעלה והברכה תחול בו ממנו למזונות העולם. ומזה תבין מה היתה סבת הברכה בלחם הפנים שכל מזונות שבעולם מתברכין בשבילו, והבן זה כי על כן היו י"ב חלות מסודרות על השלחן, ומשם הברכה באה כנגד י"ב מלאכים הסובבים כסא כבודו, ונקראים ארבע מחנות שכינה שמשם העולם מתברך לארבע רוחותיו והם עומדים ג' לכל רוח כענין ארבעה דגלים של מדבר, וכנגדם בכסא שלמה י"ב אריות, והיו בי"ב חלות אלו כ"ד עשרונים, והתעורר לזה.

« Et il sera pour le pain en mémorial. » Parce que le pain de proposition n’avait pas de part pour le Très-Haut, sinon l’oliban qui était dessus, car sur chaque rangée on faisait fumer l’oliban ; c’est pourquoi la Torah a dit « et l’oliban sera pour le pain en mémorial », car du fait qu’on fait fumer l’oliban qui est sur le pain, le pain est rappelé en haut et la bénédiction descend sur lui, de lui, vers les nourritures du monde. Et de là tu comprends quelle était la cause de la bénédiction dans le pain de proposition, que toutes les nourritures du monde sont bénies à cause de lui ; et comprends cela, car c’est pourquoi il y avait douze pains disposés sur la table, et de là la bénédiction vient, en regard des douze anges qui entourent le trône de Sa gloire, et sont appelés les quatre camps de la Présence, d’où le monde est béni vers ses quatre vents ; et ils se tiennent trois pour chaque vent, comme les quatre drapeaux du désert, et en regard d’eux, sur le trône de Shelomo, douze lions ; et dans ces douze pains il y avait vingt-quatre dixièmes d’épha, et éveille-toi à cela.

Vayikra 24:10 · commentaire 1

ויצא בן אשה ישראלית. פירושו יצא מביתו, או ממקום מושבו.

« Et il sortit, le fils d’une femme israélite. » Son explication : il sortit de sa maison, ou de son lieu de résidence.

Vayikra 24:10 · commentaire 2

בתוך בני ישראל שבא ממקומו אל תוך העם וינצו במחנה. ויתכן לפרש כי לשון ויצא שלא פירש מהיכן, כלשון (מלכים א כב) ויצא הרוח, וכענין שכתוב (קהלת ח) ובכן ראיתי רשעים קבורים ובאו, וזהו שכתוב (איוב א) ערום יצאתי מבטן אמי וערום אשוב שמה.

« Au milieu des fils d’Israël » : qu’il vint de son lieu au milieu du peuple, « et ils se querellèrent dans le camp ». Et il se peut d’expliquer que l’expression « vayétsé » (et il sortit) ne précise pas d’où, comme l’expression (1 Rois 22) « et l’esprit sortit », et comme ce qui est écrit (Ecclésiaste 8) « et alors j’ai vu des méchants ensevelis, et ils sont venus », et c’est ce qui est écrit (Job 1) « nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu j’y retournerai ».

Vayikra 24:10 · commentaire 3

ויראה לי כי לזה רמזו חז"ל במדרשם שאמרו ויצא בן אשה ישראלית, ר' לוי אמר מעולמו יצא. ולכך נסמכה פרשת ויצא למילת עולם. ופירוש מעולמו יצא כי האדם עולם קטן, וזהו שכתוב (יחזקאל לו) ומארצו יצאו, וכתיב (שם טו) מהאש יצאו, אשו של בשר ודם, וזה מבואר.

Et il me semble que c’est à cela que nos Sages, de mémoire bénie, ont fait allusion dans leur Midrash, quand ils ont dit : « Et il sortit, le fils d’une femme israélite » : Rabbi Lévi a dit : de son monde il sortit. Et c’est pourquoi la section « vayétsé » est juxtaposée à l’expression « ‘olam » (éternité, monde). Et le sens de « de son monde il sortit » est que l’homme est un petit monde, et c’est ce qui est écrit (Ézéchiel 36) « et de Son pays ils sont sortis », et il est écrit (ibid. 15) « du feu ils sont sortis », le feu de la chair et du sang ; et cela est clair.

Vayikra 24:10 · commentaire 4

ובמדרש ויצא בן אשה ישראלית מהיכן יצא מפרשה של מעלה יצא, לגלג ואמר ביום השבת ביום השבת יערכנו דרך המלך לאכול פת חמה בכל יום, שמא פת צוננת של תשעה ימים. מתניתא אמרה מבית דינו של משה יצא מחוייב, בא ליטע אהלו בתוך מחנה דן אמרו לו מה טיבך לכאן, אמר להם מבנות דן אני, אמרו לו איש על דגלו באותות לבית אבותם, ולא לבית אמותם, נכנס לבית דינו של משה ויצא מחוייב, עמד וגדף.

Et dans le Midrash : « Et il sortit, le fils d’une femme israélite » : d’où sortit-il ? De la section d’en haut il sortit : il railla et dit : « le jour du Shabbat, le jour du Shabbat il l’arrangera » : un roi n’a-t-il pas coutume de manger du pain chaud chaque jour ? Mangerait-il du pain froid de neuf jours ? Une baraïta dit : du tribunal de Moché il sortit condamné ; il vint planter sa tente dans le camp de Dan ; on lui dit : quelle est ta raison de venir ici ? Il leur dit : je suis des filles de Dan ; on lui dit : « chacun près de son drapeau, avec les signes, selon la maison de leurs pères », et non selon la maison de leurs mères ; il entra au tribunal de Moché et en sortit condamné ; il se leva et blasphéma.

Vayikra 24:10 · commentaire 5

והוא בן איש מצרי. שהרג משה, שהיה נוגש וממונה על בעלה של שלומית. בתוך בני ישראל מלמד שנתגייר.

« Et il était fils d’un homme égyptien. » Celui que Moché avait tué, qui était exacteur et préposé sur le mari de Shelomit. « Au milieu des fils d’Israël » : cela enseigne qu’il s’était converti.

Vayikra 24:10 · commentaire 6

וינצו במחנה. יש לשאול אם היו שניהם מריבים זה עם זה למה זה יברך את השם על זאת, היה ראוי לו להתרעם על משה או שיכנו ויהרגנו. אבל יתכן לומר כי איש הישראלי ספר לו ענין אביו הנהרג והזכיר לו היאך היתה מיתתו כי משה הרגו בשם המפורש, ולפיכך ויקוב בן האשה הישראלית את השם ויקלל, כלומר את השם ששמע בסיני פירש וקלל. ולפיכך נסמכה פרשת מקלל לפרשת בהר סיני, ולפי שלא רצה לבא אל אהל מועד לפיכך ויביאו אותו אל משה, ולזה לא אמר אל משה ואל כל העדה כמו שנאמר במקושש.

« Et ils se querellèrent dans le camp. » Il y a lieu de demander : s’ils se disputaient l’un avec l’autre, pourquoi celui-ci a-t-il blasphémé le Nom à ce sujet ? Il aurait dû s’indigner contre Moché, ou le frapper et le tuer. Mais on peut dire que l’homme israélite lui a raconté l’affaire de son père tué et lui a rappelé comment fut sa mort, car Moché l’avait tué par le Nom explicite ; et c’est pourquoi « le fils de la femme israélite prononça distinctement le Nom et maudit » ; c’est-à-dire qu’il explicita et maudit le Nom qu’il avait entendu au Sinaï. Et c’est pourquoi la section du blasphémateur est juxtaposée à la section « Behar Sinaï » ; et parce qu’il ne voulait pas venir à la Tente d’assignation, c’est pourquoi « ils l’amenèrent à Moché » ; et c’est pourquoi il n’a pas dit « à Moché et à toute l’assemblée », comme il est dit à propos du ramasseur de bois.

Vayikra 24:10 · commentaire 7

ואני שואל בכאן, למה הוצרכה תורה בספור המעשה הזה שאירע להם במדבר, והיה ראוי להסתיר הענין לכבוד השם ולא לגלותו כלל, רק שיודיע הדין לישראל בכלל ויאמר איש כי יקלל אלהיו ונשא חטאו, ונוקב שם ה' מות יומת, כי גם בני נח הם מוזהרין על ברכת השם ואין צריך לומר ישראל.

Et je demande ici : pourquoi la Torah a-t-elle eu besoin de raconter cet événement qui leur arriva dans le désert ? Il aurait fallu cacher la chose par respect pour le Nom et ne pas la révéler du tout, mais faire connaître la loi à Israël en général et dire « un homme qui maudira son Dieu portera sa faute, et celui qui prononce distinctement le Nom de l’Éternel sera mis à mort », car même les fils de Noé sont avertis au sujet de la « bénédiction du Nom » (birkat hashem, euphémisme pour le blasphème), et il n’est pas besoin de dire Israël.

ונראה לומר כי כוונת התורה בספור המעשה הזה לשתי תועליות, האחת להודיענו שאין אחד מישראל נכשל בחטא עצום כזה כי אם הפושע הרשע המוחלט אשר הוא בעקר תולדתו פגום מצד אביו ואמו, והשנית כי מכאן יתבאר לנו עקר גדול ופנה עצומה בברכות, וכיצד יתחייב האדם לברך השם, שהרי המקלל בתחלה פירש את ה' באותיותיו ואחר כך קללו, זהו שאמר ויקב בן האשה הישראלית את ה' ויקלל, ונתחייב על זה בעונש מיתה, וכן כנגדו לענין הברכה והשכר צריך המברך כשהוא מברך את ה' שיתבונן תחלה בלבו בפירוש אותיות ה' ובמה שהן מורות ולכוין בהם במחשבתו, ואח"כ יברך את ה' ויזכירנו בפיו, ועם זה יקבל שכרו משלם ויחיה חיי עד.

Et il semble qu’on dise que l’intention de la Torah en racontant cet événement est pour deux utilités : l’une, nous faire savoir qu’aucun d’Israël ne trébuche dans une faute aussi puissante sinon le criminel méchant, absolu, qui est, dans l’essentiel de son engendrement, marqué d’un défaut du côté de son père et de sa mère ; et la seconde, que de là nous sera expliqué un grand principe et un pilier puissant dans les bénédictions, et comment l’homme est tenu de bénir le Nom, car le maudisseur a d’abord explicité l’Éternel dans ses lettres et ensuite l’a maudit — c’est ce qu’il a dit « et le fils de la femme israélite prononça distinctement le Nom de l’Éternel et maudit » — et il est devenu passible de la peine de mort pour cela ; et de même, en regard de cela, pour la bénédiction et la récompense, celui qui bénit doit, lorsqu’il bénit l’Éternel, d’abord réfléchir dans son cœur au sens des lettres de l’Éternel et à ce qu’elles indiquent, et y diriger son intention par sa pensée, et ensuite bénir l’Éternel et le mentionner de sa bouche ; et avec cela il recevra sa récompense entière et vivra une vie éternelle.

זכר לדבר מה שכתוב (תהלים קמה) ארוממך אלהי המלך ואברכה שמך לעולם ועד, יאמר ארוממך תחלה במחשבתי ובכוונת הלב ואח"כ ואברכה, כענין שאמרו לעולם יכנס אדם שעור שני פתחים ואח"כ יתפלל.

Mémorial de la chose, ce qui est écrit (Psaumes 145,1) « Je T’exalterai, mon Dieu, le Roi, et je bénirai Ton Nom à jamais » : il dit « je T’exalterai » d’abord dans ma pensée et dans l’intention du cœur, et ensuite « et je bénirai », comme ils ont dit : que l’homme entre toujours à la mesure de deux portes, et ensuite qu’il prie.

Vayikra 24:10 · commentaire 8

בן הישראלית. בא להודיע כי העכו"ם הבא על בת ישראל הולד אינו ישראל, ואע"פ שפסקנו בגמרא בעכו"ם הבא על בת ישראל הולד כשר בין בפנויה בין באשת איש, הרי אמרו מזהמין את הולד, לומר שהוא פגום לכהונה, וכל שכן שאינו ישראל בשמו לענין היחס בדגלים ובנחלת הארץ, כי לשמות מטות אבותם כתיב בהם, (במדבר כו) כן כתב הרמב"ן ז"ל.

« Fils de l’Israélite. » Il vient faire savoir que, lorsqu’un non-Juif a une relation avec une fille d’Israël, l’enfant n’est pas Israël ; et bien que nous ayons tranché dans la Guemara que, lorsqu’un non-Juif a une relation avec une fille d’Israël, l’enfant est valide, que ce soit avec une femme non mariée ou avec une femme mariée, voici, ils ont dit qu’ils souillent (mezahamin) l’enfant, c’est-à-dire qu’il est affecté d’un défaut au regard du statut sacerdotal, et a fortiori qu’il n’est pas Israël de nom pour ce qui est du rattachement aux drapeaux et à l’héritage du pays, car il est écrit à leur sujet (Nombres 26) « selon les noms des tribus de leurs pères » ; ainsi a écrit le Ramban, de mémoire bénie.

Vayikra 24:11 · commentaire 1

ושם אמו. כל מי שנראה בו סימני עזות ופסלות ראוי לבדוק אחר אמו, כי אין ספק שנתערבה באותה טפה תערובת פסול או במחשבה או במעשה. וראוי היה הכתוב לומר ויצא בן אשה ישראלית ושמה שלומית בת דברי למטה דן, אלא שלא רצה להזכיר שמה עד שהזכיר חטא הבן, הוא שאמר ויקב את ה' ויקלל, ואח"כ אמר ושם אמו לבאר כי היא היתה סבת החטא והמעל.

« Et le nom de sa mère. » Quiconque présente en lui des signes d’impudence et d’invalidité, il convient d’enquêter sur sa mère, car il n’y a pas de doute qu’un mélange d’invalidité s’est mêlé à cette goutte, soit par la pensée, soit par l’acte. Et il aurait été juste que l’Écriture dise « et il sortit, le fils d’une femme israélite, et son nom était Shelomit, fille de Divri, de la tribu de Dan » ; mais elle n’a pas voulu mentionner son nom jusqu’à ce qu’elle ait mentionné la faute du fils : c’est ce qu’elle a dit « et il prononça distinctement le Nom de l’Éternel et maudit » ; et ensuite elle a dit « et le nom de sa mère », pour expliquer qu’elle fut la cause de la faute et de la trahison.

וטעם הדבר לפי שהעובר נוצר מדם הוסת ומתגדל בבטן אמו זמן קצוב, גם אחרי הולדו וצאתו לאויר העולם יונק שדי אמו, ולכך יתחייב שיהיה טבעו נקשר בטבע האם יותר מטבע האב ומעשיו דומין למעשי האם יותר ממה שדומין למעשי האב, ומזה הזכיר הכתוב במלכי ישראל שמות אמותם, הוא שאמר (דברי הימים ב כ׳:ל״א) ושם אמו עזובה בת שלחי, (מלכים א ט״ו:ב׳) ושם אמו מעכה בת אבישלום, לבאר כי טבע האדם מתדמה לטבע האם ונמשך אחריו, והוא הדין אצל הטובה, כי כשהאדם צדיק ובעל ענוה ואיש מדות הנה זה מופת על אמו שהיתה צנועה ובעלת מחשבה טובה ועל כן זכתה אליו, כי הענף הטוב יעיד על מעלת השרש, וזהו שכתוב (שמות ו׳:כ׳) ויקח עמרם את יוכבד דודתו לו לאשה, הזכיר הכתוב הצדיק שנשא צדקת ויצאו מביניהם צדיקים, הוא שכתוב (שם) ותלד לו את אהרן ואת משה ואת מרים אחותם, וכן הזכיר הכתוב (שמות ו׳:כ״ה) ואלעזר בן אהרן לקח לו מבנות פוטיאל, כי אלעזר לקח מבנות פוטיאל שהוא זרע יוסף הצדיק ויצא מביניהם צדיק, והוא שכתוב מיד ותלד לו את פינחס.

Et la raison de la chose : l’embryon est formé du sang menstruel et grandit dans le ventre de sa mère pendant un temps fixé, et aussi après sa naissance et sa sortie à l’air du monde il tète les seins de sa mère ; c’est pourquoi il s’ensuit que sa nature est liée à la nature de la mère plus qu’à la nature du père, et que ses actes ressemblent aux actes de la mère plus qu’ils ne ressemblent aux actes du père ; et de là l’Écriture a mentionné, pour les rois d’Israël, les noms de leurs mères, c’est ce qu’elle a dit (2 Chroniques 20,31) « et le nom de sa mère était ‘Azouva, fille de Shil’hi », (1 Rois 15,2) « et le nom de sa mère était Ma’akha, fille d’Avishalom », pour expliquer que la nature de l’homme ressemble à la nature de la mère et la suit. Et il en est de même pour le bien, car lorsque l’homme est juste, humble et homme de qualités, voici, c’est une preuve sur sa mère qu’elle était pudique et avait de bonnes pensées, et c’est pourquoi elle l’a mérité, car la bonne branche témoigne de la valeur de la racine ; et c’est ce qui est écrit (Exode 6,20) « et ‘Amram prit Yokhéved, sa tante, pour épouse » : l’Écriture a mentionné le juste qui a épousé une juste, et d’entre eux sont sortis des justes, c’est ce qui est écrit (ibid.) « et elle lui enfanta Aharon et Moché et Miriam, leur sœur » ; et de même l’Écriture a mentionné (Exode 6,25) « et Elazar, fils d’Aharon, prit pour lui parmi les filles de Poutiel » : car Elazar prit parmi les filles de Poutiel, qui est de la descendance de Yossef le juste, et d’entre eux sortit un juste, et c’est ce qui est écrit aussitôt « et elle lui enfanta Pin’has ».

וכן מצינו בדוד המלך ע"ה שאמר (תהילים קט״ז:ט״ז) אני עבדך בן אמתך, ממה שפרסם הכתוב שמה של זו למדנו שבחן של ישראל שלא היתה בהם שום זונה אלא זו לבדה. ואל תתמה ותאמר היאך היתה זונה והיא היתה סבורה שבעלה היה, כבר נתבאר כי זונה של תורה היא כל שנבעלה לפסול לה.

Et de même nous trouvons chez le roi David, que la paix soit sur lui, qui a dit (Psaumes 116,16) « je suis Ton serviteur, fils de Ta servante » : de ce que l’Écriture a rendu public le nom de celle-ci, nous avons appris la louange d’Israël, qu’il n’y avait parmi eux aucune femme relevant de la catégorie de zona sinon celle-ci seule. Et ne t’étonne pas en disant : comment relevait-elle de la catégorie de zona, alors qu’elle pensait que c’était son mari ? Il a déjà été expliqué que la zona au sens de la Torah est toute celle qui a eu des relations avec quelqu’un qui lui est interdit.

Vayikra 24:11 · commentaire 2

שלומית, שהיתה שואלת בשלום הכל, מפטפטת ואומרת שלם עלך שלם עלך. בת דברי למטה דן, מגיד שהרשע גורם גנאי לאביו ולאמו וגנאי לשבטו. כיוצא בו הצדיק גורם שבח וגדולה לו ולאביו ולשבטו, הוא שכתוב (שמות ל״ח:כ״ג) ואתו אהליאב בן אחיסמך למטה דן.

« Shelomit » : parce qu’elle s’enquérait de la paix (shalom) de tous, bavardant et disant « shlam ‘alakh, shlam ‘alakh » (la paix sur toi, la paix sur toi). « Fille de Divri, de la tribu de Dan » : cela enseigne que le méchant cause de l’infamie à son père et à sa mère et de l’infamie à sa tribu. De même, le juste cause de la louange et de la grandeur à lui, à son père et à sa tribu, c’est ce qui est écrit (Exode 38,23) « et avec lui Oholiav, fils d’Ahisamakh, de la tribu de Dan ».

Vayikra 24:16 · commentaire 1

בנקבו שם יומת. סמך לו מיד ואיש כי יכה כל נפש אדם מות יומת, מכאן דרשו רז"ל כל הסוטר לועו של חבירו כאלו סוטר לועו של שכינה.

« Quand il prononce distinctement le Nom, il sera mis à mort. » Il a juxtaposé aussitôt « et un homme qui frappera toute âme d’homme sera mis à mort » ; de là nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : quiconque gifle la bouche de son prochain est comme s’il giflait la bouche de la Présence.

Vayikra 24:21 · commentaire 1

ומכה (נפש) בהמה ישלמנה ומכה אדם יומת. וסמך לו "משפט אחד", למדך שהדין שוה בדיני נפשות ובדיני ממונות לענין דרישה וחקירה. משפט אחד, משפט של אחד הקב"ה שהוא אחד, אותו משפט שנתן לכם בהר סיני לא כמשפטי העכו"ם ודיניהן.

« Et celui qui frappe (une âme de) bête en devra compensation, et celui qui frappe un homme sera mis à mort. » Et lui est juxtaposé « une seule loi » : cela t’enseigne que la loi est la même pour les jugements capitaux et les jugements pécuniaires, pour ce qui est de l’enquête et de l’examen. « Une seule loi » : loi de l’Un, le Saint, béni soit-Il, qui est un, cette loi qu’Il vous a donnée au mont Sinaï, non comme les lois des non-Juifs et leurs jugements.

Vayikra 24:22 · commentaire 1

כגר כאזרח יהיה. הנכרי הבא מארץ אחרת ונפרד מארצו נקרא גר, מלשון גרגיר הנפרד מן האילן, ומי שאבותיו מן העיר נקרא אזרח, מלשון (תהילים ל״ז:ל״ה) ומתערה כאזרח רענן, כדמיון הנטיעה הנטועה מימי קדם, ולכך אמר כי המשפט הזה יהיה שוה בכולן.

« Comme l’étranger, comme l’indigène, il sera. » L’étranger qui vient d’un autre pays et se sépare de son pays est appelé guer, de l’expression « gargir » (grain, baie) qui se sépare de l’arbre ; et celui dont les pères sont de la ville est appelé ezra’h (indigène), de l’expression (Psaumes 37,35) « et s’étalant comme un arbre indigène verdoyant », à la ressemblance de la plantation plantée depuis les temps anciens ; et c’est pourquoi il a dit que cette loi serait égale pour tous.

Vayikra 24:22 · commentaire 2

כי אני ה' אלהיכם, אם עשיתם אותו משפט אני ה' אלהיכם, ומכלל הן אתה שומע לאו, לפי שכל מי שאינו נוהג אותו משפט הרי זה כאלו הוציא עצמו מאלהותו וכפר בעיקר, שהרי דבר ידוע שכל האמונות שיש לאומות ומשפטיהן פירוש התורה הן, והמשפטים שבתורה הן מעקרי תורה, וכשאין אנו עוסקים בהם הנה זה חלול השם, ואותן שאפשר להם למחות ואינן מוחין הרי הם מחללים את השם וחולקין כבוד לעכו"ם ומבזים תורת משה ומכלין ממונם של ישראל, שכל העולם כלו תלוי בדינים, ולא נתן הקב"ה דינין אלא לישראל שנאמר (תהילים קמ״ז:י״ט-כ׳) מגיד דבריו ליעקב חקיו ומשפטיו לישראל, לא עשה כן לכל גוי ומשפטים בל ידעום הללויה.

« Car Je suis l’Éternel votre Dieu » : si vous avez appliqué cette loi, Je suis l’Éternel votre Dieu ; et de l’affirmation tu entends la négation, car quiconque ne pratique pas cette loi, c’est comme s’il s’était lui-même soustrait à la souveraineté divine et avait renié le principe ; car c’est une chose connue que toutes les croyances qu’ont les nations et leurs lois sont une explication de la Torah, et que les lois qui sont dans la Torah sont des fondements de la Torah, et lorsque nous ne nous en occupons pas, voici, c’est une profanation du Nom ; et ceux qui peuvent protester et ne protestent pas, voici, ils profanent le Nom et accordent de l’honneur aux non-Juifs, méprisent la Torah de Moché et consument l’argent d’Israël, car le monde entier dépend des jugements, et le Saint, béni soit-Il, n’a donné de jugements qu’à Israël, car il est dit (Psaumes 147,19-20) « Il annonce Ses paroles à Yaaqov, Ses lois et Ses jugements à Israël ; Il n’a pas fait ainsi pour toute nation, et les jugements, ils ne les ont pas connus, Alléluia ».