Bamidbar 30:2 · commentaire 1
ירא את ה' בני ומלך עם שונים אל תתערב (משלי כד, כא)
« Crains l’Éternel, mon fils, et le roi ; avec ceux qui changent, ne te mêle pas. » (Proverbes 24,21)
Bamidbar · RABBÉNOU BÉ’HAYÉ
Bamidbar 30:2–32:42 · 68 entrées de commentaire
Les difficultés connues restent signalées dans les notes. Les introductions se trouvent au début de leur paracha et font partie de la première montée.
ירא את ה' בני ומלך עם שונים אל תתערב (משלי כד, כא)
« Crains l’Éternel, mon fils, et le roi ; avec ceux qui changent, ne te mêle pas. » (Proverbes 24,21)
שלמה המלך ע"ה יזהיר בכתוב הזה (משלי כד) את האדם שיירא מן המלך העליון יתעלה תחלה ואחריו שיירא מן המלך בארץ, והשוה את שניהם יחד במדת היראה כי יאמר כשם שאתה ירא מהקב"ה הנמצא בכל מקום ופורש מן העון ליראתו ואע"פ שאין אתה רואהו, כן יש לך לירא מהמלך שתפרוש מעצמך ממה שתתחייב מיתה ליראתו ואע"פ שאין אתה עומד לפניו, כי אי אפשר למלך בשר ודם להמצא בכל המקומות ועל כן תצטרך שתהיה אימת המלך וצורתו חקוקה בלבך בהעדרו מן המקום ולא תראנו כאלו ראית אותו בעיניך, כשם שאתה ירא מן המלך העליון יתברך שלא ראיתו מעולם בעיניך.
Le roi Shelomo, que la paix soit sur lui, avertit par ce verset (Proverbes 24) l’homme de craindre d’abord le Roi suprême, qu’Il soit exalté, et ensuite de craindre le roi sur terre, et il a mis les deux sur le même plan dans la mesure de la crainte, car il dit : de même que tu crains le Saint, béni soit-Il, qui se trouve en tout lieu, et que tu t’abstiens de la faute par crainte de Lui, bien que tu ne Le voies pas, de même tu dois craindre le roi, au point de t’abstenir de toi-même de ce par quoi tu serais passible de mort par crainte de lui, bien que tu ne te tiennes pas devant lui, car il est impossible à un roi de chair et de sang de se trouver en tous les lieux, et c’est pourquoi il te faudra que la terreur du roi et sa forme soient gravées dans ton cœur en son absence du lieu, même lorsque tu ne le vois pas, comme si tu l’avais sous les yeux, comme tu crains le Roi suprême, qu’Il soit béni, que tu n’as jamais vu de tes yeux.
עם שונים אל תתערב, יזהיר שלא ישנה הדבר, כי יש עוברין על רצון הש"י ליראתו של מלך, והנה הם יראים מאדם תחלה ועושין יראתו עיקר, ולא יתכן לעשות כן, אבל הראוי שיהיה הש"י תחלת יראתו ועיקר מחשבתו ופעולותיו כלן.
« Avec ceux qui changent, ne te mêle pas » : il avertit de ne pas changer la chose, car il y a des gens qui transgressent la volonté du Nom, qu’Il soit béni, par crainte du roi, et voici qu’ils craignent d’abord l’homme et font de sa crainte l’essentiel, et il n’est pas convenable d’agir ainsi, mais il convient que le Nom, qu’Il soit béni, soit le commencement de sa crainte et l’essentiel de sa pensée et de toutes ses actions.
ולפי שהש"י מלך מלכי המלכים הקב"ה ראשית כל ראשית, ואין מלכות המלכים רק ממנו ומלכותו לעד לעולם, אין ראוי כלל להשוותן, לכך הפסיק בהם הכתוב במלת בני, כי היה ראוי הכתוב לומר בני ירא את ה' ומלך כמנהגו בשאר הכתובים שמתחיל בהם במלת בני, אבל רצה להפסיק ביניהם לבאר כי אע"פ שהשוה אותן הכתוב לענין היראה אין ענינם שוה ואין לשתף ביניהם, שהרי יש הפרש גדול ביניהם ויתרון, כיתרון האור מן החשך.
Et puisque le Nom, qu’Il soit béni, est le Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, commencement de tout commencement, et que la royauté des rois n’est que de Lui, et Sa royauté est pour toujours à jamais, il n’est pas du tout convenable de les mettre sur le même plan ; c’est pourquoi l’Écriture a mis entre eux une interruption par le mot « mon fils », car l’Écriture aurait dû dire « mon fils, crains l’Éternel et le roi », selon son usage dans les autres versets où elle commence par le mot « mon fils » ; mais elle a voulu interrompre entre eux pour expliquer que, bien que l’Écriture les ait mis sur le même plan quant à la crainte, leur affaire n’est pas la même et il ne faut pas les associer, car il y a une grande différence entre eux et une supériorité, comme la supériorité de la lumière sur les ténèbres.
וענין הכתוב, כי יראת המלך היא קיום הארץ וצורך גדול לבריות, וכמו שדרשו רז"ל הוי מתפלל בשלומה של מלכות שאלמלא מוראה של מלכות איש את רעהו חיים בלעו, אבל העיקר הגדול והעצום והמעלה העליונה שירא תחלה מן המלך העליון יתברך, אשר חיי המלכים כלן ומלכותם תלוין בידו, ומזה אמר שלמה בספר קהלת (ח) אני פי מלך שמור ועל דברת שבועת אלהים, יאמר אני אומר לך פי מלך שמור, שתשמור פי המלך ולעשות מה שיצוה, ועל הדברים כלן שתשמור שבועת אלהים שיזכור תחלה יראת ה' והשבועה שנשבע בסיני לקבל עליו התורה והמצות.
Et l’affaire du verset : la crainte du roi est la subsistance de la terre et un grand besoin pour les créatures, et comme nos Sages, de mémoire bénie, l’ont interprété : prie pour la paix du royaume, car sans sa crainte, chacun avalerait son prochain vivant ; mais l’essentiel grand et puissant et le degré suprême est de craindre d’abord le Roi suprême, qu’Il soit béni, de qui la vie de tous les rois et leur royauté dépendent ; et de cela Shelomo dit dans le livre de Qohelet (8) « moi, la bouche du roi, observe, et au sujet de la parole du serment de Dieu » ; il dira : je te dis, observe la bouche du roi, c’est-à-dire que tu observes la bouche du roi et fasses ce qu’il commandera ; « et, par-dessus tout, respecte le serment envers Dieu » : qu’il se souvienne d’abord de la crainte de l’Éternel et du serment qu’il a prêté au Sinaï d’accepter sur lui la Torah et les commandements.
וכן אמרו במדרש אני פי מלך שמור, מזומן אני לשמור פי מלכי האומות המושלים בנו במסים וגלגליות וארנוניות. ועל דברת שבועת אלהים, ואצל דברת שבועת אלהים לא אשמור פי המלך. שכן מצינו בחנניה מישאל ועזריה שאמרו לנבוכדנצר (דניאל ג׳:ט״ז) לא חשחין אנחנא על דנא פתגם להתבותך. ומתחיל הפסוק ענו שדרך מישך ועבד נגו ואמרי למלכא נבוכדנצר לא חשחין וגו'. אם מלכא למה נבוכדנצר ואם נבוכדנצר למה מלכא, אלא כך אמרו לו את מלכא עלנא במסים וגלגליות, אבל על דנא שאתה אומר לנו לעבוד עו"ג נבוכדנצר את ולא מלכא את, ואת וכלבא שווין.
Et ainsi ont-ils dit dans le Midrash : « moi, la bouche du roi, observe » : je suis prêt à observer la bouche des rois des nations qui nous gouvernent pour les impôts, les capitations et les redevances ; « et au sujet de la parole du serment de Dieu » : et à propos de la parole du serment de Dieu, je n’observerai pas la bouche du roi. Car nous trouvons chez ’Hananya, Mishael et ’Azarya qu’ils dirent à Nevoukhadnetsar (Daniel 3,16) « nous n’avons pas besoin de te répondre sur cette affaire ». Et le verset commence : « ils répondirent, Shadrakh, Meshakh et ’Abed-Nego, et dirent au roi Nevoukhadnetsar : nous n’avons pas besoin, etc. » S’il est roi, pourquoi Nevoukhadnetsar ? Et s’il est Nevoukhadnetsar, pourquoi roi ? Mais ils lui dirent ainsi : tu es roi sur nous pour les impôts et les capitations, mais sur cette affaire dont tu nous dis de servir l’idolâtrie, tu es Nevoukhadnetsar et non roi, et toi et un chien êtes égaux.
כלומר שאין אנו רשאין לבא כנגד השבועה שנשבענו בהר סיני, זהו ועל דברת שבועת אלהים. וידוע כי ענין השבועה מגדר היראה שלא ישבע אדם בקב"ה כל עיקר ואפילו על האמת, אין צריך לומר על שקר, ומעשה היה בינאי המלך שהיו לו עשרת אלפים עיירות בהר המלך וכולן חרבו על שבועת אמת. כיצד, אדם אומר לחברו בשבועה שאני הולך למקום פלוני ואוכל ואשתה כך וכך, וכן כל דבריהם, ומקיימין שבועתן, וכולן נחרבו. ומה הנשבע באמת כך, הנשבע לשקר על אחת כמה וכמה. ואיך יהיה האדם זהיר במדת היראה אם ישבע בהקב"ה לשקר או על האמת לבטלה.
C’est-à-dire que nous n’avons pas le droit de venir à l’encontre du serment que nous avons prêté au mont Sinaï, et c’est « et sur la parole du serment de Dieu ». Et il est connu que l’affaire du serment relève du domaine de la crainte : qu’un homme ne jure pas du tout par le Saint, béni soit-Il, même pour la vérité, a fortiori pour le mensonge. Et il y eut un fait avec le roi Yannaï, qui avait dix mille villes dans la montagne du Roi, et toutes furent détruites à cause d’un serment de vérité. Comment ? Un homme dit à son prochain avec serment : je vais à tel endroit et je mange et je bois telle et telle chose, et de même toutes leurs paroles, et ils accomplissaient leur serment, et toutes furent détruites. Et si celui qui jure sur la vérité est ainsi, celui qui jure faussement, a fortiori. Et comment l’homme sera-t-il prudent dans l’attribut de la crainte s’il jure par le Saint, béni soit-Il, faussement ou, pour la vérité, en vain ?
ומפני שאין בכל העבירות כלן עברה חמורה כעובר על השבועה ויצר לב האדם רע מנעוריו, והוא כועס תמיד ומתוך כעסו קופץ ונשבע, לכך הוצרכה תורה להקדים רפואה למכה ולצוות על התר הנדרים על פי יחיד מומחה או שלשה הדיוטות, וזהו שכתוב.
Et parce qu’il n’y a, dans toutes les transgressions, aucune transgression aussi grave que celle de celui qui transgresse le serment, et que le penchant du cœur de l’homme est mauvais dès sa jeunesse, et qu’il se met constamment en colère et, à cause de sa colère, se précipite et jure, c’est pourquoi la Torah a dû faire précéder le remède au coup et ordonner l’annulation des vœux sur avis d’un expert unique ou de trois juges non spécialistes ; et c’est ce qui est écrit.
וידבר משה אל ראשי המטות לבני ישראל לאמר זה הדבר אשר צוה ה'. ע"ד הפשט לבני ישראל, שיאמרו כן לבני ישראל. אבל רז"ל דרשו ראשי המטות רמז ליחיד מומחה, לבני ישראל רמז לשלשה הדיוטות, כשם שדיני ממונות בשלשה הדיוטות. ומה שנסמכה פרשה זו לשל מעלה שהיא פרשת המועדים, לפי שהזכיר שם נדר גבוה ואמר לבד מנדריכם ונדבותיכם, וזה טעם אשר צוה ה' כי שם יחזור, ללמדך כי מלבד הנדרים האלה הנזכרים עוד יש נדרי הדיוט שהוא חייב לקיים דברו. ועוד טעם אחר, מה קדוש המועדים ביחיד מומחה אף התר נדרים ביחיד מומחה.
« Et Moché parla aux chefs des tribus des fils d’Israël en disant : voici la parole que l’Éternel a ordonnée. » Selon le peshat : « aux fils d’Israël », qu’ils disent ainsi aux fils d’Israël. Mais nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété : « aux chefs des tribus » fait allusion à un expert unique, « aux fils d’Israël » fait allusion à trois juges non spécialistes, de même que les jugements d’argent sont par trois juges non spécialistes. Et ce que cette section fut rattachée à celle d’en haut, qui est la section des fêtes, c’est parce qu’il y a mentionné le vœu consacré à Dieu et dit « outre vos vœux et vos offrandes volontaires » ; et c’est la raison de « que l’Éternel a ordonné », car cette expression renvoie à ce qui précède, pour t’enseigner qu’outre ces vœux mentionnés, il y a encore les vœux de particulier, qui est tenu d’accomplir sa parole. Et une autre raison : de même que la sanctification des fêtes est par un expert unique, de même l’annulation des vœux par un expert unique.
איש כי ידור נדר לה'. על דרך הפשט הזכיר נדר לה' לא שהנדר והשבועה צריך הזכרת השם, שהרי האומר נודר אני, נשבע אני שאעשה כך, או שלא אעשה כך, הרי זו שבועה גמורה וחייב עליה בלא הזכרת השם, ועל זה לא אמר או השבע שבועה לה'. ומה שהסמיך השם לנדר ואמר נדר לה', ללמדך שהנדר חל אפילו על דברים שהם לה', כגון מי שנדר לבטל את המצוה, שאסור לו לעשותה אלא א"כ יתחרט ויתירו לו, וכן אמרו רז"ל נדר לה' מלמד שהנדרים חלין על דבר מצוה כדבר הרשות. ובשבועה אינו כן, שהנשבע לבטל את המצוה לוקה משום שבועת שוא ויקיים המצוה.
« Un homme qui fait un vœu à l’Éternel. » Selon le peshat, il a mentionné « vœu à l’Éternel » non que le vœu et le serment aient besoin de la mention du Nom, car celui qui dit : je fais vœu, je jure de faire telle chose ou de ne pas faire telle chose, voici un serment complet et il est passible sans mention du Nom ; et sur cela il n’a pas dit « ou jure un serment à l’Éternel ». Et ce qu’il a lié le Nom au vœu et dit « vœu à l’Éternel », c’est pour t’enseigner que le vœu prend effet même sur des choses qui sont à l’Éternel, par exemple celui qui a fait vœu d’annuler le commandement : il lui est interdit de l’accomplir à moins qu’il ne se repente et qu’on lui annule son vœu ; et ainsi ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « vœu à l’Éternel » enseigne que les vœux prennent effet sur une chose de commandement comme sur une chose facultative. Et pour le serment, il n’en est pas ainsi, car celui qui jure d’annuler le commandement est flagellé pour serment vain et accomplira le commandement.
וקבלת רז"ל שטעם הדבר שיהיה הנדר חל על דבר מצוה, משום דנדר אסר חפצא אנפשיה שהרי הוא אוסר על עצמו הדבר הנדור והרי אותו דבר הוא שנאסר ואותו דבר אינו מושבע מהר סיני, אבל שבועה הוא אסר נפשיה אחפצא, כי הנשבע אוסר עצמו מלעשות דבר שכבר נשבע בו שיעשנו, ועצמו מושבע מהר סיני הוא ואין שבועה חלה על שבועה.
Et la tradition de nos Sages, de mémoire bénie, est que la raison de la chose, pour que le vœu prenne effet sur un commandement, est que le vœu interdit l’objet à sa personne (issar heftsa ’al nafsheh), car il interdit pour lui-même la chose vouée, et c’est cette chose-là qui est interdite, et cette chose-là n’est pas assermentée depuis le mont Sinaï ; mais le serment est l’interdit de la personne sur l’objet (issar nafsheh ’al heftsa), car celui qui jure s’interdit de faire une chose dont il a déjà juré qu’il la ferait, et sa personne même est assermentée depuis le mont Sinaï, et un serment ne prend pas sur un serment.
ועל ההפרש הזה שבין נדר לשבועה מצינו לשון הכתובים מוכיחין עליו, שהרי מצינו בשבועה (ויקרא ה׳:ד׳) או נפש כי תשבע לבטא בשפתים להרע או להיטיב, להרע לעצמו או להיטיב לעצמו, כגון שיתענה היום או שיאכל וישתה היום שהן דברי הרשות, ובלשון הנדר מצינו ככל היוצא מפיו יעשה, כלומר בין שיהיה דבר מצוה בין שיהיה דבר הרשות.
Et sur cette différence entre vœu et serment, nous trouvons que la langue des versets en témoigne : pour le serment nous trouvons (Lévitique 5,4) « ou si une personne jure en parlant des lèvres pour faire du mal ou faire du bien », faire du mal à soi-même ou faire du bien à soi-même, par exemple qu’il jeûnera aujourd’hui ou qu’il mangera et boira aujourd’hui, qui sont des choses facultatives ; et dans la langue du vœu nous trouvons « selon tout ce qui sort de sa bouche il fera », c’est-à-dire que ce soit une chose de commandement ou une chose facultative.
ומה שהזכיר איש כי ידור, עד שידור כשהוא איש, מי"ג שנה ומעלה, אם נדר מי"ב שנה ומעלה בודקין אותו אם יודע לשם מי נדר דבריו קיימין, וכן הקדשו הקדש, וזה הלכה למשה מסיני, וכן דרשו במסכת ערכין, איש כי יפליא לנדור נדר נזיר, לאתויי מופלא סמוך לאיש. כיון שנתבאר שהנדרים חלין על דבר מצוה כדבר הרשות לפיכך הנודר שיצום בשבת או ביום טוב חייב לצום, משא"כ בנשבע.
Et ce qu’il a mentionné « un homme qui fait un vœu » : jusqu’à ce qu’il fasse vœu étant un homme, à partir de treize ans et au-delà ; s’il a fait vœu à partir de douze ans et au-delà, on l’examine : s’il sait au nom de qui il a voué, ses paroles sont valides, et de même sa consécration est consacrée, et c’est une halakha donnée à Moché au Sinaï ; et ainsi ont-ils interprété dans le traité ’Arakhin : « homme qui prononcera le vœu de nazir » pour inclure le mineur capable de comprendre la portée de son vœu, proche de la majorité. Puisqu’il est clair que les vœux prennent effet sur une chose de commandement comme sur une chose facultative, c’est pourquoi celui qui fait vœu de jeûner Shabbat ou jour de fête est tenu de jeûner, ce qui n’est pas le cas pour celui qui jure.
וכן הנודר שיצום יום ראשון או יום שלישי כל ימיו, כלומר שאסר על עצמו אכילה באותן הימים דהוי מיסר חפצא עליה, ופגע בו יום טוב או ערב יום הכפורים הרי חייב לצום, משא"כ בנשבע שלא יאכל אבל אם פגע בו ראש חדש או חנוכה ופורים שהם מדרבנן וגזרו בהן שלא להתענות, יש אומרים ידחה נדרו ואל יתענה בהן, לפי שהחכמים עשו חיזוק לדבריהם יותר משל תורה.
Et de même celui qui fait vœu de jeûner le premier jour ou le troisième jour tous ses jours, c’est-à-dire qu’il s’est interdit la nourriture en ces jours, de sorte que c’est un interdit de l’objet sur lui, et que tombe sur lui un jour de fête ou la veille de Yom Kippour : il est tenu de jeûner, ce qui n’est pas le cas pour celui qui jure de ne pas manger ; mais si tombent Rosh ’Hodesh ou ’Hanouka et Pourim, qui sont de rang rabbinique et à propos desquels ils ont décrété de ne pas jeûner, certains disent que son vœu est repoussé et qu’il ne jeûne pas en ces jours, parce que les Sages ont fait un renforcement à leurs paroles plus qu’à celles de la Torah.
וזהו שאמרו יחיד שקבל עליו תענית שני וחמישי ושני של כל השנה כלה ואירעו בהם ימים טובים הכתובים במגלת תענית, אם נדרו קודם לגזרתנו יבטל נדרו את גזרתנו, ואם גזרתנו קודמת לנדרו ידחה נדרו מפני גזרתנו. ואע"פ שהנדרים חלין על דבר מצוה כדבר הרשות, וימים טובים ושבתות צריכין פתח, זה אינו חל מפני החיזוק שעשו חז"ל לדבריהם יותר משל תורה, וכן דעת הרמב"ם ז"ל.
Et c’est ce qu’ils ont dit : un particulier qui a accepté sur lui le jeûne des lundis, jeudis et lundis de toute l’année, et que tombent en eux des jours de fête écrits dans le Rouleau du Jeûne (Megillat Ta’anit), si son vœu précède notre décret, que son vœu annule notre décret ; et si notre décret précède son vœu, que son vœu soit repoussé devant notre décret. Et bien que les vœux prennent effet sur une chose de commandement comme sur une chose facultative, et que les vœux portant sur les jours de fête et les Shabbats nécessitent un motif permettant leur annulation, cela ne prend pas effet à cause du renforcement que nos Sages, de mémoire bénie, ont fait à leurs paroles plus qu’à celles de la Torah ; et tel est l’avis du Rambam, de mémoire bénie.
ויש מפרשים ידחה נדרו שילך אצל חכם ופותח לו בחרטה כשם שפותחין בשבתות ובימים טובים, וזהו הנכון. אבל אם הוציא נדר בלשון שבועה שנודר שלא יעשה כך וכך, ושבועה שעשאה בלשון נדר שיאמר כן בשבועה עלי שלא אעשה כך, זהו מחלוקת בירושלמי, וחוששים לנדר ולשבועה להחמיר.
Et certains expliquent : son vœu est repoussé, qu’il aille chez un sage, et celui-ci trouve dans son regret un motif d’annulation, comme on ouvre pour les Shabbats et les jours de fête ; et c’est le juste. Mais s’il a émis un vœu dans le langage du serment, en faisant vœu de ne pas faire telle et telle chose, et un serment qu’il a fait dans le langage d’un vœu, en disant ainsi : « par serment sur moi que je ne ferai pas telle chose », c’est une divergence dans le Yerushalmi, et l’on tient compte à la fois du vœu et du serment pour appliquer la règle la plus stricte.
בד"א בנודר או נשבע מעשות מה שנצטוה עליו לעשותו, אבל אם נדר או נשבע לעשות שום דבר שנמנע מלעשותו או לאכול שום דבר אסור, הוה ליה כנשבע לבטל את המצוה בידים, והלכתא לוקה ואינו עושה ואינו אוכל, ואפילו באסורי חכמים, כגון לשתות סתם יינן או לאכול כלאי הכרם בחו"ל או בשר עוף בחלב שכל אלה מדברי חז"ל. תדע לך שהרי שופר של ראש השנה אין עולין עליו באילן, שעלייתו גזרת חז"ל, ומצות שופר מושבעים עליה מהר סיני. וכן הוא אומר בכאן או השבע שבועה לאסור אסר על נפשו, אמרו ז"ל לאסור את המותר ולא להתיר האסור.
Dans quel cas ceci est-il dit ? À propos de celui qui fait vœu ou jure de s’abstenir de faire ce qu’il a été commandé de faire ; mais s’il a fait vœu ou juré de faire quelque chose qu’il lui est interdit de faire, ou de manger quelque chose d’interdit, c’est comme celui qui a juré d’annuler le commandement de ses mains, et la halakha est : il est flagellé, et il ne le fait pas et ne le mange pas, et même pour les interdits des Sages, par exemple boire le vin des non-Juifs, manger des mélanges de la vigne en dehors du pays, ou de la chair de volaille avec du lait, qui sont tous de paroles de nos Sages, de mémoire bénie. Sache-le : le shofar de Rosh HaShana, on ne monte pas sur un arbre pour lui, car cette montée est un décret de nos Sages, de mémoire bénie, et le commandement du shofar est juré depuis le mont Sinaï. Et de même il dit ici (Nombres 30,3) « ou jure un serment pour lier un lien sur sa personne » ; ils ont dit, de mémoire bénie : pour interdire le permis et non pour permettre l’interdit.
הנשבע או הנודר אחד מפי עצמו ואחד מפי אחרים וענה אמן, אפילו השביעו גוי או קטן וענה אמן, חייב, שכל העונה אמן אחר שבועה כמוציא שבועה מפיו, למלקות ולקרבן, וכן כל דבר שענינו כאמן כגון שאמר כן, או שאמר מחוייב אני בשבועה זו, קבלתי עלי שבועה זו, ובין שנשבע בשם המיוחד או בכנוי מן הכנויין במי ששמו חנון או רחום או ארך אפים שלא יעשה כך או יעשה כך, או באלה או בארור למי ששמו חנון מי שיאכל דבר פלוני ואכלו הרי זה נשבע על שקר, וכן דין הנודר בכל אלו.
Celui qui jure ou fait vœu, que ce soit de sa propre bouche ou de la bouche d’autrui et qu’il réponde amen, même si un non-Juif ou un mineur lui a fait prêter serment et qu’il a répondu amen, est passible, car quiconque répond amen après un serment est comme celui qui a proféré un serment de sa bouche, pour la flagellation et pour le sacrifice ; et de même toute chose dont l’objet est comme amen, par exemple s’il a dit « ainsi », ou s’il a dit « je suis tenu par ce serment », « j’ai accepté sur moi ce serment » ; et que ce soit qu’il jure par le Nom propre ou par l’un des surnoms, par Celui dont le nom est miséricordieux, ou compatissant, ou lent à la colère, qu’il ne fera pas ainsi ou qu’il fera ainsi, ou par imprécation ou par malédiction, par Celui dont le nom est miséricordieux : « celui qui mangera telle chose » — et il l’a mangée — voici qu’il a juré sur le mensonge ; et tel est le jugement de celui qui fait vœu dans tous ces cas.
ומי שנתכוון לשבועה וגמר בלבו שלא יאכל היום ושלא ישתה ושדבר זה אסור בשבועה עליו, הרי זה מותר בו, הואיל ולא הוציאו בשפתיו, שנאמר (ויקרא ה׳:ד׳) לבטא בשפתים, עד שיוציא ענין שבועה בשפתיו ודברים שבלב אינן דברים. וכן אם טעה והוציא בשפתיו דבר שלא גמר בלבו, כגון שנתכוין להשבע שלא יאכל אצל ראובן ואמר אצל שמעון, הרי זה מותר לאכול עם שניהם, עם ראובן שלא הוציא בשפתיו ועם שמעון שלא נתכוין לו. וכן אם נתכוין להשבע על פת שעורים ונשבע על פת חטים מותר בשניהם.
Et celui qui avait l’intention d’un serment et a décidé en son cœur qu’il ne mangerait pas aujourd’hui et ne boirait pas, et que cette chose est interdite par serment sur lui, voici qu’elle lui est permise, puisqu’il ne l’a pas proféré de ses lèvres, car il est dit (Lévitique 5,4) « en parlant des lèvres », jusqu’à ce qu’il profère l’objet du serment de ses lèvres, et les paroles du cœur ne sont pas des paroles. Et de même s’il s’est trompé et a proféré de ses lèvres une chose qu’il n’avait pas décidée en son cœur, par exemple s’il avait l’intention de jurer de ne pas manger chez Réouven et a dit chez Shim’on, voici qu’il lui est permis de manger avec les deux : avec Réouven, car il ne l’a pas proféré de ses lèvres, et avec Shim’on, car il n’a pas eu d’intention à son sujet. Et de même s’il avait l’intention de jurer sur du pain d’orge et a juré sur du pain de blé, il lui est permis avec les deux.
וכן דין הנודר עד שיהיו פיו ולבו שוין, לפיכך מי שנשבע בפנינו שלא יאכל היום ואכל והתרו בו ואמר אני לא היה בלבי אלא שלא אצא היום וטעה לשוני והוציא אכילה שלא היתה בלבי הרי זה אינו לוקה. אבל הנשבע על דעת אחרים אינו יכול לומר כך וכך היה בלבי, שלא נשבע זה על דעתו אלא על דעתם, וכיון שהיה פיהם ולבם שוים הרי הם במקומו.
Et tel est le jugement de celui qui fait vœu, jusqu’à ce que sa bouche et son cœur soient égaux ; c’est pourquoi celui qui a juré devant nous de ne pas manger aujourd’hui, qui a mangé, et qu’on a averti, et qui a dit : moi, je n’avais en cœur que de ne pas sortir aujourd’hui, et ma langue a fauté et a proféré le manger que je n’avais pas dans le cœur, voici qu’il n’est pas flagellé. Mais celui qui jure sur l’avis d’autres ne peut pas dire : ainsi et ainsi était dans mon cœur, car celui-ci n’a pas juré sur son avis mais sur leur avis, et puisque leur bouche et leur cœur étaient égaux, ils sont à sa place.
והחוזר משבועתו תוך כדי דבור, והוא כדי שיאמר תלמיד לרב שלום עליך רבי, ואמר אין זה שבועה או נחמתי או חזרתי בי וכיוצא בזה, שענינו שהתיר מה שאסר, נעקרה השבועה, שזה דומה לתוהה, כן כתב הרמב"ם ז"ל בפרק ב' מהלכות שבועות.
Et celui qui revient sur son serment dans le bref délai dit « le temps d’une parole », qui est le temps de dire, de disciple à maître, « paix sur toi, mon maître », et dit « ce n’est pas un serment », ou « je me suis repenti », ou « je suis revenu sur moi » et autres semblables, dont l’objet est qu’il permet ce qu’il a interdit, le serment est déraciné, car cela s’apparente à un regret immédiat ; ainsi a écrit le Rambam, de mémoire bénie, au chapitre 2 des Lois des serments.
וע"ד המדרש איש כי ידור נדר לה', אמר להם הקב"ה לישראל הוו זהירין בנדרים ואל תפרצו בהן, שכל הפורץ בהם סופו למעול בשבועות, וכל המועל בשבועות כפר ואין לו מחילה בעולם הזה, שנאמר (שמות כ) כי לא ינקה ה', וכתוב אחד אומר (ירמיה ד) ונשבעת חי ה' באמת במשפט וצדקה, אמר להם הקב"ה לישראל לא תהיו סבורין שהותר להשבע בשמי באמת אי אתם רשאים להשבע בשמי כלל אלא אם כן יש בכם כל המדות הללו (דברים י) את ה' אלהיך תירא אותו תעבוד ובו תדבק ובשמו תשבע, אם יש בך כל המדות הללו אתה רשאי להשבע בשמי ואם לאו אי אתה רשאי להשבע בשמי, עד כאן.
Et selon le Midrash, « un homme qui fait un vœu à l’Éternel » : le Saint, béni soit-Il, dit à Israël : soyez prudents avec les vœux et ne les enfreignez pas, car quiconque les enfreint finira par violer les serments, et quiconque viole les serments renie, et il n’a pas de pardon en ce monde, car il est dit (Exode 20) « car l’Éternel ne tiendra pas pour innocent », et un verset dit (Jérémie 4) « et tu jureras : vive l’Éternel, en vérité, en droit et en justice ». Le Saint, béni soit-Il, dit à Israël : ne pensez pas qu’il soit permis de jurer par Mon nom en vérité : vous n’avez pas le droit de jurer par Mon nom du tout, à moins qu’il n’y ait en vous toutes ces qualités (Deutéronome 10) « l’Éternel ton Dieu tu craindras, Lui tu serviras, à Lui tu t’attacheras, et par Son nom tu jureras » ; si tu as toutes ces qualités, tu as le droit de jurer par Mon nom, sinon tu n’as pas le droit de jurer par Mon nom. Jusqu’ici.
וע"ד הקבלה איש כי ידור נדר לה', נדר מלשון דירה, לה' הוא דירתו של עולם, אלהים שבבראשית שברא העולם, והשבעה נאצלים משם, והמקיים נדר דעתו שהוא מאמין באותה דירה כשתשוב נשמתו שם והעובר על הנדר הנה הוא מוסר מאותה דירה, וזהו לשון נדר שמשמע דבר והפכו, קביעות דירה והסרת דירה, וכן לשון נשבע, כי המקיים שבועתו נכנס בתוך השבעה ועובר עליה מוסר מהם.
Et selon la Kabbale, « un homme qui fait un vœu (neder) à l’Éternel » : neder, de l’expression dira (demeure) ; « à l’Éternel », c’est la demeure du monde, Elohim de la Genèse, qui a créé le monde, et les sept sont émanés de là ; et celui qui accomplit un vœu, son intention est qu’il croit en cette demeure, quand son âme y retournera, et celui qui transgresse le vœu, voici qu’il est écarté de cette demeure ; et c’est l’expression « neder », qui laisse entendre une chose et son contraire : la fixation de la demeure et l’enlèvement de la demeure ; et de même l’expression « nishba’ » : car celui qui accomplit son serment entre au milieu des sept, et celui qui le transgresse est écarté d’eux.
ויש לך להתעורר בלשון משה שאמר זה הדבר אשר צוה ה' איש כי ידור נדר לה', כי מטעם זה הוצרך להזכיר לה' ולא אמר כי ידור נדר אליו, וזהו כח הנדר שהוא למעלה מן השבועה, שהוא לשון נגזר משבעה, ולכך ראוי הנדר שיחול על המצות כי המצות מתוך השבעה נתנו, והם שבעה קולות שבמתן תורה וכבר בארתי שם, ולפיכך באה השבועה בכל התורה כלה בלשון בי"ת, כענין (שמות ל״ב:י״ג) אשר נשבעת להם בך, (תהלים פט) אחת נשבעתי בקדשי, (בראשית כ״ב:ט״ז) בי נשבעתי, (דברים ו׳:י״ג) ובשמו תשבע, (ישעיהו ס״ב:ח׳) נשבע ה' בימינו, כי הימין מכלל השבועה, והעד על זה מלת נשבע, והנדר הוא בלמ"ד (תהילים קל״ב:ב׳) נדר לאביר יעקב, וכן בכאן כי ידור נדר לה', (שם כד) לה' הארץ ומלואה, שההמשכה תפסק מן העליונים והשפלים וישוב הכל ליסודו הראשון.
Et tu as à t’éveiller sur la langue de Moché, qui a dit « voici la parole que l’Éternel a ordonnée : un homme qui fait un vœu à l’Éternel » : c’est pour cette raison qu’il a dû mentionner « à l’Éternel » et n’a pas dit « fait un vœu vers Lui » ; et c’est la force du vœu, qui est au-dessus du serment, lequel est une expression dérivée de « sheva’ » (sept) ; et c’est pourquoi il convient que le vœu prenne effet sur les commandements, car les commandements furent donnés du milieu du sept, et ce sont les sept voix lors du don de la Torah, et j’ai déjà expliqué cela là-bas ; et c’est pourquoi le serment vient dans toute la Torah avec la lettre bet, comme (Exode 32,13) « auxquels Tu as juré par Toi-même », (Psaumes 89) « une fois j’ai juré par ma sainteté », (Genèse 22,16) « par Moi-même j’ai juré », (Deutéronome 6,13) « et par Son nom tu jureras », (Isaïe 62,8) « l’Éternel a juré par sa droite », car la droite fait partie du serment, et le témoin de cela est le mot « nishba’ » ; et le vœu est avec la lettre lamed (Psaumes 132,2) « il fit vœu au Puissant de Yaaqov », et de même ici « fait un vœu à l’Éternel », (ibid. 24) « à l’Éternel la terre et sa plénitude », car l’afflux cessera de parvenir aux êtres supérieurs et inférieurs, et tout reviendra à son fondement premier.
ומכאן תבין בבאור מאמר חכמי האמת שאמרו שהשבועה הוא כנשבע במלך עצמו, והנדר הוא כנשבע בחיי המלך, כי חיי המלך עיקרו של מלך, וזה מבואר.
Et de là tu comprendras l’explication de la parole des sages de la vérité qui ont dit que le serment est comme jurer par le roi lui-même, et le vœu est comme jurer par la vie du roi, car la vie du roi est l’essentiel du roi, et cela est clair.
לא יחל דברו. לא יחלל, שלא יעשה דבריו חולין. ודרשו רז"ל הוא אינו מחלל אבל אחרים מחללין לו, כלומר שאם מתחרט על שנשבע ונדר מעיקרו ואמר אילו ידעתי שכן הוא והיתה לי באותה שעה דעת של עכשיו לא הייתי עושה, מתירין לו, דהוה ליה כמו טעה. ואין אדם רשאי להתיר שבועת עצמו ונדרו, ואף לא נדרי אשתו בנדרים שאין הבעל מפר באשתו לפי שאשתו כגופו. במה דברים אמורים שיהיה במקום יחיד מומחה, אבל אפשר שיהיה מכלל שלשה הדיוטות, ומחלוקת היא בין המפרשים. ואין אדם רשאי להתיר שבועה או נדר במקום שיש גדול ממנו בחכמה, ולא במקום רבו אלא מדעת רבו.
« Il ne profanera pas sa parole. » Il ne la profanera pas, de sorte qu’il ne rende pas ses paroles profanes. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : lui, il ne profane pas, mais d’autres la profanent pour lui, c’est-à-dire que s’il se repent d’avoir juré et fait vœu dès l’origine et dit : si j’avais su qu’il en est ainsi et que j’avais eu à cette heure la connaissance d’à présent, je ne l’aurais pas fait, on le lui permet, car c’est comme s’il s’était trompé. Et un homme n’a pas le droit de défaire son propre serment ni son vœu, ni même les vœux de sa femme parmi les vœux que le mari n’annule pas pour sa femme, car sa femme est comme son corps. Dans quels cas ceci est-il dit ? Qu’il soit à la place d’un expert unique ; mais il est possible qu’il soit parmi trois juges non spécialistes, et c’est une divergence entre les commentateurs. Et un homme n’a pas le droit de défaire un serment ou un vœu là où il y a plus grand que lui en sagesse, ni en présence de son maître, sinon avec l’accord de son maître.
ככל היוצא מפיו יעשה. דרשו רז"ל במסכת נדרים, הרי הוא אומר לא יחל דברו ומה ת"ל ככל היוצא מפיו, אלא מכאן שכנויי נדרים כנדרים, כנויי שבועות כשבועות. ובאר זה שאם הנשבע היה עלג בשפתיו, כגון מקומות העלגים שאומר על שבועה שקוקה או שבוקה וכיוצא בזה, אם היה דרכן שקורין לשבועה מומתא והוא אומר מותא וכיוצא בזה הרי זו שבועה ואם עבר עליה הרי זה נשבע על שקר, שאין הולכין אחר התיבה עצמה אלא אחר משמעות הענין שהרי הכל יודעים שלשונם כך.
« Selon tout ce qui sort de sa bouche, il fera. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété dans le traité Nedarim : voici qu’il dit « il ne profanera pas sa parole » ; et pourquoi l’Écriture dit-elle « selon tout ce qui sort de sa bouche » ? Mais de là que les expressions de substitution des vœux sont comme des vœux, les expressions de substitution des serments comme des serments. Et il explique cela : si celui qui jure était malhabile dans sa prononciation, par exemple dans les régions où la prononciation est altérée, où l’on dit pour un serment « shequqa » ou « shevouqa » et autres semblables, ou si leur voie est d’appeler un serment « momata » et qu’il dit « mota » et autres semblables, voici que c’est un serment, et s’il le transgresse, voici qu’il a juré faussement, car on ne suit pas le mot lui-même mais le sens de l’affaire, car tous savent que leur langue est ainsi.
וכן בכנוי נדרים אם היו אומרים באותו מקום על נדר נזק או בזק, והוא שמפסידין התיבה ומוציאין אותה מהויתה, אין הולכין אלא אחר הכונה, ועל זה נאמר ככל היוצא מפיו יעשה, שהרי זה שבועה גמורה ונדר גמור, שהרי גמר בלבו והוציא בשפתיו מה שהוא יודע. ואע"פ שלא הזכיר את השם כלל ולא אחד מהכנויין חייב הוא בשבועה זו, שאין הנדר או השבועה צריכים הזכרת השם, ואם עבר עליה הרי זה נשבע על השקר, וכל זה לחומר לשון השבועה אלא שאינו לוקה ואינו מביא קרבן כיון שלא הזכיר השם ולא אחד מהכנויין.
Et de même pour les expressions de substitution des vœux : si l’on disait en ce lieu pour un vœu « nazaq » ou « bezaq », qui sont des mots qu’ils corrompent et font sortir de leur être, on ne suit que l’intention, et sur cela il est dit « selon tout ce qui sort de sa bouche il fera », car voici un serment complet et un vœu complet, puisqu’il a décidé en son cœur et proféré de ses lèvres ce qu’il connaît. Et bien qu’il n’ait pas du tout mentionné le Nom ni l’un des surnoms, il est tenu par ce serment, car le vœu ou le serment n’ont pas besoin de la mention du Nom, et s’il le transgresse, voici qu’il a juré sur le mensonge ; et tout cela pour la gravité de l’expression du serment, sauf qu’il n’est ni flagellé ni ne présente de sacrifice, puisqu’il n’a mentionné ni le Nom ni l’un des surnoms.
אמרו רז"ל התר נדרים פורחין באויר ואין להם על מה שיסמכו, כלומר שדברי קבלה הן ואין להן עיקר בתורה שבכתב, וכך קבלו רז"ל שהנדר או השבועה אפשר שיהיה להם היתר ע"י חכם או על ידי שלשה הדיוטות ובלבד שיתחרט, ורצתה תורה לתקן עותתו של אדם שלפעמים מתגבר עליו כעסו ואין לו מעצור כלל וקופץ ונשבע בשם שיעשה כך או שלא יעשה כך, ועוד מוסיף ומרבה בשבועתו בשעת כעסו ואומר בלא שום צד היתר וחרטה בעולם, ולאחר שיתישב ונהפך והיה לאיש אחר יתחרט מעקרו ותשתנה דעתו לדעת אחרת, ועם החרטה שיתחרט יש לו היתר על פי חכם וחוזר להיתרו הראשון, וצריך הוא שיתחרט תחלה על מה שנשבע שלא יקח מזה שום היתר, ויתירו שבועה זו תחלה ואח"כ יתחרט בעקר שבועתו ויתירוהו.
Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : l’annulation des vœux vole dans l’air et n’a rien sur quoi s’appuyer, c’est-à-dire que ce sont des paroles de tradition et qu’elles n’ont pas de fondement dans la Torah écrite ; et ainsi nos Sages, de mémoire bénie, ont reçu que le vœu ou le serment peuvent avoir une permission par un sage ou par trois juges non spécialistes, pourvu qu’il se repente ; et la Torah a voulu corriger la perversité de l’homme, qui parfois est vaincu par sa colère, n’a aucune retenue, se précipite et jure par le Nom qu’il fera ceci ou ne fera pas ceci, et ajoute encore et multiplie à son serment à l’heure de sa colère, et déclare exclure toute possibilité de déliement ou de rétractation ; et après qu’il s’est calmé, a changé et est devenu un autre homme, il regrette son serment dès son origine et son avis change vers un autre avis, et avec le repentir qu’il éprouve, il a une permission par un sage et revient à sa permission première ; et il faut qu’il se repente d’abord de ce qu’il a juré de ne tirer de cela aucune permission, et qu’on lui annule d’abord ce serment, et ensuite il se repentira de l’origine de son serment et on le lui annulera.
ובלבד שלא ישבע על דעת רבים, כי הנשבע על דעת רבים אין לו התרה. ורבים הם שלשה, שכן אמרו רז"ל (ויקרא טו) זוב דמה ימים רבים, ימים שנים, רבים שלשה. ובריש פ"ק דשבועות, אמר להם משה לישראל הוו יודעין שלא על דעתכם אני משביע אתכם אלא על דעתי ועל דעת המקום. ומקשינן בגמרא ולימא להו על דעתי, על דעת המקום למה לי, כי היכי דלא ליהוי התרה לשבועתהון.
Pourvu qu’il ne jure pas sur l’avis de la multitude, car celui qui jure sur l’avis de la multitude n’a pas d’annulation. Et la « multitude » est de trois, car nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Lévitique 15) « le flux de son sang pendant des jours nombreux » : jours, c’est deux ; nombreux, c’est trois. Et au début du premier chapitre de Shevouot : Moché dit à Israël : sachez que ce n’est pas sur votre avis que je vous fais jurer, mais sur mon avis et sur l’avis du Lieu. Et nous demandons dans la Guemara : qu’il leur dise « sur mon avis » ; « sur l’avis du Lieu », pourquoi en ai-je besoin ? Pour qu’il n’y ait pas d’annulation à leur serment.
ופירש הרמב"ן ז"ל בחדושיו, על דעת המקום וכנסת ישראל קאמר, והוא מה שאומר הוא ובית דינו, והוי דעת רבים ולא להוי התרה לעולם, שהרי במשה לא היו צריכין אלא מפני שהיה שליח בית דין לאביהם שבשמים.
Et le Ramban, de mémoire bénie, a expliqué dans ses commentaires (’hidoushim) : « sur l’avis du Lieu » et de la communauté d’Israël dit-il, et c’est ce qu’on dit : lui et son tribunal ; et c’est l’avis de la multitude, et il n’y a jamais d’annulation, car pour Moché, ils n’en avaient besoin que parce qu’il était l’envoyé du tribunal de leur Père qui est aux cieux.
ומה שאמרו שהנשבע על דעת רבים אין לו התרה, לדבר מצוה יש לו התרה, וכגון מצוה שרבים צריכין לו כחזן וסופר ומלמד שאין מדקדק כמוהו במקומו, וזהו דעת רבינו תם ז"ל, וכן דעת הרמב"ם ז"ל, והוא שכתב בפרק ששי מהלכות שבועות, נשבע על דעת רבים או שנדר על דעת רבים אין מתירין לו לעולם אלא לדבר מצוה, כיצד, נשבע ותלה שבועתו בדעת רבים שלא יהנה מפלוני לעולם והוצרכו בני אותה העיר ללמוד תורה או למי שימול בניהם או שיזבח להם ולא נמצא אלא זה בלבד, הרי זה נשאל לחכם או לשלשה הדיוטות ומתירין לו שבועתו ועושה להן מצות אלו ונוטל שכרו מאותן האנשים שנשבע שלא יהנה מהם, עד כאן.
Et ce qu’ils ont dit, que celui qui jure sur l’avis de la multitude n’a pas d’annulation : pour une chose de commandement, il y a annulation, par exemple un commandement dont la multitude a besoin, comme un chantre, un scribe et un enseignant, qu’aucun n’est aussi exact que lui dans son lieu ; et tel est l’avis de Rabbénou Tam, de mémoire bénie, et tel est l’avis du Rambam, de mémoire bénie, qui a écrit au chapitre six des Lois des serments : celui qui a juré sur l’avis de la multitude ou a fait vœu sur l’avis de la multitude, on ne lui annule jamais, sauf pour une chose de commandement. Comment ? Il a juré et suspendu son serment à l’avis de la multitude de ne jamais tirer profit d’un tel, et les gens de cette ville ont eu besoin d’apprendre la Torah, ou de quelqu’un qui circoncirait leurs fils ou qui égorgerait pour eux, et on n’a trouvé que lui seul : voici qu’il consulte un sage ou trois juges non spécialistes, et on lui annule son serment, et il accomplit pour eux ces commandements et reçoit son salaire de ces gens dont il avait juré de ne pas tirer profit. Jusqu’ici.
וחומרא יתירה היא לומר כעין אותה מצוה דוקא ולא אחרת. אבל דעת רש"י במי שנדר או נשבע על דעת רבים שיש לו היתר לדבר מצוה לאיזו מצוה שתהיה, והטעם לפי שאין דעת רבים אלא לקיים המצות לא לבטלן, וכן פירש רש"י ז"ל בפירושיו במסכת מכות פרק אלו הן הגולין בשמעתא כגון שהדיר על דעת רבים, וזה דעת הרמב"ן ז"ל, וכך אנו נוהגין להתיר נדר שהודר על דעת רבים לצורך כל מצוה.
Et c’est une rigueur excessive de dire : seulement un commandement semblable à celui-là et non un autre. Mais l’avis de Rachi, pour celui qui a fait vœu ou juré sur l’avis de la multitude, est qu’il a une permission pour une chose de commandement, quel que soit le commandement ; et la raison : parce que l’avis de la multitude n’est que pour accomplir les commandements, non pour les annuler ; et ainsi a expliqué Rachi, de mémoire bénie, dans ses commentaires du traité Makkot, chapitre « Elou hen haGolin », dans la sougya, comme s’il a fait vœu sur l’avis de la multitude ; et tel est l’avis du Ramban, de mémoire bénie, et ainsi nous avons coutume d’annuler un vœu fait sur l’avis de la multitude pour le besoin de tout commandement.
ואשה כי תדור נדר לה'. אשה בת י"ב שנה ולמעלה תקרא גדולה ונדריה ושבועותיה קיימין, ומי"א שנה ולמעלה שהיא קטנה בודקין אותה כל אותה שנה אם יודעת לשם מי נדרה ולשם מי הקדישה דבריה קיימין, כדין הקטן מי"ב שנה ולמעלה, אבל קודם לכן אין דבריהם כלום. ולאחר שתים עשרה לאשה ולאחר שלש עשרה לאיש אע"פ שאין יודעין לשם מי נדרו והקדישו דבריהם קיימין. והפרשה הזאת תבאר לנו בעניני הנדרים ענינים גדולים רבים במלות מעטות, ובאו דיני האשה על ארבעה חלקים, ואלו הן, נערה, ארוסה, נשואה, אלמנה.
« Et une femme qui fait un vœu à l’Éternel. » Une femme de douze ans et au-delà est appelée adulte, et ses vœux et ses serments sont valides ; et à partir de onze ans et au-delà, où elle est mineure, on l’examine toute cette année : si elle sait au nom de qui elle a fait vœu et au nom de qui elle a consacré, ses paroles sont valides, comme la règle du garçon de douze ans et au-delà, mais avant cela leurs paroles ne sont rien. Et après douze ans pour la femme et après treize ans pour l’homme, bien qu’ils ne sachent pas au nom de qui ils ont fait vœu et consacré, leurs paroles sont valides. Et cette section nous expliquera, dans les affaires des vœux, de nombreuses grandes affaires en peu de mots, et les règles de la femme sont venues en quatre parties, qui sont : jeune fille (na’ara), fiancée, mariée, veuve.
נערה היא מתחלת י"ב עד סוף ששה חדשים אם יש לה אב הרי היא ברשותו והוא יכול להפר כל נדריה ושבועותיה ביום שמעו, דחזקה שעל דעת שירצה אביה נדרה וכאלו התנתה בפירוש, מה שאין כן בבן, וכענין מכירת הבת שהאב רשאי למכור את בתו לאמה ואין כן בבן. מששה חדשים אלו ואילך נקראת בוגרת והרי היא ברשות עצמה, והוא שאמרו רז"ל כיון שבגרה שוב אין לאביה רשות בה, וכל נדריה ושבועותיה כנדר אלמנה וגרושה שכתוב כל אשר אסרה על נפשה יקום עליה.
La jeune fille est à partir de douze ans révolus et pendant les six mois suivants ; si elle a un père, elle est sous son autorité, et il peut annuler tous ses vœux et serments le jour où il les entend, car c’est une présomption que elle a fait vœu sous réserve de l’accord de son père, et comme si elle avait posé la condition explicitement, ce qui n’est pas le cas pour le garçon ; et comme l’affaire de la vente de la fille, où le père a le droit de vendre sa fille comme servante, ce qui n’est pas le cas pour le garçon. À l’issue de ces six mois, elle est appelée adulte et elle est sous sa propre autorité, et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : puisqu’elle est devenue adulte, son père n’a plus aucune autorité sur elle, et tous ses vœux et serments sont comme le vœu de la veuve et de la répudiée, ainsi qu’il est écrit « tout ce qu’elle a interdit sur sa personne tiendra sur elle ».
אם נדרה בעודה ברשות אביה והפר לה ביום שמעו הכל בטל, ומה שאמר וה' יסלח לה דקדקו רז"ל במה הכתוב מדבר, בדבר שצריך סליחה, כגון שהפר לה והיא לא ידעה ועברה על נדרה כפי מחשבתה, ובודאי מי שחושב שעושה עברה אעפ"י שאינו עושה צריך סליחה.
Si elle a fait vœu alors qu’elle était sous l’autorité de son père et qu’il l’a annulé le jour où il l’a entendu, tout est annulé ; et ce que dit l’Écriture « et l’Éternel lui pardonnera », nos Sages, de mémoire bénie, ont examiné de quoi l’Écriture parle : d’une chose qui a besoin de pardon, par exemple quand il le lui a annulé et qu’elle ne l’a pas su et a transgressé son vœu selon sa pensée ; et certes celui qui pense commettre une transgression, même s’il ne la commet pas, a besoin de pardon.
ארוסה הוא שכתוב ואם היו תהיה לאיש ונדריה עליה, הויה זו לשון ארוסין, וזה מדבר בנערה המאורשה שאין לה הפרה ע"י האב לבדו או על ידי הארוס לבדו אלא ע"י שניהם, וכן שנינו נערה המאורשה אביה ובעלה מפירין נדריה, והרי זו כאלו נדר בפירוש על דעת שניהם, וצריך שישמעו שניהם ביום אחד ויפרו בו ביום, ואם מת הארוס חזרה לרשות אביה, ואביה מפר לה כאלו נדרה קודם שנתארסה, ואם מת האב אחר שנתארסה ונדרה אחר מותו אין הארוס מפר נדרי ארוסתו עד שתכנס לחופה.
La fiancée : c’est ce qui est écrit « et si elle est à un homme et que ses vœux sont sur elle » ; cette expression « être à un homme » désigne les fiançailles, et il s’agit de la jeune fille fiancée, qui n’a pas d’annulation par le père seul ni par le fiancé seul, mais par les deux ; et ainsi nous avons appris : la jeune fille fiancée, son père et son mari annulent ses vœux, et c’est comme si elle avait fait vœu explicitement sur l’avis des deux, et il faut qu’ils entendent tous deux le même jour et annulent le même jour ; et si le fiancé meurt, elle retourne sous l’autorité de son père, et son père lui annule comme si elle avait fait vœu avant d’être fiancée ; et si le père meurt après qu’elle s’est fiancée et qu’elle fait vœu après sa mort, le fiancé n’annule pas les vœux de sa fiancée jusqu’à ce qu’elle entre sous le dais.
ושמע אישה וגו' והחריש לה. זה ארוס שלה.
« Et son mari l’a entendu, etc., et s’est tu à son sujet. » Celui-ci est son fiancé.
וקמו נדריה. אפילו הפר האב, שאין הפרת האב כלום בלא הפרת הארוס.
« Et ses vœux tiendront. » Même si le père a annulé, car l’annulation du père n’est rien sans l’annulation du fiancé.
ואם ביום שמוע אישה יניא אותו וגו' וה' יסלח לה. כלומר בהפרת האב, שכיון שברשותו היא צריכה להפרתו, שכבר הזכיר בנעוריה בית אביה, כלומר כל זמן שהיא בנעוריה ברשות אביה היא. נשואה, הוא שכתוב ואם בית אישה נדרה, והבעל מפר נדרי אשתו משתכנס לחופה עד שתבגר, אבל נדרים שנדרה בהן קודם שבאה לרשותו אין כח בידו להפר וזהו שאמרו ז"ל אין הבעל מפר בקודמין.
« Et si, le jour où son mari l’entend, il les désapprouve, etc., et l’Éternel lui pardonnera. » C’est-à-dire en cas d’annulation par le père : puisqu’elle est sous son autorité, elle a besoin de son annulation, car il a déjà mentionné « dans sa jeunesse, dans la maison de son père », c’est-à-dire que tout le temps qu’elle est dans sa jeunesse, elle est sous l’autorité de son père. Mariée : c’est ce qui est écrit « et si elle a fait vœu dans la maison de son mari » ; et le mari annule les vœux de sa femme dès qu’elle entre sous le dais jusqu’à ce qu’elle devienne adulte, mais les vœux qu’elle a faits avant d’entrer sous son autorité, il n’a pas le pouvoir de les annuler, et c’est ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : le mari n’annule pas ce qui précède.
ולפי שכל הנודרת על דעת בעלה היא נודרת עשאו הכתוב כאלו התנית עליו בפירוש על מנת שירצה בעלי משום שלום הבית, ואפילו בנדר של תורה ונשואין מדרבנן יכול להפר מטעם זה, כגון בת שתים עשרה שנה שאין לה אב ויודעת לשם מי נדרה והשיאתה אמה או אחיה. אלמנה, הוא שכתוב ונדר אלמנה וגרושה, אלמנה מן הנשואין, שאילו מן הארוסין חזרה לרשות האב, אבל מכיון שנשאה שוב אין לאביה רשות בה, ומכאן לחופה מן התורה ליורשה וליטמא לה בעלה כהן, ולהפר נדריה לבדו, ושיהיו מעשה ידיה שלו.
Et puisque toute femme qui fait vœu le fait sur l’avis de son mari, l’Écriture l’a rendu comme si elle avait posé la condition explicitement : à condition que mon mari y consente, pour la paix du foyer ; et même pour un vœu de la Torah, et dans le cas d’un mariage de rang rabbinique, il peut annuler pour cette raison, par exemple une fille de douze ans qui n’a pas de père et sait au nom de qui elle a fait vœu, et que sa mère ou son frère a mariée. Veuve : c’est ce qui est écrit « et le vœu de la veuve et de la répudiée » ; veuve des noces, car si c’était des fiançailles, elle retourne sous l’autorité du père ; mais dès qu’il l’a épousée, son père n’a plus d’autorité sur elle, et de là, pour la houppa selon la Torah : pour hériter d’elle, pour que son mari prêtre se rende impur pour elle, pour annuler ses vœux seul, et pour que le produit de son travail lui appartienne.
כל נדר וכל שבועת אסר לענות נפש. למדך הכתוב כי מה שנתנה תורה רשות לבעל להפר נדרי אשתו אין זה בכל הנדרים שבעולם אלא דברים שיש בהן ענוי נפש, כגון שלא תרחץ ושלא תתקשט בבגדי צבעונין ושלא תאכל בשר ושלא תשתה יין ושלא תכחול ושלא תפרכס, וכיוצא בהן, ואפילו אסרה על עצמה פירות חנוני פלוני, יפר, וכל שכן שמפר דברים שבינו לבינה בעניני צניעות, ממה שכתוב בין איש לאשתו, ובשני ענינים אלו הוא שיש לבעל כח להפר לפי שהיא משועבדת לו בשני דברים, של ענוי נפש שיראה אותה יפה ושלא תתענה ולא תצטער, וכמו שאמרו ז"ל כי היא היתה אם כל חי, לחיים נתנה ולא לצער, דברים שבינו לבינה אין צריך לומר שהיא משועבדת לו בהן, ובודאי כל הנודרת באותן שני ענינים על דעת בעלה היא נודרת כיון שמשועבדת לו בהן, אבל דברים אחרים חוץ מהן שנדרה בהן האשה אין לבעל כח להפר אלא צריכה היתר חכם ע"י חרטה כשאר בני אדם.
« Tout vœu et tout serment d’interdit pour affliger l’âme. » L’Écriture t’a enseigné que ce que la Torah a donné comme autorisation au mari d’annuler les vœux de sa femme, ce n’est pas pour tous les vœux du monde, mais pour des choses où il y a affliction de l’âme, par exemple qu’elle ne se lave pas, ne se pare pas de vêtements de couleur, ne mange pas de viande, ne boive pas de vin, ne se farde pas les yeux et ne se pomponne pas, et autres semblables ; et même si elle s’est interdit les fruits de tel marchand, il annule ; et a fortiori il annule les choses qui sont entre lui et elle dans les affaires de pudeur, d’après ce qui est écrit « entre un homme et sa femme » ; et c’est dans ces deux affaires que le mari a le pouvoir d’annuler, car elle lui est soumise dans deux choses : l’affliction de l’âme, qu’il la voie belle et qu’elle ne jeûne pas et ne souffre pas, et comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : car elle fut la mère de tout vivant, elle fut donnée pour la vie et non pour la peine ; et les choses entre lui et elle, il va sans dire qu’elle lui est soumise en elles ; et certes toute femme qui fait vœu dans ces deux affaires le fait sur l’avis de son mari, puisqu’elle lui est soumise en elles ; mais pour d’autres choses en dehors de celles-ci que la femme a vouées, le mari n’a pas le pouvoir d’annuler, mais elle a besoin de le déliement par un sage sur la base de son regret, comme les autres humains.
מיום אל יום. מגיד שהפרת נדרים כלה מתחלת היום עד סופו, כיום האמור במעשה בראשית ובאותו ואת בנו שהיום הולך אחר הלילה שעבר, כענין שכתוב (בראשית א׳:ה׳) ויהי ערב ויהי בקר יום אחד, ואינו מעת לעת, הלכך נדרה בלילה יש לה זמן הפרה כל אותו הלילה וכל אותו היום של המחרת, ואם נדרה ביום אין לה זמן הפרה אלא עד שקיעת החמה, ולפיכך הבעל מפר לאשתו בשבת אפילו נדרים שאינן צורך השבת אע"ג דדמי לדן את הדין, שאם לא עכשיו אימתי, אבל חכם אינו מתיר נדרים בשבת אלא אותן שהם לצורך השבת דחכם ע"י חרטה שרי ליה למחר ליומא אחרינא כי האידנא.
« D’un jour à l’autre. » Cela dit que l’annulation des vœux, tout entière, va du début du jour à sa fin, comme le jour mentionné dans l’œuvre de la création et dans « lui et son fils », où le jour suit la nuit passée, comme il est écrit (Genèse 1,5) « et il y eut un soir et il y eut un matin, un jour », et il ne s’agit pas d’une période de vingt-quatre heures ; c’est pourquoi si elle a fait vœu de nuit, elle a un temps d’annulation toute cette nuit-là et tout ce jour du lendemain ; et si elle a fait vœu de jour, elle n’a un temps d’annulation que jusqu’au coucher du soleil ; et c’est pourquoi le mari annule pour sa femme le Shabbat même les vœux qui ne sont pas pour le besoin du Shabbat, bien que cela ressemble à rendre un jugement, car si pas maintenant, quand ? Mais un sage n’annule pas de vœux le Shabbat, sauf ceux qui sont pour le besoin du Shabbat, car le sage peut délier le vœu sur la base du regret aussi bien demain ou un autre jour qu’aujourd’hui.
וזמן הפרה אינו ביום שנדרה לבד אלא ביום שמוע אביה וביום שמוע אישה, אפילו לאחר כמה ימים משנדרה. ואם קיים בעלה את נדרה מששמע בו וחזר והפר לה וסמכה עליו, הוא ענוש תחתיה, ועל זה נאמר כאן ואם הפר יפר אותם אחרי שמעו ונשא עונה, ומכאן שהגורם תקלה לחבירו הוא נכנס תחתיו לכל עונשיו.
Et le temps d’annulation n’est pas seulement le jour où elle a fait vœu, mais le jour où son père l’entend et le jour où son mari l’entend, même après plusieurs jours depuis qu’elle a fait vœu. Et si son mari a confirmé son vœu depuis qu’il l’a entendu, puis est revenu et le lui a annulé, et qu’elle s’est appuyée sur lui, il est puni à sa place, et sur cela il est dit ici « et s’il les annule après les avoir entendus, il portera sa faute » ; et de là, celui qui entraîne son prochain à fauter entre à sa place dans toutes ses punitions.
וכתב הרמב"ן ז"ל, נראה שהאשה זו שוגגת או מוטעת, כי הכתוב ידבר בבעל ששמע ואין האשה יודעת בו ואחר זמן הפר ואמר לה שהוא יום שמעו, ולמדנו הכתוב שני דברים, שהבעל נושא עון כאלו הוא נדר ויחל דברו, ושהיא פטורה ואין עליה מעונש השגגות כלל, אבל אם האשה יודעת שלא הפר ביום שמעו דבקיאה בדין זה, הנה היא חייבת, וגם הבעל אינו גורם התקלה אבל עונשו כמי שיכול למחות ולא מחה. והזכיר הכתוב זה בבעל והוא הדין לאב, אבל דבר הכתוב בהווה, כי האב ישתמר מזה לאהבת בתו והבעל אולי ישנא אותה וחושב לתת עליה אשם, עכ"ל ז"ל.
Et le Ramban, de mémoire bénie, a écrit : il semble que cette femme agit par inadvertance ou est induite en erreur, car l’Écriture parle d’un mari qui a entendu et la femme ne le sait pas, et après un temps il a annulé et lui a dit que c’était le jour où il l’a entendu ; et l’Écriture nous a enseigné deux choses : que le mari porte la faute comme s’il avait fait vœu et profané sa parole, et qu’elle est exempte et n’a aucune punition des inadvertances ; mais si la femme sait qu’il n’a pas annulé le jour où il l’a entendu, car elle est experte dans cette règle, voici qu’elle est coupable, et le mari non plus n’est pas celui qui l’a entraînée à fauter, mais sa punition est comme celui qui peut protester et n’a pas protesté. Et l’Écriture a mentionné cela pour le mari, et la règle est la même pour le père, mais l’Écriture a parlé de ce qui arrive habituellement, car le père s’en gardera par amour pour sa fille, et le mari peut-être la haïra et pense mettre sur elle une culpabilité. Fin de ses paroles, de mémoire bénie.
בין איש לאשתו בין אב לבתו. עשו רז"ל בספרי מן הכתוב הזה היקשא, מה הבעל אינו מפר אלא דברים שבינו לבינה ודברים שיש בהן ענוי נפש אף האב אינו מפר אלא דברים שבינו לבינה ודברים שיש בהם ענוי נפש, דברים שבינו לבינה בבת הוא אם נדרה שלא תשמשנו כראוי וכן הוא מפורש בירושלמי כל נדר וכל שבועת אסר לענות נפש אישה יקימנו ואישה יפרנו, אין לי אלא נדרים שיש בהן ענוי נפש, נדרים שבינו לבינה מנין, ת"ל בין איש לאשתו עד כאן בבעל, באב מנין, מה הבעל אינו מפר אלא נדרים שיש בהן ענוי נפש ודברים שבינו לבינה אף האב אינו מפר אלא נדרים שיש בהם עינוי נפש ודברים שבינו לבינה, עד כאן בירושלמי, וכן דעת הרמב"ן ז"ל בהלכות נדרים שחבר.
« Entre un homme et sa femme, entre un père et sa fille. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont fait dans le Sifré, à partir de ce verset, une comparaison : de même que le mari n’annule que les choses entre lui et elle et les choses où il y a affliction de l’âme, de même le père n’annule que les choses entre lui et elle et les choses où il y a affliction de l’âme ; les choses entre lui et elle, pour la fille, c’est si elle a fait vœu de ne pas le servir convenablement ; et ainsi c’est expliqué dans le Yerushalmi : « tout vœu et tout serment d’interdit pour affliger l’âme, son mari le confirmera et son mari l’annulera » ; je n’ai que les vœux où il y a affliction de l’âme ; les vœux entre lui et elle, d’où ? L’Écriture dit « entre un homme et sa femme » ; jusqu’ici pour le mari ; pour le père, d’où ? De même que le mari n’annule que les vœux où il y a affliction de l’âme et les choses entre lui et elle, de même le père n’annule que les vœux où il y a affliction de l’âme et les choses entre lui et elle. Jusqu’ici dans le Yerushalmi ; et tel est l’avis du Ramban, de mémoire bénie, dans les Lois des vœux qu’il a composées.
אבל הרמב"ם ז"ל לא סמך בזה והורה שהאב מפר לבתו נערה כל נדריה ואסריה כפשט הכתוב, כשם שאין לומר בה דברים שבינו לבינה אלא בבעל כך אין אומרים בה נדרי ענוי נפש. ואמרו כי חכמי לוניל תפשוהו בחייו.
Mais le Rambam, de mémoire bénie, ne s’appuya pas là-dessus et enseigna que le père annule à sa fille, jeune fille, tous ses vœux et interdits, selon le sens simple du verset : de même qu’on ne dit pas d’elle « les choses entre lui et elle » sauf pour le mari, ainsi on ne dit pas pour elle « vœux d’affliction de l’âme ». Et ils ont dit que les sages de Lunel l’ont pris à partie de son vivant.
הנודר נדרים כדי לכוין דעותיו ולתקן מעשיו הרי זה נאה ומשובח, כיצד מי שהיה זולל ואסר על עצמו הבשר שנה או שנתים, ומי שהיה שוגה ביין ואסר היין על עצמו לזמן מרובה או כל ימי חייו כענין נזיר, וכן מי שהיה רודף שלמונים ונבהל להון ואסר על עצמו מתנות או הנאת אנשי מדינה זו, וכן מי שהיה מתגאה ומשתרר ועשה נדרים על עצמו, כלן דרך עבודת הש"י, ובכיוצא בזה אמרו רז"ל נדרים סיג לפרישות, כן כתב הרמב"ם.
Celui qui fait des vœux pour rectifier ses dispositions et corriger ses actes, voici, c’est beau et louable. Comment ? Celui qui était glouton et s’est interdit la viande pendant un an ou deux ; celui qui s’égarait dans le vin et s’est interdit le vin pour un long temps ou tous les jours de sa vie à la manière du nazir ; de même celui qui poursuivait les pots-de-vin et se hâtait vers la richesse, et s’est interdit les dons ou le profit des gens de cette ville ; et de même celui qui était orgueilleux et dominateur et a fait des vœux sur lui-même : tous sont par voie de service du Nom, qu’Il soit béni ; et sur un cas semblable nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : les vœux sont une haie protectrice pour l’abstinence. Ainsi a écrit le Rambam, de mémoire bénie.
ז"ל וכן נשבעין להזדרז לשם מצוה לכשתזדמן לידו כדי שלא יתרשל בה, כענין שכתוב (תהילים קי״ט:ק״ו) נשבעתי ואקימה לשמור משפטי צדקך, וכתיב (בראשית כ״ח:כ׳) וידר יעקב נדר לאמר, ודרשו רז"ל מאי לאמר, לאמר לדורות שיהו נודרין בעת צרתן, וכתיב (במדבר כא) וידר ישראל.
Et de même on jure de se hâter pour un commandement, quand il lui viendra en main, afin de ne pas y être négligent, comme il est écrit (Psaumes 119,106) « j’ai juré et je l’accomplirai, de garder les jugements de ta justice », et il est écrit (Genèse 28,20) « et Yaaqov fit un vœu en disant », et nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété : que veut dire « en disant » ? En disant pour les générations, qu’ils feront vœu au temps de leur détresse ; et il est écrit (Nombres 21) « et Israël fit un vœu ».
נקום נקמת בני ישראל מאת המדינים אחר תאסף אל עמיך. שאיני מתחרט משבועתי שנשבעתי (שם) לכן לא תביאו, לכך נסמכה לפרשה נדרי הדיוט שהוא מתחרט.
« Venge la vengeance des fils d’Israël sur les Midianites, après quoi tu seras recueilli auprès de ton peuple. » Car je ne me repens pas de mon serment que j’ai juré (ibid.) « c’est pourquoi vous ne ferez pas entrer » ; c’est pourquoi fut rattachée à la section celle des vœux d’un particulier, qui se repent.
אחר תאסף. יש אומרים תראה ותשמח בנקמת אויביך. ואמרו במדרש הקב"ה אמר נקמת בני ישראל ומשה אמר נקמת ה', אמר לו משה להקב"ה, רבש"ע אלו היינו ערלים או עובדי ע"ז לא היו שונאין אותנו, ועל מה שונאין אותנו בשביל התורה והמצות שנתת לנו, הנקמה שלך, ולכך אמר לתת נקמת ה' במדין, שהעומד כנגד ישראל כאלו עומד נגד הקב"ה.
« Après, tu seras recueilli. » Certains disent : tu verras et te réjouiras de la vengeance exercée contre tes ennemis. Et ils ont dit dans le Midrash : le Saint, béni soit-Il, dit « vengeance des fils d’Israël », et Moché dit « vengeance de l’Éternel » ; Moché dit au Saint, béni soit-Il : Maître du monde, si nous étions incirconcis ou idolâtres, ils ne nous haïraient pas ; et pourquoi nous haïssent-ils ? À cause de la Torah et des commandements que Tu nous as donnés ; la vengeance est à Toi ; et c’est pourquoi il dit (Nombres 31,3) « pour exécuter la vengeance de l’Éternel sur Midian », car celui qui se dresse contre Israël est comme celui qui se dresse contre le Saint, béni soit-Il.
מאת המדינים. והלא המואבים היו תחלה בדבר שנאמר (שם כב) וילכו זקני מואב וזקני מדין, אלא שהמואבים לא נכנסו לדבר אלא מחמת יראה שנאמר (שם) ויגר מואב מפני העם, שלא יהיו שוללין אותן, שלא נאמר אלא (דברים ב׳:ט׳) ואל תתגר בם מלחמה, אבל מדינים נתעברו על ריב לא להם, ועוד שעתיד דוד לצאת מרות המואביה.
« Des Midianites. » Or les Moabites n’avaient-ils pas été les premiers dans l’affaire, car il est dit (ibid. 22) « et les anciens de Moav et les anciens de Midian s’en allèrent » ? Mais les Moabites n’entrèrent dans l’affaire que par crainte, car il est dit (ibid.) « et Moav eut peur du peuple », afin qu’on ne les pille pas, car il n’est dit que (Deutéronome 2,9) « et ne te mets pas en querelle de guerre contre eux » ; mais les Midianites se sont emportés dans une querelle qui n’était pas la leur, et de plus David devait sortir de Routh la Moabite.
החלצו מאתכם. חגרו חלוציכם, אע"פ ששמע שמיתתו תלויה בדבר לא עכב. ואמרו במדרש יהושע לא עשה כן, כשבא להלחם על ל"א מלכים אמר אם אני הורגם מיד אני מת, כשם שאירע למשה מיד כשנצח מלכי מדין, מה עשה התחיל באחד ומעכב במלחמתו שנאמר (יהושע יא) ימים רבים עשה יהושע את כל המלכים האלה מלחמה, אמר לו הקב"ה וכך עשית, אני מקצר שנותיך עשר שנים, שראוי היה לחיות ק"כ שנה כמשה רבינו ע"ה ולא חיה כי אם ק"י שנה, הדא הוא דכתיב (משלי יט) רבות מחשבות בלב איש ועצת ה' היא תקום.
« Équipez-vous (hellatsou) d’entre vous. » Ceignez vos armes ; bien qu’il ait entendu que sa mort dépendait de la chose, il ne retarda pas. Et ils ont dit dans le Midrash : Yehochoua n’a pas fait ainsi ; quand il vint combattre trente et un rois, il dit : si je les tue tout de suite, je mourrai, comme il est arrivé à Moché tout de suite après avoir vaincu les rois de Midian ; que fit-il ? Il commença par un et retarda sa guerre, car il est dit (Josué 11) « longtemps Yehochoua fit la guerre contre tous ces rois ». Le Saint, béni soit-Il, lui dit : et tu as fait ainsi ? Je raccourcis tes années de dix ans : il aurait dû vivre cent vingt ans comme Moché notre maître, que la paix soit sur lui, et il ne vécut que cent dix ans ; c’est ce qui est écrit (Proverbes 19) « nombreuses sont les pensées dans le cœur de l’homme, mais le conseil de l’Éternel, c’est lui qui tiendra ».
וימסרו מאלפי ישראל. דרשו רז"ל מלמד שנמסרו על כרחם מפני חבתו של משה, לפי שראו שפטירתו של משה תלויה בנקמת מדין.
« Et ils furent livrés d’entre les milliers d’Israël. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété : cela enseigne qu’ils furent livrés malgré eux, à cause de leur affection pour Moché, parce qu’ils virent que le décès de Moché dépendait de la vengeance de Midian.
אותם ואת פינחס. שהיה שקול כנגד כולן. ולמה הלך הוא ולא הלך אלעזר, אמר הקב"ה מי שהתחיל במצוה גומרה, הוא השיב את חמתי והכה את המדינית הוא יגמור המצוה. אבל משה שנתגדל במדין וישב על הבאר לא הלך, היינו דאמרי אינשי בירא דשתית מניה מיא לא תשדי ביה קלא.
« Eux et Pin’has. » Qui équivalait à eux tous. Et pourquoi est-ce lui qui alla et non Elazar ? Le Saint, béni soit-Il, dit : celui qui a commencé un commandement l’achève : lui a détourné Ma colère et a frappé la Midianite, qu’il achève le commandement. Mais Moché, qui a grandi à Midian et s’est assis sur le puits, n’y alla pas ; c’est ce que disent les gens : le puits où tu as bu de l’eau, ne jette pas dedans un caillou.
וכלי הקדש. זה הארון והציץ. ואמרו במדרש כי מלכי מדין היו עושין כשפים עם בלעם והיו פורחים באויר בראותם המלחמה הזאת, ואמר להם משה לישראל אם תראו אותן עושין כשפים הראו להן את הציץ והן נופלין בארץ, וזה שכתוב ואת מלכי מדין הרגו על חלליהם, שנפלו מן האויר על חללי מדין והרגום, וכן בספר יהושע כתיב (יהושע י״ג:כ״ב) ואת בלעם בן בעור הקוסם הרגו בני ישראל בחרב על חלליהם.
« Et les objets sacrés. » C’est l’Arche et le Tsits. Et ils ont dit dans le Midrash que les rois de Midian faisaient de la sorcellerie avec Bilam et volaient dans l’air en voyant cette guerre, et Moché dit à Israël : si vous les voyez faire de la sorcellerie, montrez-leur le Tsits et ils tomberont à terre ; et c’est ce qui est écrit « et les rois de Midian, ils tuèrent sur les cadavres des leurs », car ils tombèrent de l’air sur les cadavres des Midianites et on les tua ; et de même dans le livre de Josué il est écrit (Josué 13,22) « et Bilam fils de Be’or, le devin, les fils d’Israël le tuèrent par l’épée sur les cadavres des leurs ».
וחצוצרות התרועה בידו. כשהיו נוסעים היו נוסעים בחצוצרות, וכן כשהיו מתכנסים וכשהיו הולכים למלחמה הכל היה בחצוצרות.
« Et les trompettes de l’alarme dans sa main. » Quand ils partaient, ils partaient avec des trompettes, et de même quand ils se rassemblaient et quand ils allaient à la guerre, tout était avec des trompettes.
ויהרגו כל זכר. הגדולים, כי הטף עם הנשים בזזום.
« Et ils tuèrent tout mâle. » Les adultes, car ils emmenèrent les enfants et les femmes comme captifs.
ואת צור. אביה של כזבי. חמשת מלכי מדין. הוצרך לכתוב חמשת, ללמדך שהשוו חמשתן בעצה אחת לפורענות על ישראל. ובלעם הלך עמהם ליטול שכר העצה שנתן שבשבילה נפלו ארבעה ועשרים אלף מישראל, והיו אומרים לישראל והלא כשהייתם ששים רבוא לא היה בכם כח להלחם והיאך אתם באים עכשיו להלחם בי"ב אלף.
« Et Tsour. » Le père de Kozbi. « Cinq rois de Midian. » Il a dû écrire « cinq » pour t’enseigner qu’ils se sont tous les cinq accordés en un seul conseil pour le malheur sur Israël. Et Bilam alla avec eux pour prendre le salaire du conseil qu’il avait donné, à cause duquel vingt-quatre mille d’Israël tombèrent, et ils disaient à Israël : n’est-ce pas que, alors que vous étiez six cent mille, vous n’aviez pas la force de combattre, et comment venez-vous maintenant combattre avec douze mille ?
ואת כל המלקוח באדם ובבהמה. כלומר המלקוח שהוא השבי של אדם ובהמה, ובמקום שכתוב שבי אצל מלקוח שבי באדם ומלקוח בבהמה.
« Et tout le butin (malqo’ah) en homme et en bête. » C’est-à-dire le butin, qui est la capture d’homme et de bête ; et là où « shevi » est écrit à côté de « malqo’ah », « shevi » est pour l’homme et « malqo’ah » pour la bête.
ויביאו אל משה. מגיד חשיבותם שלא שלחו יד בבזה שלא ברשות, ועליהם נאמר בקבלה (שיר ה) שניך כעדר הרחלים אף אנשי המלחמה שבך כלם צדיקים.
« Et ils l’amenèrent à Moché. » Cela montre leur mérite, qu’ils n’ont pas mis la main sur le butin sans autorisation, et sur eux il est dit dans les Écrits (Cantique 5) « tes dents sont comme un troupeau de brebis » : même les hommes de guerre qui sont en toi sont tous justes.
ויקצוף משה על פקודי החיל. באור פקודי מלשון (ישעיה כד) יפקוד ה'.
« Et Moché s’irrita contre les préposés (pequdé) de l’armée. » Explication : « pequdé », de l’expression (Isaïe 24,21) « l’Éternel visitera (yifqod) ».
שרי האלפים ושרי המאות. הם קל"ב. ולמדנו שכל סרחון הדור תלוי בגדולים שיש כח בידם למחות ואינם מוחים.
« Chefs des milliers et chefs des centaines. » Ils sont cent trente-deux (QeLaB). Et nous avons appris que toute la corruption de la génération dépend des grands, qui ont le pouvoir de protester et ne protestent pas.
וכל אשה יודעת איש למשכב זכר הרגו. אחר שהתחיל ואמר הרגו כל זכר בטף הוסיף לומר הרגו, והוצרכו שניהם הראשון והשני, אם נאמר הראשון ולא השני הייתי מבין שהפסוק דבק עם שאחריו, ושהמצוה להחיות כל אשה יודעת איש עם הטף בנשים אשר לא ידעו איש, ולכך הוצרך להפסיק ביניהם במלת הרגו, ואם נאמר השני ולא הראשון ושיאמר הכתוב כן ועתה כל זכר בטף וכל אשה יודעת איש למשכב זכר הרגו הייתי מבין שאין המצוה להרוג כל זכר בטף אלא מבן תשע שנים הראוי לביאה דומיא דאשה יודעת איש למשכב זכר, אבל מבן תשע ולמטה שאינו ראוי לביאה אין המצוה להרגו, ולכך הוצרך הראשון שאמר הרגו כל זכר בטף להורות שהמצוה להרוג כל קטנים בזכרים, ואפילו המוטל בעריסה.
« Et toute femme qui a connu un homme par la couche d’un mâle, tuez-la. » Après avoir commencé par dire « tuez tout mâle parmi les enfants », il a ajouté de dire « tuez », et les deux étaient nécessaires, le premier et le second : si l’on avait dit le premier et non le second, j’aurais compris que le verset se rattache à ce qui suit, et que le commandement est de laisser vivre toute femme qui a connu un homme avec les enfants parmi les femmes qui n’ont pas connu d’homme ; et c’est pourquoi il a fallu interrompre entre eux par le mot « tuez » ; et si l’on avait dit le second et non le premier, et que l’Écriture avait dit ainsi : « et maintenant, tout mâle parmi les enfants et toute femme qui a connu un homme par la couche d’un mâle, tuez », j’aurais compris que le commandement n’est pas de tuer tout mâle parmi les enfants, mais seulement à partir de neuf ans, apte à la relation, à l’instar de « femme qui a connu un homme par la couche d’un mâle » ; mais au-dessous de neuf ans, qui n’est pas apte à la relation, le commandement n’est pas de le tuer ; et c’est pourquoi le premier a été nécessaire, qui dit « tuez tout mâle parmi les enfants », pour enseigner que le commandement est de tuer tous les petits parmi les mâles, même celui qui est couché dans le berceau.
ואם תשאל ותאמר מאין היו יודעים אותם שידעו איש, כך דרשו היו מעבירין אותן לפני הציץ ואותה שידעה איש היו פניה מוריקות, וזהו שאמרו סימן לעברה הדרוקן. ופורענות זו הבאה ע"י הציץ דוקא בעו"א, אבל בנות ישראל ע"י חביות, שכן דרשו רז"ל ביבמות פרק הבא על יבמתו (שופטים כ״א:י״ב) וימצאו מיושבי יבש גלעד ארבע מאות נערה בתולה אשר לא ידעו איש למשכב זכר, מנא ידעי, א"ר כהנא הושיבום על פי חביות של יין, בעולה ריחה נודף, בתולה אין ריחה נודף, ומקשים התם ולעברינהו לפני ציץ, אמר רב כהנא לרצון כתיב (שמות כ״ח:ל״ח) והיה על מצחו תמיד לרצון להם לפני ה', לרצון ולא לפורענות, אי הכי במדין נמי, א"ר אשי להם כתיב, להם לרצון ולא לפורענות, אבל לעו"א אפילו לפורענות.
Et si tu demandes et dis : d’où savaient-ils celles qui avaient connu un homme ? Ainsi ont-ils interprété : on les faisait passer devant le Tsits, et celle qui avait connu un homme avait le visage jaunissant, et c’est ce qu’ils ont dit : signe de transgression : l’hydropisie. Et ce châtiment venant par le Tsits ne concerne que les idolâtres, mais les filles d’Israël étaient éprouvées par des jarres, car ainsi ont interprété nos Sages, de mémoire bénie, dans Yevamot, chapitre « Haba ’al yevimto » (Juges 21,12) « et ils trouvèrent parmi les habitants de Yavesh-Gal’ad quatre cents jeunes filles vierges qui n’avaient pas connu d’homme par la couche d’un mâle » : comment le savaient-ils ? Rav Kahana dit : ils les firent asseoir à l’ouverture de jarres de vin ; celle qui a été connue, son odeur se répand ; la vierge, son odeur ne se répand pas. Et l’on objecte là-bas : et qu’on les fasse passer devant le Tsits ! Rav Kahana dit : « pour l’agrément » est écrit (Exode 28,38) « et il sera sur son front continuellement, pour leur agrément devant l’Éternel » : pour l’agrément et non pour le châtiment. S’il en est ainsi, à Midian aussi ? Rav Ashi dit : « pour eux » est écrit : pour eux, pour l’agrément et non pour le châtiment ; mais pour les idolâtres, même pour le châtiment.
ואתם חנו מחוץ למחנה. שלא יכנסו בעזרה, מפני הכבוד השוכן בתוכה.
« Et vous, campez hors du camp. » Pour qu’ils n’entrent pas dans le parvis, à cause de la Gloire qui y demeure.
כל הורג נפש. ונגע בו על ידי חבור חרב דומיא דנוגע, להוציא הזורק בו חץ והרגו שלא נטמא.
« Tout celui qui tue une personne. » Et l’a touchée par le contact d’une épée, à l’instar de « touche », à l’exclusion de celui qui a lancé sur lui une flèche et l’a tué, qui n’est pas impur.
תתחטאו. במי נדה כדין טמא מת, שאע"פ שהעכו"ם אינם מטמאים באהל מטמאים הם במגע ובמשא.
« Vous vous purifierez. » Avec les eaux de lustration selon la règle de l’impur par un mort, car bien que les idolâtres ne rendent pas impur sous une tente, ils rendent impur par contact et par portage.
אתם ושביכם. לכשיתגיירו ומקבלים טומאה צריכים הזאה.
« Vous et vos captifs. » Quand ils se convertiront et deviendront susceptibles de contracter l’impureté rituelle, ils ont besoin d’aspersion.
וכל מעשה עזים. כלים הנעשים מן הקרנים והטלפים והעצמות, הכל יהיה עמכם עד שתתחטאו.
« Et tout ouvrage provenant des chèvres. » Les ustensiles faits de cornes, de sabots et d’os : tout sera avec vous jusqu’à ce que vous vous soyez purifiés.
אך את הזהב. אע"פ שנטהרו הכלים מטומאת המת עדיין אתם צריכים ליזהר מגעולי עכו"ם להגעיל ולהפליט את הכלים מבליעות נבלות שלהם. ודרשו רז"ל לשון אך שיהיה המתכת כמות שהוא, מלמד שצריך להעביר החלודה שלו קודם שיגעילנו.
« Seulement l’or. » Bien que les ustensiles aient été purifiés de l’impureté du mort, vous avez encore à vous garder des substances interdites absorbées par les ustensiles des idolâtres : il faut les ébouillanter pour en faire sortir les résidus de leurs viandes non abattues rituellement. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété l’expression « akh » : que le métal soit comme il est ; cela enseigne qu’il faut enlever la rouille avant de l’ébouillanter.
כל דבר אשר יבא באש תעבירו באש. כדרך תשמישו תהא הגעלתו, אם תשמישו בחמין יגעילנו ברותחין, ואם תשמישו ע"י האש ממש כגון השפוד והאסכלה, מלבנו באור.
« Toute chose qui vient au feu, vous la ferez passer par le feu. » Selon la manière de son usage sera son ébouillantage : si son usage est avec de l’eau chaude, qu’on l’ébouillante avec de l’eau bouillante ; et si son usage est directement par le feu, comme la broche et le gril, qu’on le chauffe à blanc au feu.
אך במי נדה יתחטא. עוד צריך שתטהרנו מטומאתו ע"י מים של אפר פרה שנאמר בהם (במדבר יט) מי נדה לא זורק, עליו אע"פ שנטהר הכלי מבליעת אסור. ומכאן דרשו רז"ל שאפילו להכשירן מיד גוי ליד ישראל טעונין כלי מתכות טבילה אפילו בחדשים, ואפילו כלי כרס המחופין בעופרת. ומי נדה שכתוב כאן הן המים הראוין לטבול בהן את הנדה והן ארבעים סאה, וזהו שהוסיף כאן ואמר וטהר הוסיף הכתוב טהרה שניה.
« Mais avec les eaux de nidda il sera purifié. » Il faut en outre que tu le purifies de son impureté par les eaux de la cendre de la vache, dont il est dit (Nombres 19) « l’eau de lustration n’a pas été aspergée sur lui », bien que l’ustensile soit purifié de l’absorption de l’interdit. Et de là nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété que même pour les rendre aptes, de la main d’un non-Juif à la main d’un Israélite, les ustensiles de métal exigent l’immersion, même neufs, et même des ustensiles en terre cuite recouverts de plomb. Et les « eaux de nidda » écrites ici sont les eaux aptes à y immerger la niddah, et ce sont quarante se’a ; et c’est ce qu’il ajoute ici en disant « et sera pur » : l’Écriture ajoute une seconde purification.
וכל אשר לא יבא באש. שאין תשמישו ע"י האור כגון כוסות וצלוחיות וקיתוניות שתשמישם בצונן ולא בלעו אסור, תעבירו במים, מטבילן ודיו ודוקא כלי מתכות. ואמרו רז"ל לא אסרה תורה בכלי מדין קודם הגעלה ולבון אלא קדרה בת יומא, דהוי נותן טעם לשבח והוי איסור בליעה בכלל (דברים יד) לא תאכלו כל נבלה, דטעמו ולא ממשו אסור מן התורה אלא שאין לוקין עליו, אבל דלאו בת יומא דנותן טעם לפגם מדאורייתא שריא, דכתיב (שם) לא תאכלו כל נבלה לגר אשר בשעריך תתננה ואכלה, נבלה הראויה לגר קרויה נבלה ושאינה ראויה לגר אינה קרויה נבלה, ואפילו בממשו של איסור, ומדרבנן הוא דאסור לבשולי ביה לכתחלה ואפילו לאחר כמה שנים שבשל בה הגוי גזרה משום בת יומא, ואם עבר ובשל מותר באכילה דקי"ל דסתם כליהם של גוים אינם בחזקת בני יומין, וא"כ לא צוה הכתוב להכשיר כלי מדין מגעולי גוים אלא בידוע שהן בני יומן.
« Et tout ce qui ne vient pas au feu. » Dont l’usage n’est pas par le feu, comme coupes, fioles et cruches, dont l’usage est avec du froid, et qui n’ont pas absorbé d’interdit, « vous le ferez passer par l’eau » : on les immerge et cela suffit, et seulement les ustensiles de métal. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : la Torah n’a pas interdit les ustensiles de Midian avant l’ébouillantage et le chauffage à blanc, sauf une marmite « bat yoma » (utilisée dans les dernières vingt-quatre heures), car elle donne un goût pour l’amélioration, et l’interdit d’absorption rentre dans le principe (Deutéronome 14) « vous ne mangerez aucune charogne », car le goût de l’interdit, même sans sa substance, est interdit par la Torah, sauf qu’on ne reçoit pas de flagellation pour cela ; mais ce qui n’est pas « bat yoma », qui donne un goût de détérioration, est permis selon la Torah, car il est écrit (ibid.) « vous ne mangerez aucune charogne ; à l’étranger résident qui est dans tes portes tu la donneras et il la mangera » : une charogne apte à l’étranger résident est appelée charogne, et celle qui n’est pas apte à l’étranger résident n’est pas appelée charogne, et même dans la substance de l’interdit ; et c’est de par les Sages qu’il est interdit d’y cuire ab initio, et même après plusieurs années qu’un non-Juif y a cuit, décret à cause de « bat yoma » ; et s’il a transgressé et y a cuit, c’est permis à la consommation, car nous tenons que les ustensiles des non-Juifs dont l’usage est inconnu ne sont pas présumés avoir servi dans les dernières vingt-quatre heures ; et s’il en est ainsi, l’Écriture n’a commandé de rendre aptes les ustensiles de Midian, quant aux « ge’ouley goyim », que lorsqu’on sait qu’ils ont servi dans les dernières vingt-quatre heures.
ודע כי מה שהזכיר כאן במלחמת מדין הגעלת כליהם מאיסורי גוים ולא הזכיר כן במלחמת סיחון ועוג בכליהם, כי גם את שללם לקחו, כמו שאמר (שם ב) רק הבהמה בזזנו לנו ושלל הערים אשר לכדנו, טעם הדבר כי שם במלחמת סיחון ועוג היתה ארצם מנחלת ישראל, והותר להם כל שללם אפילו האסורין כענין שנאמר (שם ו) ובתים מלאים כל טוב, ודרשו רז"ל קדלי דחזירי אשתרו להו, אבל מדין לא היתה ארצם משלהם ולא לקחו את ארצם רק לנקום נקמתם הרגו אותן ולקחו כל שללם ולכך נהג איסור בכליהם.
Et sache que ce qu’il a mentionné ici, dans la guerre de Midian, l’ébouillantage de leurs ustensiles pour les interdits des nations, et n’a pas mentionné la même chose dans la guerre de Si’hon et Og pour leurs ustensiles, bien qu’ils aient aussi pris leur butin, comme il dit (Deutéronome 2) « seulement la bête nous pillâmes pour nous, et le butin des villes que nous avions prises », la raison est que là, dans la guerre de Si’hon et Og, leur pays était de l’héritage d’Israël, et tout leur butin leur fut permis, même les interdits, comme il est dit (ibid. 6) « et des maisons pleines de tout bien », et nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété : les nuques de porcs leur furent permises ; mais Midian, leur pays n’était pas à eux et ils n’ont pas pris leur pays, seulement pour exercer leur vengeance ils les ont tués et ont pris tout leur butin, et c’est pourquoi l’interdit s’appliqua à leurs ustensiles.
וכן בדין הטומאה שהזכירה עתה ואתם חנו מחוץ למחנה וגו', כי במלחמת סיחון ועוג היו כל ישראל וטומאה הותרה בצבור. גם המכס שהורם בכאן במלחמת מדין ונתן לכהנים הלוים משא"כ במלחמות סיחון ועוג, מן הטעם הזה בעצמו מפני שהיה השלל הזה מנקמת ה' בארץ לא להם, ועל כן היה ענין המכס הנתן לכהנים הלוים, אבל שם לא די שלא נתנו להם אבל הוזהרו שלא ליתן להם כלום, שנאמר (במדבר יח) וחלק לא יהיה לך בתוכם, אפילו בבזה, וכן כתב הרמב"ן ז"ל.
Et de même pour la règle de l’impureté qu’il a mentionnée maintenant, « et vous, campez hors du camp, etc. », car dans la guerre de Si’hon et Og tout Israël était présent et l’impureté est permise pour la communauté. Aussi le prélèvement qui a été fait ici dans la guerre de Midian et donné aux prêtres et aux Lévites, ce qui n’est pas le cas dans les guerres de Si’hon et Og, pour cette même raison, parce que ce butin provenait de la vengeance de l’Éternel sur un pays qui n’était pas à eux, et c’est pourquoi l’affaire du prélèvement fut donnée aux prêtres et aux Lévites ; mais là-bas, non seulement on ne leur donna pas, mais ils furent avertis de ne rien leur donner, car il est dit (Nombres 18) « et part il n’y aura pas pour toi parmi eux », même dans le butin ; et ainsi a écrit le Ramban, de mémoire bénie.
ואחר תבאו אל המחנה. זה מחנה שכינה, שהרי טמא מת לא היה משתלח ממחנה לויה, כל שכן ממחנה ישראל.
« Et après, vous entrerez dans le camp. » C’est le camp de la Présence, car un impur par un mort n’était pas expulsé du camp de Lévia, a fortiori du camp d’Israël.
שא את ראש מלקוח השבי. מלקוח הוא הבהמה והשבי הוא האדם, ושעורו מלקוח והשבי, כמו (חבקוק ג׳:י״א) שמש ירח. וראשי אבות העדה, הם הנשיאים.
« Fais le compte du total du butin des captifs (malqo’ah hashevi). » « Malqo’ah » est la bête et « hashevi » est l’homme, et son explication est « malqo’ah et hashevi », comme (Habaqouq 3,11) « soleil, lune ». « Et les chefs des pères de l’assemblée » : ce sont les princes.
וחצית את המלקוח. מלקוח שבכאן הוא שם כלל לאדם ולבהמה, וצוה הקב"ה שיחלקו הכל בין תופשי המלחמה ובין כל העדה, ושיתנו תופשי המלחמה מחלקם מכס לכהנים אחד מחמש המאות, ושישראל יתנו ללוים מכס מחלקם אחד מחמשים.
« Et tu partageras le butin (malqo’ah). » « Malqo’ah », ici, est un nom général pour l’homme et la bête, et le Saint, béni soit-Il, ordonna qu’on partage le tout entre ceux qui ont pris part à la guerre et toute l’assemblée, et que ceux qui ont pris part à la guerre donnent de leur part un prélèvement aux prêtres, un sur cinq cents, et qu’Israël donne aux Lévites un prélèvement de leur part, un sur cinquante.
ויהי המלקוח יתר הבז. שבא לכלל חלוקה ולכלל מכס חוץ מהמטלטלין וממה שאכלו. והזכיר מספרם כי היה מספר רב ולא שמענו שלל כמוהו וכן הזכיר המכס כי גם הוא רב. ומלת מכס כמו חלק, מלשון (שמות י״ב:ד׳) תכסו על השה.
« Et le butin (malqo’ah) fut le reste du pillage. » Ce qui entra dans le partage et dans le prélèvement, hormis les objets mobiles et ce qu’ils avaient mangé. Et il a mentionné leur nombre car le nombre était grand et nous n’avons pas entendu de butin comme lui, et de même il a mentionné le prélèvement car lui aussi est grand. Et le mot « mekhes » est comme « part », de l’expression (Exode 12,4) « vous compterez (takossu) sur l’agneau ».
ויקרבו אל משה הפקודים. כמו הפקידים, והם הממונים.
« Et les préposés (hapequdim) s’approchèrent de Moché. » Comme « hapequidim », et ce sont les responsables désignés.
עבדיך נשאו את ראש אנשי המלחמה אשר בידנו. ברשותנו. ולא נפקד ממנו איש. זה היה פלא עצום ומהנסים הגדולים שאירעו לישראל אירע להם בכאן במלחמת מדין, שהיו עם רב כחול אשר על שפת הים והרגו ישראל מהם ושבו מהם אלפים ורבבות והכתוב מעיד שלא חסר מישראל אחד במלחמה, זהו שאמר ולא נפקד ממנו איש, והנס הגדול הזה לפי שהיו שלמים בזכות והוא שדרשו רז"ל ולא נפקד ממנו איש, לדבר עבירה, אמר להן משה אם כן קרבן זה למה, אמרו לכפר עלינו מהרהור הלב.
« Tes serviteurs ont relevé le compte des hommes de guerre qui sont dans notre main. » Sous notre autorité. « Et il ne manque de nous aucun homme. » C’était un prodige énorme, l’un des grands miracles qui sont arrivés à Israël, arrivé ici dans la guerre de Midian : ils étaient un peuple nombreux comme le sable qui est sur la rive de la mer, et Israël en tua et en captura des milliers et des myriades, et l’Écriture atteste qu’il ne manqua pas un seul d’Israël dans la guerre, c’est ce qu’il dit « et il ne manque de nous aucun homme » ; et ce grand miracle est dû à ce qu’ils étaient intègres en mérite, et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété : « et il ne manque de nous aucun homme » : aucun n’a succombé à une transgression ; Moché leur dit : s’il en est ainsi, cette offrande, pourquoi ? Ils dirent : pour faire expiation pour nous de la pensée du cœur.
ונקרב את קרבן ה'. במחשבה או בפה, ומכאן שהקדש דמים קרוי קרבן. אצעדה, הוא כלי על הרגל שצועדין בו. וצמיד, הוא על הזרוע, וזהו (בראשית כ״ד:כ״ב) ושני צמידים על ידיה. טבעת, באצבע. עגיל, על האוזן. וכומז, דפוס של בית הרחם במקום זמה.
« Et nous approchons l’offrande de l’Éternel. » Par la pensée ou par la bouche, et de là que la consécration de la valeur monétaire d’un bien est appelée offrande. « Etsa’da » : c’est un objet sur la jambe avec lequel on marche. « Et tsamid » : sur le bras, et c’est (Genèse 24,22) « et deux bracelets sur ses mains ». « Tabba’at » : au doigt. « ’Agil » : sur l’oreille. « Et koumaz » : ornement ayant la forme du sexe féminin, porté à l’endroit des rapports sexuels.
ויקח משה ואלעזר הכהן את הזהב מאתם כל כלי מעשה. למדך הכתוב שלא היה בהן כלי שבור, והביאהו אל אהל מועד לכלי שרת לזכרון לפני ה'.
« Et Moché et Elazar le prêtre prirent l’or d’eux, tout ustensile travaillé. » L’Écriture t’a enseigné qu’il n’y avait parmi eux aucun ustensile brisé ; « et ils l’amenèrent à la tente d’assignation », pour les ustensiles de service, « en mémorial devant l’Éternel ».
ומקנה רב היה לבני ראובן ולבני גד. הזכיר תחלה בני הגבירה ואח"כ בני השפחה.
« Et un bétail nombreux avaient les fils de Réouven et les fils de Gad. » Il a d’abord mentionné les fils de la maîtresse, puis les fils de la servante.
ויבואו בני גד. הם היו בעלי העצה תחלה לכך קדמם הכתוב. ועוד שהיו בעלי גבורה יותר מבני ראובן כענין שכתוב (דברים ל״ג:כ׳) וטרף זרוע וגו', ולא היו מתפחדים מאנשי הארץ לשבת במקומות אלו אע"פ שהיו רחוקים משאר השבטים שהיו מקובצים בארץ הקדושה.
« Et les fils de Gad vinrent. » Ils étaient les auteurs du conseil au début, c’est pourquoi l’Écriture les a mis en avant. Et de plus, ils avaient plus de vaillance que les fils de Réouven, comme il est écrit (Deutéronome 33,20) « et il déchire le bras, etc. », et ils ne craignaient pas les gens du pays pour s’établir en ces lieux, bien qu’ils fussent éloignés des autres tribus, qui étaient rassemblées dans la Terre sainte.
ובמדרש ומקנה רב העושר כשבא מן השמים הוא מתקיים וכשאינו בא מן השמים אינו מתקיים, שני עשירים עמדו בעולם קרח מישראל והמן מאומות העולם ושניהם אבדו מן העולם, שלא היתה מתנתם מן השמים שהיו חוטפין אותה להם. וכן אתה מוצא בבני גד ובבני ראובן שהיו עשירים הרבה והיה להם מקנה רב וחבבו את ממונם וישבו להם חוצה לארץ והפרישו עצמן מאחיהם בשביל קנינם, לפיכך גלו תחלה מכל השבטים, שנאמר (דברי הימים א ה׳:כ״ו) ויגלם לראובני ולגדי ולחצי שבט המנשי.
Et dans le Midrash : « un bétail nombreux » : la richesse qui vient du ciel subsiste, et celle qui ne vient pas du ciel ne subsiste pas. Deux riches se sont levés dans le monde, Qorah d’Israël et Haman des nations du monde, et tous deux ont disparu du monde, car leur don ne venait pas du ciel, puisqu’ils s’en étaient emparés. Et ainsi tu trouves pour les fils de Gad et les fils de Réouven : ils étaient très riches et avaient un bétail nombreux, et ils aimèrent leur argent et s’établirent hors du pays et se séparèrent de leurs frères à cause de leur acquisition ; c’est pourquoi ils furent exilés les premiers de toutes les tribus, car il est dit (I Chroniques 5,26) « et il les exila, le Réoubénite, le Gadite et la demi-tribu de Menashé ».
זה שאמר הכתוב (תהילים ע״ה:ז׳) כי לא ממוצא וממערב ולא ממדבר הרים, לא ממה שאדם יוצא ועמל בסחורה והולך ממזרח למערב עושה עושר, ולא ממה שהוא מחזר על המדברות הוא מתרומם, זהו ולא ממדבר הרים, וכל הרים טוריא חוץ מזה שהוא לשון רוממות, אלא מה הקב"ה עושה נוטל ממונו של זה ונותן לזה, שנאמר (שם) כי אלהים שופט זה ישפיל וזה ירים, ולמה נקרא שמם נכסים שנכסים מזה ונגלים לזה, וכן אמרה חנה (שמואל א ב׳:ז׳) ה' מוריש ומעשיר משפיל אף מרומם, באף שהוא מביא לזה מרומם את זה, לכך נאמר ומקנה רב.
C’est ce que dit l’Écriture (Psaumes 75,7) « car ni de l’orient, ni de l’occident, ni du désert des montagnes » : non de ce que l’homme sort et peine dans le commerce et va de l’est à l’ouest fait fortune, et non de ce qu’il parcourt les déserts il s’élève ; c’est « ni du désert des montagnes (harim) » — et toutes les « harim » sont des montagnes, sauf celle-ci, qui est une expression d’élévation — mais que fait le Saint, béni soit-Il ? Il prend l’argent de celui-ci et le donne à celui-là, car il est dit (ibid.) « car Dieu est juge : celui-ci Il abaisse et celui-là Il élève » ; et pourquoi leur nom est-il « nekhassim » ? Parce qu’ils sont cachés chez celui-ci et révélés chez celui-là ; et ainsi dit ’Hanna (I Samuel 2,7) « l’Éternel appauvrit et enrichit, abaisse et aussi élève » : par la colère (af) qu’Il fait subir à celui-ci, Il élève celui-là ; c’est pourquoi il est dit « et un bétail nombreux ».
זה שאמר הכתוב (קהלת י׳:ב׳) לב חכם לימינו ולב כסיל לשמאלו, אלו בני ראובן ובני גד שעשו את העקר טפל והטפל עקר, למה שחבבו את נכסיהם יותר מן הנפשות, חייכם אין בו ברכה, שנאמר (משלי כ׳:כ״א) נחלה מבהלת בראשונה ואחריתה לא תבורך, לכך נאמר (שם כג) אל תיגע להעשר מבינתך חדל, ואיזהו עשיר השמח בחלקו שנאמר (תהילים קכ״ח:ב׳) יגיע כפיך כי תאכל אשריך וטוב לך, עד כאן.
C’est ce que dit l’Écriture (Ecclésiaste 10,2) « le cœur du sage est à sa droite, et le cœur de l’insensé est à sa gauche » : ce sont les fils de Réouven et les fils de Gad, qui firent de l’essentiel l’accessoire et de l’accessoire l’essentiel, parce qu’ils aimèrent leurs biens plus que les âmes ; par votre vie, cela ne porte aucune bénédiction, car il est dit (Proverbes 20,21) « un héritage hâtivement acquis au commencement, sa fin ne sera pas bénie » ; c’est pourquoi il est dit (ibid. 23) « ne te fatigue pas à t’enrichir, cesse, d’après ton intelligence » ; et qui est riche ? Celui qui est heureux de son lot, car il est dit (Psaumes 128,2) « le travail de tes mains quand tu mangeras, heureux es-tu et bien pour toi ». Jusqu’ici.
עטרות ודיבון. מארץ סיחון מלך האמורי היו, ויש מהן מקומות של ע"ז שהאמוריים עובדין שם, והם נבו ובעל מעון, וכענין שכתוב (ישעיהו מ״ו:א׳) כרע בל קרס נבו. ותרגם אונקלוס הפסוק הזה מכללתא ומלבשתא וכומרין ובי נמרי ובי חושבנא ובעיל דיבון וסיען ובי קבורא דמשה ובעון. הזכיר בקצתם לשון בי כי כן לשון רז"ל בתלמוד שקורין כן המקומות של ע"ז, כגון בי נצרפי בי אבידן בי דודבי עבדא דבי נורא. ובני ראובן כשבנו את אלו קראו אותן בשמות אחרים, וזהו שכתוב (להלן לח) מוסבות שם, כי שנו את שמם להקרא בשם אחר למען לא יזכר שם ע"ז.
« ’Atarot et Divon. » Elles étaient du pays de Si’hon, roi de l’Amorite, et parmi elles il y a des lieux d’idolâtrie où les Amorites adorent, et ce sont Nevo et Ba’al Me’on, et comme il est écrit (Isaïe 46,1) « Bel s’est affaissé, Nevo s’est courbé ». Et Onqelos a traduit ce verset : « mekhalleta », « malbeshta », « koumrin », « bei nimri », « bei ’hoshbana », « Be’il Divon », « si’an », « bei qevora de-Moshe » et « Be’on ». Il a mentionné pour certains l’expression « bei », car ainsi est la langue de nos Sages, de mémoire bénie, dans le Talmud, qui appellent ainsi les lieux d’idolâtrie, par exemple « Bei Nitsrefei », « Bei Avidan », « Bei Doudbei ’Avda de-Bei Noura ». Et les fils de Réouven, quand ils bâtirent ceux-ci, les appelèrent d’autres noms, et c’est ce qui est écrit (plus loin 38) « leurs noms ayant été changés », car ils changèrent leur nom afin d’être appelés d’un autre nom pour que ne soit pas mentionné le nom de l’idolâtrie.
ולכך אמרו רז"ל בברכות לעולם ישלים אדם פרשיותיו עם הצבור שנים מקרא ואחד תרגום ואפילו עטרות ודיבון, הזכיר הכתוב הזה לפי שיש בהן שמות של ע"ז, שלא תאמר כיון שהתרגום הוא פירוש הכתוב אין לנו לתרגם הפסוק הזה כי יש בו זכרון ע"ז, ועל כן באו החכמים לומר שאף בפסוק הזה ראוי להזכירו שלא להקל בו.
Et c’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans Berakhot : que l’homme complète toujours ses sections avec la communauté : deux fois le texte et une fois le targoum, même « ’Atarot et Divon ». Il a mentionné ce verset parce qu’il comporte des noms d’idolâtrie, afin que tu ne dises pas : puisque le targoum est l’explication du verset, nous n’avons pas à traduire ce verset, car il comporte une mention d’idolâtrie ; et c’est pourquoi les Sages sont venus dire que même ce verset convient d’être mentionné, afin de ne pas être léger à son égard.
וצריך שתתבונן כי עוד יש בבנין ערים אלו ובשמותן ענין נסתר, והכתוב הזה יבאר בתחתונים וירמוז בעליונים בשמות הבנין העליון, ותמצא בפסוק זה תשעה שמות כנגד תשעה ויאמר שבבראשית, כי העשירי אין לו להזכירו כי הוא אין, ועל כן הוצרכו לומר בראשית נמי מאמר הוא. ובפסוק זה יש בו התעוררות אל אצילות המאמרות שבהן נברא העולם שהן נחלקות לשלש שלש, וזהו סוד המשנה סדר תקיעות שלש של שלש שלש.
Et il faut que tu examines qu’il y a encore dans la construction de ces villes et dans leurs noms une affaire cachée, et ce verset éclaire en bas et fait allusion en haut dans les noms de la construction d’en haut, et tu trouveras dans ce verset neuf noms, en correspondance avec les neuf « et Il dit » de la Genèse, car le dixième, il n’y a pas à le mentionner, car c’est « ayin » (rien), et c’est pourquoi ils ont dû dire que « bereshit » aussi est un dire. Et dans ce verset il y a un éveil vers l’émanation des dires par lesquels le monde fut créé, qui se divisent par trois et trois, et c’est le secret de la Mishna : ordre des sonneries, trois séries de trois chacune.
ומה שהביאו לנו חכמי האמת ראיה מפסוק זה שישלים אדם פרשיותיו עם הצבור שנים מקרא ואחד תרגום, הכונה לשלש הכתוב ולקרותו שלש פעמים להתבונן באותן שלש מעלות שבבנין הנחלקות לשלש שלש, ואפילו עטרות ודיבון, לבאר כי אפילו פסוק המורה על שמות הערים ואין בו צורך גדול כל כך לפי העולה בתחלת המחשבה, תמצא בו ענין גדול ועקר שהכל תלוי בו, לפי שכל התורה כלה קשר אחד ובנין אחד, ואין הפרש בין פרשת אלופי עשו ובין עטרות ודיבון והדומה להם ובין עשרת הדברות, כי הכל מעיקר אחד וממוצא אחד, ומימיו מן המקדש המה יוצאים וכלן נתנו מרועה אחד.
Et ce que les sages de la vérité nous ont apporté comme preuve à partir de ce verset, que l’homme complète toujours ses sections avec la communauté, deux fois le texte et une fois le targoum, l’intention est de tripler le verset et de le lire trois fois pour contempler ces trois niveaux de la construction qui se divisent par trois et trois, et « même ’Atarot et Divon », pour expliquer que même un verset qui indique des noms de villes et n’a pas un besoin aussi grand selon ce qui monte au début de la pensée, tu trouveras en lui une grande affaire et un principe dont tout dépend, car toute la Torah est un seul lien et une seule construction, et il n’y a pas de différence entre la section des chefs d’Essav, et ’Atarot et Divon et les semblables, et les dix paroles, car tout vient d’un seul principe et d’une seule source, et ses eaux sortent du Sanctuaire, et tous furent donnés par un seul Berger.
וזהו באור הכתוב עטרות ודיבון ויעזר ונמרה וחשבון ואלעלה ושבם ונבו ובעון. עטרות עטרת כתיב. ודיבון הוא הנהר היוצא מעדן שאינו פוסק, לשון (תהילים ע״ח:כ׳) הכה צור ויזובו מים, ויש בו רמז לשבעים ושתים שמות, ודיבן כתיב.
Et voici l’explication du verset : « ’Atarot et Divon et Ya’zer et Nimra et ’Heshbon et El’ale et Sevam et Nevo et Be’on ». « ’Atarot » : le mot est écrit עטרת, sans les vav. « Et Divon » : c’est le fleuve qui sort d’Éden et ne cesse pas, de l’expression (Psaumes 78,20) « il frappa le rocher et des eaux jaillirent (yazouvou) », et il y a en lui une allusion aux soixante-douze noms ; et le mot est écrit דיבן, sans vav.
ויעזר הוא ההוד, שכן כתיב (שם עט) עזרנו אלהי ישענו על דבר כבוד שמך, וכתיב (שם קמה) הדר כבוד הודך, והוא שוק שמאל, ולכך יצטרך האדם עזר ממנו ונמרה זה הנצח, והוא נוטריקון ימין ה' רוממה, והוא שוק ימין, על שם שנאמר (שם טז) נעימות בימינך נצח, וחשבון זה יעקב, הוא שכתוב (ישעיהו מ״ט:ג׳) ישראל אשר בך אתפאר, והוא שם יהו"ה במספר חשבו"ן.
« Ya’zer » : c’est le Hod, car il est écrit (Psaumes 79,9) « aide-nous, Dieu de notre salut, pour la parole de la gloire de ton nom », et il est écrit (ibid. 145) « la splendeur de la gloire de ton Hod », et c’est la jambe gauche, et c’est pourquoi l’homme aura besoin d’aide (ezer) de lui. « Nimra » : c’est le Netsa’h, et c’est un notarikon : « yemin Adonaï romema » (la droite de l’Éternel s’est élevée), et c’est la jambe droite, d’après ce qui est dit (ibid. 16) « des délices à ta droite à jamais (netsa’h) ». « ’Heshbon » : c’est Yaaqov, c’est ce qui est écrit (Isaïe 49,3) « Israël en qui je me glorifierai », et c’est le Nom Havaya en nombre « ’Heshbon ».
ואלעלה זה יצחק, שהוא עולה תמימה, וזהו לשון ואלעלה עולה לאל, ולרמוז על מדתו נכתב בה"א כי בפרשה זו בעצמה נכתב אלעלא באל"ף, וכן נרמז במקום אחר ישחק בשי"ן, לרמוז על מדתו שהוא האש הגדולה. ושבם זה אברהם, והוא נוטריקון אברם סבא. ונבו זה הבינה. ובעון זה החכמה, והפך אותיותיו נובע, ובעון כתיב מלשון מקור נובע, ועוד מלשון מעון מעונה, שהוא רמז אל החכמה, ומזה תמצא במקום אחר בפרשה זו עצמה שחזר וקראה מעון, הוא שכתוב ואת נבו ואת בעל מעון. והא לך כי שמות אלו מורים על ענינים גדולים עקריים, נראים מקריים בתחלת העיון.
« El’ale » : c’est Yits’haq, qui est une offrande parfaite, et c’est l’expression « El’ale » : offrande montante pour Dieu ; et pour faire allusion à son attribut, il est écrit avec hé, car dans cette même section est écrit « El’ala » avec alef, et de même il est suggéré ailleurs « Yishaq » avec shin, pour faire allusion à son attribut, qui est le grand feu. « Sevam » : c’est Avraham, et c’est un notarikon : « Avram Saba ». « Nevo » : c’est la Bina. « Be’on » : c’est la ’Hokhma, et ses lettres intervertissent : « nove’a » ; et « Be’on » est écrit de l’expression « maqor nove’a » (source jaillissante), et de plus de l’expression « ma’on » (demeure) : « me’ouna », qui est une allusion à la ’Hokhma ; et de là tu trouves ailleurs dans cette même section qu’il l’a de nouveau appelée « Me’on » : c’est ce qui est écrit « et Nevo et Ba’al Me’on ». Et voici que ces noms indiquent de grandes affaires essentielles, qui paraissent accidentelles au début de l’examen.
והוצרך הכתוב לרמוז האצילות בשמות הערים האלה שהם חלק סיחון ועוג ללמדנו שהיו עובדים ע"ז בקצוץ נטיעות, כדור הפלגה שאמרו (בראשית יד) ונעשה לנו שם, והם היו תולדותיו של קין, וכנה הכח שהחטיא לאדם בקצוץ נטיעות, ולכך בני גד ובני ראובן כאשר ידעו זה הסבו שמות הערים לשמות אחרים ורצו להתישב בהם ולעבוד שם הקב"ה וליחד אותו תחת הקצוץ שהיו הם מקצצין, וז"ש אם מצאנו חן בעיניך יותן את הארץ הזאת לעבדיך לאחוזה, כלומר כיון שתכלית הכוונה בבאי הארץ היא העבודה והיחוד גם בכאן נוכל ליחד את השם, ואם נעבור את הירדן יבאו עמים מן הקצוות לשמע הארץ שהיא ארץ מקנה וירצו להבנות בה ויחזרו לעבוד שם ע"ז בקצוץ נטיעות כמנהג שהיה שם בתחלה, ולכך יותן את הארץ הזאת לעבדיך לאחוזה, נהיה סבה לבטל ע"ז וליחד השם יתברך.
Et l’Écriture a dû faire allusion à l’émanation dans les noms de ces villes, qui sont la part de Si’hon et Og, pour nous enseigner qu’ils pratiquaient l’idolâtrie par la coupure des plantations, comme la génération de la dispersion qui dirent (Genèse 11) « faisons-nous un nom », et ils étaient les descendants de Qayin, et l’on a désigné la force qui fit faillir l’homme par la coupure des plantations ; et c’est pourquoi les fils de Gad et les fils de Réouven, quand ils surent cela, changèrent les noms des villes pour d’autres noms, et voulurent s’y établir, y servir le Saint, béni soit-Il, et proclamer Son unité à la place de la séparation que les anciens habitants pratiquaient, et c’est ce que dit « si nous avons trouvé grâce à tes yeux, que ce pays soit donné à tes serviteurs en possession » : c’est-à-dire que, puisque le but de l’intention chez ceux qui entrent dans le pays est le service et l’unification, ici aussi nous pouvons unifier le Nom ; et si nous traversons le Jourdain, des peuples viendront des extrémités en entendant que le pays est un pays de bétail, et voudront y bâtir, et ils reviendront y servir l’idolâtrie par la coupure des plantations, selon la coutume qui y était au début ; c’est pourquoi « que ce pays soit donné à tes serviteurs en possession » : nous serons cause d’annuler l’idolâtrie et d’unifier le Nom, qu’Il soit béni.
בלתי כלב בן יפונה הקנזי. דרשו רז"ל חורגו של קנז היה וילדה לו אמו של כלב את עתניאל.
« Sauf Kalev fils de Yefounné le Qenizzite. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété : il était le beau-fils de Qenaz, et la mère de Kalev enfanta pour lui ’Otniel.
כאשר אדוני דובר. וכתיב את אשר דבר ה' אל עבדיך כן נעשה, כלומר כי דברי משה הם דברי ה', כי הוא כלי לרוח הקדש מוכן לנבואה בכל עת ובכל שעה, ודבריו דברי השם הם. או אולי שקראו את משה בשמו של מלך, כי כן נקרא במקום אחר בשמו, והוא שדרשו רז"ל (שמות לג) והיה כל מבקש ה', מבקש משה אין כתיב כאן אלא מבקש ה', כי הדבק נקרא על שם מי שהוא דבק בו, ומטעם זה נקראו הנביאים והמלאכים בשם המיוחד בכמה פסוקים מן התורה, וכבר הזכרתי זה פעמים.
« Comme mon seigneur parle. » Et il est écrit « ce que l’Éternel a dit à tes serviteurs, ainsi nous ferons » : c’est-à-dire que les paroles de Moché sont les paroles de l’Éternel, car il est un instrument de l’Esprit saint, prêt à la prophétie en tout temps et à toute heure, et ses paroles sont les paroles du Nom. Ou bien peut-être qu’ils ont appelé Moché du nom du Roi, car ainsi est-il appelé ailleurs de son nom, et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété (Exode 33) « et il y aura que quiconque cherche l’Éternel » : il n’est pas écrit « quiconque cherche Moché », mais « quiconque cherche l’Éternel », car l’attaché est appelé du nom de celui auquel il est attaché, et pour cette raison les prophètes et les anges sont appelés du Nom propre dans plusieurs versets de la Torah, et j’ai déjà mentionné cela plusieurs fois.
נחנו נעבור חלוצים לפני ה'. היה לו לומר אנחנו, אבל מפני שהיו בני גד בעלי הכח והגבורה בכל המקומות לטרוף טרף האויבים, ושבחו עצמם בלשון חלוצים לפני ה', לכך המעיטו עצמם בלשון נחנו, דרך ענוה ושפלה, כלשון (שמות טז) ונחנו מה, זה אפשר לומר בדרך הפשט.
« Nous, nous passerons équipés devant l’Éternel. » Il aurait dû dire « anah’nou », mais parce que les fils de Gad étaient dotés de la force et de la vaillance en tous lieux pour déchirer la proie des ennemis, et qu’ils se sont loués eux-mêmes par l’expression « équipés devant l’Éternel », c’est pourquoi ils se sont diminués par l’expression « nah’nou », par voie d’humilité et d’abaissement, comme l’expression (Exode 16) « et nous, qu’est-ce ? » ; cela, on peut le dire selon le peshat.
אמנם קבלנו כי התחלת פסוק זה בנו"ן היה בכוונה, כפסוק שאמר ירמיה (איכה ג׳:מ״ב) נחנו פשענו ומרינו, כי שם הוצרך לאות נו"ן מפני האלפ"א בית"א, וכן בכאן הוצרך להתחיל בנו"ן כי אחד עשר פסוקים הם במקרא שמתחילין בנו"ן ומסיימין בנו"ן וזה אחד מהם, וא"כ לא היה יכול לומר אנחנו והוצרך לכתוב נחנו. וידוע כי שם המפורש יוצא מאחד עשר פסוקים אלו והוא משלש עשרה אותיות, ואם תזכיר הפסוקים עם השם היוצא מהם לא תירא מפחד כי הוא השם המועיל לפחד.
Cependant nous avons reçu que le début de ce verset par noun était intentionnel, comme le verset de Yirmeyahou (Lamentations 3,42) « nah’nou fasha’nou oumarinou », car là il a fallu la lettre noun à cause de l’acrostiche alphabétique, et de même ici il a fallu commencer par noun, car il y a onze versets dans la Bible qui commencent par noun et finissent par noun, et celui-ci est l’un d’eux ; et s’il en est ainsi, il ne pouvait pas dire « anah’nou » et il a fallu écrire « nah’nou ». Et il est connu que le Nom explicite sort de ces onze versets, et il est de treize lettres, et si tu mentionnes les versets avec le Nom qui en sort, tu ne craindras pas de peur, car c’est le Nom utile contre la peur.
והנה בני גד לא היו מתפחדים לשבת במקומות אלו מעבר לירדן מזרחה מפני האומות אשר סביבותיהם אע"פ שהיו רחוקין מאחיהם שאר השבטים, כי היו מזוינים בשני מיני כלי זיין, בכח הגוף ובכח הזכות, ולשון חלוצים לפני ה' יכלול את שניהם, ועל זה אמרו ואתנו אחוזת נחלתנו מעבר לירדן, כלומר אע"פ שאתנו אחוזת נחלתינו מעבר לירדן לא נירא מהם כי אנחנו חלוצים לפני ה'. וכן ביהושע כתיב (יהושע ו׳:ט׳) והחלוץ עובר לפניהם, ודרשו רז"ל אלו בני גד ובני ראובן שקיימו תנאם, כי היו בוטחים בגבורתם וכחם בזכות המצוה שבידם, וכענין שדרשו רז"ל (דברים ל״ג:כ׳) וטרף זרוע, בזכות תפלין שבזרוע, אף קדקד בזכות תפלין שבראש.
Et voici que les fils de Gad ne craignaient pas de s’établir en ces lieux de l’autre côté du Jourdain, à l’est, à cause des nations qui les entouraient, bien qu’ils fussent éloignés de leurs frères, les autres tribus, car ils étaient armés de deux sortes d’armes : la force du corps et la force du mérite ; et l’expression « équipés devant l’Éternel » inclut les deux, et c’est à ce sujet qu’ils dirent « et avec nous la possession de notre héritage de l’autre côté du Jourdain », c’est-à-dire : bien que nous ayons notre possession d’héritage de l’autre côté du Jourdain, nous ne les craindrons pas, car nous sommes équipés devant l’Éternel. Et de même dans Josué il est écrit (Josué 6,9) « et l’avant-garde passait devant eux », et nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété : ce sont les fils de Gad et les fils de Réouven qui ont tenu leur condition, car ils se fiaient à leur vaillance et à leur force par le mérite du commandement qu’ils avaient en main ; et comme l’ont interprété nos Sages, de mémoire bénie (Deutéronome 33,20) « et il déchire le bras » : par le mérite des tefilin qui sont au bras, « aussi la tête » : par le mérite des tefilin qui sont sur la tête.
ויקרא לה נבח בשמו. הה"א רפה. ואמר במדרש רות לפי שלא עמד לה אותו השם, כלומר כאלו הוא משמש לא באל"ף, וכמוהו לבנות לה בית בארץ שנער, לה ברפה, כי הנביא היה שואל (זכריה ה׳:י״א) אנה המה מוליכות את האיפה, ותרגם יונתן לאן מגלן ית עמא דהוו נסבין ויהבין במכלתא דשקרא, והמלאך השיב לו לבנות לה בית בארץ שנער, ואמר זה על קצת יהודה ובנימין שנתעכבו בבבל ולא רצו לעלות לירושלים אפילו לאחר שהותחל בנין הבית, ולכך לא נכתב לבנות לה במפיק לפי שאין קיום לשקר, ולא תשועה למי שאינו הולך בדרך ה'.
« Et il l’appela Novah de son nom. » Le hé est sans mappiq. Et il a dit dans le Midrash Routh : parce que ce nom ne subsista pas pour elle, c’est-à-dire comme s’il était employé comme לא (lo, « non »), écrit avec alef ; et de même (Zacharie 5,11) « pour lui bâtir une maison dans le pays de Shin’ar » : « lah » avec le hé faible, car le prophète demandait (ibid.) « où ces deux-là portent-elles l’épha ? », et Yonatan a traduit : « le’an megalan yat ’ama de-havou nasvin vi-yahvin bemakhlata de-sheqra » (où exilent-elles le peuple qui prenait et donnait avec une mesure de mensonge) ; et l’ange lui répondit « pour lui bâtir une maison dans le pays de Shin’ar », et il a dit cela à propos d’une partie de Yehouda et de Binyamin qui s’attardèrent à Babel et ne voulurent pas monter à Yeroushalayim, même après que la construction du Temple fut commencée ; et c’est pourquoi « livnot lah » n’est pas écrit avec mappiq, parce que le mensonge n’a pas de durée, ni de salut pour celui qui ne va pas dans la voie de l’Éternel.
וכן אמר שלמה המלך ע"ה (משלי י״ב:י״ט) שפת אמת תכון לעד ועד ארגיעה לשון שקר, יאמר כי הדברים שהם אמת קיימין לעד, אבל השקר אין לו קיום אלא רגע לפי שעה כי מיד יבחן וימצא שהוא שקר, ולכך יתחייב האדם שישנא השקר ושיאהב האמת, כענין שאמר הנביא ע"ה (זכריה ח׳:י״ט) והאמת והשלום אהבו.
Et de même le roi Shelomo, que la paix soit sur lui, a dit (Proverbes 12,19) « la lèvre de vérité est établie pour toujours, et seulement un instant la langue de mensonge » ; il dira que les paroles qui sont vérité subsistent pour toujours, mais le mensonge n’a de durée qu’un instant, pour un moment, car aussitôt il est examiné et l’on trouve que c’est un mensonge ; et c’est pourquoi l’homme est tenu de haïr le mensonge et d’aimer la vérité, comme l’a dit le prophète, que la paix soit sur lui (Zacharie 8,19) « et la vérité et la paix, aimez ».