Vayikra 1:1 · commentaire 1
עקב ענוה יראת ה' עושר וכבוד וחיים (משלי כב, ד)
« La récompense de l’humilité est la crainte de l’Éternel, la richesse, l’honneur et la vie. » (Proverbes 22,4)
Vayikra · RABBÉNOU BÉ’HAYÉ
Vayikra 1:1–5:26 · 91 entrées de commentaire
Les difficultés connues restent signalées dans les notes. Les introductions se trouvent au début de leur paracha et font partie de la première montée.
עקב ענוה יראת ה' עושר וכבוד וחיים (משלי כב, ד)
« La récompense de l’humilité est la crainte de l’Éternel, la richesse, l’honneur et la vie. » (Proverbes 22,4)
שלמה המלך ע"ה הודיענו בפסוק הזה (משלי כב) שבמדת הענוה יש כמה מעלות טובות נקשרות עמה, וע"ד הפשט באור הכתוב כי השכר והתועלת המגיע מן הענוה בעוה"ז הוא ארבעה דברים והן יראה ועושר וכבוד וחיים, כי מדת הענוה היא מדה גופנית בחברת הבריות והוא שיהיה האדם ביישן וסבלן מכבד הבריות ומדבר בטובתן ויהיה שומע עלבונו ושותק, ומתוך המדה הזאת הגופנית יעלה האדם למדת היראה שהיא מדה שכלית ויבא גם כן לידי עושר, כי בעל הענוה הוא שמח בחלקו, וידוע כי הון עתק ימעט בעיני האדם עם הגאוה ויספיק לו מעט עם הענוה,
Shelomo le roi, que la paix soit sur lui, nous a appris par ce verset (Proverbes 22) que dans l’attribut d’humilité il y a plusieurs belles qualités qui lui sont attachées. Et selon le sens simple, voici l’explication du verset : la récompense et le profit qui viennent de l’humilité dans ce monde sont quatre choses, qui sont la crainte, la richesse, l’honneur et la vie. Car l’attribut d’humilité est un attribut corporel dans la société des gens : que l’homme soit réservé et patient, qu’il honore les gens et parle en leur faveur, qu’il entende son affront et se taise ; et à partir de cet attribut corporel, l’homme s’élèvera à l’attribut de la crainte, qui est un attribut intellectuel, et il arrivera aussi à la richesse, car l’homme humble se réjouit de son lot ; or il est connu qu’une grande fortune paraît peu aux yeux de l’homme avec l’orgueil, et qu’un peu lui suffit avec l’humilité,
וכיון שהוא מסתפק במועט ואיננו מתאוה אל היתרונות והוא שמח בחלקו הנה זה עושר, וכמו שדרשו רז"ל איזהו עשיר השמח בחלקו, ויבא גם כן לידי כבוד כי כשהוא נמנע מהתאוות והוא שפל רוח ושיספיק לו מה שעלה לחלקו הנה זה לו כבוד, והוא שכתוב (משלי כ״ט:כ״ג) ושפל רוח יתמוך כבוד, וכתיב (שם יח) ולפני כבוד ענוה, כי מי שיש לו כבוד מדת הענוה קדמה לו כבר, ויבא לידי חיים כי המתאוה אל היתרונות הנה הוא דואג כאשר לא יעשיר ולא יקום חילו כתאות נפשו וחייו חיי צער על שלא השיג כל חפצו, והדאגה מקצרת החיים נמצא מצטער על עולם שאינו שלו, אבל השמח בחלקו לא ידאג על מה שלא קנה וימלט מן הדאגה ויחיה חיי שלוה.
et puisqu’il se contente de peu, ne désire pas le superflu et se réjouit de son lot, voilà la richesse, comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : « Qui est riche ? Celui qui se réjouit de son lot. » Il arrivera aussi à l’honneur, car lorsqu’il s’abstient des désirs, qu’il est humble d’esprit et que ce qui lui est échu lui suffit, voilà pour lui l’honneur, et c’est ce qui est écrit (Proverbes 29,23) « et l’humble d’esprit obtiendra l’honneur », et il est écrit (ibid. 18) « et avant l’honneur, l’humilité », car celui qui a l’honneur, l’attribut d’humilité l’a déjà précédé. Et il arrivera à la vie, car celui qui désire le superflu s’inquiète lorsqu’il ne s’enrichit pas et que sa fortune ne grandit pas selon le désir de son âme, et sa vie est une vie de peine de n’avoir pas atteint tout son désir ; or l’inquiétude abrège la vie, de sorte qu’il se tourmente pour un monde qui n’est pas le sien. Mais celui qui se réjouit de son lot ne s’inquiète pas de ce qu’il n’a pas acquis, il échappe à l’inquiétude et vit une vie tranquille.
וע"ד המדרש עקב ענוה יראת ה' מה שעשתה חכמה עטרה לראשה עשתה ענוה עקב לסוליתה דכתיב (תהילים קי״א:י׳) ראשית חכמה יראת ה' וכתיב (משלי כ״ב:ד׳) עקב ענוה יראת ה', עשו מלת עקב מלשון עקב ולמדנו מזה כי מדת הענוה גדולה מן החכמה, כי היראה שהיא בראש החכמה הלא היא עקב לרגלי הענוה, וידוע כי לכל מדה שבמדות יש שתי קצוות קצה ראשון וקצה אחרון, ועוד יש שלישי והוא המצוע, ומדת הענוה היא ממוצעת כי היא אמצעית בין הקצה הראשון שהוא הגאוה והקצה השני שהוא השפלות, והנה המצוע בכל המדות הוא הדבר הבינוני והטוב לאדם שיבור לו ושיתנהג בו ושלא יטה לאחד מהקצוות שהוא דבר רע ומר,
Et selon le Midrash : « Le talon de l’humilité est la crainte de l’Éternel » : ce que la sagesse a fait en couronne pour sa tête, l’humilité l’a fait en talon pour sa semelle, car il est écrit (Psaumes 111,10) « le commencement de la sagesse est la crainte de l’Éternel », et il est écrit (Proverbes 22,4) « le talon de l’humilité est la crainte de l’Éternel ». Ils ont fait du mot ekev l’expression du talon (aqev), et nous apprenons de là que l’attribut d’humilité est plus grand que la sagesse, car la crainte, qui est au commencement de la sagesse, n’est-elle pas le talon aux pieds de l’humilité ? Et il est connu que pour chaque attribut parmi les attributs, il y a deux extrémités, une extrémité première et une extrémité dernière, et il y en a encore une troisième, qui est le milieu ; et l’attribut d’humilité est un attribut médian, car il se trouve entre la première extrémité, qui est l’orgueil, et la seconde extrémité, qui est l’abaissement. Or le milieu, dans tous les attributs, est la chose moyenne et bonne que l’homme doit choisir et selon laquelle il doit se conduire, sans pencher vers l’une des extrémités, ce qui serait mauvais et amer.
ועל זה אמר שלמה המלך ע"ה (שם ד) פלס מעגל רגלך וכל דרכיך יכונו, כיון בזה להזהיר את האדם שידריך את עצמו במצוע ב' הקצוות כלשון הפלס שהוא ממוצע בין שתי הכפות שוה בשוה ואינו יוצא לחוץ ואז יכונו כל מדותיו כי הוא דרך הישר ללכת בו, וזה שהוסיף באור ואמר אל תט ימין ושמאל, כלומר שילך באמצע ולא יטה לאחת מהקצוות, אבל במדת הענוה הוזהרנו בה שיטה האדם את עצמו אל הקצה האחרון שהוא מדת השפלות ולא יבחר להשאר בדרך המצוע פן יתקרב לגבול הגאוה שהיא המדה המגונה המזקת האדם והמטרדת אותו בגוף ובנפש מן החיים המקריים ומן החיים הנצחיים,
Et à ce sujet Shelomo le roi, que la paix soit sur lui, a dit (ibid. 4) « pèse le sentier de ton pied, et toutes tes voies seront bien établies » ; il a voulu par là avertir l’homme de se diriger au milieu des deux extrémités, selon l’expression de la balance, qui se tient au milieu entre les deux plateaux, à égalité, sans sortir de côté ; alors toutes ses qualités seront bien établies, car c’est le chemin droit où marcher. Et c’est ce qu’il a ajouté en expliquant et en disant « ne dévie ni à droite ni à gauche », c’est-à-dire qu’il marche au milieu et ne penche vers aucune des extrémités. Mais pour l’attribut d’humilité, nous avons été avertis que l’homme doit s’incliner vers l’extrémité dernière, qui est l’attribut d’abaissement, et ne pas choisir de rester sur la voie du milieu, de peur de s’approcher de la frontière de l’orgueil, qui est l’attribut répréhensible qui nuit à l’homme et le chasse, dans son corps et dans son âme, de la vie contingente d’ici-bas et de la vie éternelle,
ועל זה אמרו ז"ל במוסרם מאד מאד הוי שפל רוח, וכפלו המלה באמרם מאד מאד ללמד דעת את העם שיטה עצמו אל הקצה האחרון שהוא השפלות לפי שמדת הענוה מפוארה ומעולה ומעלתה עצומה ומפורסמת לעין, לכך הזכיר דוד המלך ע"ה על עצמו (תהילים נ״א:י״ט) לב נשבר ונדכה, ואע"פ שהיה מלך גדול ונביא, וגדול שבשבעים זקנים וכענין שכתוב (שמואל ב כ״ג:ח׳) יושב בשבת תחכמוני, הפליג על מדת הענוה וקרא עצמו לב נשבר ונדכה.
et à ce sujet ils ont dit, de mémoire bénie, dans leur enseignement moral : « Sois très, très humble d’esprit » ; ils ont doublé le mot en disant « très, très » pour enseigner à l’homme de s’incliner vers l’extrémité dernière, qui est l’abaissement, parce que l’attribut d’humilité est glorieux, excellent, que sa valeur est immense et manifeste aux yeux. C’est pourquoi David le roi, que la paix soit sur lui, a dit de lui-même (Psaumes 51,19) « un cœur brisé et contrit », bien qu’il ait été un grand roi et un prophète, le plus grand des soixante-dix anciens, et selon ce qui est écrit (II Samuel 23,8) « assis au siège de sagesse », il a poussé loin l’attribut d’humilité et s’est appelé « cœur brisé et contrit ».
וכן מצינו במשה רבינו ע"ה שהיה ראש הנביאים כלם ולא שבחו הכתוב בשאר המדות העליונות שהיו בו רק במדת הענוה והוא מה שאמר (במדבר י״ב:ג׳) והאיש משה עניו מאד, והזכיר מאד לבאר כי משה רבינו ע"ה לא רצה לעמוד על המצוע בלבד שהוא לשון ענו אבל הטה עצמו מן המצוע אל צד השפלות ועל כן הזכיר מאד, ומכלל ענותנותו ושפלותו מה שמצינו שלא רצה לבא אל אהל מועד בעוד שהיה האהל טמון ומכוסה בענן הכבוד כענין שכתוב (שמות מ׳:ל״ד) ויכס הענן את אהל מועד וכבוד ה' מלא את המשכן, ואע"פ שכבר נאמר לו מפי הגבורה ונועדתי לך שם ודברתי אתך מעל הכפורת מבין שני הכרובים לא ערב את לבו לבא אל אהל מועד לא להתנבא בתוכו ולא להתפלל ולהקריב קרבן עד שנתן לו הקב"ה רשות וקראו, וזהו שכתוב.
Et de même nous trouvons chez Moché notre maître, que la paix soit sur lui, qui était le chef de tous les prophètes, que l’Écriture ne l’a pas loué pour les autres qualités supérieures qui étaient en lui, mais seulement pour l’attribut d’humilité, et c’est ce qu’elle a dit (Nombres 12,3) « et l’homme Moché était très humble » ; et elle a mentionné « très » pour expliquer que Moché notre maître, que la paix soit sur lui, n’a pas voulu s’en tenir au seul milieu, qui est le sens du mot ’anav, mais s’est écarté du milieu vers le côté de l’abaissement, et c’est pourquoi elle a dit « très ». Et parmi son humilité et son abaissement, nous trouvons qu’il n’a pas voulu entrer dans la Tente d’assignation tant que la tente était cachée et couverte par la nuée de la Gloire, selon ce qui est écrit (Exode 40,34) « et la nuée couvrit la Tente d’assignation, et la gloire de l’Éternel remplit le Tabernacle » ; et bien qu’il lui eût déjà été dit de la bouche de la Puissance « et je te rencontrerai là, et je te parlerai de dessus le propitiatoire, d’entre les deux chérubins », il n’a pas eu le cœur d’entrer dans la Tente d’assignation, ni pour y prophétiser, ni pour prier, ni pour offrir un sacrifice, jusqu’à ce que le Saint, béni soit-Il, lui donne l’autorisation et l’appelle, et c’est ce qui est écrit.
ויקרא אל משה לשון קריאה הוא לשון כבוד לשון שמלאכי השרת משתמשין בו שנאמר (ישעיה ו) וקרא זה אל זה ואמר, ומצינו שמתוך קריאתו של הקב"ה לנביא תתברר אמתת ג' ענינים שהם שרשי התורה ופנת האמונה, ואלו הם חדוש העולם, וענין מתן תורה לישראל, וענין תחיית המתים.
« Et il appela Moché. » L’expression d’appel est une expression d’honneur, une expression dont se servent les anges serviteurs, car il est dit (Isaïe 6) « et l’un appelait l’autre et disait » ; et nous trouvons que, de l’appel que le Saint, béni soit-Il, adresse au prophète, se démontre la vérité de trois sujets qui sont les racines de la Torah et le fondement de la foi, et les voici : la création du monde dans le temps, la révélation de la Torah à Israël et la résurrection des morts.
ושלשה ענינים אלה הראשון בראשית הזמן והשני באמצעות הזמן והשלישי בסופו, וכל אחד ואחד מחייב לחברו, כי נבואת הנביא עדות ברורה על ההשגחה, וההשגחה מופת על חדוש העולם, וכיון שהעולם מחודש וההשגחה שופעת שם ראוי שתנתן בו תורה שבה יזכו הבריות לתחיית המתים שהוא סוף התענוג ותכלית השכר בתכלית הזמן, ובכל אחד מג' ענינים אלו מצינו לשון קריאה, מתן תורה הוא שהזכיר ישעיה הנביא (שם מח) שמע אלי יעקב וישראל מקוראי אני הוא אני ראשון אף אני אחרון, הזכיר בכאן שלש הויות הוה והיה ויהיה.
Et ces trois sujets : le premier est au commencement du temps, le deuxième au milieu du temps et le troisième à sa fin, et chacun implique l’autre, car la prophétie du prophète est un témoignage clair sur la Providence, et la Providence est une preuve de la création du monde dans le temps ; et puisque le monde a été créé et que la Providence s’y répand, il convient qu’une Torah lui soit donnée, par laquelle les créatures mériteront la résurrection des morts, qui est la fin du plaisir et le but de la récompense à la fin du temps. Et dans chacun de ces trois sujets nous trouvons l’expression d’appel : pour le don de la Torah, c’est ce que mentionne le prophète Isaïe (ibid. 48) « écoute-moi, Yaaqov, et Israël que j’ai appelé ; c’est moi, je suis le premier, et je suis aussi le dernier » ; il a mentionné ici trois temps : celui qui est, celui qui fut et celui qui sera.
והנה הכתוב הזה מדבר במתן תורה וידוע כי באותו מעמד נתפרסם הקב"ה שהוא ראשון ואחרון והווה בכל הזמנים כלן, ומזה אמר וישראל מקוראי כי הוא המקורא בסיני בשני שמות אלה יעקב וישראל הוא שכתוב (שמות י״ט:ג׳) כה תאמר לבית יעקב ותגיד לבני ישראל, הרי שהזכיר בענין מתן תורה לשון קריאה. חדוש העולם הוא שהזכיר בכתוב שאחריו (ישעיהו מ״ח:י״ג) אף ידי יסדה ארץ וימיני טפחה שמים קורא אני אליהם יעמדו יחדו, להורות כי חלקי המציאות כלם והם מעלה ומטה נקשרים זה בזה א"א להמצא זה בלא זה.
Et ce verset parle du don de la Torah, et il est connu qu’à ce moment-là le Saint, béni soit-Il, s’est fait connaître comme le premier et le dernier, existant dans tous les temps ; et c’est pourquoi il est dit « et Israël que j’ai appelé », car c’est Israël qui a été appelé au Sinaï par ces deux noms, Yaaqov et Israël, comme il est écrit (Exode 19,3) « ainsi diras-tu à la maison de Yaaqov, et tu annonceras aux enfants d’Israël » ; voilà donc qu’il a mentionné l’expression d’appel à propos du don de la Torah. Pour la création du monde dans le temps, c’est ce qu’il a mentionné dans le verset suivant (Isaïe 48,13) « ma main a fondé la terre, et ma droite a étendu les cieux ; je les appelle, ils se tiennent ensemble » : pour enseigner que toutes les parties de l’existence, d’en haut et d’en bas, sont liées l’une à l’autre, et qu’il est impossible que l’une existe sans l’autre.
תחיית המתים מצינו בו גם כן לשון קריאה הוא שאמר דוד המלך ע"ה (תהילים נ׳:א׳) אל אלהים ה' דבר ויקרא ארץ ממזרח שמש עד מבואו, וכתיב (שם) יקרא אל השמים מעל ואל הארץ לדין עמו, ודרז"ל יקרא אל השמים מעל זו נשמה, ואל הארץ לדין עמו זו הגוף, והכוונה כדי לתת דין וחשבון לזמן תחיית המתים, הא למדת שקריאתו של הקב"ה לנביא כוללת שלשה ענינים אלה שהם עקרי התורה ויש בכל אחד ואחד מהם לשון קריאה ולכן התחיל הספר השלישי הזה בל' קריאה, חדוש העולם הזכירו בספר בראשית, מתן תורה בספר ואלה שמות, תחיית המתים בספר ויקרא הרי לשון ויקרא כולל את שלשתם.
Pour la résurrection des morts, nous trouvons aussi l’expression d’appel : c’est ce qu’a dit David le roi, que la paix soit sur lui (Psaumes 50,1) « le Dieu des dieux, l’Éternel, a parlé et appelé la terre, du lever du soleil jusqu’à son coucher », et il est écrit (ibid.) « il appellera les cieux d’en haut et la terre pour juger son peuple » ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : « il appellera les cieux d’en haut » : c’est l’âme, « et la terre pour juger son peuple » : c’est le corps, et l’intention est de rendre compte au temps de la résurrection des morts. Tu as donc appris que l’appel du Saint, béni soit-Il, au prophète comprend ces trois sujets, qui sont les fondements de la Torah, et dans chacun d’eux il y a une expression d’appel ; c’est pourquoi ce troisième livre a commencé par une expression d’appel : la création du monde dans le temps est mentionnée dans le livre de Béréchit, le don de la Torah dans le livre de Véélé Chémot, la résurrection des morts dans le livre de Vayikra ; ainsi l’expression « Vayikra » comprend les trois.
ודע כי היה הכתוב ראוי לומר ויקרא ה' אל משה וידבר אליו, ומה שאמר ויקרא אל משה סתם להורות כי אע"פ שספר ויקרא הוא ספר בפני עצמו הכל מחובר ודבק עם מה שכתוב למעלה, כי כל התורה כולה בנין אחד וקשר אחד, ומלת ויקרא חוזרת אל הכבוד הנזכר וכבוד ה' מלא את המשכן והכבוד הקורא הוא הה"א של בהבראם שהיא זעירא, ולכך האל"ף של ויקרא היא זעירא, וזה מבואר.
Et sache que l’Écriture aurait dû dire « Et l’Éternel appela Moché et lui parla » ; et ce qu’elle a dit « Et il appela Moché » sans autre précision, c’est pour indiquer que, bien que le livre de Vayikra soit un livre à part, tout est relié et attaché à ce qui est écrit plus haut, car toute la Torah est un seul édifice et un seul lien ; et le mot vayikra se rapporte à la Gloire mentionnée « et la gloire de l’Éternel remplit le Tabernacle », et la Gloire qui appelle est le hé de « behibaram », qui est petit, et c’est pourquoi le alef de « vayikra » est petit, et cela est clair.
ומה שאמר מאהל מועד דרשו רבותינו ז"ל בתורת כהנים שהיה הקול נפסק ולא היה יוצא חוץ לאהל, יכול מפני שהקול נמוך, ת"ל את הקול, מהו הקול, המתפרש בכתובים (תהילים כ״ט:ד׳-ה׳) קול ה' בכח קול ה' בהדר קול ה' שובר ארזים, א"כ למה נאמר מאהל מועד מלמד שהיה הקול נפסק, כיוצא בו (יחזקאל י׳:ה׳) וקול כנפי הכרובים נשמע עד החצר החיצונה כקול אל שדי בדברו, יכול מפני שהקול נמוך, ת"ל כקול אל שדי בדברו, וכתיב (שם א) ואשמע את קול כנפיהם כקול מים רבים כקול שדי בלכתם קול המולה כקול מחנה.
Et pour ce qu’il a dit « de la Tente d’assignation », nos maîtres, de mémoire bénie, ont enseigné dans la Torat Kohanim que la voix s’interrompait et ne sortait pas hors de la tente. On pourrait penser que c’est parce que la voix était basse ; l’Écriture dit « la voix » : quelle est la voix ? Celle qui est explicitée dans les Écrits (Psaumes 29,4-5) « la voix de l’Éternel est avec force, la voix de l’Éternel est avec majesté, la voix de l’Éternel brise les cèdres ». S’il en est ainsi, pourquoi est-il dit « de la Tente d’assignation » ? Cela enseigne que la voix s’interrompait. De même (Ézéchiel 10,5) « et le bruit des ailes des chérubins s’entendait jusqu’au parvis extérieur, comme la voix du Tout-Puissant quand il parle » : on pourrait penser que c’est parce que la voix était basse ; l’Écriture dit « comme la voix du Tout-Puissant quand il parle », et il est écrit (ibid. 1) « et j’entendis le bruit de leurs ailes, comme le bruit de grandes eaux, comme la voix du Tout-Puissant quand ils marchaient, un bruit de tumulte, comme le bruit d’un camp ».
ובאור זה, כי המשיל הנביא את הקול לארבעה ענינים, המשילו למים רבים להתמדת הקולות, לקול שדי להשואת הקולות, קול המולה לרבוי הקולות, קול מחנה לקבוץ תנועת הקולות, והקול הנפלא המרעיש הזה היה נגבל תוך החצר ולא היה נשמע חוצה לו. ובאור כקול אל שדי בדברו, כלומר בדברו בהר סיני, ממה שכתוב שם (דברים ה׳:י״ט) קול גדול ולא יסף, וכתיב (שיר השירים ה׳:ו׳) נפשי יצאה בדברו, ולא היה נשמע חוץ למחנה ישראל, וכן בכאן קול כנפי הכרובים לא היה נשמע חוץ לחצר.
Et l’explication est que le prophète a comparé la voix à quatre choses : il l’a comparée aux grandes eaux pour la continuité des voix, à la voix du Tout-Puissant pour l’égalité des voix, au bruit de tumulte pour la multiplicité des voix, au bruit d’un camp pour le rassemblement du mouvement des voix. Et cette voix merveilleuse et ébranlante était délimitée à l’intérieur du parvis et ne s’entendait pas au-delà. Et l’explication de « comme la voix du Tout-Puissant quand il parle », c’est-à-dire quand il parla au mont Sinaï, d’après ce qui est écrit là (Deutéronome 5,19) « une voix grande, et qui ne continua pas », et il est écrit (Cantique des Cantiques 5,6) « mon âme sortit quand il parla » ; et elle ne s’entendait pas hors du camp d’Israël. Et de même ici, le bruit des ailes des chérubins ne s’entendait pas hors du parvis.
מצורף לזה תמצא בענין שמואל הנביא שהרי בתחלת נבואתו כשהלך אצל עלי פעם ראשונה השיב לו עלי (שמואל א ג׳:ו׳) לא קראתי בני שוב שכב, לפי שחשב עלי אולי לא קראו שום אדם ושמואל הוא שטעה בכח המדמה אשר בו, וכאשר חזר אליו שנית אז ידע בברור כי קראוהו, אבל לא ידע מי הקורא אם היה אדם או מלאך, ועל כן השיבו לא קראתי שוב שכב, ועדיין לא היה יכול לדון בעצמו שיהיה הקורא מלאך, וכאשר הלך שמואל מלפניו היו אזני עלי קשובות אולי ישמע קול הקורא כמוהו וידע בזה כי הקורא בן אדם, ואם לא ישמע עלי וישמע שמואל יתבאר לו מזה כי הקורא מלאך, כי כן משפט הנבואה, וכאשר הוסיף לקרוא שמואל בפעם השלישית ועלי לא שמע כלום, אז הוברר הדבר אצל עלי כי קול הקורא מלאך, וזהו שכתוב (שם) ויבן עלי כי ה' קורא לנער.
Joins à cela ce que tu trouves au sujet du prophète Shemouel : au début de sa prophétie, lorsqu’il alla vers Éli la première fois, Éli lui répondit (I Samuel 3,6) « je n’ai pas appelé, mon fils, retourne te coucher », parce qu’Éli pensa que peut-être personne ne l’avait appelé et que Shemouel se trompait par la faculté d’imagination qui est en lui. Et lorsqu’il revint à lui une seconde fois, alors il sut avec certitude qu’on l’avait appelé, mais il ne savait pas qui appelait, si c’était un homme ou un ange, et c’est pourquoi il lui répondit « je n’ai pas appelé, retourne te coucher », et il ne pouvait pas encore juger par lui-même que celui qui appelait fût un ange. Et lorsque Shemouel s’éloigna de lui, les oreilles d’Éli étaient attentives, afin d’entendre peut-être la voix de celui qui appelait comme lui, et de savoir par là que celui qui appelait était un être humain ; et si Éli n’entendait pas et que Shemouel entendait, il se préciserait par là que celui qui appelait était un ange, car tel est le fonctionnement de la prophétie. Et quand l’appel adressé à Shemouel retentit une troisième fois et qu’Éli n’entendit rien, alors il fut clair pour Éli que la voix de celui qui appelait était un ange, et c’est ce qui est écrit (ibid.) « et Éli comprit que l’Éternel appelait l’enfant ».
וכשם שמצינו זה שהוא ממשפטי הנבואה בפעולות השמע, כן מצינו בפעולות הראות, כי הקדוש ב"ה יראה ענין אחד למי שירצה ויסתירנו ויעלימנו ממי שירצה, והכל בזמן אחד ובמקום אחד, הוא שכתוב (בדניאל י׳:ז׳) וראיתי אני דניאל לבדי את המראה והאנשים אשר היו עמי לא ראו את המראה. וכן מצינו באותות ובמופתים שעשה הקדוש ב"ה במצרים שהיתה המכה למצרים וההצלה לישראל, וכן היה החושך למצרים שלשה ימים ולכל בני ישראל היה אור במושבותם, והכל במקום אחד ובזמן אחד.
Et de même que nous trouvons que cela fait partie des règles de la prophétie dans les actions de l’ouïe, de même nous le trouvons dans les actions de la vue : le Saint, béni soit-Il, montre une chose à qui Il veut et la cache et la dissimule à qui Il veut, le tout en un seul temps et en un seul lieu, c’est ce qui est écrit (Daniel 10,7) « et moi, Daniel, je vis seul la vision, et les hommes qui étaient avec moi ne virent pas la vision ». Et de même nous trouvons dans les signes et les prodiges que le Saint, béni soit-Il, fit en Égypte : le coup était pour l’Égypte et la délivrance pour Israël, et de même l’obscurité était pour l’Égypte pendant trois jours, tandis que pour tous les enfants d’Israël il y avait de la lumière dans leurs demeures, et le tout dans un seul lieu et en un seul temps.
וזה לשון הגאון רבינו סעדיה ז"ל, דבר ברור הוא כי קול הדבור הנשמע לנביא הוא דבר מחודש ופעולה מפעולות השי"ת, והנה נבואת שאר הנביאים היתה באמצעות מלאך, כי המלאך היה שומע הקול הנפלא והיה מודיעו אל הנביא, ומשה רבינו ע"ה היה ממלא מקומו של מלאך כי הוא היה שומע קול הדבור הנפלא בעצמו בלא אמצעי, וזהו שכתוב בו (דברים ל״ד:י׳) פנים אל פנים, ואמר אשר ידעו ה', וזאת מעלת משה ויתרונו על שאר הנביאים, ועל זה העיד עליו הכתוב (שם) ולא קם נביא עוד בישראל כמשה, כי היה נבדל מהם ומעולה עליהם בשלשה ענינים, האחד שהיתה נבואתו בלא אמצעי.
Et voici les termes du Gaon Rabbénou Saadia, de mémoire bénie : Il est clair que la voix de la parole entendue par le prophète est une chose nouvelle et une action parmi les actions du Nom, qu’Il soit béni. Or la prophétie des autres prophètes se faisait par l’intermédiaire d’un ange, car l’ange entendait la voix merveilleuse et la faisait connaître au prophète ; et Moché notre maître, que la paix soit sur lui, tenait la place d’un ange, car c’est lui qui entendait lui-même la voix merveilleuse de la parole, sans intermédiaire, et c’est ce qui est écrit à son sujet (Deutéronome 34,10) « face à face », et il a dit « que l’Éternel connaissait » ; telle est la valeur de Moché et son avantage sur les autres prophètes, et c’est ce dont l’Écriture a témoigné à son sujet (ibid.) « et il ne s’est plus levé en Israël de prophète comme Moché », car il était distinct d’eux et supérieur à eux en trois points : le premier, que sa prophétie était sans intermédiaire.
והשני בענין התשובה, כי כל שאר הנביאים בעת הנבואה היו חרדים ונרתעים ואין מענה בפיהם ולא היו יכולין להשיב עד שיסתלק מהם כבוד השכינה, כידוע מישעיה ויחזקאל, אבל משה רבינו ע"ה יפה כחו ונתעלה ענינו והיה משיב במקום ההוא בעצמו, כענין שכתוב (שמות י״ח:י״ב) משה ידבר והאלהים יעננו בקול.
Et le deuxième, en matière de réponse : tous les autres prophètes, au moment de la prophétie, étaient saisis de crainte et reculaient, aucune réponse n’était dans leur bouche et ils ne pouvaient répondre tant que la gloire de la Présence ne s’était pas retirée d’eux, comme on le sait d’Isaïe et d’Ézéchiel ; mais Moché notre maître, que la paix soit sur lui, avait une force vive et un rang élevé, et il répondait à cet endroit même, selon ce qui est écrit (Exode 18,12) « Moché parlait et Dieu lui répondait par une voix ».
והשלישית בענין מדרגות הנבואה, כי שאר הנביאים תבא להם הנבואה מתוך תשע מחיצות, והוא מה שמצינו ביחזקאל תשע מראות, שנאמר (יחזקאל מ״ג:ג׳) וכמראה המראה אשר ראיתי כמראה אשר ראיתי בבואי לשחת את העיר ומראות כמראה אשר ראיתי על נהר כבר ואפול על פני, וכן מצינו בדניאל תשע מראות, הוא שכתוב (דניאל י׳:ה׳) ואשא את עיני וארא וגו', וכתיב (שם) ופניו כמראה ברק, וכתיב (שם) וראיתי אני דניאל לבדי את המראה והאנשים אשר היו עמי לא ראו את המראה, ואני נשארתי לבדי ואראה את המראה הגדולה הזאת, ואמר תחלה ובינה לו במראה, הרי תשע מראות. אבל משה רבינו ע"ה מתוך מחיצה אחת, מתוך מראה אחת, הוא שכתוב (במדבר י״ב:ח׳) ומראה ולא בחידות, עכ"ל ז"ל.
Et le troisième, en matière de degrés de la prophétie : les autres prophètes recevaient la prophétie à travers neuf cloisons, et c’est ce que nous trouvons chez Ézéchiel : neuf visions, comme il est dit (Ézéchiel 43,3) « et comme la vision que je vis, comme la vision que je vis quand je vins pour détruire la ville, et des visions comme la vision que je vis près du fleuve Kevar, et je tombai sur ma face » ; et de même nous trouvons chez Daniel neuf visions, c’est ce qui est écrit (Daniel 10,5) « et je levai les yeux et je vis, etc. », et il est écrit (ibid.) « et son visage comme l’aspect de l’éclair », et il est écrit (ibid.) « et moi, Daniel, je vis seul la vision, et les hommes qui étaient avec moi ne virent pas la vision, et je restai seul, et je vis cette grande vision », et il a dit d’abord « et il lui donna l’intelligence dans la vision » ; voilà neuf visions. Mais Moché notre maître, que la paix soit sur lui, voyait à travers une seule cloison, à travers une seule vision, c’est ce qui est écrit (Nombres 12,8) « en vision et non en énigmes ». Jusqu’ici ses paroles, de mémoire bénie.
ומעתה צריך שתתבונן כי תשע מראות הללו הם תשע אספקלריאות, ואין הכונה על תשע ספירות כי אין נבואת הנביאים כלן זולתי משה אלא מתוך העשירית, ועל כן האספקלריאות הללו הם מדרגות של נבואה זו, למעלה מזו, כענין האמור (ביחזקאל א׳:ד׳) רוח סערה באה מן הצפון ענן גדול ואש מתלקחת ונוגה לו סביב ומתוכה כעין החשמל, אופנים וחיות רקיע שעל ראשי החיות, דמות כסא, דמות כמראה אדם, הנה בכאן תשע מראות שהזכיר עליהם תחלה וארא מראות אלהים, ואחר התשע משיגים העשירית שהיא כמראה אדם.
Et dès maintenant, il te faut réfléchir : ces neuf visions sont neuf aspaqlaryot (miroirs), et l’intention n’est pas neuf sefirot, car la prophétie de tous les prophètes, sauf Moché, ne vient que de la dixième ; c’est pourquoi ces aspaqlaryot sont des degrés de cette prophétie, l’un au-dessus de l’autre, selon ce qui est dit (Ézéchiel 1,4) « un vent de tempête venait du nord, une grande nuée et un feu qui s’entrechoquait, et une clarté l’entourait, et du milieu comme l’aspect du ’hachmal » ; roues et ’hayot, firmament au-dessus des têtes des ’hayot, ressemblance d’un trône, ressemblance comme l’aspect d’un homme : voilà ici neuf visions, dont il a parlé d’abord « et je vis des visions de Dieu », et après les neuf on atteint la dixième, qui est « comme l’aspect d’un homme ».
אבל נבואתו של משה רבינו ע"ה היה מתוך אספקלריא המאירה, ומעתה צא ולמד מה בין נבואתו של משה לשאר הנביאים כלם, והבן זה. ועוד אגיד לך כי יש מן החכמים הסוברים כי תשע מראות האלה הן תשע מראות של חיות הקדש בתשעת הגלגלים, כי הנביא יחזקאל ע"ה נפתחו לו השמים והם תשעה הגלגלים וראה בגלגל התשע המקיף ארבע חיות המרכבה אשר שם הקרובים לכבוד, ומתוך זוהר שלהן התקיף והעצום נראה בכל רקיע ורקיע דמות ארבע חיות גם כן, ועל זה דרשו רז"ל בבריאה של מעשה בראשית, הארץ התחתונה יש בה חיות הקדש ואופנים וכסא הכבוד והיא הדום רגליו של הקב"ה, שנאמר (ישעיהו ס״ו:א׳) והארץ הדום רגלי, ואמרו זה על רצפת גלגל הלבנה,
Mais la prophétie de Moché notre maître, que la paix soit sur lui, venait à travers un miroir lumineux ; et dès maintenant, va et apprends quelle différence il y a entre la prophétie de Moché et celle de tous les autres prophètes, et comprends cela. Et je te dirai encore qu’il y a parmi les sages ceux qui soutiennent que ces neuf visions sont neuf visions des ’hayot saintes dans les neuf sphères, car au prophète Ézéchiel, que la paix soit sur lui, les cieux furent ouverts, et ce sont les neuf sphères, et il vit dans la neuvième sphère, l’englobante, les quatre ’hayot du Char qui sont là, proches de la Gloire ; et de l’éclat puissant et fort de celles-ci, apparaît dans chaque firmament la ressemblance de quatre ’hayot également. Et à ce sujet nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné dans la création de l’œuvre de la Création : la terre inférieure contient les ’hayot saintes, les roues et le trône de la Gloire, et elle est l’escabeau des pieds du Saint, béni soit-Il, comme il est dit (Isaïe 66,1) « et la terre est l’escabeau de mes pieds » ; et ils ont dit cela du plancher de la sphère de la lune,
ועל זה כתוב (יחזקאל א׳:ט״ו) והנה אופן אחד מארץ, ותרגם יונתן מלרע לרום שמיא, כי ראה מראה זו גם בשטח גלגל הלבנה, וכן בכל גלגל וגלגל מכל התשעה יש דמות ארבע חיות, ומתוך זוהר ארבע חיות העליונים שבגלגל העליון המקיף, ומפני תוקף זוהר המראות שהשמונת הגלגלים לא היה כח לנביא להסתכל ולראות בדמות ארבע חיות המרכבה שבתשיעי המקיף הקרובות לכבוד, לא בפני אדם ולא בחשמל המקיף את הכסא ולא בענן המבדיל בין הכבוד ובינו, לפי שאור המראות שבשמונת הגלגלים מונע אותו מלהשיג זה.
et à ce sujet il est écrit (Ézéchiel 1,15) « et voici une roue de la terre », et Yonatan a traduit « d’en bas jusqu’à la hauteur des cieux », car il a vu cette vision aussi sur la surface de la sphère de la lune. Et de même dans chacune des neuf sphères il y a la ressemblance de quatre ’hayot, d’après l’éclat des quatre ’hayot supérieures qui sont dans la sphère supérieure, l’englobante ; et à cause de la force de l’éclat des visions des huit sphères, le prophète n’avait pas la force de regarder et de voir la ressemblance des quatre ’hayot du Char qui sont dans la neuvième, l’englobante, proches de la Gloire, ni dans le visage de l’homme, ni dans le ’hachmal qui entoure le trône, ni dans la nuée qui sépare entre la Gloire et lui, parce que la lumière des visions qui sont dans les huit sphères l’empêche d’atteindre cela.
וכדי לרמוז על תשע מראות האלו שבתשעת הגלגלים שהמציאם הקב"ה לכבוד יעקב החקוק במרכבה, נכתב בכל המקרא תשע פעמים עבדי יעקב, ודבר זה מרמזי התורה.
Et pour faire allusion à ces neuf visions qui sont dans les neuf sphères, que le Saint, béni soit-Il, a fait exister pour l’honneur de Yaaqov, gravé sur le Char, il est écrit dans toute l’Écriture neuf fois « mon serviteur Yaaqov », et cette chose fait partie des allusions de la Torah.
ובמדרש ויקרא אל משה, זה שאמר הכתוב (משלי כ״ה:ו׳-ז׳) אל תתהדר לפני מלך ובמקום גדולים אל תעמוד כי טוב אמור לך עלה הנה, אף משה לא עלה עד שקראו הקב"ה שנאמר ויקרא אל משה. זהו שאמר הכתוב (שם כט) גאות אדם תשפילנו ושפל רוח יתמוך כבוד, כל מי שרודף אחר השררה השררה בורחת ממנו וכל מי שבורח מהשררה השררה רודפת אחריו, שאול ברח מן השררה בשעה שבא למלוך שנאמר (שמואל א י׳:כ״ב) הנה הוא נחבא אל הכלים, החביא עצמו עד ששאלו באורים ותומים, השררה רדפה אחריו, שנאמר (שם) הראיתם אשר בחר בו ה'.
Et dans le Midrash : « Et il appela Moché » : c’est ce que dit l’Écriture (Proverbes 25,6-7) « ne te glorifie pas devant le roi, et ne te tiens pas à la place des grands, car il vaut mieux qu’on te dise : monte ici » ; ainsi Moché non plus ne monta pas jusqu’à ce que le Saint, béni soit-Il, l’appelât, comme il est dit « et il appela Moché ». C’est ce que dit l’Écriture (ibid. 29) « l’orgueil de l’homme l’abaissera, et l’humble d’esprit obtiendra l’honneur » : celui qui poursuit la domination, la domination le fuit, et celui qui fuit la domination, la domination le poursuit. Shaoul fuit la domination au moment où il vint pour régner, comme il est dit (I Samuel 10,22) « voici, il est caché parmi les bagages » ; il se cacha jusqu’à ce qu’on consultât l’Ourim et le Toumim, et la domination le poursuivit, comme il est dit (ibid.) « avez-vous vu celui que l’Éternel a choisi ? ».
אבימלך בן ירובעל רדף אחר השררה וברחה ממנו, שנאמר (שופטים ט׳:א׳) וילך אבימלך בן ירובעל שכמה אל אחי אמו, (שם) דברו נא באזני כל בעלי שכם וגו', (שם) וישלח אלהים רוח רעה בין אבימלך ובין בעלי שכם. משה ברח מן השררה, שנאמר (שמות ד׳:י״ג) לא איש דברים אנכי וגו', ואמר (שם) שלח נא ביד תשלח, השררה רדפה אחריו, שנאמר ויקרא אל משה, וכתיב (תהילים ח׳:ו׳) ותחסרהו מעט מאלהים וכבוד והדר תעטרהו.
Avimélekh fils de Yeruba’al poursuivit la domination, et elle le fuit, comme il est dit (Juges 9,1) « et Avimélekh fils de Yeruba’al alla à Shekhem chez les frères de sa mère », (ibid.) « parlez donc aux oreilles de tous les notables de Shekhem, etc. », (ibid.) « et Dieu envoya un mauvais esprit entre Avimélekh et les notables de Shekhem ». Moché fuit la domination, comme il est dit (Exode 4,13) « je ne suis pas un homme de paroles, etc. », et il dit (ibid.) « envoie donc par la main de qui tu enverras », et la domination le poursuivit, comme il est dit « et il appela Moché », et il est écrit (Psaumes 8,6) « tu l’as fait un peu inférieur à Dieu, et tu l’as couronné de gloire et de splendeur ».
דבר אל בני ישראל. צוהו שיודיעם ענין קרבן העולה בכלל. ואמרת אליהם. בפרט, שיודיעם פרטי הפעולות שבקרבן העולה, והוא שיהא מפשיט ומנתח, וענין השחיטה שתהיה בצפון ולא בשאר הרוחות, וכן שיודיעם מי השוחט, והעצים שהם כשרים לקרבן, וזה באור דבר אל בני ישראל ואמרת אליהם, בכל מקומות שבתורה הדבור על כלל המצוה והאמירה על פרטיה, וכן (במדבר טו) דבר אל בני ישראל שבמצות ציצית, שיודיעם תחלה מצות ציצית בכלל, ואמרת אליהם בפרט, והפרט הוא מה שבא בקבלה, שמשמונת חוטין בכל כנף שהם ל"ב על ארבעה רבעיו לכונה ידועה, וחמשה קשרים גם כן, כל זה נכלל במה שאמר ואמרת אליהם כי פרטי המצות לא יתבארו מהכתובים כלל.
« Parle aux enfants d’Israël. » Il lui ordonna de leur faire connaître le sujet du sacrifice de l’holocauste en général. « Et tu leur diras » : en détail, c’est-à-dire de leur faire connaître les détails des actes du sacrifice de l’holocauste, à savoir qu’on l’écorche et le découpe ; et le sujet de l’abattage, qui doit avoir lieu au nord et non vers les autres directions ; et aussi de leur faire connaître qui abat, et les bois qui sont valides pour le sacrifice. Et voici l’explication de « parle aux enfants d’Israël et tu leur diras » : dans tous les endroits de la Torah, la parole porte sur l’ensemble du commandement et le dire sur ses détails. Et de même (Nombres 15) « parle aux enfants d’Israël », à propos du commandement des tsitsit : qu’il leur fasse connaître d’abord le commandement des tsitsit en général, « et tu leur diras » en détail ; et le détail est ce qui est venu par la tradition : de huit fils à chaque coin, qui sont trente-deux pour ses quatre coins, pour une intention connue, et aussi cinq nœuds. Tout cela est compris dans ce qu’il a dit « et tu leur diras », car les détails des commandements ne s’expliquent pas du tout à partir des versets.
אדם כי יקריב מכם. מתוך הלשון הזה נראה כי אפשר להקריב קרבן מן האדם לפי שהיה לו לומר אדם מכם כי יקריב קרבן, אבל הכתוב הוא מונעו ואוסרו, ובאורו, אדם כשירצה להקריב מכם קרבן לה' מן הבהמה מן הבקר ומן הצאן תקריבו, לא מן האדם, וזהו מאמר הנביא (ירמיהו י״ט:ה׳) אשר לא צויתי ולא דברתי ולא עלתה על לבי. ומפני זה התחילה פרשת הקרבנות במלת אדם, לומר כי אדם יהיה המקריב ולא הקרבן. והמדקדקים אמרו כי משפט הכתוב הזה, אדם מכם כי יקריב. וכמוהו (ישעיהו כ״ו:י״א) אף אש צריך תאכלם, משפטו, אף צריך אש תאכלם, וכן (הושע ח׳:ב׳) לי יזעקו אלהי ידענוך ישראל, משפטו לי יזעקו ישראל אלהי ידענוך, וכן (שמות כב) אשר יאמר כי הוא זה, משפטו, כי זה הוא, ורבים כן על דרך קדימה ואחור.
« Quand un homme d’entre vous offrira. » D’après cette expression, il semble qu’il serait possible d’offrir un sacrifice pris sur l’homme, car il aurait dû dire « un homme d’entre vous, quand il offrira un sacrifice » ; mais l’Écriture l’empêche et l’interdit. Son explication : un homme, lorsqu’il voudra offrir d’entre vous un sacrifice à l’Éternel, « des animaux, du gros bétail et du petit bétail, vous offrirez », non de l’homme. C’est la parole du prophète (Jérémie 19,5) « ce que je n’ai pas ordonné, ni dit, et qui n’est pas monté à mon cœur ». C’est pour cela que la section des sacrifices commence par le mot « homme » : pour dire que l’homme sera celui qui offre, et non le sacrifice. Et les grammairiens ont dit que l’ordre de ce verset est « un homme d’entre vous, quand il offrira ». Et de même (Isaïe 26,11) « aussi le feu, tes adversaires, les dévorera » : son ordre est « aussi tes adversaires, le feu les dévorera » ; et de même (Osée 8,2) « vers moi ils crieront : mon Dieu, nous t’avons connu, Israël » : son ordre est « vers moi ils crieront, Israël : mon Dieu, nous t’avons connu » ; et de même (Exode 22) « dont il dira : c’est celui-ci », son ordre est « que celui-ci, c’est lui » ; et il y en a beaucoup de cette sorte, par antéposition et postposition.
ובמדרש אדם כי יקריב מכם, למה נאמר אדם, מה אדם הראשון לא הקריב מן הגזל שהכל היה שלו, אף אתם לא תקריבו מן הגזל, וכן הוא אומר (ישעיהו ס״א:ח׳) שונא גזל בעולה.
Et dans le Midrash : « Quand un homme d’entre vous offrira » : pourquoi est-il dit « homme » ? De même que le premier homme n’offrit pas de bien volé, puisque tout était à lui, vous aussi n’offrirez pas de bien volé ; et ainsi dit l’Écriture (Isaïe 61,8) « je hais le vol dans l’holocauste ».
קרבן לה'. כל מקום שנאמר קרבן לה' אומר ביו"ד ה"א, שלא ליתן פתחון פה למינים לרדות. לא אמר הכתוב לה' קרבן אלא קרבן לה', ומזה דרשו רז"ל מנין שלא יאמר אדם לה' עולה, לה' מנחה, לה' שלמים, אלא עולה לה', מנחה לה', שלמים לה', ת"ל קרבן לה', והרי הדברים ק"ו ומה אם מי שהוא עתיד להקריב אמרה תורה לא יחול שמי אלא על הקרבן, על אחת כמה וכמה המזכיר שם שמים לבטלה.
« Un sacrifice à l’Éternel. » Partout où il est dit « sacrifice à l’Éternel », il le dit avec le Nom de yod hé, afin de ne pas donner ouverture de bouche aux hérétiques pour dénigrer. L’Écriture n’a pas dit « à l’Éternel un sacrifice » mais « un sacrifice à l’Éternel » ; et de là nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : d’où savons-nous qu’on ne doit pas dire « à l’Éternel, holocauste », « à l’Éternel, offrande », « à l’Éternel, sacrifices de paix », mais « holocauste à l’Éternel », « offrande à l’Éternel », « sacrifices de paix à l’Éternel » ? L’Écriture dit « un sacrifice à l’Éternel ». Et voici que la chose se fait a fortiori : si pour celui qui va offrir, la Torah a dit que Mon nom ne s’appliquera qu’au sacrifice, à combien plus forte raison pour celui qui mentionne le Nom du Ciel en vain.
מן הבהמה. ולא מן החיה, הכשיר הכתוב לצורך קרבן הבהמות שהן נרדפות ופסל החיות שהן רודפות. ומזה דרשו רז"ל הוי מן העלובין ולא מן העולבין מן הנרדפין ולא מן הרודפין, שהרי אין לך נרדפים בעופות כתורים ובני יונה והכשירן הכתוב לגבי מזבח, וא"כ בין בבהמות בין בעופות לא הכשירה תורה למזבח אלא הנרדפין, וזהו שאמרו הוי מן העלובין ולא מן העולבין, מן הנרדפין ולא מן הרודפין, הוכיחו אותו רז"ל מן הפסוק שאמר (שופטים ה׳:ל״א) ואוהביו כצאת השמש בגבורתו, וענין הכתוב כי קרא הכתוב העלובים אוהביו והמשילם כשמש, לפי שהשמש היה עלוב כשקטרגה הלבנה ואמרה אי אפשר לשני מלכים שישתמשו בכתר אחד, וכשם שהמשיל עלבונם לעלבון השמש כן המשיל שכרם וזכות אור נפשם לזכות אור השמש, כצאת השמש בגבורתו.
« Du bétail. » Et non des bêtes sauvages : l’Écriture a déclaré valides pour le sacrifice les bêtes domestiques, qui sont poursuivies, et a déclaré invalides les bêtes sauvages, qui poursuivent. Et de là nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : « Sois parmi les offensés et non parmi ceux qui offensent, parmi les poursuivis et non parmi ceux qui poursuivent » ; car tu n’as pas de poursuivis parmi les oiseaux comme les tourterelles et les jeunes colombes, et l’Écriture les a déclarés valides pour l’autel. Ainsi, tant parmi les bêtes que parmi les oiseaux, la Torah n’a déclaré valides pour l’autel que les poursuivis, et c’est ce qu’ils ont dit : « Sois parmi les offensés et non parmi ceux qui offensent, parmi les poursuivis et non parmi ceux qui poursuivent ». Nos Sages, de mémoire bénie, l’ont démontré par le verset qui dit (Juges 5,31) « et ceux qui l’aiment seront comme le soleil quand il sort dans sa force » ; et le sens du verset est que l’Écriture a appelé les offensés « ceux qui l’aiment » et les a comparés au soleil, parce que le soleil fut offensé lorsque la lune l’accusa et dit : il est impossible que deux rois se servent d’une seule couronne ; et de même qu’elle a comparé leur offense à l’offense du soleil, ainsi elle a comparé leur récompense et la pureté de la lumière de leur âme à la pureté de la lumière du soleil : « comme le soleil quand il sort dans sa force ».
עוד יש לפרש שהכשיר הכתוב הבהמות אצל המזבח כדי להורות על מדת התמימות ובה ראוי שיתנהג האדם, כי מין הבהמות תם, ומשכנם בישוב, ובהם בחר יעקב אבינו שאמרה לו אמו (בראשית כ״ז:ט׳) לך נא אל הצאן, והוא היה בוחר במדת השלום ונקרא איש תם שתרגומו גבר שלים, והתורה שנתנה לזרעו כולה שלום שנאמר (משלי ג׳:י״ז) דרכיה דרכי נועם וכל נתיבותיה שלום, וכן ישראל נקראו שולמית שנאמר (שיר השירים ז׳:א׳) שובי שובי השולמית, לפי שהם אומה ששלום העולמים דר בתוכה, לפיכך בחר הקב"ה המין הזה לקרבן כי הקרבנות הם שלום בעולם.
On peut aussi expliquer que l’Écriture a déclaré valides les bêtes domestiques près de l’autel pour enseigner l’attribut d’intégrité, selon lequel l’homme doit se conduire ; car l’espèce des bêtes domestiques est intègre, et leur demeure est dans l’espace habité, et c’est elles que choisit Yaaqov notre père, à qui sa mère dit (Genèse 27,9) « va donc au petit bétail », et lui choisissait l’attribut de paix et fut appelé « homme intègre », ce que le Targoum traduit « homme complet » ; et la Torah donnée à sa descendance est tout entière paix, comme il est dit (Proverbes 3,17) « ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers sont paix ». Et de même Israël est appelé « Shoulamit », comme il est dit (Cantique des Cantiques 7,1) « reviens, reviens, Shoulamit », parce qu’elle est une nation au milieu de laquelle demeure Celui à qui appartient la paix des mondes ; c’est pourquoi le Saint, béni soit-Il, a choisi cette espèce pour le sacrifice, car les sacrifices sont la paix dans le monde.
ופסל את החיות, כי עשו הרשע המרוחק ממזרח השמש בגבורתו היה איש שעיר איש מדברי, כענין שנאמר (בראשית כ״ה:כ״ז) יודע ציד איש שדה, ובחר המין ההוא של חיות אשר משכנם במדבר מקום החרבן והשממון, והנה זה בהפך מדת השלום, ומטעם זה תרחיק התורה הגזית מהמזבח, מפני הברזל שהוא החרב המחריב העולם, והוא ירושה לעשו וזה שכתוב (שמות כ׳:כ״ב) כי חרבך הנפת עליה ותחללה, ומפני שהמזבח מאריך הימים והחרב מקצר אותם דרשו רז"ל בזה אינו דין שיונף המקצר על המאריך.
Et Il a déclaré invalides les bêtes sauvages, car Ésav le méchant, éloigné du lieu où se lève le soleil dans sa force, était un homme velu, un homme du désert, selon ce qui est dit (Genèse 25,27) « connaissant la chasse, homme des champs », et il choisit cette espèce de bêtes sauvages dont la demeure est dans le désert, lieu de ruine et de désolation, ce qui est le contraire de l’attribut de paix. Et pour cette raison la Torah éloigne la pierre taillée de l’autel, à cause du fer, qui est l’épée qui détruit le monde, et qui est l’héritage d’Ésav, et c’est ce qui est écrit (Exode 20,22) « car tu as brandi ton outil sur elle et tu l’as profanée ». Et parce que l’autel allonge les jours et que l’épée les raccourcit, nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné à ce sujet : il n’est pas juste que ce qui raccourcit soit brandi contre ce qui allonge.
ודרשו רז"ל מן הבהמה מן הבקר ומן הצאן, מן הבהמה למעוטי רובע ונרבע, מן הבקר למעוטי נעבד, מן הצאן למעוטי מוקצה, וי"ו יתירה למעט הנוגח שהמית.
Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : « du bétail, du gros bétail et du petit bétail » : « du bétail » pour exclure l’animal ayant participé activement ou passivement à un acte de bestialité ; « du gros bétail » pour exclure l’animal adoré ; « du petit bétail » pour exclure l’animal réservé à un culte idolâtre ; le vav superflu sert à exclure le bœuf qui a encorné et causé la mort.
אם עולה קרבנו מן הבקר. קרבן עולה קודם בפרשה לשאר הקרבנות. וע"ד הפשט לפי שהמחשבה היא ראשית הכל, וחטא המחשבה קודם לחטא המעשה, על כן היה בדין להקדים עולה. וסדר הכתוב בקרבן עולה, תחלה פר, ואחר כך צאן, ואח"כ עוף, פר הוא קרבן עשיר לפי שלבו גס בו ומתגאה ובוטח בעשרו ועל כן חייבו להביא פר, ולאדם בינוני שאין לבו גס כל כך ואינו מתמיד בחטא כמוהו חייב אותו צאן, ואדם עני שלבו נכנע והוא שפל על שאר בני אדם חייבו להביא עוף שהוא דבר מועט, והרי קרבנו של כל אחד ואחד לפי חטאו.
« Si son offrande est un holocauste de gros bétail. » Le sacrifice d’holocauste précède dans la section les autres sacrifices. Et selon le sens simple, c’est parce que la pensée est le commencement de tout, et que la faute de pensée précède la faute d’action ; c’est pourquoi il était juste de faire passer l’holocauste en premier. Et l’ordre de l’Écriture pour le sacrifice d’holocauste est : d’abord le taureau, puis le petit bétail, puis l’oiseau. Le taureau est le sacrifice du riche, parce que son cœur est plein de suffisance, qu’il s’enorgueillit et se confie en sa richesse, et c’est pourquoi on l’a obligé à apporter un taureau ; et pour l’homme moyen, dont le cœur n’est pas aussi présomptueux et qui ne persiste pas dans la faute comme lui, on l’a obligé à du petit bétail ; et pour l’homme pauvre, dont le cœur est soumis et qui est humble par rapport aux autres hommes, on l’a obligé à apporter un oiseau, qui est peu de chose ; et voilà que le sacrifice de chacun est selon sa faute.
וע"ד הקבלה הקדים עולה כי היא לבינה, ולכן סדור הפרשיות כגופי הקרבנות, עולה תחלה ואח"כ שלמים ואח"כ פר כהן משיח שהוא חטאת, וזה כסדר שלשה שמות שבשלש עשרה מדות, העולה למעלה מן המדות, השלמים למכריע ביניהם כדי להשלימם, פר כהן משיח שהוא החטאת לכנסת ישראל, כי כן כתוב מפורש (ויקרא ט״ז:ל׳) וחטאתם לפני ה'.
Et selon la Kabbale, il a fait passer l’holocauste en premier parce qu’il correspond à la Bina ; et c’est pourquoi l’ordre des sections est comme celui des corps des sacrifices : d’abord l’holocauste, puis les sacrifices de paix, puis le taureau du prêtre oint, qui est une offrande pour la faute ; et cela suit l’ordre des trois noms qui sont dans les treize attributs : l’holocauste est au-dessus des attributs, les sacrifices de paix correspondent au principe qui les équilibre afin de les compléter, le taureau du prêtre oint, qui est l’offrande pour la faute, correspond à l’Assemblée d’Israël, car il est écrit explicitement (Lévitique 16,30) « et leur faute devant l’Éternel ».
וסמך ידו על ראש העולה. ידוע כי הסמיכה בשתי ידים היא, שכך דרשו בתורת כהנים (שם) וסמך אהרן את שתי ידיו מלמד שהסמיכה בשתי ידים, וזה בנין אב לכל סמיכה שיהיו בשתי ידים, עד כאן. אבל מה שנכתב ידו בכאן בלשון יחיד, בא למעט את השליח, כי אע"פ שבכל מקום שלוחו של אדם כמותו לא נאמר כן בסמיכה, ולכך נכתב ידו. והסמיכה לא היתה אלא בעזרה, ותכף לסמיכה שחיטה, וצריך שיסמוך בכל כחו בשתי ידיו על ראש הבהמה, שכן כתוב על ראש העולה, לא על הצואר ולא על הצדדין.
« Et il posera sa main sur la tête de l’holocauste. » Il est connu que l’appui se fait avec les deux mains, car ils ont enseigné ainsi dans la Torat Kohanim (ibid.) « et Aharon appuiera ses deux mains » : cela enseigne que l’appui se fait avec les deux mains, et c’est un modèle de principe pour tout appui, qu’il se fasse avec les deux mains. Jusqu’ici. Mais ce qui est écrit ici « sa main » au singulier vient exclure le mandataire : bien qu’en tout lieu le mandataire d’un homme soit comme lui, il n’en est pas ainsi pour l’appui, et c’est pourquoi il est écrit « sa main ». Et l’appui ne se faisait que dans le parvis, et aussitôt après l’appui, l’abattage ; et il faut qu’il appuie de toute sa force, des deux mains, sur la tête de l’animal, car il est écrit « sur la tête de l’holocauste », non sur le cou ni sur les côtés.
ושחט את בן הבקר. קבלת רז"ל שהשחיטה כשרה בזר ולכך אמר ושחט בלשון יחיד ולא אמר ושחטו כמו שאמר והקריבו וזרקו בלשון רבים, וחזר בלשון יחיד ואמר והפשיט את העולה כלומר מי ששחט הוא יפשיט, או לוי או ישראל, וכן כתוב (דברי הימים ב ל״ה:י״א) והלוים מפשיטים. ומה שהזכיר לשון בקר הוא בן שתי שנים, שלכך לא הזכיר לשון פר ועגל, כי עגל הוא בן שנה ופר בן שלש שנים, וכן בכל מקום שנאמר כבש או כבשים הוא בן שנה, איל או אילים הוא בן שתי שנים.
« Et il abattra le jeune taureau. » Tradition de nos Sages, de mémoire bénie : l’abattage est valide par un non-prêtre, et c’est pourquoi il a dit « et il abattra » au singulier, et non « et ils abattront », comme il a dit « ils offriront » et « ils aspergeront » au pluriel ; et il revient au singulier et dit « et il écorchera l’holocauste », c’est-à-dire que celui qui a abattu écorche, que ce soit un Lévite ou un Israélite, et ainsi il est écrit (II Chroniques 35,11) « et les Lévites écorchaient ». Et l’expression « bœuf » qu’il a mentionnée désigne un animal de deux ans ; c’est pourquoi il n’a pas employé l’expression « taureau » ou « veau », car le veau a un an et le taureau trois ans, et de même, partout où il est dit « agneau » ou « agneaux », il a un an ; « bélier » ou « béliers », deux ans.
ובפרק ארבעה ראשי שנים היה ר"מ אומר כל מקום שנאמר בתורה עגל סתם בן שנה, בן בקר בן שתים, פר בן שלש. ובתורת כהנים, עגל בן שנה שנאמר (ויקרא ט׳:ג׳) ועגל וכבש בני שנה, בן בקר שתי שנים שנאמר (שם) עגל בן בקר לחטאת ואיל לעולה תמימים, השוה בן בקר לאיל תמימים אף בשנים עד כאן. אבל בשעיר שהוא מקטני העזים תוך שנה או בן שנה נקרא שעיר סתם, ואחר שנה נקרא שעיר עזים.
Et dans le chapitre « Les quatre débuts d’année », Rabbi Méir disait : partout dans la Torah où il est dit « veau » sans précision, il a un an ; « fils de bœuf », deux ; « taureau », trois. Et dans la Torat Kohanim : veau, un an, car il est dit (Lévitique 9,3) « un veau et un agneau d’un an » ; fils de bœuf, deux ans, car il est dit (ibid.) « un veau, fils de bœuf, pour l’offrande de faute, et un bélier pour l’holocauste, sans défaut » : il a égalé le fils de bœuf au bélier, « sans défaut », aussi pour les années. Jusqu’ici. Mais pour le bouc, qui fait partie des petits des chèvres, durant la première année ou à un an, il est appelé simplement « bouc », et après un an, il est appelé « bouc de chèvres ».
ונתנו בני אהרן הכהן אש על המזבח. דרשו רז"ל במסכת יומא פרק הוציאו לו, לא מתו בני אהרן אלא על שהורו הלכה בפני משה רבן, מאי דרוש, ונתנו בני אהרן הכהנים אש על המזבח, אמרו אע"פ שהאש יורדת מן השמים מצוה להביא מן ההדיוט.
« Et les fils d’Aharon le prêtre mettront du feu sur l’autel. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné dans le traité Yoma, au chapitre « On lui sortit » : les fils d’Aharon ne sont morts que pour avoir rendu une décision de loi en présence de Moché leur maître. Quel est l’enseignement ? « Et les fils d’Aharon, les prêtres, mettront du feu sur l’autel » : ils dirent : bien que le feu descende du ciel, c’est un commandement d’en apporter d’un simple particulier.
וכתב הגאון רבינו סעדיה, בזה טעו נדב ואביהוא שחשבו כי מלת ונתנו פירוש שישימו אש מן החוץ על המזבח, ואינו כן, אבל מלת ונתנו הוא כלשון ובערו, שכן מצינו לשון נתינה שפירושו הבערה, והביא ראיה ממה שאמר חזקיה (ישעיהו ל״ז:י״ט) ונתון את אלהיהם באש.
Et le Gaon Rabbénou Saadia a écrit : en cela se sont trompés Nadav et Avihou, qui ont pensé que le mot « et ils mettront » signifie qu’ils placeraient sur l’autel du feu du dehors. Mais il n’en est pas ainsi ; le mot « et ils mettront » est comme le sens de « et ils allumeront », car nous trouvons que l’expression de donner a le sens d’allumer, et il en a apporté la preuve de ce que dit ’Hizqiyahou (Isaïe 37,19) « et ils ont livré leurs dieux au feu ».
ואמר כי מכאן יש להוכיח כמה צריך אדם להזהר בדקדוק המלות בלשון תורתנו, שאפילו נדב ואביהוא שאין בכל ישראל למעלה מהם אחר משה, טעו במשמעות לשון ונתנו, וטעותם היתה סבה להם שהביאו אש זרה מן החוץ ונענשו בחיוב מיתה, כי אמרו שכשאמר משה מפי הגבורה ונתנו בני אהרן הכהן אש, פירושו שישימו על המזבח אש מן החוץ ולא חשו בזה שישאלו למשה והגיע להם העונש הזה, ועל כן היו נזהרים חכמי התלמוד לדקדק בלשון רבן שלא לשנות הכוונה בשום פנים ומזה אמרו חייב אדם לומר בלשון רבו, ולרוב גודל הזהירות שחייב אדם להזהר בדברי התורה במלות לשון הקדש קרא הכתוב מי שהוא משנה כוונת המלות בלשוננו הקדוש מהפך דברי אלהים חיים, הוא שאמר ירמיה הנביא ע"ה (ירמיהו כ״ג:ל״ג) וכי ישאלך העם הזה או הנביא או כהן לאמר מה משא ה' ואמרת אליהם את מה משא ונטשתי אתכם נאם ה', והנביא והכהן והעם אשר יאמר משא ה' ופקדתי על האיש ההוא ועל ביתו, כה תאמרו איש על רעהו ואיש אל אחיו מה ענה ה' ומה דבר ה', ומשא ה' לא תזכרו עוד כי המשא יהיה לאיש דברו.
Et il a dit que de là on peut démontrer combien l’homme doit veiller à la précision des mots de la langue de notre Torah : même Nadav et Avihou, qui n’avaient personne au-dessus d’eux dans tout Israël après Moché, se sont trompés sur le sens du mot « et ils mettront », et leur erreur fut la cause pour laquelle ils apportèrent un feu étranger du dehors et furent punis d’une obligation de mort, car ils dirent que, lorsque Moché dit de la bouche de la Puissance « et les fils d’Aharon le prêtre mettront du feu », cela voulait dire qu’ils placeraient sur l’autel du feu du dehors, et ils ne prirent pas garde de poser la question à Moché, et cette punition leur arriva. C’est pourquoi les sages du Talmud prenaient soin d’être rigoureux sur la langue du maître, pour ne changer l’intention en aucune façon, et de là ils ont dit : l’homme est tenu de parler dans la langue de son maître. Et à cause de la grandeur de la prudence dont l’homme est tenu envers les paroles de la Torah, à propos des mots de la langue sainte, l’Écriture a appelé celui qui change l’intention des mots dans notre langue sainte « celui qui pervertit les paroles du Dieu vivant » ; c’est ce que dit Jérémie le prophète, que la paix soit sur lui (Jérémie 23,33) : « Et quand ce peuple, ou le prophète, ou un prêtre, te demandera : quel est le fardeau de l’Éternel ? tu leur diras : quel fardeau ? Je vous rejetterai, dit l’Éternel. Et le prophète, le prêtre et le peuple qui diront “fardeau de l’Éternel”, je visiterai cet homme et sa maison. Ainsi direz-vous chacun à son prochain et chacun à son frère : qu’a répondu l’Éternel, et qu’a dit l’Éternel ? Et le fardeau de l’Éternel, vous ne le mentionnerez plus, car le fardeau sera pour chacun sa parole. »
כלומר אין פירוש המשא לכם כי אם לאיש הנביא השומע דברו, ואם אתם מתחכמים על פירוש המשא זולתי כפי מה שיצוה הנביא, ואתם משנים כוונת דבריו תהפכו דברי אלהים חיים, זהו שאמר (שם) והפכתם את דברי אלהים חיים ה' צבאות אלהינו.
C’est-à-dire : il ne vous appartient pas d’interpréter le terme « fardeau », mais au prophète qui entend Sa parole ; et si vous faites les habiles sur le sens du fardeau autrement que selon ce que le prophète ordonne, et que vous changez l’intention de ses paroles, vous pervertissez les paroles du Dieu vivant ; c’est ce qu’il a dit (ibid.) « et vous avez perverti les paroles du Dieu vivant, l’Éternel des armées, notre Dieu ».
תאר ה' יתעלה בשלשה שבחים אלה, לבאר כי בעשותם זה הם באים כנגד האבות וכנגד הנביאים וכנגד הקב"ה שנגלה על הר סיני, אמר אלהים חיים על שם הר סיני, שנאמר (דברים ד׳:ל״ג) השמע עם קול אלהים חיים, ואמר ה' צבאות על שם הנביאים, הוא שכתוב (זכריה ז׳:י״ב) אשר שלח ה' צבאות ברוחו ביד הנביאים הראשונים, ואמר אלהינו על שם האבות, שנאמר (יהושע כ״ד:י״ז) כי ה' אלהינו הוא המעלה אותנו ואת אבותינו וגו'. מכאן ראיה מפורשת כמה חייב אדם להזהר בפירוש ספרי הקדש בפסוקים ובמלות, עד כאן. והוא ז"ל פירש מלת ונתנו בלשון ערבי וישעלו"ן, כלשון ובערו, וכענין שכתוב (ויקרא ו׳:ה׳) ובער עליה הכהן עצים.
Il a décrit l’Éternel, qu’Il soit exalté, par ces trois louanges, pour expliquer qu’en faisant cela, ils agissent contre les patriarches, contre les prophètes et contre le Saint, béni soit-Il, qui s’est révélé sur le mont Sinaï. Il a dit « Dieu vivant » en référence au mont Sinaï, comme il est dit (Deutéronome 4,33) « un peuple a-t-il entendu la voix du Dieu vivant ? » ; et il a dit « l’Éternel des armées » en référence aux prophètes, c’est ce qui est écrit (Zacharie 7,12) « que l’Éternel des armées a envoyées par son esprit, par la main des premiers prophètes » ; et il a dit « notre Dieu » en référence aux patriarches, comme il est dit (Josué 24,17) « car l’Éternel notre Dieu est celui qui nous a fait monter, nous et nos pères, etc. ». De là une preuve explicite de combien l’homme est tenu de prendre garde à l’explication des livres saints, dans les versets et dans les mots. Jusqu’ici. Et lui, de mémoire bénie, a expliqué le mot « et ils mettront » en langue arabe par yash’alun, au sens de « et ils allumeront », et comme il est écrit (Lévitique 6,5) « et le prêtre y allumera du bois ».
את הנתחים את הראש. לא היה הראש בכלל ההפשט, שכבר הותז בשחיטה, ועל כן הזכירו הכתוב בפני עצמו. ולמה נאמר הפדר, לומר לך שמעלה הפדר עם הראש ומכסה בו בית השחיטה. ומלת הפדר הוא החלב, וכן תרגומו תרבא, ונקרא פדר והיא מלה הפוכה כאלו אמר הפרד, על שם שהוא מפריד בין הקרבים העליונים והתחתונים, והיה דרך כבוד למעלה כשהיה פורשו על בית השחיטה, וכן היום מנהג נכבדי ארץ באומות שהם פורסין אותו על הצלי.
« Les morceaux, la tête. » La tête ne faisait pas partie de l’écorchage, car elle avait déjà été détachée lors de l’abattage, et c’est pourquoi l’Écriture l’a mentionnée à part. Et pourquoi est-il dit « la graisse (haféder) » ? Pour te dire qu’on la fait monter avec la tête et qu’on en couvre l’endroit de l’abattage. Et le mot féder est la graisse, et ainsi le traduit le Targoum, terba ; il est appelé féder, et c’est un mot retourné, comme s’il avait dit pérèd, parce qu’il sépare entre les entrailles supérieures et inférieures ; et c’était une manière d’honneur en haut lorsqu’on l’étendait sur l’endroit de l’abattage, et de même, de nos jours, c’est la coutume des notables du pays parmi les nations de l’étendre sur le rôti.
והקטיר הכהן את הכל המזבחה עולה אשה ריח ניחוח לה'. על דרך הפשט טעם הקרבנות הכל לתועלת האדם, כי חפץ ה' יתעלה באדם שהוא מבחר המין ושבשבילו נברא העולם, שיהיה כלו שכלי כמלאך ה' צבאות בלא חטא, והיה כי יחטא אשם מצד היצר הרע הנטוע בו, ראוי לו שיתנחם ויכיר ויתבונן בפחיתות עצמו ובערך רוממות האדון יתעלה אשר המרה את פיו, ויתחייב שישים אל לבו כי חטא לפניו בגופו ובנפשו, ומפני שכל פעולות האדם נכללות בשלשה דברים, והם המעשה והדבור והמחשבה שהם שלשה חלקי החטא, על כן תחייב התורה את האדם להביא קרבן על חטאו ושיסמוך את ידיו עליו כנגד המעשה,
« Et le prêtre fera fumer le tout sur l’autel : c’est un holocauste, un sacrifice par le feu, d’agréable odeur pour l’Éternel. » Selon le sens simple, la raison des sacrifices est tout entière pour le profit de l’homme, car le désir de l’Éternel, qu’Il soit exalté, est pour l’homme, qui est le choix de l’espèce et pour qui le monde a été créé, qu’il soit tout intellectuel comme l’ange de l’Éternel des armées, sans faute ; et s’il arrive qu’il devienne coupable de péché du fait du mauvais penchant planté en lui, il convient qu’il se repente, reconnaisse et considère sa bassesse et la valeur de l’élévation du Maître, qu’Il soit exalté, à qui il a désobéi, et qu’il soit tenu de mettre dans son cœur qu’il a péché devant Lui, par son corps et par son âme. Et puisque toutes les actions de l’homme sont comprises dans trois choses, qui sont l’action, la parole et la pensée, qui sont les trois parties de la faute, c’est pourquoi la Torah oblige l’homme à apporter un sacrifice pour sa faute et à appuyer ses mains sur lui, pour correspondre à l’action,
ושיתודה בפיו כנגד הדבור, ושישרוף כלי העצה והמחשבה שהסכימו בחטא והם הקרב והכליות כנגד המחשבה, כדי שיתכפר בשלשה דברים אלו על שלשת חלקי החטא, וראוי לו שיזרק דמו של קרבן על גבי המזבח כנגד דמו, וכאשר יעשה כל הענינים האלה יחשוב בלבו כי הוא מתחייב מיתה בחטאו וראוי להענש בארבע מיתות בית דין שהם סקילה שרפה הרג וחנק, כשהוא לוקח הבהמה ומשליכה ודוחף אותה לארץ הרי זה כענין סקילה, וכאלו מודה שהוא חייב סקילה, וכששוחט אותה ותקף בשעת שחיטה בצוארה כדי שלא ישהה הרי שעשה הרג וחנק כאלו מודה שהוא חייב הרג וחנק, וכשהוא שורפה כאלו מודה שהוא חייב שרפה.
et à confesser de sa bouche, pour correspondre à la parole, et à brûler les organes du conseil et de la pensée qui ont consenti à la faute, qui sont les entrailles et les reins, pour correspondre à la pensée, afin qu’il obtienne l’expiation par ces trois choses pour les trois parties de la faute ; et il convient que le sang du sacrifice soit répandu sur l’autel pour correspondre à son propre sang. Et lorsqu’il accomplit toutes ces choses, il pensera dans son cœur qu’il est passible de mort pour sa faute et qu’il convient de le punir des quatre morts du tribunal, qui sont la lapidation, le feu, la décapitation et la strangulation : lorsqu’il prend l’animal, le jette et le pousse à terre, c’est comme la lapidation, comme s’il reconnaissait être passible de lapidation ; et lorsqu’il l’abat en saisissant fortement son cou au moment de l’abattage afin de ne pas tarder, il a fait la décapitation et la strangulation, comme s’il reconnaissait être passible de décapitation et de strangulation ; et lorsqu’il le brûle, c’est comme s’il reconnaissait être passible du feu.
ודומה לזה דרשו רז"ל בענין העקדה (בראשית כ״ב:י״ג) ויעלהו לעולה תחת בנו, מהו תחת בנו אלא על כל עבודה שהיה עושה אברהם באיל היה מתפלל יהי רצון מלפניך שתהיה עבודה זו חשובה כאלו היא עשויה בבני, כאלו הוא שחוט, כאלו דמו זרוק, כאלו הוא נשרף ונעשה דשן. וכיון שהחוטא ראוי שיהיה דמו נשפך כדם הקרבן, ושיהיה גופו נשרף כגוף הקרבן, והקב"ה לוקח קרבנו ממנו תמורתו וכופרו, הנה זה חסד גמור אשר גמלהו הש"י ברחמיו וברוב חסדיו לקח נפש הבהמה תחת נפשו ושיתכפר בה.
Et semblable à cela, nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné à propos de la ligature (Genèse 22,13) « et il l’offrit en holocauste à la place de son fils » : que signifie « à la place de son fils » ? Pour chaque service qu’Avraham accomplissait avec le bélier, il priait : « Que ce soit ta volonté que ce service soit considéré comme s’il avait été fait sur mon fils, comme s’il était égorgé, comme si son sang était répandu, comme s’il était brûlé et réduit en cendres. » Et puisque le fautif devrait voir son sang répandu comme le sang du sacrifice et son corps brûlé comme le corps du sacrifice, et que le Saint, béni soit-Il, prend son sacrifice de lui comme substitut et rançon, voilà qui est une grâce complète que le Nom, qu’Il soit béni, lui a rendue dans Sa miséricorde et dans l’abondance de Ses bontés : Il a pris l’âme de l’animal à la place de son âme pour qu’il obtienne par elle l’expiation.
וטעם זה נכון ומתיישב על הלב, ואע"פ שאין התועלת בקרבנות לפי הדרך הזה כי אם לחוטא המקריב לבדו, הנה הקרבן יקראנו הכתוב אשה ריח ניחוח לה', מפני שרצונו של הקב"ה דבק בחוטא הזה אחר שנחם על חטאו והקריב קרבנו, והוא יתעלה צוה לו בזה ונעשה רצונו.
Et cette raison est juste et s’établit dans le cœur ; et bien que, selon cette voie, le profit des sacrifices ne revienne qu’au fautif qui offre, seul, l’Écriture appelle pourtant le sacrifice « un sacrifice par le feu d’agréable odeur pour l’Éternel », parce que la volonté du Saint, béni soit-Il, est attachée à ce fautif après qu’il s’est repenti de sa faute et a offert son sacrifice, et Il lui a ordonné cela, qu’Il soit exalté, et Sa volonté a été faite.
וע"ד המדרש כתיב (תהילים נ׳:ט׳) אם ארעב לא אומר לך כי לי תבל ומלואה, (שם) לא אקח מביתך פר ממכלאותיך עתודים, כי לי כל חיתו יער בהמות בהררי אלף. א"ר שמעון י"ג מדות של רחמים כתוב בהקב"ה, שנאמר (שמות ל״ד:ו׳) ויעבור ה' על פניו וגו', יש רחמן מוסר מזונותיו לאכזרי הוי אומר אם ארעב לא אומר לך.
Et selon le Midrash, il est écrit (Psaumes 50,9) « si j’avais faim, je ne te le dirais pas, car à moi est le monde et ce qu’il contient » ; (ibid.) « je ne prendrai pas de taureau de ta maison, ni de boucs de tes étables, car à moi sont toutes les bêtes de la forêt, le bétail sur mille montagnes ». Rabbi Shim’on a dit : treize attributs de miséricorde sont écrits à propos du Saint, béni soit-Il, comme il est dit (Exode 34,6) « et l’Éternel passa devant lui, etc. ». Y a-t-il un miséricordieux qui livre sa nourriture à un cruel ? Dis donc : « si j’avais faim, je ne te le dirais pas ».
א"ר יהודה בר סימון אמר הקב"ה עשר מיני בהמות טהורות מסרתי לך שלש ברשותך ושבע שלא ברשותך, שלש ברשותך, שור שה כשבים ושה עזים שבע שלא ברשותך, איל וצבי ויחמור ואקו ודישון ותאו וזמר, ומאלו שאינן ברשותך לא הטרחתי עליך שתביא לפני קרבן מהן, אלא מאותן שברשותך מן הגדלים על אבוסך, הוי אומר אם ארעב לא אומר לך. אמר ר' יצחק את קרבני לחמי, וכי יש לפניו אכילה ושתיה, למד ממלאכי השרת שכתוב בהם (תהילים ק״ד:ד׳) משרתיו אש לוהט, מהיכן ניזונין, מזיו השכינה, שנאמר (משלי ט״ז:ט״ו) באור פני מלך חיים.
Rabbi Yehouda bar Simon a dit : le Saint, béni soit-Il, a dit : dix espèces de bêtes pures je t’ai livrées : trois sont en ta possession et sept ne sont pas en ta possession. Trois en ta possession : le bœuf, le mouton et la chèvre. Sept qui ne sont pas en ta possession : le ayal, le tsvi, le yahmour, l’akko, le dishon, le teo et le zemer. Et de celles qui ne sont pas en ta possession, Je ne t’ai pas astreint à m’apporter un sacrifice, mais de celles qui sont en ta possession, de celles qui grandissent à ta crèche. Dis donc : « si j’avais faim, je ne te le dirais pas ». Rabbi Yits’haq a dit : « mon sacrifice, mon pain » : y a-t-il devant Lui manger et boire ? Apprends des anges serviteurs, dont il est écrit (Psaumes 104,4) « ses serviteurs, un feu ardent » : d’où sont-ils nourris ? De l’éclat de la Présence, comme il est dit (Proverbes 16,15) « dans la lumière de la face du roi, il y a la vie ».
ר' שמעון בן לקיש אמר למד ממשה רבינו ע"ה דכתיב (שמות ל״ד:כ״ח) ויהי שם עם ה' ארבעים יום וארבעים לילה לחם לא אכל ומים לא שתה, ומה משה שהיה בשליחותו לחם לא אכל ומים לא שתה, הוי אומר אם ארעב לא אומר לך.
Rabbi Shim’on ben Laqish a dit : apprends de Moché notre maître, que la paix soit sur lui, car il est écrit (Exode 34,28) « et il fut là avec l’Éternel quarante jours et quarante nuits, il ne mangea pas de pain et ne but pas d’eau » ; si Moché, qui était dans sa mission, ne mangea pas de pain et ne but pas d’eau, dis donc : « si j’avais faim, je ne te le dirais pas ».
וע"ד השכל ענין הקרבנות ותועלתם הוא, כי כל חוטא הן במחשבה הן במעשה הוא מצד רוח הטומאה שהוא מתלבש בו, וכאשר ירצה שיתכפר לו יצטרך שיכלה ויבריח ממנו אותו רוח הטומאה, ועם זה היה נטהר, ומכופר ולכך יש לו להקריב העז או השעיר שהם מחלק רוח הטומאה ומהצד ההוא ואש המזבח תשרף ותכלה הכל ביחד שהרי החוטא שרף את עצמו באש של יצר הרע ותבא אש המזבח ותשלוט עליו לכלותו לגמרי כליון חרוץ, וזהו שאמרו אש אוכלת אש, אש של מזבח אוכלת אש אחרת של מעלה, וכן למטה אש אוכלת אש אש של מזבח אוכלת אש של יצר הרע ועל כן לא תכבה לעולם.
Et selon la raison, le sujet des sacrifices et leur utilité est que tout fautif, que ce soit en pensée ou en action, l’est du côté de l’esprit d’impureté qui est revêtu en lui ; et lorsqu’il voudra obtenir l’expiation, il lui faudra anéantir et chasser de lui cet esprit d’impureté, et ainsi il serait purifié et expié. C’est pourquoi il doit offrir la chèvre ou le bouc, qui relèvent de la part de l’esprit d’impureté et de ce côté-là, et le feu de l’autel brûlera et anéantira le tout ensemble, car le fautif s’est brûlé lui-même par le feu du mauvais penchant, et le feu de l’autel viendra et dominera ce feu pour l’anéantir entièrement, d’un anéantissement décrété. Et c’est ce qu’ils ont dit : « un feu dévore un feu » : le feu de l’autel dévore un autre feu d’en haut ; et de même en bas, un feu dévore un feu : le feu de l’autel dévore le feu du mauvais penchant, et c’est pourquoi il ne s’éteindra jamais.
ובספר המורה כתב הרב ז"ל בטעם הקרבנות כי באו בתורה כדי לעקור ע"ג מן העולם, לפי שהיה מנהג הקדמונים מהאומות שהם עובדי עכו"ם שהיו בונים היכלות ומקריבין קרבנות לכחות העליונים, והיתה מחשבתם כי יתעלה ויתגבר מזלם בכך וימשיכו בזה כח הצלחה ותוספת טובה, שכן מצינו המצריים והכשדים שהיו עובדים לבקר ולצאן, המצריים היו עובדים לצורת הצאן לפי שהיו יודעים כחו הגדול למעלה, שממנו העולם מתברך במין הצאן שהוא גדול הריוח ורב התועלת בגזה ובולדות ובחלב, ולכבוד כחו ויסודו אשר למעלה שהוא מזל טלה לא היו אוכלים אותו כלל,
Et dans le livre du Guide, le Rav, de mémoire bénie, a écrit, sur la raison des sacrifices, qu’ils sont venus dans la Torah pour extirper l’idolâtrie du monde, car c’était la coutume des anciens parmi les nations qui servaient les idoles de construire des temples et d’offrir des sacrifices aux forces supérieures, et leur pensée était que par là leur destin serait élevé et fortifié et qu’ils attireraient ainsi une force de réussite et un surcroît de bien. Ainsi nous trouvons les Égyptiens et les Chaldéens qui servaient le gros bétail et le petit bétail : les Égyptiens servaient la forme du mouton, parce qu’ils connaissaient sa grande force en haut, de laquelle le monde est béni dans l’espèce du petit bétail, qui est d’un grand rapport et d’un grand profit par sa tonte, ses petits et son lait, et par honneur pour sa force et son fondement en haut, qui est le signe du Bélier, ils ne le mangeaient pas du tout,
וגם לא היו משתמשין בו להיות אנשי מצרים רועי צאן כיתר האומות, והוא שכתוב (בראשית מ״ו:ל״ד) כי תועבת מצרים כל רועי צאן, וכן הכשדים היו עובדים לצורת בקר לפי שהבקר סבת החרישה שהוא קיום העולם, כענין שכתוב (משלי י״ד:ד׳) ורב תבואות בכח שור, ולפי שהיו יודעים בחכמתם כח הבקר ויסודו למעלה והוא מזל שור, לכך היו נוהגין איסור בשחיטת הבקר ולא היו אוכלין אותו לכבוד כחו שממנו העולם מתברך במין הבקר, ועוד היום אנשי הודו נזהרים שלא ישחטו בקר, ועל כן תצוה התורה לשחוט המינים האלה להקב"ה,
et ils ne s’en servaient pas non plus en devenant bergers de petit bétail comme les autres nations ; et c’est ce qui est écrit (Genèse 46,34) « car tout berger de petit bétail est une abomination pour l’Égypte ». Et de même les Chaldéens servaient la forme du bœuf, parce que le gros bétail est la cause du labour, qui est le soutien du monde, selon ce qui est écrit (Proverbes 14,4) « et l’abondance des récoltes vient de la force du bœuf » ; et parce qu’ils connaissaient dans leur sagesse la force du bœuf et son fondement en haut, qui est le signe du Taureau, ils observaient l’interdit d’abattre le gros bétail et ne le mangeaient pas, par honneur pour sa force, de laquelle le monde est béni dans l’espèce du gros bétail ; et aujourd’hui encore les gens de l’Inde se gardent d’abattre le gros bétail. C’est pourquoi la Torah ordonne d’abattre ces espèces pour le Saint, béni soit-Il,
וזהו שאמר מן הבקר ומן הצאן, כדי שיתפרסם כי הדבר שהיו הם חושבים שהוא בתכלית העבודה הוא בתכלית הכפרה, כי בהקריבם אותם להקב"ה בו יתכפרו העונות, שהרי אמונות רעות שהן חליי הנפש לא יתרפאו כי אם בהפכן, כשם שחולי הגוף אינו מתרפא כי אם בהפכו, וכל כוונת התורה אינה כי אם לעקור זכר ע"ג מן העולם ולשרש אותה משרשיה, ולברוח ממנהג עובדיה, ושלא לעשות כמעשיהם אפילו לשמים, ועל כן היו הקרבנות אשה ריח ניחוח לה', כי כאשר יסכימו הכל להקריב להקב"ה ולעבדו שכם אחד לבדו ולא לע"ג,
et c’est ce qu’il a dit : « du gros bétail et du petit bétail », afin de faire connaître que la chose qu’ils pensaient être le comble du service est le comble de l’expiation, car en les offrant au Saint, béni soit-Il, les fautes sont expiées, car les croyances mauvaises, qui sont des maladies de l’âme, ne se guérissent que par leur contraire, de même que la maladie du corps ne se guérit que par son contraire ; et toute l’intention de la Torah n’est que d’extirper le souvenir de l’idolâtrie du monde, de la déraciner de ses racines, de fuir la coutume de ses serviteurs, de ne pas faire comme leurs actes, même pour le Ciel. Et c’est pourquoi les sacrifices étaient « un sacrifice par le feu d’agréable odeur pour l’Éternel », car lorsque tous s’accorderont à offrir au Saint, béni soit-Il, et à Le servir d’un seul cœur, Lui seul et non l’idolâtrie,
אז יתיחד בזה שם שמים, כי אין יחוד במקום ע"ג, ומן הטעם הזה הם רצונו יתעלה. זה דרך הרב רבינו משה ז"ל וסברתו. וכמה היה טעם נכון ומספיק לולא שמצינו צדיקים וגדולים שהקריבו קרבנות בזמן שלא היה ע"ג בעולם, כי אדם הראשון הביא קרבן, והבל הביא גם הוא גם נח ובניו בצאתם מן התבה הקריבו קרבנות ונתקבלו קרבנם והזכיר בו הכתוב ריח ניחוח, שנאמר (בראשית ח׳:כ״א) וירח ה' את ריח הניחוח, ואין בכל העולם עדין מצרי או כשדי.
alors le Nom du Ciel sera unifié par là, car il n’y a pas d’unification à la place de l’idolâtrie, et pour cette raison ils sont Sa volonté, qu’Il soit exalté. Telle est la voie du Rav Rabbénou Moché, de mémoire bénie, et son opinion. Et combien cette raison eût été juste et suffisante, n’eût été que nous trouvons des justes et des grands qui ont offert des sacrifices à un moment où il n’y avait pas d’idolâtrie dans le monde : Adam le premier homme apporta un sacrifice, et Hevel en apporta aussi, et Noa’h et ses fils, à leur sortie de l’arche, offrirent des sacrifices, et leur sacrifice fut accepté, et l’Écriture y mentionne « agréable odeur », comme il est dit (Genèse 8,21) « et l’Éternel sentit l’agréable odeur » ; et il n’y avait pas encore, dans tout le monde, d’Égyptien ni de Chaldéen.
אבל ענין הקרבנות אשר הם מימות עולם, הוא ענין פנימי וסוד נעלם, ולדרך היחוד מדרגה וסולם, אעוררך עליו, אליו אשא דעי בדרך הזה הרבעי, כל הידעו חייב להעלימו ולהסתירו, ואין ראוי לו למסרו כי אם לכבוד יוצרו, ליחידים החסידים החרדים אל דברו, הלא סבת סודו לפניך אקיים ברמזים קרובים, למבין מדבש מתוקים, וממי שאינו מבין רחוקים, כי הדברים עתיקים, מים עמוקים.
Mais le sujet des sacrifices, qui sont depuis les jours d’autrefois, est un sujet intérieur et un secret caché, et, pour la voie de l’unification, un degré et une échelle ; je t’éveillerai à ce sujet ; vers lui j’élèverai ma connaissance par cette voie, la quatrième. Quiconque le connaît est tenu de le cacher et de le dissimuler, et il ne convient de le transmettre que pour l’honneur de son Créateur, aux élus, pieux, qui tremblent à Sa parole. Est-ce que la cause de son secret n’est pas devant toi ? Je l’établirai par des allusions proches, plus douces que le miel pour qui comprend, et éloignées de qui ne comprend pas, car ces choses sont anciennes, des eaux profondes.
ע"ד הקבלה אומר כי הקרבן הוא היחוד, וזהו לשון קרבן כלומר קרוב הכחות ושמותיו של הקב"ה, וכל מי שהוא מקריב אליו השמות הוא מיחד, וכשאמר והקטיר הכהן את הכל המזבחה בתוספת ה"א, לא בא לסתום כי אם לפרש, כי הוא ה"א אחרונה שבשם המקבלת תחלה ונקראת מזבח, ומשם תתחיל המחשבה מעלוי לעלוי עד המחשבה הטהורה, וכן תמצא בדברי הימים (ב כט) ויאמר יחזקיהו להעלות העולה להמזבח, לא אמר למזבח אלא להמזבח בתוספת ה"א, וכן (תהילים כ׳:ד׳) ועולתך ידשנה סלה, בתוספת ה"א.
Selon la Kabbale, je dis que le sacrifice est l’unification, et c’est le sens du mot qorban, c’est-à-dire le rapprochement des forces et des noms du Saint, béni soit-Il ; et quiconque Lui offre les noms les unifie. Et lorsqu’il a dit « et le prêtre fera fumer le tout sur l’autel (hamizbé’ha) » avec l’ajout d’un hé, il n’est pas venu pour fermer mais pour expliquer, car c’est le hé final du Nom, qui reçoit en premier et qui est appelé autel ; et de là commence la pensée, d’élévation en élévation, jusqu’à la pensée pure. Et ainsi tu trouves dans les Chroniques (II Chroniques 29) « et ’Hizqiyahou dit de faire monter l’holocauste sur l’autel », il n’a pas dit lemizbéa’h mais lahamizbé’ha, avec l’ajout d’un hé ; et de même (Psaumes 20,4) « et ton holocauste, qu’il l’engraisse, séla », avec l’ajout d’un hé.
עולה אשה, אמר עולה כי עשן הקרבן היה עולה עד הה"א והה"א מגעת אותו משם ולמעלה, ואחר כלות העשן חוזר הבשר ומתהפך לאש וזהו שאמר אשה, ואחר שיתבטל האש חוזר להיות רוח, ואותו רוח מתקרב ומתערב להתיחד ברוח ובריח עד המחשבה הטהורה וזהו שאמר ריח כלומר המשכת הרצון והשפע היורד לה' כלומר למדת רחמים, וזה לשון ריח ניחוח לה', מלשון (מלכים ב ב׳:ט״ו) נחה רוח אליהו על אלישע, כן הרוח העליון תנוח ותרד למדת רחמים שהוא קיום העולם, וזהו באור מלות עולה אשה ריח ניחוח לה', כי מתחלה יש להעלות האשה לה' וריח הוא ההמשכה מלמעלה להוריד לה'.
« Holocauste, sacrifice par le feu » : il a dit « holocauste (’olah) » parce que la fumée du sacrifice montait jusqu’au hé, et le hé la fait atteindre à partir de là vers le haut ; et après que la fumée a pris fin, la chair se retourne et devient feu, et c’est ce qu’il a dit « sacrifice par le feu (isheh) » ; et après que le feu a cessé, il redevient esprit, et cet esprit s’approche et se mêle pour s’unifier dans l’esprit et dans l’odeur, jusqu’à la pensée pure, et c’est ce qu’il a dit « odeur (réa’h) », c’est-à-dire l’attraction de la volonté et de l’abondance qui descend « pour l’Éternel », c’est-à-dire vers l’attribut de miséricorde ; et c’est le sens de « odeur d’agrément pour l’Éternel », de l’expression (II Rois 2,15) « l’esprit d’Éliyahou repose (na’hah) sur Élisha » : de même l’esprit supérieur reposera et descendra vers l’attribut de miséricorde, qui est le maintien du monde. Et voici l’explication des mots « holocauste, sacrifice par le feu, odeur d’agrément pour l’Éternel » : d’abord il faut faire monter le feu pour l’Éternel, et l’odeur est l’attraction d’en haut pour descendre vers l’Éternel.
ודרשו בתורת כהנים עולה אשה ריח ניחוח לה', עולה לשם עולה, אשה לשם אשים, ריח לשם ריח, ניחוח לשם נחת רוח, לה' לשם מי שעשה את העולם. ובאור זה, עולה לשם עולה לשם העשירית המתעלה, ולא ששם תכלית הכונה אלא שמשם תתחיל המחשבה ומשם תבא אל הקדש, אשה לשם אשים הוא הכבוד המקבל מן הפחד ושניהם נקראים אשים, וזהו את קרבני לחמי, יכול לחמי ת"ל לאשי, לאשים אתם נותנים.
Et nos Sages ont enseigné dans la Torat Kohanim : « holocauste, sacrifice par le feu, odeur d’agrément pour l’Éternel » : « holocauste » au nom de l’holocauste ; « feu » au nom des feux ; « odeur » au nom de l’odeur ; « agrément » au nom de la satisfaction de l’esprit ; « pour l’Éternel » au nom de Celui qui a fait le monde. Et voici l’explication : « holocauste », au nom de l’holocauste, au nom de la dixième qui s’élève, non pas que là soit le but de l’intention, mais c’est de là que commence la pensée et de là qu’elle vient vers le Saint ; « feu », au nom des feux : c’est la Gloire qui reçoit de la Crainte, et les deux sont appelés feux, et c’est « mon sacrifice, mon pain » : on pourrait penser « mon pain » ; l’Écriture dit « à mes feux » : c’est aux feux que vous donnez.
וכן במדרש שיר השירים (שיר השירים א׳:ט״ו) הנך יפה רעיתי, פרנסתי, אמר הקב"ה לישראל מה שאתם נותנין לאשי כביכול כאלו אתם מפרנסים אותי, ועל כן באה מלת אשה בה"א והיא נוספת כה"א (תהילים ח׳:ח׳) צנה ואלפים כלם, כי עיקר המלה אש, וטעם התוספת שלא אמר אש כדי שתהיה המלה כפשוטה, ועוד לרמוז על ה"א אחרונה שבשם, ועל החמישית גם כן הנקראת האש הגדולה.
Et de même dans le Midrash sur le Cantique des Cantiques (Cantique des Cantiques 1,15) « voici, tu es belle, mon amie » : ma pourvoyeuse. Le Saint, béni soit-Il, a dit à Israël : ce que vous donnez à Mes feux, c’est, pour ainsi dire, comme si vous Me pourvoyiez. Et c’est pourquoi le mot isheh est venu avec un hé, et il est ajouté comme le hé de (Psaumes 8,8) « tsonah et alafim kullam » ; car la racine du mot est esh, et la raison de l’ajout, c’est qu’il n’a pas dit esh pour que le mot soit selon son sens simple, et aussi pour faire allusion au hé final du Nom, et aussi à la cinquième, appelée le grand feu.
ריח לשם ריח כלומר לשם המקום שמשם כל ההמשכות נמשכות למטה, ומשם תנוח ותרד ההמשכה לה' שהוא הרחמים, ואז יתברכו העליונים והשפלים השמים והארץ וכל אשר בם, וזה לשם ריח ניחוח אשה לה', כלומר ירידת ההמשכה והנחת הרוח משם לה' למדת רחמים שבו העולם מתקיים, וזהו שאמר לה' לשם מי שעשה את העולם, כאלו אמרו למדת רחמים שאין קיום העולם אלא בו, וכמו שאמרו ראה שאין העולם מתקיים בדין ושתף עמו מדת רחמים.
« Odeur », au nom de l’odeur, c’est-à-dire au nom du Lieu d’où toutes les attractions sont attirées vers le bas ; et de là l’attraction reposera et descendra vers l’Éternel, qui est la miséricorde, et alors seront bénis les êtres supérieurs et inférieurs, les cieux et la terre et tout ce qu’ils contiennent. Et c’est « au nom de l’odeur d’agrément, sacrifice par le feu pour l’Éternel », c’est-à-dire la descente de l’attraction et la satisfaction de l’esprit de là vers l’Éternel, vers l’attribut de miséricorde par lequel le monde subsiste ; et c’est ce qu’il a dit : « pour l’Éternel, au nom de Celui qui a fait le monde », comme s’ils disaient : vers l’attribut de miséricorde, car le monde ne subsiste que par lui, et comme ils ont dit : Il a vu que le monde ne subsiste pas par le jugement, et Il y a associé l’attribut de miséricorde.
והנה כל מדה ומדה היתה מסתפקת מן הקרבן והכוונה להמשיך ולהניח הרוח העליון במדות ולהקריב המדות אליו וזהו היחוד, וזהו לשון (במדבר כ״ח:ב׳) תשמרו להקריב לי, לא אמר לקרב אלא להקריב, כלומר להקריב לי הכחות והמדות ולכך נקרא קרבן שהוא קרוב הכחות והמדות.
Et voici que chaque attribut puisait dans le sacrifice, et l’intention est d’attirer et de faire reposer l’esprit supérieur sur les attributs et de rapprocher de Lui (lehaqriv) les attributs, et c’est l’unification ; et c’est le sens de (Nombres 28,2) « vous veillerez à Me présenter » : il n’a pas dit « à rapprocher (leqarev) » mais « à présenter (lehaqriv) », c’est-à-dire à M’offrir les forces et les attributs, et c’est pourquoi il est appelé qorban, qui est le rapprochement des forces et des attributs.
וצריך שתתעורר במה שאמרו במסכת יומא סוף פרק קמא, אע"פ שהאש יורדת מן השמים מצוה להביא מן ההדיוט, כי בהיות שם שתי אשות מעורבות היה אות וסימן כי יש קשור להדיוט עם הגבורה על ידי הקרבן, וכמו ששתי אשות אלו מתערבות ומתיחדות זו עם זו כן רצון ההדיוט עם הגבוה מתיחדים זה עם זה, וכן העשן העולה מפעולת הקרבנות למטה היתה סבה לפעולה והתעוררות למעלה בהדלקת השפע בניצוצי אוריו בצינורות המדות, וזה בדמיון שתי נרות זו על זו כשתדליק התחתונה מתוך העשן העולה ממנה תתאחז השלהבת בעליונה ותדלוק.
Et il te faut réfléchir à ce qu’ils ont dit dans le traité Yoma, à la fin du premier chapitre : « bien que le feu descende du ciel, c’est un commandement d’en apporter d’un simple particulier », car, du fait qu’il y avait là deux feux mêlés, c’était un signe et un indice qu’il y a un lien du simple particulier avec la Puissance par le sacrifice ; et de même que ces deux feux se mêlent et s’unissent l’un à l’autre, ainsi la volonté du simple et celle du Très-Haut s’unissent l’une à l’autre. Et de même, la fumée qui monte de l’action des sacrifices en bas était la cause d’une action et d’un éveil en haut, par l’allumage de l’abondance dans les étincelles de ses lumières, dans les canaux des attributs ; et c’est à la ressemblance de deux lampes l’une sur l’autre : lorsque tu allumes l’inférieure, à partir de la fumée qui monte d’elle la flamme s’accroche à la supérieure et l’enflamme.
גם צריך שתתעורר במה שהיה קרבן עולה זכר ולא נקבה, והחטאת נקבה ולא זכר, והשלמים אם זכר אם נקבה, הטעם הוא כי תכלית הכוונה בקרבן עולה שהוא למעלה מהמקום ששם מתחלקין זכר ונקבה, כלומר למעלה מן המדות שיש בהן פועל ומקבל, אבל קרבן שלמים היה בין זכר בין נקבה כי הוא לקו האמצעי המשלים בין המדות והכלול מהן, וכן שלמים אותיות משלים וכבר הזכרתי זה למעלה, ולכן כתוב בשלמים אם זכר אם נקבה, והחטאת נקבה ולא זכר כי הוא למדת שמור, ובדין שיהיה הקרבן נקבה.
Il faut aussi que tu réfléchisses à ceci : pourquoi l’holocauste était mâle et non femelle, l’offrande pour la faute femelle et non mâle, et les sacrifices de paix mâle ou femelle. La raison est que le but de l’intention dans le sacrifice d’holocauste est au-dessus du lieu où se partagent le mâle et la femelle, c’est-à-dire au-dessus des attributs dans lesquels il y a un agent et un récepteur ; mais le sacrifice de paix était soit mâle soit femelle, car il correspond à la ligne médiane qui complète les attributs et qui les contient, et de même shelamim, ce sont des lettres de « complète » (mashlim), et je l’ai déjà mentionné plus haut ; c’est pourquoi il est écrit à propos des sacrifices de paix « soit mâle, soit femelle ». Et l’offrande pour la faute est femelle et non mâle, car elle correspond à l’attribut de « shamor » (garde), et il est juste que le sacrifice soit femelle.
ומה שהיה קרבן אשם זכר, כי האשם בא על חיוב כרת וכדי שיתכפר בו החוטא ותשוב נפשו אל האלהים אשר נתנה כלומר אל הבינה אשר שם יסוד הנפשות ושמה תשובתן, על כן היה זכר, כי המקום הזה הוא למעלה מן המדות, וזהו שאמרו רבותינו ז"ל במקום שבעלי תשובה עומדין צדיקים גמורים אינן יכולין לעמוד, ובאור סוד המאמר הזה כי צדיקים יסוד עולם מעונו של עולם אבל בעלי תשובה תשובתם הרמתה כי שם ביתם.
Et si le sacrifice de culpabilité est mâle, c’est parce que le sacrifice de culpabilité vient pour une obligation de retranchement, et pour que le fautif obtienne l’expiation et que son âme retourne vers Dieu qui l’a donnée, c’est-à-dire vers la Bina, où se trouve le fondement des âmes et où est leur retour ; c’est pourquoi il était mâle, car ce lieu est au-dessus des attributs. Et c’est ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : « là où se tiennent les repentis, les justes parfaits ne peuvent se tenir ». Et l’explication du secret de cette sentence est que les justes sont « le fondement du monde » (la demeure du monde), tandis que les repentis, leur retour est vers Ramah, car là est leur maison.
על ירך המזבח צפונה. ודרשו רז"ל רוח צפונית אינה מסובבה, וכסא של שלש רגלים אינו עומד ויצטרך רגל רביעי, ולכך הקרבנות רגל העולם, וכן הכתוב אומר (תהילים מ״ח:ג׳) הר ציון ירכתי צפון, ומזה שנינו איזהו מקומן של זבחים קדשי קדשים שחיטתן בצפון, אין ספק כי התנא הזה היה יודע כי ביהמ"ק הוא מקום הקרבנות, אבל מה שהזכיר בלשון שאלה איזהו מקומן של זבחים, הכוונה באיזה רוח, והוא משיב שחיטתן בצפון, כי כן הוכיחו רז"ל מן הכתוב הזה הנזכר בקרבן עולה. ומה שאמר ודמן טעון הזיה על בין הבדים, פירושו כנגד הבדים שהוא מקום שהשכינה שם, וכענין שכתוב (שיר השירים א׳:י״ג) בין שדי ילין, כלומר בי"ן שד"י ובאור אותיותיו שני בדי הארון.
« Sur le côté de l’autel, au nord. » Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : le côté nord n’est pas fermé par une enceinte, et un siège à trois pieds ne tient pas debout et il lui faut un quatrième pied, c’est pourquoi les sacrifices sont le pied du monde ; et de même l’Écriture dit (Psaumes 48,3) « la montagne de Sion, aux confins du nord » ; et de là nous avons appris : « quel est le lieu des sacrifices ? Les sacrifices de sainteté des saintetés, leur abattage se fait au nord ». Il n’y a pas de doute que ce Tanna savait que le Temple est le lieu des sacrifices, mais ce qu’il a mentionné sous forme de question, « quel est le lieu des sacrifices », signifie dans quelle direction, et il répond : leur abattage se fait au nord, car ainsi nos Sages l’ont démontré à partir de ce verset cité à propos de l’holocauste. Et ce qu’il a dit « et leur sang requiert l’aspersion entre les barres », son explication est : en face des barres, qui est le lieu où se trouve la Présence, et selon ce qui est écrit (Cantique des Cantiques 1,13) « entre mes seins il passera la nuit » : c’est-à-dire « bein Shaddai », et l’explication de ses lettres : les deux barres de l’arche.
ובפרקי ר' אליעזר ארבע רוחות נבראו בעולם, מזרח שמשם האור יוצא לעולם, דרום שמשם טללי ברכה וגשמי ברכה יוצאין לעולם, מערב שמשם אוצרות שלג ואוצרות ברד וקור וחום וגשמים יוצאין לעולם, צפון שמשם החשך יוצא לעולם, ורוח צפון בראו ולא גמרו, אמר הקב"ה כל מי שיאמר אני אלוה יבא ויגמור הפנה הזאת שהנחתי.
Et dans les Chapitres de Rabbi Eliezer : quatre directions ont été créées dans le monde : l’est, d’où la lumière sort vers le monde ; le sud, d’où les rosées de bénédiction et les pluies de bénédiction sortent vers le monde ; l’ouest, d’où les trésors de neige, les trésors de grêle, le froid, la chaleur et les pluies sortent vers le monde ; le nord, d’où l’obscurité sort vers le monde. Et le côté nord, Il l’a créé et ne l’a pas achevé. Le Saint, béni soit-Il, a dit : quiconque dira « je suis dieu » qu’il vienne et achève ce coin que J’ai laissé.
וע"ד הקבלה צפונה היא מדת הגבורה כדי להשלימם אליו, וזהו ששנינו עלה בכבש, כלל הבנין נקרא כבש, ופנה לסובב, הוא ראשית הראשית המקיף את הכל, ובא לו, במחשבה, לקרן דרומית, היא מדת החסד, וזהו שכתוב (בראשית י״ב:ט׳) ויסע אברם הלוך ונסוע הנגבה, שהרי הכהן היה מעורר על ישראל החסד שהיא מדתו ומהדרומית למזרחית הוא תפארת ישראל שמשם הרחמים יוצאים, וממזרחית לצפונית, כדי להשלים לו מדת הגבורה, ומצפונית למערבית, שהיא מלכות, וזהו שאמרו שכינה במערב, ומשם יפרד לעולם הנפרדים, ואז יתברך העולם השפל, וממערבית לדרומית שהוא חוזר למקום שהתחיל.
Et selon la Kabbale, « au nord » est l’attribut de la Rigueur, pour les compléter vers Lui ; et c’est ce que nous avons appris : « il monta sur la rampe » — l’ensemble de la construction est appelé rampe — « et se tourna vers le contour » — c’est le commencement des commencements qui entoure le tout — « et vint », par la pensée, « à l’angle sud » : c’est l’attribut de Bonté, et c’est ce qui est écrit (Genèse 12,9) « et Avram partit, allant et partant vers le Néguev », car le prêtre éveillait sur Israël la Bonté qui est son attribut ; et du sud à l’est, c’est la Tiféret d’Israël, d’où sortent les miséricordes ; et de l’est au nord, pour lui compléter l’attribut de Rigueur ; et du nord à l’ouest, qui est la Royauté, et c’est ce qu’ils ont dit : « la Présence est à l’ouest », et de là elle se séparera vers le monde des séparés, et alors sera béni le monde inférieur ; et de l’ouest au sud, où il revient au lieu où il avait commencé.
מן התורים או מן בני היונה. על דרך הפשט בחר הכתוב הגדולים בתורים מפני הדבקות, כי הנקבה מהם כשתאבד בן זוגה לא תדבק באחר לעולם, וכן ישראל הדבקים בהקב"ה לעולם לא ימירוהו באחר, ולכן פסלן קטנים קודם היותם ראויים לזווג. ומן היונים פסל את הגדולים מפני שהם קנאין לכל אחד ויבואו לידי פירוד, ולכך בחר בקטנים קודם היותם ראויים לזווג. ומה שלא הכשירה התורה התרנגולים לגבי מזבח, לפי שהם בעלי זמה.
« Des tourterelles ou des jeunes colombes. » Selon le sens simple, l’Écriture a choisi parmi les tourterelles les grandes, à cause de leur attachement : car la femelle, lorsqu’elle perd son compagnon, ne s’attache jamais à un autre ; et de même Israël, attaché au Saint, béni soit-Il, ne L’échangera jamais contre un autre ; c’est pourquoi elle a déclaré invalides les petites, avant qu’elles soient aptes à l’accouplement. Et parmi les colombes, elle a déclaré invalides les grandes, parce qu’elles sont jalouses chacune de son compagnon et en viennent à la séparation ; c’est pourquoi elle a choisi les petites, avant qu’elles soient aptes à l’accouplement. Et si la Torah n’a pas déclaré valides les coqs pour l’autel, c’est parce qu’ils sont lascifs.
וע"ד הקבלה התורים יסודם מים, ולכך הוכשרו גדולים לרמוז כי החסד צורך גדול לעולם בכל דבר, והיונים יסודם אש, וכענין שכתוב ביונה (תהילים ס״ח:י״ד) ואברותיה בירקרק חרוץ, כי הזהב ירוק גוון האש, וההכפל בירקרק לתוקף הדין, ולכך נפסלו הגדולים והוכשרו הקטנים כי המעוט ממנו מספיק.
Et selon la Kabbale, les tourterelles ont pour fondement l’eau, et c’est pourquoi on a déclaré valides les grandes, pour faire allusion à ce que la Bonté est un grand besoin pour le monde en toute chose, et les colombes ont pour fondement le feu, comme il est écrit à propos de la colombe (Psaumes 68,14) « et ses plumes d’un vert d’or » ; car l’or est vert, la couleur du feu, et le redoublement dans « yeraqraq » est pour la force du jugement ; c’est pourquoi les grandes ont été invalidées et les petites déclarées valides, car le peu en suffit.
והסיר את מראתו בנוצתה. המוראה הוא האוכל שבתוך הזפק, והכהן היה נוטל הזפק בעורו ובנוצה שעליו והיה משליך הכל אל מקום הדשן. והזפק שהוא כלי המזון לא היה מספיק שירחצנו ויקטירנו כשם שהיה רוחץ הקרבים בבהמה ומקטירם, מפני שהעוף הולך אנה ואנה ונזון מן הגזל מה שאין כן בבהמה, וכן דרשו רז"ל בהמה שאוכלת על אבוס בעליה נאמר בה והקרב והכרעים ירחץ במים והקטיר, אבל בעוף שהוא נזון מן הגזל נאמר בו והשליך את מוראתו, כלומר ישליך המעים שאכלו הגזל.
« Et il ôtera son jabot avec son plumage. » La murah est la nourriture qui se trouve à l’intérieur du jabot (zefeq), et le prêtre prenait le jabot avec sa peau et le plumage qui est dessus, et jetait le tout à l’endroit des cendres. Pour le jabot, qui est l’organe de la nourriture, il ne suffisait pas de le laver et de le faire fumer, comme on lavait les entrailles chez la bête et les faisait fumer, parce que l’oiseau va çà et là et se nourrit de vol, ce qui n’est pas le cas de la bête. Et ainsi nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : la bête qui mange à la crèche de son maître, il est dit à son sujet « et les entrailles et les jambes, il les lavera dans l’eau, et il fera fumer », mais l’oiseau qui se nourrit de vol, il est dit à son sujet « et il jettera sa murah », c’est-à-dire qu’il jettera les intestins qui ont mangé du vol.
ויש בכאן התעוררות גדולה לבני אדם בענין חומר הגזל, כי כשם שהקב"ה מרחיק מן המזבח כלי המזון שבעוף ולא זכה ליקרב על מזבח ה' מפני שהוא כלי הגזל, כן ירחיק האדם שיש בידו גזל שלא יעלה ויראה לפניו ולא יזכה להיות במחיצתו של הקב"ה אם לא יחזירנו, וגילה לנו הנביא על עונשו החמור שהוא טורדו מן העולם הזה והבא, הוא שאמר (ירמיהו י״ז:י״א) עושה עושר ולא במשפט בחצי ימיו יעזבנו, כלומר לעשרו או העושר אליו, ובאחריתו לעולם הבא יהיה נופל מכסא הכבוד המכוון כנגד מקום מקדשנו, כי עונש הגזל מעכב שלא תשוב נפשו לשרשה שהוא כסא הכבוד, וזה קשור הפסוק עם חברו.
Et il y a ici un grand éveil pour les hommes sur la gravité du vol : de même que le Saint, béni soit-Il, éloigne de l’autel l’organe de la nourriture chez l’oiseau, qui n’a pas mérité d’être approché de l’autel de l’Éternel parce qu’il est l’organe du vol, de même Il éloigne l’homme qui a du vol en sa main, afin qu’il ne monte pas et ne paraisse pas devant Lui et qu’il ne mérite pas d’être dans l’enceinte du Saint, béni soit-Il, s’il ne le restitue pas. Et le prophète nous a révélé sa peine sévère, qui le chasse de ce monde et du monde à venir, c’est ce qu’il a dit (Jérémie 17,11) « celui qui acquiert la richesse et non selon le droit, à la moitié de ses jours elle le quittera » : c’est-à-dire qu’il quittera sa richesse ou que la richesse le quittera ; « et à sa fin », dans le monde à venir, il tombera du trône de la Gloire, qui est dirigé vers le lieu de notre Sanctuaire, car la peine du vol empêche son âme de retourner à sa racine, qui est le trône de la Gloire ; et c’est ainsi que le verset se rattache à son voisin.
וכבר באר דוד ע"ה כי הזוכים לעלות לפניו הם אותם שהם נקיים מהגזל, הוא שאמר (תהילים כ״ד:ג׳-ד׳) מי יעלה בהר ה' ומי יקום במקום קדשו נקי כפים ובר לבב.
Et David, que la paix soit sur lui, a déjà expliqué que ceux qui méritent de monter devant Lui sont ceux qui sont purs du vol, c’est ce qu’il a dit (Psaumes 24,3-4) « qui montera sur la montagne de l’Éternel, et qui se tiendra en son lieu saint ? Celui qui a les mains nettes et le cœur pur ».
ושסע אותו בכנפיו. עם כנפיו, אינו צריך למרוט נוצתו. כנפיו, נוצה ממש, והלא אין לך הדיוט שמריח ריח כנפים נשרפים ואין נפשו קצה עליו, ולמה אמר הכתוב יקריב, כדי שיהיה המזבח שבע ומהודר בקרבנו של עני.
« Et il la fendra par ses ailes. » Avec ses ailes : il n’a pas besoin d’arracher son plumage. « Ses ailes » : le plumage proprement dit. Il n’est pourtant personne, même parmi les gens du commun, qui ne soit dégoûté en sentant l’odeur de plumes brûlées. Et pourquoi l’Écriture a-t-elle dit « il offrira » ? Afin que l’autel soit rassasié et orné par le sacrifice du pauvre.
ונפש כי תקריב קרבן מנחה. הקרבן הזה סולת ושמן ולבונה, כענין שכתוב סולת יהיה קרבנו ויצק עליה שמן ונתן עליה לבונה, והיה הכהן קומץ ממנה מלא קומצו והיה נותנו לאש ומקטירו על גבי המזבח, והנשאר היה שלו, כי כן כתוב והנותרת מן המנחה לאהרן ולבניו קדש קדשים מאשי ה'. והזכיר כאן מלא קמצו, והזכיר במקום אחר בקמצו, שלא יעשה מדה לקומץ. מלא קמצו, יכול מבורץ, תלמוד לומר בקומצו.
« Et quand une personne offrira une offrande de grain. » Cette offrande est de fleur de farine, d’huile et d’encens, comme il est écrit « son offrande sera de fleur de farine, il versera de l’huile dessus et mettra de l’encens dessus », et le prêtre en prélevait une poignée pleine et la donnait au feu et la faisait fumer sur l’autel, et le reste était pour lui, car il est écrit « et ce qui restera de l’offrande est pour Aharon et ses fils, saint des saints, parmi les sacrifices par le feu de l’Éternel ». Et il a mentionné ici « sa pleine poignée », et ailleurs « de sa poignée », pour qu’il ne fabrique pas de récipient servant à mesurer la poignée. « Sa pleine poignée » : on pourrait penser débordante ; l’Écriture dit « de sa poignée ».
יכול אפילו בראשי אצבעותיו, ת"ל מלא קומצו, הא כיצד חופה שלש אצבעותיו על פסת ידו וקומץ במחבת ומרחשת ומוחק בגודלו מלמעלה ובאצבע קטנה מלמטה, וזו היא עבודה קשה מהעבודות הקשות שבמקדש עד כאן, ופירש רש"י ז"ל וזהו קומץ במשמע לשון העברית, ופירוש הדבר כי מלת קומץ הוא תרגום של חור, וחור הוא לשון עברי, תרגום (נחום ב׳:י״ג) וימלא טרף חוריו, בקומצא. ואם כן מלת וקמץ מבוארת שעיקר המצוה בקמיצה והוא מה שבתוך החור. ולא נאמר נפש בכל הקרבנות אלא במנחה, מי דרכו להתנדב מנחה עני אמר הקב"ה מעלה אני עליו כאלו הקריב נפשו.
On pourrait penser même avec le bout de ses doigts ; l’Écriture dit « sa pleine poignée ». Comment donc ? Il recouvre de ses trois doigts la paume de sa main, prélève dans la poêle ou dans la casserole, et racle avec son pouce par-dessus et avec le petit doigt par-dessous ; et c’est un service difficile parmi les services difficiles du Sanctuaire. Jusqu’ici. Et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : et c’est qomets au sens de la langue hébraïque, et l’explication est que le mot qomets est la traduction de ’hor (creux), et ’hor est un mot hébreu ; le Targoum de (Nahoum 2,13) « et il remplit de proie ses trous » est : be-qoumtsa (« dans le creux »). Et s’il en est ainsi, le mot « et il prélèvera (veqamats) » est clair : l’essentiel du commandement est dans le prélèvement, et c’est ce qui est dans le creux. Et il n’est pas dit « personne (nefesh) » pour tous les sacrifices, mais seulement pour l’offrande de grain : qui a l’habitude de faire don d’une offrande de grain ? Le pauvre. Le Saint, béni soit-Il, a dit : Je lui compte cela comme s’il avait offert son âme.
והזכיר כאן אשה ריח ניחוח לה', כשם שנאמר בעוף כך נאמר בבהמה, ובכולן נאמר כן, ודרשו, רז"ל לומר לך אחד המרבה ואחד הממעיט ובלבד שיכוין לבו לשמים.
Et il a mentionné ici « sacrifice par le feu d’agréable odeur pour l’Éternel » : de même qu’il est dit pour l’oiseau, ainsi pour la bête, et il est dit ainsi pour tous ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : pour te dire que celui qui offre beaucoup et celui qui offre peu sont égaux, pourvu qu’il dirige son cœur vers le Ciel.
כי כל שאר וכל דבש לא תקטירו ממנו אשה לה'. כתב הרב ז"ל בספר המורה, כי מנהג עובדי עכו"ם שבכל מנחתם היו מקריבין חמץ והיו מערבים הדבש בכל קרבנותיהם ולכן אסרם לגבוה. וכענין זה אמרו רז"ל במצבה שהיתה נבחרת בימי האבות ואח"כ שנאה השם מפני שעשאוה חק לעבודה זרה, כמו שנאמר (דברים טז) אשר שנא ה' אלהיך.
« Car vous ne ferez fumer ni levain ni miel en sacrifice par le feu pour l’Éternel. » Le Rav, de mémoire bénie, a écrit dans le livre du Guide que la coutume des serviteurs d’idoles était d’offrir du levain dans toutes leurs offrandes de grain et de mêler le miel à tous leurs sacrifices, et c’est pourquoi il l’a interdit dans les offrandes à Dieu. Et dans le même sens, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit à propos de la stèle, qui était choisie aux jours des patriarches et que le Nom a ensuite haïe parce qu’ils en avaient fait une règle pour l’idolâtrie, comme il est dit (Deutéronome 16) « que l’Éternel ton Dieu hait ».
וע"ד הפשט כי הקרבן לכפר בו כל עונותינו, ולולא המסית והמדיח שהוא יצר הרע לא היה אדם חוטא ולא היה צריך לקרבן כלל, והשאור והדבש הן הן יצר הרע עצמו, כמו שאמרו רז"ל לענין חמץ ומצה בפסח צריך אדם לפנות לבבו מיצר הרע, והוא שאמרו לא תאכל עליו חמץ לענין קרבן פסח, וקרבן פסח היה כפרה על עבודה זרה שעבדו במצרים, ולכן הוא מרחיקם מיצר הרע שלא לשוב לעבודה זרה, ודבש גם כן יצר הרע כי דב"ש בגימטריא אשה, והאשה היא יצה"ר, כי כן מצינו באדם הראשון כשחטא אמר (בראשית ג׳:י״ב) האשה אשר נתתה עמדי, רצה לומר יצר הרע שיצרת בי, והאשה אמרה הנחש השיאני, וזה סוד נחש והאשה והאיבה, ולכן הורחקו השאור והדבש מהקרבן כי לא יתכן שני הפכים בנושא אחד, ועוד כי היה נמצא טובל ושרץ בידו, ודי למבין.
Et selon le sens simple, le sacrifice sert à expier toutes nos fautes ; et sans l’instigateur et le séducteur qui est le mauvais penchant, l’homme ne pécherait pas et n’aurait pas du tout besoin de sacrifice. Or le levain et le miel sont le mauvais penchant lui-même, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, à propos du levain et de la matsa à Pessa’h : l’homme doit vider son cœur du mauvais penchant, et c’est ce qu’ils ont dit : « tu ne mangeras pas de levain avec lui » à propos du sacrifice pascal ; et le sacrifice pascal était une expiation de l’idolâtrie qu’ils avaient pratiquée en Égypte, et c’est pourquoi Il les éloigne du mauvais penchant afin qu’ils ne retournent pas à l’idolâtrie. Et le miel (dvash) aussi est le mauvais penchant, car dvash a pour valeur numérique « femme » (isha), et la femme est le mauvais penchant, car nous trouvons chez Adam le premier homme, lorsqu’il pécha, qu’il dit (Genèse 3,12) « la femme que tu as mise auprès de moi », c’est-à-dire : le mauvais penchant que Tu as formé en moi ; et la femme dit : « le serpent m’a séduite » ; et c’est le secret du serpent, de la femme et de l’inimitié. C’est pourquoi le levain et le miel ont été éloignés du sacrifice, car il n’est pas possible que deux contraires soient dans un même sujet, et aussi parce qu’on se trouverait à se purifier avec un reptile à la main ; et cela suffit à qui comprend.
וע"ד הקבלה השאור והדבש רמז למדת הדין כידוע מלשון חמץ, ולפי שהם דברים שיצאו ממזגם לכך הם מרוחקים מן המזבח, על כן אמר לא תקטירו ממנו אשה לה', כי כיון שהכוונה לשם המיוחד לא תאפה חמץ ולא תקטירו שאור ודבש.
Et selon la Kabbale, le levain et le miel font allusion à l’attribut du Jugement, comme on le sait par l’expression ’hamets ; et parce que ce sont des choses qui sont écartées de leur équilibre naturel, elles sont éloignées de l’autel. C’est pourquoi il a dit « vous n’en ferez pas fumer en sacrifice par le feu pour l’Éternel », car, puisque l’intention est pour le Nom unique, tu ne cuiras pas de levain et tu ne feras pas fumer de levain ni de miel.
במלח תמלח. היה מספיק שיאמר ובכל קרבן מנחתך תתן מלח או תמלח, ואמר במלח תמלח לבאר שצריך להיות המלח בינונית לא גסה ביותר שלא תהיה שואבת הדם, ולא דקה יותר מדאי כי תהיה נמחית בלחות הבשר, והנה מליחת הבשר שלנו עכשיו הנה היא כדמיון מליחת בשר הקרבן.
« Tu saleras de sel. » Il aurait suffi de dire « et dans toute ton offrande de grain tu mettras du sel » ou « tu saleras » ; et il a dit « tu saleras de sel » pour expliquer que le sel doit être moyen, ni trop gros, car il n’absorberait pas le sang, ni trop fin, car il serait dissous dans l’humidité de la viande. Et voici que la salaison de notre viande aujourd’hui est semblable à la salaison de la viande du sacrifice.
וע"ד הפשט טעם המלח בקרבנות לפי שלא יהיה דרך כבוד בקרבן השם שיהיה תפל מבלי מלח, ולמדה תורה דרך ארץ דמלכותא דרקיעא כעין מלכותא דארעא, וכדרך (מלאכי א׳:ח׳) הקריבהו נא לפחתך.
Et selon le sens simple, la raison du sel dans les sacrifices est qu’il ne serait pas honorable que le sacrifice du Nom soit fade, sans sel ; et la Torah a enseigné la bienséance : le royaume du Ciel est comme le royaume de la terre, et comme (Malachie 1,8) « offre-le donc à ton gouverneur ».
ודעת הרב רבינו משה ז"ל בטעם המלח, כי מנהג עובדי עכו"ם להרחיק המלח מן הקרבנות ומואסים בו ולא יקריבוהו כלל מפני שהמלח בולע הדם, והרחיקוהו כדי שלא ילך אפילו טפה מן הדם לאבוד, כל כך היו נמשכין אחר מאדים וכחותיו, וכדי להרוס כוונתם תצוה התורה לא תשבית מלח.
Et l’opinion du Rav Rabbénou Moché, de mémoire bénie, sur la raison du sel est que la coutume des serviteurs d’idoles était d’éloigner le sel des sacrifices et ils le dédaignaient et ne l’offraient pas du tout, parce que le sel absorbe le sang, et ils l’éloignaient afin que pas même une goutte de sang ne soit perdue, tant ils étaient attirés par Mars et ses forces ; et pour détruire leur intention, la Torah ordonne : « tu ne feras pas cesser le sel ».
וע"ד המדרש יש בו באור לדרך הקבלה, ברית כרותה למלח מששת ימי בראשית שהובטחו מים התחתונים ליקרב במלח ונסוך המים בחג, וכן אמרו במדרש מים התחתונים נקראו מים בוכים, ולמה נקראו מים בוכים, כי בשעה שחלק הקב"ה את המים נתן אלו למעלה ואלו למטה התחילו מים התחתונים בוכים וזהו שכתוב (איוב כ״ח:י״א) מבכי נהרות חבש.
Et selon le Midrash, il y a là une explication dans la voie de la Kabbale : une alliance a été conclue avec le sel depuis les six jours de la Création, quand il fut promis aux eaux inférieures d’être approchées avec le sel et avec la libation d’eau à la fête ; et ainsi ils ont dit dans le Midrash : les eaux inférieures sont appelées eaux qui pleurent. Et pourquoi sont-elles appelées eaux qui pleurent ? Parce qu’à l’heure où le Saint, béni soit-Il, divisa les eaux, Il donna celles-ci en haut et celles-là en bas, les eaux inférieures se mirent à pleurer, et c’est ce qui est écrit (Job 28,11) « des pleurs des fleuves il a fait une retenue ».
אמר רבי אבא בבכי נתפרשו המים התחתונים מן העליונים, אמרו אוי לנו שלא זכינו לעלות למעלה להיות קרובים ליוצרנו, מה עשו העיזו פניהם ובקעו תהומות ובקשו לעלות, עד שגער בהן הקב"ה שנאמר (ישעיהו מ״ג:ט״ז) הנותן בים דרך ובמים עזים נתיבה, (נחום א׳:ד׳) גוער בים ויבשהו, אמר להם הקב"ה הואיל ולכבודי עשיתן כל כך אין להן רשות למים העליונים לומר שירה עד שיטלו רשות מכם, שנאמר (תהילים צ״ג:ד׳) מקולות מים רבים אדירים משברי ים, ומה הם אומרים אדיר במרום ה', ולא עוד אלא שעתידין אתם ליקרב על גבי המזבח במלח ונסוך המים.
Rabbi Abba a dit : c’est en pleurant que les eaux inférieures furent séparées des supérieures ; elles dirent : malheur à nous, qui n’avons pas mérité de monter en haut pour être proches de notre Créateur. Que firent-elles ? Elles s’effrontèrent, fendirent les abîmes et cherchèrent à monter, jusqu’à ce que le Saint, béni soit-Il, les menaçât, comme il est dit (Isaïe 43,16) « qui donne dans la mer un chemin et dans les eaux puissantes un sentier », (Nahoum 1,4) « il menace la mer et l’assèche ». Le Saint, béni soit-Il, leur dit : puisque c’est pour Mon honneur que vous avez fait tout cela, les eaux supérieures n’ont pas l’autorisation de dire le cantique avant d’avoir pris votre autorisation, comme il est dit (Psaumes 93,4) « plus que les voix des grandes eaux, plus puissant que les vagues de la mer », et que disent-elles ? « Puissant en haut est l’Éternel » ; et de plus, vous êtes destinées à être approchées sur l’autel avec le sel et avec la libation d’eau.
ועוד דרשו במקום אחר, העולם כלו שלישו מדבר שלישו ישוב שלישו ים, עמד ים לפני הקב"ה אמר לפניו, רבש"ע במדבר נתנה תורה בישוב נבנה ביהמ"ק אני מה תהא עלי, אמר לו עתידין ישראל שיקריבו מלח על גבי המזבח.
Et ils ont encore enseigné ailleurs : le monde entier, un tiers désert, un tiers habité, un tiers mer. La mer se tint devant le Saint, béni soit-Il et dit devant Lui : Maître du monde, dans le désert la Torah a été donnée, dans l’espace habité le Temple a été construit, et moi, que sera-t-il de moi ? Il lui dit : Israël offrira du sel sur l’autel.
וע"ד הקבלה יש במלח שני כחות משתנים זה הפך זה, והם המים והאש, ובכח חמימות האש המיבשו והמגלידו חוזר מלח, ואם כן יש בעצם המלח כח המים והאש שהם כנגד שתי המדות שבהם קיום העולם והם מדת רחמים ומדת הדין, ומטעם זה אמר ולא תשבית מלח ברית אלהיך, קרא ברית אלהיך מלח לפי שבו יתקיים ויכרת העולם, וכמו שאמרו ראה שאינו יכול להתקיים בדין שתף עמו מדת רחמים, וכן המלח מקיים ומכרית, כי הוא מקיים ומעמיד הבשר זמן מרובה ונותן טעם בכל המאכלים, והוא מכרית גם כן כי המקום המלוח לא יעלה בו כל עשב. וכענין שכתוב (ירמיהו י״ז:ו׳) ארץ מלחה ולא תשב, וכתיב (דברים כ״ט:כ״ב) גפרית ומלח שרפה כל ארצה.
Et selon la Kabbale, il y a dans le sel deux forces différentes, l’une contraire de l’autre, qui sont l’eau et le feu ; et par la force de la chaleur du feu qui l’assèche et le fait figer, il redevient sel. Et s’il en est ainsi, il y a dans l’essence du sel la force de l’eau et du feu, qui correspondent aux deux attributs par lesquels le monde subsiste, qui sont l’attribut de miséricorde et l’attribut de jugement ; et pour cette raison il a dit « et tu ne feras pas cesser le sel de l’alliance de ton Dieu » : il a appelé « alliance de ton Dieu » le sel, parce que par lui le monde subsiste et est retranché, et comme ils ont dit : Il a vu qu’il ne pouvait subsister par le jugement, Il lui a associé l’attribut de miséricorde. Et de même le sel fait subsister et retranche : il fait subsister et conserve la viande longtemps et donne du goût à toutes les nourritures, et il retranche aussi, car en un lieu salé aucune herbe ne monte, selon ce qui est écrit (Jérémie 17,6) « une terre salée et inhabitée », et il est écrit (Deutéronome 29,22) « soufre et sel, tout son pays embrasé ».
ולא תשבית מלח ברית אלהיך מעל מנחתך. אם לקרבן מנחות שהוא סולת, כבר נאמר וכל קרבן מנחתך במלח תמלח, ואם לקרבן בשר הרי נאמר על כל קרבנך, וא"כ למה הוצרך לכתוב ולא תשבית מלח ברית אלהיך.
« Et tu ne feras pas cesser le sel de l’alliance de ton Dieu de dessus ton offrande de grain. » Si c’est pour le sacrifice d’offrandes de grain, qui est de fleur de farine, il a déjà été dit « et dans toute ton offrande de grain tu saleras de sel », et si c’est pour le sacrifice de viande, il est dit « sur tous tes sacrifices » ; s’il en est ainsi, pourquoi a-t-il fallu écrire « et tu ne feras pas cesser le sel de l’alliance de ton Dieu » ?
פירש בזה החכם רבי אברהם ז"ל שהוא שבועה, כמי שאומר אני משביעך בברית אלהיך שהכנסתיך בו שלא תשבית מלח מעל מנחתך עד כאן, ואמר על כל קרבנך תקריב מלח, אילו לא הזכיר על כל קרבנך הייתי מבין שלא צוה לתת אלא בככרות הלחם שהם מנחה, וזהו שהזכיר מנחה בכל פעם קרבן מנחתך, מעל מנחתך, כי המנחה ההיא שהיא סולת קרויה קרבן מנחה, כענין שכתוב ונפש כי תקריב קרבן מנחה, אבל בשאר הקרבנות שאינן מנחה כגון חטאת ואשם ועולה ושלמים לא הייתי מבין שצריך לתת בהן מלח, לכך הוצרך לומר על כל קרבנך תקריב מלח, כלומר אפילו בשאר הקרבנות של בשר תתן בהם מלח.
Le sage Rabbi Avraham, de mémoire bénie, a expliqué à ce propos que c’est un serment, comme celui qui dit : je te fais jurer par l’alliance de ton Dieu dans laquelle je t’ai fait entrer que tu ne feras pas cesser le sel de dessus ton offrande de grain. Jusqu’ici. Et il a dit « sur tous tes sacrifices tu offriras du sel » : s’il n’avait pas mentionné « sur tous tes sacrifices », j’aurais compris qu’il n’a ordonné d’en mettre que sur les pains, qui sont une offrande de grain ; et c’est pourquoi il a mentionné l’offrande de grain chaque fois, « ton offrande de grain », « de dessus ton offrande de grain », car cette offrande, qui est de fleur de farine, est appelée « offrande de grain », selon ce qui est écrit « et quand une personne offrira une offrande de grain ». Mais pour les autres sacrifices qui ne sont pas des offrandes de grain, comme l’offrande pour la faute, le sacrifice de culpabilité, l’holocauste et les sacrifices de paix, je n’aurais pas compris qu’il faille y mettre du sel ; c’est pourquoi il a fallu dire « sur tous tes sacrifices tu offriras du sel », c’est-à-dire que même dans les autres sacrifices de viande tu y mettras du sel.
חלבו האליה תמימה. חלב בלשון הקדש הוא השומן הנפרד מן הבשר והוא נקלף ממנו, כי השומן המתערב עם הבשר ואינו נפרד ממנו ההוא יקרא שומן, כענין שכתוב (דברים ל״ב:ט״ו) וישמן ישרון, שמנת עבית, (תהילים ס״ג:ו׳) כמו חלב ודשן תשבע נפשי, וכן אמרו רבותינו ז"ל על השומן הזה שהוא נפרד מן הבשר, תותב קרום ונקלף, וקראוהו בשם הזה על שם שהוא לבוש שהבשר מתלבש בו כשמלה שתרגום שמלתו תותביה, והוא קרום והוא נוח להקלף. הא למדת שאין שניהם שוים לא בשמם ולא בטבעם, לא בשמם, שהשומן הנפרד והנקלף מן הבשר נקרא חלב, ושאינו נפרד ומתערב בבשר נקרא שומן, ולא בטבעם כי השומן הנפרד קר ולח ויש לו גסות ועובי, קשה להתבשל באסטומכא, והשומן המחובר בבשר הוא חם ולח.
« Sa graisse (’helbo), la queue entière. » ’Helev en langue sainte est la graisse qui est séparée de la chair et qui s’en détache en pelure ; car la graisse qui est mêlée à la chair et qui n’en est pas séparée est appelée shoumen, comme il est écrit (Deutéronome 32,15) « Yeshouroun s’est engraissé… tu es devenu gras, épais », (Psaumes 63,6) « comme de moelle et de graisse mon âme sera rassasiée ». Et ainsi nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit de cette graisse qui est séparée de la chair : elle est un tegument, une membrane qui se détache en pelure ; et ils l’ont appelée de ce nom parce qu’elle est un vêtement dont la chair est revêtue, comme le simlah (manteau), dont le Targoum de « sa simlah » est tothavé (son vêtement) ; et c’est une membrane facile à peler. Tu as donc appris que les deux ne sont pas semblables, ni par leur nom ni par leur nature : ni par leur nom, car la graisse séparée et qui se pèle de la chair est appelée ’helev, et celle qui n’est pas séparée et est mêlée à la chair est appelée shoumen ; ni par leur nature, car la graisse séparée est froide et humide, elle a de la grossièreté et de l’épaisseur, elle est difficile à digérer dans l’estomac, tandis que la graisse attachée à la chair est chaude et humide.
ומעתה יש לשאול כיון שהשומן הנפרד נקרא חלב בלשון הקודש איך יאמר הכתוב חלבו האליה תמימה, כי בודאי אין באליה חלב כלל כי כלה שומן מחובר שם ואינו נפרד ממנה, ואם נאמר כי פירוש חלבו האליה, שומנו, מה נאמר בפסוק כל חלב וכל דם לא תאכלו, כי בודאי אם השומן נקרא חלב יש לנו לאסור כל השומן שבבהמות, ואין לאכול כי אם הבשר האדום לבדו. ולפיכך יש לפרש חלבו האליה תמימה, שאין הכונה בו על שומן אלא על החלב. ואם תאמר מה חלב יש באליה, כך פירש הכתוב חלבו האליה חלבו עם האליה, לומר שיקריב ממנו חלבו באליה תמימה, והכוונה כי כאשר יסיר האליה תמימה עם העצה יוסר עמה חלב רב שהוא מחובר בה בצד הפנימי.
Et dès maintenant, il y a lieu de demander : puisque la graisse séparée est appelée ’helev en langue sainte, comment l’Écriture peut-elle dire « sa graisse (’helbo), la queue entière » ? Car sûrement il n’y a pas du tout de ’helev dans la queue, puisqu’elle est tout entière graisse attachée, qui n’en est pas séparée ; et si nous disons que « sa graisse, la queue » signifie son shoumen, que dirons-nous du verset « vous ne mangerez aucune graisse (’helev) ni aucun sang » ? Car sûrement, si le shoumen est appelé ’helev, nous devrions interdire toute la graisse qui est dans les bêtes, et on ne devrait manger que la chair rouge seule. C’est pourquoi il faut expliquer « sa graisse, la queue entière » : l’intention n’est pas le shoumen mais le ’helev. Et si tu dis : quel ’helev y a-t-il dans la queue ? Ainsi l’Écriture l’a expliqué : « sa graisse (avec) la queue », c’est-à-dire qu’il offrira de lui sa graisse avec la queue entière ; et l’intention est que lorsqu’il ôtera la queue entière avec l’os, on ôtera avec elle beaucoup de ’helev qui y est attaché du côté intérieur.
וכך פירש הגאון רבינו סעדיה ז"ל כי פירוש חלבו האליה כאלו אמר חלבו והאליה, כענין שכתוב (דברי הימים א א׳:א׳) אדם שת אנוש ששעורו ושת ואנוש, וכן (שמות ל״ט:ל״ג) קרסיו קרשיו בריחיו ועמודיו ואדניו, וכן (ויקרא ז׳:ל״ז) לעולה למנחה, שעורו ולמנחה, כי אין העולה מנחה, וכן אין לומר כי אדם הוא שת אנוש, וכן בכאן אין לומר כי האליה הוא החלב.
Et ainsi le Gaon Rabbénou Saadia, de mémoire bénie, a expliqué que le sens de « sa graisse, la queue » est comme s’il avait dit « sa graisse et la queue », selon ce qui est écrit (I Chroniques 1,1) « Adam, Shet, Enosh », dont la mesure est « Adam et Shet et Enosh » ; et de même (Exode 39,33) « ses crochets, ses planches, ses barres, ses colonnes et ses socles » ; et de même (Lévitique 7,37) « pour l’holocauste, pour l’offrande de grain », dont la mesure est « et pour l’offrande de grain », car l’holocauste n’est pas une offrande de grain ; et de même, on ne peut pas dire qu’Adam soit Shet Enosh ; et ainsi ici, on ne peut pas dire que la queue soit le ’helev.
לעמת העצה יסירנה. מלת עצה כוללת מלשון עץ ומלשון עצה , מלשון עץ כי הוא קצה השדרה [ונדמה לעץ וענפיו] וכן תרגומו שדרתא, ומלשון עצה כי יהיה מסיר אותה למעלה מן הכליות היועצות, וזהו שאמר על הכליות יסירנה.
« Il l’ôtera près de l’échine (la-’atsa). » Le mot ’atsa inclut l’expression ’ets (bois) et l’expression ’etsa (conseil) : de l’expression ’ets, car c’est l’extrémité de l’épine dorsale [et elle ressemble à un arbre et à ses branches], et ainsi le Targoum la traduit shidreta ; et de l’expression ’etsa, car il l’ôtera au-dessus des reins qui conseillent, et c’est pourquoi il a dit « il l’ôtera au-dessus des reins ».
נפש כי תחטא בשגגה. מלת נפש הוא חבור הנפש עם הגוף יחדו, כי תמצא במעשה בראשית שכתוב (בראשית ב׳:ז׳) וייצר ה' אלהים את האדם עפר מן האדמה, וכשהתחברו שניהם הגוף והנפש קראם נפש, הוא שאמר (שם) ויהי האדם לנפש חיה, כי מלת אדם הוא חבור הגוף והנפש, וכן מלת הנפש ענינה חבור הגוף והנפש, כי הזכות והחטא לשניהם ביחד וכל אחד לבדו אין לו פעולה לא שיזכה ולא שיענש בה, וזהו שכתוב (ויקרא י״ז:י׳) ונתתי פני בנפש האוכלת את הדם, ואנחנו רואים הגוף כי הוא האוכל והשותה וכל עניני שאר החושים, ואמר בנפש האוכלת, וזהו ראיה כי חבור הגוף והנפש קורא הכתוב נפש.
« Quand une personne (nefesh) péchera par inadvertance. » Le mot nefesh désigne l’union de l’âme avec le corps ensemble. Car tu trouves dans l’œuvre de la Création qu’il est écrit (Genèse 2,7) « et l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière de la terre », et lorsque les deux se sont unis, le corps et l’âme, Il les a appelés nefesh, c’est ce qu’il a dit (ibid.) « et l’homme devint une âme vivante » ; car le mot adam est l’union du corps et de l’âme, et de même le mot nefesh a pour sens l’union du corps et de l’âme, car le mérite et la faute sont pour les deux ensemble, et chacun seul n’a pas d’action par laquelle il mériterait ou serait puni. Et c’est ce qui est écrit (Lévitique 17,10) « et je tournerai ma face contre la personne qui mange le sang » : or nous voyons que c’est le corps qui mange et qui boit, ainsi que tous les autres sujets des autres sens, et il a dit « la personne qui mange » ; c’est une preuve que l’Écriture appelle nefesh l’union du corps et de l’âme.
וזהו שסיים הכתוב והכרתי אותו מקרב עמו, אחר שהזכיר לשון נקבה חזר אל הגוף בלשון זכר. וכן אמר בכאן נפש כי תחטא בשגגה ועשה הזכיר ועשה שהוא לשון זכר, והזכיר מיד אם הכהן המשיח יחטא, כי הוא מחובר מנפש וגוף, וכיון שמצינו במעשה בראשית שהזכיר חבור הגוף והנפש בלשון נפש לכך הזכיר במקצת המצות נפש, ואין הכוונה על הנפש בלתי הגוף אלא גוף האדם עם נפשו, ולפעמים תמצא בכתוב אדם, והענין הנפש עם הגוף ביחד, ואולם מצינו לפעמים הגוף לבדו נזכר בלשון נפש, והוא שכתוב (מלכים א כ׳:ל״א) אולי יחיה את נפשך, וכן (במדבר כ״ג:י׳) תמות נפשי מות ישרים, כי אין מיתה לנפש. ודרשו רז"ל נפש כי תחטא לרבות הגרים והעבדים.
Et c’est pourquoi l’Écriture conclut « et je le retrancherai du milieu de son peuple » : après avoir mentionné la forme féminine, elle revient au corps à la forme masculine. Et de même ici, il a dit « nefesh quand elle péchera par inadvertance et fera » : il a mentionné « et fera », qui est une forme masculine, et il a mentionné aussitôt « si le prêtre oint pèche », car il est composé d’âme et de corps. Et puisque nous trouvons dans l’œuvre de la Création qu’il a mentionné l’union du corps et de l’âme par l’expression nefesh, il a mentionné nefesh dans certains commandements, et l’intention n’est pas l’âme sans le corps mais le corps de l’homme avec son âme ; et parfois tu trouves dans l’Écriture adam, et le sens est l’âme avec le corps ensemble. Pourtant nous trouvons parfois le corps seul mentionné par l’expression nefesh, c’est ce qui est écrit (I Rois 20,31) « peut-être te laissera-t-il ta vie (nafshekha) », et de même (Nombres 23,10) « que mon âme meure de la mort des justes », car il n’y a pas de mort pour l’âme. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : « nefesh quand elle péchera » : pour inclure les convertis et les esclaves.
ובמדרש נפש כי תחטא בשגגה זהו שאמר הכתוב (משלי י״ט:ב׳) גם בלא דעת נפש לא טוב ואץ ברגלים חוטא, זה אחאב בן קוליה וצדקיה בן מעשיה שהיו חוטאים בירושלים ולא די אלא משגלו לבבל היו מוסיפים חטא.
Et dans le Midrash : « Quand une personne péchera par inadvertance » : c’est ce que dit l’Écriture (Proverbes 19,2) « même l’âme sans connaissance n’est pas bonne, et celui qui se hâte avec ses pieds pèche » ; c’est Akhav fils de Qoulaya et Tsidqiyahou fils de Ma’asseya, qui péchaient à Jérusalem, et ce n’est pas assez : depuis qu’ils furent exilés à Babylone, ils ajoutèrent à la faute.
ומה היו עושין בירושלים, היו נביאי שקר והניחו אומנותן בבבל והיו מסרסרין זה לזה בעריות, והיה אחאב בן קוליה נכנס אצל גדולי המלכות ואומר אני פלוני נביא הקב"ה שלחני לומר דבר לאשתך, והיה אומר לו הרי היא לפניך, היה נכנס ומתיחד עמה ואומר לה הקב"ה מבקש להעמיד ממך נביאים לכי שמשי עם צדקיה בן מעשיה ותלד ממנו נביאים, והיתה שומעת לו והיתה משלחת אחר צדקיה ובא ומשמש עמה, אף צדקיה היה מסרסר לאחאב כך, וזו היתה אומנותן.
Et que faisaient-ils à Jérusalem ? Ils étaient de faux prophètes, et ils laissèrent leur métier à Babylone et se faisaient l’un pour l’autre entremetteurs dans les relations interdites. Akhav fils de Qoulaya entrait chez les grands du royaume et disait : « Je suis un tel, prophète du Saint, béni soit-Il, Il m’a envoyé pour dire une parole à ta femme. » L’autre lui disait : « La voici devant toi. » Il entrait, s’isolait avec elle et lui disait : « Le Saint, béni soit-Il, veut faire lever de toi des prophètes ; va, aie des rapports avec Tsidqiyahou fils de Ma’asseya, et tu enfanteras de lui des prophètes. » Elle l’écoutait, envoyait chercher Tsidqiyahou, qui venait et avait des relations avec elle. Tsidqiyahou aussi faisait ainsi l’entremetteur pour Akhav, et tel était leur métier.
בוא וראה כמה היו רשעים והוציאו להם שם בבבל שהם נביאים גדולים, אם היתה האשה מעוברת היו אומרים לה שתלד זכר, והיו אומרים לשכנותיה שתלד נקבה, אם ילדה זכר היתה היא אומרת נתקיימו דבריו של נביא ואם ילדה נקבה היו שכנותיה אומרות לה כך אמר לנו הנביא אבל לא רצה לצער אותך, והיו עושין כך עד שהגיעו לאשתו של נבוכדנצר, אמר לה צדקיה הקב"ה שלחני אצלך לכי שמשי עם אחאב ותלדי ממנו נביאים, אמרה לו איני עושה זה אלא מדעת המלך, הגידה הדבר למלך, שלח המלך נבוכדנצר בשבילם אמר להם כך אמרתם לאשתי,
Viens et vois combien ils étaient méchants : ils se firent un nom à Babylone comme de grands prophètes. Si la femme était enceinte, ils lui disaient qu’elle enfanterait un garçon, et ils disaient à ses voisines qu’elle enfanterait une fille ; si elle enfantait un garçon, elle disait : « Les paroles du prophète se sont accomplies », et si elle enfantait une fille, ses voisines lui disaient : « C’est ce que le prophète nous a dit, mais il n’a pas voulu t’affliger. » Ils firent ainsi jusqu’à arriver à la femme de Nebouchadnetsar. Tsidqiyahou lui dit : « Le Saint, béni soit-Il, m’a envoyé auprès de toi : va, aie des rapports avec Akhav, et tu enfanteras de lui des prophètes. » Elle lui dit : « Je ne fais cela qu’avec l’accord du roi. » Elle rapporta la chose au roi. Le roi Nebouchadnetsar les envoya chercher et leur dit : « Est-ce ainsi que vous avez parlé à ma femme ? »
אמרו לו הקב"ה רוצה להעמיד ממנה נביאים, א"ל המלך אני שמעתי מאלהיכם שהוא שונא זמה, זמרי בן סלוא על שפרץ בזנות נפלו מישראל ארבעה ועשרים אלף, ואתם אומרים כך, אם אתם נביאי אמת או נביאי שקר איני יודע, אלא בדקתי לחנניה מישאל ועזריה והסקתי את הכבשן שבעת ימים ויצאו שלמים, ולכם איני מסיקו אלא יום אחד אם תנצלו יודע אני בודאי שאתם נביאי אמת ואסכים על פיכם כל מה שתאמרו, אמרו לו חנניה מישאל ועזריה היו שלשה והנס ע"י שלשה נעשה ואנחנו שנים, אמר להם יש כאן שלישי כיוצא בכם,
Ils lui dirent : « Le Saint, béni soit-Il, veut faire lever d’elle des prophètes. » Le roi leur dit : « J’ai entendu dire de votre Dieu qu’Il hait la débauche : Zimri fils de Salou, parce qu’il a fait irruption dans la fornication, vingt-quatre mille tombèrent d’Israël, et vous dites ainsi ! Que vous soyez des prophètes de vérité ou des prophètes de mensonge, je ne sais ; mais j’ai éprouvé Hananya, Mishael et ’Azarya, et j’ai chauffé la fournaise sept jours, et ils en sont sortis indemnes ; pour vous, je ne la chauffe qu’un jour : si vous êtes sauvés, je sais avec certitude que vous êtes des prophètes de vérité, et j’accepterai sur votre parole tout ce que vous direz. » Ils lui dirent : « Hananya, Mishael et ’Azarya étaient trois, et le miracle a été fait par trois, et nous sommes deux. » Il leur dit : « Y a-t-il ici un troisième comme vous ? »
א"ל יש יהושע בן יהוצדק כהן גדול, הם חשבו שינצלו בזכותו, השליכוהו עמהם לכבשן האש נשרפו שניהם והוא נצל, הוא שכתוב (זכריה ג׳:ב׳) הלא זה אוד מוצל מאש, ומן אחאב וצדקיה (ירמיהו כ״ט:כ״ב) לוקח מהם קללה לכל גלות יהודה אשר בבבל לאמר ישימך אלהים כצדקיה וכאחאב אשר קלם מלך בבל באש, מי גרם לרשעים הללו לישרף על שהיו אצים ברגליהם אחר העבירות, לכך נאמר ואץ ברגלים חוטא.
Ils lui dirent : « Il y a Yehoshoua fils de Yehotsadaq, le grand prêtre. » Ils pensèrent être sauvés par son mérite ; on les jeta avec lui dans la fournaise de feu, les deux furent brûlés et lui fut sauvé, c’est ce qui est écrit (Zacharie 3,2) « n’est-ce pas là un tison arraché au feu ? » ; et d’Akhav et de Tsidqiyahou (Jérémie 29,22) « et on prendra d’eux une malédiction pour tout l’exil de Yehouda qui est à Babylone, disant : que Dieu te fasse comme Tsidqiyahou et comme Akhav, que le roi de Babylone a fait griller au feu ». Qui a causé à ces méchants d’être brûlés ? Le fait qu’ils se hâtaient avec leurs pieds vers les fautes ; c’est pourquoi il est dit « et celui qui se hâte avec ses pieds pèche ».
אם הכהן המשיח יחטא. סדר החוטאים המביאים קרבן שבפרשה הם, כהן גדול והסנהדרין ומלך ישראל ואח"כ המון העם. ורצה להתחיל מן הכהן שהוא האדם הגדול ומלאך ה' צבאות הוא, וממנו יראו וכך יעשו כל ישראל שיזהרו לשוב בתשובה, כי מתוך שיראוהו שהמזהיר שבהם הכהן הוא הראש מביא קרבן על חטאו, הכל יראו ויקחו מוסר וילמדו ממנו ק"ו, אם הקב"ה מכפר למי שהוא קרוב אליו שלא היה ראוי לחטוא אף כי יכפר בעד שאר העם, כי מהידוע כי לפי מעלת האדם יכבד פשעו, ועל זה אמר שלמה ע"ה (קהלת א׳:י״ח) כי ברוב חכמה רב כעס, לפי מה שהוא יותר חכם וצדיק יכבד כעס חטאו ושגיאתו אצל הקב"ה, והראיה ממשה רבינו ע"ה.
« Si le prêtre oint pèche. » L’ordre des fautifs qui apportent un sacrifice dans la section est : le grand prêtre, le Sanhédrin, le roi d’Israël, puis la masse du peuple. Et il a voulu commencer par le prêtre, qui est le grand homme et l’ange de l’Éternel des armées, et c’est de lui qu’ils verront et ainsi feront tout Israël, qui prendront garde de se repentir, car, du fait qu’ils verront que celui qui les avertit, le prêtre, qui est le chef, apporte un sacrifice pour sa faute, tous verront et recevront l’enseignement, et apprendront de lui a fortiori : si le Saint, béni soit-Il, accorde l’expiation à celui qui est proche de Lui et qui n’aurait pas dû pécher, à plus forte raison l’accordera-t-Il pour le reste du peuple. Car il est connu que, selon la valeur de l’homme, sa faute est lourde, et à ce sujet Shelomo, que la paix soit sur lui, a dit (Ecclésiaste 1,18) « car dans l’abondance de la sagesse, il y a abondance de colère » : selon qu’il est plus sage et plus juste, la colère de sa faute et de son erreur est plus lourde auprès du Saint, béni soit-Il ; et la preuve est tirée de Moché notre maître, que la paix soit sur lui.
לאשמת העם. לפי מנהג העם ודרכם שהם אשמים, ועל כן הוסיף לאשמת העם כדי להזהיר על התשובה ושלא יבוש החוטא לשוב מחטאו, וכן פירש הכתוב על אחת מכל אשר יעשה האדם לחטוא בהנה, כלומר ממה שהוא למוד לעשות ועלול אצל החטא ובא לומר שיקריב קרבנו ויתכפר לו, כי הוא אם רגיל לחטוא ודרכו בכך, וכן דרך העם באשמה ועון, דרך הש"י לכפר לו חטאו כי כן מדתו.
« Pour la culpabilité du peuple. » Selon la coutume du peuple et sa conduite, qui est d’être coupable ; c’est pourquoi il a ajouté « pour la culpabilité du peuple » afin d’avertir au sujet du repentir et pour que le fautif n’ait pas honte de revenir de sa faute. Et de même l’Écriture l’a expliqué : « sur l’une de toutes les choses que l’homme fait pour pécher par elles », c’est-à-dire de ce qu’il est habitué à faire et enclin à la faute, et elle vient dire qu’il offrira son sacrifice et que cela lui sera expié, car s’il est habitué à pécher et que telle est sa conduite, comme la conduite du peuple dans la culpabilité et la faute, la conduite du Nom, qu’Il soit béni, est de lui expier sa faute, car telle est Sa mesure.
ומזה אמרו במדרש איכה (איכה ג׳:מ״ב) נחנו פשענו ומרינו כמדתנו אתה לא סלחת, כמדתך. שהרי מדתו של הקב"ה אפילו לרשע הגמור המרבה לחטוא הוא מרבה לסלוח אם ישוב.
Et de là ils ont dit dans le Midrash sur Lamentations (Lamentations 3,42) « nous avons péché et nous nous sommes rebellés » : selon notre manière ; « Toi, Tu n’as pas pardonné » : selon Ta manière. Car la mesure du Saint, béni soit-Il, est que, même pour le méchant complet qui multiplie les fautes, Il multiplie le pardon s’il revient.
וזהו שהנביא מזהיר (ישעיהו נ״ה:ז׳) יעזוב רשע דרכו ואיש און מחשבותיו, ולשון רשע הוא המתגאה והכופר בעקר וחושב שאין אלהים בשמים ואין השגחה בארץ, וכענין שכתוב (תהילים י׳:ד׳) רשע כגובה אפו בל ידרוש אין אלהים כל מזמותיו, ואעפ"כ כשהוא חוזר בתשובה הקב"ה מקבלו ואין צריך לומר שימצא סליחה במדת הרחמים כי אפילו במדת הדין ימצא סליחה, וזה שאמר (ישעיהו נ״ה:ז׳) וישוב אל ה' וירחמהו ואל אלהינו כי ירבה לסלוח, כלומר אפילו במדת הדין.
Et c’est ce que le prophète avertit (Isaïe 55,7) « que le méchant abandonne sa voie et l’homme d’iniquité ses pensées » ; et l’expression « méchant » désigne celui qui s’enorgueillit et renie le principe, pensant qu’il n’y a pas de Dieu dans les cieux et pas de Providence sur la terre, comme il est écrit (Psaumes 10,4) « le méchant, dans la hauteur de son orgueil, ne recherche pas : il n’y a pas de Dieu, toutes ses pensées » ; et pourtant, lorsqu’il revient en repentir, le Saint, béni soit-Il, l’accueille, et il n’y a pas besoin de dire qu’il trouvera le pardon dans l’attribut de miséricorde, car même dans l’attribut de jugement il trouvera le pardon, et c’est ce qu’il a dit (Isaïe 55,7) « et qu’il revienne à l’Éternel, et Il aura pitié de lui, et à notre Dieu, car Il multiplie le pardon » : c’est-à-dire même dans l’attribut de jugement.
וכן מצינו במזמור נאום פשע לרשע (תהילים ל״ו:ו׳) שכתוב שם ה' בהשמים חסדך, והמזמור ההוא מיוסד על מעשה הרשעים הכופרים, ולכך הזכיר שם מדת החסד לפי שחסדו של הקב"ה מתפרסם בעמים בסליחת הרשעים, ומפני שהזכיר כי החסד בשמים על כן הוסיף אות הה"א כי הה"א צורת פתח והיא רמז לעוה"ז, וכדי ללמד שאפילו בארץ בעוה"ז שנברא בה"א ימצא פתח פתוח לתשובה, אפילו הרשע המוחלט ימשיך הקב"ה חסדו אליו אם ירצה לשוב.
Et de même nous trouvons dans le psaume « le discours de la transgression au méchant » (Psaumes 36,6) où il est écrit « Éternel, ta bonté est dans les cieux (bahashamayim) » ; et ce psaume est fondé sur l’acte des méchants qui renient, et c’est pourquoi il y a mentionné l’attribut de Bonté, car la bonté du Saint, béni soit-Il, se manifeste parmi les peuples par le pardon accordé aux méchants. Et parce qu’il a mentionné que la Bonté est dans les cieux, il a ajouté la lettre hé, car le hé a la forme d’une ouverture et c’est une allusion à ce monde-ci, et pour enseigner que même sur terre, dans ce monde créé avec le hé, il se trouve une ouverture ouverte pour le repentir : même le méchant absolu, le Saint, béni soit-Il, lui prolongera Sa bonté s’il veut revenir.
ואם כל עדת ישראל ישגו. אלו סנהדרין כי אי אפשר שכל ישראל יסכימו בחטא, ועל כן אמר מעיני העדה, כי הסנהדרין והנביאים והחכמים הם עיני העדה, וכענין שכתוב (ישעיהו כ״ט:י׳) ויעצם את עיניכם את הנביאים, באר כי עיניהם הם הנביאים. וכן דרשו רז"ל ואם כל עדת ישראל יכול בכל העדה הכתוב מדבר ת"ל עדה, ולהלן הוא אומר (במדבר ל״ה:כ״ד) ושפטו העדה, מה להלן ב"ד אף כאן ב"ד, אי מה להלן עדה האמורה בעשרים ושלשה אף כאן בעשרים שלשה, ת"ל כל עדת ישראל, עדה המיוחדת לכל ישראל, ואי זו זו סנהדרי גדולה היושבת בלשכת הגזית.
« Et si toute l’assemblée d’Israël s’égare. » Ce sont les membres du Sanhédrin, car il est impossible que tout Israël s’accorde dans la faute ; et c’est pourquoi il a dit « aux yeux de l’assemblée », car le Sanhédrin, les prophètes et les sages sont les yeux de l’assemblée, selon ce qui est écrit (Isaïe 29,10) « et il a fermé vos yeux, les prophètes » : il a expliqué que leurs yeux sont les prophètes. Et ainsi nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : « et si toute l’assemblée d’Israël » : on pourrait penser que l’Écriture parle de toute l’assemblée ; l’Écriture dit « assemblée », et plus loin il est dit (Nombres 35,24) « et l’assemblée jugera » : de même que plus loin il s’agit d’un tribunal, ici aussi un tribunal. Si de même que plus loin l’assemblée est celle de vingt-trois, ici aussi vingt-trois ? L’Écriture dit « toute l’assemblée d’Israël » : l’assemblée propre à tout Israël. Et laquelle est-ce ? Le grand Sanhédrin, siégeant dans la salle de pierre de taille.
והקריבו הקהל פר בן בקר לחטאת והביאו אותו לפני אהל מועד. חטאו של אדם הראשון וחטא ישראל במדבר דומין זה לזה, לפיכך אמרו חכמי האמת כי אדם הראשון הקריב שור, ומפני זה נתעוררו במדרשם ואמרו מפני מה נאמר אל פתח אהל מועד בפר מה שלא נאמר בקרבנות, משל לאוהבו של מלך שהביא דורון נאה למלך אמר המלך תלו אותו בפתח פלטרין כדי שידעו הכל מה דורון נאה הביא לי אוהבי.
« Et l’assemblée offrira un jeune taureau en offrande pour la faute, et ils l’amèneront devant la Tente d’assignation. » La faute du premier homme et la faute d’Israël dans le désert se ressemblent ; c’est pourquoi les sages de la vérité ont dit que le premier homme offrit un bœuf. Et à cause de cela ils se sont éveillés dans leur Midrash et ont dit : pourquoi est-il dit « à l’entrée de la Tente d’assignation » pour le taureau, ce qui n’est pas dit pour les sacrifices ? Parabole : l’ami d’un roi apporta au roi un beau présent ; le roi dit : suspendez-le à l’entrée du palais, afin que tous sachent quel beau présent mon ami m’a apporté.
והרב הגדול מורי רבי שלמה ז"ל פירש כי הדורון הנאה הזה היא התשובה שהרי מי שנטה אחר לבו וחטא בדבר. אין דבר נאה לו כשובו בתשובה עם אותו דבר שנטה אחריו כי אז יראה לכל שהוא מודה ועוזב וחזר בתשובה שלמה, וזה שהזכיר למעלה והביא את הפר אל פתח אהל מועד, ואמר ושחט את הפר לפני ה', ואמר והזה מן הדם שבע פעמים לפני ה' עד כאן, וכבר הזכרתי מזה (בראשית ג) בפסוק ויאכל.
Et le grand Rav, mon maître Rabbi Shelomo, de mémoire bénie, a expliqué que ce beau présent est le repentir : car celui qui a suivi son cœur et fauté par une chose, il n’y a rien de plus beau pour lui que de revenir en repentir avec cette même chose après laquelle il s’était incliné, car alors il fera voir à tous qu’il avoue, abandonne et est revenu en repentir complet. Et c’est ce qu’il a mentionné plus haut : « et il amènera le taureau à l’entrée de la Tente d’assignation », et il a dit « et il égorgera le taureau devant l’Éternel », et il a dit « et il fera l’aspersion du sang sept fois devant l’Éternel ». Jusqu’ici. Et j’en ai déjà parlé (Genèse 3) au verset « et il mangea ».
והזה שבע פעמים לפני ה' את פני הפרוכת. ולמעלה בכהן משיח הזכיר את פני פרוכת הקדש, משל למלך שסרחה עליו מדינה, אם מעוטה סרחה פמליא שלו מתקיימת, ואם כולה סרחה אין פמליא שלו מתקיימת, אף כאן כשחטא הכהן המשיח עדיין קדושת המקום על המקדש וכשחטאו כולם ח"ו נסתלקה הקדושה.
« Et il fera l’aspersion sept fois devant l’Éternel, devant le voile. » Et plus haut, pour le prêtre oint, il a mentionné « devant le voile du Sanctuaire ». Parabole : un roi dont une province s’est rebellée : si elle ne s’est rebellée qu’en petite partie, sa suite subsiste ; si elle s’est rebellée tout entière, sa suite ne subsiste pas. De même ici : lorsque le prêtre oint a péché, la sainteté du lieu reste sur le Sanctuaire, mais lorsque tous ont péché, à Dieu ne plaise, la sainteté s’est retirée.
חטאת הקהל הוא. מלת הוא חוזרת על הפר. ויתכן לפרש כי בא לרמוז בכללו כי בו היה חטא קהל ישראל במדבר ממאמר רז"ל ששמטו אחד מטטרמולין שבמרכבה, שנאמר (יחזקאל א׳:י׳) ופני שור מהשמאל לארבעתם.
« C’est l’offrande pour la faute de l’assemblée. » Le mot « c’est » se rapporte au taureau. Et il est possible d’expliquer qu’il vient faire allusion à l’ensemble : en lui fut la faute de l’assemblée d’Israël dans le désert, d’après la parole de nos Sages, de mémoire bénie, qu’ils retranchèrent l’une des quatre figures qui sont dans le Char, car il est dit (Ézéchiel 1,10) « et la face du bœuf à gauche, pour les quatre ».
והנה הקרבנות בכהן משיח והקהל שוין הן כי כן אהרן התחיל לעשותו וישראל טעו אחריו, וכתיב (שמות ל״ב:ל״ה) את העגל אשר עשו, את העגל אשר עשה אהרן.
Et voici que les sacrifices pour le prêtre oint et pour l’assemblée sont égaux, car Aharon a commencé à le faire et Israël s’est égaré après lui, et il est écrit (Exode 32,35) « le veau qu’ils avaient fait, le veau qu’Aharon avait fait ».
ויש לך להתבונן עוד איך הזכיר הכתוב למעלה בפר כהן משיח תמים לה', ולא הזכירה כן בכאן בפר של צבור, שהרי בפר כהן משיח אמר פר בן בקר תמים לה' לחטאת, ובכאן אמר והקריבו הקהל פר בן בקר לחטאת, ולא הזכיר בו תמים, וכל זה לרמוז כי כוונת אהרן היתה תמימה לה', וכאמרו חג לה' מחר, והקהל היה בהם מי שלא היה לבו תמים לה' כי מקצתם שאלוהו למנהיג ומקצתם עשו ממנו ע"א, וכענין שכתוב וישתחוו לו ויזבחו לו.
Et il te faut encore réfléchir : comment l’Écriture a-t-elle mentionné plus haut pour le taureau du prêtre oint « sans défaut pour l’Éternel », et ne l’a-t-elle pas ainsi mentionné ici pour le taureau de la communauté ? Car pour le taureau du prêtre oint, il a dit « un jeune taureau sans défaut pour l’Éternel, en offrande pour la faute », et ici il a dit « et l’assemblée offrira un jeune taureau en offrande pour la faute », et il n’y a pas mentionné « sans défaut ». Et tout cela est pour faire allusion à ce que l’intention d’Aharon était intègre pour l’Éternel, comme il a dit (Exode 32,5) « fête pour l’Éternel demain », tandis que dans l’assemblée il y en avait dont le cœur n’était pas intègre pour l’Éternel, car certains d’entre eux le demandèrent comme guide et certains en firent une idole, selon ce qui est écrit « et ils se prosternèrent devant lui et lui sacrifièrent ».
אשר נשיא יחטא. לשון אשר כלשון אם, ושעורו אם נשיא יחטא, וכמוהו (דברים י״א:כ״ז) את הברכה אשר תשמעו, ששעורו אם תשמעו.
« Lorsqu’un prince péchera (asher nassi yeheta). » L’expression asher est comme l’expression im (si), et son sens est « si un prince péche » ; de même (Deutéronome 11,27) « la bénédiction, asher vous écouterez », dont le sens est « si vous écoutez ».
או אפשר לאמר שהוא לשון ודאי, ולזה לא נכתב אם נשיא יחטא כמו שאמר אם הכהן המשיח יחטא, ואמר אם כן ואם כל עדת ישראל ישגו, כי הכהן הגדול נזהר מן החטא לפי שעיני כל ישראל תלויות עליו בין לענין צרכי גופם ומזונותם בין לענין כפרת נפשותם, וכן הסנהדרין גם כן נזהרים הם מן החטא לפי שרוח הקודש נוספת עליהם, ולפיכך הזכיר בהם בחטאם לשון ספק, אבל בנשיא הזכיר החטא בלשון ודאי לפי שהנשיא לבו גס מאד בו, ומדת הגאוה שהיא סבת החטא מצויה עמו לגודל ממשלתו, ולזה הזהירה התורה את המלך ותוכיחנו במדה הזאת, הוא שכתוב (דברים י״ז:כ׳) לבלתי רום לבבו מאחיו, ומפני זה כתוב (שמות ל״ה:כ״ז) והנשיאים הביאו את אבני השהם, מה ענין שהתנדבו אבנים יותר משאר דברים, אלא לפי שהאבנים היו על לב אהרן לזכרון להם לפני ה', והנשיאים לבם גס בהם לפיכך הביאו אבנים שיתכפר להם.
Ou bien on peut dire que c’est une expression de certitude, et c’est pourquoi il n’a pas été écrit « si un prince péche » comme il a dit « si le prêtre oint péche », et comme il a dit ensuite « et si toute l’assemblée d’Israël s’égare ». Car le grand prêtre se garde de la faute parce que les yeux de tout Israël sont tournés vers lui, tant pour les besoins de leurs corps et leur nourriture que pour l’expiation de leurs âmes ; et de même le Sanhédrin se garde de la faute, parce que l’esprit de sainteté est ajouté sur eux ; c’est pourquoi, pour eux, il a mentionné leur faute en forme de doute. Mais pour le prince, il a mentionné la faute en forme de certitude, parce que le cœur du prince est plein de suffisance, et que l’attribut d’orgueil, qui est la cause de la faute, est présent chez lui à cause de la grandeur de son pouvoir ; et c’est pourquoi la Torah a averti le roi et l’a repris sur cet attribut, c’est ce qui est écrit (Deutéronome 17,20) « afin que son cœur ne s’élève pas au-dessus de ses frères ». Et c’est pour cela qu’il est écrit (Exode 35,27) « et les princes apportèrent les pierres de shoham » : quel est le sens de ce qu’ils ont fait don de pierres plutôt que d’autres choses ? C’est que les pierres étaient sur le cœur d’Aharon, en souvenir d’eux devant l’Éternel, et les princes sont pleins de suffisance ; c’est pourquoi ils apportèrent des pierres, afin qu’il leur soit expié.
ובמדרש אשר נשיא יחטא, לשון אשרי, אמר רבן יוחנן בן זכאי אשרי הדור שהנשיא שלו מביא קרבן חטאת על שגגתו, אם הנשיא שלו מביא חטאת על שגגתו, צריך לאמר מה מביא על זדונו. אם הנשיא מביא חטאת מה צריך לאמר הדיוט. נשיא, יכול נשיא שבט כנחשון, ת"ל ועשה אחת מכל מצות ה' אלהיו, ולהלן הוא אומר (דברים י״ז:י״ט) למען ילמד ליראה את ה' אלהיו, מה הנשיא האמור להלן שאין על גביו אלא ה' אלהיו, אף נשיא האמור כאן שאין על גביו אלא ה' אלהיו.
Et dans le Midrash : « asher nassi yeheta » est une expression de félicité (ashrei). Rabban Yohanan ben Zakkai a dit : heureuse la génération dont le prince apporte une offrande pour la faute pour son inadvertance. Si son prince apporte une offrande pour la faute pour son inadvertance, à plus forte raison fera-t-il de même pour sa faute volontaire. Si le prince apporte une offrande pour la faute, que faut-il dire du simple particulier ! « Prince » : on pourrait penser un prince de tribu comme Na’hshon ; l’Écriture dit « et il aura fait l’une de tous les commandements de l’Éternel son Dieu », et plus loin il est dit (Deutéronome 17,19) « afin qu’il apprenne à craindre l’Éternel son Dieu » : de même que le prince mentionné plus loin n’a au-dessus de lui que l’Éternel son Dieu, de même le prince mentionné ici n’a au-dessus de lui que l’Éternel son Dieu.
וכן תמצא ביחזקאל (יחזקאל י״ב:י״ב) והנשיא אשר בתוכם אל כתף ישא, ופירושו המלך, והכוונה על צדקיה מלך יהודה, לפי שהמלך הוא הנשיא בעם, וזהו שכתוב (שמות כ״ב:כ״ז) אלהים לא תקלל ונשיא בעמך לא תאור, הזהיר תחלה בברכת המלך העליון ואח"כ על המלך המולך בארץ. ודרשו רז"ל כי כשהעם חוטאים המלך נתפס על חטאם דכתיב חטאת הקהל הוא וסמיך ליה אשר נשיא יחטא, מכאן אמרו כל מי שיש בידו למחות ואינו מוחה הוא נתפס על הכל.
Et de même tu trouves chez Ézéchiel (Ézéchiel 12,12) « et le prince qui est au milieu d’eux portera sur l’épaule » ; son explication est : le roi ; et l’intention est Tsidqiyahou, roi de Yehouda, car le roi est le prince dans le peuple, et c’est ce qui est écrit (Exode 22,27) « tu ne maudiras pas Dieu, et tu ne maudiras pas un prince de ton peuple » : il a averti d’abord contre la malédiction du Roi suprême, désignée par euphémisme comme une « bénédiction », puis au sujet du roi qui règne sur la terre. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné que lorsque le peuple pèche, le roi est saisi pour leur faute, car il est écrit « c’est l’offrande pour la faute de l’assemblée » et tout de suite après « lorsqu’un prince péchera » ; de là ils ont dit : quiconque a la possibilité de protester et ne proteste pas est saisi pour tous.
או הודע אליו שעורו והודע, או שיאמר וידע חטאתו. וכמוהו (משלי ל׳:ל״א) זרזיר מתנים או תיש, כאלו אמר זרזיר מתנים ותיש, כן דעת המפרשים.
« Ou si on lui fait connaître (ou hoda’ elav). » Son sens est « et on lui fera connaître », ou bien « et il connaîtra sa faute ». Et de même (Proverbes 30,31) « le coq aux reins ceints, ou le bouc », comme s’il avait dit « le coq aux reins ceints et le bouc » ; telle est l’opinion des commentateurs.
אמנם מה שהוצרך לומר הודע בה"א ולהוסיף מלת או, מפני שקרבן חטאת לה"א אחרונה שבשם, ולכך אמר שעירת עזים תמימה נקבה, והה"א מביאה עליו יסורים להודיע אליו חטאתו כדי שיזכור ויביא קרבנו, ולפי שהיא מן וא"ו והוא"ו מן ה"א לכך הוצרך לומר או, כי בזה יהיה ריח ניחוח לה', והמשכיל יבין.
Mais s’il a fallu dire hoda’ avec un hé et ajouter le mot « ou », c’est parce que le sacrifice pour la faute correspond au hé final du Nom, et c’est pourquoi il a dit « une chèvre sans défaut, femelle » ; et le hé lui amène des souffrances pour lui faire connaître sa faute afin qu’il se souvienne et apporte son sacrifice ; et parce qu’elle vient du vav, et que le vav vient du hé, il a fallu dire « ou », car par là il y aura « agréable odeur pour l’Éternel » ; et l’homme sage comprendra.
נפש כי תחטא ושמעה קול אלה. אמרו במדרש בוא וראה כי כשנבראו העליונים והתחתונים בחצי השם נבראו, שנאמר (ישעיהו כ״ו:ד׳) כי ביה ה' צור עולמים, אל תקרי צור אלא צר, ולמה לא נבראו בכל השם כלו כדי שלא להזכיר בו את השם שלם, אוי להם לרשעים שמחרפין שמו של הקב"ה ומזכירין אותו תמיד חנם, ראה מה כתיב בקרבנות אדם כי יקריב מכם קרבן לה', אינו אומר לה' קרבן, לה' עולה, ובני אדם מחרפין שמו חנם, זהו שאמר שלמה ע"ה (קהלת ה׳:א׳) אל תבהל על פיך ולבך אל ימהר להוציא דבר לפני האלהים.
« Quand une personne péchera et entendra la voix d’adjuration. » Ils ont dit dans le Midrash : viens et vois que lorsque les êtres supérieurs et inférieurs furent créés, ils furent créés par la moitié du Nom, comme il est dit (Isaïe 26,4) « car en Yah, l’Éternel, est le rocher des mondes » ; ne lis pas « rocher (tsour) » mais « formateur (tsar) ». Et pourquoi n’ont-ils pas été créés par le Nom tout entier ? Afin de ne pas y mentionner le Nom complet. Malheur aux méchants qui outragent le Nom du Saint, béni soit-Il, et le mentionnent toujours en vain ! Vois ce qui est écrit à propos des sacrifices : « quand un homme d’entre vous offrira un sacrifice à l’Éternel » ; il ne dit pas « à l’Éternel un sacrifice », « à l’Éternel un holocauste », et les hommes outragent Son Nom en vain ! C’est ce qu’a dit Shelomo, que la paix soit sur lui (Ecclésiaste 5,1) « ne te hâte pas de ta bouche, et que ton cœur ne se presse pas de proférer une parole devant Dieu ».
שנו רז"ל לא יהא אדם בישראל פרוץ בנדרים ואין לו להתמיד בשבועות אפילו על האמת, ומעשה בהר המלך שהיו שם שני אלפים עיירות וכלן חרבו על שבועת האמת, כיצד היה אדם אומר לחברו בשבועה שאני הולך למקום פלוני ואוכל ואשתה, והולכין ועושין ומקיימים שבועתן, ומה הנשבע באמת כך, הנשבע לשקר על אחת כמה וכמה.
Nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : qu’aucun homme en Israël ne soit prodigue de vœux, et il ne doit pas s’obstiner dans les serments, même véridiques. Et il y eut un fait à Har HaMélekh, où il y avait deux mille bourgades, et toutes furent détruites à cause de serments véridiques : comment ? Un homme disait à son prochain par serment : je vais à tel endroit, et je mange et je bois ; et ils allaient, le faisaient et accomplissaient leur serment. Et si celui qui jure vrai est ainsi, a fortiori celui qui jure faux !
כשיבא הקב"ה לדון את הבריות הרי הוא דן הנשבעים בשקר עם המכשפים והמנאפים, הוא שכתוב (מלאכי ג׳:ה׳) וקרבתי אליכם למשפט והייתי עד ממהר במכשפים ובמנאפים ובנשבעים לשקר, אמר הקדוש ב"ה פה שנתתי לכם להיות מהללים ומשבחים אותי בו אתם מחרפים ומגדפים ונשבעים בשמי לשקר שכל הבריות לקלוסי בראתי, שנאמר (משלי ט״ז:ד׳) כל פעל ה' למענהו, ולא די לכם שאין אתם מקלסים אותי אלא שאתם מחרפים אותי, וזהו שכתוב (ישעיהו נ״ז:כ׳) והרשעים כים נגרש כי השקט לא יוכל ויגרשו מימיו רפש וטיט, מה הים הזה הגלים שבתוכו מתגאים ועולין וכיון שהגיע כל אחד מהם לחול הוא נשבר, וחברו רואה אותו שנשבר ונתגאה גם הוא ועולה ואינו חוזר בו, כך הרשעים רואין אלו את אלו מתגאין ואינן חוזרים, לפיכך נמשלו לים ואין להם נוח בעולם כי השקט לא יוכל, אבל הצדיקים יש להם השקט שנאמר (ירמיהו ל׳:י׳) ושב יעקב ושקט ושאנן ואין מחריד.
Lorsque le Saint, béni soit-Il, viendra juger les créatures, Il jugera ceux qui jurent faux avec les sorciers et les adultères, c’est ce qui est écrit (Malachie 3,5) « et Je m’approcherai de vous pour le jugement, et Je serai un témoin prompt contre les sorciers et contre les adultères et contre ceux qui jurent faussement ». Le Saint, béni soit-Il, a dit : la bouche que Je vous ai donnée pour que vous Me louiez et Me glorifiez par elle, vous M’outragez et Me blasphémez et jurez faussement par Mon Nom, alors que toutes les créatures, Je les ai créées pour Ma louange, comme il est dit (Proverbes 16,4) « l’Éternel a tout fait pour lui-même » ; et il ne vous suffit pas de ne pas Me louer, mais vous M’outragez ! Et c’est ce qui est écrit (Isaïe 57,20) « et les méchants sont comme la mer agitée, car elle ne peut se calmer, et ses eaux rejettent vase et boue » : de même que la mer, les vagues qui sont en elle s’enorgueillissent et montent, et lorsque chacune arrive au sable, elle se brise, et sa compagne la voit se briser et s’enorgueillit elle aussi et monte et ne revient pas en arrière ; ainsi les méchants se voient les uns les autres s’enorgueillir et ne reviennent pas ; c’est pourquoi ils sont comparés à la mer, et ils n’ont pas de repos dans le monde, car elle ne peut se calmer. Mais les justes ont le repos, comme il est dit (Jérémie 30,10) « et Yaaqov reviendra, et sera tranquille et en paix, et personne ne l’effrayera ».
והוא עד או ראה או ידע. פירש הרמב"ן ז"ל שאינם שלשה ענינים, כי אין עד בלא ראיה ולא ידיעה, אבל יאמר אם שמע קול אלה שנשאו עליו להאלותו בדבר שהוא עד בין בידיעה בין בראיה, אם לא יגיד ישא עליו עון.
« Alors qu’il en est témoin, ou l’a vu, ou l’a su. » Le Ramban, de mémoire bénie, a expliqué que ce ne sont pas trois sujets, car il n’y a pas de témoin sans vue ni connaissance ; mais il dira : s’il entend la voix d’adjuration qu’on a prononcée contre lui pour l’adjurer au sujet d’une chose dont il est témoin, soit par connaissance, soit par vue, et qu’il ne le déclare pas, il portera sa faute.
והאמת כי בגוף הממון אי אפשר שיהיה עד בלא ראיה ובלא ידיעה, אבל אפשר להבין מלשון הכתוב שלשה ענינים כל אחד זה בלא זה עדות בפני עצמו, ראיה בלא ידיעה וידיעה בלא ראיה ועדות בלא ראיה ובלא ידיעה. ראיה בלא ידיעה, כגון שנתן לו מנה בפניו אבל לא ידע אם הוא הלואה או פרעון או פקדון שהיה שליח בשביל אחר שיקבל ממנו. ידיעה בלא ראיה, כגון שהודה פלוני בפניו שהלוה מנה אבל לא ראה הממון.
Et la vérité est que, pour l’argent lui-même, il n’est pas possible qu’il soit témoin sans vue et sans connaissance ; mais on peut comprendre de l’expression de l’Écriture trois sujets, chacun sans l’autre, un témoignage à part : la vue sans la connaissance, la connaissance sans la vue, et le témoignage sans la vue et sans la connaissance. La vue sans la connaissance : par exemple, quelqu’un lui a donné une mine en sa présence, mais il ne sait pas si c’est un prêt, un remboursement ou un dépôt, car il était mandataire pour un autre qui recevrait de lui. La connaissance sans la vue : par exemple, un tel a avoué devant lui avoir prêté une mine, mais il n’a pas vu l’argent.
עדות בלא ראיה ובלא ידיעה, זו חתימת העדים שזה מכיר חתימתן, ועדותו של זה תועיל לבעל דין אע"פ שאין בו לא ראיה ולא ידיעה, ועל פי עדותו של זה מוציאין הממון מתחת ידו של זה, וזהו והוא עד או ראה או ידע, ודרשו רז"ל אם לוא יגיד, במקום הראוי להגיד, כלומר בבית דין, שאם כבש לו עדותו בינו לבינו אינו נענש בזה אלא כשיכבוש עדותו בבית דין, דומיא דעכן אצל יהושע שלא היה מתחייב באותו הגדה אלא בבית דינו של יהושע, וזהו שכתוב (יהושע ז׳:י״ט) והגד נא לי מה עשית, שני בעלי דינין ועד אחד ושלשה ב"ד הרי ששה, ולכך הוסיף בו וא"ו, והגד נא לי, ולא אמר הגד נא לי. וכן בכאן כתיב אם לוא יגיד מלא בוא"ו, כלומר אם לא יגיד בב"ד, ונשא עונו, למדך שההגדה צריכה שתהיה בב"ד כי עמהם הם ששה.
Le témoignage sans la vue et sans la connaissance : c’est la signature des témoins, que celui-ci reconnaît ; et le témoignage de celui-ci est utile au plaideur bien qu’il n’y ait en lui ni vue ni connaissance, et sur son témoignage on retire l’argent de la main de celui-là ; et c’est ce qui est dit « alors qu’il en est témoin, ou l’a vu, ou l’a su ». Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : « s’il ne le déclare pas » : au lieu convenable pour déclarer, c’est-à-dire au tribunal ; car s’il lui a caché son témoignage entre lui et lui, il n’est pas puni par là, mais seulement s’il cache son témoignage au tribunal, à l’image d’’Akhan devant Yehochoua, qui n’était tenu par cette déclaration que dans le tribunal de Yehochoua ; et c’est ce qui est écrit (Josué 7,19) « et déclare-moi donc ce que tu as fait » : deux plaideurs, un témoin et trois juges font six, et c’est pourquoi il a ajouté le vav, « vehaged na li », et il n’a pas dit « haged na li ». Et de même ici il est écrit « im lo yagid » plein, avec vav, c’est-à-dire « s’il ne déclare pas au tribunal », « et il portera sa faute » : il t’enseigne que la déclaration doit se faire au tribunal, car avec eux ils sont six.
ויתכן לפרש עוד והוא עד, כי באור הכתוב הוא שאם הוא כובש עדותו ולא יגיד זה בב"ד לא יאמר ומי יודע בדבר אם כובש עדות זה, לכך נאמר והוא עד שמו של הקב"ה עד, שכן מצינו לשון הוא שהוא שמו של הקב"ה ממה שכתוב (ישעיהו מ״ב:ח׳) אני ה' הוא שמי, וכתיב (תהלים ק) הוא עשנו ולו אנחנו, וכתיב (שם יט) והוא כחתן יוצא מחופתו, וכתיב (במדבר י״ח:כ״ג) ועבד הלוי הוא, ורבים כן, ולכך יאמר והוא עד, שמו של הקב"ה עד, כי הוא בוחן לבות וכליות ויענישנו על זאת.
Et on peut aussi expliquer « il en est témoin » : l’explication du verset est que s’il cache son témoignage et ne le déclare pas au tribunal, qu’il ne dise pas : et qui saura si celui-ci cache un témoignage ? C’est pourquoi il est dit « alors qu’il en est témoin » : le Nom du Saint, béni soit-Il, est témoin, car nous trouvons que l’expression hou (Il) est un Nom du Saint, béni soit-Il, d’après ce qui est écrit (Isaïe 42,8) « Moi l’Éternel, hou est Mon nom », et il est écrit (Psaumes 100,3) « c’est Lui (hou) qui nous a faits, et à Lui nous appartenons », et il est écrit (ibid. 19) « et lui (vehou) est comme un époux sortant de son dais », et il est écrit (Nombres 18,23) « et le Lévite, lui (hou), servira », et il y en a beaucoup. C’est pourquoi il dit « et lui (vehou) est témoin » : le Nom du Saint, béni soit-Il, est témoin, car Il sonde les cœurs et les reins et le punira pour cela.
ויתכן עוד לומר כי תוספת הוא"ו במלת לוא ירמוז על ששת ימי בראשית, ובא להורות כי מי שכובש עדות לחברו מעלה עליו הכתוב כאלו כבש להקב"ה עדות של חדוש העולם שנברא בששת ימים, כי מתוך שאדם רגיל להכשל בעון קל יבא לסוף שיכשל בעון חמור.
Et on peut encore dire que l’ajout du vav dans le mot lo (lou) fait allusion aux six jours de la Création, et vient enseigner que celui qui cache un témoignage à son prochain, l’Écriture le compte comme s’il avait caché au Saint, béni soit-Il, le témoignage de la création du monde dans le temps, créé en six jours, car, du fait que l’homme a l’habitude de trébucher dans une faute légère, il finira par trébucher dans une faute grave.
והתודה אשר חטא עליה. שנתן אל לבו וזכר החטא אחר שנעלם ממנו והיה מסופק בו, וחוזר לודאי, וזהו והתודה מלשון ודאי. ורז"ל דרשו שהכתוב הזה יורה כי כל חטאת טעונה ודוי, וכן דרשו בספרי בפסוק (במדבר ה׳:ו׳) ואשמה הנפש ההיא, בנין אב לכל המתים שיטענו ודוי.
« Et il confessera ce en quoi il a péché. » C’est-à-dire qu’il a mis dans son cœur et s’est souvenu de la faute après qu’elle lui eut été cachée et qu’il en avait un doute, et il passe à la certitude ; et c’est le sens de « et il confessera (vehitvadah) », de l’expression de certitude. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné que ce verset montre que toute offrande pour la faute requiert une confession, et ainsi ils ont enseigné dans le Sifré, à propos du verset (Nombres 5,6) « et cette personne sera coupable » : modèle de principe pour tous les mourants, qu’ils requièrent une confession.
והביא את אשמו לה' על חטאתו אשר חטא נקבה וגו'. פרשה זו קראוה רז"ל קרבן עולה ויורד. ופירוש אשמו לקרבנו ולא היה אשם כי אם חטאת, כמו שאמר כשבה או שעירת עזים לחטאת, ונקרא הקרבן בלשון אשם מפני שהאשם סבת הקרבן, כשם שהכתוב קורא לחכמה לב מפני שהלב סבת החכמה כי המחשבה והחכמה בלב.
« Et il apportera son sacrifice de culpabilité à l’Éternel pour sa faute qu’il a commise, une femelle, etc. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont appelé cette section « sacrifice qui monte et qui descend ». Et le sens de « son sacrifice de culpabilité (ashamo) » est son sacrifice, et ce n’était pas un sacrifice de culpabilité mais une offrande pour la faute, comme il l’a dit : « une brebis ou une chèvre en offrande pour la faute » ; et le sacrifice est appelé du terme de culpabilité parce que la culpabilité est la cause du sacrifice, de même que l’Écriture appelle la sagesse « cœur », parce que le cœur est la cause de la sagesse, car la pensée et la sagesse sont dans le cœur.
ודע כי מה שקראו החכמים הקרבנות הללו קרבן עולה ויורד, מפני שאם היה עשיר בשעת חטאו ואח"כ העני מביא קרבן עני, חזר ונתעשר מביא קרבן עשיר, ולכך קראוהו קרבן עולה ויורד. קרבן עשיר כשבה או שעירה לחטאת, קרבן עני תורים ובני יונה, קרבן דלי דלים עשירית האיפה.
Et sache que si nos Sages ont appelé ces sacrifices « sacrifice qui monte et qui descend », c’est parce que si l’homme était riche au moment de sa faute et devient ensuite pauvre, il apporte le sacrifice du pauvre ; s’il s’enrichit de nouveau, il apporte le sacrifice du riche ; c’est pourquoi ils l’ont appelé « sacrifice qui monte et qui descend ». Le sacrifice du riche est une brebis ou une chèvre pour l’offrande pour la faute, le sacrifice du pauvre des tourterelles et des jeunes colombes, le sacrifice du plus pauvre des pauvres un dixième d’épha.
וקבלו ז"ל כי דמי הכבשה או השעירה שהוא קרבן עשיר הוא שני שקלים כענין שכתוב באיל (ויקרא ה) בערכך כסף שקלים בשקל הקדש לאשם, ומעוט שקלים שנים, ויש לו להביא קרבן שיהיו דמיו שני שקלים לפחות, ושני שקלים הללו הן עשרה שקלים ערביים, וקרבן הדל שהוא תורים ובני יונה דמיו עשירית של דמי הבהמה, וקרבן דלי דלים שהוא עשירית האיפה דמיו עשירית של דמי תורים ובני יונה, וזהו שתמצא עשירת האפה חסר יו"ד רומז על שעורי שלשה קרבנות הללו.
Et ils ont reçu, de mémoire bénie, que la valeur de la brebis ou de la chèvre, qui est le sacrifice du riche, est de deux sicles, selon ce qui est écrit à propos du bélier (Lévitique 5) « selon ton estimation en sicles d’argent, au sicle du Sanctuaire, pour la culpabilité » : le minimum de « sicles » est deux, et il doit apporter un sacrifice dont la valeur soit au moins de deux sicles ; et ces deux sicles sont dix sicles arabes ; et le sacrifice du pauvre, qui est les tourterelles et les jeunes colombes, a pour valeur le dixième de la valeur de la bête, et le sacrifice du plus pauvre des pauvres, qui est le dixième d’épha, a pour valeur le dixième de la valeur des tourterelles et des jeunes colombes. Et c’est pourquoi tu trouves « assirat ha-éfa » défectif d’un yod, ce qui fait allusion aux mesures de ces trois sacrifices.
וכפר עליו הכהן וגו' ונסלח לו. מן השמים, כי העון מתבטל עם הקרבן על ידי הקב"ה, וזה לשון וכפר מלשון (בראשית ל״ב:כ״א) אכפרה פניו, אבל הסליחה לגמרי אינה מסורה ביד בשר ודם אלא להקדוש ב"ה בלבד כענין שכתוב (תהילים ק״ל:ד׳) כי עמך הסליחה. וכן תמצא הלשון הזה בכולן, וכפר עליו הכהן ונסלח לו, חוץ משבועת בטוי שהזכיר שם וכפר עליו הכהן מחטאתו, ולא הזכיר ונסלח לו.
« Et le prêtre fera l’expiation pour lui, etc., et il lui sera pardonné. » Du ciel, car la faute est annulée avec le sacrifice par le Saint, béni soit-Il ; et c’est le sens de « et il fera l’expiation » (vekhipper), de l’expression (Genèse 32,21) « j’apaiserai sa face ». Mais le pardon complet n’est pas remis entre les mains de chair et de sang mais seulement au Saint, béni soit-Il, comme il est écrit (Psaumes 130,4) « car auprès de Toi est le pardon ». Et ainsi tu trouves cette expression dans tous : « et le prêtre fera l’expiation pour lui et il lui sera pardonné », sauf pour le serment d’expression, où il a mentionné « et le prêtre fera l’expiation pour lui de sa faute » sans mentionner « et il lui sera pardonné ».
נפש כי תמעול מעל וחטאה בשגגה מקדשי ה'. הקדים כאן בפרשת הקדש מעילה לחטא, ובפרשה פקדון ודברים שבין אדם לחבירו הקדים חטא למעילה, הוא שאמר נפש כי תחטא ומעלה מעל בה', וכן הזכיר כאן וחמישיתו, ובפרשת פקדון וחמישיתיו, והטעם בכל זה כי לשון מעילה הוא מזיד, כאמרו (עזרא ט׳:ב׳) ויד השרים והסגנים היתה במעל הזה ראשונה, ולשון חטא הוא השוגג מלשון (שופטים כ) ולא יחטיא, ולכך הקדים בהקדש שהוא מחקי הקב"ה מעילה לחטא, ושם הדבר שוגג ועל כן אמר לשון חטא שהוא השוגג, אבל בחקי הבריות בתביעות שבין אדם לחברו הקדים חטא למעילה ושם הדבר זדון, ולפיכך הזכיר מעילה באחרונה, וכל זה מחסדי הש"י כי החמיר יותר בחקי הבריות בין זה לזה יותר ממה שהחמיר בחקו יתברך.
« Quand une personne commettra une infidélité et péchera par inadvertance dans les choses saintes de l’Éternel. » Il a placé ici, dans la section de la chose consacrée, l’infidélité avant la faute, alors que dans la section du dépôt et des choses entre l’homme et son prochain, il a placé la faute avant l’infidélité, c’est ce qu’il a dit « quand une personne péchera et commettra une infidélité envers l’Éternel » ; et de même il a mentionné ici « son cinquième » (va’hamishito, au singulier) et, dans la section du dépôt, « ses cinquièmes » (va’hamishitav, au pluriel). Et la raison de tout cela est que l’expression « infidélité » désigne l’acte volontaire, comme il est dit (Esdras 9,2) « et la main des chefs et des gouverneurs a été la première dans cette infidélité », tandis que l’expression « faute » désigne l’inadvertance, de l’expression (Juges 20,16) « et ne manquaient pas ». C’est pourquoi, dans la chose consacrée, qui relève des statuts du Saint, béni soit-Il, il a placé l’infidélité avant la faute, et là la chose est involontaire, et c’est pourquoi il a dit l’expression de faute, qui est l’inadvertance ; mais pour les droits des créatures, dans les réclamations entre l’homme et son prochain, il a placé la faute avant l’infidélité, et là la chose est volontaire, et c’est pourquoi il a mentionné l’infidélité en dernier ; et tout cela fait partie des bontés du Nom, qu’Il soit béni, car Il a été plus sévère pour les droits des créatures entre elles que pour Son propre droit, qu’Il soit béni.
והנה זה עקר גדול בלשון, והפרש עצום יש בין המלות בהקדמת המאוחר ובאחור המוקדם אע"פ שנראה שהכל אחד ואינו מעלה ומוריד, וכענין שכתוב (מלכים א כ׳:כ׳) תפשום חיים ואמר חיים תפשום, והוא מה שאמר בן הדד מלך ארם על העם שיצאו משומרון, אם לשלום יצאו תפשום חיים ואם למלחמה יצאו חיים תפשום, פירוש תפשום חיים תפשו אותם והניחו להם חיים, כלומר אל תהרגום, ופירוש חיים תפשום כי צוה להרגם ולתפוש חיותם מהם.
Et voici que c’est un grand principe de langue, et il y a une différence immense entre les mots selon que le postérieur est avancé et l’antérieur reculé, bien qu’il paraisse que tout soit pareil et que cela n’ajoute ni n’ôte rien, comme il est écrit (I Rois 20,18) « saisissez-les vivants » et il a dit « vivants, saisissez-les » : c’est ce qu’a dit Ben-Hadad, roi d’Aram, du peuple qui sortait de Shomron : « s’ils sortent pour la paix, saisissez-les vivants ; et s’ils sortent pour la guerre, vivants saisissez-les » ; l’explication de « saisissez-les vivants » est : prenez-les et laissez-les vivants, c’est-à-dire ne les tuez pas ; et l’explication de « vivants, saisissez-les » est qu’il a ordonné de les tuer et de leur saisir leur vie.
ומצינו במקומות רבים שהקב"ה חזק משפט הנהגותיהן של בריות אשר בין זה לזה וחס על כבודם יותר מכבוד עצמו, שכן מצינו באברהם ע"ה (בראשית י״ב:ג׳) ומקללך אאור, יחס הנקמה לעצמו ית' ואמר אאור, ובכבוד עצמו אמר (שמואל א ב׳:ל׳) כי מכבדי אכבד ובוזי יקלו, ולא אמר אקל. וכן בענין ירבעם כשהיה מקריב לע"ז לא יבשה ידו וכאשר הקל בכבוד הנביא ושלח ידו כנגדו יבשה ידו, הוא שכתוב (מלכים א י״ג:ד׳) וישלח ירבעם את ידו מעל המזבח לאמר תפשוהו ותיבש ידו אשר שלח אליו ולא יכול להשיבה אליו.
Et nous trouvons en de nombreux endroits que le Saint, béni soit-Il, a renforcé le jugement des conduites des créatures entre elles et a épargné leur honneur plus que Son propre honneur, comme nous le trouvons chez Avraham, que la paix soit sur lui (Genèse 12,3) « et celui qui te maudit, je le maudirai » : Il a attribué la vengeance à Lui-même, qu’Il soit béni, et a dit « je maudirai » ; mais pour Son propre honneur Il a dit (I Samuel 2,30) « car ceux qui M’honorent J’honorerai, et ceux qui Me méprisent seront méprisés », et Il n’a pas dit « Je mépriserai ». Et de même pour Yerovam : lorsqu’il offrait à l’idole, sa main ne sécha pas, mais lorsqu’il méprisa l’honneur du prophète et étendit la main contre lui, sa main sécha, c’est ce qui est écrit (I Rois 13,4) « et Yerovam étendit sa main de dessus l’autel, disant : saisissez-le ! et sa main qu’il avait étendue contre lui sécha, et il ne put la ramener à lui ».
נמצאת למד שחס הקב"ה על כבוד נביאיו יותר מכבוד עצמו. וכן בענין החיל של מלך ארם לא הכו בסנורים בבואם כנגד הקב"ה כשהיו הולכים לבתי תועבותם לעבוד פסיליהם, וכשבאו כנגד אלישע לתפשו כתיב (מלכים ב ו׳:י״ח) ויכם בסנורים כדבר אלישע. ומה שכתוב וחמישיתיו בפרשת פקדון יש לפרש שאחר שחטא וכחש בעמיתו בפקדון או בתשומת יד והוסיף על חטאתו פשע שנשבע על זה לשקר, ראוי שיוסיף חמישיות הרבה.
Tu apprends ainsi que le Saint, béni soit-Il, épargne l’honneur de Ses prophètes plus que Son propre honneur. Et de même, pour l’armée du roi d’Aram, on ne les frappa pas d’aveuglement lorsqu’ils venaient contre le Saint, béni soit-Il, quand ils allaient dans leurs maisons d’abomination servir leurs idoles, mais lorsqu’ils vinrent contre Élisha pour le saisir, il est écrit (II Rois 6,18) « et Il les frappa d’aveuglement selon la parole d’Élisha ». Et ce qui est écrit « ses cinquièmes » dans la section du dépôt, on peut l’expliquer ainsi : après qu’il a péché et nié à son prochain un dépôt ou un prêt de la main, et qu’il a ajouté à sa faute une transgression en jurant faussement à ce sujet, il convient qu’il ajoute de nombreux cinquièmes.
ודרשו רז"ל שאין הכונה לשלם חמישיות הרבה בבת אחת, אבל בא לומר שאם היה מסרב ולא רצה לתת החומש יתחייב לשלם חמישיות הרבה תחת הסרוב שלא רצה לשלם חומש אחד. ודרשו רז"ל נפש כי תחטא ומעלה מעל בה', א"ר עקיבא מה ת"ל ומעלה מעל בה', לפי שכל מלוה ולוה אינן עושים אלא בעדים ובשטר, לפיכך כשהוא מכחש הוא מכחש בעדים ובשטר, אבל המפקיד לחברו אינו רוצה שידע בו אדם אלא השלישי שביניהם לפיכך כשהוא מכחש מכחש בשלישי שביניהם.
Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné que l’intention n’est pas de payer plusieurs cinquièmes à la fois, mais qu’elle vient dire que s’il s’entêtait et ne voulait pas donner le cinquième, il serait tenu de payer plusieurs cinquièmes pour l’entêtement de n’avoir pas voulu payer un cinquième. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : « quand une personne péchera et commettra une infidélité envers l’Éternel » : Rabbi Akiva a dit : pourquoi l’Écriture dit-elle « et commettra une infidélité envers l’Éternel » ? Parce que tout prêteur et emprunteur ne font cela qu’avec des témoins et un acte ; c’est pourquoi, lorsqu’il nie, il nie devant des témoins et un acte ; mais celui qui dépose chez son prochain ne veut pas que quelqu’un le sache, sinon le troisième qui est entre eux ; c’est pourquoi, lorsqu’il nie, il nie le troisième qui est entre eux.
ולא ידע ואשם ונשא עונו. פרשה זו במי שבא ספק כרת לידו ולא ידע אם עבר עליו אם לאו, כגון שהיה לפניו חלב ושומן וכסבור ששניהם היתר ואכל אחת מהן אמרו לו חתיכה אחת של חלב היתה, ולא ידע אם אכל של חלב או של שומן, הרי זה מביא אשם תלוי ומגין עליו כל זמן שלא נודע לו שודאי חטא, ואם נודע לו מביא חטאת. אי נמי כגון אשה במטה ספק אשתו ספק אחותו. ודרשו רז"ל בפרק הריני נזיר, ולא ידע ואשם ונשא עונו, על דבר זה ידוו כל הדווים.
« Et il ne l’a pas su, et il est coupable et portera sa faute. » Cette section concerne celui qui est venu à un doute de retranchement et ne sait pas s’il a transgressé ou non : par exemple, il avait devant lui de la graisse interdite (’helev) et de la graisse permise (shoumen), et crut que les deux étaient permis et mangea l’un des deux ; on lui dit : c’était un morceau de ’helev ; et il ne sait pas s’il a mangé du ’helev ou du shoumen. Il apporte alors un sacrifice de culpabilité suspendu, qui le protège tant qu’il ne lui a pas été connu qu’il a certainement péché, et s’il lui est connu, il apporte une offrande pour la faute. Ou encore, par exemple, une femme dans le lit, doutant si c’est son épouse ou sa sœur. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné dans le chapitre « Voici que je suis nazir » : « et il ne l’a pas su, et il est coupable et portera sa faute » : pour cette chose tous les souffrants s’affligent.
ויש לשאול שהרי בפרשה של מעלה כשהודע אליו חטאתו חייבו הכתוב קרבן וקרא שם הקרבן חטאת, וכאן שחטא בשוגג ג"כ ולא נודע לו חטאו יחייבנו הכתוב קרבן ויקראנו בשם אשם. וידוע כי לשון חטאת מלשון שגגה ולשון אשם מלשון שממה, להורות שהחוטא חטא בדבר שהוא ראוי שיהיה שמם בו, ואם כן איך יחמיר הכתוב בלא הודע יותר מהודע, שהוא קורא קרבן הודע חטאת וקרבן של לא הודע אשם, ועוד שקרבן הודע שעיר עזים וקרבן לא הודע איל שדמיו מרובים יותר.
Et il y a lieu de demander : dans la section précédente, lorsque sa faute lui a été connue, l’Écriture l’a obligé à un sacrifice et a appelé le sacrifice « offrande pour la faute » ; et ici, lorsqu’il a péché par inadvertance et que sa faute ne lui a pas été connue, l’Écriture l’oblige à un sacrifice et l’appelle « culpabilité ». Or il est connu que l’expression ’hatat vient de l’expression d’inadvertance et que l’expression asham vient de l’expression de désolation, pour enseigner que le fautif a fauté en une chose où il convient qu’il soit désolé. S’il en est ainsi, comment l’Écriture est-elle plus sévère pour « non connu » que pour « connu », puisqu’elle appelle le sacrifice « connu » une offrande pour la faute et le sacrifice « non connu » une culpabilité ? Et de plus, le sacrifice du « connu » est une chèvre, et le sacrifice du « non connu » un bélier, dont la valeur est supérieure.
אבל הטעם בזה מפני שהחטא הנודע לו הוא דואג ומצטער עליו והדאגה על החטא הוא מזבח כפרה ומין אחד ממיני התשובה, וכענין שכתוב (תהלים לח) כי עוני אגיד אדאג מחטאתי, אבל זה שחטא ולא נודע לו לא דאג ולא נצטער ולא התודה בו, לפיכך ראוי שתחמיר עליו התורה יותר, ומזה קרא החוטא אשם, הוא שכתוב ולא ידע ואשם, וקרא קרבנו אשם, הוא שכתוב אשם הוא אשום אשם לה', כלומר אשם הוא קרבנו של זה, אשום אשם, כשלא נודע חטאו שלא דאג ולא נצטער עליו, לה' ליודע הנסתרות, ולפי שאין לו ידיעה בחטאו זה כי אם לה' לכך הזכיר בו אשום אשם לה', וכענין שדרשו בשעיר של ראש חדש שנאמר בו (במדבר כח) לחטאת לה', חטאת שאין מכיר בו אלא ה'.
Mais la raison en est que la faute qui lui est connue, il s’en inquiète et en est affligé, et l’inquiétude au sujet de la faute est un autel d’expiation et une espèce parmi les espèces de repentir, comme il est écrit (Psaumes 38) « car je confesserai ma faute, je m’inquiète de mon péché » ; mais celui-ci, qui a fauté sans le savoir, ne s’est pas inquiété, ne s’est pas affligé et n’a pas confessé ; c’est pourquoi il convient que la Torah soit plus sévère envers lui, et de là l’Écriture a appelé le fautif « coupable », c’est ce qui est écrit « et il ne l’a pas su, et il est coupable », et elle a appelé son sacrifice « culpabilité », c’est ce qui est écrit « c’est un sacrifice de culpabilité (asham hou), il est certainement coupable (ashom asham) envers l’Éternel », c’est-à-dire : « asham » est le sacrifice de celui-ci ; « ashom asham », lorsque sa faute n’a pas été connue, de sorte qu’il ne s’en est pas inquiété ni affligé ; « envers l’Éternel », Celui qui connaît les choses cachées ; et parce que seul l’Éternel a connaissance de cette faute, il y a mentionné « ashom asham laShem », et selon ce qu’ils ont enseigné à propos du bouc de Rosh ’Hodesh, dont il est dit (Nombres 28) « en offrande pour la faute pour l’Éternel » : une faute que seul l’Éternel connaît.
במדרש ולא ידע ואשם ונשא עונו ר' יוסי הגלילי אומר הרי הכתוב ענש את מי שלא ידע, על אחת כמה וכמה שיעניש את מי שידע. רבי יוסי אומר אם נפשך לידע מתן שכרן של צדיקים צא ולמד מאדם הראשון שלא נצטוה אלא על מצות לא תעשה, ועבר עליה ראה כמה מיתות נקנסו לו ולדורותיו, וכי איזו מדה מרובה, של טובה או של פורענות, הוי אומר מדה טובה, אם מדת פורענות מעוטה ראה כמה מיתות נקנסו לו ולדורותיו, מדה טובה מרובה היושב לו מן הפגולים והנותרות והמתענה ביום הכפורים על אחת כמה וכמה שיזכה לו ולדורותיו ולדורי דורותיו עד סוף כל הדורות.
Dans le Midrash : « et il ne l’a pas su, et il est coupable et portera sa faute » : Rabbi Yose le Galiléen dit : voici que l’Écriture a puni celui qui n’a pas su, à plus forte raison punira-t-elle celui qui a su. Rabbi Yose dit : si tu veux connaître le don de la récompense des justes, va et apprends d’Adam le premier homme, qui n’avait reçu d’ordre que pour un commandement négatif et l’a transgressé : vois combien de morts ont été décrétées pour lui et pour ses générations ! Et laquelle des deux mesures est la plus grande, celle du bien ou celle de la punition ? Dis donc : la mesure du bien. Si la mesure de la punition est moindre, vois combien de morts ont été décrétées pour lui et pour ses générations ; la mesure du bien est plus grande : celui qui s’abstient des offrandes impropres (piggoul) et des restes (notar), et qui jeûne le jour du Kippour, à plus forte raison méritera-t-il pour lui, pour ses générations et pour les générations de ses générations jusqu’à la fin de toutes les générations.
רבי עקיבא אומר הרי הוא אומר על פי שנים עדים או שלשה עדים יקום דבר, אם מתקיימת העדות בשנים למה נאמר בשלשה אלא להביא שלישי להחמיר עליו כאילו הועיל, ולעשות דינו לענין עונש והזמה כאילו על ידו תתקיים העדות, אם כן ענש הכתוב לנטפל לעוברי עבירה כעוברי עבירה, על אחת כמה וכמה שישלם שכר לנטפל לעושי מצוה כעושה מצוה.
Rabbi Akiva dit : voici qu’il dit (Deutéronome 19,15) « sur la parole de deux témoins ou de trois témoins, la chose sera établie » : si le témoignage est établi par deux, pourquoi est-il dit « trois » ? Pour amener un troisième afin d’être sévère envers lui comme s’il avait été utile, et pour faire son jugement, quant à la peine et quant à la réfutation des témoins par hazama (preuve qu’ils étaient ailleurs), comme si c’était par lui que le témoignage était établi. S’il en est ainsi, l’Écriture a puni celui qui s’est joint à des auteurs de faute comme des auteurs de faute ; à plus forte raison paiera-t-elle une récompense à celui qui s’est joint à ceux qui accomplissent un commandement comme à celui qui accomplit un commandement.
ר' אליעזר בן עזריה אומר הרי הוא אומר (דברים כד) כי תקצור קצירך בשדך ושכחת עומר בשדה לא תשוב לקחתו וגו' למען יברכך וגו', קבע הכתוב ברכה למי שבאה על ידו מצוה בלא ידיעה, אמור מעתה היתה סלע צרורה בכנפיו ונפלה ממנו ומצאה העני ונתפרנס בה, הרי הכתוב קובע לו ברכה.
Rabbi Eliezer ben ’Azarya dit : voici qu’il dit (Deutéronome 24) « quand tu moissonneras ta moisson dans ton champ et que tu oublieras une gerbe dans le champ, tu ne retourneras pas la prendre, etc., afin que l’Éternel te bénisse, etc. » : l’Écriture a fixé une bénédiction pour celui par qui un commandement est venu sans qu’il le sache. Dis donc, désormais : si un sela’ était noué dans un pan de son vêtement et tomba de lui, et que le pauvre le trouva et en fut nourri, l’Écriture lui fixe une bénédiction.
או בגזל או עשק את עמיתו. הפרש יש בין גזל לעושק, וזהו שכתוב (ויקרא י״ט:י״ג) לא תעשק את רעך ולא תגזול, פרט כל אחד בלאו בפני עצמו כי שני דברים הם, גזל המודה לו שיש בידו הגזלה אבל אינו רוצה להשיבה אליו, עשק הוא שמכחיש ואמר כבר החזרתיו לך וכבר פרעתי לך שכירותך, וזהו שאמר בבבא מציעא (קיא, א) איזהו גזל ואיזהו עשק, יש לך בידי ואיני נותן לך זהו גזל, נתתיו לך זהו עשק.
« Ou par vol ou en opprimant son prochain. » Il y a une différence entre le vol (gazel) et l’oppression (’oshek), c’est ce qui est écrit (Lévitique 19,13) « tu n’opprimeras pas ton prochain et tu ne voleras pas » : il a spécifié chacun par un interdit à part, car ce sont deux choses : le vol, c’est lorsqu’il reconnaît avoir en sa main la chose volée mais ne veut pas la lui rendre ; l’oppression, c’est lorsqu’il nie et dit : je te l’ai déjà rendu, ou : j’ai déjà payé ton salaire. Et c’est ce qui est dit dans Bava Metsia (111a) : qu’est-ce que le vol et qu’est-ce que l’oppression ? « Tu as une créance sur moi, mais je ne te la paie pas » : c’est le vol ; « je te l’ai donné » : c’est l’oppression.
והיה כי יחטא ואשם. כפל הלשון, להורות כי הוא חוטא להקב"ה ולבעל דינו, ולמדך כאן כי מי שיש בידו גזל וחטא בו לחבירו גם להקב"ה חוטא, והחטא הזה שבפרשה הוא מזיד, ולכך התחיל נפש כי תחטא, ולא אמר כי תחטא בשגגה, ובכל החטאים כלם הזכיר בהם בשגגה בכל פרשה ופרשה. וידוע כי כל הקרבנות לא יבואו רק על השוגג אבל מצינו מהם ארבעה בלבד שמביאים קרבן על המזיד, והן, הבא על השפחה, והנזיר שנטמא, ושבועת העדות, ושבועת הפקדון.
« Et s’il pèche et se rend coupable. » Redoublement du langage, pour enseigner qu’il pèche envers le Saint, béni soit-Il, et envers son adversaire ; et il t’a enseigné ici que celui qui a un vol en sa main et a fauté par lui envers son prochain pèche aussi envers le Saint, béni soit-Il. Et cette faute de la section est volontaire, c’est pourquoi il a commencé « quand une personne péchera » et n’a pas dit « quand elle péchera par inadvertance », alors que dans toutes les autres fautes il a mentionné l’inadvertance dans chaque section. Et il est connu que tous les sacrifices ne viennent que pour l’inadvertance, mais nous trouvons quatre seulement dont on apporte le sacrifice pour l’acte volontaire, qui sont : celui qui a des rapports avec une servante, le nazir qui s’est rendu impur, le serment de témoignage et le serment de dépôt.
והשיב את הגזלה אשר גזל. היה מספיק הכתוב לומר והשיב את הגזלה למה הוצרך אשר גזל, שלא תאמר והשיב את הגזלה דמי הגזלה, לכך הוצרך אשר גזל לומר אותו דבר עצמו שגזל, שכל זמן שהגזלה בעין חייב להשיבה בעין אם היא אצלו בעין, ואם כבר ערב אותה בממון המותר, הדין בזה לשלם דמי הגזלה, והוא שאמר רז"ל בבבא קמא גזל מריש ובנאה בבירה בית שמאי אומרים מקעקע כל הבירה כלו ומחזיר מריש לבעליו ובית הלל אומרים אין לו אלא דמי מריש בלבד מפני תקנת השבים, והלכה כבית הלל.
« Et il restituera la chose volée qu’il a volée. » L’Écriture aurait suffi à dire « et il restituera la chose volée » ; pourquoi lui a-t-il fallu « qu’il a volée » ? Pour que tu ne dises pas « il restituera la chose volée » : la valeur de la chose volée ; c’est pourquoi il a fallu « qu’il a volée » pour dire cette chose même qu’il a volée : tant que la chose volée existe, il est tenu de la restituer telle quelle si elle est chez lui telle quelle ; et si elle a déjà été mêlée à de l’argent permis, la loi est qu’il paie la valeur de la chose volée. Et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans Bava Qamma : « s’il a volé une poutre et l’a incorporée dans un édifice », Beit Shammaï disent : il démolit tout l’édifice et rend la poutre à son propriétaire ; et Beit Hillel disent : le propriétaire n’a droit qu’à la valeur de la poutre, à cause de l’amélioration de la situation des repentis ; et la loi suit Beit Hillel.
ותשובת אנשי נינוה שהעיד עליהם הכתוב (יונה ג׳:ח׳) ומן החמס אשר בכפיהם, ואמרו עליהם רז"ל גזל מריש ובנאו בבירה מקעקע כל הבירה כולה ומחזיר מריש לבעליו, לפנים משורת הדין עשו. ודרשו רז"ל אשר גזל, כעין שגזל, לומר לך שאם הוזלה לאחר מכאן חייב לשלם כשעת הגזלה, והוא הדין גם כן בעושק ובפקדון, ועל כן הזכיר בהם אשר עשק, כעין שעשק, אשר הפקד אתו, כעין שהפקד אתו.
Et le repentir des gens de Ninive, dont l’Écriture a témoigné (Jonas 3,8) « et de la violence qui est dans leurs mains », et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit à leur sujet : « s’il a volé une poutre et l’a incorporée dans un édifice, il démolit tout l’édifice et rend la poutre à son propriétaire » : ils ont agi au-delà de la ligne de la loi. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : « qu’il a volée » : telle qu’il l’a volée, pour te dire que si elle a baissé de prix par la suite, il est tenu de payer comme au moment du vol ; et c’est la loi aussi pour l’oppression et le dépôt, et c’est pourquoi il y a mentionné « qu’il a opprimé », telle qu’il l’a opprimée, « qu’on lui a confié », telle qu’on la lui a confiée.
לאשר הוא לו יתננו. למי שהממון שלו, כלומר לנגזל, כי יתחייב להשיב הגזלה לנגזל בעצמו. או יהיה ענין לאשר הוא לו, למי שראוי להיות הממון שלו, כלומר שיחזיר ליורשי הנגזל אם מת הנגזל.
« À celui à qui elle appartient, il la donnera. » À celui à qui appartient l’argent, c’est-à-dire à la victime du vol, car il est tenu de restituer la chose volée à la victime elle-même. Ou bien le sens de « à celui à qui elle appartient » est : à celui à qui l’argent devrait appartenir, c’est-à-dire qu’il restituera aux héritiers de la victime du vol si la victime est morte.
ביום אשמתו. ביום שיתבונן וישיב ללבו אשמתו שגזל ממנו, זהו ביום אשמתו ויכלול עוד בו היום שגזל ממנו, ולמדך שהוא עומד במרדו כל שאינו מחזירו, שהרי העבירות שני חלקים, האחד עבירות שבין אדם למקום שהנפש מתנכרת להקב"ה במחשבות רעות ופעולות רעות, ואין החוטא חומס בזה כי אם לנפשו, וכענין שכתוב (משלי ו) משחית נפשו הוא יעשנה, והשני עברות שבין אדם לחברו, כגון שבזה אותו בדבורו או שהכה אותו על גופו, שהחוטא הזה הוא חוטא לאחד, אבל הגזל הוא חטא כולל כי הוא חוטא גם לאלהים, ולכך איסור הגזל חמור,
« Le jour de sa culpabilité. » Le jour où il réfléchira et fera revenir à son cœur sa culpabilité, d’avoir volé à celui-ci ; c’est « le jour de sa culpabilité », et cela inclut aussi le jour où il lui a volé, et cela t’enseigne qu’il reste dans sa rébellion tant qu’il ne le restitue pas. Car les fautes sont de deux espèces : l’une, les fautes entre l’homme et le Lieu, où l’âme se désavoue envers le Saint, béni soit-Il, par de mauvaises pensées et de mauvaises actions, et le fautif n’opprime en cela que sa propre âme, comme il est écrit (Proverbes 6) « celui qui détruit son âme, c’est lui qui le fait » ; et la seconde, les fautes entre l’homme et son prochain, par exemple s’il l’a méprisé par sa parole ou s’il l’a frappé dans son corps : ce fautif pèche envers un seul. Mais le vol est une faute générale, car il pèche aussi envers Dieu ; c’est pourquoi l’interdit du vol est grave,
כענין שאמרו רז"ל סאה מלאה עונות אין מקטרג בכולן אלא גזל, ודור המבול לא נחתם גזר דינם אלא על הגזל, שנאמר (בראשית ו) קץ כל בשר וגו' כי מלאה הארץ חמס מפניהם, וכן מצינו ביחזקאל הנביא ע"ה שהזכיר לישראל כמה עברות בפרשת (יחזקאל כב) התשפוט את עיר הדמים והודעתה את וגו', הוא שכתוב בדמך אשר שפכת אשמת ובגלוליך אשר עשית טמאת וגו', ואמר קדשי בזית ואת שבתותי חללת, ואמר אנשי רכיל היו בך למען שפך דם נשך ותרבית לקחת וגו' ואותי שכחת נאם ה', ובאחרונה הזכיר הגזל, שנאמר והנה הכיתי כפי אל בצעך אשר עשית.
comme nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « une mesure pleine de fautes, nul n’accuse en toutes, sinon le vol » ; et la génération du Déluge, son décret n’a été scellé que pour le vol, comme il est dit (Genèse 6) « la fin de toute chair… car la terre est pleine de violence à cause d’eux ». Et de même nous trouvons chez le prophète Ézéchiel, que la paix soit sur lui, qu’il a mentionné à Israël plusieurs fautes dans le passage (Ézéchiel 22) « jugeras-tu, jugeras-tu la ville de sang ? Et fais-lui connaître, etc. », c’est ce qui est écrit « par ton sang que tu as versé tu es coupable, et par tes idoles que tu as faites tu es devenue impure, etc. », et il a dit « tu as méprisé mes choses saintes et profané mes sabbats », et il a dit « des hommes de médisance étaient en toi pour verser le sang… tu as pris intérêt et usure, etc., et tu M’as oublié, dit l’Éternel », et à la fin il a mentionné le vol, comme il est dit « et voici, j’ai frappé de ma main à cause de ton gain malhonnête que tu as fait ».
ודרך משל לא הכה כפו עד שהזכיר הגזל מתוך חומר האיסור אשר בו, והזכיר אחריו (שם) היעמוד לבך אם תחזקנה ידיך לימים אשר אני עושה אותך, ואע"פ שעון הגזל הוא לאו הניתק לעשה ויש לו תקנה בהשבה, מ"מ ראוי להיות האיסור חמור מאד, כי לפעמים לא ימצא הנגזל או שמת או שהוא דר במקום רחוק או אם ימצא הנגזל ולא ירצה למחול אותו, גם לפעמים יאבד ממונו ואין לו יד להשיב הגזלה, שכן העושר בעל תמורה, מתחלף ממקום למקום, ואם הוא קרוב היום אל העושר כהרף עין ירחק ממנו בגובה העפיפה גדולה מן הנשר,
Et par manière de parabole, il n’a frappé de sa paume qu’après avoir mentionné le vol, en raison de la gravité de l’interdit qui s’y trouve ; et il a mentionné après lui (ibid.) « ton cœur tiendra-t-il, tes mains seront-elles fermes, aux jours où J’agirai contre toi ? » Et bien que la faute du vol soit un interdit rattaché à un commandement positif et qu’elle ait un remède dans la restitution, il convient néanmoins que l’interdit soit très grave, car parfois on ne trouve pas la victime, ou elle est morte, ou elle habite un lieu éloigné, ou si on la trouve elle ne veut pas pardonner ; parfois aussi le voleur perd ses biens et n’a pas les moyens pour restituer la chose volée, car la richesse est sujette à changement, elle passe d’un lieu à un autre, et s’il est proche de la richesse aujourd’hui, en un clin d’œil il s’en éloigne de la hauteur du vol d’un grand aigle,
וכן אמר שלמה ע"ה (משלי כג) התעיף עיניך בו ואיננו כי עשה יעשה לו כנפים כנשר יעוף השמים, גם לפעמים שלא יכיר הגזלן לנגזל, כגון הגוזל לרבים ולמי יחזיר והוא אינו יודע למי גזל, ועל זה אמר הכתוב ואת אשמו יביא לה' כי אחר שהשיב את הגזלה ונקה עצמו ממנה הצריכו הכתוב קרבן לחומר האיסור, כי בעוד שיש בידו גזל אין הקרבן מועיל ולא התשובה מכפרת שהרי אין התשובה יוצאת מן הדברים רק מן המעשה, והמעשה הוא השבת הגזלה, הוא שאמר הנביא (ישעיה א) רחצו הזכו הסירו רוע מעלליכם וגו',
et ainsi a dit Shelomo, que la paix soit sur lui (Proverbes 23) « fais voler tes yeux vers elle, et elle n’est plus, car elle se fait des ailes, comme l’aigle elle vole vers les cieux » ; parfois aussi le voleur ne reconnaît pas la victime, comme celui qui vole la multitude : à qui restituerait-il, alors qu’il ne sait pas à qui il a volé ? Et c’est de cela que dit l’Écriture « et il amènera son sacrifice de culpabilité à l’Éternel » : après qu’il a restitué la chose volée et s’en est purifié, l’Écriture l’a astreint à un sacrifice à cause de la gravité de l’interdit ; car tant qu’il a un vol en sa main, le sacrifice ne sert à rien et le repentir n’expie pas, puisque le repentir ne sort pas des paroles mais de l’acte, et l’acte est la restitution de la chose volée. C’est ce que dit le prophète (Isaïe 1) « lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la méchanceté de vos actions, etc. »,
ואמר (שם) למדו היטב, וכתיב (שם) אם יהיו חטאיכם כשנים כשלג ילבינו, ואמרו חביריו לאיוב (איוב יא) אם און בידך הרחיקהו ואל תשכן באהליך עולה, יזהירו בכתוב הזה בענין הגזל בנגלה ובנסתר, אם און בידך הרחיקהו, זהו בנגלה, ואל תשכן באהליך עולה, זהו בנסתר, כלומר מה שהוא נסתר בתוך האהל חייב לחפש אחריו ולהוציאו משם אם הוא גזל, וזהו שאמר אחר כך (שם) כי אז תשא פניך ממום והיית מוצק ולא תירא, כי אז תשא פניך ממום, כלומר תוכל ללכת בפנים מגולים כנגד מה שהוא בנגלה, והיית מוצק ולא תירא,
et il dit (ibid.) « apprenez à bien faire », et il est écrit (ibid.) « si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige » ; et les compagnons d’Iyov ont dit (Job 11) « si l’iniquité est dans ta main, éloigne-la, et ne laisse pas habiter l’injustice dans tes tentes » : ils avertissent par ce verset au sujet du vol, ouvert et caché : « si l’iniquité est dans ta main, éloigne-la », cela est l’ouvert ; « et ne laisse pas habiter l’injustice dans tes tentes », cela est le caché, c’est-à-dire que ce qui est caché à l’intérieur de la tente, il est tenu de le chercher et de l’en sortir si c’est un vol ; et c’est ce qu’il dit ensuite (ibid.) « car alors tu lèveras ton visage sans tache, et tu seras ferme et tu ne craindras pas » : « car alors tu lèveras ton visage sans tache », c’est-à-dire que tu pourras marcher à visage découvert à l’égard de ce qui est ouvert, « et tu seras ferme et tu ne craindras pas »,
כלומר תהיה חזק בסתר ואין לך לירא בנסתר, ומזה אמר דוד המלך ע"ה מדבר בתפלה ומתודה (תהלים נא) לך לבדך חטאתי, למד שהיה נקי מחטא הגזלה ולא היה בידו חטא אצל שום אדם כי אם בינו לבין המקום יתעלה, וזהו שאמר לך לבדך חטאתי.
c’est-à-dire tu seras fort dans le secret et tu n’auras rien à craindre dans le caché. Et de là David le roi, que la paix soit sur lui, parlant dans la prière et la confession, a dit (Psaumes 51) « contre Toi seul j’ai péché » : il enseigne qu’il était pur de la faute du vol et qu’il n’avait de faute envers aucun homme, mais seulement entre lui et le Lieu, qu’Il soit exalté ; et c’est ce qu’il a dit « contre Toi seul j’ai péché ».
וכן מצינו שהתפלל להשם יתברך במקום אחר שינקה אותו מהנסתרות והם העונות ששגג בהם ולא יזכור אותם, והוא שאמר (שם יט) שגיאות מי יבין מנסתרות נקני, כי מן הזדונות הוא נשמר מהם ונזהר מלהכשל בהם, ודבר ידוע כי כל הנזהר מהן שכרו אתו ופעולתו לפניו וזוכה לרב טוב הצפון, הוא שאמר (שם) גם עבדך נזהר בהם בשמרם עקב רב.
Et de même nous trouvons qu’il a prié le Nom, qu’Il soit béni, en un autre lieu, de le purifier des choses cachées, qui sont les fautes où il s’est trompé par inadvertance et dont il ne se souvient pas, et c’est ce qu’il a dit (ibid. 19) « les erreurs, qui les discernera ? Purifie-moi des fautes cachées », car des fautes volontaires il se garde et prend soin de ne pas y trébucher ; et c’est une chose connue que quiconque s’en garde, sa récompense est avec lui et son salaire devant lui, et il mérite un grand bien caché, c’est ce qu’il a dit (ibid.) « ton serviteur aussi est éclairé par elles ; en les gardant il y a grande récompense ».