
La paracha Vayéra ne se comprend qu'en lien avec la fin de Lekh Lekha : elle s'ouvre trois jours après la brit milah d'Avraham, âgé de 99 ans.
HaShem vient visiter Avraham malade, nous enseignant la mitsva de bikour 'holim (visite aux malades).
Le mot אֲדֹנָי pose une question : est-ce un Nom sacré, ou un mot profane adressé aux anges ? Rachi propose deux lectures.
Le nikoud tranche : les dix voyelles correspondent aux dix Sefirot. Le Kamats renvoie à Kéter (le plus haut) ; le Pata'h à 'Hokhma (plus bas).
Chez Avraham, le noun d'Adonaï porte un Kamats (Nom sacré, il parle à HaShem) ; chez Lot, un Pata'h (langage profane, il parle aux anges).
Dans la Torah rien n'est anodin : chaque lettre, couronne, voyelle et cantillation recèle un secret profond.
Pourquoi cette continuité est-elle si importante ? Parce que la paracha Vayéra s'ouvre sur un événement extraordinaire qui découle directement de la fin de Lekh Lekha : la brit milah d'Avraham Avinou. Sans ce lien, l'ouverture de notre paracha reste incompréhensible.
À la fin de la paracha précédente, Avraham Avinou a 99 ans. HaShem lui ordonne d'accomplir la brit milah, et Avraham obéit immédiatement, malgré son âge avancé.
« Et HaShem lui apparut dans la plaine de Mamré. » Rachi explique :
Monsieur Himi insiste : HaShem Lui-même vient visiter le malade. C'est de là que nous apprenons la mitsva de bikour 'holim, la visite aux malades.
Quand je lis le mot אֲדֹנָי, je dois savoir s'il s'agit d'un Nom sacré — prononcé A-do-naï avec révérence — ou d'un mot profane signifiant simplement « mon maître ». Rachi donne deux explications.
Première explication : לַגָּדוֹל שֶׁבָּהֶם אָמַר — Avraham s'adresse « au plus grand d'entre eux », l'ange principal. C'est alors lachon 'hol, un langage profane.
Seconde explication (davar a'her) : Avraham ne parle pas aux anges — il parle à HaKadosh Baroukh Hou Lui-même ! Il Lui dit : « Attends un instant, je dois d'abord accueillir ces invités. »
Comment trancher entre ces deux lectures ? Monsieur Himi révèle que le nikoud n'est jamais anodin : chaque point porte une signification profonde.
Il existe dix types de nikoud qui correspondent aux dix Sefirot. La Sefira la plus élevée est Kéter (la Couronne), et son nikoud est le Kamats (קָ). Viennent ensuite le Pata'h pour 'Hokhma, le Tséré pour Bina, le Segol pour 'Hessed, le Sheva pour Guevoura, le 'Holam pour Tiféret, le 'Hirik pour Nétsa'h, le Kibbouts pour Hod, le Shourouk pour Yessod, et Malkhout reste sans voyelle, correspondant à ce monde-ci.
Le noun porte un Kamats (קָ) ! Cela désigne Sefirat Kéter : c'est donc un Nom sacré. Avraham parle bien à HaKadosh Baroukh Hou.
Ici, le noun porte un Pata'h (פַּ) ! Le Pata'h correspond à 'Hokhma, un niveau inférieur à Kéter. C'est lachon 'hol : Lot, lui, parle aux anges.
« HaShem, ouvre mes lèvres. » Ici encore, un Kamats sous le noun, donc Sefirat Kéter : au seuil de la Amida, nous parlons directement au Kadosh Baroukh Hou, au niveau le plus élevé.
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