🌙 À la veille de Roch 'Hodech Eloul · Paracha Réeh Le pouvoir caché du mot Asher, et le Nom secret qui relie la simha à la parnassa
Réeh — Le pouvoir caché de la bénédiction
Paracha Réeh · Veille de Roch 'Hodech Eloul · 5786 · Cours 3
Le pouvoir caché de la bénédiction
D'Asher à la simha : le Nom secret derrière ta parnassa
Cours de M. Yéhouda Himi
🕯️ À l’élévation de l’âme de Rav Ron Chaya זצ״לCette étude est également dédiée à la mémoire de Rav Ron Chaya זצ״ל, qui a consacré sa vie à diffuser la Torah, à réveiller la téchouva et à renforcer un véritable shalom — un shalom de vérité, de kedoucha et de responsabilité.Que le mérite du juste nous protège, ainsi que tout Israël. Que son âme soit liée au faisceau de la vie. Amen.
🎙️
🎙 Écouter le cours · M. Yéhouda Himi
Réeh — Cours 3 · Le pouvoir caché de la bénédiction
⬇ Télécharger l'enregistrement
Le pouvoir caché de la bénédiction
M. Yéhouda Himi · Paracha Réeh · Veille de Roch 'Hodech Eloul · Cours 3

La Torah dit « la bénédiction, Asher (אשר) vous écoutiez » et « la malédiction, Im (אם) vous n'écoutiez pas ». Rachi le remarque : pourquoi ce changement de mot ? Réponse : Asher ne signifie pas « si » mais « force » — D.ieu ne donne que la bénédiction, la force de pratiquer les mitsvot ; la malédiction n'est pas donnée, elle naît de notre propre choix de ne pas utiliser cette force.

Plus loin, la paracha relie la simha à la parnassa : « Tu te réjouiras devant Hachem ton D.ieu dans toute œuvre de tes mains ». Un Nom saint caché dans « Il ouvre Ta main et rassasie tout vivant » (Tehilim 145) — חטף חף, guématria 428 — est associé à la parnassa, et Yossef l'a transmis à Yaakov pour lui redonner sa prophétie et sa joie.

C'est pourquoi la bénédiction de Roch Hachana se dit « d'entendre le son du chofar » et non « sur la sonnerie » : c'est le Saint béni soit-Il qui « entend » à travers nos oreilles — et « entendre », en hébreu comme en français, veut dire comprendre. C'est le cœur brisé en téchouva que Hachem écoute.

En marchant vers Eloul, la question reste : qui doit faire le premier pas vers l'autre — l'homme ou D.ieu ? Réponse : les deux ensemble, comme une ombre qui répond exactement à nos propres mouvements.

📖 Lire le cours complet
1 Réeh, au singulier puis au pluriel
Vois (Réeh), je place aujourd'hui devant vous (lifneikhem) la bénédiction et la malédiction Réeh 11, 26

La paracha s'ouvre au singulier — « Réeh » — et se poursuit au pluriel — « lifneikhem ». Pourquoi ce changement ? Parce que Moché Rabbénou, dans le Séfer Devarim, veut que chacun se sente personnellement visé : que personne ne se dise « ce n'est pas à moi qu'il parle, moi je suis en règle ». En additionnant chaque individu, un seul à la fois, on obtient à la fin le collectif — exactement comme à Har Sinaï, où il est écrit « Vayi'han cham Israël » (au singulier, alors que « vaya'hanou » au pluriel serait attendu) : pour dire que le peuple campait comme un seul homme, d'un seul cœur.

2 « Asher » pour la bénédiction, « Im » pour la malédiction
La bénédiction, Asher (אשר) vous écoutiez les commandements de Hachem votre D.ieu · Et la malédiction, Im (אם) vous n'écoutiez pas Réeh 11, 27-28

Moché aurait pu dire « Asher » les deux fois, ou « Im » les deux fois. Pourquoi ce changement de mot entre la bénédiction et la malédiction ? Rachi répond : « la bénédiction, à condition (al menat) que vous écoutiez » — il comprend « Asher » comme visant un but. Mais comment passe-t-on du mot « Asher » à cette idée ?

Ailleurs dans la Torah, à propos des Tables brisées par Moché, le Midrach commente « Asher chibarta » (« que tu as brisées ») par « yéyacher ko'ha'kha » — « bravo à toi ». Comment passe-t-on du mot « Asher » au mot « koa'h », la force ?
3 « Asher » — la force, pas la condition

La preuve vient d'un autre verset, sur l'idolâtrie : « Lo tita l'kha achéra » (« tu ne planteras pas d'achéra »). Les nations fabriquaient leurs idoles avec un bois particulièrement solide — l'achéra. De là : le mot « asher » évoque la force, le pouvoir. « Asher chibarta » devient donc « tu as eu la force de briser ». Et en hébreu moderne, on retrouve la même racine : donner une valeur légale à un document, c'est « l'assurer » (le'ashèr) — lui donner de la force.

⭐ Ainsi, « la bénédiction, Asher vous écoutiez » ne pose aucune condition : D.ieu dit « Je vous donne la force d'écouter ». Poser les téfilines exige une main droite valide ; jeûner à Kippour exige d'avoir mangé la veille pour avoir la force ; étudier la Torah exige des yeux pour lire. La bénédiction, c'est cette force elle-même — le corps, la santé, les capacités qui permettent d'accomplir les mitsvot.
4 D.ieu ne donne que le bien — la malédiction, c'est nous

Le Saint béni soit-Il ne donne pas de malédiction. Il donne seulement la bénédiction — la force de pratiquer. C'est pourquoi le texte dit « la malédiction, Im vous n'écoutiez pas » : si vous n'utilisez pas la force qui vous a été donnée, vous transformez vous-mêmes cette force inemployée en malédiction. Comme il est écrit : « De la bouche du Très-Haut ne sortent ni les maux ni le bien » — seul le bien en sort.

Imagine une immense bassine suspendue, pleine de friandises — chacun y trouve ce qu'il aime — avec des fils qui pendent jusqu'à toi. Il suffit de tirer le fil pour recevoir. Si tu choisis de ne pas tirer, c'est ton problème — mais la bénédiction, elle, est déjà là. La malédiction n'est rien d'autre que ce choix de ne pas tirer.
5 La simha ouvre la porte à la parnassa
Tu te réjouiras devant Hachem ton D.ieu dans toute œuvre de tes mains Réeh 12, 18

Plus loin dans la paracha apparaît la mitsva de simha à Souccot — « Vehayita akh saméa'h ». Pourquoi précisément à Souccot ? Parce qu'assis sous la soucca, on comprend que ce qui compte dans la vie n'est ni les murs ni les biens, mais le fait de se blottir sous l'ombre de la Chekhina — quatre jours seulement après que Kippour nous a purifiés de nos fautes. Mais la Torah établit un lien plus large : la parnassa elle-même dépend de la simha.

6 Le Nom saint caché — 428

Dans la berakha de « Chomea Téfila » que nous récitons chaque jour figure le verset : « Potéa'h et yadékha, oumasbia lékhol 'haï ratsone » — « Tu ouvres Ta main et rassasies de bienveillance tout vivant » (Tehilim 145). C'est de ce verset qu'est dérivé le Nom saint 'Hataf 'Haf.

428
Guématria du Nom 'Hataf 'Haf, dérivé de ce verset · Nom associé à la parnassa

La Guemara (Berakhot 4b) demande pourquoi on récite « Achré yochvé beitékha » trois fois par jour, méritant ainsi le Monde à Venir : non pas parce qu'il suit l'ordre alphabétique — d'autres psaumes le font aussi — mais parce qu'il contient à la fois tout l'alef-beit et ce verset de parnassa. Aucun autre chant ne réunit les deux.

7 Yossef, Yaakov et le retour de la prophétie
Et à son père il envoya comme ceci (kézot) — dix ânes Vayigach, Béréchit 45, 23

Que Yossef a-t-il envoyé à son père ? Rachi : « Kézot — kémniane hazé » — « comme le compte de ceci ». Le mot kézot vaut lui-même 428 en guématria : Yossef a envoyé à Yaakov le Nom saint חטף חף, celui de la parnassa.

Résultat immédiat : « Vate'hi roua'h Yaakov avihem » — « l'esprit de Yaakov revécut » — sa prophétie, disparue durant les années de deuil, lui revient. Car la Chekhina ne réside ni dans la tristesse ni dans la paresse, seulement dans la simha. Et Rachi note qu'aussitôt après, dès que Yaakov descend en Egypte, le Nil monte à sa rencontre et la famine cesse — bien avant les sept années annoncées. La simha ramène la Chekhina, et la Chekhina ramène le shéfa.
8 L'œil bienveillant, et « couper » la vie et la parnassa
Voici, l'œil de Hachem est sur ceux qui Le craignent... pour délivrer leur âme de la mort Tehilim 33, 18-19

Ce Nom ne s'active pas gratuitement : il faut soi-même donner une ayin tova, un œil bienveillant envers autrui, pour mériter que D.ieu tourne vers nous Son œil bienveillant.

⭐ Dans la sonorité même du mot 'Hataf, on entend résonner le mot « lakhtokh » — couper. C'est pourquoi certains ont la coutume, avant Roch Hachana, de faire aiguiser un couteau : le couteau coupe, et « lakhtokh 'haïm lékhol 'haï » (« trancher la vie pour tout vivant ») est justement une segoula de parnassa. Le même rayonnement se retrouve dans les kapparot : « Zo 'halifati, zo témourati, zo kapparati » — une formule qui porte, elle aussi, ce même thème de la vie « tranchée » pour tout vivant.
9 « Entendre le son du chofar », pas « sur la sonnerie »

Une anomalie dans nos berakhot : pour la netilat yadaïm, on bénit « al netilat yadaïm » ; pour la 'hanoukkia, « lehadlik ner » ; mais pour le chofar, on bénit « lichmoa kol chofar » — « d'entendre le son du chofar » — et non « al tekiat chofar ». Or c'est le officiant seul qui fait la berakha, alors que c'est l'assemblée qui écoute !

Baroukh ata Hachem... Choméa téroua't amo Israël berahamim Berakha de Moussaf

La réponse : c'est le Saint béni soit-Il Lui-même qui « entend » le son du chofar — à travers nos oreilles. Si l'assemblée écoute vraiment, D.ieu écoute avec elle. Et « lichmoa » ne signifie pas seulement « ouïr » : en hébreu comme en français (« entendre » = comprendre) ou en anglais (« I see » = « je comprends »), lichmoa veut dire comprendre. Or la compréhension réside dans le cœur — « lev shoméa », un cœur qui écoute. Ce que Hachem entend, en vérité, c'est le cœur brisé qui revient vers Lui en téchouva.

10 Eloul : qui fait le premier pas ?

Eloul — notariqon du verset du Chir Hachirim : « Ani lédodi védodi li » — « Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi ». « Dodi » ne vient pas de « dod » (l'oncle) mais de la racine « yadid » — l'ami, littéralement celui qui « donne la main » (yad). Selon ce verset, c'est nous qui faisons le premier pas.

Mais un autre verset du Chir Hachirim inverse l'ordre : « Dodi li vaani lo » — « mon bien-aimé est à moi et je suis à lui ». Qui doit donc commencer ? Le Midrach rapporte le débat sur le dernier verset d'Eikha : « Hachivénou Hachem éiléikha vénachouva » — Knesset Israël dit à D.ieu : « Ramène-nous d'abord, et nous reviendrons ». D.ieu répond : « Non — c'est à vous de faire le premier pas, comme il est dit : shouvou élaï véachouva aléikhem ».

Le Midrach Tehilim (Chocher Tov) sur le verset « Hachem tsilékha al yad yeminékha » (Tehilim 121, 5) tranche cette question par une image : « De même que l'ombre — si tu ris, elle rit avec toi ; si tu pleures, elle pleure avec toi — ainsi D.ieu : selon tes actes, Il se conduit avec toi. » Le même principe est formulé dans la guemara : « Baderekh chéadam rotsé lélékh, molikhine oto » — « sur le chemin que l'homme veut suivre, on le conduit » (Makot 10b), développé par le Maharal et le Chla Hakadoch : l'homme éveille d'en bas ce qui répond d'en haut.

⭐ La réponse est donc la réciprocité : nous devons faire un pas, même petit, vers D.ieu — et l'ombre répond exactement à ce pas. Comme les chevaux de Pharaon qui se sont jetés dans la mer par mesirout néfech, D.ieu dit alors : « Je suis le cavalier, vous êtes le cheval — si vous faites un kidouch Hachem, Je suis avec vous ».

Bonne entrée dans le mois d'Eloul : que la force reçue en bénédiction, la simha, et le premier pas vers Hachem nous mènent, avec tout Israël, à une année de vraie parnassa et de délivrance. Amen.

🎯 Teste-toi

Cinq questions. Clique sur une réponse.

1
Pourquoi la Torah dit « la bénédiction, Asher (אשר) vous écoutiez » et non « la bénédiction, Im (אם) vous écoutiez » ?
Rachi : « la bénédiction, à condition que vous écoutiez ». « Asher » vient de la racine de force (achéra, un bois solide) — D.ieu donne la force d'écouter, non une condition.
2
D'où vient la preuve que le mot « Asher » évoque la force ?
« Achéra » était le bois le plus solide utilisé pour l'idolâtrie ; de là, « Asher » = force. D'où « Asher chibarta » = « tu as eu la force de briser » (sur les Tables brisées).
3
Quelle est la guématria du Nom saint חטף חף, lié à la parnassa ?
חטף חף = 428, initiales de « Potéa'h et yadékha oumasbia lékhol 'haï ratsone » (Tehilim 145) — et guématria du mot « kézot » que Yossef envoya à Yaakov.
4
Pourquoi bénit-on « lichmoa kol chofar » (entendre le son du chofar) et non « al tekiat chofar » (sur la sonnerie du chofar) ?
Moussaf : « Choméa téroua't amo Israël ». D.ieu entend à travers nos oreilles. « Lichmoa » = comprendre (comme « I see » en anglais) — la compréhension est dans le cœur qui écoute.
5
Selon le Midrach Tehilim sur « Hachem tsilékha al yad yeminékha », comment se comporte l'ombre de D.ieu envers nous ?
Midrash Tehilim (Chocher Tov) sur Tehilim 121, 5 ; cf. Makot 10b « Baderekh chéadam rotsé lélékh, molikhine oto », développé par le Maharal et le Chla.

Résultat

📅 Programme sur sept jours — Réeh · Veille d'Eloul
Dimanche
Lis Réeh 11, 26-28. Remarque le passage du singulier au pluriel — « Réeh... lifneikhem ».
Lundi
Étudie Rachi sur « Asher » et « Im » — pourquoi ce changement de mot entre la bénédiction et la malédiction.
Mardi
Aujourd'hui, utilise consciemment une « force » reçue de D.ieu pour accomplir une mitsva précise.
Mercredi
Relis Tehilim 145, 16 — « Potéa'h et yadékha » — et cherche le Nom חטף חף.
Jeudi
Étudie l'histoire de Yossef et Yaakov (Vayigach 45) — le lien entre simha, prophétie et parnassa.
Vendredi
Avant Chabbat — un acte d'« ayin tova » envers quelqu'un, sans rien attendre en retour.
Chabbat
Chabbat veille d'Eloul — médite sur « Ani lédodi védodi li » et prépare ton cœur pour le mois de miséricorde.
Quatre étapes pratiques
🏠

Chalom Bayit — La bouche à la maison

Mon alliance de paix — la paix commence à la maison. Découvre une carte Chalom Bayit.

🔢

Guématria — Rav Menaché

Connexions cachées dans les noms selon Rav Menaché zatsal.

🔢 Cours de guématria
📝

Étude Torah

Approfondis le Baal HaTourim et Rachi sur la Paracha Réeh.

📝 Beith Hamidrach
📚

Toutes les Parachiot

Tous les cours de M. Yéhouda Himi — de Béréchit à Devarim et les fêtes.

📚 Toutes les Parachiot
📕

Livres

La sagesse de la Torah en format thriller — Éditions Gueoula.

🌙

Interprétation des rêves

As-tu rêvé ? Vérifie sa signification selon Rav Almoli.

🌙 Rêves
🎬

Vidéos

Shiourim vidéo sur les fêtes, la ménora et les secrets du Michkan.

🎬 Vidéos
💡

Boîte à idées

Une idée, une remarque, une suggestion pour le site ? Partage-la avec nous.

💡 Boîte à idées
🤝

Maasser

Donne ta part de Maasser et participe à la diffusion de la Torah.

🤝 Maasser
📨 Recevoir le cours hebdomadaire
Chaque semaine, directement dans votre boîte. Sans spam. Désinscription en un clic.
🕯️ Dédier ce cours
Dédie ce cours à l'entrée du mois d'Eloul — à la mémoire, pour la guérison ou la réussite.
🧱 Voir le mur des dédicaces →
L'Heure du Jugement

L'Heure du Jugement

Un thriller spirituel · David Goldberg

Un tribunal que personne ne voit venir, un jugement qui n'attend pas Roch Hachana. À l'approche d'Eloul, un thriller haletant sur le jugement et la rédemption.

📖 Lire l'extrait gratuit · Livre $9.90