🕯️ Tichri 5787 · de Kippour à Souccot ’Hag saméa’h — que la soucca nous garde toute l’année
Le camp d’Israël dans le désert sous les nuées de gloire, au premier jour de la construction du Michkan
Souccot · Tichri 5787 · Cours 1

« La soucca, maison des mariés »

Pourquoi le 15 Tichri — et ce que la soucca garde de Kippour
Cours de M. Yéhouda Himi
🕯️ À l’élévation de l’âme de Rav Ron Chaya זצ״לCette étude est également dédiée à la mémoire de Rav Ron Chaya זצ״ל, qui a consacré sa vie à diffuser la Torah, à réveiller la téchouva et à renforcer un véritable shalom — un shalom de vérité, de kedoucha et de responsabilité.Que le mérite du juste nous protège, ainsi que tout Israël. Que son âme soit liée au faisceau de la vie. Amen.
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Souccot — Cours 1 · « La soucca, maison des mariés »
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« La soucca, maison des mariés »
Pourquoi le 15 Tichri — et ce que la soucca garde de Kippour

« Car dans des souccot J’ai fait habiter les enfants d’Israël. » Mais ils étaient en marche, et Bil’am ne voit que des tentes. Et si ce sont les nuées de gloire, qui ont entouré Israël quarante ans, n’importe quel jour de l’année conviendrait. Pourquoi donc le 15 Tichri ?

La réponse est dans le calendrier. Le jour de Kippour, le Saint béni soit-Il pardonne avec joie et Moché descend avec les secondes Tables. Le lendemain, 11 Tichri, Moché rassemble le peuple — Vayakhel — pour le Michkan. Deux matins de dons, et le 15 on commence à bâtir. Ce jour-là, nous bâtissons la soucca.

Après les premières Tables, Moché est monté quarante jours et la kalla est restée seule : le veau d’or. Cette fois, on ne laisse pas la kalla seule. On bâtit une maison des mariés, et l’on fait sept jours de festin, avec chaque jour des « visages nouveaux » : les sept ouchpizin.

Où mettre toute la lumière de Kippour ? Dans la soucca, tsila dimheimnouta, l’ombre de la foi. Soucca = 91 = le Nom Havaya et le Nom Adnout ensemble = amen. « Sa gauche sous ma tête » : Roch Hachana et Kippour. « Et sa droite m’enlace » : Souccot.

📖 Cours complet
1 Une question très connue

Avec l’aide de Dieu, nous sommes aujourd’hui le 11 Tichri. C’est une date très, très particulière. Et pour comprendre cette date, commençons par une question très connue : pourquoi bâtissons-nous une soucca ?

La question paraît simple. Il est écrit dans la Torah :

« בַּסֻּכֹּת תֵּשְׁבוּ שִׁבְעַת יָמִים… לְמַעַן יֵדְעוּ דֹרֹתֵיכֶם כִּי בַסֻּכּוֹת הוֹשַׁבְתִּי אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בְּהוֹצִיאִי אוֹתָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם »

« Dans des souccot vous habiterez sept jours… afin que vos générations sachent que dans des souccot J’ai fait habiter les enfants d’Israël, quand Je les ai fait sortir du pays d’Égypte. » — Vayikra 23,42-43

Vérifions. Nous disons cela, et cela nous passe à côté de l’oreille. Est-il exact que le Saint béni soit-Il a fait habiter les enfants d’Israël dans des souccot quand Il les a fait sortir d’Égypte ?

2 Habiter, en marche ?

D’abord, pour habiter, il faut être assis quelque part. On n’habite pas au milieu d’un mouvement. Or « quand Je les ai fait sortir », nous sommes en marche. Comment dire « J’ai fait habiter les enfants d’Israël dans des souccot » s’ils étaient en marche ?

On dira : à chaque campement, ils bâtissaient une soucca. En apparence. Mais nous avons un témoin qui nous dit exactement comment Israël habitait dans le désert : Bil’am. Il regarde et dit :

« מַה טֹּבוּ אֹהָלֶיךָ יַעֲקֹב, מִשְׁכְּנֹתֶיךָ יִשְׂרָאֵל »

« Qu’elles sont belles tes tentes, Jacob, tes demeures, Israël ! » — Bamidbar 24,5
Il ne dit pas « qu’elles sont belles tes souccot, Jacob ». Il ne voit pas de souccot, il voit des tentes. Alors quand donc ont-ils fait des souccot, eux qui étaient en marche dans le désert ?
3 Rabbi Eliézer et Rabbi Akiva

Il y a sur ce point une discussion de nos Sages :

« ״כִּי בַסּוּכּוֹת הוֹשַׁבְתִּי אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״ — עַנְנֵי כָבוֹד הָיוּ, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: סוּכּוֹת מַמָּשׁ עָשׂוּ לָהֶם » — Soucca 11b

« “Car dans des souccot J’ai fait habiter les enfants d’Israël” : c’étaient les nuées de gloire, ce sont les paroles de Rabbi Eliézer. Rabbi Akiva dit : ils se firent de vraies souccot. »

Rabbi Akiva dit : de vraies souccot. Il faudra comprendre ce que veut dire « de vraies souccot », puisque dans l’histoire nous voyons qu’ils habitaient dans des tentes.

L’autre opinion dit : c’est en souvenir des nuées de gloire. Et c’est vrai, c’est la réalité : le peuple d’Israël marchait à l’intérieur d’une soucca faite de nuées de gloire. Quatre nuées sur les côtés ; une nuée au-dessus, qui les protégeait du soleil et de la pluie ; une nuée au sol, qui leur aplanissait le chemin pour qu’ils ne soient pas mordus par les scorpions et les serpents — six nuées ; et la septième, la colonne de nuée qui marchait devant eux pour leur montrer la route.

Tout le peuple d’Israël, environ cinq millions de personnes, avançait à l’intérieur d’une immense soucca faite de nuées de gloire.
4 Alors pourquoi en Tichri ?

Si c’est vrai, et c’est vrai, une question se pose : pourquoi faisons-nous les souccot précisément au mois de Tichri, le 15 Tichri ?

Si c’est en souvenir des nuées de gloire qui ont entouré Israël et l’ont accompagné quarante ans dans le désert, alors chacun des trois cent soixante-cinq jours de l’année convient pour en faire le souvenir. Tous les jours de l’année, ils ont marché avec ces nuées.

Nous avons donc une difficulté avec les deux raisons. La première, « dans des souccot J’ai fait habiter » : Bil’am témoigne qu’ils habitaient des tentes, et l’on n’habite pas en marche. Et même si l’on dit qu’ils ont habité des souccot quarante ans, tout jour de ces quarante années conviendrait. La seconde, les nuées de gloire : là aussi, tout jour convient.
5 La réponse de l’hiver

Nos Sages répondent : nous voulons justement faire la soucca en Tichri. Pourquoi ? L’usage du monde, quand l’été commence, est de sortir de la maison sur la terrasse, de s’asseoir sous un abri pour avoir de la brise, de l’air. Mais le peuple d’Israël, pour montrer son amour d’Hachem, sort justement au début de l’hiver, qui commence en Tichri — à Sim’hat Torah nous mentionnons déjà la pluie. Le peuple d’Israël quitte la maison et entre dans la soucca, pour montrer qu’il sort parce qu’il accomplit le commandement d’Hachem.

C’est bien. Mais pourquoi le 15 ? Tout jour de Tichri pourrait convenir. Et plus encore, selon cette raison, c’est Mar’hechvan qui conviendrait : à Sim’hat Torah nous ne faisons que mentionner la force des pluies, nous ne demandons pas encore la pluie. Quand commence-t-on à la demander ? Le 7 Mar’hechvan. Alors commençons en Mar’hechvan, bâtissons la soucca au moment où nous demandons la pluie !

Cette recherche doit nous amener à une raison beaucoup plus intérieure et profonde : qu’y a-t-il dans la soucca, sur quoi la bâtissons-nous vraiment, et pourquoi précisément le 15 Tichri ?
6 Du Sinaï au jour du pardon

Notre recherche commence au mont Sinaï. Au Sinaï, le peuple d’Israël a reçu la Torah, le 6 Sivan. Et nous savons ce qui s’est passé : la faute du veau d’or. Moché Rabbénou descend et brise les Tables. Il remonte, quarante jours de prière. Il descend, et remonte encore une fois à Roch ’Hodech Eloul, quarante jours.

Et le quarantième jour, c’est Kippour. Rachi l’écrit :

« בַּעֲשָׂרָה בְּתִשְׁרֵי נִתְרַצָּה הַקָּבָּ״ה לְיִשְׂרָאֵל בְּשִׂמְחָה וּבְלֵב שָׁלֵם… סָלַחְתִּי, וּמָסַר לוֹ לוּחוֹת אַחֲרוֹנוֹת, וְיָרַד וְהִתְחִיל לְצַוּוֹתָם עַל מְלֶאכֶת הַמִּשְׁכָּן » — Rachi sur Chemot 33,11

« Le 10 Tichri, le Saint béni soit-Il S’est réconcilié avec Israël, dans la joie et d’un cœur entier… “J’ai pardonné” ; Il lui remit les dernières Tables, et il descendit et commença à leur ordonner l’ouvrage du Michkan. »
Le jour de Kippour, le 10 Tichri, le Saint béni soit-Il dit à Moché « J’ai pardonné », et Moché descend vers Israël avec les secondes Tables. Avec joie.
7 Le lendemain de Kippour : Vayakhel

Et le lendemain ? Au début de la paracha de Vayakhel :

« וַיַּקְהֵל מֹשֶׁה אֶת כָּל עֲדַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל » — Chemot 35,1

« לְמָחֳרַת יוֹם הַכִּפּוּרִים כְּשֶׁיָּרַד מִן הָהָר » — Rachi

« Moché rassembla toute l’assemblée des enfants d’Israël » — « le lendemain de Yom Kippour, quand il descendit de la montagne. »

Le lendemain de Kippour, le 11 Tichri, comme aujourd’hui : Moché rassemble tout le peuple et leur dit : maintenant, il faut réunir les contributions pour le Michkan. On revient au plan d’origine, celui des parachiot de Terouma, Tetsavé, Vayakhel, Pekoudé.

« וְהֵם הֵבִיאוּ אֵלָיו עוֹד נְדָבָה בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר » — Chemot 36,3

« Et ils lui apportaient encore des dons, matin après matin. »

« Matin après matin » : deux matins. En deux jours, le 12 et le 13 Tichri, ils ont apporté tout ce qu’il fallait pour le Michkan, au point que Moché leur a dit : c’est assez, nous avons ce qu’il faut, et plus encore. Le 14, tout est entre les mains des artisans. Et le 15, ils commencent à bâtir le Michkan.

Comme le peuple d’Israël a commencé à bâtir le Michkan le 15 Tichri, nous bâtissons la soucca le 15 Tichri. Nous commençons maintenant à comprendre le but de la soucca.
8 Le ’hatan qui part en voyage

Le Midrach dit qu’en réalité c’est un tikoun. Quel tikoun ?

Après le Sinaï et les Dix Paroles, Moché Rabbénou dit au peuple : je vous quitte maintenant pour quarante jours et quarante nuits. Vous avez entendu les Paroles ; je monte recevoir pour vous la Torah, je vais vous l’apporter.

À quoi cela ressemble-t-il ? À un couple qui vient de se marier. Un mariage somptueux, des chanteurs, des spectacles, un mariage qu’on ne peut même pas imaginer. Et le lendemain, le ’hatan dit à la kalla : écoute, je suis désolé, j’ai un voyage à l’étranger, un voyage d’affaires très, très important. Je reviens dans quarante jours.

Qu’attend-on de cette kalla, qui était au sommet de son émotion, qui aspirait tant à être avec son mari — et lui se lève et s’en va ? Quelle épreuve difficile, ces quarante jours, pour une kalla restée seule dans la suite de l’hôtel. Comment ne ferait-elle pas le veau d’or ? C’est ce que dit le Midrach : comment ne serait-elle pas infidèle ?

9 Cette fois, on ne laisse pas la kalla seule

Alors, pour ainsi dire, le Saint béni soit-Il dit à Moché Rabbénou : cette fois, quand tu leur descendras les secondes Tables, nous ferons les sept brakhot. Cette fois, on ne laisse pas la kalla seule. On se réjouit ensemble, les sept brakhot comme il se doit.

Et Moché descend avec les secondes Tables et dit : maintenant, bâtissez une maison des mariés. Bâtissez un lieu où le ’hatan et la kalla pourront s’asseoir et se réjouir les sept jours du festin comme il faut, pour que cette union réussisse très bien et qu’ils partent sur un chemin nouveau, très beau.

« וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם » — Chemot 25,8

« Ils Me feront un sanctuaire, et Je résiderai au milieu d’eux. »
C’est cela, la soucca. Après que Moché Rabbénou est descendu avec les secondes Tables, quatre jours sont donnés : commencez à bâtir le Michkan, où Je ferai résider Ma Chekhina.
10 Où mettre la lumière de Kippour ?

Nous faisons maintenant la même chose. Nous étions au Sinaï : Yom Kippour est, par le ressenti spirituel, le jour le plus proche du Sinaï. Nous ressemblons à des anges : nous ne mangeons pas, nous ne buvons pas, nous nous tenons debout toute la journée, vêtus de blanc, occupés uniquement de prière. Il n’y a pas de Satan, pas de mauvaise rencontre. Nous sommes seul à seul avec le Saint béni soit-Il. Une présence immense de la Chekhina.

Hier, personne ne voulait quitter le Beith Haknesset. Peut-être que l’assemblée était pressée de boire, de rompre le jeûne ; mais le sentiment est tel, un tel attachement, que l’on dit : je veux continuer encore. On te renvoie du Beith Haknesset : va, mange avec joie.

Mais que fais-tu de toute cette énergie spirituelle que tu as reçue à Kippour ? Où la caches-tu ?

Où a-t-on caché toute l’énergie du Sinaï ? Dans le Michkan : « et Je résiderai au milieu d’eux ». Faites un Michkan, et là résidera Ma Chekhina.

Au sortir de Kippour, on court bâtir la soucca : c’était la fin du premier cours sur Yom Kippour, la Neïla retournée.
11 La soucca, c’est le Michkan

Nous faisons exactement le même chemin. Moché Rabbénou descend avec les secondes Tables ; nous, après Kippour, en quatre jours, nous préparons une soucca, qui est en vérité le Michkan dans lequel nous entrons avec la Chekhina. C’est là tsila dimheimnouta, l’ombre de la foi, et là nous prolongeons la spiritualité, l’élévation que nous avons reçue à Kippour.

Et maintenant, cette raison répond à toutes les questions. Nous demandions : pourquoi précisément au début de l’hiver ? Cela n’a rien à voir avec l’hiver. C’est simplement lié à la date du 15 Tichri, qui vient après le 10 Tichri, Kippour.

Nous faisons résider la Chekhina : nous prolongeons la Chekhina que nous avions à Kippour et nous la faisons entrer dans la soucca. Nous sommes à l’ombre de la foi, avec le Saint béni soit-Il ; nous mangeons, nous buvons, avec les sept ouchpizin. Et la fête de Souccot nous relie vraiment à Kippour.
12 Quatre jours, quatre lettres

Et la descente se fait par étapes. Que sont ces quatre jours entre Kippour et Souccot ?

Les mékoubalim expliquent que ces quatre jours correspondent aux quatre lettres du Nom Havaya : י־ה־ו־ה.

Le premier jour est celui du youd, le plus proche, le plus élevé spirituellement, de Kippour : un point. Le lendemain, ce point s’élargit en hé. Le troisième jour, le vav, qui commence à tirer vers le bas la lumière de Kippour. Et le dernier hé, le 14 Tichri, à l’entrée dans la soucca.

C’est ainsi que nous prolongeons la spiritualité du sommet où nous étions à Kippour, et que nous la faisons entrer dans la soucca. Voilà l’idée.

13 Le retour des nuées de gloire

Et quand on discute sur « car dans des souccot J’ai fait habiter les enfants d’Israël quand Je les ai fait sortir d’Égypte », de quelles souccot s’agit-il ? Des nuées de gloire, de la Chekhina. C’est avec elle que nous avons marché.

Mais cette Chekhina a disparu lors de la faute du veau d’or. Depuis la faute du veau d’or jusqu’au 15 Tichri, les nuées de gloire s’étaient retirées. C’était même l’un des signes que le peuple d’Israël était réprimandé à cause du veau d’or : les nuées de gloire s’étaient retirées. Quand sont-elles revenues sur Israël ? Quand ils ont commencé à bâtir le Michkan.

Alors « en souvenir des nuées de gloire », il manque un mot : en souvenir des nuées de gloire qui sont revenues. Non les nuées de quarante ans — pour elles, n’importe quel jour aurait convenu. Il fallait fêter le retour des nuées de gloire, après qu’elles s’étaient retirées à cause du veau d’or. Et comment le fêtons-nous ? En bâtissant la soucca.

Et quand il est écrit « dans des souccot J’ai fait habiter », de vraies souccot — oui, de vraies souccot. Car qu’est-ce qu’une soucca ? Faisons le compte.

14 Soucca = 91 = amen

Comment écrit-on soucca ? סוכה : samekh, vav, kaf, hé. Faisons la guématria, seulement pour que l’oreille l’entende.

ס 60 + ו 6 + כ 20 + ה 5 = 91

Quatre-vingt-onze, c’est le Nom Havaya et le Nom Adnout ensemble :

י־ה־ו־ה 26 + א־ד־נ־י 65 = 91

Quand nous sommes assis dans la soucca, nous sommes entourés du Nom Havaya et du Nom Adnout ensemble. C’est cela, tsila dimheimnouta.

Et qu’est-ce que tsila dimheimnouta, l’ombre de la emouna ? Dans le mot emouna, vous entendez le mot amen. Et combien vaut amen ?

א 1 + מ 40 + ן 50 = 91
Nous sommes assis à l’ombre de l’amen, qui est le Nom Havaya et le Nom Adnout ensemble. Et c’est par là que nous gardons la force spirituelle de Kippour.
15 Sept jours de festin, sept visages nouveaux

C’est ce que dit, pour ainsi dire, le Saint béni soit-Il : avec les premières Tables, la kalla est restée seule. Moché Rabbénou monte sur la montagne, le peuple d’Israël reste seul ; que va-t-il faire ? Avec les secondes Tables, il n’y a plus de place pour cela. Maintenant, vous faites une maison des mariés.

Les sept jours de la fête de Souccot correspondent aux sept jours de festin, les sept brakhot que font le ’hatan et la kalla après le mariage. Et aux sept brakhot, il faut chaque jour des panim ’hadachot, des visages nouveaux. Qui sont nos visages nouveaux ?

Avraham, Its’hak, Yaakov, Moché, Aharon, Yossef et David ha-Mélekh : les sept ouchpizin. Exactement comme ’hatan et kalla. C’est la joie du ’hatan et de la kalla.
16 « Et sa droite m’enlace »

C’est sur cela que nous trouvons le verset du Chir ha-Chirim :

« שְׂמֹאלוֹ תַּחַת לְרֹאשִׁי וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי »

« Sa gauche est sous ma tête, et sa droite m’enlace. » — Chir ha-Chirim 2,6

Quelle est l’allusion de ce verset ? La gauche, nous le savons, c’est la guevoura, le din. La droite, c’est le ’hessed. La gauche repousse et la droite rapproche. La gauche, c’est toujours davantage l’attribut de rigueur.

« Sa gauche est sous ma tête » : qui est « ma tête » ? Vous entendez le mot roch : Roch Hachana. À Roch Hachana, le Saint béni soit-Il conduit le monde par Sa gauche : le din, la guevoura, les jours de jugement, les Yamim Noraïm. Que faire.

Mais, Dieu merci, nous avons passé Roch Hachana, Il nous a inscrits pour une bonne vie et pour la paix ; nous avons passé Kippour, Il nous a scellés pour une bonne vie et pour la paix. Maintenant, il n’y a plus que l’amour entre nous et le Saint béni soit-Il, plus de tension. Que fait le bien-aimé pour sa bien-aimée ? Il l’enlace de la main droite. « Sa gauche sous ma tête » : Roch Hachana et Kippour. « Et sa droite m’enlace » : la fête de Souccot.
17 La forme de la soucca

Et où est l’allusion à cela ? Revenons encore au mot soucca. Combien de parois faut-il pour qu’une soucca soit cachère ?

Les plus scrupuleux : quatre parois, comme le samekh ס. On peut aussi trois parois entières : c’est la lettre kaf כ, trois côtés. Mais même avec deux parois et un téfa’h, c’est le hé ה — deux parois et un téfa’h —, la soucca est cachère.

Maintenant, si je prends mon bras droit et que j’enlace : j’ai ici une paroi, ici une autre paroi, et ici le téfa’h. La soucca est, pour ainsi dire, une étreinte qui enlace le peuple d’Israël. Celui qui entre dans la soucca peut vraiment sentir l’étreinte du Saint béni soit-Il.
18 Ce qui protège vraiment

Et cette soucca, qui paraît la plus fragile et la plus simple, c’est elle qui protège. Pourquoi ? Parce que ce qui protège, c’est le Saint béni soit-Il Lui-même.

« אִם ה׳ לֹא יִשְׁמָר עִיר, שָׁוְא שָׁקַד שׁוֹמֵר »

« Si Hachem ne garde pas la ville, en vain veille le gardien. » — Tehilim 127,1
C’est Lui qui garde. Pas besoin de sirène, pas besoin de blocs de béton : seulement la surveillance du Saint béni soit-Il. C’est d’elle que nous jouissons à Souccot, avec l’aide de Dieu.
19 Pour finir

Et de là, avec l’aide de Dieu, nous prenons aussi force et énergie pour toute l’année. Que nous méritions une vie bonne et longue, avec l’aide de Dieu, jusqu’à ce que nous méritions la soucca — la soucca de David qui est tombée — :

« בַּיּוֹם הַהוּא אָקִים אֶת סֻכַּת דָּוִיד הַנֹּפֶלֶת »

« En ce jour-là, Je relèverai la soucca de David qui est tombée. » — Amos 9,11

Qu’elle se relève, avec l’aide de Dieu, et que le Beith ha-Mikdach soit rebâti, avec nous. Amen.

🎯 Teste-toi

Cinq questions sur le cours. Clique sur une réponse.

1
Que répond Bil’am, sans le savoir, à la question « comment Israël habitait-il dans le désert » ?
« Qu’elles sont belles tes tentes, Jacob » : il ne voit pas de souccot, il voit des tentes.
2
Selon Rachi, que fit Moché le lendemain de Kippour, le 11 Tichri ?
« Vayakhel Moché » — le lendemain de Yom Kippour, quand il descendit de la montagne (Rachi sur Chemot 35,1).
3
Pourquoi la soucca est-elle en souvenir des nuées de gloire « qui sont revenues » ?
Les nuées de quarante ans conviendraient à tout jour de l’année ; ce qu’on fête le 15 Tichri, c’est leur retour.
4
Que valent ensemble le Nom Havaya et le Nom Adnout ?
26 + 65 = 91 = סוכה (60+6+20+5) = אמן (1+40+50).
5
À quoi correspond « et sa droite m’enlace » ?
« Sa gauche sous ma tête » : Roch Hachana et Kippour, le din. « Et sa droite m’enlace » : Souccot, l’amour.

Résultat

📅 Programme sur sept jours — les jours de la soucca
Jour 1
Entrer dans la soucca en se rappelant d’où l’on vient : du lendemain de Kippour. Garder une chose de Kippour, une seule.
Jour 2
Dire « amen » avec attention, en pensant qu’amen vaut soucca : 91.
Jour 3
Accueillir l’ouchpiz du jour par son nom, et se demander quelle qualité de lui on veut faire entrer chez soi.
Jour 4
Inviter à la soucca quelqu’un qui serait seul. Ne laisser personne seul, comme la kalla.
Jour 5
S’asseoir quelques minutes dans la soucca sans rien faire, et sentir qu’on y est enlacé.
Jour 6
Remarquer ce qui nous rassure d’habitude — murs, alarme — et se rappeler : « si Hachem ne garde pas la ville ».
Jour 7
Au dernier jour, choisir ce que l’on emporte de la soucca pour toute l’année.
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Mon alliance de paix — la paix commence à la maison. Découvre une carte Chalom Bayit.

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